Aujourd’hui premier août, c’est la fête nationale suisse. En ce jour, nous commémorons le Pacte fédéral signé par les cantons d’Uri, Schwytz et Unterwald en 1291 pour renouveler leur alliance et leur vœu d’assistance en cas de menace d’agression.
A cette occasion, nous publions une prière prononcée par l’abbé Alain-René Arbez, il y a quelque temps à Genève à la cathédrale St Pierre pour la fête nationale.
Prière pour le 1er août, fête nationale
Seigneur notre Dieu,
Dieu d’Abraham, de Moïse, des prophètes d’Israël, Dieu de Jésus Christ, en ce jour de fête nationale suisse, nous voulons te rendre grâces et invoquer la puissance de ton amour dans la vie de notre pays.
De générations et d’origines diverses, dans la sincérité de nos convictions, nous voulons te louer pour toutes les réalisations accomplies en Suisse, nous voulons te remercier pour notre appartenance au peuple helvétique, et pour la Confédération née d’un pacte pacifique scellé en 1291 au Gruetli. Aide-nous à continuer de construire ensemble notre avenir commun constitué de valeurs fondamentales qui unissent nos cantons depuis tant de siècles.
Apprends-nous à garder en mémoire les enseignements et les acquis du passé afin de renforcer notre démocratie et nos synergies collectives face aux grands défis de notre temps, apprends-nous à être fiers de notre identité dans une mondialisation qui cherche à tout niveler, aide-nous à être fiers de nos réussites sans devenir suffisants, enracine-nous dans une volonté de promouvoir nos succès économiques et technologiques dans l’ouverture et la solidarité.
La paix
Dans ce monde traversé de drames et de tragédies, nous te prions, Seigneur, pour la paix. Mets en nous la passion d’Amos pour la justice, la vision sociale d’Isaïe, la tendresse d’Osée et le courage de Jérémie. Notre Eglise sait qu’il n’est pas de prière vivante sans rencontre avec le Christ, porteur de toute la sagesse biblique. Il n’est pas de prière authentique sans emprunter les voies d’humanité qu’il a tracées pour que ton Royaume advienne parmi nous. C’est pourquoi en ce jour, nous voulons reconnaître aussi les manquements de notre société en Suisse et te demander les forces spirituelles qui nous feront progresser vers une plus grande qualité de vie. Nous te prions Seigneur pour que nos concitoyens sachent mettre en commun leurs ressources personnelles de confiance en toi et de foi en l’homme.
Merci
Nous te remercions pour tout l’apport des personnes étrangères (résidents et frontaliers) qui ont contribué et contribuent encore par leur travail et leurs compétences à l’édification de notre pays. Que les échanges entre cultures des uns et des autres soient toujours un enrichissement mutuel qui nous tire vers le haut et non vers le bas, et que nos manifestations publiques soient toujours respectueuses de la dignité de la personne humaine.
Nous te prions, Seigneur, pour l’expression directe de la démocratie, et nous souhaitons que les revendications des droits soient toujours accompagnées de la conscience des devoirs, afin que l’équilibre social se renforce dans des conditions justes et dans le respect de l’état de droit.
Nous te remercions Seigneur pour celles et ceux qui depuis la Suisse, et en particulier Genève, coordonnent des actions humanitaires,
Nous te prions pour ceux qui portent secours à des populations souffrantes, victimes de la guerre et de la misère, en particulier celles et ceux qui dans les organisations internationales oeuvrent courageusement à de nouvelles concertations entre les nations.
Nous te remercions aussi pour celles et ceux qui en Suisse, et en particulier à Genève, se dévouent chaque jour au service des autres, spécialement auprès des plus démunis.
Nous voulons enfin te confier, Seigneur, ceux d’entre nous qui ont pris des responsabilités dans la vie sociale, économique ou politique de notre pays. Que leurs engagements ne soient pas freinés ou déviés par les convenances idéologiques, mais qu’ils portent leurs fruits au service des différentes générations, de sorte que de nouvelles compétences s’affirment, tout particulièrement en ce qui concerne l’avenir des jeunes, leurs références culturelles et leurs modèles de réalisation.
Le bien commun
Nous te demandons qu’un véritable respect du bien commun l’emporte en toutes circonstances sur les stratégies égoïstes, les considérations partisanes, ou les discours unilatéraux. Qu’ensemble nous soyons – comme citoyens mais aussi comme croyants – lesacteurs d’une chaîne de solidarité entre générations, entre cultures, entre convictions spirituelles, pour renforcer ce que nous sommes et, par là même, encourager la conscience créatrice de notre communauté nationale.
