18.04.2025 – Méditations du Chemin de Croix au Colisée: «Le Ciel s’abaisse»

Le traditionnel Chemin de Croix du Vendredi Saint à Rome, au Colisée, le 29 mars 2024.   (Vatican Media)

Méditations du Chemin de Croix au Colisée: «Le Ciel s’abaisse»

Dans les méditations écrites pour le traditionnel Chemin de Croix du Vendredi Saint, au Colisée, présidé ce 18 avril, par le cardinal Baldo Reina, le Pape explique que le chemin de Golgotha est la descente que Jésus a faite «vers le monde que Dieu aime». Le Christ, «cloué», se met «au milieu des parties, des opposés » et les amène au Père, car sa Croix «abat les murs, annule les dettes» et «établit la réconciliation». 

Tiziana Campisi – Cité du Vatican

Un chemin proposé à chaque homme, pour regarder à l’intérieur de soi et faire face à sa propre conscience, en s’arrêtant sur les souffrances du Christ sur le chemin du Calvaire. Les méditations préparées par le Pape pour le Chemin de Croix du Vendredi Saint montrent que le chemin de croix est la descente que Jésus a faite vers ceux qu’il aimait, «vers le monde que Dieu aime» (IIe station). C’est aussi «une réponse, une prise de responsabilité» de la part du Christ. Celui qui intercède, se met «entre les parties, entre les contraires» (XIe station) et les amène à Dieu, parce que sa «croix abat les murs, efface les dettes, annule les jugements, établit la réconciliation». Jésus, «le vrai Jubilé», qui s’est dépouillé de ses vêtements, se révélant «intime même avec ceux qui le détruisent» et regardant ceux qui le dénigrent «comme des personnes bien-aimées que le Père» lui a confiées, montre qu’il veut sauver «tout le monde, tout le monde» (Xe station).

Ce vendredi 18 avril, par délégation du Pape, le vicaire général du diocèse de Rome, le cardinal Baldo Reina, présidera ce Chemin de Croix au Colisée.

L’économie de Dieu

Dans les réflexions du Souverain pontife, se dessine une invitation à sortir de ses propres schémas, pour comprendre «l’économie de Dieu» -qui «ne tue pas, ne jette pas, n’écrase pas. Elle est humble, fidèle à la terre»- et la voie de Jésus, celle «des Béatitudes», qui «ne détruit pas, mais cultive, répare, garde» (IIe station). Mais c’est sur «l’économie divine» (VIIe station), si différente des économies actuelles faites «de calculs et d’algorithmes, de logiques froides et d’intérêts implacables», que François insiste. Pour les hommes, le Christ a accepté la croix et ce fardeau dont il est chargé «dit le souffle» qui «l’anime, cet Esprit “qui est Seigneur et qui donne la vie“» (IIe station). Nous, en revanche, nous sommes «essoufflés à force de fuir la responsabilité». Mais «il suffirait de ne pas fuir et de rester, parmi ceux que tu nous as donnés, dans les contextes où tu nous as placés», exhorte le Pape, pour nous lier, car «c’est seulement ainsi» que nous cessons «d’être prisonniers» de nous-mêmes, prisonniers de notre égoïsme et de notre indifférence.

Le Chemin de Croix, une prière en mouvement

Dans l’introduction aux quatorze stations, François écrit que dans les pas de Jésus sur le chemin de Golgotha «il y a notre exode vers une terre nouvelle», parce que le Christ est «venu changer le monde», et donc nous devons «changer de direction, voir la bonté de» ses «traces». C’est pourquoi «le Chemin de Croix est la prière de ceux qui se déplacent. Il interrompt nos chemins habituels». Et c’est un chemin qui «nous coûte», «dans ce monde qui calcule tout» et où «la gratuité a un prix élevé». Mais «dans le don», note le Pape, «tout refleurit: une ville divisée en factions et déchirée par les conflits s’achemine vers la réconciliation; une religiosité desséchée redécouvre la fécondité des promesses de Dieu» et «même un cœur de pierre peut se transformer en un cœur de chair».

La liberté de l’homme

La condamnation à mort de Jésus est l’occasion de rappeler «le jeu dramatique de nos libertés» (Ière station). De la confiance «irrévocable» avec laquelle Dieu se remet «entre nos mains», signe d’une «sainte agitation», on peut tirer des «merveilles», souligne François: «en libérant ceux qui sont accusés injustement, en approfondissant la complexité des situations, en contrant les jugements qui tuent». Cependant, nous sommes «prisonniers de rôles» dont nous ne voulons pas «sortir, préoccupés par les désagréments d’un changement de direction», de sorte que «nous avons déjà trop souvent abandonné le chemin de la croix».

