29.09.2024 – ÉVANGILE DU JOUR

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 9,38-43.45.47-48. 

En ce temps-là, Jean, l’un des Douze, disait à Jésus : « Maître, nous avons vu quelqu’un expulser les démons en ton nom ; nous l’en avons empêché, car il n’est pas de ceux qui nous suivent. »
Jésus répondit : « Ne l’en empêchez pas, car celui qui fait un miracle en mon nom ne peut pas, aussitôt après, mal parler de moi ;
celui qui n’est pas contre nous est pour nous. »
Et celui qui vous donnera un verre d’eau au nom de votre appartenance au Christ, amen, je vous le dis, il ne restera pas sans récompense.
« Celui qui est un scandale, une occasion de chute, pour un seul de ces petits qui croient en moi, mieux vaudrait pour lui qu’on lui attache au cou une de ces meules que tournent les ânes, et qu’on le jette à la mer.


Et si ta main est pour toi une occasion de chute, coupe-la. Mieux vaut pour toi entrer manchot dans la vie éternelle que de t’en aller dans la géhenne avec tes deux mains, là où le feu ne s’éteint pas.


Si ton pied est pour toi une occasion de chute, coupe-le. Mieux vaut pour toi entrer estropié dans la vie éternelle que de t’en aller dans la géhenne avec tes deux pieds.
Si ton œil est pour toi une occasion de chute, arrache-le. Mieux vaut pour toi entrer borgne dans le royaume de Dieu que de t’en aller dans la géhenne avec tes deux yeux,
là où le ver ne meurt pas et où le feu ne s’éteint pas.

Acclamons et partageons la parole de Dieu !

COMMENTAIRE :

Julienne de Norwich (1342-après 1416)

recluse anglaise

Révélations de l’amour divin, ch. 35-36 (trad. Cerf 1992, p. 124s rev.) 

Face à la miséricorde de Dieu, reconnaître pleinement notre péché

Dieu lui-même est justice par excellence. Toutes ses œuvres sont justes, ordonnées qu’elles sont de toute éternité par sa haute puissance, sa haute sagesse, sa haute bonté. De même qu’il a tout réglé pour le mieux, de même il œuvre sans cesse et conduit chaque chose à sa fin… La miséricorde est l’œuvre de la bonté de Dieu ; elle continuera à œuvrer aussi longtemps qu’il sera permis au péché de tourmenter les âmes justes. Lorsque cette permission sera retirée…tout sera établi dans la justice, pour y demeurer éternellement. Dieu permet que nous tombions. Mais par sa puissance et sa sagesse, il nous garde. Par sa miséricorde et sa grâce, il nous élève à une joie infiniment plus grande. Ainsi veut-il être connu et aimé dans la justice et dans la miséricorde, maintenant et à jamais… Moi, je ne ferai rien d’autre que pécher. Mais mon péché n’empêchera pas Dieu d’opérer. La contemplation de son œuvre est joie céleste pour l’âme qui est pénétrée de crainte et qui désire toujours plus amoureusement accomplir la volonté de Dieu avec l’aide de la grâce. Cette œuvre commencera ici-bas. Elle sera glorieuse pour Dieu et d’un énorme avantage pour tous ceux qui l’aiment sur terre. À notre arrivée au ciel, nous en serons témoins dans une joie merveilleuse. Cette œuvre se poursuivra jusqu’au dernier jour. La gloire et la béatitude qui en découleront subsisteront au ciel, devant Dieu et tous ses saints, à tout jamais… Là sera la plus haute joie : voir que Dieu lui-même en est l’auteur. L’homme, lui, n’est autre que pécheur. Il me semblait que notre bon Seigneur me disait : « Vois donc ! N’y a-t-il pas là matière à humilité ? N’y a-t-il pas là matière à aimer ? N’y a-t-il pas là matière à te connaître toi-même ? N’y a-t-il pas là matière à te réjouir en moi ? Alors, par amour pour moi, réjouis-toi en moi. Rien ne peut me plaire davantage ».

LECTURES :

Livre des Nombres 11,25-29. 

