Saint Fulbert, au service de Notre Dame Souveraine à Chartres

Saint Fulbert, au service de Notre Dame Souveraine à Chartres

Nous fêtons en France saint Fulbert le 10 avril. Nous connaissons l’origine germanique de son nom : « Fulc » peuple et « Bert » brillant. Tel fut bien l’évêque carnute (1), à la fois musicien, savant et hagiographe. On ne sait d’où il vient, mais on sait que Gerbert fut son maître à l’école de Reims. Gerbert devint pape sous le nom de Sylvestre II. Celui qui est le « pape de l’an mille » le fait venir à Rome.

Précepteur du fils du roi Hugues Capet, Fulbert fonde à Chartres une école appelée à une grande notoriété. On n’y apprend pas seulement la théologie, mais encore la géométrie, la médecine, la philosophie. Nombreux et fidèles seront ses disciples.

Le roi le fait nommer évêque de Chartres en 1006. Il sera un évêque consciencieux et intègre, soucieux de l’indépendance de l’Église, mais aussi de paix et de concorde dans le respect des personnes. C’est ainsi qu’il cherche à réconcilier le comte de Blois avec le roi de France.

En 1020, la cathédrale de Chartres disparaît dans les flammes. Fulbert se démène pour financer la construction d’une nouvelle basilique. La crypte en subsiste encore. Ses dons musicaux furent mis au service de la liturgie et au service du culte marial qu’il contribua à développer, Notre Dame étant souveraine à Chartres.

nominis.cef.fr

(1) Les Carnutes sont un peuple de la Gaule celtique vivant sur le riche plateau de Beauce, dans le nord-ouest de la France

Lectures de la messe du jour

Prions :
Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort.
Amen.

Source : une minute avec Marie

10.04.2026 – SAINT DU JOUR

St Michel des Saints

Saint Michel des Saints
Trinitaire déchaussé

Miguel de los Santos naît à Vich, en Catalogne (Espagne), le 29 septembre 1591. Cet enfant de bénédiction méprisa le monde avant de le connaître et dès sa plus tendre jeunesse, il fait le vœu de chasteté perpétuelle.

À l’âge de six ans, pressé du désir de marcher sur les traces des Saints, il courut se cacher dans une caverne. Il s’y livrait à de pieuses méditations sur les souffrances de Notre-Seigneur, lorsqu’il fut découvert et obligé à revenir chez lui. En rentrant sous le toit paternel, Michel ne diminua en rien la sévérité du genre de vie qu’il s’était proposé de suivre. Il jeûnait trois fois la semaine, couchait sur des sarments, n’avait qu’une pierre pour oreiller et prenait fréquemment la discipline. Ses mortifications étaient si rigoureuses qu’on a peine à comprendre comment un âge aussi tendre a pu les supporter.

Michel n’avait que douze ans lorsqu’il prit la ferme résolution d’embrasser l’état religieux. Il se rendit à Barcelone et se présenta chez les Trinitaires qui l’admirent au noviciat. Dès qu’il eut atteint l’âge fixé par les canons de l’Église, il fit ses vœux, le 30 septembre 1607. 

Peu de mois après, il apprit que le bienheureux Jean-Baptiste de la Conception venait d’entreprendre la réforme de l’Ordre de la Sainte Trinité. Il se hâta d’aller se joindre aux fervents religieux qui secondaient le zélé réformateur. Il se distingua bientôt par son ardeur à pratiquer la Règle primitive de l’institut que les réformés observaient dans toute sa rigueur.

Sa fidélité aux moindres observances était si grande que jamais on ne put le trouver en défaut sur aucun point de la Règle. Il ne possédait qu’une seule tunique, ne buvait jamais de vin et passait quelquefois une semaine entière sans prendre aucune nourriture. Il donnait très peu de temps au sommeil, et passait le reste de la nuit dans la contemplation des choses célestes. 

On a écrit qu’il passait des heures et des heures agenouillé devant le Saint-Sacrement à la chapelle et qu’il fut souvent favorisé d’extases et de visions célestes pendant qu’il célébrait les saints mystères. Mais quelles que soient les consolations célestes que saint Michel des Saints goûta dans les exercices de piété, il savait s’en arracher pour remplir les devoirs imposés par la charité. Il passait un temps considérable au confessionnal, dévoué tout entier au service des âmes. 

