Le Pape encourage les Filles de la Charité à être « mères et soeurs » des pauvres

En Éthiopie, clinique ophtamologique tenue par les Filles de la charité (Archives)En Éthiopie, clinique ophtamologique tenue par les Filles de la charité (Archives) 

Le Pape encourage les Filles de la Charité à être « mères et soeurs » des pauvres

Le Pape adresse un message vidéo aux Filles de la Charité de saint Vincent-de-Paul, à l’occasion de leur Xe assemblée générale. Il souligne avec éloge la richesse et la variété de leur apostolat auprès des plus pauvres et les invite à répondre généreusement aux défis contemporains.

Ce message est diffusé à la veille de la clôture, à Paris, de l’assemblée générale de la Compagnie des Filles de la Charité, fondée au XVIIe siècle par les saints Vincent-de-Paul et Louise de Marillac. Le thème de cette assemblée, “Ephata”, est «courageux», estime le Pape, puisqu’il renvoie à la caractéristique principale et même fondatrice de la congrégation, celle «d’aller vers», de «franchir le seuil». «Cela vous a conduit dans le monde entier non seulement à assister les pauvres dans les grands instituts, des hôpitaux, des orphelinats et des écoles, mais aussi à les visiter, à aller à leur rencontre dans les lieux où ils vivent», note le Saint-Père.

«Vous êtes des mères et des sœurs» pour les pauvres, insiste François : «mères parce qu’avec votre amour, vous les générez à l’amour de Dieu et vous les rouvrez à la beauté de la vie», et sœurs «parce que vous les soutenez dans leur condition et les accompagnez pour retrouver leur dignité dans les nombreux chemins de vie que vous empruntez avec eux».

Devenir des «filles de Dieu»

En étant «mères et sœurs» de ceux qui leur sont confiés, les filles de la Charité deviennent ainsi de plus en plus «filles de Dieu», «image authentique du plus grand amour dont le Christ Dieu lui-même nous a témoigné».

Dans un contexte marqué par diverses formes de marginalisation, c’est un «rôle historique» qui échoit aux filles de la Charité: celui d’accompagner les hommes et les femmes victimes de discrimination, d’élever les enfants victimes d’abus, de garder et défendre la vie, d’œuvrer à la promotion et à la sauvegarde de la maison commune, de transmettre la foi et les valeurs chrétiennes aux nouvelles générations, énumère le Pape. «Il y a tant à faire, Dieu vous appelle à répondre par votre générosité», conclut-il en rappelant que la Compagnie représente toujours «une grande force spirituelle dans l’Église et le monde».

Source: VATICANNEWS, le 20 novembre 2021

Apparition mariale : le message de la rue du Bac

RUE DU BAC
RENAULT Philippe I hemis.fr I Hemis – Chapelle Notre-Dame de la Médaille miraculeuse, rue du Bac, Paris.

Apparition mariale : le message de la rue du Bac

Lourdes, rue du Bac, Pontmain, Pellevoisin, La Salette… Les noms des grands sanctuaires bâtis sur les lieux des apparitions mariales sont connus. Mais quels sont les messages qui y ont été délivrés par la Vierge Marie ? Aleteia vous propose de décrypter leur sens profond. Aujourd’hui, le message de la rue du Bac. 

Le samedi 27 novembre 1830, la Vierge immaculée apparut à sainte Catherine Labouré, Fille de la Charité. Elle lui confia la mission de faire frapper une médaille dont elle lui révélera le modèle. Toutes les personnes qui la porteront avec confiance et réciteront avec piété cette prière : « Ô Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous » jouiront d’une protection spéciale de la Mère de Dieu et recevront de grandes grâces. Le globe que Marie tient dans ses mains représente le monde entier, spécialement la France et chaque personne en particulier. « Les rayons sont le symbole des grâces que j’accorde à ceux qui me le demandent » (cf. Pellevoisin, le scapulaire et la pluie de grâces qui tombent des mains de Marie).

web2-mary-vierge-godong-fr503414a.jpg

Fred de Noyelle I Godong – Chapelle Notre-Dame de la Médaille miraculeuse.

