25.10.2025 – AUDIENCE JUBILAIRE DU PAPE LÉON XIV

Audience jubilaire: «Devenir un peuple où les contraires s’unissent»

Lors de l’audience jubilaire de ce samedi 25 octobre, place Saint-Pierre, le Pape a souligné dans sa catéchèse, qu’espérer signifie aussi se laisser guider par la foi, comme l’enseigne Nicolas de Cues, cardinal du XVe siècle. «Il croyait en l’humanité et comprenait que Dieu est un mystère où ce qui est en tension trouve l’unité». Le diplomate pontifical allemand, «nous enseigne à faire de la place, à concilier les contraires, à espérer ce qui n’est pas encore visible», a dit Léon XIV.

Tiziana Campisi – Cité du Vatican

«Espérer, c’est ne pas savoir. Nous n’avons pas encore les réponses à toutes les questions. Mais nous avons Jésus. Suivons Jésus, et espérons ce que nous ne voyons pas encore. C’est aussi ce que nous enseigne l’Année Sainte», a expliqué Léon XIV aux pèlerins réunis sur la place Saint-Pierre pour l’audience jubilaire. «Comme les disciples de Jésus, nous devons maintenant apprendre à habiter un monde nouveau», à regarder chaque chose«à la lumière de la résurrection du Crucifié» et à avoir conscience qu’ainsi «nous sommes sauvés», dans cette «espérance»...

Cependant, bien que le Ressuscité ait «commencé à éduquer nos regards, et continue à le faire aujourd’huinous ne sommes pas habitués à voir les choses avec espoir». Mais «c’est avec les yeux de la foi qu’il faut se projeter vers l’avenir», a encouragé le Pape depuis le parvis de la basilique vaticane, après avoir salué les fidèles lors de son habituel tour en jeep blanche. L’amour a triomphé, «même si nous avons sous les yeux de nombreux contrastes et que nous voyons s’affronter de nombreux opposés».

Il y a des opposés à maintenir ensemble

Au XVe siècle, le cardinal allemand Nicolas de Cuse, «grand penseur et serviteur de l’unité», a vécu dans une réalité tout aussi «tourmentée». On peut apprendre de lui «qu’espérer, c’est aussi « ne pas savoir »», a indiqué le Souverain pontife, dressant ensuite le portrait du cardinal. Au cours de ses voyages, «en tant que diplomate du Pape», «il priait et réfléchissait», «c’est pourquoi ses écrits sont pleins de lumière».

Beaucoup de ses contemporains vivaient dans la peur; d’autres s’armaient en préparant de nouvelles croisades. Nicolas, en revanche, a choisi dès son plus jeune âge de fréquenter ceux qui avaient de l’espoir, ceux qui approfondissaient de nouvelles disciplines, ceux qui relisaient les classiques et revenaient aux sources. Il croyait en l’humanité. Il comprenait qu’il y avait des opposés à maintenir ensemble, que Dieu est un mystère dans lequel ce qui est en tension trouve l’unité. Nicolas savait qu’il ne savait pas et comprenait ainsi toujours mieux la réalité.

Le Pape et des pèlerins  lors de l'audience jubilaire
Le Pape et des pèlerins lors de l’audience jubilaire   (@Vatican Media)

La «savante ignorance» et l’espérance

Le cardinal Nicola Cusano enseigne alors à «faire de la place, à concilier les contraires, à espérer ce qui n’est pas encore visible», a souligné le Saint-Père, expliquant qu’il «parlait d’une ignorance savantesigne d’intelligence» et rappelant que dans certains écrits du cardinal, le protagoniste «est un personnage curieux: l’idiot», «une personne simple, qui n’a pas étudié et qui pose aux savants des questions élémentaires qui remettent en cause leurs certitudes». Il en va de même aujourd’hui dans l’Église, a fait remarquer le Souverain pontife.

«Combien de questions remettent en question notre enseignement! Les questions des jeunes, des pauvres, des femmes, et de ceux qui ont été réduits au silence ou condamnés parce qu’ils sont différents de la majorités». «Nous vivons une époque bénie: que de questions! L’Église deviendra experte en humanité si elle marche avec l’humanité et porte dans son cœur l’écho de ses questions», a dit le Pape.

