02.08.2024 – SAINT DU JOUR

St Eusèbe de Verceil

St Eusèbe de Verceil

ÉVÊQUE († 371)

Saint Eusèbe de Verceil
Évêque de Verceil 
(283-371)

Eusèbe, naît à Cagliari, en Sardaigne, vers 283. Il perdit son père pendant la persécution de Dioclétien. Sa mère le conduisit à Rome où il reçut le baptême des mains du pape Eusèbe qui lui donna son nom. À Verceil, Eusèbe étudia avec soin les Saintes Lettres, les arts libéraux, et fut reçu lecteur. Il menait une vie si sainte en fréquentant les écoles qu’on le regardait comme un ange. Ses éminentes vertus le distinguèrent au sein du clergé de la ville de Verceil et lorsque le siège épiscopal vint à vaquer en l’an 340, le pape Jules Ier l’élut pour remplir la charge d’évêque.

Eusèbe s’appliqua tout d’abord à former de dignes ministres de Jésus-Christ et un clergé instruit. Il organisa dans son palais épiscopal une école où les jeunes ecclésiastiques unissaient la vie monastique à la vie cléricale. Saint Ambroise en parle avec admiration : « C’est, disait-il, une milice toute céleste et toute évangélique, occupée jour et nuit à chanter les louanges de Dieu, à apaiser sa colère et à implorer sa miséricorde. Ils ont toujours l’esprit appliqué à la lecture ou au travail. » Le succès couronna ses efforts apostoliques, car de son clergé sortit un grand nombre de saints prélats aussi vertueux qu’éclairés. Plusieurs Églises sollicitèrent la faveur d’être gouvernées par les disciples de saint Eusèbe.

L’hérésie d’Arius, favorisée par l’empereur Constance, commençait à se répandre en Occident. Le saint évêque de Verceil résista ouvertement à l’empereur et lui reprocha hautement son impiété. En l’an 355, dans un concile tenu à Milan par le pape Libère, Eusèbe demanda qu’on souscrivît avant tout au symbole de Nicée et refusa de signer la sentence prononcée par les hérétiques contre saint Athanase d’Alexandrie. 

Les évêques ariens s’opposèrent et le firent exiler en Palestine, à Scythopolis, où on lui fit subir d’indignes traitements. L’empereur Constance le transféra plus tard en Cappadoce et ensuite, dans la Haute-Thébaïde. Les ariens le traînaient par terre à demi-nu ou lui faisaient descendre un escalier très élevé la tête en bas et l’accablaient de coups. Saint Eusèbe souffrait tout sans se plaindre. Dans son exil, il écrivit aux Églises d’Italie pour les exhorter à demeurer fermes au milieu des persécutions.

Remis en liberté après la mort de Constance, survenue en 361, Eusèbe alla rallumer le flambeau de la foi dans les Églises d’Orient infestées par l’hérésie, et eut le bonheur de rencontrer le grand Athanase à Alexandrie.

Ce vaillant et fidèle défenseur de la foi termina sa vie laborieuse et pénitente le 1er août 371 à l’âge de quatre-vingt-cinq ans. Ses précieuses reliques enchâssées reposent dans la cathédrale de Verceil.

Pour approfondir, lire la Catéchèse du Pape Benoît XVI :
>>> Saint Eusèbe de Verceil 

Saint Eusèbe de Verceil priez pour nous !

02.08.2024 – ÉVANGILE DU JOUR

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 13,54-58. 

En ce temps-là, Jésus se rendit dans son lieu d’origine, et il enseignait les gens dans leur synagogue, de telle manière qu’ils étaient frappés d’étonnement et disaient : « D’où lui viennent cette sagesse et ces miracles ?
N’est-il pas le fils du charpentier ? Sa mère ne s’appelle-t-elle pas Marie, et ses frères : Jacques, Joseph, Simon et Jude ?
Et ses sœurs ne sont-elles pas toutes chez nous ? Alors, d’où lui vient tout cela ? »
Et ils étaient profondément choqués à son sujet. Jésus leur dit : « Un prophète n’est méprisé que dans son pays et dans sa propre maison. »
Et il ne fit pas beaucoup de miracles à cet endroit-là, à cause de leur manque de foi.

Acclamons et partageons la parole de Dieu !

COMMENTAIRE :

Saint Maxime le Confesseur (v. 580-662)

moine et théologien

Capita theologica, 1, 8-13; PG 90, 1182 (trad. Orval rev.)