Pourtant, le Christ, «silencieusement devant nous en chaque sœur et frère exposé au jugement et au préjugé», nous provoque, mais «mille raisons» comme «les arguments religieux, les tracasseries juridiques» et «le bon sens apparent qui ne s’intéresse pas au sort des autres» nous font ressembler à Hérode, aux prêtres, à Pilate et à la foule. Malgré cela, Jésus ne s’en lave pas les mains, mais il aime «encore, en silence». Le thème de la liberté est repris à la XIe station: le Christ est cloué sur la croix et «nous montre qu’en toute circonstance, il y a un choix à faire». C’est «le vertige de la liberté». Jésus choisit d’accorder son «attention» aux deux hommes crucifiés à ses côtés, laissant «glisser les insultes de l’un» et accueillant «l’invocation de l’autre». Et il n’oublie pas ceux qui l’ont cloué au bois, il demande pardon pour «ceux qui ne savent pas ce qu’ils font» et les conduit à Dieu.

Tomber et se relever

La troisième station décrit Jésus «tombant pour la première fois», une image qui nous apprend que «le chemin de croix est tracé en profondeur sur la terre: les grands s’en éloignent, ils voudraient toucher le ciel. Au contraire, le ciel est là, il est abaissé, on le rencontre même en tombant, en restant à terre». Dans sa deuxième chute (VIIe station), au contraire, le Christ enseigne à lire «l’aventure de la vie humaine»: «tomber et se relever ; tomber et se relever encore», observe le Pape, de sorte que les hommes «chancellent, se distraient, se perdent» et «connaissent» aussi «la joie: celle des nouveaux départs, celle des renaissances». Mais ils sont «uniques, entrelacés de grâce et de responsabilité». Jésus, en se faisant «l’un de nous», n’a pas «craint de trébucher ou de tomber», et pourtant il y a «ceux qui en sont gênés, ceux qui font étalage d’infaillibilité», considère l’évêque de Rome, «ceux qui cachent leurs propres chutes et ne pardonnent pas celles des autres, qui nient le chemin» choisi par le Christ, qui, cependant, prend soin de chacun «comme d’une brebis qui s’est égarée».

Or, il existe aujourd’hui des économies inhumaines, où «99 vaut plus qu’un seul», parce que ce que «nous avons construit» est «un monde de calculs et d’algorithmes, de logiques froides et d’intérêts implacables». L’«économie divine», au contraire, «est autre», et c’est pourquoi se tourner vers le Christ qui tombe et se relève «c’est changer de cap et changer de rythme. Une conversion qui redonne la joie et nous ramène à la maison». Enfin, avec sa troisième chute, Jésus, le Fils de Dieu, qui est sans péché, «s’approche de chaque pécheur» -en aimant son cœur et en le réchauffant- il se relève et se remet «sur le chemin jamais parcouru, audacieux, généreux». «De nouveau à terre, sur le chemin de la croix», le Christ est «le Sauveur de cette terre qui est la nôtre».

Comme des Cyrénéens

Dans les différents personnages du Chemin de Croix, François identifie des expériences que tout homme peut vivre. Comme celle de Simon de Cyrène (Ve station) qui, revenant des champs, est arrêté pour aider Jésus à porter la croix. Cet homme, qui se retrouve à porter la croix du Christ «sans l’avoir demandé», nous fait comprendre que «l’on peut rencontrer Dieu» même par hasard, quand notre «direction» est autre, reconnaît le Pape. Mais le joug de Jésus «est léger» et «facile à porter», lit-on dans l’Évangile, et il aime «nous impliquer» dans son «travail, qui cultive la terre pour qu’elle soit à nouveau ensemencée». Dans la réalité d’aujourd’hui, «nous avons besoin de ceux qui nous arrêtent parfois, reconnaît François, et qui mettent sur nos épaules un morceau de réalité qu’il faut simplement porter». Mais si l’on œuvre sans Dieu, «on se disperse», c’est pourquoi «sur le chemin de la croix se lève la nouvelle Jérusalem» vers laquelle il faut se tourner comme le Cyrénéen, en changeant de «chemin» et en œuvrant avec Jésus.