Catherine rencontre la Sainte Vierge

Le 18 juillet 1830, en la veille de la fête de saint Vincent à 23 h 30, sœur Catherine s’entend appeler par son nom. Un mystérieux enfant est là, au pied de son lit et l’invite à se lever : « La Sainte Vierge vous attend. » Catherine s’habille et suit l’enfant. Arrivée dans la chapelle, son petit guide lui dit : « Voici la Sainte Vierge. » Elle hésite à croire. Mais l’enfant répète d’une voix plus forte : « Voici la Sainte Vierge. »  » Là, il s’est passé un moment, le plus doux de ma vie. Il me serait impossible de dire ce que j’éprouvais. La Sainte Vierge m’a dit comment je devais me conduire envers mon confesseur et plusieurs autres choses. » La Sainte Vierge désigne de la main l’autel où repose le tabernacle et dit :

« Venez au pied de cet autel. Là, les grâces seront répandues sur toutes les personnes qui les demanderont avec confiance et ferveur. »

Catherine reçoit l’annonce d’une mission difficile et la demande de fondation d’une confrérie d’enfants de Marie, ce qui se fera le 2 février 1840.

La deuxième apparition

Le 27 novembre 1830, la Sainte Vierge apparaît de nouveau à sœur Catherine dans la chapelle. Cette fois, c’est à 17 h 30, pendant l’oraison, sous le tableau de saint Joseph. D’abord elle voit comme deux tableaux vivants et dans lesquels la Sainte Vierge se tient debout sur le demi-globe terrestre, ses pieds écrasant le serpent. Dans le premier tableau, la Vierge porte dans ses mains un petit globe doré surmonté d’une croix qu’elle élève vers le ciel. Catherine entend : « Cette boule représente le monde entier, la France et chaque personne en particulier. »

Dans le deuxième tableau, des mains ouvertes de la Sainte Vierge sortent des rayons d’un éclat ravissant. Une voix explique : « Ces rayons sont le symbole des grâces que je répands sur les personnes qui me les demandent. » Certains rayons cependant restent sombres : ce sont les grâces que personne ne demande. Puis un ovale se forme autour de l’apparition et cette invocation s’inscrit en demi-cercle en lettres d’or : « Ô Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous. » Une voix se fait entendre :

« Faites, faites frapper une médaille sur ce modèle. Les personnes qui la porteront avec confiance recevront de grandes grâces. »

Enfin le tableau se retourne et sœur Catherine voit le revers de la médaille : en haut une croix surmonte l’initiale de Marie, en bas deux cœurs, l’un couronné d’épines, l’autre transpercé d’un glaive. En décembre 1830, pendant l’oraison, la Sainte Vierge se présente une troisième fois auprès du tabernacle, un peu en arrière et lui confirme sa mission. Elle ajoute : « Vous ne me verrez plus. » C’est la fin des apparitions.

TAJEMNICA MARYI
La médaille miraculeuse de la rue du Bac.

La mission

Sœur Catherine confie tout cela à son confesseur, le père Aladel, lazariste, qui lui demande de ne plus penser à toutes ces « imaginations ». Il finit cependant par parler du projet de médaille à Mgr de Quélen, archevêque de Paris, qui accepte. Sa formation terminée, Catherine va quitter la rue du Bac. Le 5 février 1831, elle arrive à l’hospice d’Enghien, à Reuilly, un quartier pauvre de Paris. Celle qui a vu la Sainte Vierge va pendant quarante-six ans servir Jésus Christ dans la plus grande discrétion à travers les pauvres : vieillards de l’hospice, miséreux du quartier, blessés des révolutions et de la guerre.

Les Filles de la Charité commencent à distribuer, en juin, les deux mille premières médailles frappées à la demande du père Aladel. De manière stupéfiante, les protections et les conversions se multiplient, comme les guérisons…

En février 1832, éclate à Paris une terrible épidémie de choléra, qui va faire plus de 20000 morts ! Les Filles de la Charité commencent à distribuer, en juin, les deux mille premières médailles frappées à la demande du père Aladel. De manière stupéfiante, les protections et les conversions se multiplient, comme les guérisons… C’est un raz-de-marée ! Le peuple de Paris appelle la médaille « miraculeuse ». Accompagnée d’une notice explicative écrite en août 1834 par le père Aladel, elle se répand aux États-Unis (1836), en Pologne (1837), en Chine, en Russie (1838). Dix ans après les apparitions, elle est diffusée à plus de dix millions d’exemplaires. À la mort de sœur Catherine, en 1876, on compte plus d’un milliard de médailles !

Le bon choix

La médaille est un appel à la conscience de chacun, pour qu’il choisisse, comme le Christ et Marie, la voie de l’amour jusqu’au don total de soi. Porter une médaille n’est donc pas de la superstition ni de la magie ; c’est un rappel de la foi qui nous stimule à montrer notre reconnaissance pour ce don gratuit de Dieu par une conduite digne de ce que nous sommes, des enfants de Dieu !

