02.08.2026 – HOMÉLIE DU 18ÈME DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE – MATTHIEU  14, 13-21

Miracle eucharistique

Homélie par le Fr. Laurent Mathelot

Si la religion est nécessairement porteuse de sens, et même de sens ultime, sa réduction à une quête de sens est une maladie spirituelle. Nous ne sommes pas des chercheurs de sens, mais de Dieu. L’obsession du sens de la vie est celle des personnes spirituellement désorientées. Elle mène à une volonté de rationalisation excessive : tout doit faire sens, évidemment selon la raison de l’enquêteur ; il doit pouvoir tout expliquer. Aux obsédés du sens rationnel, l’inouï, l’incompréhensible, le merveilleux, le miraculeux échapperont toujours. On trouve notamment parmi eux, ceux qui veulent rationaliser la liturgie, qu’ils réduisent à un moment partagé. Plus dramatiquement, on trouve là aussi tous les fossoyeurs de ce qui ne fait pas sens pour eux, au prix d’un désenchantement de l’Église.

Si on aborde la multiplication des pains sous l’angle de l’explication – que s’est-il donc réellement passé ? –, on va pouvoir imaginer différentes interprétations, toutes insatisfaisantes au sens rationnel. La première, la lecture littérale, est qu’il y a eu effectivement un miracle multiplicatif – de cinq pains, Jésus en a produit des milliers. Rationnellement, on ne pourra rien en dire de plus. C’est le propre des miracles, qui par essence conservent une part mystérieuse. Une autre explication de cet Évangile est celle de l’ouverture à la générosité : Jésus aurait ouvert le cœur des foules qui auraient mis en commun la nourriture que chacun gardait par devers soi. C’est la lecture du catholicisme social, une lecture qui a déjà perdu beaucoup de proprement divin. Une troisième explication, liturgique cette fois, voit dans ce récit la préfiguration de l’Eucharistie. La dernière, spirituelle, verra l’équation entre parole et nourriture, que la Bible établit par ailleurs (Jr 15,16 ; Ez 3,1-3 ; Mt 4,4 ; Ap 10,9-10 ; … ). Au-delà de la quête de sens, il y a une lecture incarnée de ce texte à trouver.

Jésus est accablé de deuil. Jean-Baptiste, son cousin, son ami, son frère vient de se faire injustement décapiter, précisément au cours d’un repas luxuriant (Mt 14,1-12). Il a sans doute la boule au ventre : cette injustice préfigure son propre sort. On comprend sa volonté d’isolement. Le texte dit : « il se retira et partit en barque pour un endroit désert, à l’écart ». Mais les foules le poursuivent, elles-mêmes désorientées par la mort brutale de Jean qui incarnait un espoir de renouveau, l’espoir baptismal. Le texte poursuit : «  il fut saisi de compassion envers eux et guérit leurs malades ». Alors qu’il est lui même transi de chagrin et d’angoisse, Jésus a les entrailles bouleversées par leur quête d’un sauveur. C’est en effet le sens étymologique du mot compassion : être ému aux entrailles. Alors que, légitimement, il désire un moment de solitude, immédiatement, le Christ en deuil se fait don, littéralement nourriture pour les foules affamées de salut. Ce retournement s’opère au creux d’un bouleversement des entrailles : le deuil se fait compassion. C’est la conversion de nos blessures en amour des blessés qui nous ressuscite. Voici un enseignement primordial : on ne ressuscite pas pour soi, mais avant tout pour les autres. La guérison de nos blessures, de nos deuils n’a pas pour seul objectif de nous relever, mais de totalement nous renouveler dans notre élan altruiste. On comprend mieux ainsi l’injonction de Jésus à ses disciples : « Donnez-leur vous-mêmes à manger. » Donnez-vous vous-mêmes ; entrez dans cette dynamique résurrectionnelle qui est avant tout don de soi, au creux d’un bouleversement.

Les disciples, pourtant, retombent directement au niveau rationnel : « Nous n’avons là que cinq pains et deux poissons », à peine de quoi nous nourrir. Au-delà de toute la symbolique que l’on pourra essayer d’interpréter, il y a surtout le constat tragique de la faiblesse des moyens. Quand on est soi-même blessé, assoiffé de guérison, où trouver les ressources pour encore se donner ? Par le don de lui-même alors qu’il est en souffrance, le Christ démultiplie leurs capacités de don. C’est évidement une préfiguration de l’Eucharistie, mais au sens étymologique : alors qu’on souffre, se faire soin ; alors qu’on manque, se faire don. A l’image du Christ en deuil qui s’offre encore aux foules affamées de salut, nous sommes appelés à incarner ce don, à transformer nos bouleversements en don de nous-mêmes.