Les femmes sur le chemin du Calvaire

Dans les IVe, VIe et VIIIe stations, plusieurs figures féminines s’approchent de Jésus. Marie, tout d’abord, qui vit les événements non pas comme «un renoncement, mais une découverte continue, jusqu’au Calvaire», une «ouverture» à la «nouveauté» de Dieu. Elle, «le premier disciple», nous aide à comprendre que pour le Christ, sa «mère» et ses «frères sont ceux qui écoutent et se laissent changer. Ils ne parlent pas mais font», car «en Dieu les paroles sont des actes, les promesses sont réalité». En outre, Marie nous «sommes mis de nouveau au monde par la foi».

Puis il y a Véronique, qui essuie avec amour le visage de Jésus, nous invitant à regarder ce visage dans lequel nous pouvons lire clairement «la décision de nous aimer jusqu’au dernier souffle: et même au-delà, parce que l’amour est aussi fort que la mort». Un visage qui change «notre cœur», souligne François, parce que Jésus se livre «à nous, jour après jour, dans le visage de chaque être humain», et donc «chaque fois que nous nous tournons vers le plus petit», nous prêtons «attention à ses membres».

Les «filles de Jérusalem», quant à elles, rappellent l’entente particulière que le Christ a établie avec les femmes. Mais face à leur compassion et à leurs larmes, Jésus recommande de pleurer plutôt pour les nouvelles générations. Aujourd’hui, cependant, il y a un besoin de «larmes de reconsidération dont nous ne devrions pas avoir honte», a fait remarquer le Pape, «des larmes qui’il ne faut pas garder pour soi», en particulier pour «notre vivre-ensemble blessé» qui, «dans ce monde brisé, a besoin de larmes sincères, et non de circonstance».

Jésus est parmi ceux qui espèrent encore

À la fin du Chemin de Croix, la scène émouvante de Jésus descendu de la Croix (XIIIe station) et remis à Joseph d’Arimathie, «qui attendait le Royaume de Dieu», suggère que le Christ est «parmi ceux qui espèrent encore, parmi ceux qui ne se résignent pas à penser que l’injustice est inévitable» et nous invite «à une grande responsabilité», nous rend «audacieux». Enfin, la quatorzième station introduit le silence du Samedi Saint. Face à la mort du Christ, «dans un système qui ne s’arrête jamais», François élève une forte prière: «Apprends-nous à ne rien faire, quand on nous demande seulement d’attendre. Éduque-nous aux temps de la terre, qui ne sont pas ceux de l’artifice». Jésus, «mis au tombeau», partage «la condition que nous partageons tous» et atteint «les abîmes qui nous font si peur» et dont «nous nous échappons en multipliant nos activités», tournant «souvent en rond». Le Christ semble maintenant «dormir dans la tempête du monde», mais avec sa résurrection, qui impliquera toute la création, viendra la paix entre toutes les nations. 

Source : VATICANNEWS, le 18 avril 2025

« Marie baise la lance où se trouve encore le Sang de son Fils »

Illustration
© Shutterstock/rudall30

« Marie baise la lance où se trouve encore le Sang de son Fils »

Dans cet extrait de l’Évangile tel qu’il m’a été révélé, la Vierge Marie est enfermée au Cénacle avec Marie Madeleine, le jour du Samedi Saint, lorsque le maître de maison vient lui annoncer que Longinus, l’officier romain qui a transpercé le cœur du Christ avec sa lance, désire la voir :

« Marie-Madeleine va trouver la Vierge : « Mère, Longinus est là dehors… Il t’offre la lance. »

« Fais-le passer. » Le maître de maison, qui est sur le seuil, bougonne :
« Mais c’est un païen. »

« Je suis la Mère de tous, homme, comme Lui est le Rédempteur de tous. »

Longinus entre, et sur le seuil salue à la romaine avec un geste du bras (il a enlevé son manteau) et ensuite vocalement : « Ave, Domina. Un romain te salue : Mère du genre humain. La vraie Mère. Moi, je n’aurais pas voulu être à… à… à cette chose, mais j’en avais l’ordre. Cependant, si je sers à te donner ce que tu désires, je pardonne au destin de m’avoir choisi pour cette horrible chose. Voici. » Et il lui donne la lance enveloppée dans un drap rouge, le fer seul, pas la hampe.

Marie la prend en devenant encore plus pâle. Ses lèvres s’effacent à cause de sa pâleur. Il semble que la lance lui fait perdre son sang. Et elle tremble jusqu’avec ses lèvres en disant : « Qu’il te conduise à Lui, à cause de ta bonté. »

« C’était l’unique Juste que j’aie rencontré dans le vaste empire de Rome. Je regrette de ne l’avoir connu que par les paroles de mes compagnons. Maintenant… c’est trop tard ! »

 « Non, fils. Lui a fini d’évangéliser. Mais son Évangile reste, dans son Église. »

« Où est son Église ? » Longinus est légèrement ironique.

