Saint Sixte II, pape (24e) et ses compagnons, martyrs († 258)
Grec de naissance, Sixte était diacre de l’Église romaine quand il succéda en 257 au pape saint Étienne. Saint Cyprien lui rend ce témoignage qu’il était « amateur de la paix et excellent en toutes sortes de vertus ». Saint Denis d’Alexandrie lui écrivit trois lettres pour le consulter.
Sixte occupait le trône pontifical depuis un an lorsqu’il subit le martyre. Au diacre Laurent qui se désolait de le voir aller au supplice et de ne pouvoir mourir avec lui, il dit : « Dans trois jours, tu me suivras ».
Sixte fut décapité dans le cimetière de Calixte en 258.
Avec lui furent martyrisés ses diacres Félicissime et Agapit ainsi que les sous-diacres Magne, Vincent et Étienne. St Cyprien ajoute à ces noms celui de Quartus.
Martyrologe Romain : À Rome, sur la voie Appienne, au cimetière de Calliste, en 258, la passion de saint Sixte II, pape, et de ses diacres, dont la mémoire sera célébrée le lendemain.
En ce temps-là, Jésus prend avec lui Pierre, Jacques et Jean, et les emmène, eux seuls, à l’écart sur une haute montagne. Et il fut transfiguré devant eux. Ses vêtements devinrent resplendissants, d’une blancheur telle que personne sur terre ne peut obtenir une blancheur pareille. Élie leur apparut avec Moïse, et tous deux s’entretenaient avec Jésus. Pierre alors prend la parole et dit à Jésus : « Rabbi, il est bon que nous soyons ici ! Dressons donc trois tentes : une pour toi, une pour Moïse, et une pour Élie. » De fait, Pierre ne savait que dire, tant leur frayeur était grande. Survint une nuée qui les couvrit de son ombre, et de la nuée une voix se fit entendre : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé : écoutez-le ! » Soudain, regardant tout autour, ils ne virent plus que Jésus seul avec eux. Ils descendirent de la montagne, et Jésus leur ordonna de ne raconter à personne ce qu’ils avaient vu, avant que le Fils de l’homme soit ressuscité d’entre les morts. Et ils restèrent fermement attachés à cette parole, tout en se demandant entre eux ce que voulait dire : « ressusciter d’entre les morts ».
Acclamons et partageons la parole de Dieu !
COMMENTAIRE :
Saint Léon le Grand (?-v. 461)
pape et docteur de l’Église
Homélie 51, sur la Transfiguration ; SC 74 bis (trad. cf SC p. 25s)
« Jésus leur défendit de raconter à personne ce qu’ils avaient vu avant que le Fils de l’homme soit ressuscité »
Jésus voulait armer ses apôtres d’une grande force d’âme et d’une constance qui leur permettraient de prendre sans crainte leur propre croix, malgré sa rudesse. Il voulait aussi qu’ils ne rougissent pas de son supplice, qu’ils ne considèrent pas comme une honte la patience avec laquelle il devait subir une Passion si cruelle, sans perdre en rien la gloire de sa puissance. Jésus « prit donc Pierre, Jacques et Jean, et il monta avec eux sur une haute montagne », et là il leur a manifesté l’éclat de sa gloire. Même s’ils avaient compris que la majesté divine était en lui, ils ignoraient encore la puissance détenue par ce corps qui voilait la divinité… Le Seigneur découvre donc sa gloire en présence des témoins qu’il avait choisis, et sur son corps, semblable à tous les autres corps, il répand une telle splendeur « que son visage parut brillant comme le soleil et ses vêtements blancs comme la neige. » Sans doute cette transfiguration avait surtout pour but d’enlever du cœur de ses disciples le scandale de la croix, de ne pas bouleverser leur foi par l’humilité de sa Passion volontaire…, mais cette révélation fondait aussi dans son Eglise l’espérance qui devait la soutenir. Tous les membres de l’Eglise, son Corps, comprendraient ainsi quelle transformation devrait s’opérer en eux un jour, puisqu’il est promis aux membres de participer à l’honneur qui a resplendi dans la Tête. Le Seigneur lui-même avait dit en parlant de la majesté de son avènement : « Alors les justes brilleront comme le soleil dans le Royaume de leur Père » (Mt 13,43). Et l’apôtre Paul affirme de son côté : « J’estime que les souffrances du temps présent ne sont pas à comparer à la gloire qui doit se révéler en nous » (Rm 8,18)… Il écrit aussi : « Car vous êtes morts avec le Christ, et votre vie reste cachée avec lui en Dieu. Lorsque le Christ paraîtra, lui qui est votre vie vous serez manifestés vous aussi, avec lui, dans la gloire » (Col 3,3-4).