Le banquet d’Hérode qui a vu la décapitation de saint Jean-Baptiste était luxuriant de corruption et d’orgueil. On s’y est empiffré des mets les plus fins, enivré des vins les plus suaves ; on s’est même offert en pâture Jean-Baptiste, dont la tête a été servie sur un plateau, patène sanglante offrant le corps d’un saint. Le banquet d’Hérode était une anti-eucharistie, une orgie de soi qui se repaît de la vie d’autrui, une boulimie du peuple qui le nourrit. En s’offrant lui, alors qu’il souffre de ce sacrilège, en incitant les disciples à engager leurs faibles moyens à sa suite, le Christ n’offre qu’un simple banquet de pain. Pourtant, c’est à ce banquet eucharistique – don de soi en nourriture de salut – que la joie est véritable et l’amour parfait. Hérode pensait se sauver lui-même en se faisant servir la vie de Jean-Baptiste. Le Christ nous sauve en nous offrant la sienne, démultipliant la nôtre.

Le miracle de la multiplication des pains est avant tout le miracle de la conversion de nos bouleversements en altruisme. Et au plus nous sommes bouleversés, au plus ce retournement est incompréhensible, au point que l’explication rationnelle – que s’est-il passé ? – devienne impossible. On pourra sans fin essayer d’interpréter les épisodes bibliques qui nous présentent les mécanismes de la résurrection – comment, profondément meurtri, est-il encore possible de se donner ? – au creux de la souffrance, ils resteront incompréhensibles et proprement divins.

Le miracle de la multiplication des pains, avant d’appeler une explication rationnelle, est une invitation à nous ouvrir à l’incompréhensible de la grâce qui transforme nos angoisses en résurrections, proprement à accepter l’idée de miracles qui nous nourrissent. Amen.

Fr. Laurent Mathelot

Source : RESURGENCE.BE, le 29 juillet 2026

02.08.2026 – HOMÉLIE DU 18ÈME DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE – MATTHIEU 14,13-21

Dieu nourrit son peuple

Homélie par l’Abbé Jean Compazieu

Textes bibliques : Lire


La première lecture et l’Évangile nous parlent de nourriture ou plutôt de manque de nourriture. Le prophète Isaïe s’adresse à des gens désespérés qui vivent en terre d’exil depuis 50 ans. Il les invite à se tourner vers le Seigneur : « Écoutez le Seigneur et vous vivrez ». Leur vie dépend du Seigneur. Ce qu’il leur offre est beaucoup plus important que les frigos bien remplis. C’est Dieu lui-même qui se donne gratuitement et sans mérite de leur part. Nous sommes tous invités à nous en remettre à lui, même dans les situations les plus désespérées.

Dans la seconde lecture, saint Paul nous parle précisément de cette gratuité du don de Dieu en Jésus Christ. Lui-même vit une situation très difficile. Il est persécuté et mis en prison. Mais il pousse un cri de joie car il a découvert la bonté du Seigneur. Même au milieu des pires difficultés, il ne cesse de crier sa confiance car il sait que rien ne peut le séparer de l’amour de Dieu. Ils sont nombreux aujourd’hui les chrétiens persécutés qui témoignent de leur attachement inébranlable au Seigneur.

Dans l’Évangile, c’est la promesse d’Isaïe qui se réalise. En Jésus, c’est Dieu qui a vu la misère de son peuple affamé. Il est saisi de pitié devant tous ces gens. Il guérit les infirmes. Il vient pour guérir et donner aux hommes la paix. À travers ces paroles et ses gestes, c’est l’amour et la miséricorde de Dieu qui se donnent aux hommes. En ce jour, nous demandons à l’Esprit Saint de rendre nos cœurs pareils à celui du Christ, attentifs et ouverts devant la misère et la faim de nos frères. Nous sommes envoyés pour témoigner de cet amour passionné qui est en Dieu. Mais si nous voulons être crédibles aux yeux du monde, il faut que cela se voie dans notre vie, il nous faut mettre nos actes en accord avec l’Évangile.