Aux yeux de tous, de son vivant même, il a paru être un véritable Saint. On l’appelait : « la fleur des Saints », d’où provient sans doute le nom de Michel des Saints que lui connaît la postérité. Son mérite le fit choisir par deux fois pour gouverner des maisons de son Ordre. 

Il est mort âgé de trente-trois ans, le 10 avril 1625.

Miguel de los Santos a été canonisé le 8 juin 1862 par le Bx Pie IX (Giovanni Maria Mastai Ferretti, 1846-1878).

D’après les Petits Bollandistes, Paris, 1874, tome VIII, p. 61-63

Saint Michel des Saints priez pour nous !

10.04.2026 – ÉVANGILE DU JOUR

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 21,1-14. 

En ce temps-là, Jésus se manifesta encore aux disciples sur le bord de la mer de Tibériade, et voici comment.
Il y avait là, ensemble, Simon-Pierre, avec Thomas, appelé Didyme (c’est-à-dire Jumeau), Nathanaël, de Cana de Galilée, les fils de Zébédée, et deux autres de ses disciples.
Simon-Pierre leur dit : « Je m’en vais à la pêche. » Ils lui répondent : « Nous aussi, nous allons avec toi. » Ils partirent et montèrent dans la barque ; or, cette nuit-là, ils ne prirent rien.
Au lever du jour, Jésus se tenait sur le rivage, mais les disciples ne savaient pas que c’était lui.
Jésus leur dit : « Les enfants, auriez-vous quelque chose à manger ? » Ils lui répondirent : « Non. »
Il leur dit : « Jetez le filet à droite de la barque, et vous trouverez. »

Ils jetèrent donc le filet, et cette fois ils n’arrivaient pas à le tirer, tellement il y avait de poissons.
Alors, le disciple que Jésus aimait dit à Pierre : « C’est le Seigneur ! » Quand Simon-Pierre entendit que c’était le Seigneur, il passa un vêtement, car il n’avait rien sur lui, et il se jeta à l’eau.
Les autres disciples arrivèrent en barque, traînant le filet plein de poissons ; la terre n’était qu’à une centaine de mètres.
Une fois descendus à terre, ils aperçoivent, disposé là, un feu de braise avec du poisson posé dessus, et du pain.
Jésus leur dit : « Apportez donc de ces poissons que vous venez de prendre. »


Simon-Pierre remonta et tira jusqu’à terre le filet plein de gros poissons : il y en avait cent cinquante-trois. Et, malgré cette quantité, le filet ne s’était pas déchiré.
Jésus leur dit alors : « Venez manger. » Aucun des disciples n’osait lui demander : « Qui es-tu ? » Ils savaient que c’était le Seigneur.
Jésus s’approche ; il prend le pain et le leur donne ; et de même pour le poisson.
C’était la troisième fois que Jésus ressuscité d’entre les morts se manifestait à ses disciples.

Acclamons et partageons la parole de Dieu !

COMMENTAIRE :

Jean-Pierre de Caussade (1675-1751)

jésuite

Abandon à la Providence divine (DDB 1966, p. 121)

« C’est le Seigneur ! »

Toutes les créatures sont vivantes dans la main de Dieu ; les sens n’aperçoivent que l’action de la créature, mais la foi croit à l’action divine en tout. Elle voit que Jésus Christ vit en tout et opère dans toute l’étendue des siècles, que le moindre moment et le plus petit atome renferment une portion de cette vie cachée et de cette action mystérieuse. L’action des créatures est un voile qui couvre les profonds mystères de l’action divine. Jésus Christ après sa résurrection surprenait ses disciples dans ses apparitions, il se présentait à eux sous des figures qui le déguisaient, et aussitôt qu’il se découvrait, il disparaissait. Ce même Jésus qui est toujours vivant, toujours opérant, surprend encore les âmes qui n’ont pas la foi assez pure et assez perçante. Il n’y a aucun moment où Dieu ne se présente sous l’apparence de quelque peine, de quelque obligation ou de quelque devoir. Tout ce qui se fait en nous, autour de nous et par nous, renferme et couvre son action divine, quoique invisible, ce qui fait que nous sommes toujours surpris et que nous ne connaissons son opération que lorsqu’elle ne subsiste plus. Si nous percions le voile et si nous étions vigilants et attentifs, Dieu se révélerait sans cesse à nous et nous jouirions de son action en tout ce qui nous arrive. A chaque chose nous dirions : « C’est le Seigneur ! » Et nous trouverions dans toutes les circonstances que nous recevons un don de Dieu, que les créatures sont de très faibles instruments, que rien ne nous manquerait, et que le soin continuel de Dieu le porte à nous départir ce qui nous convient.

