Marie-Noëlle Thabut lit et commente l’intégralité des lectures du 14e dimanche du temps ordinaire, année C.
Étiquette : Notre-Dame de Fatima
06.07.2025 – HOMÉLIE DU 14ÈME DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE – LUC 10, 1-12,17-20

La disparition du Diable
Homélie par le Fr. Laurent Mathelot
Évangile selon saint Luc 10, 1-12.17-20
Combien de fois n’avons-nous nous pas entendu cette citation de l’Évangile « La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux » ? Souvent pour appeler à prier pour les vocations. Nous avons tous une vocation religieuse. Tous nous sommes appelés à être les ouvriers de notre vie spirituelle. Comme les relations d’amour, la vie spirituelle se travaille, s’entretient. Un peu comme on cultive un jardin. Dis-moi, est-il beau le jardin de ton âme ?
Qu’est-ce que le Royaume de Dieu dont Jésus nous demande de proclamer la proximité ? Est-ce simplement la perspective d’un Paradis au-delà de la mort ? Ce Royaume que Dieu nous présente comme un banquet de noces auquel il ne cesse de nous inviter est-il seulement celui de la fin des temps ? Est-ce cela, la fin des temps, que le Christ nous annonce toute proche ?
Le Règne de Dieu, c’est celui de son Amour. Et si le Christ insiste tant pour dire qu’il s’est rendu tout proche de nous, c’est parce qu’il est accessible dès à présent. Il nous est possible de vivre d’un amour divin, de la plénitude de l’Esprit Saint, dès ici-bas. Il est possible que le jardin de notre âme soit un magnifique jardin et notre vie en ce monde un perpétuel banquet de noces où l’on célèbre l’amour entre les personnes.
Mais parfois dans notre jardin, il y a des mauvaises herbes, des ronces qui l’envahissent, comme parfois dans notre cœur ne coule pas le vin magnifique de l’amour mais le vin aigre du ressentiment, du mépris voire de la haine. Parfois, au lieu de nous laisser gagner par l’Esprit Saint, notre âme se fait envahir par un esprit mauvais et, au lieu de trouver la paix du cœur, nous souffrons et nous perdons espoir. A force, ces ronces dans notre âme, ce vinaigre qui coule parfois en nous, ces mauvais états d’esprit, le ressentiment, le mépris, la haine qui nous envahissent peuvent susciter le découragement – le jardin de notre âme n’est alors plus entretenu – ou pire, la dépression – et notre jardin est alors laissé à l’abandon …
Ainsi, on comprend que, pour trouver la paix de l’âme, il faut lutter contre ces assauts d’esprits mauvais. Voilà le rôle de l’ouvrier pour la moisson : désencombrer les âmes de tout ce qui les assaille, les étouffe et les fait dépérir. Et tous, nous sommes appelés à le faire. C’est le sens de l’exclamation des disciples : « Seigneur, même les démons nous sont soumis en ton nom. »
On ne parle plus beaucoup du Diable ni des démons aujourd’hui. Un peu comme si tous ces discours qui parlent d’Enfer étaient d’un autre temps – des images archaïques, au fond, pour effrayer les gens simples …
