27.09.2024 – ÉVANGILE DU JOUR

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 9,18-22. 

En ce jour-là, Jésus était en prière à l’écart. Comme ses disciples étaient là, il les interrogea : « Au dire des foules, qui suis-je ? »
Ils répondirent : « Jean le Baptiste ; mais pour d’autres, Élie ; et pour d’autres, un prophète d’autrefois qui serait ressuscité. »
Jésus leur demanda : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? »

Alors Pierre prit la parole et dit : « Le Christ, le Messie de Dieu. »


Mais Jésus, avec autorité, leur défendit vivement de le dire à personne,
et déclara : « Il faut que le Fils de l’homme souffre beaucoup, qu’il soit rejeté par les anciens, les grands prêtres et les scribes, qu’il soit tué, et que, le troisième jour, il ressuscite. »

Acclamons et partageons la parole de Dieu !

COMMENTAIRE :

Saint Jean Chrysostome (v. 345-407)

prêtre à Antioche puis évêque de Constantinople, docteur de l’Église

Homélies sur l’évangile de Matthieu, n°54, 1-3 

« Il leur défendit vivement de révéler à personne qu’il était le Messie de Dieu »

      « Alors, il enjoignit aux disciples de ne dire à personne qu’il était le Christ. » Pourquoi cet ordre ? Pour que, une fois que tout sujet de scandale serait écarté, la croix et sa Passion accomplies, tout obstacle capable de détourner la foule de croire en lui repoussé, la connaissance exacte de qui il était puisse se graver profondément et à tout jamais dans les cœurs. Sa puissance n’avait pas encore brillé d’une façon éclatante. Avant que les apôtres ne la prêchent, il attendait que l’évidence de la vérité et que l’autorité des faits puissent confirmer leur témoignage.       Car c’était une chose de le voir maintenant multiplier les prodiges en Palestine, puis en butte aux persécutions et aux outrages — et la croix allait suivre ces prodiges ; c’en était une autre de le voir adoré, cru par toute la terre, sauvé des mauvais traitements qu’il avait autrefois subis. Voilà pourquoi il leur recommande de ne rien dire à personne… Si les apôtres, qui avaient été témoins des miracles, qui avaient participé à tant de mystères inexprimables, avaient du mal à accepter une seule parole concernant la Passion, et avec eux Pierre lui-même, leur chef à tous (Mt 16,22), qu’aurait pensé le commun des mortels ? Après avoir entendu dire que Jésus était le Fils de Dieu, que penseraient-ils à le voir souillé de crachats et cloué à la croix ? Et cela avant la venue du Saint Esprit, quand on ne connaissait pas encore la raison de ces mystères ?

LECTURES :

Livre de l’Ecclésiaste 3,1-11. 

Il y a un moment pour tout, et un temps pour chaque chose sous le ciel :
un temps pour donner la vie, et un temps pour mourir ; un temps pour planter, et un temps pour arracher.
Un temps pour tuer, et un temps pour guérir ; un temps pour détruire et un temps pour construire.
Un temps pour pleurer, et un temps pour rire ; un temps pour gémir, et un temps pour danser.
Un temps pour jeter des pierres, et un temps pour les amasser ; un temps pour s’étreindre, et un temps pour s’abstenir.
Un temps pour chercher, et un temps pour perdre ; un temps pour garder, et un temps pour jeter.
Un temps pour déchirer, et un temps pour coudre ; un temps pour se taire, et un temps pour parler.
Un temps pour aimer, et un temps pour ne pas aimer ; un temps pour la guerre, et un temps pour la paix.
Quel profit le travailleur retire-t-il de toute la peine qu’il prend ?
J’ai vu la besogne que Dieu impose aux fils d’Adam pour les tenir en haleine.
Toutes les choses que Dieu a faites sont bonnes en leur temps. Dieu a mis toute la durée du temps dans l’esprit de l’homme, mais celui-ci est incapable d’embrasser l’œuvre que Dieu a faite du début jusqu’à la fin.

