Saint Patrick Évêque « Apôtre de l’Irlande » (385-461)
Patrick, jeune gallois d’une famille chrétienne, à 16 ans est enlevé par des pirates et vendu comme esclave en Irlande. Il y passe six ans puis s’enfuit et retrouve ses parents.
Après un séjour en France où il est consacré évêque, il se sent appelé à revenir dans cette Irlande de sa servitude pour l’évangéliser. Il y débarque en 432 et multiplie prédications et conversions dans une population dont, par force, il connaît bien les coutumes et la langue.
Au Rock de Cashel, lors d’un sermon demeuré célèbre, il montra une feuille de trèfle : « Voilà la figure de la Sainte Trinité ». Les figures de triades étaient familières à la religion celtique : le trèfle deviendra le symbole de l’Irlande. On pense que la plupart des druides devinrent moines, adoptant la religion chrétienne présentée avec tant de finesse et de conviction.
Lorsque meurt Patrick, à Armagh, l’Irlande est chrétienne sans avoir compté un seul martyr et les monastères y sont très nombreux.
« Saint Patrick fut le premier Primat d’Irlande. Mais il fut surtout celui qui sut mettre dans l’âme irlandaise une tradition religieuse si profonde que chaque chrétien en Irlande peut à juste titre se dire l’héritier de saint Patrick. C’était un Irlandais authentique, c’était un chrétien authentique: le peuple irlandais a su garder intact cet héritage à travers des siècles de défis, de souffrances et de bouleversements sociaux et politiques, devenant ainsi un exemple pour tous ceux qui croient que le Message du Christ développe et renforce les aspirations les plus profondes des peuples à la dignité, à l’union fraternelle et à la vérité. » (discours au Corps diplomatique – saint Jean-Paul II – 29 septembre 1979)
À l’occasion d’une fête juive, Jésus monta à Jérusalem. Or, à Jérusalem, près de la porte des Brebis, il existe une piscine qu’on appelle en hébreu Bethzatha. Elle a cinq colonnades, sous lesquelles étaient couchés une foule de malades, aveugles, boiteux et impotents. […] Il y avait là un homme qui était malade depuis trente-huit ans. Jésus, le voyant couché là, et apprenant qu’il était dans cet état depuis longtemps, lui dit : « Veux-tu être guéri ? » Le malade lui répondit : « Seigneur, je n’ai personne pour me plonger dans la piscine au moment où l’eau bouillonne ; et pendant que j’y vais, un autre descend avant moi. » Jésus lui dit : « Lève-toi, prends ton brancard, et marche. » Et aussitôt l’homme fut guéri. Il prit son brancard : il marchait ! Or, ce jour-là était un jour de sabbat. Les Juifs dirent donc à cet homme que Jésus avait remis sur pieds : « C’est le sabbat ! Il ne t’est pas permis de porter ton brancard. » Il leur répliqua : « Celui qui m’a guéri, c’est lui qui m’a dit : “Prends ton brancard, et marche !” » Ils l’interrogèrent : « Quel est l’homme qui t’a dit : “Prends ton brancard, et marche” ? » Mais celui qui avait été rétabli ne savait pas qui c’était ; en effet, Jésus s’était éloigné, car il y avait foule à cet endroit. Plus tard, Jésus le retrouve dans le Temple et lui dit : « Te voilà guéri. Ne pèche plus, il pourrait t’arriver quelque chose de pire. » L’homme partit annoncer aux Juifs que c’était Jésus qui l’avait guéri. Et ceux-ci persécutaient Jésus parce qu’il avait fait cela le jour du sabbat.
Acclamons et partageons la parole de Dieu !
COMMENTAIRE :
Jean Tauler (v. 1300-1361)
dominicain à Strasbourg
Sermon 8 (trad. Cerf 1991, p. 63)
« Lève-toi, prends ton brancard, et marche »
Notre Seigneur est venu à la piscine de Bézatha ; il y a trouvé un homme malade depuis trente-huit ans, et il lui a dit : « Veux-tu être guéri ? »… Mes enfants, remarquez bien que ce malade était resté là très longtemps, de longues années. Ce malade était destiné à servir la gloire de Dieu, et non la mort (Jn 11,4). Oh, si l’on voulait s’efforcer de comprendre dans un esprit de vraie patience l’enseignement profond contenu dans le fait que le malade avait attendu trente-huit ans que Dieu le guérisse et lui ordonne de s’en aller ! Cela s’adresse aux gens qui, ayant à peine commencé une vie un peu à part et ne voyant pas se produire aussitôt les grandes choses attendues, croient tout perdu et se plaignent de Dieu comme s’il les traitait injustement. Comme il y a peu d’hommes qui possèdent cette noble vertu de pouvoir s’abandonner et se résigner, qui se tiennent pour ce qu’ils sont, et supportent leur infirmité, leurs entraves et leurs tentations, jusqu’à ce que le Seigneur lui-même les guérisse… Quelle puissance et quelle maîtrise seraient données à cet homme ! C’est à celui-là qu’il serait dit en vérité : « Lève-toi, tu ne dois plus rester couché, tu dois sortir triomphant de toute captivité, être délié et marcher en toute liberté ; tu porteras ton lit, c’est-à-dire ce qui te portait auparavant, tu dois maintenant l’enlever et le porter avec puissance et force. » Celui que le Seigneur délivrera lui-même, celui-là serait bien délivré, il marcherait plein de joie et, après cette longue attente, il obtiendrait une merveilleuse liberté dont sont privés tous ceux qui croient se délivrer eux-mêmes et brisent leurs liens avant le temps.
