18.04.2025 – Homélie du Vendredi saint 2025 – JEAN 18,1-40.19,1-42

Victoire, tu règneras…

Textes bibliques : Lire

Ce Vendredi Saint nous révèle un Dieu qui nous aime sans mesure. Il n’a pas refusé son Fils unique. Il l’a livré pour sauver tous les hommes. Bien sûr, il n’a pas voulu qu’il meure ainsi. Il a simplement voulu qu’il nous aime comme lui, le Père, nous aime. Le Christ nous a aimés jusqu’à mourir sur une croix. Dans sa Passion c’est l’amour du Père qui est à l’œuvre. C’est la réussite du projet de Dieu annoncé dans la première lecture : “Mon serviteur réussira.”

A première vue, cette réussite n’est pas très évidente. En effet, nous voyons une foule qui rejette Jésus. Puis il y a la croix, la mort atroce réservée aux esclaves. Mais le serviteur broyé deviendra le Sauveur de tous ses frères. C’est par la croix que Jésus est devenu cause du Salut éternel. Saint Jean nous présente la Passion comme une marche triomphale du Fils de Dieu vers son Père. Il nous faut la lire comme un récit de glorification.

En lisant ce récit de la Passion, nous découvrons que Jésus a parfaitement conscience de ce qui va lui arriver. C’est lui qui donne librement sa vie : “Ma vie, nul ne la prend mais c’est moi qui la donne.” (Jn 10. 18) C’est lui qui interpelle Judas et non l’inverse.

En ce Vendredi Saint, nous nous tournons vers la croix du Christ et nous faisons silence. Nous ne demandons pas au Seigneur de comprendre ce trop grand mystère mais d’y communier. En cette année de la foi c’est une démarche absolument essentielle. Au cours de cette célébration, une grande prière universelle nous sera proposée pour le monde entier. C’est en effet pour tous les hommes de tous les temps que Jésus a donné sa vie.

En ce jour, notre pensée et notre prière vont vers tant d’hommes et de femmes qui portent une croix douloureuse. Pour beaucoup cette croix s’appelle solitude, longue maladie, précarité… Nous n’oublions pas les victimes de la haine et de la violence des hommes, en particulier ceux qui sont retenus loin de chez eux contre leur volonté. Nous pensons aussi aux chrétiens persécutés en Corée du Nord, en Chine et dans de nombreux autres pays. Beaucoup sont persécutés à cause de leur foi.

Mais à travers ces petits, ces exclus, ces personnes qui souffrent, le Seigneur est là. Il se reconnaît dans celui qui a faim, celui qui est malade et seul, celui qui est persécuté. Il nous rejoint dans notre vie et notre mort pour que nous soyons avec lui dans sa résurrection. En ce Vendredi Saint, nous contemplons la gloire de Celui qui nous a aimés jusqu’au bout. Et avec toute l’Église, nous chantons et nous proclamons : “Victoire, tu règneras ; O Croix, tu nous sauveras.”

Source : PUISER À LA SOURCE, le 4 avril 2025

« L’institution de l’Eucharistie est un geste de partage »

À l’entrée du Triduum Pascal, la messe du somdin de la Cène du Seigneur a célébré l’institution de l’Eucharistie et du Sacerdoce, en les lisant à la lumière du partage et du service.

La messe du soir de la Cène du Seigneur a commencé, dans l’après-midi de ce Jeudi Saint, le temps de célébrer la Passion, la Mort et la Résurrection de Jésus-Christ, dans ce qui sont les plus grands jours de la foi catholique. Lors de l’assemblée des pèlerins réunis dans la Basilique de la Sainte Trinité, le recteur du Sanctuaire de Fatima a présenté le service comme clé de lecture pour la célébration de ce premier moment du Triduum Pascal.

« Cet après-midi, nous avons appris de Jésus qu’il n’y a pas de participation digne à l’Eucharistie qui ne passe pas par le service aux autres », a résumé le père Carlos Cabecinhas, présentant le passage de l’Évangile qui raconte le « geste radical de service » dans lequel Jésus lave les pieds de ses disciples, lors de la Cère, comme preuve que « Jésus devient présent, non seulement dans le pain et le vin consacrés, mais aussi dans ceux avec qui nous vivons, vivons ou sommes en contact ».

