Le Rosaire public de saint Louis-Marie Grignion de Montfort

Le Rosaire public de saint Louis-Marie Grignion de Montfort

Missionnaire, le père Louis-Marie Grignion de Montfort (1) remontait la Seine dans une embarcation où se pressaient au moins 200 personnes plaisantant grossièrement, ou chantant des chansons lascives.

À peine engagé dans ce va-et-vient de maquignons et de harengères, le père de Montfort commence par ajuster son crucifix au bout de son bâton. Puis se prosternant, il s’écrie : « Que ceux qui aiment Jésus-Christ se joignent à moi pour l’adorer. » Des haussements d’épaules et des ricanements l’accueillent.

Alors, se tournant vers le frère Nicolas : « A genoux, dit-il, et récitons le Rosaire ! » Sous une avalanche de quolibets, les deux hommes, tête nue, le visage recueilli, et calme, égrènent les Ave Maria. Le premier chapelet terminé, le saint se lève et d’une voix douce invite l’assistance à s’unir à lui pour invoquer Marie.

Personne ne bouge, mais les huées s’apaisent pendant que la prière commence. A mesure que se succèdent les invocations « Sainte Marie, priez pour nous, pauvres pécheurs », le visage du saint se transfigure.

Lorsque sont achevées les cinq nouvelles dizaines, il y a dans son regard une telle supplication, dans sa voix tant d’onction et d’autorité que, lorsqu’il conjure l’assistance de réciter avec lui un troisième chapelet, tous tombent à genoux et répètent docilement ces suaves paroles, désapprises depuis l’enfance. Le saint prêtre peut se réjouir : d’un théâtre d’obscénités, il a fait un sanctuaire ; sur les lèvres accoutumées aux blasphèmes, il a ramené le nom de Marie.

Saint Recueil Marial 1975 p.12

(1) Saint Louis-Marie Grignion de Montfort (16731716) est un prêtre catholique français qui a évangélisé l’ouest de la France et qui est l’auteur du Traité de la vraie dévotion à Marie

Lectures de la messe du jour

Prions :
Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort.
Amen.

Source : une minute avec Marie

30.10.2026 – SAINT DU JOUR

Bx Ange d'Acri

Bx Ange (Angelo) d’Acri 
Prêtre o.f.m. cap.
(1669-1739)

Angelo, siècle Lucantonio, naît le 19 octobre 1669 à Acri, en Calabre, de Francesco Falcone et de Diana Enrico : parents pauvres mais riches en vertus chrétiennes.  Il eut le bonheur d’avoir pour maître, dans son enfance, un pieux capucin qui lui apprit à méditer chaque jour la Passion de Jésus-Christ et à s’approcher souvent du sacrement de Pénitence et de la Table Sainte. Quelle édification pour tous de voir cet enfant passer deux ou trois heures de suite dans la contemplation des souffrances du Sauveur !

À dix-huit ans, il entra chez les Capucins ; mais il en sortit plusieurs fois par inconstance. La troisième fois il se mortifia si bien, il se mit à l’œuvre avec tant de courage, qu’il obtint la grâce de la persévérance et même dépassa de beaucoup la mesure commune de la perfection des religieux. Au jour de sa première Messe, il tomba en extase après la consécration, ce qui lui arriva souvent dans la suite.

Son désir était de passer sa vie dans le silence du couvent, tout occupé de Dieu et de son âme ; mais le Ciel le destinait à de grandes œuvres. Ses premières prédications furent laborieuses, car la mémoire lui fit défaut, et il lui fut impossible de prêcher ses sermons comme il les avait écrits. Craignant de ne pas être appelé à la vie de missionnaire, il pria Dieu avec ferveur de lui manifester sa Volonté. Il entendit un jour, pendant sa prière, une voix qui lui dit : « Ne crains rien, je te donnerai le don de la prédication, et désormais toutes tes fatigues seront bénies. Tu prêcheras à l’avenir dans un style familier, afin que tous puissent comprendre tes discours. »
Désormais il abandonne ses écrits et ses livres, pour se borner à l’étude de l’Écriture Sainte et du grand livre du Crucifix. 

Son éloquence, puisée à ces sources, devint si chaude et si profonde, que les plus savants eux-mêmes en étaient ravis d’admiration. Pendant trente-huit années d’apostolat, malgré les efforts de l’enfer, il opéra un bien immense dans la Calabre. Sa grande force, son argument invincible, était surtout le souvenir de la Passion ; il n’en parlait jamais sans faire pleurer son auditoire.
Il passa de la terre au ciel le 30 octobre 1739.

Angelo d’Acri fut béatifié le 9 décembre 1825 par le pape Léon XII (Annibale Sermattei Della Genga, 1823-1829).

©Evangelizo.org

Bx Angelo d’Acri priez pour nous !

30.10.2026 – ÉVANGILE DU JOUR

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 14,1-6. 

