Les encouragements du Pape François au peuple du Nicaragua 

En janvier 2019, lors d’une messe pour la paix au Nicaragua.  

Les encouragements du Pape François au peuple du Nicaragua 

Le Pape François a adressé lundi 2 novembre une lettre pastorale pour «redire l’affection» qu’il porte au peuple du Nicaragua. Dans ces moments difficiles pour le pays, François invite les Nicaraguayens à ne pas douter de la sollicitude de Dieu et de s’en remettre à la Vierge Immaculée.

Vatican News

«Soyez certains que la foi et l’espérance font des miracles». C’est une lettre d’encouragement que le Pape François adresse au peuple du Nicaragua, lundi 2 décembre. Sans faire clairement référence aux souffrances endurées par les catholiques du pays, le Souverain pontife tient à «redire l’affection»qu’il porte au peuple nicaraguayen, «Je suis avec vous, surtout en ces jours où vous célébrez la neuvaine de l’Immaculée Conception.»

«C’est précisément dans les moments les plus difficiles, lorsqu’il devient humainement impossible de comprendre ce que Dieu attend de nous, que nous sommes appelés à ne pas douter de sa sollicitude et de sa miséricorde.», écrit François, invitant à renouveler la «confiance filiale» en Dieu et «la fidélité à l’Eglise».  

À de nombreuses reprises ces derniers mois, François s’est tenu aux côtés du peuple du Nicaragua. En août dernier, il s’adressait à lui lors de l’Angélus, ««Au peuple bien aimé du Nicaragua: je vous encourage à renouveler votre espérance en Jésus. Souvenez-vous que l’Esprit Saint guide toujours l’histoire vers des projets plus hauts. Que la Vierge Immaculée vous protège dans les moments d’épreuve et vous fasse sentir sa tendresse maternelle. Que la Sainte Vierge accompagne le peuple bien aimé du Nicaragua!»  

Regardons la Vierge Immaculée

En ce début de l’Avent, le Souverain pontife invite à se tourner vers la Vierge Immaculée, «elle est le témoignage éclatant de cette confiance», écrit-il.  

“Vous avez toujours fait l’expérience de sa protection maternelle dans tous vos besoins et vous avez manifesté votre gratitude par une religiosité très belle et spirituellement riche”

Le Pape qui encourage une Église et un peuple de majorité catholique en souffrance, qui s’apprête à célébrer la neuvaine de l’Immaculé Conception, «L’une des formes de dévouement et de consécration qui manifeste la joie d’être ses enfants préférés est la douce expression: « Qui cause tant de joie ? La Conception de Marie !». 

L’année dernière, au moins deux processions honorant l’Immaculée Conception avaient été interdites. Cette année, François espère que la célébration de l’Immaculée Conception «apportera l’encouragement dont vous avez besoin dans vos difficultés, vos incertitudes et vos épreuves.»

En août de cette année, le gouvernement de Daniel Ortega avait imposé une nouvelle loi pour les Églises du pays, elles doivent désormais payer des impôts sur les offrandes et les dons. Le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’Homme avait alors exprimé sa «profonde inquiétude», déclarant que l’initiative du gouvernement nicaraguayen était en fait une «attaque contre la liberté de religion et la liberté d’association» et appelant à la «garantie et la protection des libertés humaines fondamentales».

Prières pour le peuple du Nicaragua

Dans ce contexte, François tient à transmettre sa «proximité» et l’«assurance» qu’il prie «sans cesse la Sainte Vierge de vous consoler et de vous accompagner, en vous confirmant dans votre foi.»

Mercredi 13 novembre, c’était au tour du président de la Conférence épiscopale du Nicaragua d’être éloigné de son pays par les autorités, Mgr Carlos Enrique Herrera Gutiérrez, 75 ans, a du s’exiler au Nicaragua. Il fut le troisième évêque de la conférence épiscopale à être exilé par les autorités nicaraguayennes. Avant lui, Mgr Rolando José Álvarez Lagos, évêque du diocèse de Matagalpa, et Mgr Isidoro del Carmen Mora Ortega, du diocèse de Siuna, qui a été destitué le 13 janvier 2024, ont du également s’exiler. En 2019, Mgr Silvio José Báez, évêque auxiliaire de Managua, a dû quitter le pays après avoir reçu des menaces de mort.