« N’est-il pas le fils du charpentier ? »

      Le Verbe, la Parole de Dieu, est né une fois pour toutes selon la chair. Mais, à cause de son amour des hommes, il désire naître sans cesse selon l’esprit pour ceux qui le désirent : il se fait petit enfant et se forme en eux en même temps que les vertus ; il se manifeste dans la mesure où il sait que celui qui le reçoit en est capable. En agissant ainsi, ce n’est pas par revendication qu’il atténue l’éclat de sa propre grandeur, mais parce qu’il jauge et mesure la capacité de ceux qui désirent le voir.       Ainsi le Verbe de Dieu se révèle toujours à nous de la manière qui nous convient et cependant demeure invisible pour tous, à cause de l’immensité de son mystère. C’est pourquoi l’apôtre par excellence, considérant la force de ce mystère, dit avec sagesse : « Jésus Christ est le même hier et aujourd’hui, et il le sera à jamais » (He 13,8) ; il contemplait ce mystère toujours neuf que l’intelligence n’aura jamais fini de scruter. Le Christ, qui est Dieu, devient enfant…, lui qui avait donné à tout ce qui existe de sortir du néant… Dieu devient parfaitement homme, sans rien rejeter de la nature humaine, excepté le péché, qui d’ailleurs n’est pas inhérent à cette nature… Oui, l’incarnation de Dieu est un grand mystère et elle demeure un mystère… La foi seule peut saisir ce mystère, elle qui est au fond de tout ce qui dépasse notre compréhension et qui est au-delà de ce que nous pouvons exprimer.

LECTURES :

Livre de Jérémie 26,1-9. 

Au début du règne de Joakim, fils de Josias, roi de Juda, il y eut cette parole venant du Seigneur :
Ainsi parle le Seigneur : Tiens-toi dans la cour de la maison du Seigneur. Aux gens de toutes les villes de Juda qui viennent se prosterner dans la maison du Seigneur, tu diras toutes les paroles que je t’ai ordonné de leur dire ; n’en retranche pas un mot.
Peut-être écouteront-ils, et reviendront-ils chacun de son mauvais chemin ? Alors je renoncerai au mal que je projette de leur faire à cause de la malice de leurs actes.
Tu leur diras donc : Ainsi parle le Seigneur : Si vous ne m’écoutez pas, si vous ne marchez pas selon ma Loi, celle que j’ai mise sous vos yeux,
si vous n’écoutez pas les paroles de mes serviteurs les prophètes, que je vous envoie inlassablement, et que vous n’avez pas écoutés,
je traiterai cette Maison comme celle de Silo, et ferai de cette ville un exemple de malédiction pour toutes les nations de la terre.
Les prêtres, les prophètes et tout le peuple entendirent Jérémie proclamer ces paroles dans la maison du Seigneur.
Et quand Jérémie eut fini de dire à tout le peuple tout ce que le Seigneur lui avait ordonné de dire, les prêtres, les prophètes et tout le peuple se saisirent de lui en disant : « Tu vas mourir !
Pourquoi prophétises-tu, au nom du Seigneur, que cette Maison deviendra comme celle de Silo, que cette ville sera dévastée et vidée de ses habitants ? » Et tout le peuple se rassembla autour de Jérémie dans la maison du Seigneur.

Psaume 69(68),2.5ab.5cd.8.9-10.14. 

Sauve-moi, mon Dieu : 
les eaux montent jusqu’à ma gorge !
Plus abondants que les cheveux de ma tête,
ceux qui m’en veulent sans raison.

Ils sont nombreux, mes détracteurs,
à me haïr injustement.
C’est pour toi que j’endure l’insulte, 
que la honte me couvre le visage.

Je suis un étranger pour mes frères, 
un inconnu pour les fils de ma mère.
L’amour de ta maison m’a perdu ; 
on t’insulte, et l’insulte retombe sur moi.

Et moi, je te prie, Seigneur : 
c’est l’heure de ta grâce ; 
dans ton grand amour, Dieu, réponds-moi, 
par ta vérité sauve-moi.

