Le Pape appelle l’Europe à ouvrir les portes du cœur aux réfugiés

Le Pape appelle l’Europe à ouvrir les portes du cœur aux réfugiés

À l’issue de l’audience générale de ce mercredi, salle Paul VI, au Vatican, le Pape François est revenu sur le sort des réfugiés et des personnes migrantes. Il a ainsi lancé un appel à trois jours de Noël aux Européens : ouvrir la porte de notre cœur aux réfugiés.

Xavier Sartre – Cité du Vatican

En cette période de l’Avent, et à quelques jours seulement de Noël, le Pape François a lancé un appel aux Églises et aux autorités nationales en Europe pour qu’elles accueillent des réfugiés et des personnes migrantes comme il l’a fait avec un groupe de personnes rencontrées lors de son voyage à Chypre et en Grèce au début du mois de décembre. «C’est un petit signe qui, j’espère, servira à stimuler les autres pays européens afin qu’ils permettent aux réalités ecclésiales locales de prendre en charge d’autres frères et sœurs qui doivent être relogés, accompagnés, promus et intégrés d’urgence», a-t-il déclaré devant les fidèles, salle Paul VI.

La question migratoire concerne tout le monde

François a ainsi évoqué son dernier voyage apostolique où il a pu toucher «de la main»«l’humanité blessée des réfugiés et des migrants», référence à sa visite au camp de Lesbos, en Grèce, et à la prière œcuménique organisée avec des réfugiés à Nicosie, à Chypre. Sur place, il a constaté que «seuls quelques pays européens supportent la majeure partie des conséquences du phénomène migratoire en Méditerranée, alors qu’en réalité, il réclame une responsabilité partagée par tous, et de laquelle nul pays ne peut s’exonérer parce qu’il s’agit d’un problème d’humanité» a-t-il affirmé.

Le Saint-Père a ainsi salué les autorités italiennes et leur «généreuse ouverture»qui lui ont permis d’amener à Rome cette dizaine de réfugiés et de personnes migrantes. «Bienvenue» a-t-il dit à ceux présents à l’audience ; «nous les prendrons en charge, comme Église, dans les prochains mois». Et d’affirmer que les Églises locales, les congrégations religieuses et les organisations catholiques sont nombreuses et prêtes à les accueillir et à les accompagner vers «une féconde intégration»«Il suffit d’ouvrir une porte, la porte du cœur ! N’y renonçons pas, en ce Noël».

Rencontre avec un enfant afghan soigné à Rome

À l’issue de l’audience générale, le Pape François a salué le petit garçon d’un an et demi d’origine afghane qu’il avait rencontré dans le camp de Mavrovouni à Lesbos, avec sa famille, et qui était venu à Rome pour se faire soigner grâce à l’intervention du Saint-Père et aux efforts de la Communauté de Sant’Egidio.

Appel entendu par les Églises

Les Églises européennes ont aussitôt réagi à l’appel du Pape. La conférence des évêques de France a par exemple rappelé que «l’Église s’engage depuis longtemps pour l’accueil des personnes migrantes et réfugiées. Ces dernières années, notamment depuis l’appel du pape François en 2015, les projets d’accueil et d’accompagnement se sont multipliés dans la plupart des diocèses. De nombreux catholiques s’engagent ainsi, en collaboration avec d’autres, en faveur de l’accueil, la protection, la promotion et l’intégration des personnes migrantes et réfugiées. L’Église catholique en France renouvelle son désir de contribuer à cet accueil et dans cette perspective redit sa disponibilité au dialogue avec le gouvernement français.»

En tant que président de la Comece, le cardinal Hollerich souligne que «l’Église en Europe ne peut pas être indifférente à un tel appel et doit répondre avec un engagement renouvelé, avec une voix prophétique et des exemples concrets de solidarité envers ces réfugiés, enfants de Dieu, personnes avec des visages, des biographies, des familles qui ont besoin de nous plus que jamais». Il demande à ce que les réfugiés qui sont coincés dans les pays de premier accueil soient réaffectés dans d’autres pays. Il appelle aussi les paroisses, les communautés et les fidèles européens «à devenir de vrais témoins du Christ en ce temps de Noël et à accueillir dans un esprit de service ceux qui sont arrivés sur nos terres à la recherche de protection comme réfugiés et à fournir un effort commun qui porte à des projets concrets pour les loger, en collaboration avec les autorités publiques».

