23.11.2025 – HOMÉLIE DE LA SOLENNITÉ DU CHIST, ROI DE L’UNIVERS – LUC 23, 35-43

Qui me gouverne ?

Homélie du Fr. Laurent Mathelot

Évangile selon saint Luc 23, 35-43

Nous célébrons ce dimanche le Christ Roi de l’Univers. De nos jours, « Christ » apparaît comme un nom propre, presqu’un second prénom de Jésus : il est Jésus-Christ. C’est commode d’autant qu’il y a plusieurs Jésus dans la Bible, qui est aussi notamment le prénom de celui que nous appelons Barabbas.

Étymologiquement, « Christ » – du grec « Khristós » – signifie celui qui a reçu l’onction, littéralement « celui qui a été enduit ». On trouve, par exemple, dans la Bible (LXX, Ex 29:2 ; Nb 6:15), le terme « christ » à propos de pains badigeonnés d’huile. Dans Homère ou Aristote, il signifie « peindre », notamment des statues. Pour les personnes, il s’agit de l’onction divine, traduction du terme hébreu « Mashia’h », dont dérive le mot français « Messie ». Le Christ ou le Messie est ainsi celui que Dieu a consacré par l’onction.

Le titre n’appartient pas qu’à Jésus. Dans l’Ancien Testament, les rois d’Israël sont christs. Sirius, le roi perse qui libère les Hébreux de la captivité à Babylone est, lui-aussi, appelé christ. On le voit, c’est un terme général qui qualifie ceux qui dirigent le peuple vers la délivrance et le salut. A notre baptême, nous avons tous reçu l’onction sainte qui fait de nous des christs, des personnes aptes à se diriger elles-mêmes, avec l’aide l’Esprit Saint, vers le salut.

C’est l’occasion de nous poser la question : qui gouverne ? Qui gouverne notre cœur, notre vie ?

Le roi est celui qui incarne le gouvernement. C’est là sa définition. Gouverner, c’est avant tout prendre des décisions, donner une direction à une action et finalement un sens à l’existence, au moins l’inscrire dans une certaine perspective. Et convenons d’appeler roi ou reine celui qui tient la barre, qui décide, qui gouverne.

Évacuons d’emblée le cas maladif de celui qui se prend pour le roi, qui considère le gouvernement essentiellement sous l’angle de la reconnaissance et des égards qu’il reçoit parfois – « ceux qui aiment les premiers rangs dans les assemblées » dira l’Écriture (Mt 23, 6) – qui demandent avant tout à être reconnus, à être servis, à être obéis ; qui veulent le pouvoir non pour ce qu’il permet mais pour ce qu’il représente. Se prendre pour le roi dénote une stratégie immature pour compenser une médiocrité que l’on se connaît. C’est du camouflage.

Qui gouverne ma vie ? Quelles sont la ou les personnes qui m’incitent à telle ou telle direction ? Qui dirige le sens que prend mon existence ? Qui lui donne son sens ultime ?

Beaucoup diront peut-être : finalement, le roi, c’est moi. Je suis le maître de mon existence. Je me sens fondamentalement libre. Je fais ce que je veux. Je suis le roi. C’est moi qui gouverne ma vie.

C’est un peu simple, je trouve, de s’affirmer le roi, de se penser pleinement en charge de sa destinée, d’espérer avoir totalement le gouvernail de sa vie en main. Il y a des choix libres pour tous, c’est certain – et Dieu nous veut libres. Mais il y a des choix contingentés, des choix orientés – par d’autres ou par les événements – et il y a aussi des directions qui nous sont imposées, parfois contre notre gré.

Qui gouverne ?

Le monde, l’État, la société, notre entourage exercent sur nous une influence, parfois avec poids. Beaucoup de décisions que nous prenons le sont en fonction de notre environnement et même de la pensée d’autrui.

Qu’est-ce qui oriente mon affectivité ? Moi ? Qui détermine la direction que prend mon cœur ? D’où me viennent tel ou tel attrait ? De ma propre décision ? D’où viennent mes centres d’intérêts, mes préoccupations ? De ma seule liberté ou la vie qui a été la mienne, les personnes qui ont eu sur moi une influence les ont-elles contingentées, orientées ? Les opportunités qui me sont offertes dépendent en grande partie des circonstances : on ne choisit ni ses parents, ni sa famille, ni la culture dans laquelle on naît.

