24.01.2025 – SAINT DU JOUR

St François de Sales

DOCTEUR DE L’ÉGLISE († 1622)

Fête Le 24 Janvier

Saint François de Sales 
Évêque et Docteur de l’Église

(mémoire) 

François naît le 21 août 1567 au château de Sales, en Savoie. Nommer ce saint, c’est personnifier la vertu de douceur ; il fut le saint aimable par excellence et le parfait imitateur de Celui qui a dit : « Apprenez de moi que je suis doux et humble de cœur. »

Jeune homme, il mena la vie des anges. Ordonné prêtre, le 18 décembre 1593, il se montra digne émule des plus grands apôtres, par ses travaux et par les innombrables conversions qu’il opéra parmi les protestants.

Évêque, il fut le rempart de la foi, le père de son peuple, le docteur de la piété chrétienne, un pontife incomparable. « On disait communément, écrit sainte Jeanne de Chantal, qu’il n’y avait pas de meilleur moyen de gagner sa faveur que de lui faire du mal, et que c’était la seule vengeance qu’il sut exercer. » — « Il avait un cœur tout à fait innocent, dit la même sainte ; jamais il ne fit aucun acte par malice ou amertume de cœur. Jamais on n’a vu un cœur si doux, si humble, si débonnaire, si gracieux et si affable qu’était le sien. »

Citons quelques paroles de François lui-même : « Soyez, disait-il, le plus doux que vous pourrez, et souvenez-vous que l’on prend plus de mouches avec une cuillerée de miel qu’avec cent barils de vinaigre. S’il faut donner en quelque excès, que ce soit du côté de la douceur. » — « Je le veux tant aimer, ce cher prochain, je le veux tant aimer ! Il a plu à Dieu de faire ainsi mon cœur ! Oh ! Quand est-ce que nous serons tout détrempés en douceur et en charité ! »

Il meurt à Lyon le 28 décembre 1622, le jour des saints Innocents.

François de Sales a été béatifié en 1661 et canonisé en 1665 par le pape Alexandre VII (Fabio Chigi, 1655-1667). 

Le pape Pie IX (Giovanni Maria Mastai Ferretti, 1846-1878) le proclama Docteur de l’Église en 1877 ; Pie XI (Ambrogio Damiano Achille Ratti, 1922-1939) le proclama Patron des journalistes en 1923.

On célèbre sa mémoire au jour anniversaire du transfert de son corps de Lyon à Annecy, le 24 janvier 1623.

Pour approfondir, lire la catéchèse du pape Benoît XVI :

>>> Saint François de Sales

Saint François de Sales priez pour nous !

24.01.2025 – ÉVANGILE DU JOUR

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 3,13-19. 

En ce temps-là,  Jésus gravit la montagne, et il appela ceux qu’il voulait. Ils vinrent auprès de lui,
et il en institua douze pour qu’ils soient avec lui et pour les envoyer proclamer la Bonne Nouvelle
avec le pouvoir d’expulser les démons.
Donc, il établit les Douze : Pierre – c’est le nom qu’il donna à Simon –,
Jacques, fils de Zébédée, et Jean, le frère de Jacques – il leur donna le nom de « Boanerguès », c’est-à-dire : « Fils du tonnerre » –,
André, Philippe, Barthélemy, Matthieu, Thomas, Jacques, fils d’Alphée, Thaddée, Simon le Zélote,
et Judas Iscariote, celui-là même qui le livra.

Acclamons et partageons la parole de Dieu !

