Marie sait défaire les nœuds de la désobéissance et de la mort
Marie, en accueillant le Salut, est définie « cause de salut» pour ceux dont Ève avait causé la mort. Marie sait défaire les nœuds de la désobéissance et de la mort :
« Car, de même qu’Ève, ayant pour époux Adam, et cependant encore vierge – car ils étaient nus tous les deux dans le paradis et n’en avaient point honte (Gn 2,25), parce que, créés peu auparavant, ils n’avaient pas de notion de la procréation : il leur fallait d’abord grandir, et seulement ensuite se multiplier (Gn 1,28) – de même donc qu’Ève, en désobéissant, devint cause de mort pour elle-même et pour tout le genre humain, de même Marie, ayant pour époux celui qui lui avait été destiné par avance, et cependant Vierge, devint, en obéissant, cause de salut (cf. He 5,9) pour elle-même et pour tout le genre humain.
C’est pour cette raison que la Loi donne à Celle qui est fiancée à un homme, bien qu’elle soit encore vierge, le nom d’épouse de celui qui l’a prise pour fiancée (Dt 22,23-24), signifiant de la sorte le retournement qui s’opère de Marie à Ève.
Car ce qui a été lié ne peut être délié que si l’on refait en sens inverse les boucles du nœud. »
Prions : Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort. Amen.
Saint Irénée Évêque et martyr (135-140 – † 202-203)
Irénée naît selon toute probabilité à Smyrne (aujourd’hui Izmir, en Turquie), vers 135-140, où, encore jeune, il alla à l’école de l’Évêque Polycarpe, lui-même disciple de l’Apôtre Jean.
Nous ne savons pas quand il se rendit d’Asie mineure en Gaule, mais son transfert dut coïncider avec les premiers développements de la communauté chrétienne de Lyon : c’est là que, en 177, nous trouvons Irénée au nombre du collège des prêtres. Toujours en 177, il fut envoyé à Rome, porteur d’une lettre de la communauté de Lyon au pape Éleuthère. Cette mission romaine permit à Irénée d’échapper à la persécution de Marc-Aurèle, dans laquelle au moins 48 martyrs trouvèrent la mort, parmi lesquels l’Évêque de Lyon lui-même, Pothin, âgé de 90 ans, mort des suites de mauvais traitements en prison.
Ainsi, à son retour, Irénée fut élu Évêque de la ville. Le nouveau pasteur se consacra entièrement au ministère épiscopal. Il exposa sans relâche la Tradition apostolique et publia un ouvrage célèbre en cinq livres contre les hérésies, Adversus haereses.
Il mourut, très probablement martyr, vers 202-203.
Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 10,37-42.
En ce temps-là, Jésus disait à ses Apôtres : « Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi n’est pas digne de moi ; celui qui aime son fils ou sa fille plus que moi n’est pas digne de moi ;
celui qui ne prend pas sa croix et ne me suit pas n’est pas digne de moi. Qui a trouvé sa vie la perdra ; qui a perdu sa vie à cause de moi la gardera. Qui vous accueille m’accueille ; et qui m’accueille accueille Celui qui m’a envoyé. Qui accueille un prophète en sa qualité de prophète recevra une récompense de prophète ; qui accueille un homme juste en sa qualité de juste recevra une récompense de juste.
Et celui qui donnera à boire, même un simple verre d’eau fraîche, à l’un de ces petits en sa qualité de disciple, amen, je vous le dis : non, il ne perdra pas sa récompense. »
Acclamons et partageons la parole de Dieu !