« Elle est ici. Aujourd’hui elle est frappée et dispersée, mais demain elle se réunira comme un arbre qui remet en place sa chevelure après la tempête. Et même s’il n’y avait plus personne, moi j’y suis. Et l’Évangile de Jésus Christ, Fils de Dieu et le mien, est tout entier écrit dans mon cœur. Je n’ai qu’à regarder mon cœur pour pouvoir le répéter. »

« Je viendrai. Une religion, qui a pour chef un tel héros, ne peut être que divine. Ave, Domina ! » Longinus aussi s’en va.

Marie baise la lance où se trouve encore le Sang de son Fils… Et elle ne veut pas enlever ce Sang, « rubis de Dieu sur la lance cruelle » dit-elle… »

Maria Valtorta (1)

Extrait du tome 10 de l’Evangile tel qu’il m’a été révélé, § 614.6

https://nl.mariedenazareth.com/click.html?x=a62e&co=omu&lc=gSWR&mc=c&s=H1ut&u=H&z=eg15DiF&

Maria Valtorta, (1897-1961) est une visionnaire et mystique italienne, membre du Tiers-ordre catholique des Servites de Marie et auteur d’écrits spirituels, dont les fameux 10 tomes de L’Évangile tel qu’il m’a été révélé.

Lectures de la messe du jour

Prions :
Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort.
Amen.

Source : une minute avec Marie

19.04.2025 – SAINT DU JOUR

Saint Elphège
Archevêque de Cantorbéry, martyr
(954-1012)

Elphège sortait d’une famille distinguée d’Angleterre. Il reçut une excellente éducation et ne tarda pas, malgré la voix de la chair et du sang, à quitter le monde pour la solitude, puis pour le cloître, à la demande de bons religieux qui voulurent se mettre sous sa direction. 

Le saint abbé exigea que la règle fût observée à la lettre, et Dieu vint à son aide par un miracle, pour soumettre à la ferme conduite plusieurs moines d’abord récalcitrants. 

Son mérite le fit placer bientôt, malgré les réclamations de son humilité, sur le siège épiscopal de Winchester, et plus tard sur le siège archiépiscopal de Cantorbéry, où il succéda à saint Dunstan. 

Sa vie resta celle d’un moine. Il se levait régulièrement à minuit et priait longtemps pieds nus. Ses grandes austérités n’enlevaient rien à la douceur de son caractère ; ses aumônes étaient abondantes, sa charité sans bornes. 

Elphège, pendant une irruption des Danois en Angleterre, se dévoua pour le salut de son peuple. Il alla trouver les barbares, et, après avoir traité avec eux du rachat des captifs, il leur annonça l’Évangile. Un bon nombre se convertirent à sa parole ; mais les autres, plus furieux, s’avancèrent jusqu’à Cantorbéry pour l’assiéger. 

Le saint Pontife voulut être à son poste. Durant le siège, il ne cessa d’exhorter ses brebis à s’armer de courage contre tous les événements et à défendre leur foi jusqu’à la mort. La ville céda à la force ; les assiégés furent passés en masse au fil de l’épée. Elphège courut sur le théâtre du massacre, espérant apaiser les vainqueurs : « Épargnez ces innocents, s’écria-t-il. Quelle gloire y a-t-il à répandre leur sang ? Tournez contre moi toute votre indignation ; je me la suis méritée en rachetant vos prisonniers. » 

Les Danois farouches, irrités de cette sainte liberté, se saisissent de lui, l’accablent de mauvais traitements, incendient devant lui sa cathédrale, égorgent ses moines et le jettent en prison. Frappé à coups de hache et lapidé, pendant son supplice, il priait pour ses bourreaux : « Ô bon ! ô incomparable Pasteur ayez compassion des enfants de votre Église, que je vous recommande en mourant ! »

Un Danois, qu’il avait nouvellement baptisé, fut touché de le voir languir si longtemps ; et, par un trait de pitié digne d’un barbare, il mit fin à ses souffrances en lui fendant la tête avec sa hache. Ainsi mourut l’évêque Elphège, le 19 avril 1012, en la cinquantième année de son âge.

Pour un approfondissement :

>>> Saint Elphège, Évêque de Winchester

Saint Elphège priez pour nous !

19.04.2025 – ÉVANGILE DU JOUR

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 24,1-12. 

