À Barcelone, la béatification de deux martys de la guerre civile espagnole


Les portraits des deux nouveaux bienheureux le 23 novembre à Barcelone.  

À Barcelone, la béatification de deux martys de la guerre civile espagnole

Dans la basilique de la Sagrada Familia, le cardinal Semeraro, préfet du dicastère des Causes des saints a élevé aux autels Gaietà Clausellas et Antoni Tort, un prêtre et un laïc tués en 1936.

Alessandro De Carolis – Cité du Vatican

Deux histoires entre le drame et le ciel, comme toutes celles qui racontent le martyre des croyants. Et des dos qui restent droits même avec un fusil pointé sur le visage, qui ne plient pas même s’ils savent que la fidélité à l’Évangile est sur le point d’être fatale, dans le mépris et la violence. Telles sont les histoires d’un prêtre, Gaietà Clausellas, et d’un laïc, Antoni Tort, que le cardinal Marcello Semeraro a proclamés bienheureux ce samedi matin 23 novembre, au cours d’une cérémonie présidée dans la basilique de la Sagrada Familia à Barcelone.

Cérémonie de béatification dans la Sagrade Familia, le 23 novembre
Cérémonie de béatification dans la Sagrade Familia, le 23 novembre

La douceur contre la férocité

«Dans son décret, le Pape a décrit leur histoire personnelle avec l’image évangélique du bon samaritain», a déclaré dans son homélie le préfet du dicastère des Causes des saints, qui a présidé la messe. Le père Gaietà, qui avait choisi l’humilité comme habit, partageait son temps entre la prière, les personnes âgées et les pauvres, auxquels il donnait à manger en allant chercher ceux qui étaient plus mal lotis. Lorsque les miliciens viennent le chercher le 14 août 1936, il les reçoit poliment, salue sa belle-sœur et les suit en récitant le Te Deum. Ils lui tirent dans le dos après avoir arrêté sa voiture au milieu de la route.

Antonio Tort est un excellent orfèvre et un fervent catholique, époux et père de 13 enfants, qui apporte l’Eucharistie à ceux qui ne peuvent la recevoir et qui, le dimanche matin, va raser les tuberculeux à l’hôpital San Lázaro avant, l’après-midi, de donner des cours de catéchisme à la paroisse. Sa «culpabilité», au plus fort de la guerre civile et de la haine anti-chrétienne, est de donner l’hospitalité à son évêque et à quatre religieuses. Lorsque, le 3 décembre 1936, un milicien fait irruption dans sa maison, il arrache les hosties consacrées des mains du milicien alors qu’il s’apprêtait à les profaner et les distribue aux personnes présentes. Il suit ensuite ses bourreaux jusqu’au cimetière de Montcada, où il est assassiné à l’âge de 41 ans et jeté dans une fosse commune.

Messe de béatification dans la basilique de la Sagrada Familia
Messe de béatification dans la basilique de la Sagrada Familia

La vie, un don et non une possession

À leur «témoignage de charité, tous deux sont restés fidèles, même lorsque cela mettait leur vie en danger», a souligné le cardinal Semeraro, ajoutant que ces «témoignages de martyre, si intenses et même émouvants» doivent être compris à la lumière de l’exemple du Christ, c’est-à-dire d’une manière de considérer sa propre vie non pas comme «un bien à détenir avec avarice, comme un bien unique à défendre à tout prix, mais, au contraire, en l’ouvrant à la rencontre, à la miséricorde, à l’attention aux autres, et cela non seulement par solidarité et philanthropie, qui sont aussi des gestes importants et dignes d’estime», mais précisément «en imitant Jésus». 

À l’imitation de Jésus

Le témoignage qui nous vient des bienheureux, a rappelé le cardinal, est essentiellement celui de «suivre le Christ». Comme Moïse à qui Dieu a dit «qu’il ne pouvait le voir que de dos» – et donc d’une certaine manière seulement en le suivant, comme l’a commenté saint Grégoire de Nysse – «en fin de compte», a conclu le cardinal Semeraro, «c’est ce qu’ont fait nos deux bienheureux: ils ont laissé à Dieu le choix de leur chemin». Certes, un choix de vie chrétienne avait déjà été fait par l’un et l’autre en réponse à une vocation: l’un en choisissant le ministère sacerdotal et l’autre la mission d’époux et de père. «Et pourtant, ils ont accepté d’être condamnés comme lui pour le don aux autres de leur vie. C’est ce qui fait le martyr: l’imitation du Christ, même lorsque le suivre conduit à choisir d’accepter la mort».

Source : VATICANNEWS, le 23 novembre 2024

Le Pape se rendra en Corse le 15 décembre prochain


Le logo de la visite du Pape François à Ajaccio le 15 décembre prochain.  

Le Pape se rendra en Corse le 15 décembre prochain

Pour la troisième fois depuis le début de son pontificat, le Pape François foulera le sol français. Après Strasbourg (2014) et Marseille (2023), il effectuera son 47ème voyage apostolique dans le diocèse d’Ajaccio pour présider la messe de clôture d’un colloque sur la religiosité populaire en Méditerranée. Il sera le premier Souverain pontife à visiter l’île de Beauté. 

Marie Duhamel – Cité du Vatican

Un an après sa participation aux Rencontres méditerranéennes à Marseille, le Pape retournera en France pour découvrir un nouvel espace du pourtour méditerranéen. La Salle de presse du Saint-Siège a confirmé ce samedi 22 novembre le déplacement de François sur la côte occidentale de Corse. La venue d’un Pape est une première historique pour l’île, située au sud de la France métropolitaine et à l’ouest de la péninsule italienne.