COMMENTAIRE :
Saint Jean Chrysostome (v. 345-407)
prêtre à Antioche puis évêque de Constantinople, docteur de l’Église
Homélies sur les Actes des apôtres, n° 45 ; PG 60, 318 (2000 ans d’homélies, Pour l’année A; trad. Brésard; Éd. Soceval 2001; p.184)
« Qui vous accueille, m’accueille »
« Celui qui reçoit l’un de ces petits, c’est moi qu’il reçoit » dit le Seigneur (Lc 10,48). Plus ce frère est petit, plus le Christ est présent. Car lorsqu’on reçoit un grand personnage, on le fait souvent par vaine gloire ; mais celui qui reçoit un petit, le fait avec une intention pure et pour le Christ. « J’étais un étranger, dit-il, et vous m’avez accueilli. » Et encore : « Chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces petits, c’est à moi que vous l’avez fait » (Mt 25,35.40). Puisqu’il s’agit d’un croyant et d’un frère, serait-ce le plus petit, c’est le Christ qui entre avec lui. Ouvre ta maison, reçois-le. « Qui reçoit un prophète en sa qualité de prophète, recevra une récompense de prophète. » Donc celui qui reçoit le Christ recevra la récompense de l’hospitalité du Christ. Ne mets pas en doute ses paroles, fais-leur confiance. Lui-même nous l’a dit : « En eux, c’est moi qui me présente. » Et pour que tu n’en doutes pas, il décrète le châtiment pour ceux qui ne le reçoivent pas, les honneurs pour ceux qui le reçoivent (Mt 25,31s). Il ne le ferait pas s’il n’était pas personnellement touché par l’honneur ou le mépris. « Tu m’as reçu, dit-il, dans ta demeure ; je te recevrai dans le Royaume de mon Père. Tu m’as délivré de la faim ; je te délivrerai de tes péchés. Tu m’as vu enchaîné ; je te ferai voir ta libération. Tu m’as vu étranger ; je ferai de toi un citoyen des cieux. Tu m’as donné du pain ; je te donnerai le Royaume comme ton héritage et ta pleine propriété. Tu m’as aidé en secret ; je le proclamerai publiquement et je dirai que tu es mon bienfaiteur et moi ton débiteur. »
LECTURES :
Deuxième livre des Rois 4,8-11.14-16a.
Un jour, Élisée passait à Sunam ; une femme riche de ce pays insista pour qu’il vienne manger chez elle. Depuis, chaque fois qu’il passait par là, il allait manger chez elle. Elle dit à son mari : « Écoute, je sais que celui qui s’arrête toujours chez nous est un saint homme de Dieu. Faisons-lui une petite chambre sur la terrasse ; nous y mettrons un lit, une table, un siège et une lampe, et quand il viendra chez nous, il pourra s’y retirer. » Le jour où il revint, il se retira dans cette chambre pour y coucher. Puis il dit à son serviteur : « Que peut-on faire pour cette femme ? » Le serviteur répondit : « Hélas, elle n’a pas de fils, et son mari est âgé. » Élisée lui dit : « Appelle-la. » Le serviteur l’appela et elle se présenta à la porte. Élisée lui dit : « À cette même époque, au temps fixé pour la naissance, tu tiendras un fils dans tes bras.
Psaume 89(88),2-3.16-17.18-19.
R/ Ton amour, Seigneur, sans fin je le chante ! (Ps 88, 2a)
L’amour du Seigneur, sans fin je le chante ; ta fidélité, je l’annonce d’âge en âge. Je le dis : C’est un amour bâti pour toujours ; ta fidélité est plus stable que les cieux.
Heureux le peuple qui connaît l’ovation ! Seigneur, il marche à la lumière de ta face ; tout le jour, à ton nom il danse de joie, fier de ton juste pouvoir.
Tu es sa force éclatante ; ta grâce accroît notre vigueur. Oui, notre roi est au Seigneur ; notre bouclier, au Dieu saint d’Israël.
Lettre de saint Paul Apôtre aux Romains 6,3-4.8-11.
Frères, ne le savez-vous pas ? Nous tous qui par le baptême avons été unis au Christ Jésus, c’est à sa mort que nous avons été unis par le baptême. Si donc, par le baptême qui nous unit à sa mort, nous avons été mis au tombeau avec lui, c’est pour que nous menions une vie nouvelle, nous aussi, comme le Christ qui, par la toute-puissance du Père, est ressuscité d’entre les morts. Et si nous sommes passés par la mort avec le Christ, nous croyons que nous vivrons aussi avec lui. Nous le savons en effet : ressuscité d’entre les morts, le Christ ne meurt plus ; la mort n’a plus de pouvoir sur lui. Car lui qui est mort, c’est au péché qu’il est mort une fois pour toutes ; lui qui est vivant, c’est pour Dieu qu’il est vivant. De même, vous aussi, pensez que vous êtes morts au péché, mais vivants pour Dieu en Jésus Christ.
Le Pape clôt le consistoire, «une expérience de communion au service de la mission»
Dans la nouvelle salle du Synode, Léon XIV a prononcé son discours de clôture, axé sur l’espérance, la synodalité et la responsabilité de l’Église dans un monde marqué par la guerre et une crise des relations humaines. À l’entame de son intervention, le Souverain pontife a exprimé sa solidarité, ainsi que celle de l’ensemble du Collège des cardinaux, envers le peuple vénézuélien «affecté par le violent séisme de ces derniers jours».