Qui gouverne ma vie ? Qui gouverne mes choix ?

Si les marques font de la publicité, c’est que ça marche. C’est d’ailleurs prouvé. Les discours que nous recevons ont pour but de nous convaincre, pas toujours en dialogue. Beaucoup d’idées, de concepts, de stéréotypes nous sont imposés par la culture ambiante, par les médias, aussi par nos proches. La fabrication du consentement – en fait son orientation – est une science dont se servent désormais les politiciens, les économistes et les stratèges.

Qui gouverne ce à quoi je pense ?

Les idées sur lesquelles votre cerveau sautille actuellement : ce sont les miennes. Ce sont mes mots auxquels votre cerveau attache son attention. Le fil de pensée qui est le vôtre pour l’instant qui le dirige ? Vous ? Moi ? Les deux ?

Et même lorsque je me prends personnellement en charge, il m’arrive de m’aveugler, de me tromper, de me mentir même parfois. Qui gouverne alors ? Mon inconscient ?

Alors répondons à toutes ces questions.

Dieu nous a créés libres et la liberté que je prends est celle de vouloir le bien. Comme nous tous ici, je l’espère, je me donne la direction du bien – de manière presqu’abstraite et ainsi plus librement.

Le bien que je désire : c’est l’amour. Et je le désire tellement que je l’érige en puissance de gouvernement pour ma vie. C’est l’amour – ici aussi dans ce qu’il a d’absolu, et libre – qui oriente et dirige ma vie.

Il se trouve que l’amour est toujours une personne.

Dans le mesure où le Christ, incarne pour nous, l’amour personnel de Dieu qui vient à notre rencontre, alors oui : je souhaite qu’il soit pour moi le roi, cette personne qui gouverne ma vie avec une puissance qui me dépasse. Avant tout autre – la société, l’époque ou celles et ceux qui m’entourent – c’est lui, l’amour parfaitement incarné de Dieu, que je souhaite voir orienter tout mon univers.

Notre baptême a fait de nous des « christ-roi », des personnes qui, munies de l’onction de l’Esprit-Saint, sont capables de se gouverner elles-mêmes. Ainsi la personne qui gouverne le chrétien c’est lui-même, en dialogue avec Dieu.

Ne cherchons pas à gouverner nos vies seuls, nous nous égarerions …

Fr. Laurent Mathelot

Source: RESURGENCE.BE, le 20 novembre 2025

23.11.2025 – HOMÉLIE DE LA SOLENNITÉ DU CHIST, ROI DE L’UNIVERS – LUC 23, 35-43

Ô Christ, Roi de l’univers

Homélie par l’Abbé Jean Compazieu

Textes bibliques : Lire


En ce jour, nous sommes dans la joie. Nous célébrons en effet la solennité du Christ Roi. Jésus est le roi de l’univers et cela doit nous réjouir. Mais la liturgie de ce jour est là pour nous éviter une confusion. Elle vient nous faire comprendre le vrai sens de cette royauté. Jésus n’est pas un roi à la manière des grands ce monde. C’est ce message que voudraient nous faire comprendre les lectures de ce dimanche.

Nous avons tout d’abord l’histoire de David, le petit berger d’Israël. Quand il est devenu roi, il a réuni le Royaume du Nord et celui du Sud. C’était déjà une annonce de ce que le Christ réaliserait lors de sa venue. Jésus s’est présenté comme un rassembleur. Mais cette mission ne s’est pas limitée au seul pays d’Israël. Elle est offerte à tous les hommes du monde entier et de tous les temps. Le Christ a réconcilié tous les peuples de la terre en livrant son Corps et en versant son sang. Ce qui est extraordinaire c’est qu’il nous appelle tous à cette œuvre de rassemblement. Il compte sur nous pour être des artisans d’unité, de justice et de réconciliation. “Là où est la haine, que je mette l’amour… Là où est la discorde, que je mette l’union.” (Saint François)

L’unité entre les hommes passe par une multitude de petites ententes. Et c’est toujours à refaire. Il nous appartient de voir ce que nous pouvons faire contre la rancune et pour favoriser cette entente dans nos divers lieux de vie. Cette unité à construire réclame des gens qui n’ont pas peur de payer de leur personne et de leur temps. Il y aura toujours des risques, celui d’être critiqué ou tourné en dérision. Mais nous ne sommes pas seuls : quand nous nous engageons sur ce chemin, le Christ est là, bien présent. C’est lui qui agit dans le cœur de ceux et celles qu’il met sur notre route.