Selon les médiaux locaux, d’autres mesures prises à l’encontre de l’Église catholique comprennent l’interdiction pour les prêtres d’entrer dans les hôpitaux publics pour administrer l’onction des malades et la page Facebook du diocèse de Jinotega a été désactivée. Un réseau social qui était utilisé pour diffuser en direct les messes dominicales, les jeudis eucharistiques et d’autres événements religieux, en particulier ceux présidés par Mgr Herrera.

C’est pour surmonter toutes ces épreuves que le Pape invite dans sa lettre à «marcher ensemble», «soutenus par notre tendre dévotion à Marie, nous fait suivre avec détermination le chemin de l’Évangile et nous conduit à renouveler notre confiance en Dieu», et à prier particulièrement avec le rosaire, «c’est une prière puissante».  

“Combien de fois nous incluons dans les mystères du Rosaire également notre propre vie, avec ses moments de joie, de peine, de lumière et de gloire. En récitant le Rosaire, ces mystères pénètrent dans l’intimité de nos cœurs, où s’abrite la liberté des filles et des fils de Dieu, que personne ne peut nous enlever.”

Enfin, François conclu sa lettre en confiant le peuple du Nicaragua à la protection de l’Immaculée Conception, «Vous l’avez choisie comme Mère de votre peuple. C’est ce qu’exprime ce cri simple et profondément confiant: Marie du Nicaragua, Nicaragua de Marie. Qu’il en soit ainsi !» et partage la prière qu’il a écrite pour le Jubilé.

De leur côté, les évêques d’Amérique centrale ont appelé à une journée de prière en la fête du 8 décembre, solennité de l’Immaculée Conception pour «s’associer fraternellement» au cri de l’Église du Nicaragua, «qui espère respectueusement trouver une réponse».

Source : VATICANNEWS, le 2 décembre 2024

Les États-Unis exigent la libération de Mgr Álvarez, condamné au Nicaragua

Une image de Mgr Rolando José Álvarez Lagos, évêque de Matagalpa.

Les États-Unis exigent la libération de Mgr Álvarez, condamné au Nicaragua

À la suite de la condamnation de l’évêque de Matagalpa à «26 ans de prison sans procès», le département d’Etat américain intervient pour sa libération. Le porte-parole Matthew Miller a critiqué les «restrictions sévères» à la liberté religieuse dans le pays, imposées par les autorités de Managua. 

 L’Osservatore Romano

Le département d’État américain a demandé la libération «immédiate et inconditionnelle» de Mgr Rolando José Álvarez Lagos, détenu depuis 500 jours. L’évêque de Matagalpa et administrateur apostolique du diocèse d’Estelí, a été condamné sans procès à 26 ans de prison.

«Les autorités nicaraguayennes ont maintenu Mgr Álvarez en isolement, bloqué une évaluation indépendante des conditions de son arrestation, et publié des montages de vidéos et de photos qui ne font qu’accroître les inquiétudes concernant sa santé».

C’est ce qu’a écrit le porte-parole du département d’État américain, Matthew Miller, dans une note. Rappelant également les autres évêques et religieux «injustement détenus» dans le pays, Matthew Miller a critiqué les «restrictions sévères» à la liberté religieuse imposées par les autorités de Managua.

Le 1er janvier, lors de la prière de l’Angélus, le Pape a exprimé sa «profonde préoccupation» pour «les évêques et les prêtres privés de liberté» au Nicaragua. Le Saint-Père a assuré de sa proximité, et a appelé au dialogue.

Source : VATICANNEWS, le 3 janvier 2024

Les États-Unis exigent la libération de Mgr Álvarez, condamné au Nicaragua

Une image de Mgr Rolando José Álvarez Lagos, évêque de Matagalpa.