Sebastián Sansón Ferrari – Cité du Vatican
Avant de présenter une réflexion finale sur le consistoire extraordinaire qui s’est tenu les 26 et 27 juin 2026 au Vatican, le Pape Léon XIV a exprimé sa solidarité, ainsi que celle de l’ensemble du Collège des cardinaux, envers le peuple vénézuélien, «durement touché par le violent séisme de ces derniers jours». «Nous assurons de nos prières les victimes, leurs familles et tous ceux qui subissent les conséquences de cette tragédie. Nous confions également au Seigneur tous ceux qui participent aux opérations de secours, et nous prions pour que la solidarité de la communauté internationale envers cette nation bien-aimée ne faiblisse pas», a ajouté le Pape.
Des cardinaux issus d’Églises, de cultures et de contextes si divers
Depuis la nouvelle salle du Synode, le samedi 27, le Souverain pontife a prononcé un discours de grande envergure dans lequel il a remercié les cardinaux pour «la liberté, la fraternité et l’esprit ecclésial avec lesquels vous avez pris part à nos travaux. Je garde en mémoire non seulement le contenu de vos réflexions, mais aussi l’expérience qui les a rendues possibles.»
«Nous avons cherché ensemble la volonté du Seigneur, convaincus que le Christ continue d’agir dans son Église: c’est Lui qui nous précède, qui nous rassemble, qui parle à travers nos frères et qui nous guide dans notre mission. Tout vient de Lui et tout retourne à Lui», a-t-il poursuivi. C’est pourquoi, a-t-il déclaré, «voir des cardinaux issus d’Églises, de cultures et de contextes si divers s’écouter les uns les autres et chercher ensemble ce qui sert le mieux l’Évangile a été pour moi une source de consolation et d’espérance».
La synodalité
Au cœur de sa réflexion, le Pape a insisté sur le fait que la synodalité ne doit pas être comprise comme une méthode organisationnelle ou une succession de réunions, mais comme une manière d’être Église. «La véritable question de la synodalité n’est pas de savoir qui a le pouvoir de décider, mais: “Comment, ensemble, préservons-nous le don que le Seigneur a confié à son Église?”», a-t-il déclaré. Selon Léon XIV, ce cheminement naît de la rencontre, grandit à travers l’écoute mutuelle et mûrit par le discernement guidé par le Saint-Esprit. Il a donc demandé aux cardinaux de promouvoir la mise en œuvre du processus synodal dans leurs Églises particulières, en favorisant une compréhension authentique de celui-ci.
Les blessures du monde
Le Successeur de Pierre a également souligné que, lors du consistoire, les cardinaux avaient fait part de leur inquiétude face aux guerres, à la pauvreté, aux injustices et à la violence qui touchent de nombreux peuples à travers le monde. Il a toutefois ajouté que derrière ces tragédies se cache une crise encore plus profonde: «La solitude, la crise des relations, la perte d’espérance et la difficulté à se reconnaître mutuellement comme frères et sœurs».
Le Pape a particulièrement mis en avant la situation des jeunes, dont la quête de sens et d’authenticité — et, dans certains cas, la souffrance qui les conduit même à mettre fin à leurs jours — représente «l’une des blessures les plus profondes de notre temps». Il a également souligné l’importance de la famille en tant qu’école des relations, de la solidarité et de l’espérance. Dans ce contexte, il a annoncé une rencontre en octobre avec les responsables des Églises orientales et les présidents des conférences épiscopales afin d’évaluer l’accueil réservé à Amoris Laetitia, à laquelle participeront également des familles.
Une culture du dialogue contre la logique de la guerre
Un passage de son allocution était consacré à la paix. Le Pape Léon XIV y affirmait que les cardinaux avaient clairement saisi l’un des enseignements de l’encyclique Magnifica humanitas: la guerre ne naît pas seulement des conflits entre États, mais d’une «culture du pouvoir» qui imprègne les relations humaines, l’économie, la politique, la technologie et même la religion.
En réponse, il a proposé de reconstruire une culture de coopération et de dialogue, de renforcer le multilatéralisme et de promouvoir la participation des laïcs à la vie publique, en s’inspirant de la doctrine sociale de l’Église. Le Saint-Père a également défendu la réponse non violente comme un choix profondément évangélique, précisant qu’elle ne signifie pas la passivité, mais plutôt affronter les conflits sans reproduire la logique de la haine. Dans ce contexte, il a révélé que plusieurs groupes de travail avaient demandé une réflexion théologique et pastorale plus approfondie sur la légitime défense, à la lumière des changements qui affectent les conflits contemporains.