Apprendre de Jésus

Face à cette prise de conscience, le Pape a invité à devenir «un peuple où les contraires s’unissent, à entrer comme des explorateurs dans le monde nouveau du Ressuscité», qui nous précède. C’est de Lui que l’Église et «toute l’humanité apprennent», a conclu Léon XIV, «en avançant pas à pas» sur un «chemin d’espérance».

Source : VATICANNEWS, le 25 octobre 2025

Lucia de Jesus : une vie dédiée à l’Église et au monde

Lucia de Jesus : une vie dédiée à l’Église et au monde

Le XIIIe Congrès de Spiritualité, organisé par les Instituts d’Inspiration Carmélite et Thérésienne, a compté sur les interventions du recteur du Sanctuaire de Fatima et du directeur du Département des Études, entre autres chercheurs et experts.

La vie et l’itinéraire spirituel de Sœur Lucia, en mettant l’accent sur sa profonde conscience ecclésiale et son rôle au sein de l’Église, ont fait l’objet de l’intervention du recteur du sanctuaire de Fatima, au XIIIe Congrès de spiritualité organisé par les Instituts d’inspiration carmélite et térésien, à la Domus Carmeli, à Fatima, entre le 17 et le 19 octobre.

« Sœur Lúcia, pèlerine et témoin de la Lumière, est au cœur de l’Église du XXe et XXIe siècle et est consciente de sa place et de sa mission au cœur de l’Église », a commencé par mentionner le père Carlos Cabecinhas, lors de la réunion qui avait pour thème « Lúcia de Jesus, pèlerine et témoin ».

En soulignant les images d’Église les plus fréquentes dans les écrits de Sœur Lucia ─ l’Église « Corps du Christ » et l’Église expérimentée en tant que Mère ─ le recteur du Sanctuaire a souligné que, pour la religieuse, l’Église était à la fois la maison où elle a vécu et le lieu de la mission.

« Pour Lucie, l’Église n’est pas seulement la hiérarchie ─ le Pape, les évêques et les prêtres ─ mais, en tant que Corps du Christ, elle est constituée de tous les baptisés », a-t-il souligné.

C’est lors de la deuxième apparition, en juin 1917, que Lucia a su que quelque chose de spécial lui était réservé. « La mission lui a été confiée par Dieu : contrairement à ses cousins Francisco et Jacinta, Lucia reste sur terre « un peu plus longtemps », parce que Jésus veut l’utiliser pour faire connaître et aimer la Vierge Marie », se souvient le prêtre Carlos Cabecinhas qui a mis en évidence l’accomplissement inlassable, par Lucia, de chercher par tous les moyens à sa disposition pour diffuser les demandes du Ciel.

Même consciente que l’interprétation du message de Fatima ne lui appartenait pas, mais à l’Église, Lucia n’a jamais cessé de collaborer avec humilité, obéissant à ses supérieurs et aux Papes. C’est ainsi qu’il a écrit dans le livre « Appels du Message de Fatima », cité par le recteur du Sanctuaire de Fatima : « L’interprétation du sens du message est entièrement libre à la Sainte Église, car c’est à elle qu’elle appartient et qui est compétente ; c’est pourquoi, humblement et de bonne volonté, je me soumets à tout ce qu’elle dit et veut corriger, modifier ou déclarer ».

Tout au long de sa vie, l’obéissance a été une marque indélébile de la spiritualité de Sœur Lucia. Il n’a jamais écrit de sa propre initiative, mais sur ordre des autorités ecclésiales. C’est par obéissance qu’il a rédigé ses Mémoires, le livre « Appels » et la troisième partie du Secret de Fatima, non sans une intense lutte intérieure.

Lucia a connu des périodes de silence imposé, de restrictions et d’incompréhension au sein de l’Église elle-même. Il a souffert des tensions internes de l’après-Concile Vatican II et de la désunion entre frères dans la foi. Mais en tout, il est resté fidèle, priant sans cesse « pour la paix de l’Église », « pour le Pape », « pour les prêtres » et « pour l’unité des chrétiens », a rappelé le père Carlos Cabecinhas.

Sans oublier l’union profonde de Lucia avec les papes et la sollicitude pour toute l’Église, le recteur du sanctuaire de Fatima a conclu en soulignant que « Lucia a pris pour mission d’être la lumière pour l’Église : s’offrir à Dieu pour se donner pour l’Église et pour le monde ».

