Marie de Nazareth, l’archétype de la femme de l’Église

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Marie de Nazareth, l’archétype de la femme de l’Église

Malgré ses origines peu connues, Marie de Nazareth est la femme la plus célèbre de toute l’histoire. Depuis les premiers siècles de l’Église, les Chrétiens affirment qu’elle a donné naissance à Jésus en étant encore vierge, qu’elle était sans péché et qu’elle a été miraculeusement transportée au Ciel à la fin de sa vie terrestre. 

Elle est priée dans toutes les langues. Chaque jour, des prêtres, des religieux et des laïcs du monde entier lui adressent des chapelets et, dans la liturgie des heures, récitent son Magnificat. D’innombrables livres ont été écrits et des controverses ont éclaté sur la relation précise de Marie avec son Fils, avec Dieu le Père, avec Dieu le Saint-Esprit, avec tous les Chrétiens et avec l’ensemble de la Création. Elle a été représentée sur tous les supports artistiques, de manière réaliste, magistrale, rustique, brute et symbolique. D’innombrables hymnes et chants ont été composés en son honneur. 

Marie de Nazareth, qui a offert au Christ le réconfort maternel et la sagesse à chaque étape de sa vie terrestre – y compris aux heures les plus sombres de sa passion et de sa mort – est la femme par excellence. Sans son adhésion volontaire à la mission que Dieu lui a demandée, l’Église n’existerait pas.

Elle a été choisie pour être, et a choisi d’être, l’archétype de la femme de l’Église – la seule des « pierres vivantes » que le Christ a employées pour construire son Église et dans laquelle il a lui-même été taillé, en tant que pierre angulaire de l’Église. Elle a donné l’exemple de la fidélité, de la patience, de la persévérance, de l’espoir et de l’amour à tous les premiers disciples du Christ. Depuis le Ciel, elle apporte à l’Église tout entière le réconfort et la force d’une mère.

Marie a également contribué à rassembler de nombreuses autres femmes parmi les premiers disciples. Elles aussi sont devenues des mères de l’Église à leur manière. Dans l’Évangile de Luc, nous lisons que lorsque le Christ voyageait dans différentes villes, des femmes l’accompagnaient aux côtés des douze apôtres.

Extrait de Women of the Church par Bronwen McShea, Augustine Institute, Ignatius Press, 2024, chap. 1

Lectures de la messe du jour

Prions :
Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort.
Amen.

Source : une minute avec Marie

24.10.2024 – SAINT DU JOUR

St Antoine-Marie Claret

ÉVÊQUE († 1870)

Saint Antoine-Marie Claret
Évêque et fondateur de la :
Famille clarétaine dont
 « Missionnaires Fils du Cœur Immaculé de Marie »

Antoine cinquième des onze enfants du tisserand Jean Claret et de Joséphine Clará, naît le 23 décembre 1807, à Sallent, en Catalogne. En même temps qu’il s’initiait au métier de tisserand, il étudiait le latin avec le curé de sa paroisse qui lui donna une solide formation religieuse et une tendre dévotion à la Sainte Vierge. 

À dix-sept ans, son père l’envoya se perfectionner dans une entreprise de Barcelone où, aux cours du soir, il apprit, sans abandonner le latin, le français et l’imprimerie. Après une terrible crise spirituelle où il fut au bord du suicide, il avait songé à se faire chartreux mais, sur les conseils de son directeur de conscience, il choisit d’entrer au séminaire de Vich (29 septembre 1829). 

Tonsuré le 2 février 1832, minoré le 21 décembre 1833, il reçut le sous-diaconat le 24 mai 1834 ; fut ordonné diacre le 20 décembre 1834 et prêtre le 13 juin 1835. Il acheva ses études de théologie en exerçant le ministère de vicaire puis d’économe de sa ville natale.

Désireux de partir en mission, il se rendit à Rome pour se mettre à la disposition de la Congrégation Propaganda Fide. Le cardinal préfet étant absent, Antoine suivit les Exercices de saint Ignace chez les Jésuites qui lui proposèrent d’entrer dans leur compagnie. Il commença son noviciat (2 novembre 1839) qu’une plaie à la jambe l’obligea à quitter (3 mars 1840).

Revenu en Espagne, il fut curé de Viladrau où, à peine arrivé, pour le 15 août, il prêcha une mission qui eut tant de succès qu’on le demanda ailleurs et l’évêque le déchargea de sa cure pour qu’il se consacrât aux missions intérieures (mai 1843) ; il prêcha et confessa dans toute la Catalogne et soutint ses prédications par plus de cent cinquante livres et brochures. 