Une Église qui témoigne avant d’organiser
Le Pape a insisté sur le fait que le renouveau de l’Église ne dépend pas seulement de réformes structurelles, mais avant tout du témoignage de communautés capables de vivre l’Évangile de manière crédible. Il a également réaffirmé son intention de poursuivre cette rencontre annuelle à partir de l’année prochaine, précisant que la date n’avait pas encore été fixée, mais qu’il espérait l’annoncer d’ici la fin de l’année.
Un dernier appel à la paix
À la fin de son discours, Léon XIV a fait sien l’appel unanime issu du consistoire et a invité les cardinaux à le transmettre à toutes les Églises et à tous les peuples du monde. «Dieu continue d’ouvrir des chemins de réconciliation et de paix dans l’histoire. Nous avons la responsabilité de les parcourir avec courage et d’aider le monde à les reconnaître», a-t-il déclaré. Le Souverain pontife a également remercié chacun pour sa contribution, «ainsi que les rapporteurs, les modérateurs et tous ceux qui, avec générosité et discrétion, ont rendu possibles ces journées de travail et de fraternité».
“Merci de m’avoir aidé, une fois encore, à reconnaître l’œuvre que le Christ continue d’accomplir parmi son peuple et dans le monde. Nous confions les fruits de ce consistoire à l’intercession de la Vierge Marie, Mère de l’Église. Qu’elle nous enseigne à préserver l’unité dans la diversité et à servir l’Évangile de la paix avec humilité, courage et espérance. Merci!”
Marie, à Gietrzwald : « Je désire que vous récitiez le rosaire tous les jours »
Gietrzwald se situe au nord de la Pologne, sur la route d’Olsztyn à Ostroda. En 1568, elle est dédiée à la Nativité de la Vierge Marie. Alors que le royaume de Pologne a été divisé entre la Russie, la Prusse et l’Autriche, la sainte Vierge Marie apparaît à Gietrzwald en 1877.
Entre le 27 juin 1877 et le 16 septembre 1877, la Vierge apparaît à deux enfants, Justyna Szafrynska, et Barbara Samulowska. Le 27 juin, Justyna et sa mère viennent de quitter la paroisse quand elles entendent sonner la cloche de l’Angélus. Justyna commence à prier quand elle voit une lumière brillante dans un érable, puis une belle dame assise sur un trône et entourée d’anges. Le lendemain, Justyna revient avec son amie Barbara. Elles récitent le rosaire et la Vierge apparaît aux deux enfants. Ces apparitions continuent tous les jours à différents moments.
Le 30 juin 1877, l’apparition dit, en polonais : « Je désire que vous récitiez le rosaire tous les jours. » Le 1er juillet, elle déclare : « Je suis la très sainte Vierge Marie Immaculée. »
Beaucoup de gens se joignent aux deux fillettes durant les mois qui suivent. Certains d’entre eux posent à la Sainte Vierge des questions sur les prêtres emprisonnés, les gens disparus, la liberté de la Pologne. D’autres lui demandent la guérison, surtout de l’alcoolisme. La réponse de la Vierge Marie est toujours :
« Priez et récitez le rosaire, les prêtres seront libérés, les malades guériront, la Pologne regagnera son indépendance grâce à vos prières. » Notre Dame demande aux fidèles de construire sur le lieu de son apparition une chapelle avec la statue de l’Immaculée Conception. Elle promet de bénir une source en bordure de la forêt et encourage les gens à boire de l’eau miraculeuse.
Les Polonais partagés entre la Prusse (l’Allemagne), l’Autriche et la Russie retrouvèrent à Gietrzwald le sentiment d’être une nation unique. Les visionnaires furent persécutées par le gouvernement local. Un comité théologique et médical examina les filles et la teneur du message : rien d’anormal ne fut relevé.
Le 10 septembre 1967, au nom du pape Paul VI, les cardinaux Wyszynski et Wojtyla, futur pape Jean Paul II, couronnent solennellement l’image sacrée. Les apparitions de Gietrzwald ont été reconnues en 1977 par l’évêque du diocèse en accord avec le primat et avec Rome.
Prions : Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort. Amen.