« La communion avec le Christ, dans l’Eucharistie, n’est pas possible sans la communion avec les autres, si nous oublions ou ignorons les autres et leurs difficultés », a averti le président de la célébration, pour ensuite en vue les gestes de Jésus, lors de la Dernière Cène à la lumière du don.

« L’institution de l’Eucharistie est un geste de partage. C’est le geste du père ou de la mère qui caque le pain et le distribue aux siens, selon leurs besoins ; c’est le geste d’hospitalité et de partage, qui accueille et crée la communion », a rappelé le recteur du Sanctuaire de Fatima, en exhortant l’assemblée au service concret des frères.

Lors de cette messe, qui célèbre également l’institution du sacerdoce, le père Carlos Cabecinhas a remercié le don du sacerdoce ministériel, « intimement uni à l’institution de l’Eucharistie comme sa condition, et qui est compris, à l’image de Jésus, comme un humble service à l’Église, corps du Christ ».

Dans le rite emblématique du lave-pieds, qui symbolise le commandement de l’amour et du service dans l’évocation du moment où le Christ lave les pieds de ses apôtres, lors de la dernière Cère, un gomil et une lavande frappés avec les empreintes digitales des serveurs du sanctuaire de Fatima ont été utilisés, comme l’a expliqué le commentateur de la célébration, dans l’introduction de ce geste.

« Nous utiliserons une lavande et un gomil qui, dans le métal dont ils sont faits, incorporent, de manière artistique, les marques des mains et des pieds de ceux qui servent les pèlerins dans ce Sanctuaire, du recteur aux aumôniers, des employés aux bénévoles et aussi des pèlerins eux-mêmes. Ces empreintes digitales, mélangées à l’argent, ont été récoltées au poste de lavage des pieds du sanctuaire de Fatima, afin que, dans ce rite, nous soyons également unis à ceux qui servent et à ceux qui portent les pieds fatigués et font des pèlerins du Christ. »

À la fin de la célébration, le Saint-Sacrement a été conduit, en procession, à la Chapelle de la Mort de Jésus, où, à 23h00 ce Jeudi Saint, la Prière de l’Agonie du Seigneur sera priée.

Après cette prière, le programme de célébration prévu pour le Vendredi saint commence, avec le Chemin des bergers, à partir de la chapelle des Apparitions, à partir de 00h00.

Le Vendredi saint est le jour consacré à la méditation de prière de la Passion et de la Mort de Jésus-Christ. C’est donc un jour aliturgique, au cours duquel il n’y a pas de messes célébrées, mais il y a un programme de célébration qui évoque la Croix du Sauveur.

Source : SANCTUAIRE DE FATIMA, le 17 octobre 2025

Messe du Jeudi Saint: «l’amour est le seul sacerdoce»

Le lavement des pieds

Messe du Jeudi Saint: «l’amour est le seul sacerdoce»

Dans la basilique Saint-Pierre, le cardinal Mauro Gambetti a présidé la messe du Jeudi Saint, dite «in Cœna Domini». Revenant sur l’histoire de la Pâques, l’archiprêtre de la basilique vaticane a appelé chaque fidèle à prendre exemple sur le modèle sacerdotal du Christ, et à devenir Eucharistie.

Le Cardinal Mauro Gambetti

Jean-Benoît Harel – Cité du Vatican

C’est depuis l’autel de la Chaire de Saint-Pierre dans la basilique vaticane que la messe «in Cœna Domini» s’est déroulée ce jeudi 17 avril, en ouverture du Triduum pascal. Elle a été présidée par le cardinal Mauro Gambetti, archiprêtre de la basilique et vicaire du Pape pour la Cité du Vatican, qui a procédé au traditionnel rituel du lavement des pieds, en mémoire du geste de Jésus lors de son dernier repas avec les disciples.

L’autel de la chaire de St-Pierre

L’humanité représentée par les disciples du Christ

Pour commencer son homélie, le vicaire du Pape pour la Cité du Vatican s’est inspiré des textes bibliques de la première Pâque juive, lorsque le peuple d’Israël est réduit en esclavage en Égypte. Cette première Pâque se vit «dans un contexte d’oppression», a souligné le cardinal Mauro Gambetti. Le sang de l’agneau sacrifié est peint sur les portes des maisons du peuple fidèle au Seigneur afin d’éloigner la mort.  