Dans le discours de l’Église, le Diable a disparu dans les années 1970. C’est un phénomène qui a commencé plus tôt. Sans doute, après les horreurs de la Seconde guerre mondiale, était-il plus difficile de prêcher sur l’Enfer. Mais on constate qu’à partir des années 70, presque plus aucun livre de théologie ne paraît sur les anges et les démons ; les homélies qui évoquent le Diable et l’Enfer deviennent rarissimes. L’obsession était alors celle du sens – tout alors devait avoir un sens – et ce dont on ne comprenait plus le sens, il fallait l’évacuer. Adieu l’encens, adieu toutes les dévotions populaires, adieu les élans mystiques, adieu les miracles, adieu les dogmes incompréhensibles ! L’évacuation du mystère au sein du discours de l’Église est, pour ma part, la principale cause de la désertification de nos assemblées. Pour rejoindre le plus de monde possible, il fallait tout simplifier, tout rationaliser, tout expliquer, tout psychologiser. Se voulant accessibles, les discours religieux sont devenus spirituellement plats, n’évoquant plus les mystères d’une relation affective avec Dieu. A nos ambons, le relationnel humain a pris le pas sur le spirituel. Je crois fort en l’urgence de reprendre le discours mystique, sinon nous ne sommes plus qu’une philosophie du vivre ensemble, ce qu’un bon repas convivial peut sans doute mieux réaliser qu’une messe.
Le Diable existe, l’Enfer existe et il nous arrive d’être assaillis par des démons. Si nous voulons que des expressions telles que « vivre un enfer » ou « faire face à ses démons » aient un sens, il faut bien que « enfer » et « démons » aient quelque réalité. De même, quand on parle d’élans diaboliques ou de pulsions démoniaques, on comprend bien qu’ils s’agit de réalités qui nous dépassent. Il y a des gens qui vivent un enfer, il y a des gens qui sont sous l’emprise d’esprits mauvais, nous-mêmes il nous arrive d’être assaillis par de mauvais sentiments.
Le Christ, par le don de l’Esprit Saint, nous a donné tous pouvoirs sur les assauts d’esprits mauvais. « Les esprits vous sont soumis » dit Jésus. Les démons qui nous assaillent n’ont que le pouvoir que nous leur laissons. Ils peuvent certes nous faire de terribles suggestions – ainsi la tentation n’est pas un péché – mais Dieu nous donne aussi la force spirituelle, son Esprit d’Amour, pour y faire face et résister.
Vous avez le pouvoir de rendre vie aux personnes dépressives, par amour.
Vous avez le pouvoir de consoler celles qui sont en deuil, par amour.
Vous avez le pouvoir de faire taire tous les élans de haine, d’apaiser toutes les peurs, d’assécher toutes les larmes, par amour.
Vous avez le pouvoir de chasser tous les démons, par amour.
Vous avez ce pouvoir pour les autres, et vous l’avez pour vous-mêmes.
« Je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups. » dit Jésus. On peut certes le comprendre comme la méchanceté du monde qui refuse la parole de Dieu et persécute celui qui en témoigne. Mais on peut aussi le comprendre comme ‘Je vous envoie combattre les loups qui assaillent votre âme’.
La spiritualité chrétienne est un sport de combat. Et c’est un beau combat. La paix du cœur est à ce prix : lutter patiemment, assaut après assaut, contre les attaques d’esprits mauvais qui parfois nous emportent. C’est ainsi que nous verrons sortir de notre âme pulsions de haine, de mépris, de désespérance, de désordres affectifs et comportementaux.
Donne-nous de croire, Seigneur, que nous pouvons triompher de tout esprit mauvais, grâce à la puissance mystérieuse de ton Amour et que c’est ainsi que nous sommes sauvés.
« Le Royaume de Dieu est tout proche de vous ».