En souffrant pour l’Église, en intercédant et en s’offrant pour elle, la religieuse a non seulement diffusé le message de Fatima, mais s’est transformée en lumière pour l’Église, comme le disent les auteurs François-Marie Léthel et Ângela Coelho, cités par le recteur du Sanctuaire.

« Dans les vicissitudes de sa longue vie, elle a vécu au cœur de l’Église et s’est laissée travailler par la grâce de Dieu, au point de devenir une véritable apôtre pour l’Église du message que le Ciel lui a confié ; un apôtre qui a su incarner ce message d’unité », a conclu le père Carlos Cabecinhas.

Lucia dans le collimateur des médias

Avec le thème « Lucia de Jésus, du village au cloître et du cloître au monde : lectures médiatiques sur une carmélite en temps de mondialisation », l’intervention du directeur du département d’études du sanctuaire de Fatima s’est portée sur la représentation médiatique de la voyante, pendant sa longue vie, mais aussi après la mort.

Marco Daniel Duarte a souligné comment Lúcia de Jesus, malgré la vie au couvent, a continuellement attiré l’attention des médias et de ceux qui voulaient avec elle confirmer ou infirmer les aspects de Fatima.

Parallèlement à cette analyse, le directeur du Département des études a mis en évidence les instrumentalisations que la figure de Lucia a subies au fil du temps, en particulier celles qui font de cette figure historique un drapeau pour la défense d’interprétations extravagantes du message de Fatima et de la pratique de l’Église actuelle.

En passant par la documentation de 1917 jusqu’à celle qui témoigne de l’action de Lucia tout au long de sa vie, Marco Daniel Duarte a souligné la pertinence publique continue de la voyante de Fatima.

Le programme de ce XIIIe Congrès de Spiritualité a également inclus les interventions « Interpellations de Lucie de Jésus à la famille carmélite et térésienne », par le père Miguel Marquez, supérieur général de l’Ordre des Carmélites déchaussées ; « La nouveauté spirituelle d’Ir. Lúcia dans la tradition carmélite », par les pères Joaquim Teixeira et Renato Pereira ; « Lúcia écrivain dans une famille charismatique d’écrivains », par l’enquêteur José Rui Teixeira, et « La force d’un « oui » », par sœur Ângela Coelho, religieuse de l’Alliance de Santa Maria.

Source : SANCTUAIRE DE FÁTIMA, le 19 octobre 2026

Le Pape exhorte à plus d’attention à la réflexion sur le mariage et la famille 

Audience du Pape avec des professeurs et étudiants de l’Institut théologique pontifical Jean-Paul II pour les sciences du mariage et de la famille  (@Vatican Media)

Le Pape exhorte à plus d’attention à la réflexion sur le mariage et la famille 

Recevant vendredi 24 octobre les enseignants et étudiants de l’Institut théologique pontifical Jean-Paul II pour les sciences du mariage et de la famille en Salle Clémentine, Léon XIV les a invités «à approfondir le lien entre la famille et la doctrine sociale de l’Église». Mais aussi «à être attentifs dans leur réflexion sur la préparation au sacrement du mariage».


Françoise Niamien – Cité du Vatican

«Dans les différents contextes sociaux, économiques et culturels, les défis qui nous interpellent sont différents: partout et toujours, cependant, nous sommes appelés à soutenir, défendre et promouvoir la famille, avant tout par un style de vie cohérent avec l’Évangile», a indiqué le Pape Léon XIV aux deux cents enseignants et étudiants de l’institut dont la vocation est née de la vision prophétique de saint Jean-Paul II, dans le sillage du Synode de 1980 sur la famille, et qui constitue un corps académique unique réparti sur les différents continents, afin de répondre aux besoins de formation en étant le plus proche possible des couples et des familles.