FATIMA100 – LETTRE DE LIAISON NO 164

Lettre de liaison n° 164 (1er août 2024)

Dans le secret confié le 13 juillet 1917, après avoir dit « À la fin, mon Cœur Immaculé triomphera », Notre-Dame continua : « Au Portugal se conservera toujours le dogme de la foi. Etc. Ceci ne le dites à personne. À François oui vous pouvez le dire. »
Cette partie, improprement appelée troisième secret (elle est en réalité le troisième point du secret), fait encore l’objet de nombreuses controverses. En effet, depuis le 26 juin 2000, date à laquelle le Saint-Siège publia un texte présenté comme étant le troisième secret, l’authenticité de ce texte est toujours contestée. Le sujet ayant été abordé dans plusieurs lettres (notamment dans les lettres n° 108, 109, 113, 117 à 119, 121, 123 à 127, 130, 138. Voir liste des lettres sur le site), nous ne nous étendrons pas sur ce point. Pour ceux qui souhaiteraient creuser cette question, nous les renvoyons au livre Mystères et vérités cachées du troisième secret de Fatima (présentation du livre dans la lettre de liaison n° 117).
Pour l’instant, il est préférable de nous concentrer sur les parties du message qui ne font pas l’objet de polémiques. En particulier, restons sur cette certitude : le Cœur Immaculé de Marie triomphera. Or nous n’avons pas encore vu ce triomphe. Nous ne sommes donc pas à la fin du monde. Prions pour que ce triomphe arrive. Voyons maintenant ce que nous dit la suite du message de Notre-Dame.

La deuxième prière de Notre-Dame

Après avoir confié le secret aux petits voyants Notre-Dame reprit : « Quand vous réciterez le chapelet, dites après chaque mystère : “Ô mon Jésus, pardonnez-nous, préservez-nous du feu de l’enfer, conduisez au Ciel toutes les âmes, surtout celles qui en ont le plus besoin.” »
Avant d’analyser en détail cette prière, il convient de savoir quels ont été les mots réellement prononcés par Notre-Dame. Car il existe plusieurs formules pour cette prière. Plusieurs personnes nous ont d’ailleurs demandé qu’elle était la vraie formule.

Le texte de cette prière a été rapporté trois fois par écrit par sœur Lucie : une fois dans le troisième mémoire et deux fois dans le quatrième. Dans son livre Memórias e cartas da Irmã Lúcia, le père Antonio Maria Martins s. j., a inclus un fac-similé de l’intégralité des quatre mémoires de sœur Lucie écrits entre 1935 et 1941. Il est donc possible de savoir ce qu’a écrit exactement sœur Lucie. Voici la reproduction des trois textes figurant dans ces mémoires, suivie d’une version dactylographiée pour pouvoir les lire plus facilement.

1re version (3e mémoire, pages 220/221 du livre du père Martins)

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2e version (4e mémoire, pages 306/307 du livre du père Martins)

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3e version (4e mémoire, pages 340/341 et 342/343 du livre du père Martins)

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Comparaison des trois textes

À un mot près, les trois textes sont absolument identiques : « Ó meu Jesus perdoai-nos, livrai-nos do fogo do inferno, levai as alminhas todas para o Céu, principalmente as (ou aquelas) que mais precisarem. »
Il n’y a qu’une différence : le mot “as” dans les 2 premières versions est remplacé par “aquelas” dans la 3e.

Le père Martins a traduit de la façon suivante : « Ô mon Jésus, pardonnez-nous, préservez-nous du feu de l’enfer, conduisez (ou emmenez) au Paradis toutes les âmes surtout celles qui en ont le plus besoin. »
À un mot près, les trois traductions sont identiques ; seul le mot “levai” qui figure dans les trois versions portugaises est traduit de deux façons différentes : par “conduisez” dans la version du 3e mémoire et par “emmenez” dans les deux versions du 4e mémoire.
Le mot “conduisez” semble préférable, car il marque plus le rôle de la liberté humaine : Jésus qui est la voie, la vérité et la vie, nous indique le chemin comme le pasteur qui conduit son troupeau. Et nous avons la liberté de suivre ou non le chemin indiqué.

Sœur Lucie a toujours dit qu’elle avait essayé de reproduire les paroles de Notre-Dame exactement comme elle les avait prononcées. Au père Castelbranco, elle confia à propos du secret : « Lorsque j’écris, je tâche de citer littéralement. J’ai donc voulu écrire le secret mot à mot. (…) J’ai écrit les paroles dans l’ordre même où elles furent prononcées. » Il est donc raisonnable de penser que la formule figurant dans les 3e et 4e mémoire reproduit fidèlement les paroles de Notre-Dame.

De nos jours, la formule la plus fréquemment employée diffère très peu du texte de sœur Lucie (mots ajoutés en gras) :

Ô mon Jésus, pardonnez-nous nos péchés, préservez-nous du feu de l’enfer, conduisez au Ciel toutes les âmes, surtout spécialement celles qui en ont le plus besoin de votre Miséricorde.