Le premier jour de la semaine, à la pointe de l’aurore, les femmes se rendirent au tombeau, portant les aromates qu’elles avaient préparés.
Elles trouvèrent la pierre roulée sur le côté du tombeau.
Elles entrèrent, mais ne trouvèrent pas le corps du Seigneur Jésus.
Alors qu’elles étaient désemparées, voici que deux hommes se tinrent devant elles en habit éblouissant.
Saisies de crainte, elles gardaient leur visage incliné vers le sol. Ils leur dirent : « Pourquoi cherchez-vous le Vivant parmi les morts ?
Il n’est pas ici, il est ressuscité.

Rappelez-vous ce qu’il vous a dit quand il était encore en Galilée :
“Il faut que le Fils de l’homme soit livré aux mains des pécheurs, qu’il soit crucifié et que, le troisième jour, il ressuscite.” »
Alors elles se rappelèrent les paroles qu’il avait dites.
Revenues du tombeau, elles rapportèrent tout cela aux Onze et à tous les autres.
C’étaient Marie Madeleine, Jeanne, et Marie mère de Jacques ; les autres femmes qui les accompagnaient disaient la même chose aux Apôtres.
Mais ces propos leur semblèrent délirants, et ils ne les croyaient pas.
Alors Pierre se leva et courut au tombeau ; mais en se penchant, il vit les linges, et eux seuls. Il s’en retourna chez lui, tout étonné de ce qui était arrivé.

Acclamons et partageons la parole de Dieu !

COMMENTAIRE :

Eusèbe le Gallican (5e siècle)

moine, puis évêque

Homélie 12 A ; CCL 101, 145 (trad. Solesmes, Lectionnaire, vol. 3, p. 21 rev.)

« Tu fais resplendir cette nuit très sainte par la gloire de la résurrection du Seigneur » (Collecte)

« Ciel, exulte ! Et toi, terre, réjouis-toi ! » (cf Ps 95,11) Ce jour a resplendi pour nous de l’éclat du tombeau, plus qu’il n’a brillé des rayons du soleil. Que les enfers acclament, car ils ont désormais une issue ; qu’ils se réjouissent, car c’est pour eux le jour de la visite ; qu’ils exultent, car ils ont vu, après des siècles et des siècles, une lumière qu’ils ne connaissaient pas, et dans l’obscurité de leur nuit profonde ils ont enfin respiré ! O belle lumière que l’on a vue poindre du sommet du ciel blanchissant…, tu as revêtu de ta clarté soudaine « ceux qui étaient assis dans les ténèbres et l’ombre de la mort » (Lc 1,79). Car, à la descente du Christ, l’éternelle nuit des enfers a resplendi aussitôt et les cris des affligés ont cessé ; les liens des condamnés se sont rompus et sont tombés ; les esprits malfaisants ont été saisis de stupeur, comme frappés d’un coup de tonnerre… Dès que le Christ descend, les sombres portiers, aveugles dans leur noir silence et courbant le dos sous la crainte, murmurent entre eux : « Qui est ce redoutable, éblouissant de blancheur ? Jamais notre enfer n’en a reçu de pareil ; jamais le monde n’en a rejeté de pareil dans notre gouffre… S’il était coupable, il n’aurait pas cette audace. Si quelque délit le noircissait, il ne pourrait jamais dissiper nos ténèbres par son éclat. Mais s’il est Dieu, que fait-il au tombeau ? S’il est homme, comment ose-t-il ? S’il est Dieu, pourquoi vient-il ? S’il est homme, comment délivre-t-il les captifs ? … Oh, cette croix qui déjoue nos plaisirs et qui enfante notre malheur ! Le bois nous avait enrichis et le bois nous ruine. Cette grande puissance, toujours redoutée des peuples, a péri ! »

LECTURES :

Livre de l’Exode 14,15-31.15,1a. 