Les États-Unis exigent la libération de Mgr Álvarez, condamné au Nicaragua

À la suite de la condamnation de l’évêque de Matagalpa à «26 ans de prison sans procès», le département d’Etat américain intervient pour sa libération. Le porte-parole Matthew Miller a critiqué les «restrictions sévères» à la liberté religieuse dans le pays, imposées par les autorités de Managua. 

 L’Osservatore Romano

Le département d’État américain a demandé la libération «immédiate et inconditionnelle» de Mgr Rolando José Álvarez Lagos, détenu depuis 500 jours. L’évêque de Matagalpa et administrateur apostolique du diocèse d’Estelí, a été condamné sans procès à 26 ans de prison.

«Les autorités nicaraguayennes ont maintenu Mgr Álvarez en isolement, bloqué une évaluation indépendante des conditions de son arrestation, et publié des montages de vidéos et de photos qui ne font qu’accroître les inquiétudes concernant sa santé».

C’est ce qu’a écrit le porte-parole du département d’État américain, Matthew Miller, dans une note. Rappelant également les autres évêques et religieux «injustement détenus» dans le pays, Matthew Miller a critiqué les «restrictions sévères» à la liberté religieuse imposées par les autorités de Managua.

Le 1er janvier, lors de la prière de l’Angélus, le Pape a exprimé sa «profonde préoccupation» pour «les évêques et les prêtres privés de liberté» au Nicaragua. Le Saint-Père a assuré de sa proximité, et a appelé au dialogue.

Source : VATICANNEWS, le 3 janvier 2024

Au Nicaragua, arrestation d’un autre évêque par la police

L’évêque de Siuna au Nicaragua, Mgr Isidoro Mora. (© Facebook – Diocesi di Siuna)

Au Nicaragua, arrestation d’un autre évêque par la police

Mgr Isidoro Mora, évêque du diocèse de Siuna, a été arrêté après avoir prié pour Mgr Rolando Álvarez, l’évêque de Matagalpa condamné sans procès à 26 ans de prison et incarcéré depuis février dernier. L’ONU dénonce un «pays qui s’éloigne de plus en plus de l’État de droit».

Vatican News

Mercredi 20 décembre, la police nicaraguayenne a arrêté l’évêque de Siuna, Mgr Isidoro del Carmen Mora Ortega. Il s’agit du deuxième évêque détenu dans le pays, après Mgr Rolando José Álvarez Lagos, évêque de Matagalpa et administrateur apostolique du diocèse d’Estelí, qui a été condamné à 26 ans de prison sans procès, pour conspiration, diffusion de fausses nouvelles, obstruction à la justice et outrage aux autorités. Il est en prison depuis février, après avoir été assigné à résidence depuis août 2022.

Selon certaines sources, Mgr Mora a été arrêté par la police et les paramilitaires «alors qu’il allait célébrer des confirmations dans la paroisse de La Cruz de Rio Grande». Avec lui, «les séminaristes Alester Sáenz et Tony Palacio ont également été arrêtés». Jusqu’à présent, l’on ignore où se trouvent les trois hommes. 

Arrêté après avoir prié pour Mgr Álvarez

L’homélie prononcée le 20 décembre dernier par Mgr Mora dans la cathédrale Saint-Pierre-Apôtre, serait à l’origine de son arrestation. C’est ce que rapporte la presse indépendante du pays, qui cite des sources ecclésiastiques. À cette occasion, l’évêque avait indiqué que la conférence épiscopale du Nicaragua continuait à prier pour Mgr Álvarez. «Nous sommes toujours unis dans la prière pour le diocèse bien-aimé de Matagalpa», avait déclaré Mgr Mora, «priant pour Mgr Rolando et pour chacun d’entre vous», avant de conclure: «Nous sommes unis dans la prière, dans la communion, dans la foi, dans l’amour, dans la tendresse».