LECTURES :
Livre de Daniel 7,9-10.13-14.
La nuit, au cours d’une vision, moi, Daniel, je regardais : des trônes furent disposés, et un Vieillard prit place ; son habit était blanc comme la neige, et les cheveux de sa tête, comme de la laine immaculée ; son trône était fait de flammes de feu, avec des roues de feu ardent. Un fleuve de feu coulait, qui jaillissait devant lui. Des milliers de milliers le servaient, des myriades de myriades se tenaient devant lui. Le tribunal prit place et l’on ouvrit des livres. Je regardais, au cours des visions de la nuit, et je voyais venir, avec les nuées du ciel, comme un Fils d’homme ; il parvint jusqu’au Vieillard, et on le fit avancer devant lui. Et il lui fut donné domination, gloire et royauté ; tous les peuples, toutes les nations et les gens de toutes langues le servirent. Sa domination est une domination éternelle, qui ne passera pas, et sa royauté, une royauté qui ne sera pas détruite.
Psaume 97(96),1-2.4-5.6.9.
Le Seigneur est roi ! Exulte la terre ! Joie pour les îles sans nombre ! Ténèbre et nuée l’entourent, justice et droit sont l’appui de son trône.
Quand ses éclairs illuminèrent le monde, la terre le vit et s’affola. Les montagnes fondaient comme cire devant le Seigneur, devant le Maître de toute la terre.
Les cieux ont proclamé sa justice, et tous les peuples ont vu sa gloire. Tu es, Seigneur, le Très-Haut sur toute la terre : tu domines de haut tous les dieux.
Un nouvel hôpital au Pérou pour transmettre la « douceur de Marie »
Dans le contexte de l’annonce récente de la mort d’Ana Estrada, la première personne à avoir demandé et obtenu l’euthanasie au Pérou, il convient de signaler une histoire contrastante sur l’accompagnement des mourants dans ce pays : celle d’un nouvel hôpital catholique situé dans la banlieue de Lima, qui dispense des soins palliatifs et étend l’amour du Christ aux personnes en situation d’extrême pauvreté qui sont en phase terminale de leur vie.
En 2021, le père Omar Sánchez Portillo, connu pour son important travail caritatif dans le district de Lurín (au sud de Lima) et fondateur de l’Association des Béatitudes, a rêvé de construire un centre pour servir, avec la « douceur de Marie », les personnes en situation d’abandon et d’extrême pauvreté qui sont atteintes de maladies terminales. Après avoir beaucoup prié, il a fait part de cette idée à un ami catholique allemand et philanthrope.
« Nous y avons réfléchi, nous avons médité sur ce projet, et nous l’avons offert comme un rêve à Dieu.Le projet initial était un modeste projet, pour servir 10 personnes », a déclaré M. Sánchez lors d’une entrevue avec ACI Prensa.
Puis le père Sanchez et Mgr Carlos García, évêque du diocèse de Lurín, ont présenté ce rêve au philanthrope lors d’une réunion virtuelle. À un moment donné, le catholique allemand a demandé à l’évêque quelle était l’image de la Vierge qui ornait la salle de réunion. Mgr García a expliqué qu’il s’agissait de « Misky María », ce qui signifie « Douce Marie » en langue indigène quechua. Le bienfaiteur allemand leur a répondu : « Ce sera le nom parfait pour l’hôpital de soins palliatifs que je vais vous offrir pour les 25 ans du diocèse de Lurín ». L’évêque et le prêtre, surpris, ont loué Dieu et remercié ce monsieur.
C’est ainsi que l’hôpital, d’une capacité de 60 patients en phase terminale, a commencé à devenir une réalité. Il dispose d’une unité de soins intensifs, de soins palliatifs, de soins infirmiers, de kinésithérapie, d’une cuisine, d’une chapelle et d’un salon funéraire. Les soins sont gratuits et dispensés par une équipe pluridisciplinaire de médecins, d’infirmières, de bénévoles et de prêtres. Sa construction a commencé le 6 septembre 2021 et le complexe a été inauguré le 20 novembre 2022.