Après l’accueil officiel à l’aéroport d’Ajaccio vers 9h, François se rendra au palais des Congrès de la ville où il prononcera un discours de clôture du congrès organisé sur le thème de la « religiosité populaire en Mediterranée« . Le Saint-Père sera ensuite attendu à la cathédrale Notre-Dame de l’Assomption pour y prononcer un second discours et prier l’Angélus en compagnie d’évêques, prêtres et personnes consacrées. À 15h, le Souverain pontife présidera la messe célébrée place d’Austerlitz. Avant de repartir vers Rome, il s’entretiendra avec le président de la République Emmanuel Macron à l’aéroport d’Ajaccio. Son retour à Rome est prévu peu après 19h. 

Deux jours de colloque

La veille de la venue de François sur l’île, à l’hôtel Campo dell’Oro d’Ajaccio, trois évêques évoqueront lors du colloque, les manifestations de la piété populaire dans leurs diocèses de Caltagirone en Sicile, d’Oristano en Sardaigne et de Nîmes en France. Mgr Nicolas Brouwet reviendra plus spécifiquement sur l’évangélisation par les traditions populaires. Grand spécialiste du rit Mozarabe, Mgr Juan Miguel Ferrer, ancien sous-secrétaire de la Congrégation pour le Culte divin et actuel vicaire général de Tolède, décrira également la foi populaire vécue en Espagne.

Trois laïcs originaires de Corse s’exprimeront par ailleurs également sur la laïcité, le sacré dans l’espace public sur l’île, et l’importance de l’engagement au sein des confréries, qui sont environ 3000 sur place.

Les motivations du Pape

La proximité géographique et l’importance de la foi populaire, d’une joie de croire exprimée avec simplicité dans l’espace public, expliquent la venue du Pape aux yeux de l’évêque d’Ajaccio, créé cardinal il y a un an par François. Lors d’une conférence de presse ce jeudi 21 novembre à Ajaccio, Mgr François-Xavier Bustillo soulignait que «le Pape ne vient pas pour moi. Il ne vient pas pour l’évêque. Il ne vient pas pour le cardinal mais pour la Corse et les Corses». Il se réjouissait déjà du «cadeau » que François faisait aux fidèles de l’île, il y a quelques jours dans les locaux de Vatican News à Rome.

Lors de cette conférence de presse, le cardinal Bustillo a par ailleurs présenté à la presse l’affiche proposée par le diocèse pour la venue du Saint-Père. On y lit en langue corse «Papa Francescu in Corsica» au-dessus du thème de la visite, «Jésus venait en faisant le bien» tiré des Actes des apôtres (AC, 10,38), et d’une représentation de la Vierge, les mains tournées vers le ciel, le tout sur un fond turquoise. 

Un site internet de référence www.lepapeencorse.corsica a par ailleurs été mis par le diocèse à la disposition de tous ceux qui seraient intéressés par cette visite du Pape. À trois semaines de sa venue, les fidèles sont invités à participer à cet «événement historique» en se portant volontaire pour être bénévoles ou pour contribuer financièrement à l’événement. Le voyage couterait autour de 2 millions d’euros, a estimé le cardinal Bustillo.

Source : VATICANNEWS, le 23 novembre 2024

La Royauté du Christ: un pouvoir d’humilité, d’amour et de service


Image d’illustration: Christ-Roi de l’Univers   (©Renáta Sedmáková – stock.adobe.com)

La Royauté du Christ: un pouvoir d’humilité, d’amour et de service

La solennité du Christ-Roi de l’Univers est célébrée cette année le 24 novembre. Le Christ est venu pour servir, non pour être servi. Se démarquant de celle des hommes, et faisant de sa croix son trône, la royauté du Christ est une exhortation au don de soi dans l’humilité, l’amour et le service, car sa royauté «ne vient pas de ce monde» (Jn18, 36).

Entretien réalisé par Françoise Niamien – Cité du Vatican

Instituée par le Pape Pie XI en 1925, par la lettre encyclique Quas Primas, la solennité du Christ-Roi de l’Univers affirme la royauté du Christ, à laquelle les nations devraient obéir. Célébrée le 34e et dernier dimanche du temps ordinaire, cette solennité marque la clôture l’année liturgique, la marche quotidienne de l’Église. Elle marque aussi un arrêt pour le couronnement de l’année et pour célébrer ce qu’elle a vécu tout au long des douze mois écoulés.
Le Christ-Roi de l’Univers nous récapitule ce que Dieu est réellement: «principe et fin de toutes choses». Et Il (Dieu) appelle l’homme à partager aussi cette fin, cette réalité glorieuse et éternelle, qui est sa vraie destinée. «Et pour nous, chrétiens, c’est la joie de nous savoir accompagner chaque jour par le Christ. Cette solennité nous pousse à revisiter donc notre marche, à nous engager à faire de ce monde la récapitulation en Jésus de ce que chacun de nous est appelé à devenir», rappelle le père Apollinaire Kouakou Adams, professeur de liturgie au grand séminaire Saint-Paul d’Abadjan-Kouté, dans le diocèse de Yopougon en Côte d’Ivoire, dans un entretien accordé à Vatican News.

Que faut-il comprendre de la royauté du Christ?