Ste Marguerite Bays La Couturière mystique de La Pierraz (1815-1879)
Marguerite Bays naît en 1815 au hameau de La Pierraz, dépendant du village de Siviriez, dans le canton de Fribourg (Suisse), dans une famille de petits agriculteurs qui eurent six enfants. C’était le 8 septembre, jour de la fête de la Nativité de la Sainte Vierge.
Très tôt elle ressent un attrait pour la prière dans la solitude et le silence. Trop faible pour les lourds travaux de la campagne (ce qui lui vaudra parfois des critiques !), elle restera dans sa chambrette où elle exercera toute sa vie le métier de couturière, en assurant aussi le soin du ménage dans la ferme après le départ de ses deux sœurs. Chaque jour elle se rend à pied à Siviriez (à 1,5 km) pour y assister à la Messe qu’elle considère comme le « sommet de sa journée ». Chaque dimanche après-midi, elle réunit des enfants chez elle ou dans la chapelle Notre-Dame du Bois : elle met à leur portée un catéchisme présenté de façon trop théorique à la paroisse. Les enfants l’aiment beaucoup car elle est simple et gaie. Souvent elle se rend à pied à Einsiedeln.
Elle fait partie du Tiers-Ordre franciscain. Avec zèle elle assiste malades et mourants du voisinage. Enfin dans un esprit missionnaire, elle s’intéresse à l’œuvre de la Propagation de la Foi, et en ce temps marqué par le « Kulturkampf » (combat pour un idéal de société), elle aide le chanoine Schorderet fondateur de l’Œuvre de Saint-Paul pour l’apostolat par la presse.
Frappée par un cancer, elle en guérit miraculeusement le 8 décembre 1854 (jour où Pie IX proclamait à Rome le dogme de l’Immaculée Conception), mais cette maladie se commue aussitôt en stigmates car elle avait demandé d’être associée plus étroitement encore au Christ crucifié ; elle cherche néanmoins à cacher ces marques. Ce qui la caractérise, c’est la simplicité, le silence. Elle mène une vie ordinaire cachée avec le Christ en Dieu.
Elle meurt après de grandes souffrances le vendredi 27 juin 1879 vers trois heures de l’après-midi, et depuis, la voix populaire l’a toujours considérée comme une sainte.
Ses restes mortels ont été exhumés en 1929 et placés dans la chapelle de l’église de Siviriez le 26 juin 1953.
Marguerite Bays a été béatifiée à Rome le 29 octobre 1995 par saint Jean-Paul II (Karol Józef Wojtyła, 1978-2005) et canonisée, à Rome également, le 19 octobre 2019 par le pape François.
Sources principales : imagessaintes.canalblog.com ; marguerite-bays.ch (« Rév. x gpm »).
Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 8,5-17.
En ce temps-là, comme Jésus était entré à Capharnaüm, un centurion s’approcha de lui et le supplia : « Seigneur, mon serviteur est couché, à la maison, paralysé, et il souffre terriblement. » Jésus lui dit : « Je vais aller moi-même le guérir. » Le centurion reprit : « Seigneur, je ne suis pas digne que tu entres sous mon toit, mais dis seulement une parole et mon serviteur sera guéri.
Moi-même qui suis soumis à une autorité, j’ai des soldats sous mes ordres ; à l’un, je dis : “Va”, et il va ; à un autre : “Viens”, et il vient, et à mon esclave : “Fais ceci”, et il le fait. » À ces mots, Jésus fut dans l’admiration et dit à ceux qui le suivaient : « Amen, je vous le déclare, chez personne en Israël, je n’ai trouvé une telle foi. Aussi je vous le dis : Beaucoup viendront de l’orient et de l’occident et prendront place avec Abraham, Isaac et Jacob au festin du royaume des Cieux,
mais les fils du Royaume seront jetés dans les ténèbres du dehors ; là, il y aura des pleurs et des grincements de dents. » Et Jésus dit au centurion : «
Comme Jésus entrait chez Pierre, dans sa maison, il vit sa belle-mère couchée avec de la fièvre.
Il lui toucha la main, et la fièvre la quitta. Elle se leva, et elle le servait. Le soir venu, on présenta à Jésus beaucoup de possédés. D’une parole, il expulsa les esprits et, tous ceux qui étaient atteints d’un mal, il les guérit, pour que soit accomplie la parole prononcée par le prophète Isaïe : ‘Il a pris nos souffrances, il a porté nos maladies.’
