27.09.2024 – RENCONTRE AVEC PROFESSEURS DE LA « KATHOLIEKE UNIVERSITEIT LEUVEN À LOUVAIN – BELGIQUE

Écologie, femme, études…. Le Pape François avec les étudiants de Louvain

Ce samedi 28 septembre, le Pape François avait rendez-vous avec les étudiants de l’Université catholique de Louvain, à l’occasion des 600 ans de l’Université, créée en 1425. Le Saint-Père est revenu sur le rôle de la femme dans l’Église et a rappelé que celle-ci est au coeur de l’événement salvifique grâce au «oui» de Marie. «Ce sont les relations qui expriment notre être à l’image de Dieu, homme et femme ensemble et non pas séparément!», a-t-il assuré. 

Jean-Benoît Harel – Cité du Vatican

Dans la salle de conférence de l’Université catholique de Louvain, environ 4 000 étudiants ont accueilli le Pape François pour célébrer les 600 ans de la fondation de leur université. Après le mot d’accueil de la rectrice et une lettre lue par des étudiants écrite à partir de leur réflexion sur l’encyclique Laudato si’, le Saint-Père s’est réjoui de la quête d’espérance, de justice et de vérité qui émanaient de ces questions.

En introduction, le Souverain pontife a fustigé le «mal qui détruit l’environnement et les peuples», dont la guerre est l’expression la plus brutale. Lorsque les religions sont utilisées pour faire ce mal, François a estimé qu’il s’agissait d’un «blasphème» car «Dieu est Père, pas maître; il est Fils et Frère, pas dictateur; il est Esprit d’amour, pas de domination».

Près de 40 ans après la visite de saint Jean-Paul II dans cette Université, François a appelé à l’espérance, à garder confiance dans l’assurance «que le mal n’a pas le dernier mot».

Gratitude, mission, fidélité

Concernant les liens entre le christianisme et l’écologie, l’auteur de Laudato si’ a d’abord conseillé d’être empli de gratitude envers la Création car «le premier à en prendre soin est Dieu». Il a rappelé le Psaume 8 «À voir ton ciel, ouvrage de tes doigts/ la lune et les étoiles que tu fixas, / qu’est-ce que l’homme pour que tu penses à lui, / le fils d’un homme, que tu en prennes souci?».

Après avoir entendu le titre Séquoia (de la chanteuse Pomme, ndlr), interprété par un groupe de l’université, François a donné le «programme écologique» de l’Église: «nous sommes dans le monde pour préserver sa beauté et le cultiver pour le bien de tous, en particulier de la postérité, le prochain dans l’avenir». S’opposant à «l’indifférence arrogante des puissants qui privilégie toujours l’intérêt économique» , le Pape a estimé que le marché est le premier obstacle à un développement humain intégral et juste. «Nous sommes des hôtes, pas des despotes», a rappelé François, encourageant les jeunes à s’engager en faveur de la Création.

Répondant aux étudiants, François a proposé de s’engager pour le développement intégral à travers la fidélité envers Dieu et envers l’homme. «Le développement intégral fait appel à notre sainteté: il est une vocation à une vie juste et heureuse, pour tous», a-t-il assuré.

Distinguant le fait de «manipuler la nature ou de cultiver la nature», François met en garde contre ce possible amalgame dans le monde technique (eugénisme, intelligence artificielle…) mais aussi dans «notre monde intérieur».

Qui est la femme et qui est l’Église?

Dans la lettre des étudiants, une des étudiantes avait relevé que la position de l’Église sur les femmes lui paraissait incompatible avec un développement intégral. «Les femmes sont les grandes absentes de Laudato si’», a ainsi lancé la jeune femme, frappée par l’absence de référence à la femme dans le texte comme dans les références théologiques, réservées aux hommes. En guise de réponse, François est revenu sur ce qu’est la femme et ce qu’est l’Église. 

“L’Église est le peuple de Dieu, pas une entreprise multinationale. La femme, dans le peuple de Dieu, est fille, sœur, mère. Comme moi je suis fils, frère, père. Ce sont les relations qui expriment notre être à l’image de Dieu, homme et femme ensemble et non pas séparément!”