La recherche et le témoignage commun de la vérité

Dans son discours, le Pape a rappelé que la mission et le cheminement de cet institut: «contribue à l’intelligence du magistère pontifical et à l’actualisation constante du dialogue entre la vie familiale, le monde du travail et la justice sociale, en abordant des questions d’actualité brûlantes, telles que la paix, le soin de la vie et de la santé, le développement humain intégral, l’emploi des jeunes, la durabilité économique, l’égalité des chances entre les hommes et les femmes, autant de facteurs qui influencent le choix de se marier et d’avoir des enfants». «En ce sens, votre mission spécifique concerne la recherche et le témoignage commun de la vérité», a affirmé le Saint-Père qui estime qu’en accomplissant cette tâche, «la théologie est appelée à se confronter aux différentes disciplines qui étudient le mariage et la famille, sans se contenter de dire la vérité à leur sujet, mais en la vivant dans la grâce du Saint-Esprit et à l’exemple du Christ, qui nous a révélé le Père par ses actions et ses paroles».

Occasion pour le Souverain pontife de leur rappeler que «la qualité de la vie sociale et politique d’un pays se mesure  à la manière dont il permet aux familles de bien vivre, d’avoir du temps pour elles-mêmes, en cultivant les liens qui les unissent». Dans une société qui exalte souvent la productivité et la rapidité au détriment des relations, il devient urgent de redonner du temps et de l’espace à l’amour que l’on apprend dans la famille, où s’entremêlent les premières expériences de confiance, de don et de pardon, qui constituent le tissu de la vie sociale.

«La vie humaine un don être accueillie avec respect, soin et gratitude»

Poursuivant, le Pape  Léon XIV s’est souvenu «avec émotion» des paroles de son prédécesseur, le Pape François, lorsqu’il s’est adressé avec tendresse aux femmes qui attendent un enfant, leur demandant de préserver la joie de mettre au monde une nouvelle vie (cf. Amoris laetitia, 171). «Ses paroles renferment une vérité simple et profonde: la vie humaine est un don et doit toujours être accueillie avec respect, soin et gratitude» a-t-il soutenu.

C’est pourquoi, «face à la réalité de tant de mères qui vivent leur grossesse dans la solitude ou la marginalité, je me sens le devoir de rappeler que la communauté civile et les communautés ecclésiales doivent s’engager avec constance pour redonner à la maternité toute sa dignité» a-t-il relevé. «À cette fin, des initiatives concrètes sont nécessaires: des politiques qui garantissent des conditions de vie et de travail adéquates; des initiatives éducatives et culturelles qui reconnaissent la beauté de procréer ensemble; une pastorale qui accompagne les femmes et les hommes avec proximité et écoute».

Approfondir le lien entre la famille et la doctrine sociale de l’Église

«Votre contribution au développement de la doctrine sociale sur la famille correspond à la mission confiée à votre Institut par le Pape François dans la lettre Summa familiae cura, où il écrivait: « La place centrale occupée par la famille dans les parcours de conversion pastorale de nos communautés et de transformation missionnaire de l’Église exige que, même au niveau de la formation académique, la réflexion sur le mariage et la famille ne perde jamais de vue la perspective pastorale et l’attention aux blessures de l’humanité »».

De ce fait, l’évêque de Rome a exhorté les membres de l’institut «àapprofondir le lien entre la famille et la doctrine sociale de l’Église». Léon XIV estime que ce cheminement pourrait se dérouler dans deux directions complémentaires: «celle d’insérer l’étude de la famille comme chapitre incontournable du patrimoine de sagesse que l’Église propose sur la vie sociale et, réciproquement, celle d’enrichir ce patrimoine avec les expériences et les dynamiques familiales, afin de mieux comprendre les principes mêmes de l’enseignement social de l’Église».

Aux yeux du Saint-Père, «cette attention permettrait de développer l’intuition, rappelée par le Concile Vatican II et réaffirmée à plusieurs reprises par mes prédécesseurs, de voir dans la famille la première cellule de la société en tant qu’école originelle et fondamentale d’humanité».

Une attention dans la préparation des sacrements

«Dans le domaine pastoral, nous ne pouvons ignorer la tendance, dans de nombreuses régions du monde, à ne pas apprécier, voire à rejeter le mariage», a encore fait remarquer le Souverain pontife, exhortant enseignants et étudiants de l’Institut à être attentifs, dans leur réflexion sur la préparation au sacrement du mariage, à l’action de la grâce de Dieu dans le cœur de chaque homme et de chaque femme. Il les a ensuite encouragés à poursuivre leur recherche théologique et pastorale en s’enracinant dans le dialogue priant avec le Seigneur, afin de trouver le courage d’inventer de nouveaux mots qui pourront toucher profondément la conscience des jeunes. En effet, notre époque est marquée non seulement par des tensions et des idéologies qui troublent les cœurs, mais aussi par une recherche croissante de spiritualité, de vérité et de justice, surtout chez les jeunes.