Enfin, Seigneur, nous te prions pour nos Eglises chrétiennes, qui, malgré les aléas historiques et les divisions, portent ensemble la flamme irremplaçable de la foi dans une société où les valeurs issues de la tradition judéo-chrétienne – racine de la civilisation européenne – sont si souvent ignorées, caricaturées ou marginalisées.
Que l’Eglise du Christ annonce à tous la Bonne Nouvelle, à contre-courant si nécessaire, toujours plus enracinée dans les valeurs bibliques et évangéliques, et qu’elle soit présente au sein de la société dans le but d’offrir des espaces d’espérance. Que nous soyons des ferments de justice et de solidarité à travers les échanges équitables et la sauvegarde de la création.
En cette fête du 1er août, rassemble-nous Seigneur dans une même joie, celle de prendre part ensemble à une manifestation patriote, qui célèbre la vie d’une Suisse à la fois consciente de son passé et tournée vers l’avenir, – une Suisse aux dimensions modestes mais aux paysages grandioses, nation de grande vocation – désireuse de continuer à assumer ses responsabilités en toute indépendance afin de jouer son rôle et de promouvoir ses valeurs dans l’avènement d’un monde en quête d’équilibres nouveaux.
St Nicolas de Flue
Mets-en nous l’esprit de St Nicolas de Flue artisan de dialogue et de paix, renforce les liens de proximité dans nos familles et nos communautés.
Nous t’en prions, toi le Dieu vivant, maître des temps et ami des hommes, présent dans nos cœurs et dans nos projets, toi qui nous accompagnes dans nos recherches d’une vie plus belle dans nos cantons et dans l’ensemble du pays, viens habiter nos activités, Esprit d’amour créateur pour les siècles des siècles. Amen !
En 1941, le père Patrick Peyton avait un pacte à honorer. Treize ans plus tôt, il avait quitté son Irlande natale pour l’Amérique. Il avait d’abord travaillé comme employé d’entretien à la cathédrale de Scranton, en Pennsylvanie, tout en finissant ses études secondaires, puis il était entré au noviciat des Pères de Sainte-Croix en 1932. Tout allait bien jusqu’à ce que le jeune Patrick se mette à cracher du sang. Le diagnostic tombe en 1939 : tuberculose avancée.
Le pronostic était sombre. Peyton conclut cependant un marché avec la Sainte Mère : si elle le guérissait, il consacrerait sa vie à la promotion de la paix par le biais du Rosaire. La Vierge accepta le marché. Tous les signes de la tuberculose disparurent et, le 15 juin 1941, Patrick était ordonné prêtre.
Pour respecter son engagement, le père Peyton s’est tourné vers les médias, qu’il a utilisés pour aider les personnes dévastées par la guerre à comprendre que la paix dans le monde commence par la paix dans les cœurs et les foyers. Comme il l’a expliqué dans le slogan qu’il a popularisé, « La famille qui prie ensemble reste ensemble. Un monde en prière est un monde en paix« .
Pour aider les gens à mettre ce slogan en pratique, Peyton a lancé le Family Theater et la Family Rosary Crusade (Croisade du Rosaire en Famille).
Au cours de sept décennies, le Family Theater a produit un programme radiophonique à succès et de longue durée, ainsi que des émissions spéciales à la télévision et des films qui, dans les premières décennies, mettaient en scène des stars hollywoodiennes de premier plan, telles que Bing Crosby, Grace Kelly et Loretta Young, promouvant la foi, la prière et les valeurs familiales.
Pour sa part, la Family Rosary Crusade a cherché à populariser l’idée d’un chapelet familial du soir et continue à parrainer des rassemblements autour du chapelet dans le monde entier. Du vivant du père Peyton, le mouvement s’est étendu à l’Europe, à l’Asie et à l’Amérique latine.
Avant sa mort, ces efforts ont valu au père Peyton le surnom de « prêtre du Rosaire« . Après sa mort, le 3 juin 1992, ils lui ont également valu le titre de « Serviteur de Dieu« . Le pape François l’a déclaré « vénérable » le 18 décembre 2017.
Prions : Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort. Amen.