Le Pape a rappelé ensuite le «oui» de Marie, mot «au cœur de l’événement salvifique». Il a estimé que la femme est «accueil fécond, soin, dévouement vital», et a demandé d’ouvrir les yeux sur «les nombreux exemples quotidiens d’amour, de l’amitié au travail, de l’étude à la responsabilité sociale et ecclésiale; de la vie conjugale à la maternité, à la virginité pour le Royaume de Dieu et pour le service». Il a ensuite souligné avec insistance à plusieurs reprises que «l’Église est femme».

L’étude, un chemin vers la connaissance de soi

Dans une dernière partie, le Pape François s’est intéressé aux études que font les milliers d’étudiants réunis devant lui. Il a insisté sur le point que les études ne se font jamais seul mais, «grâce à ceux qui ont étudié avant moi –les professeurs, les camarades plus avancés–, avec ceux qui étudient à mes côtés dans la salle de cours». De même, une fois réalisées, les études serviront aux autres et au bien commun, a estimé François. Il a poursuivi sur l’importance de réfléchir au but des études.

“Parfois, j’étudie pour trouver tel genre de travail, mais je finis par vivre en fonction de tel autre. Nous devenons une “marchandise”. On ne vit pas pour travailler, mais on travaille pour vivre; c’est facile à dire, mais il faut s’engager à le mettre en pratique de manière cohérente.”

Enfin, le Souverain pontife s’est attaché à l’importance de la recherche de la vérité. «Si nous renonçons à chercher ensemble la vérité, l’étude devient un instrument de pouvoir, de contrôle sur les autres. Elle ne sert pas, mais domine. Au contraire, la vérité nous rend libres», a-t-il lancé, rappelant l’Évangile de Jean. «Soyez des chercheurs et des témoins de la vérité», a conclu François, une manière de devenir et de continuer à être «une Université catholique».

Source : VATICANNEWS, le 28 septembre 2024

27.09.2024 – RENCONTRE AVEC LES AUTORITÉS ET LA SOCIÉTÉ CIVILE – BELGIQUE

En Belgique, le Pape exhorte à la paix, à l’espérance et dénonce les abus

«La Belgique est un pont indispensable pour construire la paix et refuser la guerre», a déclaré le Pape François, lors de sa rencontre vendredi 27 septembre, avec les autorités belges et représentants de la société civile. Dans le château de Laeken, le Saint-Père a souligné que «la concorde et la paix ne sont pas des conquêtes acquises une fois pour toutes», mais plutôt «une tâche et une mission incessantes à cultiver». Il est également revenu sur la question des abus. 

Myriam Sandouno – Cité du Vatican

C’est la première visite du Pape François en Belgique, pays visité à deux reprises par le Pape Jean-Paul II: en mai 1985 et juin 1995. «En route, avec Espérance», c’est bien la devise de cette visite du Saint-Père, dans «la Belgique plus précieuse que jamais pour la mémoire du continent européen». Dans la matinée de ce 27 septembre, l’évêque de Rome a eu une rencontre avec les autorités du pays, et les représentants de la société civile. Étaient également présents dans le château de Laeken, (résidence officielle du roi Phillipe, de son épouse la reine Mathilde et de leurs quatre enfants), des entrepreneurs, des autorités religieuses, ainsi que des représentants de la culture: environ 300 personnes.

Après le discours de bienvenue de Phillipe, septième roi des Belges, et celui du Premier ministre, le Pape François a exprimé sa joie de visiter la Belgique, dont «on évoque à la fois quelque chose de petit et de grand: un pays occidental et en même temps central, comme s’il était le cœur battant d’un organisme gigantesque», a déclaré le Souverain pontife. Située sur la ligne de fracture entre le monde germanique et le monde latin, limitrophe de la France et de l’Allemagne, qui «avaient le plus incarné les antithèses nationalistes à la base du conflit, elle est apparue, a-t-il indiqué, comme un lieu idéal, presque une synthèse de l’Europe, d’où repartir pour sa reconstruction, physique, morale et spirituelle».