En outre, le Saint-Père a invité à poursuivre le chemin synodal comme partie intégrante de la formation. «Dans une université internationale en particulier, il est nécessaire d’exercer l’écoute réciproque afin de mieux discerner comment grandir ensemble au service du mariage et de la famille. Puisez toujours dans la vocation baptismale, en mettant au centre la relation avec le Christ et l’accueil des frères, à commencer par les plus pauvres», a t-il conseillé.

Revenant au Document  final de la dernière Assemblée du Synode des évêques, qui affirme que «les familles représentent un lieu privilégié pour apprendre et expérimenter les pratiques essentielles d’une Église synodale», le Pape a fait savoir qu’en dépit des fractures et souffrances que les familles connaissent,«elles restent des lieux où l’on apprend à échanger le don de l’amour, de la confiance, du pardon, de la réconciliation et de la compréhension».

Source : VATICANNEWS, le 24 octobre 2026

Béatification de 11 prêtres martyrs sous le nazisme et le communisme

Les neuf martyrs salésiens dans les camps de concentration d’Auschwitz et de Dachau entre 1941 et 1942. 

Béatification de 11 prêtres martyrs sous le nazisme et le communisme

Il s’agit de neuf salésiens polonais, morts dans les camps de concentration d’Auschwitz et de Dachau, et de deux prêtres diocésains tués par haine de la foi pendant le régime communiste tchécoslovaque. Des décrets ont été promulgués pour quatre nouveaux vénérables: une religieuse cistercienne espagnole, un prêtre dominicain espagnol, un prêtre sarde et un frère carmélite ligure.

Tiziana Campisi – Cité du Vatican

L’Église comptera onze nouveaux bienheureux. Lors de l’audience accordée vendredi 24 octobre, au cardinal Marcello Semeraro, préfet du dicastère des Causes des saints, Léon XIV a autorisé la promulgation des décrets concernant le martyre de 9 salésiens polonais, tués entre 1941 et 1942, en haine de la foi, dans les camps de concentration d’Auschwitz et de Dachau, et de deux prêtres diocésains de l’ancienne Tchécoslovaquie assassinés entre 1951 et 1952, suite à la persécution menée contre l’Église catholique par le régime communiste qui s’était installé dans le pays après la Seconde Guerre mondiale.

Ont également été promulgués les décrets reconnaissant les vertus héroïques de quatre serviteurs de Dieu qui deviennent ainsi vénérables: Maria Evangelista Quintero Malfaz, religieuse cistercienne; Angelo Angioni, prêtre diocésain, fondateur de l’Institut missionnaire du Cœur immaculé de Marie; José Merino Andrés, prêtre dominicain; Joachim de la Reine de la Paix, frère de l’Ordre des Carmes déchaux.

Martyrs dans les camps de concentration nazis

Les salésiens Jan Świerc, Ignacy Antonowicz, Ignacy Dobiasz, Karol Golda, Franciszek Harazim, Ludwik Mroczek, Włodzimierz Szembek, Kazimierz Wojciechowski et Franciszek Miśka, religieux engagés dans des activités pastorales et éducatives, ont été victimes de la persécution nazie pendant l’occupation allemande de la Pologne, qui a commencé le 1er septembre 1939 et qui s’est déchaînée avec une violence particulière contre l’Église catholique.

Étrangers aux tensions politiques de l’époque, ils ont été arrêtés simplement parce qu’ils étaient prêtres catholiques. À leur égard transparaît la persécution particulière réservée au clergé polonais, persécuté et outragé. Dans les camps de concentration, les religieux ont offert un réconfort spirituel à leurs compagnons de captivité et, malgré les humiliations et les tortures subies, ils ont continué à manifester leur foi. Raillés et insultés dans leur ministère, ils ont été torturés et tués ou conduits à la mort par les conditions inhumaines de leur détention.

Conscients que leur ministère pastoral était considéré par les nazis comme une opposition au régime, ils ont poursuivi leur œuvre apostolique, restant fidèles à leur vocation et acceptant sereinement le risque d’être arrêtés, déportés puis tués.  