COMMENTAIRE :

La Lettre à Diognète (v. 200)

§ 11 (trad. cf SC 33 bis, p. 79)

« Pour les envoyer prêcher »

Je ne dis rien d’étrange, je ne recherche pas le paradoxe, mais, docile à l’enseignement des apôtres, je veux à mon tour enseigner les nations. Je veux transmettre exactement la tradition à ceux qui veulent, eux aussi, devenir les disciples de la Vérité. Qui ne s’empresserait pas d’apprendre pleinement tout ce que le Verbe de Dieu a clairement enseigné à ses disciples ? Car en se manifestant, ce Verbe qui n’a pas été compris par ceux qui ne croyaient pas en lui, a manifesté la vérité à ses disciples ; s’exprimant ouvertement, il a tout dit à ses disciples. Il les a reconnus comme ses fidèles, et ils ont reçu de lui la connaissance des mystères du Père. C’est pour cela que le Verbe a été envoyé dans le monde. Et pour qu’il soit manifesté au monde entier, il a été proclamé par les apôtres pour que les nations croient en lui. Lui qui était dès le commencement (1Jn 1,1), il s’est manifesté dans la nouveauté, et ses disciples ont reconnu en lui l’ancienneté. Il renaît toujours jeune dans le cœur des saints. Par lui l’Église est comblée de richesses ; la grâce s’épanouit, se multiplie dans les saints ; elle confère l’intelligence de la foi, dévoile les mystères du Père ; elle donne à comprendre les temps. Elle est offerte à ceux qui la recherchent en respectant les règles de la foi et en gardant fidèlement la tradition des Pères. Voici que la crainte de la Loi est chantée ; voici que la grâce des prophètes est reconnue, la foi des Évangiles affermie, la tradition des apôtres conservée ; la grâce de l’Église bondit d’allégresse. Cette grâce, ne la contristez pas ; alors vous connaîtrez les secrets que le Verbe de Dieu révèle par qui il veut, quand il lui plaît. Approchez-vous, écoutez, et vous saurez tout ce que Dieu confie à ceux qui l’aiment vraiment.

LECTURES :

Lettre aux Hébreux 8,6-13. 

Frères, le service qui revient à notre grand prêtre se distingue d’autant plus que lui est médiateur d’une alliance meilleure, reposant sur de meilleures promesses.
En effet, si la première Alliance avait été irréprochable, il n’y aurait pas eu lieu d’en chercher une deuxième.
Or, c’est bien un reproche que Dieu fait à son peuple quand il dit : ‘Voici venir des jours, dit le Seigneur, où je conclurai avec la maison d’Israël et avec la maison de Juda une alliance nouvelle.
Ce ne sera pas comme l’Alliance que j’ai faite avec leurs pères, le jour où je les ai pris par la main pour les faire sortir du pays d’Égypte : eux ne sont pas restés dans mon alliance ; alors moi, je les ai délaissés, dit le Seigneur.
Mais voici quelle sera l’Alliance que j’établirai avec la maison d’Israël quand ces jours-là seront passés, dit le Seigneur. Quand je leur donnerai mes lois, je les inscrirai dans leur pensée et sur leurs cœurs. Je serai leur Dieu, et ils seront mon peuple.
Ils n’auront plus à instruire chacun son concitoyen ni chacun son frère en disant : « Apprends à connaître le Seigneur ! » Car tous me connaîtront, des plus petits jusqu’aux plus grands.
Je serai indulgent pour leurs fautes, je ne me rappellerai plus leurs péchés.’
En parlant d’Alliance nouvelle, Dieu a rendu ancienne la première ; or ce qui devient ancien et qui vieillit est près de disparaître.

Psaume 85(84),8.10.11-12.13-14. 

R/ Amour et vérité se rencontrent. (Ps 84, 11a)

Fais-nous voir, Seigneur, ton amour, 
et donne-nous ton salut.
Son salut est proche de ceux qui le craignent, 
et la gloire habitera notre terre.

Amour et vérité se rencontrent, 
justice et paix s’embrassent ;
la vérité germera de la terre 
et du ciel se penchera la justice.

Le Seigneur donnera ses bienfaits, 
et notre terre donnera son fruit.
La justice marchera devant lui, 
et ses pas traceront le chemin.