Pour comprendre cette solennité, il nous faut revenir à la réponse de Jésus à la question de Pilate: «es-tu le roi des juifs?». Jésus répondit: «c’est toi qui le dis, je suis roi. Je suis né et je suis venu dans le monde pour rendre témoignage à la vérité. Quiconque est de la vérité écoute ma voix» (Jn 18, 37). Cette réponse démontre que Jésus n’accepte pas la royauté de ce monde, la royauté politique qu’on lui attribue.
Le Christ-Roi de l’Univers nous indique que seul Dieu est au début et à la fin de toute chose. Comprendre la royauté du Christ, c’est se laisser conduire par cette recherche constante de la vérité, de la gratuité du service. La royauté du Christ met donc en exergue les vertus ou les caractéristiques du service, de l’amour, de l’humilité, du sacrifice et surtout de la recherche constante de la vérité, qui doit se dissocier des compromissions douteuses. Le projet de Dieu n’est pas la recherche des privilèges écrasants, étouffants, dans un monde de plus en plus dominé par des propositions contraires au projet du Créateur sur la création, et particulièrement sur l’homme créé à son image.

Quel est l’enseignement à tirer de la royauté du Christ pour l’Église elle-même aujourd’hui?

L’enseignement à tirer pour l’Église elle-même, c’est de ne jamais se détacher du regard à poser sur la Croix et de ce regard-là, celui à poser sur le monde, «qui est un regard bienveillant de Dieu, un regard de service, d’amour et d’humilité». De ce fait, l’enseignement premier pour l’Église, c’est de ne jamais abandonner le chemin de l’Homme. Un chemin, éclairé par la présence du Christ, par sa passion, sa croix, sa mort et sa résurrection.
Dans un monde aujourd’hui tiraillé, désorienté, l’Église doit être le chemin de la vérité. Elle doit avoir cette fermeté bienveillante, c’est-à-dire miséricordieuse, mais sans tronquer son être avec la veste du monde, sans tronquer son identité avec les propositions du monde.
L’Église doit emprunter le chemin de tout l’homme, en enseignant à ce monde que le Christ, Roi de l’univers, nous appelle à nous dessaisir de ce qui est notre prétention parfois exorbitante à vouloir tout dominer.
L’Église, à travers ses institutions, son gouvernement, doit revêtir les attitudes de son divin époux, le Christ, comme le dit saint Paul: «Il l’a voulue immaculée, resplendissante». Il s’est sacrifié, il a aimé jusqu’à se donner lui-même. Une invitation pour l’Église à aimer le monde à la lumière du Christ, en vivant constamment dans l’humilité et l’annonce de la vérité.


Le père le père Apollinaire Kouakou Adams, professeur de liturgie en Côte d’Ivoire

Et que doit représenter cette royauté du Christ pour les gouvernants de ce monde?

La royauté du Christ est le modèle idéal de royauté aussi bien pour nos gouvernants que pour toute personne qui tient une quelconque part de responsabilité. Nos gouvernants doivent comprendre que le regard de Dieu sur l’homme et sur toute l’humanité, se réalise en Jésus Christ. En Lui et par Lui, (Jésus), Dieu a dit non de manière irréversible et définitive à la violence. Dieu a dit également non à l’injustice, à la haine, au mensonge. Bref, Dieu a dit non au mal.
La solennité du Christ-Roi enseigne aux gouvernants, surtout aux gouvernants chrétiens, qu’ils sont appelés à être le sel et la lumière du monde. Ils doivent briller pour qu’en voyant leurs œuvres, les autres rendent témoignage à Dieu. La royauté du Christ leur rappelle aussi que tout pouvoir est don, service, sacrifice et détachement.
Rappelons-nous ce que Christ disait en réponse au fils de Zébédée, selon le récit de saint Matthieu. «Vous le savez: les chefs des nations commandent en maîtres, et les grands font sentir leur pouvoir. Parmi vous, il ne devra en être ainsi: Celui qui veut devenir grand parmi vous sera votre serviteur et celui qui veut être le premier sera votre esclave. Ainsi, le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir, et donner sa vie en rançon pour la multitude» (Mt 20, 25-28).
Voilà le message pour nos gouvernants: c’est de donner leur vie, leur temps à leurs peuples. C’est pour cela qu’ils sont investis par le peuple. C’est pour être au service de leur nation dans la recherche du bien commun, plutôt que de perpétrer le cycle de violence et de destruction de ce monde aimé et sauvé par Dieu.

Pour le peuple de Dieu, quels sont les enseignements à tirer de la royauté du Christ?

Pour l’ensemble du peuple de Dieu: c’est au cœur de ce peuple-là que, dans la diversité culturelle, dans la diversité de nos origines, dans la diversité de nos talents, Dieu veut construire une mosaïque de fraternité. Le Christ-Roi lance à tout le peuple chrétien ces défis: sommes-nous encore crédibles? Quel est l’impact de notre identité chrétienne sur la société? Quel est l’impact sociétal de notre union au Christ pour la transformation de notre quotidien, la sauvegarde de nos valeurs et celle de la création?
Voilà le message fort. Pauvres de nous, donc si nos ambitions démesurées nous font tronquer la vérité de l’Évangile pour les honneurs, le pouvoir et l’avoir. Triste sort pour chaque chrétien que nous sommes si notre adhésion à la loi intérieure du Christ n’est qu’une comédie passagère teintée d’hypocrisie en vue d’être bien apprécié. Il faudrait qu’en célébrant le Christ-Roi de l’Univers, chaque baptisé, chaque pèlerin appelé à construire le royaume ici-bas pour être héritier dans l’avenir, se dise: Dieu n’abandonne jamais son monde. Que le Seigneur nous garde afin que nous puissions progresser dans la recherche constante du bien, le bien de l’humanité, de l’Église, car le Christ est le Roi de l’Univers.

Quel serait votre dernier message?