Saint Alphonse-Marie de’ Liguori Évêque, fondateur de la : “Congregatio Sanctissimi Redemptoris” Docteur de l’Église
Alfonso Maria de’ Liguori naît à Marianella, près de Naples, le 27 septembre 1696, dans une famille noble.
Après de fort brillantes études, docteur en droit civil et canonique à seize ans, il embrassa la carrière d’avocat. Pendant les dix années qu’il remplit cette charge, il fut le modèle du parfait chrétien.
Il commençait à se relâcher, quand il échoua dans un plaidoyer superbe où il avait déployé tous ses talents ; « Ô monde ! s’écria-t-il, désormais je te connais; tu ne m’auras plus. »
Peu après, il entendit une voix lui dire : « Laisse le monde de côté, livre-toi à Moi tout entier… » Aussitôt il répondit, fondant en larmes : « Ô Dieu ! Me voici, faites de moi ce qu’il Vous plaira. » Aussitôt Alphonse va déposer à l’église de la Sainte Vierge son épée de gentilhomme, prend bientôt l’habit ecclésiastique, fait ses études de théologie, et au bout de trois ans reçoit le sacerdoce. Désormais le voilà embrasé du zèle des âmes ; il se mêle au peuple des campagnes et s’éprend d’un amour spécial pour lui.
C’est alors que l’idée lui vint de fonder, pour exercer l’apostolat parmi cette classe si intéressante de la société, la « Congrégation des Rédemptoristes ». Traité d’insensé par son père, ses proches et ses amis, persécuté et abandonné bientôt par plusieurs de ses premiers collaborateurs, délaissé et méprisé par son directeur lui-même, Alphonse endura toutes les souffrances morales qui peuvent tomber sur un homme : rien ne put l’abattre ni le décourager.
Il eut plusieurs visions de la très Sainte Vierge ; une fois, pendant un sermon sur les gloires de Marie, il fut ravi, et environné d’une éblouissante lumière.
Un jour, son pauvre accoutrement le fit prendre pour le cocher des autres missionnaires, et, à son premier sermon, son éloquence fit dire au peuple : « Si le cocher prêche si bien, que sera-t-il des autres ! » Aux travaux apostoliques, Alphonse joignait les travaux intellectuels, et il composa un grand nombre d’ouvrages de piété et de morale qui l’ont fait élever au rang des docteurs.
Sacré évêque, Alphonse égala par ses vertus les plus saints pontifes. Il passa de la terre au ciel, à l’âge de quatre-vingt-onze ans, le Ier août 1787, à Pagani, en Campanie.
Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 13,47-53.
En ce temps-là, Jésus disait aux foules : «Le royaume des Cieux est encore comparable à un filet que l’on jette dans la mer, et qui ramène toutes sortes de poissons. Quand il est plein, on le tire sur le rivage, on s’assied, on ramasse dans des paniers ce qui est bon, et on rejette ce qui ne vaut rien. Ainsi en sera-t-il à la fin du monde : les anges sortiront pour séparer les méchants du milieu des justes et les jetteront dans la fournaise : là, il y aura des pleurs et des grincements de dents. »
« Avez-vous compris tout cela ? » Ils lui répondent : « Oui ». Jésus ajouta : « C’est pourquoi tout scribe devenu disciple du royaume des Cieux est comparable à un maître de maison qui tire de son trésor du neuf et de l’ancien. » Lorsque Jésus eut terminé ces paraboles, il s’éloigna de là.