LECTURES :
Livre d’Ézéchiel 47,1-9.12.
En ces jours-là, au cours d’une vision reçue du Seigneur, l’homme me fit revenir à l’entrée de la Maison, et voici : sous le seuil de la Maison, de l’eau jaillissait vers l’orient, puisque la façade de la Maison était du côté de l’orient. L’eau descendait de dessous le côté droit de la Maison, au sud de l’autel. L’homme me fit sortir par la porte du nord et me fit faire le tour par l’extérieur, jusqu’à la porte qui fait face à l’orient, et là encore l’eau coulait du côté droit. L’homme s’éloigna vers l’orient, un cordeau à la main, et il mesura une distance de mille coudées ; alors il me fit traverser l’eau : j’en avais jusqu’aux chevilles. Il mesura encore mille coudées et me fit traverser l’eau : j’en avais jusqu’aux genoux. Il mesura encore mille coudées et me fit traverser : j’en avais jusqu’aux reins. Il en mesura encore mille : c’était un torrent que je ne pouvais traverser ; l’eau avait grossi, il aurait fallu nager : c’était un torrent infranchissable. Alors il me dit : « As-tu vu, fils d’homme ? » Puis il me ramena au bord du torrent. Quand il m’eut ramené, voici qu’il y avait au bord du torrent, de chaque côté, des arbres en grand nombre. Il me dit : « Cette eau coule vers la région de l’orient, elle descend dans la vallée du Jourdain, et se déverse dans la mer Morte, dont elle assainit les eaux. En tout lieu où parviendra le torrent, tous les animaux pourront vivre et foisonner. Le poisson sera très abondant, car cette eau assainit tout ce qu’elle pénètre, et la vie apparaît en tout lieu où arrive le torrent. Au bord du torrent, sur les deux rives, toutes sortes d’arbres fruitiers pousseront ; leur feuillage ne se flétrira pas et leurs fruits ne manqueront pas. Chaque mois ils porteront des fruits nouveaux, car cette eau vient du sanctuaire. Les fruits seront une nourriture, et les feuilles un remède. »
Psaume 46(45),2-3.5-6.8-9a.10a.
R/ Il est avec nous, le Dieu de l’univers ;citadelle pour nous, le Dieu de Jacob ! (Ps 45, 8)
Dieu est pour nous refuge et force, secours dans la détresse, toujours offert. Nous serons sans crainte si la terre est secouée, si les montagnes s’effondrent au creux de la mer.
Le Fleuve, ses bras réjouissent la ville de Dieu, la plus sainte des demeures du Très-Haut. Dieu s’y tient : elle est inébranlable ; quand renaît le matin, Dieu la secourt.
Il est avec nous, le Seigneur de l’univers ; citadelle pour nous, le Dieu de Jacob ! Venez et voyez les actes du Seigneur, il détruit la guerre jusqu’au bout du monde.
Saint Jean-Baptiste était chargé d’annoncer la venue immédiate du Messie. On peut dire dès lors qu’il fut le plus grand précurseur de Jésus dans l’Ancien Testament. C’est ainsi que saint Thomas entend la parole de Jésus en saint Matthieu, XI, 11 : « En vérité, je vous le dis, parmi les enfants des femmes, il n’en a point paru de plus grand que Jean-Baptiste. »
Mais Notre-Seigneur ajoute aussitôt : « Cependant le plus petit dans le royaume des cieux est plus grand que lui. » Le royaume des cieux, c’est l’Église de la terre et du Ciel : c’est le Nouveau Testament, plus parfait comme état que l’Ancien, quoique certains justes de l’Ancien aient été plus saints que beaucoup du Nouveau. Et qui dans l’Église est le plus petit ?