Un pays qui s’éloigne de plus en plus de l’État de droit

Selon le Haut-Commissaire adjoint des Nations unies aux droits de l’homme, Nada Al-Nashif, le Nicaragua «s’éloigne de plus en plus» de l’État de droit et en particulier «des libertés fondamentales, aggravant les souffrances de la population, alimentant l’exode des jeunes et compromettant l’avenir des institutions démocratiques». Elle dénonce le fait que les autorités de Managua continuent de «persécuter ceux qui peuvent apporter une vision alternative dans la sphère publique, comme les leaders politiques et indigènes, les membres de l’Église catholique, les activistes et les journalistes». Dans ce contexte, souligne-t-elle, «les restrictions de l’espace civique se poursuivent, avec des cas répétés de détention arbitraire contre ceux qui exercent leurs libertés fondamentales».

Source : VATICANNEWS, le 22 décembre 2023

Nicaragua: «Ils peuvent profaner nos églises, notre foi demeure»

Le cardinal Leopoldo Brenes, archevêque de Managua. Le cardinal Leopoldo Brenes, archevêque de Managua. (karen castellar)

Nicaragua: «Ils peuvent profaner nos églises, notre foi demeure»

Deux ONG nicaraguayennes de défense des droits de l’homme en exil condamnent les attaques contre l’Église, accusée de blanchiment d’argent par la police le week-end dernier. Dimanche 28 mai, lors de la messe de la Pentecôte, les fidèles ont été invités à ne pas avoir peur par l’archevêque de Managua. 

Marie Duhamel – Cité du Vatican

À Managua, le cardinal Leopoldo Brenes invite à garder l’espérance. «Dieu nous surprend», il faut s’en remettre à Lui et à l’Esprit Saint. Lors de la messe de la Pentecôte, l’archevêque a évoqué la catéchèse prononcée quelques heures plus tôt par le Pape François, en réaffirmant que «la peur est encouragée par le diable, mais que l’Esprit Saint vient pour briser ces peurs». Après la mort de Jésus, les apôtres se sont enfermés dans une maison, avec un sentiment de peur; un sentiment qui fut balayé par le souffle de l’Esprit, le jour de la Pentecôte, assure-t-il.

Le cardinal a demandé aux prêtres de continuer à célébrer l’Eucharistie avec «joie et bonheur» malgré les accusations formulées à l’encontre de l’Église par les autorités. Aux fidèles, il a suggéré de rester le plus calme possible «face à la situation que traversent nos paroisses» et de ne pas trop s’informer sur les accusations récentes formulées contre l’Église, des sources fiables n’étant que rarement indiquées par les médias se faisant écho de l’affaire.

Accusation de blanchiment d’argent

Samedi, la police a accusé l’Église de «blanchiment d’argent», affirmant avoir trouvé «des centaines de milliers de dollars cachés dans des sacs situés dans des locaux appartenant aux diocèses» du Nicaragua. La police a par ailleurs confirmé le «retrait illégal de fonds de comptes bancaires dont le gel avait été ordonné par la loi».

En outre, la Surintendance des banques a demandé à la Conférence épiscopale du Nicaragua et au cardinal Brenes «de présenter les documents montrant les mouvements des comptes bancaires des diocèses, afin que les lois du pays soient respectées à tout moment, évitant ainsi les actes illicites qui ont été commis», rapportent les agences Reuters et EFE.

Avant ces déclarations officielles, plusieurs rapports indiquaient que les autorités avaient bloqué des comptes bancaires d’organismes ecclésiastiques de l’archidiocèse de Matagalpa et des diocèses d’Estelí, de Siuna et de Bluefields, afin d’enquêter sur l’origine de leurs fonds. Sur le site internet despachos505, le cardinal Brenes affirme avoir appris par voie de presse le blocage de comptes paroissiaux, et annoncait une rencontre des évêques «pour analyser la situation» et se tenir prêts à répondre des accusations portées à l’encontre de l’Église.