Le message de la médaille est un appel à la confiance en l’intercession de la Sainte Vierge.

Dieu seul fait les miracles mais il les fait, quelquefois, au moyen d’objets de piété bien matériels, par l’intercession de Marie et des saints. Le message de la médaille est un appel à la confiance en l’intercession de la Sainte Vierge. Acceptons humblement de demander des grâces par ses mains ! En 1894, le pape Léon XIII a reconnu les apparitions de la Vierge Marie à sainte Catherine Labouré. Depuis lors, le 27 novembre est célébrée la fête liturgique de Notre-Dame de la Médaille miraculeuse. Le 26 juillet 1897, la statue de la Vierge aux rayons, représentant la vision de Catherine, réalisée en 1856 dans un bloc de marbre offert par le gouvernement et trônant au-dessus du maître-autel de la chapelle, est couronnée avec l’autorisation de Léon XIII.

Les témoins

Parmi ceux qui, les premiers, éprouvèrent l’efficacité de la foi à travers la médaille donnée par la Vierge Marie, on peut citer Mgr de Quélen, archevêque de Paris, qui, après une minutieuse enquête sur les faits affirmés, en devient un propagateur convaincu. Il obtient personnellement des guérisons inespérées. Le pape Grégoire XVI a la médaille à la tête de son lit. En 1833, le père Perboyre, lazariste, relate la guérison miraculeuse, attribuée à la médaille, d’un confrère. Une fois arrivé en Chine, où il mourra martyr en 1839, il distribue beaucoup de médailles et rapporte de nombreux miracles dans ses lettres.

CHURCH
Chapelle Notre-Dame de la Médaille miraculeuse.

En 1833, la Sainte Vierge, apôtre du catholicisme social, porte la médaille lorsqu’il fonde à Paris les conférences Saint-Vincent-de-Paul. Le plus enthousiaste encore fut peutêtre le curé d’Ars. Dès 1834, il fait l’acquisition d’une statue de Notre-Dame de la Médaille miraculeuse et la place sur un tabernacle dont la porte reproduit le revers de la médaille. Le 1er mai 1836, il consacre sa paroisse à « Marie conçue sans péché ». Il devient un apôtre zélé de la médaille, et distribue avec elle des centaines d’images sur lesquelles il marque de sa main la date et le nom de ceux qui se consacrent à l’Immaculée.

En 1845, John Henry Newman, un pasteur anglican qui portait la médaille depuis le 22 août, se convertit le 9 octobre. Il devient prêtre et cardinal. Il a été canonisé en 2019.

En 1842, Alphonse Ratisbonne se convertit à Rome après avoir reçu une médaille et vu la Sainte Vierge dans une église. En 1843, M. Étienne, supérieur des Lazaristes et des Filles de la Charité, évoque les apparitions comme source du renouveau des vocations et de la ferveur nouvelle qui anime les deux familles. En 1845, John Henry Newman, un pasteur anglican qui portait la médaille depuis le 22 août, se convertit le 9 octobre. Il devient prêtre et cardinal. Il a été canonisé en 2019. Le succès de la médaille, où il est écrit que Marie a été « conçue sans péché », a contribué à la reconnaissance officielle du dogme de l’Immaculée Conception, longtemps discuté au sein de l’Église avant d’être proclamé le 8 décembre
1854 par le pape Pie IX, dans la bulle Ineffabilis Deus.

Les apôtres de la médaille

Sainte Bernadette, à Lourdes, portait la médaille avant même les apparitions de la Vierge en 1858. La jeune fille précise un peu plus tard : « J’ai vu la Sainte Vierge comme elle est sur la médaille miraculeuse. » Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus portait elle aussi la médaille miraculeuse au carmel. En 1915, naît aux États-Unis, à Philadelphie, à l’initiative du père Joseph Skelly, l’Apostolat marial avec la neuvaine perpétuelle de la Médaille miraculeuse. Une nouvelle impulsion est donnée à la diffusion de la médaille miraculeuse grâce au père Maximilien-Marie Kolbe. Ce religieux franciscain, né en Pologne, est ordonné prêtre à Rome en 1919. Il veut célébrer sa première messe à San Andrea delle Fratte où l’Immaculée a converti Ratisbonne. En 1917, il fonde la Milice de l’Immaculée, placée sous le patronage de la Vierge de la Médaille miraculeuse, développe un journal marial, Le Chevalier de l’Immaculée, qui connaît un succès foudroyant. En partance pour le Japon en 1930, il traverse la France et se rend rue du Bac (cent ans après les apparitions), à Lourdes et à Lisieux.