Lorsque Jésus célèbre la Cène, «dans l’amitié du cénacle, la fraternité de l’assemblée ecclésiale», le contexte est également difficile. Le repas que prend Jésus illustre la profonde humanité de Jésus qui tient «à partager le pain et le vin avec tous ceux que le Père lui a confiés», a fait remarquer l’archiprêtre de la basilique Saint-Pierre. Lors de ce repas, les douze apôtres reflètent l’humanité, poursuit-il. «Impulsifs et passionnés, réfléchis et profonds, ambitieux et impétueux, sincères et humbles».

Aujourd’hui encore, «nous traversons une dure épreuve». Notre monde connait ce «Judas qui a pris ce qu’il y avait dans la caisse et a vendu le Maître pour le profit économique et le pouvoir», a dénoncé le cardinal Gambetti, critiquant la toute-puissance de l’argent et du pouvoir sur les relations humaines. Une dynamique qui pousse inéluctablement à la guerre: «les guerres ne sont rien d’autre que l’aboutissement du déclin, la concrétisation du conflit et du mal dans le monde».

Le cardinal Mauro Gambetti lavant les pieds de douze fidèles.
Le cardinal Mauro Gambetti lavant les pieds de douze fidèles.   (VATICAN MEDIA Divisione Foto)

Devenir Eucharistie

Mais, aujourd’hui comme hier, «Jésus aime», car «la seule chose qui l’intéresse, c’est l’amour. C’est le seul sacerdoce», continue l’archiprêtre. Pour ce faire, Jésus effectue un geste tout simple, celui de laver les pieds de ses disciples.

Pour le cardinal, Jésus est ainsi le modèle sacerdotal, qui doit inspirer tous les fidèles, mais particulièrement les prêtres, «appelés à participer à la mesure universelle de l’amour». Un sacerdoce qui peut aller jusqu’au sacrifice de sa vie, comme l’a fait le père Giuseppe Berardelli, prêtre à Bergame, qui a renoncé à son respirateur artificiel pendant la pandémie de covid, pour offrir la possibilité de guérir à un autre.

«Je pense que c’est le moment pour l’Église de s’ouvrir à un temps nouveau, le moment de révéler sa nature de peuple sacerdotal. Et la nouveauté vient de l’Eucharistie, en devenant nous-mêmes Eucharistie», encourage le cardinal Gambetti, implorant le Seigneur: «Merci Jésus pour le don de l’Eucharistie! Fais de nous aussi une Eucharistie!»

À la fin de la célébration, les prêtres présents ont formé une procession pour accompagner le Saint-Sacrement dans la chapelle dédiée, pour quelques instants d’adoration.

Source : VATICANNEWS, le 17 avril 2025

Messe chrismale: «Priez pour la joie des prêtres» exhorte le Pape François

Messe chrismale: «Priez pour la joie des prêtres» exhorte le Pape François

Dans son homélie lue par le cardinal Domenico Calcagno, président émérite de l’Administration du patrimoine du Siège apostolique, François est revenu sur le renouvellement des promesses sacerdotales fait chaque jeudi Saint. «L’année jubilaire représente, pour nous prêtres, un appel spécifique à recommencer sous le signe de la conversion» a-t-il notamment souligné. 

Olivier Bonnel – Cité du Vatican

Première célébration de ce jeudi Saint, la messe chrismale célébrée dans la matinée en la basilique Saint-Pierre. Une cérémonie sans la présence du Pape François, toujours convalescent, qui avait délégué à l’occasion le cardinal Domenico Calcagno, président émérite de l’Administration du patrimoine du Siège apostolique (APSA). C’est néanmoins l’homélie de l’évêque de Rome qui a été lue, un texte dans lequel le Pape développe une réflexion sur le renouvellement des promesses sacerdotales, qui sont au coeur de cette célébration. 

1800 prêtres ont pris place dans la basilique vaticane, aux côtés de 2 500 fidèles. Dans son homélie, le Pape a rappelé combien l’Apocalypse, dernier livre de la Bible, racontait l’espérance de la résurrection à travers la figure de Jésus. «Nous, les prêtres, avons aussi une histoire: en renouvelant nos promesses d’Ordination le Jeudi Saint, nous confessons que nous ne pouvons la lire qu’en Jésus de Nazareth» a t-il expliqué. «Lorsque nous nous laissons instruire par Lui, notre ministère devient un ministère d’espérance, car dans chacune de nos histoires, Dieu ouvre un jubilé, c’est-à-dire un temps et une oasis de grâce».