Le Pape veut que l’IA ne sacrifie pas la dignité humaine au profit de l’efficacité

Forum économique mondial de Davos de 2025.   (REUTERS)

Le Pape veut que l’IA ne sacrifie pas la dignité humaine au profit de l’efficacité

L’intelligence artificielle (IA) peut aider la personne humaine à réaliser sa vocation mais attention à ne pas la subordonner au «paradigme technocratique» et à violer la dignité humaine. C’est ce qu’affirme le Pape François dans un message aux participants du Forum économique mondial de Davos qui a lieu cette semaine. Le Saint-Père exhorte gouvernements et entreprises à agir avec responsabilité. 

Xavier Sartre – Cité du Vatican

Impossible de passer à côté de l’intelligence artificielle en ce début d’année. Elle est sur toutes les lèvres, et dans toutes les têtes, objet d’investissements financiers colossaux et enjeu stratégique pour de nombreux États. Le Forum économique mondial, rendez-vous annuel de l’élite capitaliste mondiale, a ainsi pour thème «Collaboration à l’ère de l’intelligence». C’est donc dans cette logique que le Pape François a centré son propos dans son message envoyé ce jeudi 23 janvier, rappelant que «la tradition chrétienne considère le don de l’intelligence comme un aspect essentiel de la personne créée “à l’image de Dieu”» et que «l’Église a toujours été protagoniste et promotrice du progrès de la science, de la technologie, des arts et d’autres formes d’entreprises humaines».

L’impact de l’IA

Ce n’est donc pas à une condamnation de l’IA que se livre le Saint-Père mais bien à une mise en garde, en raison de «son impact sur le rôle de l’humanité dans le monde». L’IA soulève en effet «des questions au sujet de son effet sur la crise croissante de la vérité dans le forum public» et «au sujet de la responsabilité éthique, la sécurité humaine et les implications plus larges de ces développements pour la société».

Si l’on peut discuter de la pertinence du terme «intelligence», qui n’est pas «appropriée» selon le Souverain pontife puisque l’IA n’est qu’un des produits de l’intelligence humaine, et non une de ses formes artificielles, l’IA, «si elle est utilisée correctement» «aide la personne humaine à réaliser sa vocation, dans la liberté et la responsabilité», reconnait le Pape.

Non au paradigme technocratique

Mais il y a un risque, souligne le Souverain pontife, celui que «l’IA soit utilisée pour promouvoir “le paradigme technocratique” qui perçoit tous les problèmes du monde comme pouvant être résolus à travers les seuls moyens technologiques». La dignité et la fraternité humaines sont alors subordonnées «à la poursuite de l’efficacité, comme si la réalité, la bonté et la vérité émanaient de façon intrinsèque du pouvoir technologique et économique».

Or, «la dignité humaine ne doit jamais être violée au nom de l’efficacité», affirme François qui se montre très clair: «Les développements technologiques qui n’améliorent pas la vie de tous, mais qui créent ou aggravent les inégalités et les conflits, ne peuvent être définis comme un véritable progrès». Pour le Saint-Père, «l’IA devrait être placée au service d’un développement plus sain, plus humain, plus social et plus intégral».

Il est donc de la responsabilité des gouvernements et des entreprises, et plus largement de nous tous, d’«évaluer de façon critique chaque application de l’IA afin de déterminer si son utilisation promeut la dignité humaine, la vocation de la personne humaine et le bien commun», en sachant évidemment, comme le reconnait François que «les effets des diverses utilisations de l’IA ne sont pas toujours prévisibles dès le début».  