Le soir venu, c’est le signe de la multiplication des pains. Toute la foule a été rassasiée. Le danger serait de ne voir que le côté merveilleux de cette histoire. C’est vrai que nourrir toute une foule dans un endroit désert, c’est extraordinaire. Mais ce n’est pas le plus important. Cet Évangile nous invite d’abord à reconnaître Celui qui se révèle. Aujourd’hui comme autrefois, il prend soin de son peuple ; il nous nourrit gratuitement. En lui et par lui, c’est tout l’amour du Père qui se donne.

Mais aujourd’hui, il nous faut faire un pas de plus : Jésus a été envoyé pour nourrir l’homme affamé de Dieu. Et puis, il y a un point important qu’il nous faut souligner : Les auteurs des évangiles, ont perçu ce miracle comme un signe de l’Eucharistie. Les gestes de Jésus sont les mêmes qu’à la Cène : “Il prit les cinq pains, il prononça la bénédiction, il rompit les pains, il les donna.” Ce pain qui est annoncé dans l’Évangile de ce jour, c’est celui de la Vie éternelle ; c’est son Corps livré pour nous et pour la multitude. Il y eut douze paniers pleins des morceaux qui restaient. C’est l’annonce de la vraie multiplication des pains qui ne cesse de s’accomplir par le ministère des prêtres.

La multiplication des pains nous enseigne que Dieu nous donne une nourriture qui développe en nous notre capacité d’aimer. Elle nous ouvre à l’humanité toute entière. Tous les hommes sont “invités au festin des noces”. Jésus n’est pas venu pour quelques privilégiés mais pour la multitude. Quand le prêtre dit : “Heureux les invités au Repas du Seigneur”, il ne s’agit pas seulement de ceux qui sont présents physiquement mais de tous les hommes sans distinction. Tous sont invités à partager le don de l’Eucharistie, le don que Jésus fait de sa vie et qu’il fait totalement sans rien garder pour lui.

En sortant de cette messe, nous sommes envoyés vers les autres avec un panier plein. Comme autrefois, Jésus continue à nous dire : “Donnez-leur vous-mêmes à manger”. Donnez à ceux qui ont faim de pain, faim d’amour, faim de reconnaissance. Si nous unissons nos forces humaines à celles du Christ, le miracle pourra se reproduire et l’Église revivra.

Ce que Dieu attend de nous, ce n’est pas notre argent mais notre disponibilité. C’est l’apport du peu que nous avons et du peu que nous sommes. Cinq pains et deux poissons c’est vraiment dérisoire. Mais c’est avec ça que Jésus fait des merveilles. C’est un encouragement pour nous qui avons tendance à nous décourager devant toutes les misères du monde. Nous disons facilement que nous ne pouvons pas répondre à tous les besoins. C’est sans doute vrai. Mais avec un peu de folie, nous pouvons bien lui donner nos pains et nos poissons. Jésus vient nous apprendre à nous mettre au service des plus pauvres. Prêtons nos oreilles et notre cœur pour écouter leur tristesse et leurs rancœurs. Le Seigneur compte sur nous pour soutenir et fortifier. Aujourd’hui encore, il multiplie les fruits de notre bonne volonté bien au-delà de ce que nous pouvons imaginer.

En lisant cet Évangile, nous pensons à Marie aux noces de Cana. Elle a vu qu’il n’y avait plus de vin. Elle voit aussi tous nos manques, manques de pain, manques d’amour… Et elle ne cesse d’intercéder auprès de son Fils pour nous et pour notre monde. Et aujourd’hui encore, elle continue à nous dire : « Faites tout ce qu’il vous dira. »

Abbé Jean Compazieu

Source : DIMANCHEPROCHAIN.ORG, le 25 juillet 2026

« Le feu a pris dans notre service, mais Marie l’a empêché de se propager » (II)

« Le feu a pris dans notre service, mais Marie l’a empêché de se propager » (II)

Sœur Maria, religieuse administratrice de cet hôpital catholique « Le feu a pris dans notre service, mais Marie l’a empêché de se propager » (II), explique que la statue s’inscrit dans une pratique de dévotion à l’hôpital, selon laquelle les services accueillent l’image mariale pour la prier tous les trois mois avant de la transmettre à un autre service. « Il se trouve que la Vierge Marie se trouvait dans notre service pendant cette période », a déclaré Sœur Maria, ajoutant : « Le feu a pris dans notre service, mais elle l’a empêché de se propager jusqu’au bureau de l’administrateur, où nous conservons tous les dossiers et documents importants de l’hôpital. »