La Belgique est un pont indispensable pour construire la paix

Pays d’une superficie de 30 688 Km2 avec une population de 11 millions d’habitants, la Belgique n’est «pas un État très étendu, mais son histoire particulière» a fait que, aussitôt après la fin de la Seconde Guerre mondiale, a rappelé François, les peuples européens fatigués et épuisés, entamant un sérieux chemin de pacification, collaboration et intégration, se sont tournés vers ce pays comme siège naturel des principales institutions européennes. «On pourrait dire que la Belgique est un pont: entre le continent et les îles britanniques, entre les régions germaniques et francophones, entre le sud et le nord de l’Europe», a-t-il expliqué: un pont qui permet à la concorde de s’étendre et aux différends de s’estomper; où chacun, avec sa langue, sa mentalité et ses convictions, rencontre l’autre et choisit la parole, le dialogue et le partage comme moyens de relation.

Tel un lieu où l’on apprend à faire de sa propre identité non pas une idole ou une barrière, mais un espace accueillant d’où l’on part et où l’on revient; où l’on favorise les rencontres valables et où l’on cherche ensemble de nouveaux équilibres, où l’on construit de nouvelles synthèses. La Belgique est, selon le Pape, ce véritable pont qui en réalité, favorise les échanges, met en communication et fait dialoguer les civilisations. Un pont indispensable pour construire la paix et refuser la guerre, a soutenu l’évêque de Rome. Dans un monde actuel où les guerres et conflits font ravage, tuant des milliers d’innocents, le Pape a exhorté à la paix et à la concorde, qui «ne sont pas des conquêtes acquises une fois pour toutes, mais plutôt une tâche et une mission incessantes à cultiver, à entretenir avec ténacité et patience».

“L’histoire, magistra vitae trop souvent ignorée, de la Belgique appelle l’Europe à reprendre son chemin, à redécouvrir son vrai visage, à investir à nouveau dans l’avenir en s’ouvrant à la vie, à l’espérance, pour vaincre l’hiver démographique et l’enfer de la guerre.”

L’Église catholique belge

Selon des estimations citées dans le dernier rapport annuel de l’Église en Belgique, 50 % des Belges se définissent comme catholiques. François est ainsi parti à la rencontre d’une Église qui se «veut être une présence qui, témoignant de sa foi dans le Christ ressuscité, offre aux personnes, aux familles, aux sociétés et aux nations une espérance ancienne et toujours nouvelle». Mais aussi, une présence qui «aide chacun à affronter les défis et les épreuves, sans enthousiasmes faciles ni pessimismes moroses», mais «avec la certitude que l’être humain, aimé de Dieu, a une vocation éternelle de paix et de bonté et qu’il n’est pas destiné à la dissolution et au néant».

Ces trente dernières années, l’Église de Belgique a été marquée par une succession de scandales d’abus sexuels commis par des membres du clergé sur des mineurs et des personnes majeures vulnérables. C’est «un fléau auquel l’Église s’attaque avec détermination et fermeté, en écoutant et en accompagnant les personnes blessées et en mettant en œuvre un vaste programme de prévention dans le monde entier». Le Pape a invité à demander pardon aux victimes d’abus: «Frères et soeurs c’est une honte! Nous devons tous demander pardon et résoudre le problème. Les abus sont une honte… À l’intérieur de l’Église ce crime existe», a déploré François.

Les adoptions forcées 

Au cours de cette rencontre, le Pape s’est dit attristé par le phénomène des «adoptions forcées» «qui se sont produites ici également en Belgique entre les années cinquante et soixante-dix du siècle dernier». «Dans ces histoires douloureuses», a souligné François, «s’est mélangé le fruit amer d’un crime avec ce qui était malheureusement le résultat d’une mentalité répandue dans toutes les couches de la société, à tel point que ceux qui agissaient conformément à cette mentalité croyaient en conscience faire le bien, tant de l’enfant que de la mère». Le Successeur de Pierre, a prié pour que «l’Église trouve toujours en elle la force de clarifier et de ne pas se conformer à la culture dominante, même lorsque celle-ci utilise – en les manipulant – les valeurs dérivées de l’Évangile pour en tirer des conclusions indues, avec leurs lourdes conséquences de souffrance et d’exclusion». Il a également porté en prière les responsables des nations afin que, regardant la Belgique et son histoire, «ils sachent en tirer un enseignement et épargnent ainsi à leurs peuples des malheurs sans fin et des deuils sans nombre».