Source : RÉSURGENCE.BE, le 1er juillet 2025
06.07.2025 – HOMÉLIE DU 14ÈME DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE – LUC 10, 1-12,17-20

Avec le Christ ressuscité,
témoins de la joie de l’Évangile
Textes bibliques : Lire
Pistes pour l’homélie par l’Abbé Jean Compazieu :
Nous sommes invités à la joie parce que cette Jérusalem est une mère pour nous. Isaïe nous dit que nous serons nourris et rassasiés du lait de ses consolations. Ce lait consolateur dont il est question, c’est “le lait non frelaté de la parole” (2 P. 2. 2). Isaïe nous parle également de la paix “qui déborde comme un torrent”. Cette paix, ce n’est pas seulement l’absence de conflits ; c’est surtout la plénitude de la présence de Dieu, la gloire des nations converties au Seigneur.
Cette Jérusalem dont il est question n’est pas vraiment la Jérusalem terrestre qui est très belle. Ce texte d’Isaïe est une prophétie qui n’est pas encore réalisée. Nous chrétiens, nous comprenons qu’il s’agit de l’Église. Elle est vraiment une mère pour nous : elle nous enfante à travers le baptême, elle nous nourrit de la Parole de Dieu et de l’Eucharistie ; elle nous annonce quelque chose de la Jérusalem céleste. C’est vers cette joie éternelle que nous marchons. Nous en avons un avant-goût sur cette terre ; elle nous sera donnée en plénitude dans la Jérusalem céleste. “Notre cité se trouve dans les cieux” (Phil 3. 20). St Cyrille d’Alexandrie nous le dit : “Dans l’Église du Christ, pas de place pour la tristesse ; l’Église est riche de l’espérance de la vie sans fin et de la gloire sans déclin”
Cette “joie de l’Évangile” doit être annoncée à tous. Saint Luc nous raconte l’envoi des 72. Ce chiffre symbolise l’ensemble des nations connues à l’époque de Jésus. C’est une manière de dire que la Bonne Nouvelle doit proclamée dans le monde entier. Elle est pour tous, pour les chrétiens qui ne vont plus à l’Église, pour les adolescents en pleine crise, pour ceux qui tournent en dérision la foi des chrétiens. Tous les hommes du monde entier doivent pouvoir entendre et accueillir cette bonne nouvelle.
Voilà donc une vaste mission qui dépasse nos possibilités humaines. Mais il y a une chose que nous ne devons jamais oublier : Jésus envoie des soixante-douze “dans toutes les villes et localités où lui-même devait se rendre”. La mission n’est pas leur affaire mais celle du Seigneur. Le principal travail c’est lui qui le fait dans le cœur des hommes, des femmes et des enfants qu’il met sur notre route. Bernadette de Lourdes disait : “Je ne suis pas chargée de vous faire croire mais de vous dire”. En dehors du Seigneur, rien n’est possible.
Au moment où il rédige son Évangile, saint Luc pense à ceux qui sont les missionnaires des communautés. C’est bien le Seigneur ressuscité qui les désigne et les envoie pour porter la bonne nouvelle jusqu’aux extrémités de la terre. Cette mission est un défi extraordinaire. Aujourd’hui, encore plus qu’autrefois, les chrétiens sont affrontés aux persécutions. Beaucoup sont assassinés simplement parce qu’ils annoncent l’Évangile aux hommes. Mais rien ne pourra arrêter la Parole de Dieu ni l’empêcher de produire du fruit. C’est précisément en voyant le courage des chrétiens persécutés que des hommes et des femmes se convertissent au Christ. Nous en avons de nombreux témoignages dans le monde d’aujourd’hui.
L’apôtre Paul (2ème lecture) nous montre la réalisation de la prophétie d’Isaïe. Avec Jésus mort et ressuscité, le salut est offert à tous. Il n’est pas le résultat d’une accumulation de bonnes actions ou de mérites. C’est un don gratuit de Dieu. La seule fierté de Paul, c’est la croix du Christ : Elle est la clef qui introduit dans la création nouvelle ; elle nous arrache à toutes les pesanteurs du péché. Au jour de notre baptême, nous sommes devenus enfants de Dieu.
En nous rassemblant ici dans cette église, nous nous nourrissons de la Parole de Dieu et de l’Eucharistie. Puis comme les 72, nous sommes envoyés pour annoncer : “Le règne de Dieu s’est approché de vous.” Dans un monde où beaucoup de choses vont mal, Dieu vient nous remplir de sa présence et de sa gloire. L’Évangile insiste sur l’urgence de cette mission. Comme le Christ et comme les prophètes, nous serons affrontés au rejet ou à l’indifférence. Mais rien ne peut arrêter l’arrivée du règne de Dieu. Si nous rencontrons la méchanceté, nous triompherons du mal par le bien.
Avec le prophète Isaïe, nous comprenons que la présence du Seigneur doit nous faire exulter de joie, même quand tout va mal. Oui, nous comptons sur toi, Seigneur : toi qui nous envoies “comme des agneaux au milieu des loups”, rends-nous forts dans les épreuves et garde-nous fidèles à la mission que tu nous confies.

Source : DIMANCHEPROCHAIN, le 29 juin 2025
03.07.2025 – PRIÈRE DU MILIEU DU JOUR AU SACRÉ-CŒUR DE MONTMARTRE
03.07.2025 – MESSE À LOURDES
03.07.2025 – MESSE À NOTRE-DAME DE LA GARDE
Les Papes et le Rosaire