Sa vie étant menacée, l’évêque l’envoya aux îles Canaries (février 1848 à mars 1849) où il continua son ministère missionnaire. Avec cinq prêtres du séminaire de Vich, il fondait la congrégation des « Missionnaires Fils du Cœur Immaculé de Marie » (16 juillet 1849).

À la demande de la reine Isabelle II d’Espagne, le Bx Pie IX (Giovanni Maria Mastai Ferretti, 1846-1878) le nomma archevêque de Santiago de Cuba dont le siège était vacant depuis quatorze ans ; il fut sacré le 6 octobre 1850 et ajouta le nom de Marie à son prénom ; il s’embarqua, le 28 décembre 1850, à Barcelone, et arriva dans son diocèse le 16 février 1851. Il s’efforça d’abord d’instruire le peu de prêtres de son diocèse (vingt-cinq pour quarante paroisses) et de leur assurer un revenu suffisant ; il fit venir des religieux ; il visita son diocèse et y prêcha pendant deux ans où il distribua 97.217 livres et brochures, 83.500 images, 20.665 chapelets et 8.397 médailles ; en six ans, il visita trois fois et demi son diocèse où il prononça 11.000 sermons, régularisa 30.000 mariages et confirma 300.000 personnes. 

Il prédit un tremblement de terre, une épidémie de choléra et même la perte de Cuba par l’Espagne ; il fonda une maison de bienfaisance pour les enfants et les vieillards pauvres où il attacha un centre d’expérimentation agricole ; il créa 53 paroisses et ordonna 36 prêtres. Les esclavagistes lui reprochaient d’être révolutionnaire, les autonomistes lui reprochaient d’être espagnol et les pouvoirs publics lui reprochaient d’être trop indépendant : il n’y eut pas moins de quinze attentats contre lui et l’on pensa que le dernier, un coup de couteau qui le blessa à la joue, lui serait fatal (1er février 1856).

Le 18 mars 1857, l’archevêque fut mandé en Espagne par la reine Isabelle qui le voulait pour confesseur et il fut nommé archevêque titulaire (in partibus) de Trajanopolis sans pour autant cesser d’assurer de Madrid l’administration de Cuba. Confesseur de la Reine, il eut assez d’influence pour faire nommer de bons évêques, pour organiser un centre d’études ecclésiastiques à l’Escurial et pour imposer la morale à la cour. Voyageant avec la Reine à travers l’Espagne, il continua de prêcher et ne manqua pas de s’attirer la haine des nombreux ennemis du régime. Quand Isabelle II fut chassée de son trône (novembre 1868), Mgr. Claret suivit sa souveraine en France. Pendant ce temps, la congrégation des « Missionnaires Fils du Cœur Immaculé de Marie »  se développait lentement : elle avait reçu l’approbation civile (9 juillet 1859) et ses constitutions avaient été approuvées par Rome (decretum laudis du 21 novembre 1860) et définitivement reconnues le 27 février 1866 ; l’approbation perpétuelle, donnée le 11 février 1870, fut confirmée le 2 mai 1870. D’abord établie au séminaire de Vich, puis installée dans l’ancien couvent des Carmes, la congrégation, dirigée depuis 1858 par le P. Xifré, fonde à Barcelone (1860) et dans d’autres villes espagnoles avant d’ouvrir des maisons à l’étranger : en France (1869), au Chili (1870), à Cuba (1880), en Italie (1884), au Mexique (1884), au Brésil (1895), au Portugal (1898), en Argentine (1901), aux États-Unis (1902), en Uruguay (1908), en Colombie (1909), au Pérou (1909), en Autriche (1911), en Angleterre (1912), en Bolivie (1919), au Venezuela (1923), à Saint-Domingue (1923), au Panama (1923), en Allemagne (1924), en Afrique portugaise (1927), en Chine (1933), à Porto-Rico (1946), aux Philippines (1947), en Belgique (1949). 

Après la révolution de 1868 où un prêtre de la congrégation fut assassiné, le nouveau gouvernement ferma les six maisons espagnoles et les missionnaires s’exilèrent en France (Prades).

Mgr. Antoine-Marie Claret, bien que sa santé fut de plus en plus mauvaise, s’occupa de la colonie espagnole de Paris ; le 30 mars 1869, il partit pour Rome, afin de participer aux travaux du premier concile du Vatican, mais il y tomba si malade qu’il dut se retirer à Prades où il arriva le 23 juillet 1870. Il parut pour la dernière fois en public à la distribution des prix au petit séminaire où il fit un discours en Catalan (27 juillet 1870). L’ambassadeur d’Espagne demanda son internement mais le gouvernement français fit en sorte que l’évêque de Perpignan l’avertît et, lorsqu’on vint l’arrêter (6 août 1870), il était réfugié chez les Cisterciens de Fontfroide où il mourut le 24 octobre 1870.