 La situation au Nicaragua est «un phénomène sans précédent en ce qui concerne l’Église». Le secrétaire de l’Episcopat d’Amérique latine dénonce dans la presse «les outrages » dont elle est victime «parce qu’elle s’oppose à leurs projets totalitaires, leurs projets d’humiliation d’un peuple entier, d’un pays entier». Mgr Jose Antonio Canales, évêque de Danli au Hoduras, poursuit ses accusations contre les autorités: «Ils ont annulé des milliers d’ONG, plus récemment la Croix-Rouge, des universités, et avec l’Église ils ne trouvent rien à faire, et c’est pourquoi ils font ce genre d’actions hostiles, qui ne sont pas nouvelles».

Trois prêtres arrêtés

La semaine dernière, l’arrestation de trois nouveaux prêtres a été signalée. Le prêtre Jaime Montesinos, curé du diocèse de Matagalpa – dont a la charge Mgr Alvarez condamné à 26 ans de prison -, fait l’objet d’une enquête «pour avoir commis des actes portant atteinte à l’indépendance, à la souveraineté et à l’autodétermination de la nation».

Le diocèse d’Estelí – qu’administre Mgr Alvarez -, a également confirmé dans un communiqué que les prêtres Pastor Rodríguez et Leonardo Gutiérrez sont assignés à résidence dans une maison de formation de l’Église à Managua, le temps de l’«enquête sur les questions administratives de la défunte Cáritas Diocesana de Estelí».

Trois autres attaques visant l’Église ont été signalées. Selon la chercheuse nicaraguayenne en exil, Martha Patricia Molina, le gouvernement aurait saisi la semaine passée une école appartenant aux Filles de Sainte Louise de Marcillac dans la municipalité de San Sebastian de Yali, dans le département de Jinotega, et ordonné l’expulsion de trois religieuses qui l’administraient. Le journal numérique Confidentialrapporte pour sa part l’intervention des autorités dans l’école Susana López Carazo des dominicaines de l’Annonciation, dans le département de Rivas, au sud du Nicaragua. Trois religieuses de la congrégation auraient été expulsées.

Expulsion et profanation

Enfin le 24 mai dernier, la chapelle de Notre-Dame de Fatima, dans la paroisse de Santa Ana, dans la ville de Nindirí a été profanée. «L’action sacrilège a consisté à forcer la sécurité de la porte et à enlever le tabernacle de la chapelle, en outrageant les osties consacrées, qui ont été laissées abandonnées dans un champ près de la chapelle» peut-on lire dans un communiqué«Ils peuvent profaner nos temples, briser nos images, mais notre foi demeure toujours en Jésus-Christ qui a fait le ciel et la terre. Longue vie à Jésus dans le Saint-Sacrement», a posté la paroisse sur les médias sociaux.

Depuis le Costa Rica, l’ONG Colectivo de Derechos humanos Nunca Mas condamne la «persécution sans limite» subie par l’Église et appelle à la fin de «la répression et à la liberté pour les religieux comme pour les prisonniers politiques». Lundi, la Commission permanente des droits de l’homme, basée aux États Unis, affirmait que les autorités voulaient maintenant «voler l’argent que les gens donnent à l’Église», prévenant les coupables qu’ils auront à répondre de ces illégalités.

Source : VATICANNEWS, le 1er juin 2023

Plus de 3.000 activités religieuses interdites au Nicaragua depuis 2018

NICARAGUA

@santuarionacionalJesusdelRescatePopoyoapa

Communautés religieuses expulsées, prêtres contraints à l’exil, processions interdites, arrestation d’un évêque… Une étude publiée le 4 mai 2023 a recensé tous les actes d’hostilité subis depuis cinq ans par l’Église catholique au Nicaragua de la part du gouvernement de Daniel Ortega.

3 224. C’est le nombre d’activités religieuses interdites au Nicaragua par le régime de Daniel Ortega depuis avril 2018 à mars 2023, selon la troisième partie du rapport, Nicaragua ; Une église persécutée, publié le 4 mai 2023 par l’avocate pénaliste nicaraguayenne en exil Martha Patricia Molina.