En ces jours-là, le Seigneur descendit dans la nuée pour parler avec Moïse. Il prit une part de l’esprit qui reposait sur celui-ci, et le mit sur les soixante-dix anciens. Dès que l’esprit reposa sur eux, ils se mirent à prophétiser, mais cela ne dura pas.
Or, deux hommes étaient restés dans le camp ; l’un s’appelait Eldad, et l’autre Médad. L’esprit reposa sur eux ; eux aussi avaient été choisis, mais ils ne s’étaient pas rendus à la Tente, et c’est dans le camp qu’ils se mirent à prophétiser.
Un jeune homme courut annoncer à Moïse : « Eldad et Médad prophétisent dans le camp ! »
Josué, fils de Noun, auxiliaire de Moïse depuis sa jeunesse, prit la parole : « Moïse, mon maître, arrête-les ! »
Mais Moïse lui dit : « Serais-tu jaloux pour moi ? Ah ! Si le Seigneur pouvait faire de tout son peuple un peuple de prophètes ! Si le Seigneur pouvait mettre son esprit sur eux ! »

Psaume 19(18),8.10.12-13.14. 

La loi du Seigneur est parfaite, 
qui redonne vie ; 
la charte du Seigneur est sûre, 
qui rend sages les simples.

La crainte qu’il inspire est pure, 
elle est là pour toujours ; 
les décisions du Seigneur sont justes 
et vraiment équitables :

Aussi ton serviteur en est illuminé ; 
à les garder, il trouve son profit.
Qui peut discerner ses erreurs ? 
Purifie-moi de celles qui m’échappent.

Préserve aussi ton serviteur de l’orgueil : 
qu’il n’ait sur moi aucune emprise. 
Alors je serai sans reproche, 
pur d’un grand péché.

Lettre de saint Jacques 5,1-6. 

Vous autres, maintenant, les riches ! Pleurez, lamentez-vous sur les malheurs qui vous attendent.
Vos richesses sont pourries, vos vêtements sont mangés des mites,
votre or et votre argent sont rouillés. Cette rouille sera un témoignage contre vous, elle dévorera votre chair comme un feu. Vous avez amassé des richesses, alors que nous sommes dans les derniers jours !
Le salaire dont vous avez frustré les ouvriers qui ont moissonné vos champs, le voici qui crie, et les clameurs des moissonneurs sont parvenues aux oreilles du Seigneur de l’univers.
Vous avez mené sur terre une vie de luxe et de délices, et vous vous êtes rassasiés au jour du massacre.
Vous avez condamné le juste et vous l’avez tué, sans qu’il vous oppose de résistance.

28.09.2024 – Rencontre avec le corps religieux à la basilique du Sacré-Coeur de Koekelberg – Belgique

Le Pape à l’Église belge: «Sans l’Esprit, rien de chrétien n’advient»

«Marchez ensemble, vous et l’Esprit Saint, pour, ainsi, être Église» a déclaré le Pape François, lors de sa rencontre samedi 28 septembre, avec les évêques, les prêtres, diacres, séminaristes, personnes consacrées et agents pastoraux de Belgique. Dans la basilique du Sacré-Cœur de Koekelberg, le Saint-Père a invité à réfléchir sur trois mots clés: «évangélisation, joie, miséricorde».

Augustine Asta – Cité du Vatican

C’est dans un cadre impressionnant en la basilique du Sacré-Cœur de Koekelberg, au nord de Bruxelles, cinquième plus grande église au monde, que le Pape François a rencontré ce samedi matin 28 septembre les évêques, les prêtres, diacres, séminaristes, personnes consacrées et agents pastoraux de Belgique.

Avant que le Saint-Père ne prononce son discours, le président de la Conférence épiscopale, Mgr Luc Terlinden, dans son allocution de bienvenue, a tout d’abord exprimé la joie de tout l’épiscopat catholique belge mobilisé «pour partager ce temps de dialogue fraternel avec vous», a-t-il assuré au Pape.