La proximité du prêtre avec son peuple

Jésus nous apprend combien il fait de nous des prêtres «pour le peuple de Dieu», lit-on encore dans cette homélie. L’année jubilaire en cours est une invitation à se convertir une nouvelle fois dans cette mission sacerdotale, être des «pèlerins de l’espérance, pour sortir du cléricalisme et devenir des hérauts de l’espérance». «Le pasteur qui aime son peuple ne vit pas à la recherche du consensus et de l’approbation à tout prix» a encore relevé François. Le Pape est revenu sur le sens de la promesse du sacerdoce, renouvelée lors de cette messe chrismale. «Nous sommes réunis ici, chers amis, pour faire nôtre et répéter ce «Oui, Amen!». C’est la confession de foi du peuple de Dieu: « Oui, c’est ainsi, il tient comme un roc! ». La passion, la mort et la résurrection de Jésus, que nous nous apprêtons à revivre, sont le terrain qui soutient fermement l’Église et, en elle, notre ministère sacerdotal».

Messe chrismale dans la basilique Saint-Pierre le 17 avril
Messe chrismale dans la basilique Saint-Pierre le 17 avril   (Vatican Media)

Pour comprendre le «terrain» dans lequel le prêtre peut «s’épanouir», il faut revenir à la vie du Christ à Nazareth. C’est à la synagogue que Jésus montre combien il est un amoureux de la Parole de Dieu. Mais c’est surtout là qu’il choisit de l’accomplir dans sa vie. «Chers prêtres, chacun de nous a une Parole à accomplir. Chacun de nous a une relation avec la Parole de Dieu qui vient de loin. Nous ne la mettons au service de tous que lorsque la Bible reste notre première demeure» a ainsi expliqué François, exhortant ainsi les prêtres à «aider les autres à trouver les pages de leur vie»: les époux au moment de leur mariage ou les personnes en deuil cherchant des passages sur la miséricorde de Dieu.

Le “flair” de l’Esprit-Saint 

«Tel est l’Esprit que nous invoquons sur notre sacerdoce: nous en avons été investis et l’Esprit de Jésus reste le protagoniste silencieux de notre service» a encore indiqué l’évêque de Rome, précisant que «les pauvres, avant les autres, les enfants, les adolescents, les femmes, et même ceux qui ont été blessés dans leur relation avec l’Église, ont le “flair” de l’Esprit Saint: ils le distinguent des autres esprits mondains, ils le reconnaissent dans la coïncidence en nous entre l’annonce et la vie».

Le Pape a aussi invité les prêtres à ne «jamais se décourager», car «Dieu ne faillit jamais». «Rappelez-vous ce mot de l’Ordination: « Que Dieu Lui-même achève en vous ce qu’il a commencé »». Et il le fait» a-t-il noté. 

La mission dans le monde

En allégeant le fardeau qui pèse sur nos épaules, en annonçant la bonne nouvelle aux pauvres, la liberté aux captifs, le sacerdoce devient «un ministère jubilaire» a encore relevé le Pape François. «C’est le Royaume de Dieu, celui dont parlent les paraboles, efficace et discret comme le levain, silencieux comme la semence. Combien de fois les petits l’ont-ils reconnu en nous? Et sommes-nous capables de dire merci?».

Le champ de la mission reste le monde, a encore expliqué François. «Notre maison commune, si blessée, et la fraternité humaine, si niée et pourtant indélébile, nous appellent à des choix faits pour les champs. La récolte de Dieu est pour tous: Un champ vivant, dans lequel pousse cent fois plus que ce qui a été semé». 

Le Pape a ainsi exhorté les fidèles à prier «pour la joie des prêtres» pour faire face à leur mission. «De nombreuses peurs nous habitent et de terribles injustices nous entourent, mais un monde nouveau s’est déjà levé. Dieu a tant aimé le monde qu’il nous a donné son Fils, Jésus. Il oint nos blessures et sèche nos larmes» a-t-il conclu, tourné déjà vers la joie pascale. 