Elle souligne que son bureau personnel ne présentait aucun signe de dégâts causés par le feu. « Mon bureau était tout à fait normal. Pas d’odeur de fumée, pas de flammes, rien », a-t-elle déclaré. « J’ai commencé à crier, à pleurer et à chanter parce que j’ai réalisé que c’était un grand miracle. »

Selon Sœur Maria, des résidents, des fidèles et des visiteurs curieux ont continué à venir à l’hôpital après l’incident. « Certains d’entre eux ont dit qu’ils l’avaient vu sur Facebook et voulaient vérifier si c’était vrai », dit-elle. « Une dame d’une autre confession m’a dit en toute honnêteté que les Catholiques ont la Vierge Marie et que la Vierge Marie est très puissante », a raconté Sœur Maria, ajoutant que « leur foi s’est renforcée. Si elle était à 50 % avant, chez certaines personnes elle est passée à 80 % ou 90 %. »

Réfléchissant à cet incident, la religieuse nigériane a encouragé les Chrétiens à approfondir leur dévotion à la Sainte Vierge Marie. « Ceux qui ne croyaient pas à l’intercession de Marie doivent savoir qu’elle intercède toujours en notre faveur. Si vous lui portez une véritable dévotion, elle ne vous laissera jamais désemparé », déclare-t-elle.

Sœur Maria a ajouté que l’hôpital catholique, fondé en 1957 et portant le nom de la Mère du Christ, a une longue histoire de patronage de la Sainte Vierge Marie. « Cet hôpital est sa maison ; partout où se trouve l’image de la Sainte Vierge Marie, nous croyons qu’elle y est présente », a déclaré l’administratrice de l’hôpital, ajoutant que cet événement avait ravivé la foi parmi le personnel, les patients et les visiteurs.

Elle confie : « De nombreux non-catholiques viennent ici pour prier et toucher ce lieu ; ce miracle a le pouvoir de convertir les gens, car ils peuvent voir que l’intercession de Marie est réelle. »

Abah Anthony John, 18 mai 2026

www.ewtnnews.com

Lectures de la messe du jour

Prions :
Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort.
Amen.

Source : une minute avec Marie

30.07.2026 – SAINT DU JOUR

St Léopold Mandic

Saint Léopold (Bogdan) Mandic
Prêtre o.f.m. cap.

L’Ordre, après la canonisation, a demandé de fixer la fête au 12 mai (jour de la naissance sur la terre) ; le Martyrologe Romain le commémore le 30 juillet (dies natalis).

Né le 12 mai 1866 à Herceg Novi (Dalmatie), Bogdan Mandic entra chez les Capucins de Bassano del Grappa (Vénétie) en 1884 et reçut le nom de Léopold. 

Après son ordination sacerdotale en 1890, il resta sept ans à Venise comme confesseur, puis fut nommé supérieur de l’hospice capucin de Zara. Trois ans après il redevint confesseur dans différents couvents : Bassano, Capodistria, Thiene et Padoue. 

Destin étrange que le sien : en 1887, pendant ses études, il se sentit appelé à prier et à travailler à l’unité de l’Église ; il demanda à maintes reprises d’être envoyé comme missionnaire en Orient ; il fit même le vœu de travailler au retour de son pays à l’unité de la foi ; en 1912 il s’offre en victime pour la rédemption de ses frères d’Orient. Mais ses supérieurs en décideront autrement. 

Ce n’est qu’en 1936, à l’âge de soixante-dix ans, qu’il se dit : «Toute âme qui recourra à mon ministère de la confession sera mon Orient. » 

Six ans plus tard il mourait à Padoue, le 30 juillet 1942. 

Léopold (Bogdan) Mandic a été élevé à la gloire des autels, le 2 mai 1976, par saint Paul VI (Giovanni Battista Montini, 1963-1978) et canonisé, le 16 octobre 1983, par saint Jean Paul II (Karol Józef Wojtyła, 1978-2005).

Source principale : capucinsorient.org (« Rév. x gpm »).

Saint Léopold (Bogdan) Mandic priez pour nous !

30.07.2026 – ÉVANGILE DU JOUR

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 13,47-53. 