Les pères Jan Bula et Václav Drbola
Les pères Jan Bula et Václav Drbola

Martyrs sous le régime communiste tchécoslovaque      

Prêtres du diocèse de Brno, Jan Bula et Václav Drbola ont été tués à Jihlava, en haine de la foi. Tous deux, en raison de leur zèle pastoral, étaient considérés comme dangereux par le régime communiste qui s’était installé en Tchécoslovaquie en 1948 et qui avait lancé une persécution ouverte contre l’Église. Arrêté le 30 avril 1951, victime d’un complot de la police secrète d’État, Bula, bien qu’il fût en prison, a été accusé d’avoir inspiré l’attentat au cours duquel, le 2 juillet 1951, à Babice, plusieurs fonctionnaires communistes ont été tués. Jugé et condamné à mort, il a été pendu le 20 mai 1952 dans la prison de Jihlava. Drbola, arrêté par ruse le 17 juin 1951, également accusé de l’attentat de Babice alors qu’il était détenu dans la même prison, condamné à mort, a été exécuté le 3 août 1951.

Trompés et emprisonnés à la suite d’un piège tendu par de faux témoins, les deux prêtres ont subi des violences et des tortures qui ont conduit à une déformation des faits et à la signature forcée de faux aveux de culpabilité. Victimes de procès truqués, ils ont donc été condamnés à mort. Conscients des dangers qu’ils couraient dans le contexte dramatique d’hostilité envers l’Église et malgré la dureté de leur captivité et les tortures subies, ils ont accepté leur destin avec foi et confiance en la volonté de Dieu, comme en témoignent les lettres écrites avant leur exécution et le témoignage du prêtre appelé à confesser Jan Bula.

 Les quatre nouveaux Vénérables

Avec les décrets promulgués, quatre nouveaux vénérables sont désormais reconnus: Maria Evangelista Quintero Malfaz, qui vécut entre le XVIe et le XVIIe siècle. Originaire de Cigales, en Espagne, elle naquit le 6 janvier 1591 dans une famille de profonde foi chrétienne. Orpheline de père et de mère, elle suivit sa vocation religieuse et entra au monastère cistercien de Sainte-Anne de Valladolid. Exemplaire dans l’accomplissement des tâches qui lui sont confiées, elle a vécu des expériences mystiques qu’elle raconte par écrit, guidée par ses pères confesseurs Gaspar de la Figuera et Francisco de Vivar.

En 1632, après la fondation d’un monastère cistercien à Casarrubios del Monte, dans la province de Tolède, elle est envoyée dans la nouvelle communauté et en devient abbesse le 27 novembre 1634, encourageant la vie de prière et de contemplation. Elle continuait à vivre des expériences mystiques ayant laissé des marques visibles sur son corps, puis, en 1648, sa santé se détériora. Atteinte d’une grave maladie, elle rendit l’âme le 27 novembre de la même année.

Enterrée dans la salle capitulaire du monastère, cinq ans plus tard, à la suite d’une reconnaissance, ses restes mortels sont retrouvés intacts tandis que sa réputation de sainteté grandit. Le dialogue constant avec Dieu a été l’élément dominant de son cheminement spirituel qui l’a amenée à se percevoir comme une victime offerte avec le Christ pour la conversion de ses frères pécheurs. Elle a pratiqué avec ardeur les vertus théologales, confiante dans le Seigneur pour affronter les difficultés de la vie, et a supporté avec patience les adversités et la fragilité physique. Elle a également vécu la charité envers Dieu en s’engageant à accomplir sa volonté en toutes circonstances avec une grande humilité.

Maria Evangelista Quintero Malfaz, religieuse cistercienne
Maria Evangelista Quintero Malfaz, religieuse cistercienne

Angelo Angioni

Angelo Angioni, prêtre diocésain, est né le 14 janvier 1915 à Bortigali, en Sardaigne, dans une famille nombreuse. Après une enfance passée dans un climat caractérisé par une foi religieuse vivante, il est ordonné prêtre le 31 juillet 1938, après avoir fait ses études au séminaire. Exerçant pendant dix ans le ministère de vicaire puis de curé, il est nommé en 1948 recteur du séminaire diocésain d’Ozieri et s’engagea à constituer une communauté diocésaine de prêtres oblats, consacrés aux missions populaires et étrangères, à l’exemple du bienheureux Paolo Manna. Il arriva ainsi comme prêtre fidei donum à Rio Preto, où il a pu réaliser son idéal missionnaire, en s’engageant non seulement dans l’activité pastorale, mais aussi dans le domaine social et éducatif, en favorisant la création d’une école paroissiale et en lançant l’Institut missionnaire du Cœur immaculé de Marie, composé de prêtres, de diacres, de religieuses de vie contemplative et de laïcs.