Le cardinal Calcagno bénit les huiles saintes, lors de la messe chrismale.
Le cardinal Calcagno bénit les huiles saintes, lors de la messe chrismale.   (VATICAN MEDIA Divisione Foto)

Le Jeudi Saint du Pape auprès de prisonniers à Rome

Le Pape à la prison romaine Regina Coeli dans le quartier du Trastevere, le 17 avril 2025.  (Vatican Media)

Le Jeudi Saint du Pape auprès de prisonniers à Rome

En ce Jeudi Saint, François a fait un geste concret pour ceux qui vivent derrière les barreaux, visitant la prison romaine Regina Coeli: «J’ai toujours aimé venir en prison pour vous laver les pieds. Cette année, je ne peux pas, mais je suis proche de vous», a-t-il déclaré. Environ 70 détenus d’âges et de nationalités différents l’ont accueilli au milieu de cris de joie et d’applaudissements. 

Vatican News

«Liberté!», «Pardon!», «Père!», «Nous sommes avec vous!», «Joyeuses Pâques!», «Priez pour la Palestine!». Tels sont les cris provenant des grandes fenêtres des trois sections donnant sur la rotonde centrale de la maison d’arrêt Regina Coeli de Rome, dominée par la statue d’une Vierge tenant l’Enfant Jésus. Ces cris étaient si forts qu’ils couvraient la voix faible mais déterminée de François, arrivé peu avant 15 heures. «Le Jeudi Saint, j’ai toujours aimé venir à la prison pour me laver les pieds comme Jésus. Cette année, je ne peux pas le faire, mais je peux et je veux être proche de vous. Je prie pour vous et pour vos familles», a-t-il assuré aux 70 détenus qu’il a personnellement rencontrés.

Applaudissements, cris, mains frappées contre la vitre ont accompagné ces quelques mots du Pape qui, bien que convalescent après 38 jours d’hospitalisation à l’hôpital Gemelli, n’a pas voulu manquer sa traditionnelle visite dans une prison le Jeudi Saint. Un acte fort qu’il a très souvent honoré au cours de ses douze années de pontificat et, plus tôt encore, comme cardinal à Buenos Aires.

Le Pape François salue un prisonnier.
Le Pape François salue un prisonnier.   (Vatican Media)

Au milieu des chœurs et des applaudissements

Une demi-heure de visite au total pour saluer et bénir 70 détenus d’âges et de nationalités différents, ainsi que le personnel de cette ancienne structure, dans le quartier du Trastevere. Le Pape avait déjà visité cette prison en 2018, il avait alors lavé les pieds de douze prisonniers, comme à son habitude pour la messe de la Cène du Seigneur.

Plusieurs fois, avant, pendant et après la visite du Pape François, les gardiens ont appelé à l’ordre et au silence, mais il était difficile de contenir l’émotion des prisonniers de voir l’évêque de Rome dans la même salle où ils se réunissent chaque dimanche pour écouter la catéchèse ou célébrer la messe.

Le Pape François accueilli par le personnel pénitentiaire.
Le Pape François accueilli par le personnel pénitentiaire.   (Vatican Media)

Le chapelet autour du cou et l’Évangile à la main

Ces hommes âgés de 20 à 65 ans, originaires de différents pays, étaient répartis en cinq rangs, alignés devant le Pape. Presque tous portaient un chapelet en bois autour du cou, certains avaient à la main des livres de prières ou des versions de poche de l’Évangile.

Des Évangiles ont été offerts par le Pape lui-même, ainsi que des chapelets, passant entre les rangs et s’arrêtant auprès de chacun des présents, entre ceux qui se jetaient à genoux, ceux qui lui baisaient la main ou posaient leur front sur la chaise roulante du Pape. De nombreux détenus manifestaient leur grande émotion de rencontrer le Successeur de Pierre par des cris de joie, des chants ou des exclamations.

En quittant les lieux, François s’est confié à un groupe de journalistes présents devant la porte: «Chaque fois que j’entre dans un endroit comme celui-ci, je me demande: pourquoi eux et pas moi?». Interrogé sur la manière dont il allait vivre Pâques cette année, après plus d’un mois d’hospitalisation, François a répondu sur le ton humoristique qui le caractérise: «Comme je le peux». Lors de sa précédente visite en 2018, François était le quatrième Pape à se rendre dans la prison Regina Coeli. Il a été précédé par Jean-Paul II en 2000, Paul VI en 1964 et Jean XXIII en 1958.