« L’esprit de ce travail est de transmettre la douceur de Marie. Je dis toujours au personnel qui travaille avec moi : Imaginez comment Marie s’est occupée de Joseph dans les derniers jours de son mari. Saint Joseph est le saint patron de la bonne mort, parce qu’il a été accompagné par Marie et Jésus ; c’est la première attention que nous devons leur porter », a expliqué le p. Sánchez à ACI Prensa.
Car, dit le père Sánchez, « une mort vraiment digne est une mort qui se produit dans la paix et, si possible, en communion avec Dieu ».
Prions : Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort. Amen.
Saint Abel de Lobbes Bénédictin d’origine écossaise Archevêque de Reims
Abel, archevêque de Reims, fleurissait au milieu du VIIIe siècle, et il jouissait d’une si grande considération parmi ses collègues dans l’épiscopat, qu’au concile de Soissons, tenu en 714 et présidé par saint Boniface, archevêque de Mayence, on lui conféra une juridiction extraordinaire sur une partie de la France, avec pouvoir de juger les causes entre les évêques, leur clergé et leurs diocésains, de rétablir la discipline dans les monastères d’hommes el de femmes, de faire restituer à ces établissements ainsi qu’aux églises les biens aliénés, et d’empêcher les abbés d’aller en personne à la guerre.
Abel ne négligea rien pour répondre à la confiance du concile, et, pour récompenser son zèle, saint Boniface lui fit obtenir le pallium.
Le saint archevêque de Reims éprouva de grandes difficultés dans son diocèse divisé, par des factions puissantes.
Les seigneurs qui avaient usurpé les biens de son église lui opposèrent un certain Milon, qui s’empara par violence de son siège, pendant qu’il exécutait au dehors la mission dont le concile l’avait chargé, et, á son retour, voyant sa juridiction entravée par la force, il se retira au monastère de Loches où il vécut en simple religieux jusqu’à sa mort.
Il est honoré dans le Hainaut, principalement à Binche où son corps fut transporté et son nom se trouve dans plusieurs martyrologes.
Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 14,13-21.
En ce temps-là, quand Jésus apprit la mort de Jean le Baptiste, il se retira et partit en barque pour un endroit désert, à l’écart. Les foules l’apprirent et, quittant leurs villes, elles suivirent à pied. En débarquant, il vit une grande foule de gens ; il fut saisi de compassion envers eux et guérit leurs malades. Le soir venu, les disciples s’approchèrent et lui dirent : « L’endroit est désert et l’heure est déjà avancée. Renvoie donc la foule : qu’ils aillent dans les villages s’acheter de la nourriture ! » Mais Jésus leur dit : « Ils n’ont pas besoin de s’en aller. Donnez-leur vous-mêmes à manger. »
Alors ils lui disent : « Nous n’avons là que cinq pains et deux poissons. » Jésus dit : « Apportez-les-moi. » Puis, ordonnant à la foule de s’asseoir sur l’herbe, il prit les cinq pains et les deux poissons, et, levant les yeux au ciel, il prononça la bénédiction ; il rompit les pains, il les donna aux disciples, et les disciples les donnèrent à la foule.
Ils mangèrent tous et ils furent rassasiés.
On ramassa les morceaux qui restaient : cela faisait douze paniers pleins. Ceux qui avaient mangé étaient environ cinq mille, sans compter les femmes et les enfants.
Acclamons et partageons la parole de Dieu !
COMMENTAIRE :
Saint Bruno ( ?-1101)
fondateur des Chartreux
Lettre à Raoul le Verd, 4, 6, 8, 9 ; SC 88 (Lettres des premiers chartreux, trad. par un chartreux, éd du Cerf, 1962 ; p. 69-75 ; rev.)
« Jésus se rendit dans la montagne, à l’écart, pour prier »
Cher frère, j’habite un désert situé en Calabre et assez éloigné de tous côtés des habitations des hommes ; j’y suis avec mes frères religieux, dont certains pleins de science ; ils montent une garde sainte et persévérante, dans l’attente du retour de leur Maître, pour lui ouvrir dès qu’il frappera (Lc 12,36). (…) Ce que la solitude et le silence du désert apportent d’utilité et de divine jouissance à ceux qui les aiment, ceux-là seuls le savent qui en ont fait l’expérience. Là, en effet, les hommes forts peuvent se recueillir autant qu’ils le désirent, demeurer en eux-mêmes, cultiver assidûment les vertus et se nourrir avec bonheur des fruits du paradis. Là on s’efforce d’acquérir cet œil dont le clair regard blesse d’amour le divin Époux et dont la pureté donne de voir Dieu. Là on s’adonne à un repos bien rempli et on s’apaise dans une action tranquille. Là Dieu donne à ses athlètes, pour le labeur du combat, la récompense désirée : une paix que le monde ignore et la joie dans l’Esprit Saint. (…) En effet qu’est-ce qu’il y a de plus contraire à la raison, à la justice, à la nature même, que de préférer la créature au Créateur, de poursuivre les biens périssables plus que les biens éternels, ceux de la terre plus que ceux du ciel ? (…) La Vérité donne ce conseil à tous : « Venez à moi, vous tous qui peinez et ployez sous le fardeau, et moi je vous donnerai le repos » (Mt 11,28). N’est-ce pas une peine par trop ingrate et stérile d’être tourmenté par la concupiscence, affligé sans cesse par les soucis, les anxiétés, les craintes e les douleurs engendrés par ces désirs ? (…) Fuis, mon frère, toutes ces inquiétudes, passe de la tempête de ce monde au repos tranquille et sûr du port.