« Beaucoup viendront de l’orient et de l’occident et prendront place… au festin du Royaume des cieux »
« Image du Dieu invisible » (Col 1,15), le Christ est l’Homme parfait qui a restauré dans la descendance d’Adam la ressemblance divine, altérée dès le premier péché. Parce qu’en lui la nature humaine a été assumée, non absorbée, cette nature a été élevée en nous aussi à une dignité sans égale. Car, par son incarnation, le Fils de Dieu s’est en quelque sorte uni à tout homme. Il a travaillé avec des mains d’homme, il a pensé avec une intelligence d’homme, il a agi avec une volonté d’homme, il a aimé avec un cœur d’homme. Né de la Vierge Marie, il est vraiment devenu l’un de nous, en tout semblable à nous, hormis le péché (Hé 4,15)… Devenu conforme à l’image du Fils, ce « Premier-né d’une multitude de frères » (Rm 8,29), le chrétien reçoit « les prémices de l’Esprit » (Rm 8,23), qui le rendent capable d’accomplir la loi nouvelle de l’amour. Par cet Esprit, « gage de l’héritage » (Ep 1,14), c’est tout l’homme qui est intérieurement renouvelé, dans l’attente de « la rédemption du corps » (Rm 8,23)… Certes, pour un chrétien, c’est une nécessité et un devoir de combattre le mal au prix de nombreuses tribulations et de subir la mort. Mais, associé au mystère pascal, devenant conforme au Christ dans la mort, fortifié par l’espérance, il va au-devant de la résurrection. Et cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ, mais bien pour tous les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous (Rm 8,32) et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’être associé au mystère pascal.
LECTURES :
Livre des Lamentations 2,2.10-14.18-19.
Le Seigneur a englouti sans pitié tous les pâturages de Jacob ; dans son emportement, il a détruit les forteresses de la fille de Juda ; il a jeté à terre et profané le royaume et ses princes. Les anciens de la fille de Sion, assis par terre, se taisent, ils ont couvert leur tête de poussière et revêtu des toiles à sac ; elles inclinent la tête vers la terre, les vierges de Jérusalem. Mes yeux sont usés par les larmes, mes entrailles frémissent ; je vomis par terre ma bile face au malheur de la fille de mon peuple, alors que défaillent petits enfants et nourrissons sur les places de la cité. À leur mère ils demandent : « Où sont le froment et le vin ? » alors qu’ils défaillent comme des blessés sur les places de la ville et qu’ils rendent l’âme sur le sein de leur mère. Que dire de toi ? À quoi te comparer, fille de Jérusalem ? À quoi te rendre égale pour te consoler, vierge, fille de Sion ? Car ton malheur est grand comme la mer ! Qui donc te guérira ? Tes prophètes ont de toi des visions vides et sans valeur ; ils n’ont pas dévoilé ta faute, ce qui aurait ramené tes captifs ; ils ont de toi des visions, proclamations vides et illusoires. Le cœur du peuple crie vers le Seigneur. Laisse couler le torrent de tes larmes, de jour comme de nuit, muraille de la fille de Sion ; ne t’accorde aucun répit, que tes pleurs ne tarissent pas ! Lève-toi ! Pousse un cri dans la nuit au début de chaque veille ; déverse ton cœur comme l’eau devant la face du Seigneur ; élève les mains vers lui pour la vie de tes petits enfants qui défaillent de faim à tous les coins de rue.
La destruction du temple de Jérusalem, par Francesco Hayez (1791–1882)
Psaume 74(73),1-2abd.3-4.5-7.20-21.
R/ N’oublie pas sans fin la vie de tes pauvres. (Ps 73, 19b)
Pourquoi, Dieu, nous rejeter sans fin ? Pourquoi cette colère sur les brebis de ton troupeau ? Rappelle-toi la communauté que tu acquis dès l’origine, la montagne de Sion où tu fis ta demeure.
Dirige tes pas vers ces ruines sans fin, l’ennemi dans le sanctuaire a tout saccagé ; dans le lieu de tes assemblées, l’adversaire a rugi et là, il a planté ses insignes.
On les a vus brandir la cognée, comme en pleine forêt, quand ils brisaient les portails à coups de masse et de hache. Ils ont livré au feu ton sanctuaire, profané et rasé la demeure de ton nom.
Regarde vers l’Alliance : la guerre est partout ; on se cache dans les cavernes du pays. Que l’opprimé échappe à la honte, que le pauvre et le malheureux chantent ton nom !