En ces jours-là, le Seigneur dit à Moïse : « Pourquoi crier vers moi ? Ordonne aux fils d’Israël de se mettre en route !
Toi, lève ton bâton, étends le bras sur la mer, fends-la en deux, et que les fils d’Israël entrent au milieu de la mer à pied sec.
Et moi, je ferai en sorte que les Égyptiens s’obstinent : ils y entreront derrière eux ; je me glorifierai aux dépens de Pharaon et de toute son armée, de ses chars et de ses guerriers.
Les Égyptiens sauront que je suis le Seigneur, quand je me serai glorifié aux dépens de Pharaon, de ses chars et de ses guerriers. »
L’ange de Dieu, qui marchait en avant d’Israël, se déplaça et marcha à l’arrière. La colonne de nuée se déplaça depuis l’avant-garde et vint se tenir à l’arrière,
entre le camp des Égyptiens et le camp d’Israël. Cette nuée était à la fois ténèbres et lumière dans la nuit, si bien que, de toute la nuit, ils ne purent se rencontrer.
Moïse étendit le bras sur la mer. Le Seigneur chassa la mer toute la nuit par un fort vent d’est ; il mit la mer à sec, et les eaux se fendirent.
Les fils d’Israël entrèrent au milieu de la mer à pied sec, les eaux formant une muraille à leur droite et à leur gauche.
Les Égyptiens les poursuivirent ; tous les chevaux de Pharaon, ses chars et ses guerriers entrèrent derrière eux jusqu’au milieu de la mer.
Aux dernières heures de la nuit, le Seigneur observa, depuis la colonne de feu et de nuée, l’armée des Égyptiens, et il la frappa de panique.
Il faussa les roues de leurs chars, et ils eurent beaucoup de peine à les conduire. Les Égyptiens s’écrièrent : « Fuyons devant Israël, car c’est le Seigneur qui combat pour eux contre nous ! »
Le Seigneur dit à Moïse : « Étends le bras sur la mer : que les eaux reviennent sur les Égyptiens, leurs chars et leurs guerriers ! »
Moïse étendit le bras sur la mer. Au point du jour, la mer reprit sa place ; dans leur fuite, les Égyptiens s’y heurtèrent, et le Seigneur les précipita au milieu de la mer.
Les eaux refluèrent et recouvrirent les chars et les guerriers, toute l’armée de Pharaon qui était entrée dans la mer à la poursuite d’Israël. Il n’en resta pas un seul.
Mais les fils d’Israël avaient marché à pied sec au milieu de la mer, les eaux formant une muraille à leur droite et à leur gauche.
Ce jour-là, le Seigneur sauva Israël de la main de l’Égypte, et Israël vit les Égyptiens morts sur le bord de la mer.
Israël vit avec quelle main puissante le Seigneur avait agi contre l’Égypte. Le peuple craignit le Seigneur, il mit sa foi dans le Seigneur et dans son serviteur Moïse.
Alors Moïse et les fils d’Israël chantèrent ce cantique au Seigneur :

Livre de l’Exode 15,1b.2.3-4.5-6.17-18. 

R/ Alléluia, alléluia, alléluia !

Je chanterai pour le Seigneur ! 
Éclatante est sa gloire : 
il a jeté dans la mer 
cheval et cavalier !

Ma force et mon chant, c’est le Seigneur :
il est pour moi le salut. 
Il est mon Dieu, je le célèbre ; 
j’exalte le Dieu de mon père.

Le Seigneur est le guerrier des combats ; 
son nom est « Le Seigneur ».
Les chars du Pharaon et ses armées, il les lance dans la mer. 
L’élite de leurs chefs a sombré dans la mer Rouge.

L’abîme les recouvre : 
ils descendent, comme la pierre, 
au fond des eaux.
Ta droite, Seigneur, 

magnifique en sa force, 
ta droite, Seigneur, 
écrase l’ennemi.
Tu les amènes, tu les plantes sur la montagne, ton héritage, 

le lieu que tu as fait, Seigneur, pour l’habiter, 
le sanctuaire, Seigneur, fondé par tes mains.
Le Seigneur régnera pour les siècles des siècles. 

Lettre de saint Paul Apôtre aux Romains 6,3b-11. 

Frères, nous tous qui par le baptême avons été unis au Christ Jésus, c’est à sa mort que nous avons été unis par le baptême.
Si donc, par le baptême qui nous unit à sa mort, nous avons été mis au tombeau avec lui, c’est pour que nous menions une vie nouvelle, nous aussi, comme le Christ qui, par la toute-puissance du Père, est ressuscité d’entre les morts.
Car, si nous avons été unis à lui par une mort qui ressemble à la sienne, nous le serons aussi par une résurrection qui ressemblera à la sienne.
Nous le savons : l’homme ancien qui est en nous a été fixé à la croix avec lui pour que le corps du péché soit réduit à rien, et qu’ainsi nous ne soyons plus esclaves du péché.
Car celui qui est mort est affranchi du péché.
Et si nous sommes passés par la mort avec le Christ, nous croyons que nous vivrons aussi avec lui.
Nous le savons en effet : ressuscité d’entre les morts, le Christ ne meurt plus ; la mort n’a plus de pouvoir sur lui.
Car lui qui est mort, c’est au péché qu’il est mort une fois pour toutes ; lui qui est vivant, c’est pour Dieu qu’il est vivant.
De même, vous aussi, pensez que vous êtes morts au péché, mais vivants pour Dieu en Jésus Christ.