«Notre pays est au carrefour de l’Europe et du monde», a déclaré Mgr Luc Terlinden. Dans cette société multiculturelle belge, «l’Église est appelée à être signe de communion et d’intégration», a-t-il affirmé, avant d’ajouter: «l’accueil de l’étranger et le brassage de populations sont à la fois un défi et une chance pour l’Église, la pastorale, la théologie…». Mais au-delà, Mgr Luc Terlinden voit en cela «une grâce que Dieu nous fait et un appel pressent à annoncer joyeusement l’Évangile dans un monde qui évolue profondément et se sécularise». Car, dit-il, «le Sacré-Cœur de Jésus nous invite en particulier à témoigner de la tendresse de Dieu pour tout être humain au-delà de toute frontière et à reconnaitre en chacun une sœur, un frère».

«Par votre visite, vous nous encouragez à nous mettre en route dans l’espérance!», a-t-il conclu, laissant la parole au Saint-Père. 

La Belgique, une Église «en mouvement»

«Dans ce carrefour qu’est la Belgique, vous êtes une Église “en mouvement”», a souligné le Pape argentin dès l’entame de son propos, qui a été  précédé par 6 témoignages. «Vous essayez de transformer la présence des paroisses sur le territoire, de donner une forte impulsion à la formation des laïcs; surtout, vous vous efforcez d’être une communauté proche des gens, qui accompagne les personnes et témoigne par des gestes de miséricorde», s’est réjoui le Souverain pontife.

«Évangélisation, joie, miséricorde»

Le Saint-Père a ensuite poursuivi en invitant à réfléchir à trois mots: «évangélisation, joie, miséricorde». Concernant ‘‘l’évangélisation’’, l’évêque de Rome considère que les «changements de notre époque et la crise de la foi que nous vivons en Occident nous ont poussés à revenir à l’essentiel». Pour lui, «la crise –toute crise– est un temps qui nous est offert pour nous secouer, nous interroger et changer. Elle est une occasion précieuse –appelée kairòs dans le langage biblique– de nous réveiller de notre torpeur et de retrouver les chemins de l’Esprit, comme ce fut le cas pour Abraham, Moïse et les prophètes».  

“Nous sommes passés d’un christianisme installé dans un cadre social accueillant à un christianisme “de minorité”, ou plutôt, de témoignage. Cela demande le courage d’une conversion ecclésiale pour initier les transformations pastorales qui touchent aussi les coutumes, les modèles, les langages de la foi, afin qu’ils soient vraiment au service de l’évangélisation (cf. Exhortation apostolique Evangelii gaudium, n. 27).”

Aussi, le Successeur de Pierre encourage le clergé à être courageux, afin d’«être des prêtres qui ne se contentent pas de préserver ou de gérer un héritage du passé». Il les invite par ailleurs à être «des pasteurs amoureux de Jésus-Christ et attentifs à saisir les questions –souvent implicites– de l’Évangile, en marchant avec le Peuple saint de Dieu, un peu devant, un peu au milieu et un peu derrière».

«L’unité dans l’Église n’est pas uniformité»

Face à l’Église belge, le Pape a également souligné qu’«il est bon, voire nécessaire, qu’il y ait parmi les jeunes des rêves et des spiritualités différentes». Car a-t-il dit «les parcours personnels ou communautaires qui nous conduisent cependant au même but, à la rencontre avec le Seigneur peuvent être nombreux: dans l’Église il y a de la place pour tous et personne ne doit être la photocopie de l’autre».

Au cours de cette rencontre, le Saint-Père a aussi rappelé que «l’unité dans l’Église n’est pas l’uniformité», puisqu’elle consiste «à trouver l’harmonie dans la diversité», a-t-il dit, avant d’estimer que «le processus synodal doit être un retour à l’Évangile; il ne doit pas avoir parmi les priorités quelque réforme “à la mode”», d’où une question primordiale posée par François: «comment pouvons-nous faire parvenir l’Évangile dans une société qui n’écoute plus ou qui s’est éloignée de la foi?». 