Paroles mystérieuses, qui ont été diversement interprétées. Elles font penser à celles-ci prononcées plus tard par Jésus : « Celui d’entre vous qui est le plus petit, c’est celui-là qui est le plus grand » (Luc., IX, 48). Le plus petit, c’est-à-dire le plus humble, le serviteur de tous c’est, de par la connexion et la proportion des vertus, celui qui a la plus haute charité. Et qui dans l’Église est le plus humble ? Celui qui ne fut ni Apôtre, ni Évangéliste, ni martyr extérieurement du moins, ni pontife, ni prêtre, ni docteur, mais qui connut et aima le Christ Jésus non moins certes que les apôtres, que les évangélistes, que les martyrs, que les pontifes et les docteurs : l’humble artisan de Nazareth, l’humble Joseph.
Les Apôtres étaient appelés à faire connaître aux hommes le Sauveur, à leur prêcher l’Évangile pour les sauver. Leur mission, comme celle de saint Jean-Baptiste, est de l’ordre de la grâce nécessaire à tous pour le salut. Mais il y a un ordre supérieur encore à celui de la grâce.
C’est celui constitué par le mystère même de l’Incarnation, l’ordre de l’union hypostatique ou personnelle de l’Humanité de Jésus au Verbe même de Dieu. A cet ordre supérieur confine la mission unique de Marie, la maternité divine, et aussi, en un sens, la mission cachée de Joseph.
Père Réginald Garrigou-Lagrange (1877-1964), La Prééminence de saint Joseph sur tout autre saint ; La Vie Spirituelle, t. 19, pp. 662-683
Prions : Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort. Amen.
Né le 25 mars 1593 à Condé-sur-Vire en Normandie, Jean de Brébeuf est un des premiers pères jésuites à aller en Nouvelle-France. Il arrive à Québec en juin 1625, s’installe chez les Montagnais et plus tard, chez les Hurons.
Dans ses mémoires, il relate de façon admirable le mode de vie et les mœurs de ces peuples. Ces notes furent par la suite reproduites dans les « Relations des Jésuites » et sont aujourd’hui des sources d’information précieuses pour nous aider à comprendre la vie des Hurons avant les guerres et les épidémies qui décimeront leurs populations.
Il traduit un catéchisme et plusieurs prières dans la langue des Hurons et entreprend même la rédaction d’un dictionnaire et d’une grammaire. Brébeuf établit plusieurs missions en Huronie dont celle de Ihonatiria (Saint-Joseph). Peu après l’arrivée des Européens, les Hurons sont victimes de plusieurs épidémies de variole, de grippe et de dysenterie.
Le travail de conversion de Brébeuf est difficile et peu efficace. Lors d’une émeute en 1640, Brébeuf et d’autres Jésuites sont battus et la chapelle est détruite. C’est en 1642 que les vrais problèmes commencent. Soutenus par les Anglais dans leur entreprise, les Iroquois amorcent une vaste offensive contre leurs anciens ennemis les Hurons et leurs alliés français. Ils bloquent les routes commerciales en multipliant les pillages et les massacres sanglants. En 1647, la menace iroquoise est devenue telle que les Hurons refusent d’entreprendre des voyages vers Québec.
Le 4 juillet 1648, alors que les guerriers hurons sont absents, les Iroquois attaquent les missions de Saint-Joseph et Saint-Michel en Huronie. Plusieurs habitants sont massacrés dont le père Antoine Daniel qui sera criblé de flèches. Les Iroquois prennent 700 prisonniers.
Le 16 mars 1649, plus de 1000 Iroquois attaquent les missions de Saint-Ignace et de Saint-Louis où se trouvent alors les pères Brébeuf et Lalemant. Les deux hommes sont faits prisonniers et emmenés dans un village dans l’actuelle région de Midland, en Ontario.
Le père Jean de Brébeuf subit alors une des plus atroces tortures. Ces actes furent rapportés par Christophe Regnault qui put observer le cadavre. Le corps a été sauvagement battu et a reçu au moins 200 coups de bâtons. On avait arraché la chair des bras et des jambes de Brébeuf jusqu’aux os et on l’avait aspergé d’eau bouillante pour ridiculiser le sacre du baptême. Les Iroquois avaient également placé un collier de haches incandescentes autour de son cou et de son ventre et lui avaient arraché les lèvres pour qu’il cesse de parler de Dieu. Son crâne avait été scalpé et son cœur, arraché. Il est possible que les Iroquois l’aient dévoré, croyant ainsi absorber les qualités de leurs ennemis.
La nation huronne entière est bientôt décimée. Quelques survivants se réfugient chez des nations alliées du nord ou encore près de Québec où leurs descendants vivent toujours. Brébeuf fut proclamé Saint Patron du Canada en 1940.
Jean de Brébeuf, et ses compagnons martyrs (mémoire 19 octobre) ont été béatifiés le 21 juin 1925, par le « Pape des Missions » Pie XI (Ambrogio Damiano Achille Ratti, 1922-1939) et canonisés, par le même pape, le 29 juin 1930.