Dans sa lettre aux Colossiens (2ème lecture), saint Paul nous parle aussi du Christ roi de l’univers. C’est par lui que tout existe. Il est le collaborateur du Père dans son œuvre de création. Il est le sommet et la fin de toutes choses : “Tout est créé par lui et pour lui.”. L’homme a pour mission de s’accomplir lui-même à l’image de Dieu. Il est capable d’amour libre et gratuit. Le Christ nous ouvre le chemin. Lui, le premier ressuscité, marche à la tête de l’humanité nouvelle. C’est avec lui et par li que nous allons au Père. C’est de cette foi et de cette espérance que nous avons tous à témoigner. Le Christ glorieux nous offre d’avoir part à sa victoire.

L’évangile nous montre la manière dont le Christ est devenu roi. Saint Luc nous présente le visage bouleversant de Jésus en croix entre deux malfaiteurs. Nous le voyons tourné en dérision par ses adversaires et abandonné par les siens. Il se trouve entre deux malfrats, également condamnés à mort. L’un d’eux s’est vu attribuer le titre de “bon larron”. Mais y aurait-il de bons assassins, de bons truands ou de bons voleurs ? ce qu’il faut voir dans ce récit c’est la miséricorde divine envers les mal aimés et les malfaiteurs.

Il y a un chant qui revient régulièrement dans nos liturgies : “Laisse-toi regarder par le Christ car il t’aime.” C’est là que nous voyons toute la différence entre ces deux condamnés : cette différence se révèle dans leur manière d’accueillir le regard du Christ. Le premier joue l’ironie. L’autre appelle Jésus par don nom ; il le supplie : “Souviens-toi de moi quand tu viendras inaugurer ton règne”. Cette attitude de confiance et d’abandon est à peine croyable de la part “d’un hors-la-loi, d’un hors-la-foi”. Dans l’Évangile de saint Luc, c’est la dernière parole de Jésus avec un confrère en humanité. Jésus lui annonce qu’en mourant ensemble, ils se retrouveront ensemble au paradis.

“Souviens-toi de moi…” C’est aussi cette humble prière que nous, pécheurs, nous faisons monter vers le Seigneur. Souviens-toi de ce monde ; souviens-toi de ceux et celles qui vont à la dérive. Souviens-toi des personnes éprouvées par la maladie, les infirmités, la précarité, l’exclusion, les guerres. Souviens-toi de ceux et celles qui vivent sans espérance et sans amour. Tu es le Roi de l’univers. Tu veux rassembler tous les hommes dans ton Royaume. Nous avons la ferme espérance qu’un jour tu nous diras : “Aujourd’hui, tu seras avec moi dans le paradis”. Amen

Abbé Jean Compazieu

Source : DIMANCHEPROCHAIN.ORG, le 17 novembre 2025

« J’avais devant moi l’image de Marie, sa main protégeant le monde »

« J’avais devant moi l’image de Marie, sa main protégeant le monde »

Marie Yasmine, 48 ans, raconte sa rencontre avec la Vierge Marie il y a quelques années :

« J’ai toujours senti Jésus auprès de moi. À 2 ans, je faisais le signe de croix, alors que je ne l’avais jamais appris dans ma famille : mon père est musulman ; ma mère, catholique, n’était pas pratiquante.

Un jour, il y a une dizaine d’années – j’étais alors bénévole au sein d’un établissement de soins palliatifs – je me suis rendue, avant de commencer mon service, dans la petite chapelle de l’hôpital. Là, au fond de la pièce, je me suis agenouillée devant le tabernacle. À côté de moi, une jeune femme que je ne connaissais pas priait, elle aussi, mais devant une statue de la Vierge Marie. Tout à coup, j’ai eu le sentiment que nos deux prières « s’envahissaient » l’une l’autre, se mêlaient, se répondaient.