La joie

La joie «c’est un don qui vient d’en haut, de Dieu. C’est la joie du cœur suscitée par l’Évangile: c’est savoir que nous ne sommes pas seuls sur le chemin et que, même dans les situations de pauvreté, de péché, d’affliction, Dieu est proche, il prend soin de nous et ne permettra pas à la mort d’avoir le dernier mot».S’appuyant sur les propos du cardinal Joseph Ratzinger, bien avant de devenir Pape, qui indiquait que «là où la joie manque, là où l’humour meurt, là il n’y a même pas l’Esprit Saint […] et vice versa: la joie est un signe de la grâce (Il Dio di Gesù Cristo, Brescia 1978, p. 129)», François a déclaré: «votre prédication, votre célébration, votre service et votre apostolat laissent transparaître la joie du cœur, car cela suscite des questions et attire même ceux qui sont loin».

Troisième chemin: la miséricorde.

À cet égard, a poursuivi le Pape, «l’Évangile, accueilli et partagé, reçu et donné, nous conduit à la joie parce qu’il nous fait découvrir que Dieu est le Père de la miséricorde qui s’émeut pour nous, qui nous relève de nos chutes, qui ne retire jamais son amour pour nous».

“Fixons cela dans notre cœur: jamais Dieu ne retire son amour pour nous. “Même lorsque j’ai commis quelque chose de grave?”. Jamais Dieu ne retire son amour pour toi. Face à l’expérience du mal, cela peut parfois nous sembler “injuste”, parce que nous appliquons simplement la justice terrestre qui dit: “celui qui fait des erreurs doit payer”. Cependant la justice de Dieu est supérieure: celui qui s’est trompé est appelé à réparer ses erreurs, mais pour guérir dans son cœur il a besoin de l’amour miséricordieux de Dieu. C’est par sa miséricorde que Dieu nous justifie, c’est-à-dire qu’il nous rend justes, parce qu’il nous donne un cœur nouveau, une vie nouvelle.”

Le Souverain pontife a ainsi saisi le prétexte de cette visite pour féliciter l’Église de Belgique pour le travail fait dans le cadre de la lutte contre les abus. Un travail qui vise, a précisé François, à «transformer la colère et la douleur en aide, en proximité et en compassion», car les «les abus engendrent des souffrances et des blessures atroces; elles minent aussi le chemin de la foi. Et il faut beaucoup de miséricorde afin de ne pas rester un cœur de pierre devant la souffrance des victimes, leur faire sentir notre proximité et offrir toute l’aide possible, pour apprendre d’elles», a-t-il affirmé. Soulignant aussi que «l’une des racines de la violence est l’abus de pouvoir, lorsque nous utilisons les rôles que nous avons pour écraser les autres ou pour les manipuler».

«Jésus nous montre que Dieu ne se tient pas à l’écart de nos blessures et de nos impuretés. Il sait que nous pouvons tous faire des erreurs, mais personne n’est une erreur. Personne n’est perdu pour toujours», a-t-il ajouté, appelant aussi à «suivre toutes les voies de la justice terrestre et les voies humaines, psychologiques et pénales». François ira plus loin mais en ajoutant que «la peine doit être un remède, elle doit conduire à la guérison». C’est pourquoi le Pape a invité les uns et les autres à «aider les personnes à se relever et à retrouver leur chemin dans la vie et dans la société». «Nous pouvons tous faire des erreurs, mais personne n’est une erreur, personne n’est perdu pour toujours. Miséricorde, toujours miséricorde», a-t-il martelé.

Se basant sur une œuvre de Magritte, illustre peintre belge, qui s’intitule “L’acte de foi”, l’évêque de Rome a dit trouver en cette création, «une ouverture qui nous invite à aller au-delà, à regarder vers l’avant et vers le haut, à ne jamais nous refermer sur nous-mêmes». Pour lui, cette œuvre est un symbole fort qui magnifie une Église qui ne «ferme jamais ses portes, qui offre à tous une ouverture sur l’infini, qui sait regarder au-delà. C’est l’Église qui évangélise, vit la joie de l’Évangile, pratique la miséricorde».