Seule la vérité construit l’homme et le maintien debout. Le projet de Dieu se dessine dans le Christ-Roi. Que tout homme, s’identifiant à lui, découvre réellement que la royauté du Christ n’est pas une domination sur les autres, mais plutôt une humilité qui se fait gratuité du don, construction de pont d’amour, et qui détruit toutes les chaînes qui empêchent toute vie de s’épanouir réellement.

Source : VATICANNEWS. Le 23 novembre 2924

Méditation de la solennité du Christ-Roi: «Que le Seigneur règne sur nos vies»

Méditation de la solennité du Christ-Roi: «Que le Seigneur règne sur nos vies»

Le père jésuite Jean-Paul Savi nous introduit à la méditation, avec les lectures de la solennité du Christ-Roi de l’Univers, le 34e dimanche de l’année liturgique B

Lectures: Dn 7, 13-14      Ps 92 (93), 1abc, 1d-2, 5      Ap 1, 5-8       Jn 18, 33b-37

Chers Frères et Sœurs,

Nous célébrons aujourd’hui la fête du Christ-Roi de l’Univers. Cette fête, qui clôture l’année liturgique, a été instituée par le pape Pie XI en 1925 pour réaffirmer la souveraineté du Christ dans un monde marqué par la montée des idéologies athées et des mouvements de sécularisation. Mais cette fête est-elle encore pertinente aujourd’hui ?

En effet, en jetant un regard sur notre monde marqué par ses maux et la loi de la jungle, en voyant l’état de nos relations très souvent marquées par l’égoïsme et les mésententes, en méditant sur notre propre vie chrétienne, la fête d’aujourd’hui nous interpelle et nous invite à un examen de conscience: qu’est-ce qui a de l’emprise sur ma vie? Quel esprit règne sur moi, mes amitiés, ma famille, notre monde?

Dans la première lecture, Daniel s’adresse au peuple d’Israël qui traversait un moment douloureux d’occupation et de persécution. Au cœur de cette situation désespérée, Daniel vient encourager le peuple à tenir bon et à garder l’espérance. Il cherchait à leur dire: aujourd’hui vous êtes écrasés, mais votre libération approche et elle sera définitive. Cette vision de Daniel s’adresse aussi à nous aujourd’hui pour nous encourager et nous fortifier. Malgré nos situations douloureuses, malgré nos épreuves, ne nous laissons pas envahir par l’esprit du mal qui ne produit que peur, tristesse, haine, colère, violence, division, etc. Daniel nous invite plutôt à la sérénité, car le règne qui vient, est un règne de paix et de joie dont la domination sera éternelle.

Dans le même sens, saint Jean, s’adressant à des chrétiens persécutés et mis à mort, annonce le triomphe de la paix et de l’amour. Au cœur de la persécution, le message de l’Apocalypse a pour but d’encourager et de fortifier en présentant le Christ glorifié qui a triomphé sur les puissances du mal. Mais comment garder la foi en ce Christ malgré nos traversées du désert? Au cœur de nos situations difficiles, comment continuer à croire en un lendemain meilleur alors que nous n’arrivons même pas à percevoir une lueur d’espoir? En ce jour, nous sommes invités à fixer nos regards sur le Christ-Roi.

En cette solennité du Christ-Roi, l’évangile soumis à notre méditation peut nous surprendre. Alors que nous célébrons le Christ-Roi de l’Univers, l’évangile nous présente Jésus qui comparait devant Pilate. Le procès tourne autour de la royauté de Jésus. Et on a l’impression d’assister à un dialogue de sourds. Jésus qui s’est toujours dérobé chaque fois qu’on a voulu le prendre pour roi, devant Pilate où il n’en avait pas l’air, affirme: «tu le dis, je suis roi». Comment Jésus, tel qu’il apparaît dans le Prétoire, pouvait-il être roi? Pilate n’en croit pas. En effet, Jésus n’est pas roi à la manière du monde. Comme il le disait à ses disciples: «le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir et donner sa vie en rançon pour la multitude» (Mc 10, 42-45).

La royauté du Christ est donc une royauté de service et d’abnégation. C’est un règne de paix et d’amour. En ce jour de fête, nous sommes appelés à devenir artisans de ce royaume pour un monde plus pacifié, pour des relations plus amicales et plus réconciliées, pour une vie plus joyeuse. Honorer le Christ-Roi, ce n’est pas le louer des lèvres. Honorer le Christ-Roi, c’est plutôt écouter sa voix et conformer notre vie à la sienne, car quiconque appartient à la vérité écoute sa voix.

En ce jour du Seigneur, demandons que le Christ règne toujours sur notre vie, sur nos pensées et sur notre monde. Amen!


Père Jean-Paul SAVI, S.J.

Source : VATICANNEWS, le 23 novembre 2024

Très bonne nouvelle pour le sanctuaire marial de Medjugorje !

Illustration
© Shutterstock/Ivan Smuk

Très bonne nouvelle pour le sanctuaire marial de Medjugorje !

Pour la première fois, l’Église catholique reconnaît « les fruits spirituels » de Medjugorje (1) mais sans se prononcer sur « le caractère surnaturel » des apparitions.

Il n’est pas un lieu plus controversé « d’apparitions mariales » que celui de Medjugorje en Bosnie-Herzégovine où des phénomènes se produiraient depuis 1981 avec des multiples messages présumés de la Vierge Marie.

Très prudent jusque-là, le Vatican qui avait toutefois autorisé le culte catholique et les pèlerinages – un million de visiteurs par an -, vient de franchir une étape capitale : sans reconnaître le « caractère surnaturel » des apparitions, l’Église catholique reconnaît pour la première fois la validité pastorale des « fruits spirituels » constatés chez les fidèles ainsi que la cohérence théologique de la plupart des « messages » attribués à la Verge.