Les modifications apportées au texte original ne changent pratiquement rien. “Pardonnez-nous” et “pardonnez-nous nos péchés” ont exactement le même sens. De même, “surtout” et “spécialement” ont la même signification, “Ciel” et “Paradis” également. Le mot “Ciel” est toutefois plus proche du mot portugais “Céu”.
Seul le remplacement de l’expression “celles qui en ont le plus besoin” ( c’est-à-dire les âmes qui ont le plus besoin d’être conduites vers le Ciel) par “celles qui ont le plus besoin de votre Miséricorde” introduit un sens très légèrement différent. Car “Miséricorde” et “conduire vers le Ciel” n’ont pas exactement la même signification. Mais cette modification ne change pas le sens de la phrase : nous demandons à Dieu d’accorder ses grâces plus spécialement aux pécheurs impénitents.

La structure de la prière

Après une invocation à Jésus, la prière enchaîne 4 demandes :

Invocation :       Ô mon Jésus
1re demande :  pardonnez-nous,
2e demande :   préservez-nous du feu de l’enfer,
3e demande :   conduisez au Ciel toutes les âmes
4e demande :   surtout celles qui en ont le plus besoin.

Sur le fond, les trois premières demandes sont identiques, car si Dieu nous pardonne, nous éviterons l’enfer et irons donc au Ciel. Inversement, si nous allons au Ciel, c’est que Dieu nous a pardonné. Cette triple demande est comme un écho des triples invocations du Kyrie eleison ou du Sanctus, comme si chacune de ces demandes s’adressait à chaque personne de la Sainte Trinité : Que Dieu le Père, le juste Juge, nous pardonne. Que la mort sur la croix de Notre-Seigneur Jésus-Christ efface nos péchés et nous évite l’enfer. Que le feu du Saint-Esprit nous illumine et nous montre le chemin du Ciel.
Et il n’est pas interdit de voir dans la 4e demande une demande inspirée par la Sainte Vierge pour que nous priions surtout pour ceux de ses enfants qui risquent le plus de se damner. Car son cœur de Mère est spécialement inquiète pour ceux-là.

Le pardon de Dieu

Cette prière nous ramène une fois de plus au cœur du message de Fatima : obtenir la conversion et le salut des pécheurs. Et nous devons prier et faire des sacrifices pour réparer les offenses faites à Dieu et ainsi obtenir la Miséricorde divine pour ces pauvres pécheurs.

Quelques années plus tard, le 25 février 1922, Notre-Seigneur enseigna exactement la même chose à sœur Josepha Ménendez :

Les pécheurs excitent la colère divine. Mais les âmes qui M’aiment, s’immolent et se consument comme victimes de réparation, attirent la Miséricorde de Dieu et voilà ce qui sauve le monde.

Réparer par nos prières et nos sacrifices les fautes commises par les pécheurs, « voilà ce qui sauve le monde » ! Un tel acte de réparation est une très belle façon d’exercer la miséricorde envers ceux qui sont dans le péché. Toutefois, il ne faut pas se méprendre sur la notion de miséricorde. Le christianisme n’exalte pas n’importe quelle forme de miséricorde. La miséricorde dont l’Évangile fait une béatitude (« Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront Miséricorde » – Mat. V, 7) est autre chose qu’un simple attendrissement indifférencié sur la faute d’autrui. La miséricorde évangélique s’adresse à la misère du pécheur et non au péché lui-même. Il convient de ne pas oublier cette distinction.

En effet, il y a deux formes de mal dans le monde : le mal voulu et le mal subi. Le premier est le péché, le second la misère. Saint Thomas parle de mal de coulpe et de mal de peine. Il y a une différence capitale entre ces deux notions qui s’opposent complètement, car un même mal ne peut pas être, à la fois et sous le même rapport, volontaire et involontaire. Ces deux formes du mal entraînent donc deux réactions différentes :

  • Le premier, le mal voulu ou péché, parce qu’il est volontaire et dans la mesure où il est volontaire, appelle la réprobation et l’indignation.
  • Le second, le mal subi ou misère, parce qu’il est involontaire et uniquement dans la mesure où il est involontaire, appelle la compassion et la miséricorde.