529 hostilités perpétrées dans le pays depuis cinq ans

Actes répressifs contre des religieux (193) et des activités laïques (79), attaques contre des églises (110), tags et des messages de haine sur des églises (62), interdictions de processions (48), fermetures d’organisations et d’universités religieuses (32), hostilités contre le Saint-Siège (5). L’étude de 232 pages, qui se base sur des données publiées par la Conférence épiscopale nicaraguayenne (CEN), détaille toutes ces 529 hostilités perpétrées dans le pays depuis cinq ans à l’encontre de l’Église catholique. 

Lire aussi :Nicaragua : le gouvernement expulse trois religieuses

Sans oublier la condamnation à 26 ans de détention de Mgr Rolando Álvarez, évêque de Matagalpa. Mais aussi l’expulsion de 37 religieux et 32 religieuses de diverses congrégations ainsi que celles d’un évêque et de plusieurs prêtres diocésains. Fin mars 2023, le dernier représentant du Vatican au Nicaragua a quitté le pays. Une décision qui marque un tournant dans les relations entre le Saint-Siège et le Nicaragua qui ne cessent de se dégrader ces derniers mois.

Une persécution qui « ne fait que renforcer davantage la foi du peuple catholique ».

L’Église catholique est considérée par le pouvoir comme le soutien majeur des opposants politiques au régime Ortega, notamment depuis l’année 2018 après les représailles sanglantes contre les manifestants qui réclamaient la démission aussi bien du président que de son épouse, la vice-présidente Rosario Murillo. Ils avaient trouvé refuge dans les églises. Depuis, les catholiques subissent un véritable enfer, au rythme des persécutions qui s’accélèrent. Cependant, dans une interview accordée au journal numérique Confidencial, Martha Patricia Molina réfute le fait que cette stratégie du régime ait des résultats efficaces. Selon elle, cette persécution subie par l’Église catholique « ne fait que renforcer davantage la foi du peuple catholique ».

Source : ALETEIA, le 7 mai 2023

Une étude révèle que l’Église catholique du Nicaragua a subi 529 attaques en cinq ans

DINFOBAE :

Une étude révèle que l’Église catholique du Nicaragua a subi 529 attaques en cinq ans

3 mai, 2023

Tegucigalpa, 3 mai – Un évêque nicaraguayen en prison, 37 religieux exilés – dont un autre évêque et plusieurs prêtres – et 32 religieuses de diverses congrégations expulsées, font partie des 529 hostilités que l’Église catholique du Nicaragua a subies de la part du gouvernement présidé par Daniel Ortega, selon une étude présentée mercredi.

L’étude intitulée « Nicaragua : une Église persécutée ? », réalisée par la chercheuse nicaraguayenne en exil Martha Patricia Molina, détaille les 529 attaques entre avril 2018, date à laquelle des manifestations antigouvernementales ont éclaté dans le pays, et mars 2023.

Ces attaques comprennent la confiscation par l’État d’au moins sept bâtiments appartenant à l’Église catholique, ainsi que la fermeture et la confiscation des actifs des médias catholiques, selon l’étude présentée en ligne par la chercheuse.

« Ce rapport présente une étude détaillée de chaque hostilité menée et chacune des données a été vérifiée et décrite par ordre croissant, de sorte que le lecteur peut accéder de la première agression à la dernière enregistrée », a expliqué l’auteur du rapport de 232 pages.

« L’intérêt de ce rapport est de montrer en chiffres concrets les agressions et les attaques subies par l’Église catholique au Nicaragua », a-t-elle souligné.

3 176 PROCESSIONS ONT ÉTÉ INTERDITES

L’étude, divisée en quatre chapitres, commence par les hostilités subies par l’Église au cours des cinq dernières années, puis détaille l’interdiction de 3 176 processions au cours de la dernière Semaine sainte.

Le troisième chapitre est une systématisation des hostilités, et le dernier est une chronologie des « profanations, sacrilèges, attaques, vols et agressions contre l’Église ».

M. Molina, en exil forcé et membre du comité de rédaction du quotidien nicaraguayen La Prensa, a déclaré lors de la présentation de l’étude que ce sont les laïcs eux-mêmes qui ont documenté les attaques contre l’Église catholique.