Antonio María Claret y Clará a été béatifié le 25 février 1934 par Pie XI (Achille Ratti, 1922-1939) et proclamé saint, le 8 mai 1950, par le Vénérable Pie XII (Eugenio Pacelli, 1939-1958). 

Pour un approfondissement : 
>>> Missionnaires Clarétains   

Saint Antoine-Marie Claret priez pour nous !

24.10.2024 – ÉVANGILE DU JOUR

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 12,49-53. 

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Je suis venu apporter un feu sur la terre, et comme je voudrais qu’il soit déjà allumé !
Je dois recevoir un baptême, et quelle angoisse est la mienne jusqu’à ce qu’il soit accompli !
Pensez-vous que je sois venu mettre la paix sur la terre ? Non, je vous le dis, mais bien plutôt la division.


Car désormais cinq personnes de la même famille seront divisées : trois contre deux et deux contre trois ;
ils se diviseront : le père contre le fils et le fils contre le père, la mère contre la fille et la fille contre la mère, la belle-mère contre la belle-fille et la belle-fille contre la belle-mère. »

Acclamons et partageons la parole de Dieu !

COMMENTAIRE :

Saint Jean d’Avila (1499-1569)

prêtre, docteur de l’Église

Lettres de direction, 74 (in Lectures chrétiennes pour notre temps, fiche K6; trad. Orval; © 1973 Abbaye d’Orval)

Ayons des cœurs embrasés !

Hélas, quelle n’est pas notre misère ! Nous restons loin de Dieu et nous en souffrons si peu que nous ne le sentons même pas ! Je crois que la cause de notre tiédeur réside dans le fait que tant que l‘on n’a pas goûté à Dieu, l’on ne peut pas savoir ce que c’est que d’avoir faim, ni ce que c’est que d’être rassasié. C’est pour cela que nous n’avons pas faim de lui et que nous n’avons jamais assez des créatures. Notre cœur reste froid, il se partage entre Dieu et les choses créées, il est paresseux, sans force et sans goût pour les choses de Dieu. Or le Seigneur veut à son service, non pas des âmes tièdes, mais des cœurs embrasés au feu qu’il apporta sur terre et qu’il veut voir brûler (cf. Lc 12,49). Pour que ce feu brûle, il s’est laissé consumé sur la Croix. Il voulait que nous ramassions du bois de la Croix, afin de nous réchauffer à sa flamme et de répondre par l’amour à son immense amour ; car il est juste que nous soyons navrés d’une douce plaie d’amour quand nous voyons qu’il est non seulement blessé, mais mis à mort pour notre amour. Oui, il est juste que nous soyons la proie de l’amour de celui qui s’est livré par amour à des mains cruelles (…) Si le feu commence à prendre en nous, ayons soin de le couvrir de peur que le vent ne l’éteigne. Cachons-le sous la cendre de l’humilité et du silence, et il ne mourra pas. Mais surtout approchons du feu qui flambe et qui embrase, je veux dire de Jésus Christ notre Seigneur au Saint-Sacrement. Ouvrons notre âme, la bouche de notre désir et courons étancher notre soif à la source d’eau vive.

LECTURES :

Lettre de saint Paul Apôtre aux Éphésiens 3,14-21. 

Frères, je tombe à genoux devant le Père,
de qui toute paternité au ciel et sur la terre tient son nom.
Lui qui est si riche en gloire, qu’il vous donne la puissance de son Esprit, pour que se fortifie en vous l’homme intérieur.
Que le Christ habite en vos cœurs par la foi ; restez enracinés dans l’amour, établis dans l’amour.
Ainsi vous serez capables de comprendre avec tous les fidèles quelle est la largeur, la longueur, la hauteur, la profondeur…
Vous connaîtrez ce qui dépasse toute connaissance : l’amour du Christ. Alors vous serez comblés jusqu’à entrer dans toute la plénitude de Dieu.
À Celui qui peut réaliser, par la puissance qu’il met à l’œuvre en nous, infiniment plus que nous ne pouvons demander ou même concevoir,
gloire à lui dans l’Église et dans le Christ Jésus pour toutes les générations dans les siècles des siècles. Amen.

Psaume 33(32),1-2.4-5.11-12.18-19. 