Psaume 144(143),1a.2abc.3-4. 

Béni soit le Seigneur, mon rocher !
Il est mon allié, ma forteresse,
ma citadelle, celui qui me libère ;
il est le bouclier qui m’abrite.

Qu’est-ce que l’homme, pour que tu le connaisses, Seigneur, 
le fils d’un homme, pour que tu comptes avec lui ?
L’homme est semblable à un souffle, 
ses jours sont une ombre qui passe.

26.09.2024 – CÉRÉMONIE DE BIENVENUE DU PAPE EN BELGIQUE À LA BASE AÉRIENNE DE MELSBROEK

Après avoir passé la journée au Luxembourg, le pape François arrive en Belgique. Il est officiellement accueilli par les autorités locales à la base aérienne de Melsbroek, proche de Bruxelles. Le Saint-Père entame ainsi une visite de trois jours en Belgique, entre Bruxelles, Louvain et Louvain-la-Neuve. 

26.09.2024 – RENCONTRE DU PAPE AVEC LA COMMUNAUTÉ CATHOLIQUE À LA CATHÉDRALE NOTRE-DAME DE LUXEMBOURG

Luxembourg: François encourage une Église en ouverture

Deuxième temps fort de ce voyage du Pape au Luxembourg, l’ouverture par le Pape du jubilé marial consacré à Marie Consolatrice des affligés, patronne du Luxembourg, en la cathédrale Notre-Dame en présence de la communauté catholique du pays. Le Pape a salué une Église en ouverture, en syntonie avec le parcours synodal, dans un contexte de sécularisation avancée.

Marie Duhamel – Cité du Vatican

Une image, celle du Pape François remontant la nef et saisissant chaque main tendue, celles de personnes handicapées installées comme lui dans un fauteuil roulant. Après s’être adressé aux autorités et membres de la société civile luxembourgeoise ce jeudi matin, le Pape François est allé à la rencontre de la communauté catholique du pays qui l’attendait en la cathédrale Notre-Dame, construite par les jésuites aux XVIIe siècle avant de devenir le siège de l’archevêché. Et c’est le cardinal jésuite Jean-Claude Hollerich, archevêque de la ville, qui a accueilli François, lui présentant son Église qui avance «sur le chemin de la conversion synodale» pour être toujours davantage au service de Dieu et engagée dans le développement intégral. Ici, l’Église évolue dans une société sécularisée, avec ses souffrances et difficultés mais aussi ses chemins d’espérance, a expliqué le cardinal au Pape.

Les luxembourgeois, des catholiques aux cœurs ouverts

Face à l’assemblée, François a ensuite écouté trois témoignages: celui d’abord d’un jeune qui dit porter encore en lui, un an après les JMJ de Lisbonne, des «batteries remplies de l’amour et de la joie de Dieu». À son tour, la vice-présidente du conseil pastoral diocésain a exprimé sa gratitude pour le processus synodal en cours qui a «en de nombreux lieux ravivé dans les cœurs la flamme de la foi, de l’espérance et de l’amour», sans cacher cependant un certain «découragement» dans le «quotidien ecclésial». Enfin une religieuse représentant les nombreuses communautés linguistiques présentes dans le pays a évoqué le visage multiculturel de l’Église locale, «une diversité (qui) est un défi quotidien» mais qu’ils vivent comme «une richesse». «Avec vous, nous nous engageons pour une Église ouverte à tous, universelle et synodale qui appelle chacun à suivre le Christ». C’est en effet à une Église profondément renouvelée par les immigrés que le Saint-Père s’est adressé.

«N’oublions pas cette ritournelle qui revient sans cesse dans la Bible: la veuve, l’orphelin et l’étranger. Montrez de la compassion à ceux qui sont abandonnés, dit le Seigneur déjà dans l’Ancien Testament. Les migrants entrent dans la révélation. Un grand merci au peuple et au gouvernement du Luxembourg pour ce qu’ils font pour les migrants: merci !»