Le péché s’oppose à la Miséricorde de Dieu. Loin de la provoquer, il provoque au contraire sa Justice. Mais dès que la volonté de faire le mal se retire, dès que le repentir s’installe, que le pécheur regrette sa conduite, il devient misère et alors objet de miséricorde. La plus belle illustration nous en est donnée par Notre-Seigneur Lui-même dans les paraboles, en particulier celle de l’enfant prodigue et celle du pharisien et du publicain.

Dans la pratique, un mal est souvent à la fois en partie voulu et en partie subi. Car, dans l’homme, la faiblesse est beaucoup plus fréquente que la malice. Dès lors, nous devons présumer que la faute du pécheur est plus due à la faiblesse qu’à la malice ; et nous devons avoir compassion du pécheur, non pas en tant que pécheur voulant le mal, mais en tant que misérable subissant le mal, même si au départ il y a ou il y a eu volonté de sa part. Il n’en reste pas moins que pour obtenir le pardon Dieu, il faut reconnaître nos fautes, demander sincèrement pardon et s’engager à ne plus les commettre. Sans cela, la Miséricorde divine ne peut pas s’exercer. C’est une condition trop souvent oubliée de nos jours. C’est pourquoi, pour nous comme pour notre prochain, il est important de réciter après chaque dizaine de chapelet la prière enseignée par Notre-Dame.

Le blasphème contre la sainte Cène

L’actualité nous donne, hélas, une raison supplémentaire de réciter cette prière. En effet, au cours de la cérémonie d’ouverture des jeux olympiques à Paris, retransmise en mondovision et vue par des millions de téléspectateurs, des scènes volontairement provocantes, étalant complaisamment les vices les plus ignobles, véritables apologies du laid ou de l’obscène, ont été présentées. Plusieurs tableaux étaient profondément anti-chrétiens ou offensants pour le passé de la France, portant aux nues des moments parmi les plus tristes de notre histoire.

Le pire fut le monstrueux tableau moquant Jésus-Christ et le sacrement adorable de son Amour. Cette représentation blasphématoire de la Cène est une violente injure faite aux catholiques. Il y avait manifestement une volonté délibérée des organisateurs et des concepteurs de ridiculiser la religion catholique et par conséquent tous les catholiques. Cette abomination, qui a reçu l’accord des plus hautes autorités de l’État, est d’autant plus grave qu’elle a été publique et montrée au monde entier. Que la religion catholique, les morts, l’histoire, la morale puissent ainsi être l’objet des plus abjectes dérisions, montre à quel point le fameux “vivre ensemble”, soi-disant “inclusif” et respectueux de tous, est une véritable fumisterie. Cet affront est d’autant plus révoltant que c’est uniquement à la religion catholique que les organisateurs s’en sont pris : ils n’ont pas osé s’en prendre à Mahomet ou aux symboles du judaïsme, ce qui montre de leur part une incommensurable lâcheté.

Cet ignoble blasphème doit nous faire réagir. Dans son sermon de dimanche dernier, l’abbé Pugga a clairement rappelé l’attitude qu’un catholique doit avoir devant un tel blasphème.
Il faut en premier lieu faire part de notre indignation, protester en affirmant notre foi et en faisant savoir autour de nous pourquoi nous avons été choqués, demander au chef de l’Etat de reconnaître l’affront et présenter des excuses, …
Il faut ensuite réparer cette abominable offense à Dieu. Il faut aussi Le supplier d’épargner à notre pays le châtiment qu’il mérite pour un blasphème si grave. Car si Dieu est miséricordieux, Il est tout autant juste et ne peut pas laisser impunie une faute si grave, spécialement lorsqu’elle est publique. Nous avons pour cela deux moyens particulièrement efficaces à notre disposition.

Le premier est l’assistance à la messe. Car la messe est l’acte de réparation par excellence. La messe est un paratonnerre qui protège des châtiments. Ce blasphème doit conduire les catholiques à assister encore plus assidument à la messe en semaine, en particulier samedi, premier samedi du mois, jour où Notre-Dame demande que nous fassions une communion réparatrice. Si chaque fois après un tel blasphème, l’assistance à la messe augmentait, le démon arrêterait vite de susciter de tels affronts à la Majesté divine.
Le deuxième moyen est la récitation quotidienne du chapelet en disant avec une ferveur accrue, après chaque dizaine, la prière enseignée par Notre-Dame. Elle y sera d’autant plus sensible qu’elle est reine de France.