Au point d’en communiquer de nombreux extraits dans le document publié par le Saint-Siège ce jeudi 19 septembre. Intitulé « La Reine de la Paix : Note sur l’expérience spirituelle liée à Medjugorje », il a été avalisé par le pape François et signé par le préfet de la Doctrine de la Foi, le cardinal Victor Manuel Fernandez.

www.lefigaro.fr

(1) Á Medjugorje, une paroisse catholique de la municipalité de Čitluk en Bosnie-Herzégovine, la Vierge Marie apparaît à six Croates d’Herzégovine depuis le 24 juin 1981

Lectures de la messe du jour

Prions :
Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort.
Amen.

Source : une minute avec Marie

24.11.2024 – SAINTS ET MARTYRS DU JOUR

Sts André Dung-Lac et 117 compagnons

MARTYRS

Saints Martyrs du Vietnam

André Dung Lac, prêtre et ses compagnons martyrs entre 1745 et 1862

 

Martyrologe Romain : Mémoire des saints André Dung Lac, prêtre, et ses compagnons, martyrs. Une célébration commune honore cent-dix-sept martyrs mis à mort entre 1745 et 1862 dans diverses régions du Vietnam : le Tonkin, l’Annam et la Cochinchine. Parmi eux, huit évêques, un grand nombre de prêtres et une foule considérable de laïcs chrétiens des deux sexes, de toute condition, de tout âge, qui ont tous préféré souffrir l’exil, la prison, les tortures et enfin les derniers supplices plutôt que de fouler aux pieds la croix et faillir à la foi chrétienne.

L’Église au Vietnam fécondée par le sang des Martyrs

L’œuvre de l’évangélisation, entreprise dès le début, du XVIe siècle, puis établie dans les deux premiers Vicariats Apostoliques du Nord (Dâng-Ngoâi) et du Sud (Dâng-Trong) en 1659, a connu au cours des siècles un admirable développement. À l’heure actuelle, les Diocèses sont au nombre de vingt-cinq (dix au Nord, six au Centre et neuf au Sud). Les catholiques sont environ six millions (presque 10% de la population). 

Ce résultat est dû aussi au fait que, dès les premières années de l’évangélisation, la semence de la Foi a été mêlée sur la terre vietnamienne au sang abondamment versé des martyrs, tant du clergé missionnaire que du clergé local et du peuple chrétien du Vietnam. Tous ont supporté ensemble les fatigues de l’œuvre apostolique et ont d’un même cœur affronté aussi la mort pour rendre témoignage à la vérité évangélique. L’histoire religieuse de l’Église du Vietnam enregistre qu’il y a eu en tout cinquante-trois décrets, signés par les Seigneurs Trinh et Nguyen et par les Empereurs qui, du XVIIe au XIXe siècles, ont promulgué contre les chrétiens des persécutions plus violentes les unes que les autres. On compte environ 130.000 victimes tombées un peu partout sur le territoire du Vietnam. 

Au cours des siècles, ces martyrs de la Foi ont été ensevelis d’une manière anonyme, mais leur mémoire est restée vivante dans l’esprit de la communauté catholique. Dès le début du XXe siècle, dans cette foule de héros, 117 personnes – dont les épreuves sont apparues les plus cruelles – ont été choisies et élevées aux honneurs des autels. 

Ils furent tous canonisés en même temps par saint Jean-Paul II (Karol Józef Wojtyła, 1978-2005), le 19 juin 1988, lors d’un de ses voyages en Asie, et déclarés Patrons du Vietnam le 14 décembre 1990.

Ces Saints peuvent être classés comme suit :

11 Espagnols, tous de l’ordre des Frères prêcheurs (Dominicains) : 6 évêques et 5 prêtres.
10 Français, tous de la Société des Missions Étrangères de Paris : 2 évêques et 8 prêtres.
96 Vietnamiens : 37 prêtres (dont onze Dominicains), 59 laïcs (parmi eux un séminariste, seize catéchistes, dix du Tiers Ordre dominicain et une femme).

Leur martyre a eu lieu à différentes périodes :

Ø  2 ont subi le martyre au temps de TRINH-DOANH (1740-1767) 

Ø  2 ont subi le martyre au temps de TRINH-SAM (1767-1782) 

Ø  2 ont subi le martyre au temps de CANH-TRINH (1782-1802) 

Ø  58 ont subi le martyre au temps de l’Empereur MINH-MANG (1820-1840) 

Ø  3 ont subi le martyre au temps de l’Empereur THIEU-TRI (1840-1847) 

Ø  50 ont subi le martyre au temps de l’Empereur TU-DUC (1847-1883) 

Sur le lieu de supplice l’Édit royal, placé à coté de chaque martyr, a précisé le mode de sentence :

Ø  75 condamnés à la décapitation, 

Ø  22 condamnés à l’étranglement, 

Ø  6 condamnés à être brûlés vifs, 

Ø  5 condamnés à être écartelés,

Ø  9 sont morts en prison des suites des tortures.
« Tous ceux-là viennent de la grande épreuve : ils ont lavé leurs vêtements, ils les ont purifiés dans le sang de l’Agneau » (Ap 7, 13-14)

Annuaire des 117 Martyrs du Vietnam :