Un jubilé consacré à Marie Consolatrice des Affligés

Dans son intervention, François s’est arrêté sur trois mots: service, mission et joie; des motspermettant d’avancer alors que s’est ouvert ce soir en sa présence le Jubilé marial consacré à Marie Consolatrice des Affligés, patronne du Grand-Duché à qui le Pape a demandé de l’aider afin d’«être des missionnaires, prêts à témoigner de la joie de l’Évangile pour nous mettre au service de nos frères». Une rose en or a été placée ce soir face à la statue de la Vierge, déposée dans l’église en 1794.

Le service passe d’abord par l’accueil, dit François, car l’Esprit de l’Évangile «n’admet aucun type d’exclusion», d’où l’encouragement aux Luxembourgeois à rester fidèles à leur héritage, en maintenant leur esprit d’accueil et d’ouverture à tous, une «tradition séculaire». François leur demande de continuer à faire du Luxembourg une «maison d’amitié». C’est d’ailleurs, poursuit le Pape, «plus un devoir de justice que de charité», surtout pour que l’Évangile soit partagé, en Europe et dans le monde, «dans la parole de l’annonce et dans les signes de l’amour».

Service et mission

Concernant la mission -deuxième mot clé- le Pape se réjouit de l’approche de l’archevêque de Luxembourg qui indiquait combien, dans une société sécularisée, l’Église «évolue, mûrit, grandit», sans se replier sur elle-même «triste, résignée, rancunière». «Elle relève, dit François, le défi de se redécouvrir et de revaloriser de façon nouvelle les voies de l’évangélisation». Il salue le partage des responsabilités, des ministères, la capacité à marcher ensemble comme une communauté, «en faisant de la synodalité une manière durable d’être en relation entre ses membres», notamment pour protéger la maison commune dont nous sommes les gardiens et pas les despotes.

Le Pape invite à réfléchir sur la manière dont cette mission, vécue ensemble, constitue en elle-même «un merveilleux instrument choral pour dire à tous la beauté de l’Évangile». Il faut venir au Christ par attrait et non par prosélytisme, rappelle François citant son prédécesseur Benoît XVI. Ce qui pousse à la mission, ce n’est pas «le besoin de faire du nombre, mais le désir de faire connaitre au plus grand nombre la joie de la rencontre avec Jésus».

Annoncer dans la joie

Enfin, tout cela doit être mené dans la joie. «Notre foi est joyeuse dansante», s’est exclamé le Pape «parce qu’elle nous dit que nous sommes les enfants d’un Dieu ami de l’homme, qui nous veut heureux et unis, et ne peut être davantage réjoui que par notre salut». Et le Pape d’évoquer une tradition au Luxembourg, la procession de printemps qui rassemble dans la rue, en une même danse, les pèlerins et visiteurs, en mémoire de saint Willibrord qui évangélisa le pays.

Un don de 176 000 euros pour les plus pauvres

François a invité les fidèles à vivre leur foi dans la joie, à ne pas perdre leur capacité à pardonner car «tous nous en avons besoin», et à poursuivre leur aide généreuse aux plus nécessiteux. Le Pape a d’ailleurs décidé de laisser aux œuvres catholiques locales un don de 176 000 euros que les catholiques luxembourgeois avaient fait originellement à l’aumônerie apostolique, afin qu’elles continuent leur travail auprès des migrants, des plus pauvres, de ceux qui frappent ici à leur porte.

Source : VATICANNEWS, le 26 septembre 2024

29.09.2024 – HOMÉLIE DU 26ÈME DIMANCHE ORDINAIRE – MARC 9,38-43.45.47-48

Changez vos cœurs

Textes bibliques : Lire


Pistes pour l’homélie par l’Abbé Jean Compazieu


Les lectures bibliques de ce dimanche nous révèlent un Dieu qui veut nous conduire sur le chemin de la Vie. Pour cela, il vient nous libérer de tout ce qui nous en détourne. Sur la route vers la terre promise, les hébreux n’étaient qu’un simple ramassis d’esclaves. Moïse avait été choisi par Dieu pour les conduire vers la liberté. Mais comme la charge devenait trop lourde, il a réparti son pouvoir en nommant des responsables. Dieu lui a promis de répandre son esprit sur ces derniers.