Source : VATICANNEWS, le 23 janvier 2025

26.01.2025 – HOMÉLIE DU 3ÈME DIMANCHE ORDINAIRE – LUC 1,1-4.4,14-21

Membres du corps du Christ

Homélie par le Fr. Laurent Mathelot

Dans les couvents de formation, l’Évangile d’aujourd’hui est souvent cité en exemple, comme archétype de l’homélie parfaite. C’est le sabbat, Jésus va à la synagogue. Il fait la lecture de la Bible puis en donne un commentaire tout simple, laconique : « Aujourd’hui s’accomplit ce passage de l’Écriture. ». Tous les homélies, au fond, ne visent à dire que cela, à proposer une actualisation des textes sacrés. Chacun peut faire l’exercice pour lui : ouvrir la Bible, lire un passage et dire « Aujourd’hui s’accomplit ce passage de l’Écriture. » Ensuite méditer sur comment accomplir aujourd’hui le texte lu.

Évidemment l’Évangile va plus loin. Le rouleau que lit Jésus est celui du Livre d’Isaïe, un des livres les plus lus de son époque. Et le propos de Luc, au tout début de son récit, est de proclamer que le Christ est lui-même l’accomplissement de la prophétie d’Isaïe : il est le messie attendu par Israël. Peut-être savez-vous d’ailleurs que le Livre d’Isaïe est le livre ancien le plus cité dans le Nouveau Testament. Dans la liturgie, nous le lisons pendant Noël et l’Avent, à l’Épiphanie, aux Rameaux, à Pâques, notamment le merveilleux Cantique du serviteur souffrant [ Is 42:1-9, 49:1-7, 50:4-11, 52:13-53:12 ]. L’intention de Luc est de souligner d’emblée l’importance de ce livre pour le Christianisme, et donc pour nous.

Mais je voudrais m’attacher aujourd’hui à la seconde lecture, celle de la Première épître aux Corinthiens et à la théologie du Corps du Christ développée par saint Paul. Allons-y pour un peu de théologie fondamentale.

Saint Paul nous dit : tous les baptisés – c’est à dire l’Église universelle – constituent un seul corps et ce corps c’est le Corps du Christ. C’est une image qu’on retrouve souvent dans la Bible, et qui est un fondement du Judaïsme, et du Christianisme à sa suite : tout groupe social, toute tribu notamment le Peuple d’Israël, le Peuple de Dieu, fonctionnent comme un seul corps, avec à sa tête un chef (c’est d’ailleurs l’étymologie du mot), avec des membres qui exécutent chacun des fonctions spécifiques et répercutent les informations. C’est encore bien souvent notre image de la société d’aujourd’hui, que l’on retrouve dans des expressions telles que « le corps social », « être membre d’une association », « agir comme un seul homme » ou dans l’idée que le Roi incarne, quelque part, le peuple Belge.

Pour l’Église, la place du chef est vite attribuée : à la tête de l’Église se trouve le Christ qui lui parle, et lui seul. Le chef de l’Église n’est ni le pape, ni le clergé, ni la volonté démocratique du peuple de Dieu. A proprement parler, l’Église est une pure théocratie : celui qui la dirige c’est l’Esprit Saint. Tous – pape, prêtres, laïcs – nous sommes des exécutants. Remarquons d’emblée que ça ne signifie pas que les membres de l’Église n’ont pas une certaine autonomie : nous avons tous notre libre arbitre et sommes priés d’en user, précisément de chacun discerner les attentes de l’Esprit Saint, de l’amour de Dieu qui nous parle et nous touche le cœur. Ainsi, véritablement, la seule direction que pourra prendre l’Église, c’est de suivre la volonté de Dieu, la volonté d’aimer comme Dieu.

L’idée de l’Église comme un seul corps dont aucun de nous n’est le chef, mais seulement un membre singulier, nous assigne à tous une fonction particulière. Nous avons tous à trouver notre place dans l’Église et dans le monde, au sein de nos familles, parmi nos amis.

Et puisque nous prétendons agir sous la direction de l’Esprit Saint, nous avons tous une vocation religieuse. Certains sont appelés à vivre une vie de contemplation et de prière, d’autres à s’engager plus socialement. Certains se sentent appelés à se donner à Dieu dans le célibat, d’autres en fondant une famille.