Les Papes et le Rosaire
On s’en souvient : le pape Jean Paul II – qui a ajouté les mystères lumineux à la récitation du Rosaire – avait l’habitude de dire son chapelet chaque jour dans les jardins du Vatican. Le père O’Sullivan montre ici combien cette dévotion mariale est une constante de la prière des Papes :
Depuis le temps de St Dominique (†1221), d’innombrables pontifes ont publié décrets, rescrits, lettres et approbations de toutes sortes, rédigés en des termes des plus éloquents et impressionnants en faveur du Rosaire. Voici quelques-uns de ces panégyriques :
« Les peuples chrétiens obtiennent chaque jour par le moyen du Rosaire d’immenses bienfaits. » (Urbain IV, †1264)
« Le Rosaire nous a été spécialement donné pour servir de protection contre les grands dangers et les grands maux qui menacent le monde. » (Léon X, †1521)
« Avec le Rosaire, nous chassons loin de nous le diable. » (Adrien VI, †1523)
« Par le Rosaire, St Dominique apaisa la colère de Dieu contre la France et l’Italie. » (Paul II, †1471)
La confiance que Boniface VIII (†1303) plaçait dans le Rosaire était à ce point illimitée qu’il demanda à être enterré avec des vêtements pontificaux ornés des Mystères du Rosaire. Cet acte de confiance filiale plut tant à Dieu que son corps fut retrouvé intact après 300 ans.
Clément VIII (†1394) fut l’auteur de pas moins de 19 bulles en faveur du Rosaire. Lorsqu’il fut élu pape et qu’il dut échanger la robe cardinalice pour le vêtement papal, on le vit fouiller soigneusement ses poches pour trouver son Rosaire.
R. P. Paul O’Sullivan, o.p. (E.D.M.)
Le Secret de la Prière, Comment être heureux, Comment être saint, Ed. do Corso Santo, Lisbonne, Portugal, 1943, Chapitre 13, p. 76.
Prions :
Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort.
Amen.
Source : une minute avec Marie
03.07.2025 – SAINT DU JOUR

Saint Thomas
Apôtre
(Ier siècle)
Thomas était probablement originaire d’une pauvre famille de Galilée. Il était dépourvu de connaissances humaines, mais d’un esprit réfléchi et d’une volonté ferme jusqu’à l’obstination ; d’autre part, il avait du cœur et du dévouement. Ces deux caractères de sa personnalité paraissent en deux paroles que l’Évangile cite de lui.
Peu avant sa Passion, Jésus veut retourner en Judée ; les Apôtres lui rappellent les menaces de ses ennemis. Thomas seul s’écrie : « Eh bien ! Allons et mourons avec lui ! » Voilà le dévouement du cœur de l’Apôtre.
Après sa résurrection, le Sauveur était apparu à plusieurs de ses disciples, en l’absence de Thomas. Quand, à son retour, on lui raconta cette apparition, il fut si étonné d’une telle merveille, qu’il en douta et dit vivement : « Je ne le croirai pas avant d’avoir mis mes doigts dans ses plaies. » Voilà le second caractère de Thomas, esprit trop raisonneur. Mais son premier mouvement d’hésitation, en chose si grave, ne fut pas un crime et le bon Sauveur répondit à son défi. Que fit alors Thomas ? Nous le savons ; un cri du cœur s’échappa de ses lèvres : « Mon Seigneur et mon Dieu ! » Dieu permit l’hésitation de cet Apôtre pour donner aux esprits difficiles une preuve de plus en faveur de la résurrection de Jésus-Christ.
Saint Augustin attribue à saint Thomas, parmi les douze articles du Symbole, celui qui concerna la Résurrection. Quand les Apôtres se partagèrent le monde, les pays des Parthes et des Perses et les Indes furent le vaste lot de son apostolat. La tradition prétend qu’il rencontra les mages, les premiers adorateurs de Jésus parmi les Gentils, qu’il les instruisit, leur donna le Baptême et les associa à son ministère. Partout, sur son passage, l’Apôtre établissait des chrétientés, ordonnait des prêtres, consacrait des évêques.
Quand au XIVe siècle, les Européens s’emparèrent des Indes orientales, ils trouvèrent dans les traditions des peuples de ce vaste pays des souvenirs chrétiens, et en particulier celui de saint Thomas. Un miracle de l’Apôtre, traînant avec un faible lien une poutre énorme que les éléphants n’avaient pu remuer, fut l’occasion d’innombrables conversions. Cependant les prêtres des faux dieux, jaloux de tant de succès, jurèrent la mort de l’Apôtre ; il aurait été percé d’une lance devant une Croix où il priait.
Pour approfondir, lire la Catéchèse du pape Benoît XVI :
>>> Thomas
Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l’année, Tours, Mame, 1950 (« Rév. x gpm »).
Saint Thomas priez pour nous !