Grâce à son initiative, des églises, des chapelles, des maisons de retraite, des résidences religieuses et des espaces pour les personnes âgées et les activités paroissiales sont construits. On lui doit également de nombreuses brochures d’information qu’il imprimait, grâce à l’imprimerie dont il avait doté l’Institut missionnaire qu’il avait fondé.

Parmi ses dernières activités apostoliques et missionnaires, citons la création d’un Institut des sciences religieuses. Son intense activité pastorale a été ralentie par deux accidents vasculaires cérébraux qui l’ont frappé en 2000 et en 2004, le laissant gravement affaibli. Sa vie terrestre s’est achevée le 15 septembre 2008. Son apostolat reflète son amour pour le Seigneur et son ardeur à le transmettre à ceux qui lui avaient été confiés dans le cadre de son ministère pastoral. Tout au long de sa vie, il a vécu dans la pauvreté selon l’exemple évangélique, ne possédant que le strict nécessaire.

Angelo Angioni, prêtre
Angelo Angioni, prêtre

José Merino Andrés

José Merino Andrés a mûri sa vocation en fréquentant la paroisse et l’Action catholique. Il est né à Madrid, en Espagne, le 23 avril 1905 et est entré au couvent dominicain de San Esteban, à Salamanque, le 22 juillet 1933. Six ans plus tard, il a été ordonné prêtre, puis affecté au couvent de La Felguera dans les Asturies, puis au couvent de Notre Dame d’Atocha, à Madrid. Il s’est engagé intensément dans la prédication de la Parole de Dieu et la célébration des sacrements et, en 1949, il a été envoyé au Mexique où il s’est consacré aux missions populaires. Rappelé dans son pays natal pour assumer la charge de maître des novices, il s’installa à Palencia et y entama la phase la plus longue et la plus féconde de son ministère sacerdotal, formant, entre 1950 et 1966, plus de 700 jeunes.

Malgré une santé de plus en plus fragile et précaire, il consacra ses dernières énergies à la prédication populaire. Il mourut le 6 décembre 1968. Religieux exemplaire, il s’est distingué dans les missions par sa prédication vibrante, spirituellement puissante, et par le temps qu’il consacrait à la prière. Dans son apostolat, il a toujours témoigné d’une espérance inébranlable et d’une confiance constante en la miséricorde divine, manifestant sa fervente dévotion à la Vierge Marie, pratiquant la charité envers son prochain et vivant toujours dans l’humilité et l’esprit de pauvreté, dans l’obéissance à ses supérieurs.

José Merino Andrés, religieux dominicain
José Merino Andrés, religieux dominicain

Joachim de la Reine de la Paix

De son vrai nom Leone Ramognino, Joachim de la Reine de la Paix est originaire de Sassello, dans la province de Savone, où il est né le 12 février 1890. Son prénom lui a été donné en l’honneur du Pape Léon XIII. Il grandit dans un milieu familial très religieux et était actif dans la paroisse. Il a exercé le métier de menuisier, puis a participé à la Première Guerre mondiale en tant que caporal-chef, se distinguant dans la construction de ponts et de canaux sur l’Isonzo et le Piave, ce qui lui valut le titre de l’ordre de Chevalier de Vittorio Veneto.

De retour à Sassello, il collabora avec le curé à la fondation du Cercle Saint Louis pour l’éducation des jeunes, devint membre actif de la Società di Mutuo Soccorso di Sant’Alfonso Maria de’ Liguori (Société d’entraide de Saint Alphonse Marie de Liguori), et coopèra à la fondation d’un groupe d’explorateurs catholiques dans son village. Il s’est efforcé de faire ériger le sanctuaire en l’honneur de la Reine de la Paix sur le mont Beigua et, en 1927, il en devient le gardien. Il y a vécu pendant environ dix ans comme ermite, mais reste disponible pour accueillir les pèlerins, et c’est dans ce lieu que mûrit sa vocation religieuse.