Source: VATICANNEWS, le 22 décembre 2021

22.12.2021 – AUDIENCE GÉNÉRALE À ROME

Noël rappelle que l’humilité mène à Dieu

À trois jours de Noël, le Pape François, lors de l’audience générale de ce mercredi en salle Paul VI au Vatican, a consacré sa catéchèse à la naissance de Jésus. Il est revenu sur la symbolique entourant cet événement «qui concernent tous les hommes». Il a expliqué que seule l’humilité nous permettait de trouver Dieu et invité tous les hommes et toutes les femmes dans la grotte de Bethléem. 

Xavier Sartre – Cité du Vatican

«Jésus est le nom et le visage de l’amour qui est le fondement de notre joie» : François revient sur «un événement universel qui concerne tous les hommes», la naissance de Jésus. Il souligne tout d’abord un fait : «le Créateur de l’univers n’a pas eu de lieu pour naître !», Joseph et Marie ne trouvant pas de lieu pour les accueillir à leur arrivée à Bethléem pour se faire recenser. Ensuite, ce furent un ange à annoncer la naissance de Jésus aux bergers et une étoile à indiquer aux Mages le lieu où le trouver. «L’ange est un messager de Dieu. L’étoile nous rappelle que Dieu a créé la lumière,» explique le Pape.

Il poursuit son décryptage : «les bergers personnifient les pauvres d’Israël, des personnes humbles qui vivent intérieurement avec la conscience de leur propre manque et qui, pour cette raison, font confiance à Dieu plus que les autres». Ils furent transformés par cette rencontre. Quant aux Mages, ils représentent «les peuples païens, en particulier tous ceux qui, au cours des siècles, ont cherché Dieu et se sont mis à sa recherche» mais aussi «les riches et les puissants, mais seulement ceux qui ne sont pas esclaves de la possession».

L’humilité, ou le chemin qui conduite vers Dieu

Tous ont en commun l’humilité, «chemin qui nous conduit à Dieu et, en même temps, précisément parce qu’elle nous conduit à lui, elle nous conduit aussi à l’essentiel de la vie, à son sens le plus vrai, à la raison la plus sûre pour laquelle la vie vaut la peine d’être vécue» affirme le Saint-Père. «Seule l’humilité nous ouvre à l’expérience de la vérité, de la joie authentique, de la connaissance qui compte. Sans humilité, nous sommes « coupés » de la compréhension de Dieu et de nous-mêmes», poursuit-il. Le meilleur exemple est peut-être à trouver chez les Mages qui «acceptent l’humilité de chercher, de se mettre en route, de demander, de risquer, de se tromper».

Il en est de même de tout homme qui est appelé à chercher Dieu et à le trouver, avec sa propre grâce. D’où cette invitation du Pape François à tous les hommes et toutes les femmes à venir dans la grotte de Bethléem pour adorer le Fils de Dieu fait homme. Une invitation d’abord adressée aux pauvres comme l’exhorta saint Paul VI dans une homélie du 1er mai 1969 : «nous devons aimer, car ils sont en quelque sorte un sacrement du Christ ; en eux – dans les affamés, les assoiffés, les exilés, les nus, les malades, les prisonniers – il a voulu s’identifier mystiquement. Nous devons les aider, souffrir avec eux, et nous devons aussi les suivre, car la pauvreté est le chemin le plus sûr vers la pleine possession du Royaume de Dieu».

Invitation aux athées

François s’adresse ensuite aux athées, leur répétant le message du Concile Vatican II : «L’Église croit que la reconnaissance de Dieu ne s’oppose en rien à la dignité humaine, puisque cette dignité trouve précisément en Dieu son fondement et sa perfection. […] L’Église sait parfaitement que son message est en harmonie avec les aspirations les plus secrètes du cœur humain».

Le Papel, souhaitant un joyeux Noël, invite enfin à rentrer chez soi avec le souhait des anges : «Paix sur terre aux hommes qu’il aime», avec la certitude de «savoir que nous avons été aimés sans aucun mérite, que nous sommes toujours précédés par Dieu dans l’amour, un amour si concret qu’il s’est fait chair et est venu habiter parmi nous».

Source: VATICANNEWS, le 22 décembre 2021