18.04.2025 – Office de la Passion du Seigneur à Rome

Office de la Passion: la Croix nous redonne la liberté d’un choix authentique

En ce Vendredi Saint 18 avril, le cardinal Claudio Gugerotti, préfet du dicastère pour les Églises orientales, délégué du Pape, a présidé en la basilique Saint-Pierre, la Liturgie de la Passion du Christ. Dans l’homélie du père Roberto Pasolini, prédicateur de la Maison pontificale, l’accent a été mis sur ce que doit représenter «la Croix» en ce XXIe siècle marqué par l’émergence des nouvelles technologies, en particulier de l’Intelligence artificielle.

Augustine Asta – Cité du Vatican

La Passion du Christ est au cœur de la foi chrétienne, elle est commémorée par l’Église le Vendredi Saint. «Au centre du Triduum pascal bat un cœur, celui du Vendredi saint», a précisé le père Pasolini dans son homélie, à l’occasion de l’Office de la Passion. C’est pourquoi entre le blanc de la Cène et celui de la Résurrection, la liturgie invite au silence et au recueillementmais aussi «interrompt la continuité chromatique en teintant de rouge tous les vêtements et en invitant nos sens à s’accorder aux tonalités intenses et dramatiques du plus grand amour», a-t-il fait savoir devant les 4 500 fidèles présents dans la basilique, parmi lesquels le vice-président américain J. D. Vance, accompagné de sa famille.

Le mystérieux triomphe de la Croix

Le Vendredi Saint est un temps d’adoration et de contemplation. «Non pas l’échec de Dieu», mais de «son mystérieux triomphe sous une forme paradoxale, celle de la croix, comme l’annonçaient déjà les Écritures prophétiques», a noté le prédicateur de la Maison pontificale. Aujourd’hui, dans un contexte de mondialisation marqué par l’essor des nouvelles technologies en général, et de l’intelligence artificielle en particulier, «le mystère de la Passion et de la mort du Christ nous propose un autre type d’intelligence», notamment «l’intelligence de la Croix, qui ne calcule pas, mais qui aime; qui n’optimise pas, mais qui se donne», a souligné le père capucin, précisant  surtout qu’il s’agit d’une «intelligence qui n’est pas artificielle, mais profondément relationnelle, parce qu’entièrement ouverte à Dieu et aux autres».

Le cardinal Claudio Gugerotti, préfet du dicastère pour les Églises orientales, préside en la basilique Saint-Pierre la Liturgie de la Passion du Christ.
Le cardinal Claudio Gugerotti, préfet du dicastère pour les Églises orientales, préside en la basilique Saint-Pierre la Liturgie de la Passion du Christ.   (VATICAN MEDIA Divisione Foto)

Face aux «algorithmes qui semblent nous suggérer quoi désirer, quoi penser, et même qui être», «la Croix nous redonne la liberté d’un choix authentique, fondé non sur l’efficacité, mais sur l’amour qui se donne», a soutenu le prédicateur de la Maison pontificale. C’est pourquoi a-t-il ajouté «la liturgie a commencé dans un climat de grand silence et de solennité douloureuse». «Comment Dieu entend-il les prières les plus souffrantes et les plus désespérées? Si le Père n’a pas épargné la mort de son Fils, comment nous traitera-t-il lorsque nous lui offrirons toutes nos larmes?», s’est interrogé le père Roberto Pasolini, expliquant par la suite qu’en réalité, «nous savons très bien comment le Père a choisi d’exaucer la prière du Fils», car «il ne lui a pas épargné le supplice de la croix, mais lui a permis de devenir, sur ce même autel, le Sauveur du monde».

“Dieu n’a pas épargné au Christ la souffrance, mais il a soutenu son cœur, lui permettant de s’abandonner aux exigences du plus grand amour, celui qui ne s’arrête pas même face aux ennemis”

Pour le religieux capucin, l’expression «plein abandon», «par laquelle la lettre aux Hébreux décrit la conduite du Christ», pourrait également être traduite comme «la capacité d’accepter avec confiance ce qui arrive, de bien accueillir même ce qui apparaît au départ comme hostile ou incompréhensible». En effet, a-t-il détaillé, dans sa passion, «le Christ ne s’est pas contenté de subir les événements, mais il les a acceptés avec une telle liberté qu’il les a transformés en un chemin de salut».Un chemin a-t-il poursuivi «qui reste ouvert à quiconque est prêt à faire confiance au Père jusqu’au bout, en se laissant guider par sa volonté même dans les passages les plus obscurs».