Concluant son discours, le Pape a dit au peuple belge: «Marchez ensemble, vous et l’Esprit Saint, pour, ainsi, être Église. Sans l’Esprit, rien de chrétien n’advient. La Vierge Marie, notre Mère, nous l’enseigne».

Source : VATICANNEWS, le 28 septembre 2024

Qu’entend-on exactement par Marie  médiatrice des grâces ? (II)

© Shutterstock/Zvonimir Atletic
© Shutterstock/Zvonimir Atletic

Qu’entend-on exactement par Marie  médiatrice des grâces ? (II)

Prier à l’intercession de la Sainte Vierge revient-il à oublier le Christ ? Comment comprendre que Marie « distribue » des grâces ? Suite des explications du Père Serafino M. Lanzetta, franciscain marial et auteur de Semper Virgo (éd. Via Romana), qui répond aux questions de Constantin de Vergennes, pour France Catholique :

Est-ce à dire que toutes les grâces, données par le Christ, passent par Marie ?

Oui, car la Vierge et son Fils sont unis, comme l’avait souligné l’École française de spiritualité et en particulier Jean-Jacques Olier, qui avait explicité le concept de médiation en disant que la Vierge Marie était un « sacrement » du Christ, distribuant la grâce de son Fils. En effet, en accueillant Jésus en son sein, la Vierge Marie a participé activement à notre salut. La grâce a été acquise par Jésus, avec la contribution active de Notre Dame. C’est pour cette raison que nous pourrions dire que Marie est « corédemptrice ».

Cette notion est au cœur des débats, pour savoir si cela doit être reconnu comme un nouveau dogme…

Je l’espère, même si cela sera sans doute difficile, car il y a des objections théologiques mais aussi un peu d’ignorance : quand on s’arrête au préfixe « co », on imagine que la Co rédemption place Notre Dame au même niveau que Jésus. Ce qui n’est pas le cas ! La Sainte Vierge reste « subordonnée » à Jésus, tout en étant complémentaire. Elle a été choisie par Dieu pour être la coopératrice, tout comme Ève a été choisie pour être l’épouse d’Adam.

Comment comprendre la notion de « virginité perpétuelle », au cœur de votre livre ?

Dire que la Vierge est αειπάρθενοs, « toujours vierge », comme l’a défini le deuxième concile de Constantinople en 553, signifie que la Vierge l’était avant la naissance du Christ, pendant son accouchement et après. Avant l’accouchement, car Marie est enceinte par la puissance de l’Esprit Saint. La virginité pendant l’accouchement est assurément la plus difficile à comprendre, et aussi la plus niée de nos jours. Pourtant, ce mystère de la virginité est la manifestation que Jésus est vrai Dieu : sa naissance relève ainsi du miracle et démontre bien que le Christ est Dieu. Enfin, sa virginité intacte après la naissance de Jésus rappelle qu’elle n’a pas eu d’autres enfants. Pour les catholiques, c’est un dogme.

En quoi la virginité de Marie est-elle liée à sa médiation ?

Car dès lors, cela signifie que la virginité de Marie fait partie de la médiation originelle qui nous a donné le Christ. Elle permet également l’acte de médiation de Notre Dame au pied de la Croix, aux côtés de saint Jean. En étant toujours vierge, Marie peut être à la fois la Mère du Christ et notre Mère à tous, comme Jésus l’a affirmé en lui disant, du haut de la Croix : « Femme, voici ton fils » puis, à saint Jean : « Voici ta mère ». 

www.france-catholique.fr

Prions :
Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort.
Amen.

Source : une minute avec Marie

28.09.2024 – SAINT DU JOUR

St Venceslas

DUC DE BOHÊME ET MARTYR († 929/935)

Saint Wenceslas
Duc de Bohême, martyr 
(† 929/935)

Wenceslas eut pour père Wratislas, duc de Bohême, prince vertueux, et pour mère Drahomire, païenne et ennemie acharnée du nom chrétien. Drahomire eut un autre fils appelé Boleslas, qu’elle éleva dans l’idolâtrie.