Quelques heures après, j’ai retrouvé cette jeune femme lors du déjeuner. Elle était bénévole, comme moi. Nous avons parlé de nos parcours spirituels, qui se ressemblaient. Plus tard, nous nous sommes revues, et elle m’a proposé de prier ensemble le chapelet. Jusqu’alors, je n’étais jamais arrivée au bout, je trouvais cela un peu ennuyeux ! Mais nous avons prié un chapelet entier.

J’ai alors senti comme un voile de simplicité et d’humilité me recouvrir, en même temps qu’une brûlure physique intense m’inondait. J’étais envahie par les larmes. J’avais devant moi l’image de Marie, sa main protégeant le monde. J’ai instantanément senti qu’elle m’ouvrait un chemin vers le Seigneur et qu’elle m’appelait à lui faire confiance. Mon amie m’avait introduite à la présence de Marie. Pour la première fois dans ma vie spirituelle, riche mais jusqu’alors plutôt rationnelle, j’éprouvais une rencontre, sa brûlure, son urgence.

Je suis consacrée à la Vierge depuis 2016, je l’ai placée au cœur de ma vie. Mon engagement bénévole comme hospitalière à Lourdes a pris un sens bien plus intense. Je confie désormais à Marie mes décisions car je sais qu’elle me précède. Il y a quelques semaines, malade du Covid-19, j’ai ressenti une inquiétude plus vive. Un soir, alors que je ne parvenais pas à dormir, je suis sortie de mon lit et, à genoux, j’ai récité un chapelet. Puis le sommeil m’a rattrapée et j’ai dormi comme un bébé. »

Marie Yasmine. www.lepelerin.com

Lectures de la messe du jour

Prions :
Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort.
Amen.

Source : une minute avec Marie

20.11.2025 – SAINT DU JOUR

St Edmond le Martyr

Saint Edmond
Roi d’Est-Anglie et martyr
(841-870)

Edmond était le roi d’Est-Anglie, un petit royaume de l’est de l’Angleterre. Il fut capturé lors d’une bataille dans le Suffolk qu’il livra contre les Danois qui ne cessaient d’envahir son pays. Ceux-ci lui proposèrent la liberté et la vie contre un pacte dont les conditions étaient contraires au bien-être et à la religion chrétienne de son pays. Il refusa.

Les Danois l’attachèrent alors à un arbre et le criblèrent de flèches avant de lui trancher la tête et de la jeter dans un fossé. Elle fut retrouvée intacte, entre les pattes d’un loup qui l’avait défendue contre les rapaces. De nombreuses églises anglaises sont dédiées à ce jeune martyr.

Saint Edmond priez pour nous !

20.11.2025 – ÉVANGILE DU JOUR

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 19,41-44. 

En ce temps-là, lorsque Jésus fut près de Jérusalem, voyant la ville, il pleura sur elle, en disant :
« Ah ! si toi aussi, tu avais reconnu en ce jour ce qui donne la paix ! Mais maintenant cela est resté caché à tes yeux.


Oui, viendront pour toi des jours où tes ennemis construiront des ouvrages de siège contre toi, t’encercleront et te presseront de tous côtés ;
ils t’anéantiront, toi et tes enfants qui sont chez toi, et ils ne laisseront pas chez toi pierre sur pierre, parce que tu n’as pas reconnu le moment où Dieu te visitait. »

Acclamons et partageons la parole de Dieu !

COMMENTAIRE :

Saint Augustin (354-430)

évêque d’Hippone (Afrique du Nord) et docteur de l’Église

Les Discours sur les psaumes, Ps 121

« Si toi aussi, tu avais reconnu ce qui peut te donner la paix »