“Je prie pour que les gouvernants sachent assumer la responsabilité, le risque et l’honneur de la paix et qu’ils sachent écarter le risque, le scandale et l’absurdité de la guerre. Je prie pour qu’ils craignent le jugement de la conscience, de l’histoire et de Dieu, et qu’ils convertissent leurs yeux et leurs cœurs, en privilégiant toujours le bien commun”

L’Espérance 

La Belgique a besoin d’espérance. Pour l’évêque de Rome, ce «n’est pas quelque chose que l’on porte dans son sac à dos pendant le voyage; non, l’espérance est un don de Dieu, et elle se porte dans le cœur». Concluant son discours, le Pape a suggéré au peuple belge de «toujours demander et recevoir ce don de l’Esprit Saint, pour marcher avec Espérance sur le chemin de la vie et de l’histoire».

Source : VATICANNEWS, le 27 septembre 2024

27.09.2024 – VISITE DU PAPE FRANÇOIS AU ROI DES BELGES

Le Pape promet une «lutte ferme» contre les abus, une «honte» pour l’Église

Aux premières heures de sa visite apostolique en Belgique, le Pape s’est exprimé, à la suite du Roi des Belges et du chef de l’exécutif, sur le «fléau» des abus, un «contre-témoignage douloureux» qui est une «honte» pour l’Église. Avec humilité et détermination, il faut tout mettre en œuvre, dit-il, pour que cela ne se vérifie plus et entreprendre une demande de pardon.

Marie Duhamel – Cité du Vatican

Bien qu’aucune rencontre entre le Pape et des victimes d’abus ne figure sur l’agenda officiel de ce déplacement apostolique, l’épiscopat belge avance que François pourrait en privé échanger avec six hommes et neuf femmes frappés par ce fléau. Le Pape est «conscient de la difficulté, des drames et des souffrances qui ont eu lieu en Belgique et on peut certainement s’attendre à ce que cela soit mentionné», affirmait lundi le directeur de la Salle de presse du Saint-Siège. Ce fut le cas ce vendredi matin.

Lors de sa première prise de parole publique au château de Laeken, le Pape a réaffirmé combien ce fléau des abus commis par des membres du clergé sur des mineurs ou des personnes vulnérables est «notre honte et notre humiliation».

La nécessaire demande de pardon

Sortant de son discours, le Pape a d’emblée reconnut les faits: «Dans (la) coexistence pérenne entre sainteté et péché, entre ombre et lumière, l’Église fait preuve d’un dévouement splendide, parfois avec l’émergence de contre-témoignage douloureux. Je pense aux événements dramatiques des abus sur les mineurs». L’Église qui rejette la tragédie que fut le massacre des innocents, connait aujourd’hui et en son sein des crimes équivalents à ceux du roi Hérode, déplore François.

Et s’il assure que l’Église s’attaque avec «détermination et fermeté» à ce fléau, en écoutant et en accompagnant les personnes blessées et en mettant en œuvre partout dans le monde de façon capillaire des programmes de prévention, le Saint-Père estime que cela ne suffit pas. «L’Église doit avoir honte et demander pardon. Elle doit parvenir à résoudre cette question avec humilité chrétienne et mettre tout en œuvre pour que cela ne se produise plus», a lancé François. Et le Pape d’interpeller chacun: «Frères et sœurs, c’est une honte, une honte dont chacun de nous doit se saisir pour demander pardon et résoudre le problème». Car, on le lui dit souvent, ces crimes sont également commis dans des milieux qui ne sont pas ecclésiaux, au sein des familles, à l’école, dans des clubs de sport. Chaque abus commis est une honte et le Pape souhaite que chacun «pour son propre compte» demande pardon, mais le successeur de Pierre insiste sur le devoir des ministres et fidèles catholiques. «Dans l’Église, nous devons demander pardon» car les abus sont «notre honte et notre humiliation».

Le Roi des Belges sur le scandale des abus

L’Église appelée à clarifier son passé

Les condamnations et les mesures récemment mises en œuvre sous le pontificat de François ont été saluées par le Roi des Belges. Dans son pays marqué par plus de 30 ans de scandales à répétition, Philippe a également souligné les efforts de l’Église belge pour «’réparer’ l’irréparable», estimant «qu’elle doit certainement poursuivre ces efforts sans relâche».