03.07.2025 – ÉVANGILE DU JOUR
Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 20,24-29.

L’un des Douze, Thomas, appelé Didyme (c’est-à-dire Jumeau), n’était pas avec eux quand Jésus était venu.
Les autres disciples lui disaient : « Nous avons vu le Seigneur ! » Mais il leur déclara : « Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je ne mets pas mon doigt dans la marque des clous, si je ne mets pas la main dans son côté, non, je ne croirai pas ! »
Huit jours plus tard, les disciples se trouvaient de nouveau dans la maison, et Thomas était avec eux. Jésus vient, alors que les portes étaient verrouillées, et il était là au milieu d’eux. Il dit : « La paix soit avec vous ! »
Puis il dit à Thomas : « Avance ton doigt ici, et vois mes mains ; avance ta main, et mets-la dans mon côté : cesse d’être incrédule, sois croyant. »
Alors Thomas lui dit : « Mon Seigneur et mon Dieu ! »
Jésus lui dit : « Parce que tu m’as vu, tu crois. Heureux ceux qui croient sans avoir vu. »
Acclamons et partageons la parole de Dieu !

COMMENTAIRE :
Basile de Séleucie (?-v. 468)
évêque
Sermon pour la Résurrection, 1-4 (trad. Brésard, 2000 ans B, p. 128 rev.)
Porte la nouvelle de ma résurrection à ceux qui ne m’ont pas vu !
« Mets ton doigt dans la marque des clous », dit Jésus à Thomas. « Tu me cherchais quand je n’étais pas là, profites-en maintenant. Je connais ton désir malgré ton silence. Avant que tu ne me le dises, je sais ce que tu penses. Je t’ai entendu parler, et quoique invisible, j’étais auprès de toi, auprès de tes doutes, et sans me faire voir, je t’ai fait attendre, pour mieux regarder ton impatience. Mets ton doigt dans la marque des clous. Mets ta main dans mon côté, et ne sois plus incrédule, mais crois. » Alors Thomas le touche : toute sa défiance tombe et rempli d’une foi sincère et de tout l’amour que l’on doit à son Dieu, il s’écrie : « Mon Seigneur et mon Dieu ! » Et le Seigneur lui dit : « Parce que tu m’as vu, tu as cru ; heureux ceux qui n’ont pas vu et qui ont cru ! Thomas, porte la nouvelle de ma résurrection à ceux qui ne m’ont pas vu. Entraîne toute la terre à croire non à ses yeux, mais à ta parole. Parcours les peuples et les cités païennes. Apprends-leur à porter la croix sur les épaules au lieu des armes… Dis-leur qu’ils sont appelés par la grâce, et toi, contemple leur foi : heureux, en vérité, ceux qui n’ont pas vu et ont cru ! » Telle est l’armée que lève le Seigneur ; tels sont les enfants de la piscine baptismale, les œuvres de la grâce, la moisson de l’Esprit. Ils ont suivi le Christ sans l’avoir vu, ils l’ont cherché et ils ont cru. Ils ont reconnu avec les yeux de la foi, non du corps. Ils n’ont pas mis leurs doigts dans les marques des clous, mais ils se sont attachés à sa croix et ont embrassé ses souffrances. Ils n’ont pas vu le côté du Seigneur, mais par la grâce ils se sont unis à ses membres et ils ont fait leur cette parole du Seigneur : « Heureux ceux qui n’ont pas vu et qui ont cru ! »

LECTURES :
Lettre de saint Paul Apôtre aux Éphésiens 2,19-22.
Frères, vous n’êtes plus des étrangers ni des gens de passage, vous êtes concitoyens des saints, vous êtes membres de la famille de Dieu,
car vous avez été intégrés dans la construction qui a pour fondations les Apôtres et les prophètes ; et la pierre angulaire, c’est le Christ Jésus lui-même.
En lui, toute la construction s’élève harmonieusement pour devenir un temple saint dans le Seigneur.
En lui, vous êtes, vous aussi, les éléments d’une même construction pour devenir une demeure de Dieu par l’Esprit Saint.

Psaume 117(116),1.2.
R/ Allez dans le monde entier proclamer la Bonne Nouvelle. (Mc 16, 15)
Louez le Seigneur, tous les peuples ;
fêtez-le, tous les pays !
Son amour envers nous s’est montré le plus fort ;
éternelle est la fidélité du Seigneur !