À la mort de son mari, elle s’empara de la régence et ne s’en servit que pour persécuter la religion chrétienne. À cette vue, le zèle de Wenceslas le décida à prendre, avant sa majorité, les rênes du gouvernement. Il se fit le père des orphelins, le soutien et le défenseur des veuves, la providence des pauvres. Afin de n’être pas reconnu, il portait, de nuit, du bois aux pauvres honteux. Il visitait les prisonniers, rachetait les captifs, consolait et secourait les malheureux. Il fit venir des missionnaires de Souabe et de Bavière et fit construire de nombreuses églises.

Wenceslas joignait la piété aux bonnes œuvres ; il assistait à l’office divin du jour et de la nuit ; il allait souvent nu-pieds, par le froid et la neige, sans jamais se plaindre de la rigueur de l’hiver. Quelques fois celui qui l’accompagnait la nuit était transi de froid ; mais il n’avait qu’à marcher sur les pas de Wenceslas, et aussitôt il sentait une chaleur bienfaisante pénétrer tous ses membres. L’esprit de religion du pieux roi lui faisait honorer les évêques et les prêtres comme Jésus-Christ lui-même ; il les aimait comme des pères, et quand il traitait quelque affaire avec eux, c’était avec une humilité et une déférence profondes. Sa grande dévotion était la dévotion à la Sainte Eucharistie.

Pour témoigner son amour à Jésus-Hostie, il semait de ses propres mains le blé et pressait le vin destinés au saint sacrifice de la Messe ; son bonheur était de servir à l’autel et de présenter au prêtre le pain, le vin, l’eau et l’encens. La piété de Wenceslas était pour lui la source d’une intrépidité surprenante. Il dut s’opposer aux armes d’un prince voisin qui avait envahi ses États. Pour épargner le sang de ses sujets, il proposa à son ennemi un combat singulier et se présenta presque sans armes devant un adversaire armé jusqu’aux dents. Wenceslas allait être percé par la lance ennemie, quand le prince usurpateur aperçoit près du saint duc deux anges pour le défendre. À cette vue, il se jette à ses pieds et lui demande pardon.

Attiré dans un guet-apens par sa mère et son frère, Wenceslas mourut d’un coup d’épée fratricide, au moment où il priait dans une église. Ce jeune martyr pardonna à son frère en mourant.

Dès le XIe siècle, il est reconnu comme le patron national de la Bohème.

Saint Wenceslas priez pour nous !

28.09.2024 – ÉVANGILE DU JOUR

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 9,43b-45. 

En ce temps-là, comme tout le monde était dans l’admiration devant tout ce qu’il faisait, Jésus dit à ses disciples :
« Ouvrez bien vos oreilles à ce que je vous dis maintenant : le Fils de l’homme va être livré aux mains des hommes. »
Mais les disciples ne comprenaient pas cette parole, elle leur était voilée, si bien qu’ils n’en percevaient pas le sens, et ils avaient peur de l’interroger sur cette parole.

Acclamons et partageons la parole de Dieu !

COMMENTAIRE :

Cardinal Joseph Ratzinger [Benoît XVI

pape de 2005 à 2013]

Sermons Carême 1981, n°3 (trad. Au commencement, Fayard 1986, p. 64)

« Le fils de l’homme va être livré aux mains des hommes »