Tous, comme le rappelle saint Paul, nous sommes appelés à une fonction spécifique au sein du corps ecclésial : certains sont appelés à devenir apôtres c’est à dire à témoigner, d’autres sont appelés à enseigner, guérir, prophétiser ou interpréter.

Remarquons aussi qu’entre ces fonctions spécifiques, il n’y pas particulièrement de hiérarchie. Tous les membres sont interdépendants : « L’œil ne peut pas dire à la main : ‘Je n’ai pas besoin de toi’ ; la tête ne peut pas dire aux pieds : ‘Je n’ai pas besoin de vous’ ». Aussi, toutes les fonctions dans l’Église reçoivent la même dignité. Et même, comme le souligne saint Paul : « Celles qui passent pour moins honorables, ce sont elles que nous traitons avec plus d’honneur. »

Finalement, la seule hiérarchie qui prévaut dans l’Église, c’est celle de la sainteté, c’est à dire de la pureté du cœur. Et le Christ est prompt à souligner qu’il y a plus de sainteté à faire un travail humble qu’à occuper les premiers rangs. Sainte Thérèse de Lisieux l’a aussi très bien expliqué.

Ainsi, au sein de l’Église, la seule ambition qu’il convient d’avoir c’est cette de la sainteté. Et la sainteté est accessible à tous les états de vie. Ainsi, personne n’a à revendiquer de place mais tout le monde a à trouver la sienne.

Avez-vous trouvé votre place dans l’Église, votre vocation chrétienne ? Au fond, quel est le passage de l’Évangile que vous pourriez citer en pensant : c’est en moi que cette parole s’accomplit ?

Trouver sa place dans l’Église et dans le monde est essentiel parce que notre vocation est le lieu de notre sainteté, notre manière de répondre à l’appel de Dieu et d’incarner la présence de l’Esprit Saint aujourd’hui.

Mais la place que nous occupons dans l’Église et dans le monde est bien relative et de peu d’importance face à celle que nous occupons dans le cœur de Dieu. Parce que quels que soient le lieu où nous sommes, la place que nous occupons, il est toujours possible d’aimer comme Dieu aime. Je pense ici, notamment, aux personnes joyeuses de prières dans les maisons de repos.

Trouver sa place est important puisque c’est là que nous exerceront au mieux nos talents. Mais plus importante encore est la conviction que, quelque soit notre place, le bonheur est toujours authentiquement possible et la sainteté à portée de main.

Dans quelque condition que l’on soit, il est toujours possible d’exercer notre talent d’aimer. Amen

Fr. Laurent Mathelot

Source : RÉSURGENCE.BE, le 22 janvier 2025

26.01.2025 – HOMÉLIE DU 3ÈME DIMANCHE ORDINAIRE – LUC 1,1-4.4,14-21

« Aujourd’hui s’accomplit la parole
que vous venez d’entendre »

Homélie par le Père Jean Compazieu

Pistes pour l’homélie
Textes bibliques : Lire
En ce dimanche, nous lisons le début de l’Évangile selon saint Luc. Dès le départ, il précise qu’il désirait affermir la foi de Théophile dont le nom signifie “ami de Dieu”. Voilà déjà un appel qui nous rejoint aujourd’hui. Ce récit s’adresse aussi à chacun de nous pour que, nous aussi, nous le communiquions à d’autres. C’est pour nous une manière de faire grandir l’Église. Nous ne mesurons sans doute pas assez le cadeau qui nous est fait : Cela vaudrait la peine d’entreprendre cette semaine une lecture continue de l’évangile de Saint Luc en nous rappelant que le plus important c’est de nous en nourrir et d’y rencontrer le Christ.

Le texte de ce dimanche nous présente le début du ministère de Jésus. Peu de temps après son baptême, il commence à enseigner en Galilée. Tous les gens parlent de lui. Ce jour-là, il revient à Nazareth, le village où il a grandi. Comme il en a l’habitude, il va à la synagogue et il se lève pour faire la lecture. Cette lecture, c’est lui qui la cherche et il la trouve. “L’Esprit du Seigneur est sur moi parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction. Il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres, annoncer aux prisonniers qu’ils sont libres, et aux aveugles qu’ils verront la lumière, apporter aux opprimés la libération, annoncer une année de bienfaits accordée par le Seigneur”.