Il n’a pas exclu que le nombre d’agressions soit plus élevé, en raison du fait que « les autorités religieuses ne signalent pas ou peu les agressions et que les laïcs ou les membres de groupes religieux craignent de plus en plus de documenter les hostilités ».

Selon l’étude, 84 hostilités contre l’Église ont été documentées en 2018, 80 en 2019, 59 en 2020, 55 en 2021, 161 en 2022 et 90 au premier trimestre 2023.

ORTEGA A INTERDIT LES PROCESSIONS

Le gouvernement nicaraguayen, par l’intermédiaire de la police nationale, a interdit à l’Église de faire sortir les saints dans les rues depuis février dernier, lorsqu’il ne les a pas autorisés à organiser des processions du chemin de croix pendant le carême.

L’ordre de la police a été adopté après que M. Ortega a qualifié les prêtres, les évêques, les cardinaux et le pape François de « mafia ».

Le 19 avril, le président a déclaré que « maintenant, pendant la semaine sainte, pour éviter les manipulations, on leur (l’Église catholique) a dit de mener leurs activités dans les églises ou près des églises, et certains d’entre eux ont commencé à tonner. Pourquoi ? Parce qu’ils voulaient du sang », sans fournir de preuves.

Ce jour-là, le président s’en est pris à nouveau à l’Église catholique et au Vatican, qualifiant Saint Jean-Paul II de « dictateur » et de « tyran ».

Les relations du gouvernement Ortega avec l’Église catholique sont actuellement très tendues, marquées par l’expulsion et l’emprisonnement de prêtres et l’interdiction d’activités religieuses.

Le pape François a qualifié le gouvernement sandiniste de « dictature flagrante » dans une interview accordée à Infobae, soulignant « le déséquilibre de la personne qui dirige » le pays d’Amérique centrale.

Source : INFOBAE , le 3 mai 2023

Nicaragua: des églises pleines malgré les interdictions

L’Eglise n’est pas en odeur de sainteté auprès du président Daniel Ortega _Flickr CC by NC S.A.2.0

Le cardinal nicaraguayen Leopoldo José Brenes Solórzano a exprimé le jour de Pâques 2023 sa joie face à la participation massive des catholiques dans les églises pendant la Semaine sainte, après que les autorités de son pays ont interdit à l’Église catholique d’organiser des processions dans les rues.

La police nationale du Nicaragua a arrêté au moins 17 personnes, pour la plupart des paroissiens qui ont participé aux festivités de la Semaine sainte. Parmi elles, figure le journaliste Victor Ticay qui a couvert une procession catholique. Dans le même temps, les autorités ont expulsé du pays le prêtre panaméen Donaciano Alarcón accusé d’avoir prêché en faveur de l’évêque Rolando Álvarez, récemment condamné à 26 ans de prison pour « trahison ».

“Avec des hauts et des bas”

« Je suis heureux parce que les rapports, les commentaires que j’ai reçus des prêtres, de leurs paroisses, disent que dans toutes les liturgies, nos églises ont été pratiquement pleines« , a déclaré l’archevêque de Managua, lors de son homélie de la messe de Pâques.  « J’ai ressenti la bénédiction et la grâce du Seigneur dans le fait que lors de nos trois principales célébrations, la cathédrale, a été complètement remplie”, a ajouté le cardinal Brenes. Le catholiques nicaraguayens avaient vécu le Carême avec « des hauts et des bas, mais à la fin, nous y sommes« .

Mgr Brenes a également souligné que des milliers de catholiques ont suivi virtuellement les célébrations eucharistiques de la Semaine Sainte, grâce aux transmissions en direct de l’archidiocèse de Managua sur ses réseaux sociaux.

Interdiction des processions

Le gouvernement de Daniel Ortega avait interdit à l’Église d’organiser des processions dans les rues depuis février dernier. Le président n’avait pas hésité à qualifier les prêtres, les évêques, les cardinaux et le pape François de « mafia ».

Les relations entre le gouvernement de Daniel Ortega et l’Église catholique sont actuellement excecrables, marquées par l’expulsion et l’emprisonnement de prêtres, l’interdiction d’activités religieuses et la suspension des relations diplomatiques avec le Saint-Siège.