Mais un problème se pose : deux hommes, Eldad et Médad se mettent à prophétiser alors qu’ils n’ont pas été désignés. Josué les dénonce à Moïse. Il leur reproche un “exercice illégal de prophétie”. Mais on ne peut empêcher l’Esprit de Dieu de souffler où il veut. Personne n’en a le monopole. C’est vrai aussi pour nous aujourd’hui. On a longtemps pensé que le pape, les évêques et les prêtres étaient les seuls à avoir le droit de parler de la part de Dieu. Aujourd’hui, nous voyons des chrétiens qui se forment pour exercer des responsabilités d’enseignement religieux et d’aumônerie dans les collèges, les lycées ou les hôpitaux. Et ce qui est extraordinaire c’est que l’Esprit est à l’œuvre même en dehors de l’Église. Il intervient aussi dans le cœur de ceux qui sont d’une autre religion et dans celui de tous les hommes.

Dans l’Évangile, c’est un peu la même question qui est posée à Jésus. Rappelons-nous, ils viennent de se disputer les premiers postes. Ils pensent qu’ils sont les seuls titulaires de ce pouvoir. Ils sont contrariés de voir un homme qui chasse les démons au nom de Jésus. C’est de la concurrence déloyale. Le Christ voudrait les ramener à un peu plus d’humilité. Il ne faut pas empêcher celui qui agit au nom de Jésus. Comprenons bien, le démon c’est celui qui nous entraîne sur des chemins de perdition. Si on le chasse, on ne peut pas être contre Jésus.

La suite de l’Évangile nous montre les avertissements sévères à l’égard de celui qui entraînera la chute d’un petit. Faire tomber un disciple qui a décidé de suivre Jésus est extrêmement grave. Quand saint Marc écrit son Évangile, il pense à ceux qui ne sont pas de “notre Église”. Parmi eux, se trouvent des sympathisants qui sont prêts à franchir le seuil. On ne doit pas les refouler. Bien au contraire, nous sommes envoyés pour travailler au salut de tous les hommes. Dieu les aime tous et il ne veut pas qu’un seul se perde.

Dans l’Évangile, nous trouvons trois exemples pour prévenir la chute. Jésus nous parle d’abord de la main. Elle est faite pour recevoir les dons de Dieu et les partager. La main qui entraîne au péché c’est celle qui cherche à accumuler des richesses au détriment des plus pauvres. Elle n’hésite pas à frapper pour en avoir encore plus. C’est cette soif de richesses qui peut entraîner la chute d’un petit. C’est extrêmement grave, surtout quand ça vient d’un chrétien.

Le pied, c’est l’indépendance et l’autonomie. Il permet d’aller et venir. Aujourd’hui, nous comprenons que Jésus nous appelle tous à marcher à sa suite. Il est le chemin, la Vérité et la Vie. C’est par lui que nous allons au Père. On peut pécher avec le pied quand on court vers le mal et qu’on y entraîne les autres. Pécher avec le pied, c’est se détourner de Dieu et s’engager sur des chemins de perdition.

Le péché de l’œil c’est de voir bon ce que Dieu déclare mauvais. Les yeux peuvent nous entraîner dans l’illusion et nous détourner de Dieu et des autres. Nous pensons au riche qui n’avait pas vu le pauvre Lazare au pied de sa porte. Son péché a été de ne voir que lui même et ses intérêts personnels immédiats.

C’est exactement cela que dénonce la lettre de Saint Jacques (2ème lecture). Il s’attaque à ceux qui accumulent pour eux richesses et argent. Il s’en prend à ceux qui exploitent les travailleurs qui sont sous leurs ordres. Ces richesses qu’ils empilent “sont pourries”. Elles ne font que fausser les relations de fraternité et de justice. Si Dieu nous donne plus de biens, c’est pour faire plus d’heureux. Ce qui fait la valeur d’une vie c’est l’amour.