Réactions de la Conférence des Évêques de France et du Vatican

Pour ajouter encore à notre tristesse et à notre indignation, la réaction de la Conférence des Évêques de France a été pitoyable et scandaleuse. Le communiqué de la CEF se contente de dire :

Cette cérémonie a malheureusement inclus des scènes de dérision et de moquerie du christianisme, ce que nous déplorons très profondément. (..) nous pensons à tous les chrétiens de tous les continents qui ont été blessés par l’outrance et la provocation de certaines scènes. Nous souhaitons qu’ils comprennent que la fête olympique se déploie très au-delà des partis pris idéologiques de quelques artistes.

Et c’est tout ! Rien sur la nature blasphématoire du tableau présenté ; rien sur l’immonde outrage à Notre-Seigneur ; rien sur la nécessité d’une réparation ! L’ignoble blasphème sur la sainte Cène ne serait qu’une “scène de dérision et de moquerie”, qu’une “provocation”, qu’un “parti-pris de quelques artistes” qui n’aurait fait que “blesser les chrétiens”. Pour les évêques français, ce qui est important c’est que la fête olympique puisse se déployer en passant par-dessus l’affront.
Au passage, il est faux de prétendre que ce n’est que le parti-pris de quelques artistes, car tout a été validé par les plus hautes autorités de l’État. L’historien Patrick Boucheron, co-auteur de cette cérémonie, a admis que cette cérémonie présentait un “projet politique” pour « faire récit de notre diversité et affirmer crânement, énergiquement que c’est comme ça qu’on va vivre ensemble ».

Et le silence du Vatican est au moins aussi scandaleux et douloureux. Le Saint-Siège, si prompt à défendre les migrants, n’a eu aucune parole pour les catholiques profondément offensés. Comme la CEF, il n’a dénoncé ni le caractère éminemment blasphématoire de la scène, ni l’incroyable injure faite à Dieu, ni la nécessité de réparer cet affront dirigé contre les symboles les plus sacrés de la foi.

Pour toutes ces raisons, faisons des sacrifices, assistons à la messe, en particulier samedi, récitons notre chapelet en y ajoutant, comme nous le suggérions dans la dernière lettre de liaison, l’invocation « Seigneur, donnez-nous de saints évêques ! »

En union de prière dans le Cœur Immaculé de Marie
Yves de Lassus

04.08.2024 – HOMÉLIE DU 18ÈME DIMANCHE ORDINAIRE – JEAN 6,24-35

Quand la relation n’est plus qu’alimentaire

Homélie par le Fr. Laurent Mathelot

En amour, espérez-vous être rassasiés ? Espérez-vous que quelqu’un vienne pleinement combler votre attente, votre espérance, votre soif d’amour ? Pensez-vous que votre époux, votre épouse sera cette personne qui rassasiera votre faim d’aimer ? Pensez-vous que vos enfants seront ceux qui définitivement vous combleront ? Attendez-vous quelqu’un qui étanchera votre soif d’aimer ?

Faisons une lecture spirituelle de l’Exode comme le périple de la vie, où la soif qui tiraille est celle d’aimer et la Terre promise vers laquelle on tend est l’épanouissement personnel auquel nous aspirons tous : la plénitude d’amour, une terre où abonde le lait et le miel, comme dit l’Écriture.

Les Hébreux, nous dit-on, ont été libérés de leur esclavage, de tout ce qui entravait leur épanouissement, de ce qui les empêchait d’aller vers cette Terre promise, lieu de repos et de plénitude ultimes. Et ils sont là qui errent dans le désert, qui ont faim et qui ont soif.

Peut-être avez-vous déjà constaté que toute libération, que la fin de tout esclavage, est bien souvent suivie d’un passage à vide, de tiraillements, de récriminations – tous ceux qui ont surmonté une dépendance le savent : il y a une période de dépression après une libération.

Ils sont là au désert et ils récriminent contre Dieu et contre Moïse : « Ah ! Il aurait mieux valu mourir de la main du Seigneur, au pays d’Égypte, quand nous étions assis près des marmites de viande, quand nous mangions du pain à satiété ! ». Ils sont en plein processus de libération et ils ne pensent qu’à retourner à leur semi-confort d’avant, quand ils étaient esclaves. Peut-être cela fait-il écho chez certains qui sont passés par une période de sevrage : « c’est trop dur de me libérer, il vaudrait mieux retourner à ma dépendance. »

Dieu pourtant leur donne de quoi tenir. Et plus loin dans le passage de l’Exode, on dira qu’il n’y a pas lieu de faire des réserves, la manne viendra chaque jour, avec double ration les veilles de sabbat.