Le Premier ministre belge sur le scandale des abus

Ce fut d’ailleurs le sens de l’intervention du Premier ministre qui a également insisté sur ces «les blessures douloureuses» qui existent dans la communauté catholique et la société civile» belge et qu’on ne peut ignorer. Alexander de Croo mentionne la travail réalisé avec «conviction et charité» par les ministres de l’Église mais, prévient-il, «si quelque chose ne va pas, on ne peut pas accepter de dissimuler les faits. Cela nuit au travail précieux accompli par tous». Les victimes doivent être entendues et la justice rendue. «Il s’agit, a-t-il dit, non seulement d’une obligation morale, mais aussi d’une étape fondamentale pour regagner la confiance». Pour lui, la dignité humaine prime sur les intérêts de l’institution. Le chef de l’exécutif a ainsi appelé l’Église à «clarifier son passé, pour pouvoir regarder vers l’avenir».

Source : VATICANNEWS, le 27 septembre 2024

Qu’entend-on exactement par Marie médiatrice des grâces ? (I)

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© Shutterstock/Nancy Bauer

Qu’entend-on exactement par Marie médiatrice des grâces ? (I)

Prier à l’intercession de la Sainte Vierge revient-il à oublier le Christ ? Comment comprendre que Marie « distribue » des grâces ? Voici les explications du Père Serafino M. Lanzetta, franciscain marial et auteur de Semper Virgo (éd. Via Romana), qui répond aux questions de Constantin de Vergennes, pour France Catholique :

Qu’entend-on exactement quand l’on dit que Marie est « médiatrice » de la grâce ?

Père Serafino M. Lanzetta : La Vierge Marie est médiatrice de grâces car non seulement elle porte de façon parfaite notre prière à Dieu, mais elle a contribué, avec Jésus, à la formation de la grâce comme telle, puisqu’elle l’a porté dans son ventre ! Il faut également revenir au message de l’Ange lors de l’Annonciation. Il s’agit d’une prière mariale qui explicite bien que Marie est « pleine de grâce »… À ce titre, rappelons que s’il n’y avait pas eu la salutation angélique, il n’y aurait pas eu l’Incarnation ! Prier des « Ave », c’est donc prier les mystères de l’Incarnation du Verbe, présent avec nous par Marie.

Cette notion de médiation et, plus généralement, de prière à la Vierge, rencontre une objection courante : pourquoi ne pas prier Jésus directement ?

Tout simplement car il nous faut imiter les mêmes chemins que ceux empruntés par le Christ, qui est venu à nous par la Vierge Marie. Comme l’avait souligné saint Louis-Marie Grignion de Montfort, nous devons donc « aller à Jésus par Marie » ! Les théologiens qui disent qu’il faut prier « directement » Jésus ne comprennent pas le concept de médiation de Marie. Il faut l’entendre non pas comme un obstacle dressé entre le Christ et nous, mais comme la participation de la Vierge – qui a porté Jésus en son sein – aux mystères du Christ.

Au demeurant, la notion de médiation se retrouve ailleurs dans la vie chrétienne : le sacerdoce, par exemple, est une médiation où le prêtre joue le rôle de médiateur entre le fidèle et le Christ. Mais la médiation par excellence reste celle partagée par NotreDame. La Tradition chrétienne ne s’y est d’ailleurs pas trompée : la prière à la Vierge est une longue tradition de l’Église. Dès le IIIe siècle, nous trouvons la prière de consécration du « Sub tuum praesidium », qui demande à la Vierge Marie de nous laisser nous réfugier sous sa protection.

www.france-catholique.fr

Lectures de la messe du jour

Prions :
Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort.
Amen.

Source : une minute avec Marie

27.09.2024 – SAINT DU JOUR

St Vincent de Paul

PRÊTRE ET FOND. († 1660)

Saint Vincent de Paul
Prêtre, Fondateur d’Ordres 
(1581-1660)

Ce saint, dont le nom est devenu synonyme de charité, est l’une des plus pures gloires de la France et de l’humanité tout entière. 