Source : Cath.ch/ag/mp, par CATHOBEL, le 12 avril 2023

Nicaragua : fermeture de la Nonciature

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Ambassadeurs de l’UE avec Mgr Diouf.

Nicaragua : fermeture de la nonciature

Après avoir expulsé le nonce il y a un an, le régime nicaraguayen dirigé par Ortega a suspendu la semaine dernière ses relations diplomatiques avec le Saint-Siège – sans rien préciser à ce sujet. À la suite de cette décision, le Vatican a retiré le chargé d’affaires Mgr Diouf, qui était resté au Nicaragua pour s’occuper des affaires courantes. Depuis un an, la représentation diplomatique du Saint-Siège avait été confiée à l’ambassade d’Italie, comme il est d’usage dans les relations internationales dans des cas similaires.

La suspension des relations diplomatiques est la dernière étape en date d’une tension croissante entre M. Ortega et l’Église catholique. Elle fait suite aux propos du pape François qui, dans une interview, a qualifié le gouvernement qui dirige le Nicaragua de dictature.

Lors d’une brève cérémonie d’adieu, l’ambassadeur d’Allemagne au Nicaragua a déclaré que « les représentants diplomatiques de l’Union européenne au Nicaragua défendront toujours, avec l’Église catholique, les valeurs chrétiennes de liberté, de tolérance et de dignité humaine ».

Entre-temps, on est sans nouvelles de Mgr Alvarez qui, après sa condamnation à 26 ans de prison, se trouve dans la prison politique de La Modelo. Le groupe d’opposition Unité Nationale a demandé au régime Ortega des « preuves que Mgr Alvarez est toujours en vie ».

L’inquiétude pour l’évêque de Matgalpa s’est accrue après la déclaration dans laquelle Ortega a qualifié Mgr Alvarez d' »homme dérangé qui doit être soigné ».

Source : Settimana News , le 19 mars 2023

Le représentant du Vatican au Nicaragua a quitté le pays

le 16 mars, Mgr Marcel Diouf a été salué par les représentants diplomatiques accrédités au Nicaragua de l'Union européenne, de l'Allemagne, de la France et de l'Italie.le 16 mars, Mgr Marcel Diouf a été salué par les représentants diplomatiques accrédités au Nicaragua de l’Union européenne, de l’Allemagne, de la France et de l’Italie.

Le représentant du Vatican au Nicaragua a quitté le pays

Mgr Marcel Diouf, chargé d’affaires de la nonciature à Managua, s’est transféré au Costa Rica. La fermeture du bureau diplomatique a eu lieu à la demande du gouvernement nicaraguayen.

Le 17 mars, le chargé d’affaires auprès de la nonciature apostolique au Nicaragua, Mgr Marcel Diouf, a quitté le pays et s’est installé au Costa Rica. La fermeture du siège diplomatique du Saint-Siège a eu lieu à la suite d’une demande du gouvernement nicaraguayen, datée du 10 mars 2023.

En vertu de la Convention de Vienne sur les relations diplomatiques, la garde de la nonciature apostolique et de ses biens a été confiée à la République italienne. Avant son départ, Mgr Diouf a été salué par les représentants diplomatiques accrédités au Nicaragua de l’Union européenne, de l’Allemagne, de la France et de l’Italie.

Source : VATICANNEWS, le 27 mars 2023

Continuons de prier pour le Nicaragua et Mgr Rolando Alvarez, emprisonné dans ce pays :

Très Sainte Mère de Mère de Dieu, nous vous demandons d’intervenir auprès de votre bien-aimé Fils pour tous ceux et celles qui souffrent dans cette chère nation du Nicaragua . Et nous vous supplions par vos prières de demander également au Seigneur, d’ouvrir le cœur des responsables politiques et de tous les citoyens à la recherche sincère de la paix, qui naît de la vérité, de la justice, de la liberté et de l’amour et qui s’obtient par l’exercice patient du dialogue !

Amen