Source : VATICANNEWS, le 17 avril 2025

La conversion du père Baldé, fils d’un imam devenu prêtre

La conversion du père Baldé, fils d’un imam devenu prêtre

En ce Jeudi Saint qui ouvre le Triduum pascal, l’Église commémore l’Institution de l’Eucharistie rappelant le dernier repas pris par Jésus avec ses disciples. Ce jour marque également la fête du sacerdoce où tous les prêtres sont invités à renouveler leur engagement pris lors de leur ordination. Le père Frederic Baldé, prêtre du diocèse de Paris, et dont le parcours le conduisant au ministère sacerdotal a été parsemé d’embûches, exprime sa joie de «participer au sacerdoce du Christ».

Entretien réalisé par Myriam Sandouno – Cité du Vatican 

«Dans chacune de nos histoires», comme indiqué dans l’homélie du Pape, lue par le cardinal Domenico Calcagno lors de la messe chrismale de ce Jeudi Saint, 17 avril, «Dieu ouvre un jubilé, c’est-à-dire un temps et une oasis de grâce». «Nous, les prêtres, rappelle le Saint-Père, avons aussi une histoire: en renouvelant nos promesses d’ordination le Jeudi Saint, nous confessons que nous ne pouvons la lire qu’en Jésus de Nazareth». Le Christ qu’a bien voulu suivre le père Frederic Baldé. Fils d’un imam originaire de la Guinée, issu de la communauté peule, il a fait le choix de devenir chrétien contre l’avis de ses proches. Dans un entretien accordé à Radio Vatican-Vatican News, le prêtre du diocèse de Paris et de la communauté de l’Emmanuel, curé-recteur de la basilique du Sacré-Cœur de Balata à Fort-de-France en Martinique, revient sur sa conversion et le sens de l’Eucharistie en ce Jeudi Saint.

Père Frederic Baldé, le Jeudi Saint est un jour particulier pour les prêtres, puisqu’ils commémorent l’Institution de l’Eucharistie. C’est également la fête du sacerdoce, comment vous vivez aujourd’hui ce moment?

C’est toujours une très grande joie de vivre la Semaine Sainte, de pouvoir vraiment renouveler mes engagements pris lors de mon ordination. Et donc c’est l’occasion, le Jeudi Saint de prendre conscience de ce don inestimable qui m’a été fait de participer au sacerdote du Christ, et de vivre véritablement dans la gratitude. C’est gratuitement que Dieu m’a fait ce don et en même temps, il est fidèle à ce don jusqu’au bout. Malgré mes infidélités, mes faiblesses, je peux toujours m’appuyer sur le Christ. 

Fils d’un imam, vous faites le choix de devenir chrétien. Comment la nouvelle a été accueillie dans votre famille, issue d’une communauté peule, et très ancrée dans l’islam?

Oh, très, très mal! Pour mes parents, il n’en était pas question. Pour mes parents, c’était un retour en arrière, car ils estiment que l’islam est la dernière religion monothéiste révélée, et donc, pourquoi revenir au christianisme? Et puis, vu la position de ma famille, c’était inacceptable. Cette situation a donc provoqué une rupture entre mes parents et moi, rupture qui a duré une vingtaine d’années, ce qui d’ailleurs m’a obligé à quitter la Guinée. J’ai poursuivi mon chemin, ma formation, sans que ma famille, mes parents y soient associés jusqu’à mon ordination. C’est seulement plusieurs années après mon ordination que, petit à petit, les relations se sont rétablis avec mes parents. Même si la question religieuse reste quand même presque un sujet tabou. 

Qu’est-ce qui a motivé ce choix de suivre le Christ?