Un jour de sabbat, Jésus était entré dans la maison d’un chef des pharisiens pour y prendre son repas, et ces derniers l’observaient.
Or voici qu’il y avait devant lui un homme atteint d’hydropisie.
Prenant la parole, Jésus s’adressa aux docteurs de la Loi et aux pharisiens pour leur demander : « Est-il permis, oui ou non, de faire une guérison le jour du sabbat ? »
Ils gardèrent le silence. Tenant alors le malade, Jésus le guérit et le laissa aller.


Puis il leur dit : « Si l’un de vous a un fils ou un bœuf qui tombe dans un puits, ne va-t-il pas aussitôt l’en retirer, même le jour du sabbat ? »
Et ils furent incapables de trouver une réponse.

Acclamons et partageons la parole de Dieu !

COMMENTAIRE :

Bienheureux Guerric d’Igny (v. 1080-1157)

abbé cistercien

Sermon (in Lectionnaire pour les dimanches et pour les fêtes; trad. J.-R. Bouchet; Éd. du Cerf 1994; p.299)

Jésus à table avec les pharisiens

Le Créateur éternel et invisible du monde, se disposant à sauver le genre humain qui se traînait au long des âges soumis aux dures lois de la mort, « dans ces temps qui sont les derniers » (He 1,2) a daigné se faire homme (…), pour racheter dans sa clémence ceux que dans sa justice il avait condamnés. Afin de montrer la profondeur de son amour pour nous, il ne s’est pas fait seulement homme, mais homme pauvre et humble, afin que, s’approchant de nous en sa pauvreté, il nous donne d’avoir part à ses richesses (2Co 8,9). Il s’est fait si pauvre pour nous qu’il n’a pas eu de lieu où reposer la tête : « Les renards ont leur tanière et les oiseaux du ciel leur nid, le Fils de l’homme, lui, n’a pas où reposer la tête » (Mt 8,20). C’est pourquoi il acceptait d’aller aux repas auxquels on l’invitait, non par goût immodéré des repas, mais pour y enseigner le salut et y susciter la foi. Là, il remplissait les convives de lumière par ses miracles. Là les serviteurs, qui étaient occupés à l’intérieur, et n’avaient pas la liberté d’aller auprès de lui, entendaient la parole du salut. En effet, il ne méprisait personne, aucun n’était indigne de son amour parce « qu’il a pitié de tous ; il n’a de haine pour aucune de ses œuvres et s’occupe avec soin de chacune d’elles » (Sg 11,24). Pour accomplir son œuvre de salut, le Seigneur entra donc dans la maison d’un notable pharisien un jour de sabbat. Les scribes et les pharisiens l’observaient pour pouvoir le reprendre, afin que, s’il guérissait l’hydropique, ils puissent l’accuser de violer la Loi et, s’il ne le guérissait pas, ils l’accusent d’impiété ou de faiblesse. (…) Par la lumière très pure de sa parole de vérité, ils voient s’évanouir toutes les ténèbres de leur mensonge.

Le Repas chez Simon le pharisien, Paul Rubens, 1618-1620, Musée de l’Ermitage

LECTURES :

Lettre de saint Paul Apôtre aux Philippiens 1,1-11. 

Paul et Timothée, serviteurs du Christ Jésus, à tous ceux qui sont sanctifiés dans le Christ Jésus et habitent à Philippes, ainsi qu’aux responsables et aux ministres de l’Église.
À vous, la grâce et la paix de la part de Dieu notre Père et du Seigneur Jésus Christ.
Je rends grâce à mon Dieu chaque fois que je fais mémoire de vous.
À tout moment, chaque fois que je prie pour vous tous, c’est avec joie que je le fais,
à cause de votre communion avec moi, dès le premier jour jusqu’à maintenant, pour l’annonce de l’Évangile.
J’en suis persuadé, celui qui a commencé en vous un si beau travail le continuera jusqu’à son achèvement au jour où viendra le Christ Jésus.
Il est donc juste que j’aie de telles dispositions à l’égard de vous tous, car je vous porte dans mon cœur, vous qui communiez tous à la grâce qui m’est faite dans mes chaînes comme dans la défense de l’Évangile et son annonce ferme.
Oui, Dieu est témoin de ma vive affection pour vous tous dans la tendresse du Christ Jésus.
Et, dans ma prière, je demande que votre amour vous fasse progresser de plus en plus dans la pleine connaissance et en toute clairvoyance
pour discerner ce qui est important. Ainsi, serez-vous purs et irréprochables pour le jour du Christ,
comblés du fruit de la justice qui s’obtient par Jésus Christ, pour la gloire et la louange de Dieu.

Psaume 111(110),1-2.3-4.5-6. 

R/ Grandes sont les œuvres du Seigneur ! (Ps 110, 2a)

De tout cœur je rendrai grâce au Seigneur 
dans l’assemblée, parmi les justes.
Grandes sont les œuvres du Seigneur ; 
tous ceux qui les aiment s’en instruisent.

Noblesse et beauté dans ses actions : 
à jamais se maintiendra sa justice.
De ses merveilles il a laissé un mémorial ; 
le Seigneur est tendresse et pitié.

Il a donné des vivres à ses fidèles, 
gardant toujours mémoire de son alliance.
Il a montré sa force à son peuple, 
lui donnant le domaine des nations.