1 Andrea DUNG-LAC, prêtre 21-12-1839
2 Domenico HENARES, évêque o.p. 25-06-1838
3 Clemente Ignazio DELGADO CEBRIAN, évêque o.p. 12-07-1838
4 Pietro Rosa Ursula BORIE, évêque M.E.P. 24-11-1838
5 Giuseppe Maria DIAZ SANJURJO, évêque o.p. 20-07-1857
6 Melchior GARCIA SAMPEDRO SUAREZ, évêque o.p. 28-07-1858
7 Girolamo HERMOSILLA, évêque o.p. O1-11-1861
8 Valentino BERRIO OCHOA, évêque O.P. 01-11-1861
9 Stefano Teodoro CUENOT, évêque M.E.P. 14-11-1861
10 Francesco GIL DE FEDERICH, prêtre o.p. 22-O1-1745
11 Matteo Alonso LECINIANA, prêtre o.p. 22-O1-1745
12 Giacinto CASTANEDA, prêtre o.p. 07-11-1773
13 Vincenzo LE OUANG LIEM, prêtre o.p. 07-11-1773
14 Emanuele NGUYEN VAN TRIEU, prêtre 17-09-1798
15 Giovanni DAT, prêtre 28-10-1798
16 Pietro LE TUY, prêtre 11-10-1833
17 Francesco Isidoro GAGELIN, prêtre M.E.P. 17-10-1833
18 Giuseppe MARCHAND, prêtre M.E.P. 30-11-1835
19 Giovanni Carlo CORNAY, prêtre M.E.P. 20-09-1837
20 Vincenzo DO YEN, prêtre o.p. 30-06-1838
21 Pietro NGUYEN BA TUAN, prêtre 15-07-1838
22 Giuseppe FERNANDEZ, prêtre o.p. 24-07-1838
23 Bernardo VU VAN DUE, prêtre 01-08-1838
24 Domenico NGUYEN VAN HANH (DIEU), prêtre o.p. 01-08-1838
25 Giacomo DO MAI NAM, prêtre 12-08-1838
26 Giuseppe DANG DINH (NIEN) VIEN, prêtre 21-08-1838
27 Pietro NGUYEN VAN TU, prêtre o.p. 05-09-1838
28 Francesco JACCARD, prêtre M.E.P. 21-09-1838
29 Vincenzo NGUYEN THE DIEM, prêtre 24-11-1838
30 Pietro VO BANG KHOA, prêtre 24-11-1838
31 Domenico TUOC, prêtre o.p. 02-04-1839
32 Tommaso DINH VIÊT DU, prêtre o.p. 26-11-1839
33 Domenico NGUYÊN VAN (DOAN) XUYÊN, prêtre o.p. 26-11-1839
34 Pietro PHAM VAN TIZI, prêtre 21-12-1839
35 Paolo PHAN KHAC KHOAN, prêtre 28-04-1840
36 Giuseppe DO QUANG HIEN, prêtre o.p. 09-05-1840
37 Luca VU BA LOAN, prêtre 05-06-1840
38 Domenico TRACH (DOAI), prêtre o.p. 18-09-1840
39 Paolo NGUYEN NGAN, prêtre 08-11-1840
40 Giuseppe NGUYEN DINH NGHI, prêtre 08-11-1840
41 Martino TA DUC THINH, prêtre 08-11-1840
42 Pietro KHANH, prêtre 12-07-1842
43 Agostino SCHOEFFLER, prêtre M.E.P. 01-05-1851
44 Giovanni Luigi BONNARD, prêtre M.E.P. 01-05-1852
45 Filippo PHAN VAN MINH, prêtre 03-07-1853
46 Lorenzo NGUYEN VAN HUONG, prêtre 27-04-1856
47 Paolo LE BAO TINH, prêtre 06-04-1857
48 Domenico MÂU, prêtre o.p. 05-11-1858
49 Paolo LE VAN LOC, prêtre 13-02-1859
50 Domenico CAM, prêtre T.O.P. 11-03-1859
51 Pietro DOAN LONG QUY, prêtre 31-07-1859
52 Pietro Francesco NERON, prêtre m.e.p. 03-11-1860
53 Tommaso KHUONG, prêtre T.O.P. 30-01-1861
54 Giovanni Teofano VENARD, prêtre M.E.P. 02-02-1861
55 Pietro NGUYEN VAN LUU, prêtre 07-04-1861
56 Giuseppe TUAN, prêtre o.p. 30-04-1861
57 Giovanni DOAN TRINH HOAN, prêtre 26-05-1861
58 Pietro ALMATO RIBERA, prêtre o.p. 01-11-1861
59 Paolo TONG VIET BUONG, laïc 23-10-1833
60 Andrea TRÂN VAN THÔNG, laïc 28-11-1835
61 Francesco Saverio CAN, catéchiste 20-11-1837
62 Francesco DO VAN (HIEN) CHIEU, catéchiste 25-06-1838
63 Giuseppe NGUYEN DINH UPEN, catéchiste T.O.P. 03-07-1838
64 Pietro NGUYEN DICH, laïc 12-08-1838
65 Michele NGUYEN HUY MY, laïc 12-08-1838
66 Giuseppe HOANG LUONG CANH, laïc T.O.P. 05-09-1838
67 Tommaso TRAN VAN THIEN, séminariste 21-09-1838
68 Pietro TRUONG VAN DUONG, catéchiste 18-12-1838
69 Paolo NGUYEN VAN MY, catéchiste 18-12-1838
70 Pietro VU VAN TRUAT, catéchiste 18-12-1838
71 Agostino PHAN VIET HUY, laïc 13-06-1839
72 Nicola Bui DUC THE, laïc 13-06-1839
73 Domenico (Nicola) DINH DAT, laïc 18-07-1839 
74 Tommaso NGUYEN VAN DE, laïc T.O.P. 19-12-1839 
75 Francesco Saverio HA THONG MAU, catéchiste T.O.P. 19-12-1839 
76 Agostino NGUYEN VAN MOI, laïc T.O.P. 19-12-1839
77 Domenico BUI VAN UY, catéchiste T.O.P. 19-12-1839
78 Stefano NGUYEN VAN VINTI, laïc T.O.P. 19-12-1839
79 Pietro NGUYEN VAN HIEU, catéchiste 28-04-1840
80 Giovanni Battista DINH VAN THANH, catéchiste 28-04-1840
81 Antonio NGUYEN HUU (NAM) QUYNH, laïc 10-07-1840
82 Pietro NGUYEN KHAC TU, catéchiste 10-07-1840
83 Tommaso TOAN, catéchiste T.O.P. 21-07-1840
84 Giovanni Battista CON, laïc 08-11-1840
85 Martino THO, laïc 08-11-1840
86 Simone PHAN DAC HOA, laïc 12-12-1840
87 Agnese LE THI THANH (DE), laïc 12-07-1841
88 Matteo LE VAN GAM, laïc 11-05-1847 
89 Giuseppe NGUYEN VAN LUU, catéchiste 02-05-1854 
90 Andrea NGUYEN KIM THONG (NAM THUONG), catéchiste 15-07-1855
91 Michele HO DINH HY, laïc 22-05-1857
92 Pietro DOAN VAN VAN, catéchiste 25-05-1857
93 Francesco PHAN VAN TRUNG, laïc 06-10-1858
94 Domenico PHAM THONG (AN) KHAM, laïc T.O.P. 13-01-1859
95 Luca PHAM THONG (CAI) THIN, laïc 13-01-1859
96 Giuseppe PHAM THONG (CAI) TA, laïc 13-01-1859
97 Paolo HANH, laïc 28-05-1859
98 Emanuele LE VAN PHUNG, laïc 31-07-1859
99 Giuseppe LE DANG THI, laïc 24-10-1860 
100 Matteo NGUYEN VAN (NGUYEN) PHUONG, laïc 26-05-1861
101 Giuseppe NGUYEN DUY KHANG, catéchiste T.O.P. 06-11-1861
102 Giuseppe TUAN, laïc 07-01-1862
103 Giuseppe TUC, laïc 01-06-1862
104 Domenico NINH, laïc 02-06-1862
105 Domenico TORI, laïc 05-06-1862
106 Lorenzo NGON, laïc 22-05-1862
107 Paolo (DONG) DUONG, laïc 03-06-1862
108 Domenico HUYEN, laïc 05-06-1862
109 Pietro DUNG, laïc 06-06-1862
110 Vincenzo DUONG, laïc 06-06-1862
111 Pietro THUAN, laïc 06-06-1862
112 Domenico MAO, laïc 16-06-1862
113 Domenico NGUYEN, laïc 16-06-1862
114 Domenico NHI, laïc 16-06-1862
115 Andrea TUONG, laïc 16-06-1862
116 Vincenzo TUONG, laïc 16-06-1862
117 Pietro DA, laïc 17-06-1862
_______________________