Il distribue généreusement des médailles : « Ce sont mes munitions », dit-il. En partance pour le Japon en 1930, il traverse la France et se rend rue du Bac (cent ans après les apparitions), à Lourdes et à Lisieux. Il distribue généreusement des médailles : « Ce sont mes munitions », dit-il. en donnant sa vie en échange de celle d’un père de famille. Fait prisonnier au camp d’Auschwitz, il meurt martyr le 14 août 1941 en donnant sa vie en échange de celle d’un père de famille.

Aujourd’hui, deux millions de pèlerins passent à la rue du Bac chaque année, ce qui en fait un des dix lieux les plus visités de la capitale. La multitude anonyme des apôtres de la médaille miraculeuse, un des objets de piété les plus connus et les plus diffusés, est répandue à travers le monde.

Source: ALETEIA, le 8 septembre 2020

Sainte Louise de Marillac, pionnière de la charité

Le Pape devant un tableau représentant sainte Louise de Marillac, le 9 mai 2020 lors de la messe à la chapelle de la Maison Sainte-Marthe.Le Pape devant un tableau représentant sainte Louise de Marillac, le 9 mai 2020 lors de la messe à la chapelle de la Maison Sainte-Marthe. 

Sainte Louise de Marillac, pionnière de la charité

Le Pape François a célébré la messe de ce matin en mémoire de sainte Louise de Marillac, la cofondatrice des Filles de la Charité avec saint Vincent de Paul.

La mémoire liturgique de sainte Louise de Marillac est habituellement fixée au 15 mars, mais comme cette date coïncidait cette année avec le troisième dimanche du Carême, elle a été déplacée au 9 mai. Le Pape a donc prié lors de la messe matinale pour les Filles de la Charité qui l’aident au quotidien, celles qui vivent dans la maison Sainte Marthe et dirigent le dispensaire pédiatrique du Vatican, «cet hôpital qui existe depuis près de 100 ans et qui ont travaillé ici, à Sainte Marthe, pour cet hôpital. Que le Seigneur bénisse les sœurs», a déclaré François en confiant son intention de prière du jour.

Ce sont ces Filles de la Charité qui assurent une présence discrète lors de la messe matinale du Pape. Elles assument généralement le service de la première Lecture et du Psaume. Le 30 juillet 2019, le Pape François s’était rendu à la maison provinciale de leur communauté à Rome, afin de rendre visite à une religieuse hospitalisée, sœur Maria Mucci, qui avait travaillé de nombreuses années à la Maison Sainte-Marthe.

Qui était Louise de Marillac ?

Née en 1591 à Paris, fille naturelle d’un grand seigneur et nièce de deux personnalités en conflit avec Richelieu, Louise de Marillac se marie à un bourgeois en 1613, avant de se retrouver veuve à seulement 34 ans. mais sa rencontre avec saint Vincent de Paul bouleverse sa vie. Elle deviendra la collaboratrice de « Monsieur Vincent » dans ses œuvres de charité qui soulagent la vie de milliers de miséreux dans la France de Louis XIII puis, plus tard, sous le début de règne du jeune Louis XIV.

En 1633, ils fondent ensemble la Compagnie des Filles de la Charité, qui seront appelées Sœurs de Saint Vincent de Paul dans le langage courant. En tant que supérieure de la nouvelle communauté, elle oriente son action vers les exclus de son temps : elle crée des écoles pour les fillettes pauvres, elle organise l’accueil et l’éducation des enfants trouvés, elle développe la visite à domicile pour les malades pauvres, elle envoie des sœurs auprès des galèriens… L’amour de l’homme créé à l’image de Dieu et racheté par le sang de son Fils unique motive son action et sa vocation.

Elle meurt à la tâche en 1660, tout comme saint Vincent de Paul. Son corps repose au 140 rue du Bac, à Paris. Elle fut béatifié par Benoît XV en 1920, canonisée par Pie XI en 1934. En 1960, saint Jean XXIII la déclare patronne de tous les travailleurs sociaux chrétiens.

Les Filles de la Charité aujourd’hui

Les Filles de la Charité de Saint Vincent-de-Paul forment actuellement une société de vie apostolique de droit pontifical, et constituent le plus grand groupe de religieuses au monde, avec plus de 15 000 sœurs recensées en 2016. Elles sont notamment présentes dans le monde de la santé et l’enseignement.

Cette compagnie fut la première communauté religieuse féminine à ne pas être soumise à la règle de la clôture, et elle a tenu un rôle central dans le développement du système hospitalier, en France notamment.

Source: Vaticannews, le 9 mai 2020