Quand les soldats romains eurent flagellé Jésus, couronné d’épines et revêtu d’un manteau de dérision, ils l’ont ramené à Pilate. Ce militaire au cœur dur a été apparemment bouleversé à la vue de cet homme détruit, brisé. Il l’a présenté à la foule, l’invitant à la pitié, en déclarant : « Idou ho anthropos ; Ecce homo » que nous traduisons habituellement par « Voici l’homme ! » (Jn 19,5) Mais cela veut dire plus exactement en grec : « Voyez, ceci est l’homme ! » Dans la bouche de Pilate, ces mots étaient ceux d’un cynique qui voulait dire : « Nous nous glorifions d’être des hommes, mais maintenant, regardez donc, le voilà, ce ver de terre, c’est l’homme ! Qu’il est méprisable, qu’il est petit ! » Dans ces mots cyniques, l’évangéliste Jean a tout de même reconnu des paroles prophétiques qu’il a transmises à la chrétienté. Oui, Pilate a raison quand il dit : « Voyez, ceci est l’homme ! » En lui, en Jésus Christ, nous pouvons lire ce qu’est l’homme, le projet de Dieu, et quel traitement nous lui réservons. En Jésus déchiré, nous pouvons voir combien l’homme peut être cruel, petit et mesquin. En lui, nous pouvons lire l’histoire de la haine de l’homme et celle du péché. Mais en lui, en son amour qui souffre pour nous, nous pouvons voir encore davantage la réponse de Dieu : Oui, ceci est l’homme, que Dieu a aimé jusqu’à la poussière, que Dieu a aimé au point de le suivre jusqu’à l’ultime souffrance de la mort. Jusque dans le dernier abaissement, il reste l’appelé de Dieu, le frère de Jésus Christ, appelé à prendre part à l’amour éternel de Dieu. La question « Qu’est-ce que l’homme ? » trouve sa réponse dans l’imitation de Jésus Christ. En mettant nos pas dans les siens, nous pouvons apprendre jour après jour ce qu’est l’homme, dans la patience de l’amour et de la souffrance avec Jésus Christ, et devenir ainsi des hommes. Ainsi, nous voulons lever les yeux vers celui que Pilate, que l’Église nous présentent. L’homme, c’est Lui. Prions-le afin qu’il nous apprenne à devenir véritablement des hommes, à être des hommes.

LECTURES :

Livre de l’Ecclésiaste 11,9-10.12,1-8. 

Réjouis-toi, jeune homme, dans ton adolescence, et sois heureux aux jours de ta jeunesse. Suis les sentiers de ton cœur et les désirs de tes yeux ! Mais sache que pour tout cela Dieu t’appellera en jugement.
Éloigne de ton cœur le chagrin, écarte de ta chair la souffrance car l’adolescence et le printemps de la vie ne sont que vanité.
Souviens-toi de ton Créateur, aux jours de ta jeunesse, avant que viennent les jours mauvais, et qu’approchent les années dont tu diras : « Je ne les aime pas » ;
avant que s’obscurcissent le soleil et la lumière, la lune et les étoiles, et que reviennent les nuages après la pluie ;
au jour où tremblent les gardiens de la maison, où se courbent les hommes vigoureux ; où les femmes, l’une après l’autre, cessent de moudre, où le jour baisse aux fenêtres ;
quand la porte se ferme sur la rue, quand s’éteint la voix de la meule, quand s’arrête le chant de l’oiseau, et quand se taisent les chansons ;
lorsqu’on redoute la montée et qu’on a des frayeurs en chemin ; l’amandier est en fleurs, la sauterelle s’alourdit, et la câpre ne produit aucun effet ; lorsque l’homme s’en va vers sa maison d’éternité, et que les pleureurs sont déjà au coin de la rue ;
avant que le fil d’argent se détache, que la lampe d’or se brise, que la cruche se casse à la fontaine, que la poulie se fende sur le puits ;
et que la poussière retourne à la terre comme elle en vint, et le souffle de vie, à Dieu qui l’a donné.
Vanité des vanités, disait Qohèleth, tout est vanité !

Psaume 90(89),3-4.5-6.12-13.14.17ab. 

Tu fais retourner l’homme à la poussière ;
tu as dit : « Retournez, fils d’Adam ! »
À tes yeux, mille ans sont comme hier, 
c’est un jour qui s’en va, une heure dans la nuit.

Tu les as balayés : ce n’est qu’un songe ; 
dès le matin, c’est une herbe changeante :
elle fleurit le matin, elle change ; 
le soir, elle est fanée, desséchée.

Apprends-nous la vraie mesure de nos jours : 
que nos cœurs pénètrent la sagesse.
Reviens, Seigneur, pourquoi tarder ? 
Ravise-toi par égard pour tes serviteurs.

Rassasie-nous de ton amour au matin, 
que nous passions nos jours dans la joie et les chants.
Que vienne sur nous la douceur du Seigneur notre Dieu !
Consolide pour nous l’ouvrage de nos mains.