o.p. : Ordre des Frères prêcheurs (Dominicains) 
T.O.P. : Tiers Ordre dominicain 
M.E.P. : Société des Missions Étrangères de Paris

Sts André Dung-Lac et 117 compagnons priez pour nous !

24.11.2024 – ÉVANGILE DU JOUR

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 18,33b-37. 

En ce temps-là, Pilate appela Jésus et lui dit : « Es-tu le roi des Juifs ? »
Jésus lui demanda : « Dis-tu cela de toi-même, ou bien d’autres te l’ont dit à mon sujet ? »
Pilate répondit : « Est-ce que je suis juif, moi ? Ta nation et les grands prêtres t’ont livré à moi : qu’as-tu donc fait ? »
Jésus déclara : « Ma royauté n’est pas de ce monde ; si ma royauté était de ce monde, j’aurais des gardes qui se seraient battus pour que je ne sois pas livré aux Juifs.

En fait, ma royauté n’est pas d’ici. »
Pilate lui dit : « Alors, tu es roi ? » Jésus répondit : « C’est toi-même qui dis que je suis roi.

Moi, je suis né, je suis venu dans le monde pour ceci : rendre témoignage à la vérité. Quiconque appartient à la vérité écoute ma voix. »

Acclamons et partageons la parole de Dieu !

COMMENTAIRE :

Saint Augustin (354-430)

évêque d’Hippone (Afrique du Nord) et docteur de l’Église

Sermons sur l’évangile de Jean, n°115

« Mon royaume ne vient pas de ce monde »