Ce qui m’a motivé à devenir chrétien, c’est simplement la question de la communion avec Dieu. Avec la foi chrétienne, je me rendais compte de cette possibilité, puisque si Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils, non pas pour juger le monde, mais pour que par Lui le monde soit sauvé, c’est qu’il y a donc une possibilité de communion avec Dieu. De là à devenir prêtre, c’est une autre histoire. Mais c’est là aussi qu’on se rend compte de la sollicitude du peuple chrétien, du peuple de Dieu. Puisque moi, je n’avais jamais imaginé devenir prêtre. Un jour, des fidèles paroissiens m’ont posé la question. «Alors, tu ne veux pas devenir prêtre?» J’ai été très surpris… Et puis finalement, je me suis dit, il est temps de prendre cette question au sérieux, de poser la question au Seigneur. Au fur et à mesure, mon cœur s’est ouvert à cette proposition pour être enfin capable d’entendre l’appel du Seigneur et de pouvoir y répondre.

Dans le diocèse de Paris vous avez été responsable des relations avec l’islam, comment avez-vous vécu cette expérience?

Ce fu une occasion pour moi de beaucoup former les fidèles chrétiens sur la connaissance de l’islam, pour entrer en dialogue avec l’islam partout où ils sont, dans leur milieu de travail, dans leur quartier, dans leurs écoles, etc. Donc j’ai assuré beaucoup de formations pour la découverte, pour la présentation de la foi musulmane, pour que les chrétiens, face à un musulman, comprennent: ce qu’il pense, ce que les choses veulent dire pour lui, pour ainsi entrer en dialogue avec l’autre. En réalité quand on connaît l’autre, il fait moins peur.

Le plus important, c’est d’être ancré en Christ. Si le Christ n’est pas notre tout, ça ne peut pas marcher. Et quand le Christ dit: «Je ne vous appelle plus serviteur, mais ami». Il faudrait vraiment que nous fassions cette expérience intimement, dans notre cœur. Il nous faut être de vrais amis du Christ. C’est cela qui nous aidera à tenir dans les moments difficiles, dans les moments d’épreuve. «Il m’a aimé le premier et il a livré sa vie pour moi»: C’est le socle qui doit être la base de toute personne voulant se donner au Christ, voulant suivre le Christ.

Quel sens donnez-vous à l’Eucharistie?  

L’Eucharistie est toujours l’occasion de recevoir le Christ en plénitude. Et c’est Lui qui se donne. Se préparer à cette rencontre, à ce don qu’Il nous fait, c’est toujours une joie, malgré les épreuves que l’on traverse. L’Eucharistie, ne se résume pas simplement à la messe célébrée, c’est aussi l’adoration, avoir ce «cœur de l’Eucharistie», cette adoration qui nous permet en quelque sorte de vivre dans cette action de grâce continuelle et de pouvoir s’émerveiller devant tout ce que Dieu fait pour nous. Car quand je suis devant l’Eucharistie, je me dis: nous sommes aimés à ce point?

Ce grand don de Dieu dans l’Eucharistie est tellement immense que cela ne peut que nous réjouir et nous faire comprendre que nous devons faire confiance au Seigneur en toutes circonstances. Tout est possible pour Dieu. Malgré mes faiblesses, mes imperfections, le Christ m’a aimé. En restant fidèle, en me battant pour Lui avec ce que je suis, je pourrais contempler le Seigneur face à face.

Source : VATICANNEWS, le 27 avril 2025

« La Vierge Marie tenait la Couronne d’épines ensanglantée »

© Shutterstock/No-Te Eksarunchai
© Shutterstock/No-Te Eksarunchai

« La Vierge Marie tenait la Couronne d’épines ensanglantée »

Le Vendredi Saint 25 mars 1921, sœur Josefa Menendez (1) reçoit la visite de Jésus et de Marie qu’elle rapporte ici :

« Après avoir fini mes balayages, je suis montée visiter la Sainte Vierge au Noviciat. J’étais à peine entrée quand Notre Seigneur est venu. Il avait ses mains attachées, sa tête couronnée d’épines, sa figure souillée de sang et de coups. Il fixa seulement ses yeux sur moi avec une grande tristesse. Puis Il disparut.