Dans l’Évangile, Jésus nous demande de couper et de trancher. Il ne s’agit pas d’une mutilation ; ce qui nous est demandé c’est de rompre d’une manière catégorique avec ces habitudes qui nous entraînent au péché. Le Seigneur attend de nous un véritable retournement : que notre main soit toujours tendue vers Dieu et vers les autres, que nos pieds marchent à la suite de Jésus, que nos yeux voient les autres avec le regard même de Dieu, un regard plein d’amour et de tendresse.

En ce jour, nous faisons nôtres les paroles de ce chant : “Changez vos cœurs, croyez à la Bonne Nouvelle. Changez de vie, croyez que Dieu vous aime !”

Abbé Jean Compazieu

Source : DIMANCHEPROCHAIN, le 22 septembre 2024

26.09.2024 – RENCONTRE AVEC LES AUTORITÉS, LA SOCIÉTÉ CIVILE ET LE CORPS DIPLOMATIQUE AU CERCLE CITÉ – LUXEMBOURG

Luxembourg: le Pape prône la coopération et la solidarité entre les nations

Lors de sa toute première prise de parole publique au Grand-duché dans le cadre de son voyage dans deux pays du Benelux, le Pape François a appelé «ceux qui sont investis de l’autorité» à s’engager dans la culture du dialogue et du compromis afin de construire la sécurité et la paix pour tous. 

Alexandra Sirgant – Cité du Vatican

Accueilli par le Grand-Duc Henri et la Grande-Duchesse Maria Teresa de Luxembourg ainsi que par le Premier ministre Luc Frieden, le Pape François a rencontré dans la matinée les représentants civils et le corps diplomatique du pays au sein du palais des congrès Cercle Cité, situé au cœur historique du quartier de la Ville-Haute à Luxembourg. Lors de la première allocution de son 46e voyage apostolique, le Pape argentin a insisté sur les avantages de la coopération entre les nations pour contrer «les conséquences néfastes du durcissement des positions et de la poursuite égoïste (…) des intérêts personnels».

Avant que le Saint-Père ne prononce son discours, le Premier ministre luxembourgeois a pris la parole pour remercier le chef de l’Église catholique de sa présence dans le pays, «40 ans après celle de Sa Sainteté le Pape Jean-Paul II». «Vous ne visitez pas seulement la capitale du Luxembourg, vous visitez aussi une des trois capitales de l’Union européenne», a rappelé Luc Frieden. Il a également souligné l’attachement de son pays, influencé par les valeurs judéo-chrétiennes, aux principes du droit international, mais aussi à la liberté de conscience, de manifester et de religion, perçues comme des principes fondamentaux de la démocratie luxembourgeoise. 

Au carrefour de l’histoire du Vieux Continent 

Pour sa part, François a en premier lieu dressé le portrait géographique de l’une des plus petites nations souveraines d’Europe, située à la «frontière de différentes zones linguistiques et culturelles», nichée entre la France, l’Allemagne et la Belgique. Le Luxembourg s’est ainsi «souvent trouvé au carrefour des événements historiques européens les plus importants» et a subi à deux reprises au début du XIXe siècle «l’invasion et la privation de liberté et d’indépendance». Instruit par son histoire, le Grand-Duché de Luxembourg a ensuite œuvré, a souligné le Souverain pontife, «dans la construction d’une Europe unie et solidaire». Faisant écho aux propos du Premier ministre, le Pape a rappelé le rôle de «membre fondateur de l’Union Européenne et des Communautés qui l’ont précédée» de ce pays qui «abrite de nombreuses institutions européennes dont la Cour de Justice de l’Union, la Cour des Comptes et la Banque d’Investissement». 