Nous ne sommes pas encore en Terre promise, sauvés par Dieu. Sur cette Terre, nous aussi sommes en exode, au regard de la plénitude d’amour à laquelle nous aspirons tous. Et la manne, c’est la vie et l’amour dont Dieu nous gratifie chaque jour et qui nous fortifient. La manne, c’est ce qui nous fait vivre et aimer alors que nous marchons, parfois tiraillés par le désir d’amour, parfois tiraillés par le désir de vivre plus pleinement, en récriminant contre Dieu et contre tous.

Mais pourquoi devons-nous passer par là ? Pourquoi nous faut-il avoir soif d’aimer et d’être aimés ? Pourquoi nous faut-il passer parfois par de terribles soifs de vivre ? Et pas simplement recevoir la vie et l’amour en plénitude. Pourquoi toujours le désert ? le manque ? la faim ? la soif ?

Il s’agit de reconnaître le donateur au-delà du don, sinon la relation n’est plus qu’alimentaire. C’est la réponse que donne l’Évangile : « Vous me cherchez, non parce que vous avez vu des signes, mais parce que vous avez mangé de ces pains et que vous avez été rassasiés. » dit Jésus après la multiplication des pains.

Vouloir être rassasié, de pain comme d’amour, c’est avoir le désir des effets plutôt que le désir du donateur. Vouloir être rassasié, c’est aimer pour ce que l’on éprouve plutôt que d’aimer l’autre en soi ; c’est désirer l’autre pour le bien qu’il nous fait et non pour qui il est. Vouloir être rassasié, c’est aimer être amoureux, ou aimer aimer, plutôt qu’aimer. Vouloir être rassasié, c’est confondre plaisir, satisfaction et bonheur.

Les êtres humains ne se rendent pas toujours compte à quel point ils s’enferment quand ils cherchent le bonheur en le faisant dépendre d’un désir de satisfaction immédiate à laquelle ils se soumettent de plein gré. Pourtant, il reste entravé celui qui préfère consommer de l’amour plutôt qu’aimer, enchaîné dans une relation qui n’est plus qu’alimentaire.

Comment savoir que nous aimons les autres pour eux-mêmes et non pas pour les effets qu’il y a à les aimer ? Comment discerner que nous ne sommes pas esclaves du sentiment d’aimer plutôt que donnés à l’amour ?

C’est en reversant la logique et constatant que l’amour persiste, au-delà des désagréments d’une relation. Qu’il arrive à vos enfants, à votre conjoint, à vos proches de vous blesser, vous continueriez à les aimer. La libération de l’esclavage d’une dépendance au sentiment d’amour est certainement là lorsque l’être aimé vous crucifie et qu’encore vous l’aimez. C’est ça revêtir le Christ.

Finalement, il n’y a qu’en Dieu que peut se trouver rassasiée notre soif d’aimer. Et c’est cet amour que vient nous donner le Christ quand il se donne lui-même à nous. Aimer Dieu pour les guérisons, le soutien ou le bien-être qu’il apporte, ce n’est pas encore aimer Dieu pour lui-même. C’est là aussi s’enfermer dans une relation purement alimentaire.

Le salut n’est pas un don reçu du Christ ; c’est le Christ lui-même ! « Moi, je suis le pain de la vie.  Celui qui vient à moi n’aura jamais faim ; celui qui croit en moi n’aura jamais soif. »

« Seigneur, donne-nous de ce pain-là ! »

Fr. Laurent Mathelot OP

Source : RÉSURGENCE.BE, le 31 juillet 2024

04.08.2024 – HOMÉLIE DU 18ÈME DIMANCHE ORDINAIRE – JEAN 6,24-35

Le pain dont nous avons faim

Pistes pour l’homélie par l’Abbé Jean Compazieu

Textes bibliques : Lire

Les textes bibliques de ce dimanche nous invitent à savoir reconnaître le don de Dieu. Ce don est un cadeau gratuit qu’il nous fait pour nous manifester son amour infini. Le problème c’est quand le receveur ne voit pas le signe de cet amour ; il ne voit que le côté matériel de ce cadeau. Les textes de ce jour voudraient nous aider à changer notre regard ; le plus important c’est de reconnaître et d’accueillir les signes de l’amour de Dieu pour nous et pour le monde entier.