En ce temps-là, Jésus disait aux foules : «Le royaume des Cieux est encore comparable à un filet que l’on jette dans la mer, et qui ramène toutes sortes de poissons.
Quand il est plein, on le tire sur le rivage, on s’assied, on ramasse dans des paniers ce qui est bon, et on rejette ce qui ne vaut rien.
Ainsi en sera-t-il à la fin du monde : les anges sortiront pour séparer les méchants du milieu des justes
et les jetteront dans la fournaise : là, il y aura des pleurs et des grincements de dents. »

« Avez-vous compris tout cela ? » Ils lui répondent : « Oui ».
Jésus ajouta : « C’est pourquoi tout scribe devenu disciple du royaume des Cieux est comparable à un maître de maison qui tire de son trésor du neuf et de l’ancien. »

Lorsque Jésus eut terminé ces paraboles, il s’éloigna de là.

Acclamons et partageons la parole de Dieu !

COMMENTAIRE :

Saint Augustin (354-430)

évêque d’Hippone (Afrique du Nord) et docteur de l’Église

La foi et les œuvres, ch. 3-5

Imiter la patience du Seigneur

Notre Seigneur a été un modèle incomparable de patience : il a supporté un « démon » parmi ses disciples jusqu’à sa Passion (Jn 6,70). Il a dit : « Laissez-les pousser ensemble jusqu’à la moisson, de peur qu’en arrachant l’ivraie, vous n’arrachiez le blé » (Mt 13,29). Comme symbole de l’Église, il a prédit que le filet ramènerait sur le rivage, c’est-à-dire jusqu’à la fin du monde, toutes sortes de poissons, bons et mauvais. Il a fait connaître de plusieurs autres manières, soit ouvertement, soit par paraboles, qu’il y aurait toujours le mélange des bons et des méchants. Et pourtant il affirme qu’il faut veiller sur la discipline de l’Église quand il dit : « Si ton frère a péché contre toi, va lui parler seul à seul et montre-lui sa faute ; s’il t’écoute, tu auras gagné ton frère » (Mt 18,15). (…) Mais aujourd’hui, nous voyons des hommes qui ne considèrent que les préceptes rigoureux, qui commandent de réprimer les perturbateurs, de « ne pas donner aux chiens les choses saintes », de « traiter comme un publicain » celui qui méprise l’Église, de retrancher du corps le membre scandaleux (Mt 7,6; 18,17; 5,30). Leur zèle intempestif trouble tellement l’Église qu’ils voudraient arracher l’ivraie avant le temps, et leur aveuglement les rend eux-mêmes ennemis de l’unité de Jésus Christ. (…) Prenons garde de ne pas laisser entrer dans notre cœur ces pensées présomptueuses, de chercher à nous séparer des pécheurs pour ne pas nous souiller à leur contact, de vouloir former comme un troupeau de disciples purs et saints. Nous ne ferions que rompre l’unité, sous le prétexte de ne pas fréquenter des méchants. Au contraire, rappelons-nous les paraboles de l’Écriture, ses paroles inspirées, ses exemples frappants, où il nous est montré que les méchants seront toujours mêlés aux bons dans l’Église, jusqu’à la fin du monde et au jour du jugement, sans que leur participation aux sacrements soit nuisible aux bons, tant que ceux-ci n’auront pas participé à leurs péchés.

LECTURES :

Livre de Jérémie 18,1-6. 

Parole du Seigneur adressée à Jérémie :
« Lève-toi, descends à la maison du potier ; là, je te ferai entendre mes paroles. »
Je descendis donc à la maison du potier. Il était en train de travailler sur son tour.
Le vase qu’il façonnait de sa main avec l’argile fut manqué. Alors il recommença, et il fit un autre vase, selon ce qu’il est bon de faire, aux yeux d’un potier.
Alors la parole du Seigneur me fut adressée :
« Maison d’Israël, est-ce que je ne pourrais pas vous traiter comme fait ce potier ? – oracle du Seigneur. Oui, comme l’argile est dans la main du potier, ainsi êtes-vous dans ma main, maison d’Israël ! »

Psaume 146(145),1-2.3-4.5-6ab. 

R/ Heureux qui s’appuie sur le Dieu de Jacob. (Ps 145, 5a)

Chante, ô mon âme, la louange du Seigneur !
Je veux louer le Seigneur tant que je vis, 
chanter mes hymnes pour mon Dieu tant que je dure.

Ne comptez pas sur les puissants, 
des fils d’homme qui ne peuvent sauver !
Leur souffle s’en va : ils retournent à la terre ; 
et ce jour-là, périssent leurs projets.

Heureux qui s’appuie sur le Dieu de Jacob, 
qui met son espoir dans le Seigneur son Dieu.
lui qui a fait le ciel et la terre
et la mer et tout ce qu’ils renferment !