Dans son homélie, il s’est aussi focalisé sur trois moments de la Passion, «où Jésus lui-même qui, à travers ses paroles, nous montre comment on peut vivre une pleine confiance en Dieu sans cesser d’être le protagoniste de sa propre histoire». Le père capucin a ainsi demandé à tous de prendre cet exemple. «Lorsque notre vie subit un revers -un revers douloureux, une maladie grave, une crise relationnelle – nous pouvons nous aussi essayer de nous abandonner à Dieu avec la même confiance, en acceptant ce qui nous dérange et nous apparait menaçant», a- t-il déclaré. C’est la condition pour que «le poids de la vie devient plus léger et que la souffrance, tout en restant réelle, cesse d’être inutile et commence à engendrer la vie».

Le cardinal Claudio Gugerotti, préfet du dicastère pour les Églises orientales, délégué du Pape, a présidé en la basilique Saint-Pierre, la Liturgie de la Passion du Christ.
Le cardinal Claudio Gugerotti, préfet du dicastère pour les Églises orientales, délégué du Pape, a présidé en la basilique Saint-Pierre, la Liturgie de la Passion du Christ.   (VATICAN MEDIA Divisione Foto)

Le vrai amour: celui de Dieu

Reprenant des passages des Saintes Écritures, le père Pasolini a insisté sur le fait que «le corps du Christ, dépouillé de tout» manifeste le besoin le plus humain: «celui d’être aimé, accueilli, écouté». Et c’est dans ces moments que «la soif de l’homme et l’amour de Dieu se rencontrent enfin», indiquant qu’«il devient possible de bien traverser ces moments où il devient évident que nous ne nous suffisons pas à nous-mêmes».

“Quand la douleur, la fatigue, la solitude ou la peur nous mettent à nu, nous sommes tentés de nous refermer, de nous raidir, de feindre l’autosuffisance. Mais c’est là que s’ouvre un espace pour l’amour le plus vrai: celui qui ne s’impose pas, mais se laisse aider”

«La faiblesse comme le lieu de la plénitude de l’amour»

«Quand il eut pris le vinaigre, Jésus dit: ‘’Tout est accompli’’. Puis, inclinant la tête, il remit l’esprit».(Jean 19,30). C’est une preuve que «Jésus confesse l’accomplissement de son humanité – et de la nôtre – au moment où, dépouillé de tout», il choisit «de nous donner entièrement sa vie et son Esprit», a-t-il souligné. Il ne s’agit pas d’un «abandon passif», mais d’un acte «de liberté suprême», qui accepte «la faiblesse comme le lieu de la plénitude de l’amour». À travers ce geste, a-t-il insisté «Jésus nous révèle que ce n’est pas la force qui sauve le monde, mais la faiblesse d’un amour qui ne garde rien pour soi». Seulement, l’ époque actuelleétant marquée par «le mythe de la performance et de l’individualisme, peine à reconnaître les moments de défaite ou de passivité comme des lieux possibles d’épanouissement». Pourtanta-t-il ajouté «ce n’est pas l’autonomie ou les grands exploits qui donnent un sens à la vie, mais la capacité de transformer la limitation en opportunité de don». Les dernières paroles de Jésus crucifié «nous offrent une autre interprétation». Car «elles nous montrent combien la vie peut jaillir»dans les moments de difficultés.

Un temps fort de l'Office de la Passion.
Un temps fort de l’Office de la Passion.   (VATICAN MEDIA Divisione Foto)

Renouveler la confiance en Dieu

En introduisant le Jubilé 2025, le Pape avait alors rappelé que «le Christ est l’ancre de notre espérance, à laquelle nous pouvons rester fermement unis, en resserrant le cordon de la foi qui nous lie à Lui depuis notre baptême». Cependant, «nous devons reconnaître, avec honnêteté, qu’il n’est pas du tout facile de rester ferme dans l’affirmation de notre foi» (Hébreux 4,14), surtout «quand arrive le moment de porter la croix». Ce Vendredi saint donne alors l’occasion de renouveler «notre pleine confiance dans la manière dont Dieu a choisi de sauver le monde». Ainsi a-t-il dit «nous pourrons aussi nous réconcilier avec le destin de passion, de mort et de résurrection vers lequel tend notre vie». En cette Année Sainte les chrétiens doivent choisir le «chemin de la croix comme la seule direction possible» en ayant foi que «l’Esprit Saint, qui a déjà rempli nos cœurs d’une douce espérance», viendra «au secours de notre faiblesse» afin d’être «les témoins de la seule vérité qui sauve le monde: Dieu est notre Père», a-t-il conclu.

Source : VATICANNEWS, le 18.04.2025