Joachim de la Reine de la Paix, religieux carme
Joachim de la Reine de la Paix, religieux carme

En 1951, il entra au couvent du Désert de Varazze des Carmélites déchaussées et continua à se consacrer au sanctuaire de la Reine de la Paix, où il est resté gardien jusqu’à sa mort, survenue à l’âge de 95 ans, le 25 août 1985. Il passait de nombreuses heures en prière et en recueillement devant le tabernacle, et nourrissait une profonde dévotion envers la Vierge Marie, considérant comme une grâce le fait d’être gardien d’un sanctuaire qui lui était dédié. Charitable envers tous, il était un exemple pour les jeunes novices, par son intense vie de prière, son sourire accueillant et sa gentillesse, et les gens l’appelaient «Ninu u santu».

Source : VATICANNEWS, le 24 octobre 2025

Scapulaires et chapelets pour maintenir les jeunes engagés dans la foi

Scapulaires et chapelets pour maintenir les jeunes engagés dans la foi

C’est un projet ambitieux : fournir des chapelets et des scapulaires à tous les enfants qui font leur première communion aux Etats-Unis. Mais c’est exactement ce que souhaite faire Andy Maggio, originaire du Delaware.

Ce paroissien de 88 ans de l’église Sainte-Anne à Bethany Beach croit en la puissance de ces deux objets de dévotion pour aider les jeunes à approfondir leur relation avec la Sainte Vierge et Dieu.

« En raison du contexte actuel, nous avons besoin de prier. Dieu existe et il est toujours à nos côtés », déclare-t-il. « Le simple fait de réciter le rosaire apporte la paix de l’esprit. Le scapulaire peut aider à protéger nos jeunes, ou n’importe qui d’autre, si quelque chose arrive. Ce ne sont pas seulement les mourants qui peuvent bénéficier des grâces du scapulaire. »

L’association à but non lucratif qu’il a créée a distribué plus de 575 000 chapelets et scapulaires depuis ses débuts dans la salle à manger d’Andy Maggio en 2018.

Le projet est devenu une organisation officielle 501 (c)(3), « Rosaries and Scapulars Initiative, Inc. », avec une solide équipe de bénévoles qui travaillent coude à coude pour placer les chapelets, les scapulaires, les images saintes et les cartes de prière dans de petits sachets bien rangés. Les sachets sont ensuite déposés dans des paniers dans les paroisses à la disposition de tous ceux qui souhaitent les prendre, ou envoyés par la poste à d’autres paroisses, maisons de retraite, écoles, universités, bases militaires, hôpitaux et maisons de retraite, ou à toute personne qui en fait la demande.

Jusqu’à présent, cette initiative ne s’adressait pas aux jeunes. « Les jeunes vivent à une époque de confusion » explique Andy Maggio. « Ils n’ont pas autant de valeurs communes que nous avions quand nous étions jeunes. »

« Nous avons besoin d’un renouveau du scapulaire », explique Joe Aquilla, bénévole de l’association. « Le scapulaire est un moyen de salut, et la Sainte Vierge elle-même dit : « Quiconque meurt en portant ce scapulaire échappera au feu éternel » » .

« Les scapulaires et les chapelets peuvent réaliser des miracles », affirme Chick Anderson, bénévole qui estime que c’est un moyen de maintenir les jeunes dans la foi.

Le père Joseph Dovari, vicaire de la paroisse où habite Andy Maggio, fait une analogie pertinente avec la technologie que les jeunes peuvent tout particulièrement apprécier. « Tout le monde a son téléphone portable, et notre Sainte Mère a son numéro de portable, qui est 53 Je vous salue Marie. Réciter le rosaire signifie que nous lui parlons et que, à travers elle, nous nous adressons à Jésus », explique le père Dovari. « Et avec le scapulaire, vous pensez continuellement à la Sainte Mère, et elle pense toujours à vous et vous aide à atteindre la vie éternelle. »

Cathy Rossi, pour The Dialog (adapté) – 6 août 2025

Lectures de la messe du jour

Prions :
Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort.
Amen.

Source : une minute avec Marie