C’est ce cheminement que nous trouvons dans la 1ère lecture : la vie des Hébreux dans le désert n’est pas facile : ils sont tenaillés par le manque de nourriture ; le ton s’est mis à monter : ils ont récriminé contre Moïse et Aaron ; ils rêvent de retourner « au pays d’Égypte » pour y retrouver leur ration d’esclave. Pour eux, venir mourir dans le désert, ça n’a pas de sens.

Ces récriminations, Dieu les entend : il leur donne cette nourriture spéciale appelée « manne » ; mais ce don qu’il leur fait est aussi une épreuve, un test pour éprouver leur foi : il leur interdit de faire des réserves ; ils sont invités à mettre une limite à la convoitise et à la peur du manque ; ils doivent surtout avoir foi dans le Seigneur qui leur a promis une ration suffisante tous les jours. Nous, chrétiens, nous croyons qu’aujourd’hui encore, Dieu nous donne tout ce dont nous avons besoin ; les richesses matérielles ne sont pas un mal ; mais elles ne doivent pas nous détourner de Dieu qui a bien mieux à nous offrir.

Dans l’Évangile, nous retrouvons Jésus qui vient de nourrir une foule affamée ; pour ces pauvres gens, c’est quelque chose d’extraordinaire : ils viennent à lui pour qu’il réponde à leurs besoins matériels. Mais Jésus ne veut pas être pris pour un « super boulanger » ; ce n’est pas sa mission : il a bien mieux à leur proposer. C’est également vrai pour nous aujourd’hui. Nos prières ne doivent pas se limiter à de simples demandes matérielles : ce que le Seigneur veut nous donner est bien plus important.

La grande priorité ce n’est pas les biens que nous possédons ni ceux que nous voulons posséder. Jésus voit tous ces gens qui travaillent dur pour leur nourriture corporelle. Or c’est “une nourriture périssable pour une vie périssable”. Aujourd’hui, il voudrait leur révéler une autre nourriture, un pain “venu du ciel” pour la Vie Éternelle.

L’Évangile nous introduit à cet autre pain. Il nous parle du “vrai pain”, “le pain de Dieu”, “le pain de vie”, “le pain venu du ciel”. Ce n’est pas comme la manne que les anciens ont mangée dans le désert au temps de Moïse. Le seul vrai pain, c’est Jésus. Il est le pain du ciel, celui qui donne la vie. Cette nourriture largement offerte à tous c’est d’abord la parole de Jésus : “L’homme ne vit pas seulement de pain mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu (Dt. 8. 3). Jésus est également nourriture par son Corps et son Sang ; cette nourriture est offerte à tous lors de la célébration Eucharistique.

Actuellement, le même Christ continue à nous révéler notre faim et notre soif d’absolu. Il voit tous ces jeunes et moins jeunes qui courent vers les plaisirs que procure la société de consommation, la drogue, l’alcool, les décibels. Il voit tous ces gens qui sont angoissés parce qu’ils ont perdu leur emploi. Leur grande douleur c’est que personne n’a besoin d’eux. Il leur manque un climat de tendresse et d’amour qui pourrait illuminer leur vie. Nous chrétiens, nous sommes envoyés pour témoigner de cet amour qui est en Dieu et le communiquer à tous ceux qui nous entourent.

Saint Paul nous montre le chemin. Il invite les croyants de son temps et chacun de nous à se laisser guider par un esprit renouvelé. Les Éphésiens, auxquels il s’adresse, sont passés sur « l’autre rive ». Ils ont quitté leurs anciennes pratiques pour se mettre à la suite du Christ. Leur foi en Jésus a fait d’eux des hommes nouveaux. Mais saint Paul sait que cette foi est encore fragile car ils vivent dans un monde païen. Nous aussi, nous pouvons, nous aussi, être atteints par l’esprit païen de notre temps. C’est ce qui se passe quand nous donnons la première place à l’argent et aux satisfactions matérielles. Mais le Seigneur veille ; il nous appelle inlassablement à revenir vers « l’autre rive ». C’est là qu’il nous attend. Il nous destine à partager sa vie.

Nous n’avons plus à récriminer contre Dieu comme dans le désert. Le Christ se donne à tous ceux et celles qui faim de sa Parole et de son Pain. Lui seul peut nous guider sur le chemin de la conversion. Rendons-lui grâce pour ce don qu’il nous fait et demandons-lui qu’il nous garde fidèles à ses paroles car elles sont celles de la Vie Éternelle.

abbé Jean Compazieu

Source : PUISER À LA SOURCE, le 27 juillet 2024