V

incent naît à Pouy, près de Dax (France), le 24 avril 1581. Ses parents faisaient valoir une petite ferme et vivaient du travail de leurs mains. Les premières années de Vincent se passèrent à la garde des troupeaux. Un jour qu’il avait ramassé jusqu’à trente sous, somme considérable pour lui, il la donna au malheureux qui lui parut le plus délaissé. Quand ses parents l’envoyaient au moulin, s’il rencontrait des pauvres sur sa route, il ouvrait le sac de farine et leur en donnait à discrétion. 

Son père, témoin de sa charité et devinant sa rare intelligence, résolut de s’imposer les plus durs sacrifices pour le faire étudier et le pousser au sacerdoce : « Il sera bon prêtre, disait-il, car il a le cœur tendre. » À vingt ans, Vincent étudie la théologie à Toulouse et reçoit bientôt le grade de docteur. 

Ordonné en 1600, à l’âge de 19 ans, un an après son ordination il se rend à Marseille pour recueillir un legs que lui a laissé un de ses amis. Au retour, voyageant par mer pour se rendre à Narbonne, il est pris par des pirates et emmené captif en Afrique. Sa captivité, d’abord très dure et accompagnée de fortes épreuves pour sa foi, se termina par la conversion de son maître, qui lui rendit la liberté.

Les circonstances le font nommer aumônier général des galères, et il se dévoue au salut de ces malheureux criminels avec une charité couronnée des plus grands succès. La Providence semble le conduire partout où il y a des plaies de l’humanité à guérir. 

À une époque où la famine et les misères de toutes sortes exercent les plus affreux ravages, il fait des prodiges de dévouement; des sommes incalculables passent par ses mains dans le sein des pauvres, il sauve à lui seul des villes et des provinces entières. Ne pouvant se multiplier, il fonde – en 1617 en France, en 1634 en Italie –, puis en divers lieux, des Confréries de Dames de la Charité (devenues aujourd’hui les Équipes Saint-Vincent — AIC), puis, en collaboration avec Louise de Marillac avec qui il entretiendra une grande amitié, l’ordre des Filles de la Charité (1623), plus connues sous le nom des Sœurs de Saint-Vincent-de-Paul. Nulle misère ne le laisse insensible ; il trouve le moyen de ramasser lui-même et de protéger partout des multitudes d’enfants exposés à l’abandon et à la mort, et mérite le nom de Père des enfants trouvés. 

Il a formé des légions d’anges de charité ; mais il lui faut des légions d’apôtres, et il fonde les Prêtres de la Mission (1625), destinés à évangéliser la France et même les peuples infidèles.

En 1638 débute l’œuvre des « Enfants Trouvés ». Il créa pour cela un établissement pour les enfants trouvés.
Son action ne s’arrêtait jamais. Il envoyait ses missionnaires dans tout le royaume et à l’étranger:
– 1639 voit Vincent organiser les secours en Lorraine (ravagée par la guerre, la peste et la famine).
– 1646 Fondation de la mission d’Alger. 
– 1648 Fondation de la mission de Madagascar. 
– 1649 Démarche de Saint Vincent auprès de la Reine et Mazarin en faveur de la paix. 
– 1651 Vincent organise des secours en Picardie, Champagne et Ile-de France, dévastées par la guerre. C’est l’année de la Fondation de la mission de Pologne.

Accablé d’infirmités et de souffrances à la fin de sa vie, il meurt à Saint-Lazare le 27 septembre 1660. Louise de Marillac était décédée peu de temps avant lui le 15 mars 1660. On lui fit des funérailles exceptionnelles. Toutes les œuvres qu’il avait créées étaient représentées, Les princes se mêlaient aux pauvres dans la foule venue honorer le bienfaiteur que l’on vénéra comme un saint.

Il fut béatifié par Benoît XIII (Pietro Francesco Orsini, 1724-1730) le 12 août 1729 et canonisé par Clément XII (Lorenzo Corsini, 1730-1740) le 16 juin 1737. Actuellement son corps est exposé dans la Chapelle des Lazaristes, 95, rue de Sèvres, à Paris-VIe. 

Pour un approfondissement :
 >>> œuvres et biographies    

Saint Vincent de Paul priez pour nous !