En écoutant Jésus proclamer ce texte, nous pouvons déjà imaginer son grand amour pour les Écritures. Qu’en est-il pour nous ? Aujourd’hui, le même Christ voudrait nous apprendre à prier en ouvrant la Bible avec soin et en lisant les textes proposés pour ce dimanche. Il est indispensable que toute prière, tout témoignage et toute prédication s’appuient sur la Parole de Dieu. Il est heureux de constater que l’Écriture retrouve toute sa place dans la liturgie. De plus en plus de familles prennent du temps dans la semaine pour se préparer à mieux accueillir les textes qui seront proclamés le dimanche. Cette Parole doit être accueillie avec le même respect que l’Eucharistie.

En ce jour, le Christ a une bonne nouvelle à nous annoncer : l’Écriture devient Parole parce qu’elle est proclamée ; c’est une bonne nouvelle pour les pauvres et les exclus de tous les temps ; c’est une annonce de libération et de guérison. Dieu s’intéresse aux petits, aux pauvres, aux captifs, aux malades et aux pécheurs. Alors, n’ayons pas peur de nous tenir devant lui pour nous reconnaître petits, pauvres, aveugle et pécheurs. C’est ainsi que nous pourrons accueillir la libération que le Christ est venue apporter et en être les messagers dans le monde d’aujourd’hui.

Vingt siècles après, le mal, les injustices, les souffrances de toutes sortes sont toujours là. Des milliers d’hommes, de femmes et d’enfants sont profondément meurtris par les catastrophes, et les épreuves de toutes sortes. Et bien sûr, nous n’oublions pas ceux et celles qui sont victimes de la haine et de la violence des hommes. Et même tout près de nous, des personnes peuvent être en grande difficulté et ne pas avoir de quoi se nourrir. Quand nous voyons tant de malheurs, nous risquons de nous sentir dépassés. Et beaucoup en viennent à se poser la question : “Où est-il cet aujourd’hui de la bonne nouvelle ?”

Pour répondre à cette question, il suffit de regarder les nombreux témoignages vécus autour de nous et dans le monde : Cette bonne nouvelle, nous la voyons se réaliser dans cet immense élan de générosité des chrétiens et des non chrétiens à l’égard de ceux qui ont tout perdu. Elle est aussi à l’œuvre quand nous allons visiter un malade sur son lit d’hôpital, quand nous partageons avec celui qui a faim.

Il nous appartient de faire en sorte que cette Parole de Dieu se réalise aujourd’hui dans nos divers milieux de vie. Cela ne sera possible que si nous nous en imprégnons pour en devenir les serviteurs fidèles. Comme les gens de la synagogue, nous fixons notre regard sur Jésus pour accueillir son message libérateur. Et comme lui, nous sommes ensuite envoyés pour rejoindre les gens là où ils vivent. Cette bonne nouvelle doit être annoncée dans les églises mais aussi dans les divers lieux de vie, de travail et de loisirs. C’est en vue de cette mission que l’Esprit du Seigneur nous est donné. Aujourd’hui comme autrefois, il nous conduit vers les pauvres, les exclus, ceux et celles qui ont perdu ou oublié leur dignité.

L’exemple du Christ nous invite aujourd’hui à rendre la parole de Dieu vivante et vraie dans notre vie de tous les jours. Cette parole devient alors «lumière pour nos pas», «chemin, vérité et vie», «création d’un ciel nouveau et une terre nouvelle». Cette parole, c’est aujourd’hui qu’elle s’accomplit.

Abbé Jean Compazieu

Source : DIMANCHEPROCHAIN.ORG, le 18.01.2025