       « Que la paix règne en tes murs » (Ps 121,7). O Jérusalem, « cité bâtie comme une ville dont tous les habitants communient dans l’unité » (v. 3), paix en ta force, paix en ton amour ! Car ta force c’est ton amour. Ecoute le Cantique des cantiques : « L’amour est fort comme la mort » (8,6). Quelle parole admirable, frères ! … Qui résiste à la mort ? On résiste aux flammes, aux flots, au fer, on résiste aux tyrans et aux rois ; vienne la mort, qui peut lui résister ? Rien n’est plus fort qu’elle. L’amour seul peut se mesurer à sa force ; on peut dire que l’amour est fort comme la mort. Parce que l’amour tue ce que nous étions pour nous faire être ce que nous n’étions pas encore, il accomplit en nous une œuvre de mort. Saint Paul est mort de cette mort, lui qui disait : « Le monde est crucifié pour moi et je le suis pour le monde » (Ga 6,14), et de cette mort étaient morts ceux à qui il disait : « Vous êtes morts, et votre vie est cachée avec le Christ en Dieu » (Col 3,3).       L’amour est fort comme la mort… Que la paix soit donc dans ta force, Jérusalem ; que la paix soit dans ton amour. Et par cette force, par cet amour, par cette paix, « que l’abondance soit dans tes tours » (Ps 121,7), c’est-à-dire sur tes hauteurs… Profusion de délices, richesses sans nombre, voilà Dieu, lui qui est un ; voilà celui auquel communient tous les habitants de cette cité. C’est lui qui sera notre abondance en la ville de Jérusalem.

LECTURES :

Premier livre des Maccabées 2,15-29. 

En ces jours-là, les hommes envoyés par le roi pour contraindre les gens à l’apostasie arrivèrent dans la ville de Modine pour y organiser des sacrifices.
Beaucoup en Israël allèrent à eux ; Mattathias et ses fils vinrent à la réunion.
Les envoyés du roi prirent la parole pour dire à Mattathias : « Tu es un chef honoré et puissant dans cette ville, soutenu par des fils et des frères.
Avance donc le premier, et exécute l’ordre du roi, comme l’ont fait toutes les nations, les hommes de Juda et ceux qui sont restés à Jérusalem. Alors, toi et tes fils, vous serez les amis du roi. Toi et tes fils, vous serez comblés d’argent, d’or et de cadeaux nombreux. »
Mattathias répondit d’une voix forte : « Toutes les nations qui appartiennent aux États du roi peuvent bien lui obéir en rejetant chacune la religion de ses pères, et se conformer à ses commandements ;
mais moi, mes fils et mes frères, nous suivrons l’Alliance de nos pères.
Que le Ciel nous préserve d’abandonner la Loi et ses préceptes !
Nous n’obéirons pas aux ordres du roi, nous ne dévierons pas de notre religion, ni à droite ni à gauche. »
Dès qu’il eut fini de prononcer ces paroles, un Juif s’avança en présence de tout le monde pour offrir le sacrifice, selon l’ordre du roi, sur cet autel de Modine.
À cette vue, Mattathias s’enflamma d’indignation et frémit jusqu’au fond de lui-même ; il laissa monter en lui une légitime colère, courut à l’homme et l’égorgea sur l’autel.
Quant à l’envoyé du roi, qui voulait contraindre à offrir le sacrifice, Mattathias le tua à l’instant même, et il renversa l’autel.
Il s’enflamma d’ardeur pour la Loi comme jadis Pinhas contre Zimri.
Alors Mattathias se mit à crier d’une voix forte à travers la ville : « Ceux qui sont enflammés d’une ardeur jalouse pour la Loi, et qui soutiennent l’Alliance, qu’ils sortent tous de la ville à ma suite. »
Il s’enfuit dans la montagne avec ses fils, en abandonnant tout ce qu’ils avaient dans la ville.
Alors, beaucoup de ceux qui recherchaient la justice et la Loi s’en allèrent vivre au désert.

Mattathias tuant l’officier du roi Antiochus sur l’autel à Modin, impression sur toile de Bernardo Cavallino

Psaume 50(49),1-2.5-6.14-15. 

R/ À celui qui veille sur sa conduite, je ferai voir le salut de Dieu. (Ps 49, 23cd)

Le Dieu des dieux, le Seigneur, 
parle et convoque la terre 
du soleil levant jusqu’au soleil couchant :
De Sion, belle entre toutes, Dieu resplendit.

« Assemblez, devant moi, mes fidèles, 
eux qui scellent d’un sacrifice mon alliance. »
Et les cieux proclament sa justice : 
oui, le juge c’est Dieu !

Offre à Dieu le sacrifice d’action de grâce, 
accomplis tes vœux envers le Très-Haut.
Invoque-moi au jour de détresse : 
je te délivrerai, et tu me rendras gloire. »