Vers trois heures de l’après-midi, je Le vis encore une fois – Il me montra la Plaie de son Côté et me dit : « – Regarde ce qu’a fait l’Amour ! » « Sa Blessure s’ouvrit et Il continua : « – C’est pour les hommes qu’Elle s’est ouverte… c’est pour toi ! … Viens… approche… et entre ! »

La Mère des Douleurs confirme les grâces de ce jour par un de ces mots qui révèlent bien son Cœur. Vers cinq heures du soir, Josefa est à l’oratoire du Noviciat :

« Là, sans rien dire, assise aux pieds de la Sainte Vierge, je repassais tout ce que j’avais vu et compris aujourd’hui. Soudain, Elle est venue : sa tunique était de couleur violette très sombre, ainsi que son long voile. Dans ses mains, Elle tenait la Couronne d’épines ensanglantée, Elle me la montra en me disant :

« -Sur le Calvaire, Jésus m’a donné tous les hommes pour fils. Viens, car tu es ma fille ! Ne sais-tu pas déjà combien Je suis ta Mère ? » « Je lui demandai la permission de baiser la Couronne et, me la donnant en même temps qu’ Elle mettait sa main sur mon épaule, Elle dit : « Oh ! Quel souvenir Il m’a laissé de Lui en me donnant les âmes ! … »

Sœur Josefa Menendez

Extrait (pages 139-140) de Un appel à l’Amour, Editions de l’Apostolat de la Prière, Toulouse. Réimpression 1972

Sœur Josefa Menéndez est une religieuse catholique espagnole qui a vécu en France presque quatre années, du 5 février 1920 à sa mort le 29 décembre 1923. Très grande mystique, elle a reçu des quantités de messages attribués à Jésus, messages d’une grande simplicité. Ses messages sont contenus dans le livre Un appel à l’amour.

Lectures de la messe du jour

Prions :
Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort.
Amen.

Source : une minute avec Marie

18.04.2025 – SAINTE DU JOUR

Bse Marie de l’Incarnation
Veuve et Carmélite (+ 1618)

Marie de l’Incarnation (dans le siècle Barbe Avrillot) naît à Paris le 1er février 1566. Elle fut, dès sa jeunesse, attirée vers la vie religieuse. Ses parents s’opposèrent à sa vocation, préférant pour elle un riche mariage. 

La pieuse enfant dut se résigner ; après quelques années qu’elle passa dans l’humilité, la prière et la mortification, elle fut mariée à un noble gentilhomme nommé Pierre Acarie. Une fois son sacrifice fait, la jeune épouse ne songea plus qu’à se sanctifier dans ce nouvel état. 

Elle éleva ses trois garçons et ses trois filles avec un rare dévouement, surveillant leurs prières, leurs travaux, leurs jeux, et les soumettant à une règle sage toujours ponctuellement exécutée : « Maintenant je suis vraiment heureuse, leur dit-elle un jour, je vois que vous aimez Dieu et que Dieu vous aime ! » 

Son mari eut à subir de grandes épreuves, qu’elle partagea avec une parfaite résignation. Plus tard, elle n’en parlait qu’avec joie : « Quel temps ! Quels heureux jours ! Qu’on trouve bien Dieu dans l’épreuve ! » 

Mme Acarie eut la plus grande part à l’introduction des Carmélites en France. Elle entra elle-même au Carmel après la mort de son mari, à la condition de n’être que sœur converse : « Ma Mère, dit-elle en arrivant, je suis une pauvre mendiante qui vient supplier la Miséricorde divine et me jeter dans les bras de la religion. » 

On la vit toujours occupée aux plus bas offices, cuisine, vaisselle, raccommodage. 

Sœur Marie de l’Incarnation tombe malade le 7 février 1618 : symptômes d’apoplexie et de paralysie. Dans ses souffrances elle dira : « Quoi ! Mourir sans souffrir ! Le désir de souffrir me fera mourir ! » et, peu avant sa mort : « Ce que je souffre n’est rien en comparaison de ce que je voudrais souffrir, et pourtant quelles douleurs ! Mon Dieu, ayez pitié de moi. »

Marie de l’Incarnation meurt au carmel de Pontoise dans de grandes souffrances, le 18 avril 1618, à l’âge de 52 ans, très aimée de ses enfants, de ses sœurs carmélites et de ses amis. Quand la nouvelle de sa mort se répand dans la ville, on n’entend qu’un cri : « La sainte est morte! » Les miracles se multiplient à son tombeau. 

Le 24 août 1792, Pie VI la proclame bienheureuse. Elle continue à être encore invoquée aujourd’hui tout spécialement lors des grossesses difficiles.

Bse Marie de l’Incarnation priez pour nous !