LECTURES :

Livre des Actes des Apôtres 4,1-12. 

En ces jours-là, après la guérison de l’infirme, comme Pierre et Jean parlaient encore au peuple, les prêtres survinrent, avec le commandant du Temple et les sadducéens ;
ils étaient excédés de les voir enseigner le peuple et annoncer, en la personne de Jésus, la résurrection d’entre les morts.
Ils les firent arrêter et placer sous bonne garde jusqu’au lendemain, puisque c’était déjà le soir.
Or, beaucoup de ceux qui avaient entendu la Parole devinrent croyants ; à ne compter que les hommes, il y en avait environ cinq mille.
Le lendemain se réunirent à Jérusalem les chefs du peuple, les anciens et les scribes.
Il y avait là Hanne le grand prêtre, Caïphe, Jean, Alexandre, et tous ceux qui appartenaient aux familles de grands prêtres.
Ils firent amener Pierre et Jean au milieu d’eux et les questionnèrent : « Par quelle puissance, par le nom de qui, avez-vous fait cette guérison ? »
Alors Pierre, rempli de l’Esprit Saint, leur déclara : « Chefs du peuple et anciens,
nous sommes interrogés aujourd’hui pour avoir fait du bien à un infirme, et l’on nous demande comment cet homme a été sauvé.
Sachez-le donc, vous tous, ainsi que tout le peuple d’Israël : c’est par le nom de Jésus le Nazaréen, lui que vous avez crucifié mais que Dieu a ressuscité d’entre les morts, c’est par lui que cet homme se trouve là, devant vous, bien portant.
Ce Jésus est la pierre méprisée de vous, les bâtisseurs, mais devenue la pierre d’angle.
En nul autre que lui, il n’y a de salut, car, sous le ciel, aucun autre nom n’est donné aux hommes, qui puisse nous sauver. »

Psaume 118(117),1-2.4.22-24.25-27a. 

R/ La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs est devenue la pierre d’angle. (Ps 117, 22)

Rendez grâce au Seigneur : Il est bon ! 
Éternel est son amour !
Oui, que le dise Israël : 
Éternel est son amour !
Qu’ils le disent, ceux qui craignent le Seigneur : 
Éternel est son amour !

La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs 
est devenue la pierre d’angle :
c’est là l’œuvre du Seigneur,
la merveille devant nos yeux.
Voici le jour que fit le Seigneur, 
qu’il soit pour nous jour de fête et de joie !

Donne, Seigneur, donne le salut ! 
Donne, Seigneur, donne la victoire !
Béni soit au nom du Seigneur celui qui vient ! 
De la maison du Seigneur, nous vous bénissons !
Dieu, le Seigneur, nous illumine.

12.04.2026 – HOMÉLIE DU 2ÈME DIMANCHE DE PÂQUES – JEAN 20, 19-31

Voir pour croire

Homélie par le Fr. Laurent Mathelot

Lectures : Évangile selon saint Jean 20, 19-2

Thomas devait voir pour croire. Il voulait savoir. Il lui fallait des preuves concrètes pour accepter la Résurrection de Jésus. A cet égard, le Caravage, dans son tableau intitulé L’Incrédulité de saint Thomas a superbement montré cette volonté auscultatrice, qui dépeint un geste essentiellement médical. Littéralement, cette œuvre présente l’autopsie du Ressuscité, par saint Thomas.

De ceci, nous pouvons tirer quelques premiers enseignements. D’abord, la Résurrection, c’est du concret. « Avance ton doigt ici, et vois mes mains ; avance ta main, et mets-la dans mon côté. » Le Christ ressuscité apparaît avec ses plaies, désormais non sanglantes, non douloureuses. Il se laisse toucher. Il est vivant tandis que ses plaies restent visibles. Ainsi, toutes nos résurrections n’effacent-elles pas le passé et laissent-elles même encore nos plaies visibles, qui ne font cependant plus mal. On est ressuscité d’un deuil, d’une blessure du passé quand ils ne font plus souffrir alors qu’on y repense. Le souvenir reste. Il n’est simplement plus douloureux.