R/ Toute la terre, Seigneur, est remplie de ton amour. (Ps 32, 5b)

Criez de joie pour le Seigneur, hommes justes ! 
Hommes droits, à vous la louange !
Rendez grâce au Seigneur sur la cithare, 
jouez pour lui sur la harpe à dix cordes.

Oui, elle est droite, la parole du Seigneur ; 
il est fidèle en tout ce qu’il fait.
Il aime le bon droit et la justice ; 
la terre est remplie de son amour.

Le plan du Seigneur demeure pour toujours, 
les projets de son cœur subsistent d’âge en âge.
Heureux le peuple dont le Seigneur est le Dieu, 
heureuse la nation qu’il s’est choisie pour domaine !

Dieu veille sur ceux qui le craignent, 
qui mettent leur espoir en son amour,
pour les délivrer de la mort, 
les garder en vie aux jours de famine.

23.10.2024 – AUDIENCE GÉNÉRALE À ROME

Audience générale: l’Esprit Saint, ferment de joie et d’amour du couple

Devant les fidèles réunis place Saint-Pierre, le Pape a souligné combien l’action de l’Esprit Saint, rappelée par les Pères de l’Église, était déterminante dans le sacrement du mariage et source de joie entre les époux. 

Olivier Bonnel – Cité du Vatican

C’est sur l’action de l’Esprit Saint dans les familles et le sacrement du mariage que le Pape s’est arrêté ce mercredi matin au cours de sa catéchèse. Une audience générale prononcée sous un ciel pluvieux au cours de laquelle le Souverain pontife a rappelé que la doctrine sur l’Esprit développée dans la tradition latine était principalement l’héritage de Saint-Augustin. «Il part de la révélation que « Dieu est amour » (1 Jn 4,8). Or l’amour suppose quelqu’un qui aime, quelqu’un qui est aimé, et l’amour lui-même qui les unit» a expliqué François.

Dans la Trinité, le Dieu des chrétiens se révèlent comme «unité de communion et d’amour». «Certains, a poursuivi l’évêque de Rome, ont proposé d’appeler l’Esprit Saint, non pas la “troisième personne” singulière de la Trinité, mais plutôt la “première personne du pluriel”. En d’autres termes, il est le Nous divin du Père et du Fils, le lien d’unité entre les différentes personnes[1], le principe même de l’unité de l’Église, qui est précisément un “seul corps”, issu de plusieurs personnes».

Le couple comme un «nous»

Qu’est-ce que l’Esprit Saint a à dire à la famille? s’est interrogé François. «Beaucoup, peut-être l’essentiel» a-t-il répondu. Créé homme et femme à l’image de Dieu, le couple humain «est la première et la plus élémentaire réalisation de la communion d’amour qu’est la Trinité». «Les époux devraient également former une première personne du pluriel, un “nous”. Se tenir l’un devant l’autre comme un «je» et un «tu», et se tenir devant le reste du monde, y compris les enfants, comme un “nous” » a encore souligné le Pape.

Pour correspondre à cette vocation d’unité, le couple a besoin «de Celui qui est le Don, ou plutôt le don de soi par excellence. Là où l’Esprit Saint entre, la capacité de se donner renaît».

Le Pape a aussi rappelé que pour certains Pères de l’Églises comme Hillaire de Poitiers ou Augustin ont défini l’Esprit Saint comme la raison de la joie qui règne entre l’homme et la femme dans le couple.

La source de la joie

«Personne ne dit qu’une telle unité est un objectif facile à atteindre, surtout dans le monde d’aujourd’hui, a poursuivi François, mais «c’est la vérité des choses telles que le Créateur les a conçues et c’est donc dans leur nature».

Le Pape a invité à se souvenir de l’épisode des noces de Cana (Jn 2,3) où Marie dit à Jésus : « Ils n’ont pas de vin« . «Mais c’est l’Esprit Saint qui continue à accomplir, sur le plan spirituel, le miracle que Jésus a réalisé à cette occasion, à savoir transformer l’eau de l’habitude en une nouvelle joie d’être ensemble» a-t-il précisé. Ce n’est pas une «illusion pieuse» mais bien ce qu’il se produit dans de nombreux couples qui ont décidé d’invoquer l’Esprit.

François a ainsi appelé de ses vœux que dans la préparation spirituelle des fiancés au mariage, l’action de l’Esprit Saint soit approfondie. «Entre le mari et la femme, ne mets pas ton doigt, dit un proverbe italien. Au contraire, il y a un “doigt” à mettre entre le mari et la femme, et c’est précisément le “doigt de Dieu”: l’Esprit Saint ! » a-t-il conclu.

Source : VATICANNEWS, le 23 octobre 2024