Au-delà de son importance européenne, l’évêque de Rome a souligné sa «solide structure démocratique», «qui a à cœur la dignité de la personne humaine et la défense de ses libertés fondamentales» et prévient contre «les dangers de la discrimination et de l’exclusion». Des conditions jugées indispensables par le Saint-Père pour endosser un rôle aussi significatif à l’échelle continentale mais aussi international, le Luxembourg étant aujourd’hui un centre économique et financier mondial, ainsi qu’un modèle de coopération entre les nations. «À cet égard, a poursuivi le Pape octogénaire, les paroles prononcées par saint Jean-Paul II lors de sa visite au Luxembourg en 1985 sont d’actualité: «Votre pays reste fidèle -disait-il- à sa vocation d’être, en ce carrefour important des civilisations, un lieu d’échanges et de coopération intenses entre un nombre croissant de pays. Je souhaite ardemment que cette volonté de solidarité unisse toujours plus largement les communautés nationales et s’étende à toutes les nations du monde, notamment les plus démunies» (Discours à la cérémonie de bienvenue, 15 mai 1985).

La richesse au service des plus démunis 

Le Pape François a ensuite rappelé les deux grands thèmes de son pontificat, la sauvegarde de la création et la fraternité. S’adressant aux autorités de l’un des pays les plus riches du monde, le Saint-Père a rappelé la responsabilité qui incombe à la richesse. Ainsi, le développement économique ne doit d’une part «pas saccager ni dégrader notre maison commune». D’autre part, il ne doit pas «marginaliser des peuples ou des groupes sociaux». «Je demande donc que l’on soit toujours attentif à ne pas négliger les nations les plus défavorisées, et même qu’on les aide à se relever de leurs conditions d’appauvrissement. Il s’agit d’une voie maîtresse pour faire en sorte que diminue le nombre de ceux qui sont contraints à émigrer, souvent dans des conditions inhumaines et dangereuses», a souligné François au pays de 654 000 habitants, dont près de la moitié sont issus de l’immigration européenne et mondiale. Le Saint-Père a par ailleurs remercié l’esprit d’accueil et d’intégration accordé aux migrants. 

Guérir la «dangereuse sclérose» de la violence, en regardant vers Dieu

Élargissant un instant son discours à l’ensemble du continent européen, le Souverain pontife a déploré la réapparition «de fractures et d’inimitiés qui, au lieu d’être résolues sur la base de la bonne volonté mutuelle, de la négociation et du travail diplomatique, débouchent sur des hostilités ouvertes, avec leur cortège de destruction et de mort». «Pour guérir cette très dangereuse sclérose qui rend les nations gravement malades et risque de les précipiter dans des aventures aux coûts humains immenses en renouvelant des massacres inutiles, il faut regarder vers le haut, a poursuivi le Saint-Père, il faut que la vie quotidienne des peuples et de leurs gouvernants soit animée par des valeurs spirituelles hautes et profondes, qui empêchent la folie de la raison et le retour irresponsable aux mêmes erreurs du passé, aggravées de surcroît par la plus grande puissance technique dont dispose aujourd’hui l’être humain». S’adressant à cette société luxembourgeoise très sécularisée, le Successeur de Pierre a tenu à témoigner de la «sève vitale» de l’Évangile de Jésus-Christ, le «seul en mesure de transformer profondément l’âme humaine en la rendant capable de faire le bien, même dans les situations les plus difficiles, d’éteindre les haines et de réconcilier les parties en conflit». 

Source : VATICANNEWS, le 26 septembre 2024

26.09.2024 – CÉRÉMONIE DE BIENVENUE DU PAPE FRANÇOIS À L’AÉROPORT DE LUXEMBURG / FINDEL

Le pape François entame ce jeudi 26 septembre 2024 son 46e voyage apostolique hors d’Italie et se rend au Luxembourg et en Belgique. Il est officiellement accueilli par les autorités locales à l’aéroport international de Luxembourg/Findel, proche de la ville de Luxembourg, capitale du petit pays du même nom. Il s’agit de la première étape de ce voyage de quatre jours, avant que le Pape se rende en Belgique.