Ainsi, puisque nous sommes appelés à témoigner, s’agit-il de n’avoir aucune honte à montrer nos blessures guéries, nos deuils consolés, notre passé apaisé. On donne de la valeur concrète à la Résurrection quand on témoigne des souffrances dont le Christ nous a guéris, des abîmes au bord desquelles il est venu nous abreuver, des tombeaux scellés qu’il a ouverts. La transmission de la foi est avant tout le témoignage du concret de l’action résurrectionnelle de Dieu dans notre vie. Avant toute théologie, avant toute doctrine.

Autre réflexion qu’il est légitime de faire d’emblée : pourquoi donc Thomas a-t-il besoin de voir les plaies du Christ ? Son visage ne suffit-il donc pas à le reconnaître ? Thomas pense-t-il que le Christ lui aussi puisse avoir un jumeau ? En creux, on retrouve ici la difficulté constante qu’éprouvent les disciples à reconnaître Jésus, dans les apparitions du Ressuscité. Cette difficulté, issue de la Transfiguration des douleurs, on la retrouve dans les changements radicaux de vie dont témoignent les personnes ayant vécu une rencontre mystique avec le Christ. La Résurrection concrètement nous transforme.

Tout le monde, cependant, ne vit pas une expérience mystique, une rencontre personnelle avec le Christ qui bouleverse son existence. Tout le monde ne passe pas par un Chemin de Damas. Le Ressuscité se rencontre aussi dans la lecture des Évangiles, principalement à la messe. Il se rencontre encore dans l’amour que donnent les personnes blessées. Évidemment, dans tout ce que nous appelons communion. Mais même alors que la foi en Résurrection nous imprègne subtilement, les récits d’apparitions du Ressuscité sont là pour nous dire : il y a un avant et un après. La Résurrection transfigure la vie.

« Heureux ceux qui croient sans avoir vu » dit Jésus finalement à Thomas. Les expériences mystiques, pour ceux qui les vivent comme telles, sont des preuves concrètes de la Résurrection du Christ. Elles sont un bonheur divin que l’on vit et qui jalonne une vie. Mais n’est-il pas plus heureux encore celui qui n’a pas besoin d’expérience concrète pour avoir la foi ?

Pourquoi cherche-t-on des preuves en matière d’espérance et d’amour ? Pourquoi faut-il des témoignages concrets, des signes visibles sinon pour se rassurer, se réconforter, se consoler d’un doute – précisément, parce qu’on est soi-même, à cet égard, blessé ?

Les preuves d’affection et d’amour ne sont nécessaires qu’à ceux qui en manquent ou en doutent. C’est la personne qui désespère qui nécessite des signes concrets du divin. Quelque part, l’exigence de Thomas reflète son désespoir. Comme l’exigence de preuves de l’existence de Dieu traduit la désespérance athée. « Heureux ceux qui croient sans avoir vu. »

On comprend ainsi que la démarche auscultatrice, qui scrute la Résurrection, qui exige des preuves concrètes pour croire – le regard rationnel visant à disséquer le phénomène mystique – est avant tout une démarche désespérée, une auscultation des signes pour y déceler enfin l’amour divin. De même, l’exigence de preuves d’amour, au sein des couples ou entre amis. Celui qui nécessite des preuves concrètes pour asseoir sa foi en un amour transcendant n’en vit pas déjà. C’est le défaut d’expérience amoureuse qui exige des preuves. La foi en l’amour, quant à elle, se contente de l’interprétation de signes, qu’elle transcende.

Heureux êtes-vous si vous croyez que Dieu est effectivement ressuscité alors que vous n’en n’avez d’autre signe que le témoignage de l’Église. Heureux êtes-vous si ne vous nécessitez aucune preuve d’amour, ni de Dieu, ni de proches. Heureux êtes-vous si vous n’êtes pas exigeant de résurrection concrète. C’est sans doute qu’elle est déjà à l’œuvre en vous.

Fr. Laurent Mathelot

Source : RESURGENCE.BE, le 8 avril 2026