Avec la mort, le choix de vie fait par l’homme devient définitif : sa vie est devant le Juge. Son choix, qui a pris forme au cours de toute sa vie, peut avoir diverses caractéristiques. Il peut y avoir des personnes qui ont détruit totalement en elles le désir de la vérité et la disponibilité à l’amour. Des personnes en qui tout est devenu mensonge, des personnes qui ont vécu pour la haine et qui en elles-mêmes ont piétiné l’amour. C’est une perspective terrible, mais certains personnages de notre histoire laissent entrevoir de façon effroyable des profils de ce genre. Dans des individus semblables, il n’y aurait plus rien de remédiable, et la destruction du bien serait irrévocable : c’est cela qu’on indique par le mot « enfer ». D’autre part, il peut y avoir des personnes très pures, qui se sont laissées entièrement pénétrer par Dieu et qui, par conséquent, sont totalement ouvertes au prochain — personnes dont la communion avec Dieu oriente dès maintenant l’être tout entier et dont le fait d’aller vers Dieu conduit seulement à l’accomplissement de ce qu’elles sont désormais. Selon nos expériences, cependant, ni un cas ni l’autre ne sont la normalité dans l’existence humaine. Chez la plupart des hommes, comme nous pouvons le penser, demeure présente au plus profond de leur être une ultime ouverture intérieure pour la vérité, pour l’amour, pour Dieu. Mais, dans les choix concrets de vie, elle est recouverte depuis toujours de nouveaux compromis avec le mal… Qu’advient-il de tels individus lorsqu’ils comparaissent devant le Juge ? Toutes les choses sales qu’ils ont accumulées dans leur vie deviendront-elles d’un coup insignifiantes ? Dans la première lettre aux Corinthiens, saint Paul nous donne une idée de l’impact différent du jugement de Dieu sur l’homme selon son état… : « On peut poursuivre la construction avec de l’or, de l’argent ou de la belle pierre, avec du bois, de l’herbe ou du chaume, mais l’ouvrage de chacun sera mis en pleine lumière au jour du jugement. Car cette révélation se fera par le feu, et c’est le feu qui permettra d’apprécier la qualité de l’ouvrage de chacun. Si l’ouvrage construit par quelqu’un résiste, celui-là recevra un salaire ; s’il est détruit par le feu, il perdra son salaire. Et lui-même sera sauvé, mais comme s’il était passé à travers un feu » (3,12-15).
LECTURES :
Livre de Jérémie 18,1-6.
Parole du Seigneur adressée à Jérémie : « Lève-toi, descends à la maison du potier ; là, je te ferai entendre mes paroles. » Je descendis donc à la maison du potier. Il était en train de travailler sur son tour. Le vase qu’il façonnait de sa main avec l’argile fut manqué. Alors il recommença, et il fit un autre vase, selon ce qu’il est bon de faire, aux yeux d’un potier. Alors la parole du Seigneur me fut adressée : « Maison d’Israël, est-ce que je ne pourrais pas vous traiter comme fait ce potier ? – oracle du Seigneur. Oui, comme l’argile est dans la main du potier, ainsi êtes-vous dans ma main, maison d’Israël ! »
Psaume 146(145),1-2.3-4.5-6ab.
Chante, ô mon âme, la louange du Seigneur ! Je veux louer le Seigneur tant que je vis, chanter mes hymnes pour mon Dieu tant que je dure.
Ne comptez pas sur les puissants, des fils d’homme qui ne peuvent sauver ! Leur souffle s’en va : ils retournent à la terre ; et ce jour-là, périssent leurs projets.
Heureux qui s’appuie sur le Dieu de Jacob, qui met son espoir dans le Seigneur son Dieu. lui qui a fait le ciel et la terre et la mer et tout ce qu’ils renferment !
« Ô Dieu qui nous avez donné une patrie incomparable et qui, jusqu’ici, l’avez toujours protégée, continuez à répandre vos abondantes bénédictions sur elle, sur ses autorités religieuses et civiles, sur ses écoles, son armée, son agriculture, son commerce et son industrie, sur tous ses travailleurs de la ville et des champs.
Faites qu’elle jouisse constamment de cette paix véritable qu’on ne peut gouter sans Vous, qu’elle reste libre et forte grâce à l’union de tous ses fils, qu’elle trouve le bonheur et la prospérité dans un attachement inébranlable à Vos saintes lois.
Délivrez-la de tout mal, Seigneur, et gardez-la toujours à l’abri du danger.
Nous Vous le demandons par Jésus-Christ votre Fils et notre Sauveur, qui aima sa patrie terrestre jusqu’à verser des larmes en songeant aux malheurs qui menaçaient de fondre sur elle.
Sainte Vierge Marie, Mère de Dieu, à qui nos ancêtres bâtirent de si beaux sanctuaires sur nos monts et dans nos vallées, anges gardiens qui veillez sur nos villes et nos campagnes, Saints de chez nous, qui vous êtes Sanctifiés sur notre bonne terre, vous surtout, Saint Nicolas de Flue, qui nous avez donné tant de merveilleux exemples de dévouement au pays, priez avec nous et pour nous afin que, par notre conduite vraiment Chrétienne et par notre loyalisme à toute épreuve, nous soyons pour notre patrie un inexpugnable rempart.
Ainsi soit-il. »
Monseigneur Marius Besson (1876-1945)
En ce jour de la fête nationale helvétique, le 1er août 2024