LECTURES :
Livre de Jérémie 28,1-17.
Cette année-là, au début du règne de Sédécias, roi de Juda, la quatrième année, au cinquième mois, le prophète Ananie, fils d’Azzour, originaire de Gabaon, me dit dans la maison du Seigneur, en présence des prêtres et de tout le peuple : « Ainsi parle le Seigneur de l’univers, le Dieu d’Israël : J’ai brisé le joug du roi de Babylone ! Dans deux ans, jour pour jour, je ferai revenir en ce lieu tous les objets de la maison du Seigneur que Nabucodonosor, roi de Babylone, a enlevés pour les emporter à Babylone. Je ramènerai ici Jékonias, fils de Joakim, roi de Juda, avec tous les déportés de Juda qui sont partis à Babylone – oracle du Seigneur –, car je vais briser le joug du roi de Babylone ! » Le prophète Jérémie répondit au prophète Ananie en présence des prêtres et de tout le peuple, qui se tenaient dans la maison du Seigneur. Il lui dit : « Amen ! Que le Seigneur agisse ainsi, que le Seigneur accomplisse ta prophétie : qu’il fasse revenir de Babylone les objets de la maison du Seigneur et tous les déportés. Cependant, écoute bien cette parole que je vais te faire entendre, à toi et à tout le peuple : Les prophètes qui nous ont précédés, toi et moi, depuis bien longtemps, ont prophétisé contre de nombreux pays et de grands royaumes la guerre, le malheur et la peste. Le prophète qui annonce la paix n’est reconnu comme prophète vraiment envoyé par le Seigneur, que si sa parole s’accomplit. » Alors le prophète Ananie enleva le joug que le prophète Jérémie s’étais mis sur la nuque, et il le brisa. Et Ananie déclara en présence de tout le peuple : « Ainsi parle le Seigneur : De la même manière, dans deux ans, jour pour jour, je briserai le joug de Nabucodonosor, roi de Babylone, pour en délivrer toutes les nations. » Alors le prophète Jérémie alla son chemin. La parole du Seigneur fut adressée à Jérémie après que le prophète Ananie eut brisé le joug qui était sur sa nuque. « Va dire à Ananie : Ainsi parle le Seigneur : Tu as brisé un joug de bois, mais à sa place tu feras un joug de fer. Car ainsi parle le Seigneur de l’univers, le Dieu d’Israël : C’est un joug de fer que je mets sur la nuque de toutes ces nations, pour qu’elles servent Nabucodonosor, roi de Babylone. Et elles le serviront. Je lui ai donné même les bêtes sauvages. » Le prophète Jérémie dit alors au prophète Ananie : « Écoute bien, Ananie : le Seigneur ne t’a pas envoyé, et toi, tu rassures ce peuple par un mensonge. C’est pourquoi, ainsi parle le Seigneur : Je te renvoie de la surface de la terre ; tu mourras cette année, car c’est la révolte que tu as prêchée contre le Seigneur. » Le prophète Ananie mourut cette même année, au septième mois.
Psaume 119(118),29.43.79-80.95.102.
Détourne-moi de la voie du mensonge, fais-moi la grâce de ta loi. N’ôte pas de ma bouche la parole de vérité, car j’espère tes décisions.
Qu’ils se tournent vers moi, ceux qui te craignent, ceux qui connaissent tes exigences. Que j’aie par tes commandements le cœur intègre : alors je ne serai pas humilié.
Des impies escomptent ma perte : moi, je réfléchis à tes exigences. De tes décisions, je ne veux pas m’écarter, car c’est toi qui m’enseignes.