Écoutez tous, juifs et gentils (…) ; écoutez, tous les royaumes de la terre ! Je n’empêche pas votre domination sur ce monde, « mon Royaume n’est pas de ce monde » (Jn 18,36). Ne craignez donc pas de cette crainte insensée qui a saisi Hérode quand on lui a annoncé ma naissance. (…) Non, dit le Sauveur, « mon Royaume n’est pas de ce monde ». Venez tous à un Royaume qui n’est pas de ce monde ; venez-y par la foi ; que la crainte ne vous rende pas cruels. Il est vrai que, dans une prophétie, le Fils de Dieu dit en parlant du Père : « Par lui, j’ai été établi roi sur Sion, sur sa montagne sainte » (Ps 2,6). Mais cette Sion et cette montagne ne sont pas de ce monde. Qu’est-ce en effet que son Royaume ? Ce sont ceux qui croient en lui, ceux à qui il dit : « Vous n’êtes pas du monde, comme moi, je ne suis pas du monde » (cf Jn 17,16). Et pourtant, il veut qu’ils soient dans le monde ; il prie son Père : « Je ne te demande pas de les retirer du monde mais de les garder du mal » (Jn 17,15). Car il n’a pas dit : « Mon Royaume n’est pas dans ce monde » mais bien : « Il n’est pas de ce monde ; s’il était de ce monde, mes serviteurs viendraient combattre pour que je ne sois pas livré ». En effet, son Royaume est vraiment ici sur terre jusqu’à la fin du monde ; jusqu’à la moisson l’ivraie est mêlée au bon grain (Mt 13,24s). (…) Son Royaume n’est pas d’ici car il est comme un voyageur dans ce monde. À ceux sur qui il règne, il dit : « Vous n’êtes pas du monde, car je vous ai choisis du milieu du monde » (Jn 15,19). Ils étaient donc de ce monde, quand ils n’étaient pas encore son Royaume et qu’ils appartenaient au prince de ce monde (Jn 12,3). (…) Tous ceux qui sont engendrés de la race d’Adam pécheur appartiennent à ce monde ; tous ceux qui ont été régénérés en Jésus Christ appartiennent à son Royaume et ne sont plus de ce monde. « Dieu nous a en effet arrachés à la puissance des ténèbres et nous a transférés dans le Royaume de son Fils bien-aimé » (Col 1,13).

LECTURES :

Livre de Daniel 7,13-14. 

Moi, Daniel, je regardais, au cours des visions de la nuit, et je voyais venir, avec les nuées du ciel, comme un Fils d’homme ; il parvint jusqu’au Vieillard, et on le fit avancer devant lui.
Et il lui fut donné domination, gloire et royauté ; tous les peuples, toutes les nations et les gens de toutes langues le servirent. Sa domination est une domination éternelle, qui ne passera pas, et sa royauté, une royauté qui ne sera pas détruite.

Psaume 93(92),1abc.1d-2.5. 

R/ Le Seigneur est roi ; il s’est vêtu de magnificence. (Ps 92, 1ab)

Le Seigneur est roi ;
il s’est vêtu de magnificence
le Seigneur a revêtu sa force.

Et la terre tient bon, inébranlable ;
dès l’origine ton trône tient bon, 
depuis toujours, tu es.

Tes volontés sont vraiment immuables : 
la sainteté emplit ta maison, 
Seigneur, pour la suite des temps.

Livre de l’Apocalypse 1,5-8. 

À vous, la grâce et la paix de la part de Jésus Christ, le témoin fidèle, le premier-né des morts, le prince des rois de la terre. À lui qui nous aime, qui nous a délivrés de nos péchés par son sang,
qui a fait de nous un royaume et des prêtres pour son Dieu et Père, à lui, la gloire et la souveraineté pour les siècles des siècles. Amen.
Voici qu’il vient avec les nuées, tout œil le verra, ils le verront, ceux qui l’ont transpercé ; et sur lui se lamenteront toutes les tribus de la terre. Oui ! Amen !
Moi, je suis l’Alpha et l’Oméga, dit le Seigneur Dieu, Celui qui est, qui était et qui vient, le Souverain de l’univers.

SOLENNITÉ DU CHRIST ROI DE L’UNIVERS

SOLENNITÉ DU CHRIST ROI DE L’UNIVERS

La solennité du Christ Roi de l’Univers termine l’année liturgique et précède le premier dimanche de l’Avent.

Cette solennité est d’origine récente : elle fut instituée par le Pape Pie XI en 1925. Elle est célébrée le 34e et dernier dimanche du temps ordinaire. Son thème essentiel reprend les grandes proclamations de Louange au Christ que l’on trouve, par exemple, au début des lettres de saint Paul aux Éphésiens et aux Colossiens. À cette occasion, on célèbre le Christ, Fils de Dieu notre Sauveur, comme Seigneur du Cosmos tout entier. 

« Il est l’icône du Dieu invisible, le premier-né par rapport à toutes les créatures. C’est en Lui que tout a été créé dans les cieux et sur la terre, les êtres visibles comme les invisibles. Tout est créé par Lui et pour Lui. Il est avant tout les êtres et tout est maintenu en Lui. Il est aussi la Tête du Corps qui est l’Eglise. Il est le commencement, le premier-né d’entre les morts, puisqu’il devait avoir en tout la primauté » (Col. 1. 15-18).

Jésus est-il vraiment roi ?

On peut être gêné par cette appellation de Roi donnée au Christ et se demander, à la suite de la question que posa Pilate au Procès de Jésus à Jérusalem : de quelle royauté s’agit-il ?

Le nom que préfère se donner Jésus n’est ni celui de Roi, ni celui de Messie. Quel nom lui donner alors ? Un double nom reliant la Gloire et la Croix. Il est à la fois le Fils de l’Homme et le Serviteur livré : un titre de gloire et de souveraineté (Fils de l’Homme) et un titre d’amour, de service et de don total à l’Humanité (Serviteur livré).

Jésus le rappelait sur la route d’Emmaüs, après sa mort et sa résurrection, aux disciples qui n’avaient rien compris : « Ne fallait-il pas que le Christ souffrit cela d’abord, pour entrer dans sa Gloire ? » (Lc 24, 25). La Royauté du Christ n’est pas de s’imposer aux consciences, de faire poser le poids de l’autorité comme les puissants de ce monde. Jésus l’avait déclaré à ses disciples Jacques et Jean : « Le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir et donner sa vie en rançon pour la multitude » (Marc 10.45). Si le Christ est Roi, c’est un Roi Serviteur, un Roi qui aime et sauve.

Source : le jour du Seigneur