Le pèlerinage marial de Séville à Cabra, une institution en Espagne

Le pèlerinage marial de Séville à Cabra, une institution en Espagne

En Espagne, un parcours de 176 kilomètres séparait les pèlerins qui se sont mis en route le samedi 8 août 2026 depuis Séville vers leur destination : le sanctuaire de la Vierge de la Sierra, patronne de Cabra (Cordoue).

Pendant une semaine, les pèlerins ont marché principalement de nuit à travers différentes localités andalouses jusqu’à atteindre, le 15 août, le sanctuaire situé à 1 223 mètres d’altitude, où ils ont pris part au traditionnel pèlerinage des vœux et des promesses, coïncidant avec la solennité de l’Assomption de la Vierge Marie.

Cette initiative, qui en était cette année à sa septième édition, est organisée par la Confrérie filiale de Séville de la Vierge de la Sierra. Le cheminement s’est déroulé principalement de nuit afin d’éviter les fortes chaleurs de l’été andalou et a été ponctué de visites dans différentes églises et de dévotions mariales avant d’arriver à Cabra.

Le pèlerinage a débuté à la paroisse de San Roque, à Séville, d’où les participants se sont mis en route samedi pour la première étape vers l’ermitage de San Sebastián, à Mairena del Alcor.

De là, le parcours s’est poursuivi à travers plusieurs communes de la province de Séville. Une fois dans la province de Cordoue, les pèlerins sont arrivés au sanctuaire de la Concepción, à Puente Genil, avant de poursuivre vers la paroisse principale de l’Asunción y Ángeles, à Cabra. De là, il ne restait plus que la dernière étape : la montée vers le sanctuaire de María Santísima de la Sierra.

Dans chaque localité, les pèlerins ont rendu visite à leur Sainte patronne, de sorte que les étapes successives formaient un itinéraire marial dont la destination finale était le sanctuaire de la Vierge de la Sierra. L’effort s’est achevé à l’un des points les plus élevés de l’itinéraire. Le sanctuaire de la Vierge de la Sierra est situé à 1 223 mètres d’altitude, sur le Picacho de la Sierra de Cabra, dans la zone considérée comme le centre géographique de l’Andalousie.

Ce pèlerinage revêt également une dimension caritative. Les fonds récoltés lors de cette édition ont été reversés au projet « Vos kilomètres nous donnent la vie », une initiative née à Séville en 2013 en collaboration avec des professionnels de l’oncologie pédiatrique de l’hôpital Virgen del Rocío.

Ces fonds contribueront à faire avancer la recherche sur le cancer infantile, transformant ainsi l’effort fourni pendant le périple en une aide concrète pour les enfants malades.

D’après Info Vaticana, 8 août 2026

Lectures de la messe du jour

Prions :
Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort.
Amen.

Source : une minute avec Marie

23.10.2026 – SAINT DU JOUR

St Jean de Capistran

Saint Jean de Capistran
Prêtre o.f.m. 
Patron des aumôniers militaires 

Jean, né  à Capestrano, dans les Abruzzes (région de l’Italie centrale), le 24 juin 1386, était fils d’un gentilhomme français qui avait suivi à Naples le duc d’Anjou, devenu roi de ce pays. Après ses humanités, il fut envoyé à Pérouse pour y étudier le droit canonique et civil. On le pourvut d’une place de judicature, et un homme riche et noble, charmé de ses qualités éminentes, lui donna sa fille en mariage. Tout lui souriait dans le monde, quand tout à coup s’évanouirent ces flatteuses espérances.

Dans une guerre contre le roi de Naples, la ville de Pérouse le soupçonna de prendre le parti de ce prince ; on le fit arrêter. Malgré son innocence et son éloquence à se défendre, il fut jeté en prison. Sur ces entrefaites sa femme étant morte, il résolut de ne plus servir que Dieu. 

Il vendit tous ses biens, paya sa rançon, distribua le reste aux pauvres, et se réfugia chez les franciscains, au monastère du Mont, près de Pérouse. Le gardien, craignant que cette vocation ne fût l’effet d’un dépit passager plutôt que d’un mouvement de la grâce, voulut l’éprouver. Il lui ordonna de faire le tour de la ville de Pérouse dont il avait été gouverneur, monté à rebours sur un âne, couvert d’un mauvais habit et la tête coiffée d’un bonnet de carton où étaient écrits divers péchés. Après une telle épreuve, les humiliations du noviciat ne lui coûtèrent plus. 

On lui donna pour maître un simple frère convers, à la direction duquel Jean se soumit avec la simplicité d’un enfant. Il fut traité par lui avec dureté : « Je rends grâces au Seigneur, disait-il plus tard, de m’avoir donné un tel guide ; s’il n’eût usé envers moi de pareilles rigueurs, jamais je n’aurais pu acquérir l’humilité et la patience. »

Jean fut renvoyé par deux fois du noviciat comme incapable de remplir jamais aucun emploi dans la religion. Il resta jour et nuit à la porte du couvent, souffrant avec joie l’indifférence des religieux, les railleries des passants et les mépris des pauvres qui venaient demander l’aumône. Une persévérance si héroïque désarma la sévérité des supérieurs et dissipa leurs craintes. Jean, reçu de nouveau, fut enfin admis à la profession. 

Dès lors sa vie fut admirable, il vivait uniquement de Jésus sur la Croix. Embrasé d’amour pour Dieu, il faisait de sa vie une oraison continuelle : le Crucifix, le Tabernacle, l’image de Marie, le jetaient dans l’extase : « Dieu, disait-il, m’a donné le nom de Jean, pour me faire le fils de Marie et l’ami de Jésus. »

Ordonné prêtre, Jean fut appliqué au ministère de la parole. Ses paroles produisaient partout des conversions nombreuses. Une secte de prétendus moines, les Fraticelli, dont les erreurs et les mœurs scandalisaient l’Église, fut anéantie par son zèle et sa charité. Le pape Eugène IV, frappé des prodigieux succès de ses discours, l’envoya comme nonce en Sicile ; puis le chargea de travailler, au concile de Florence, à la réunion des Latins et des Grecs. Enfin il le députa vers le roi de France, Charles VII.

Ami de saint Bernardin de Sienne, il le défendit, devant la cour de Rome, contre les calomnies que lui attirait son ardeur pour la réforme de son Ordre ; il l’aida grandement dans cette entreprise, et il alla lui-même visiter les maisons établies en Orient. 

Nicolas V l’envoya, en qualité de commissaire apostolique, dans la Hongrie, l’Allemagne, la Bohème et la Pologne. Toutes sortes de bénédictions accompagnèrent ses pas. Il ramena au bercail de l’Église un grand nombre de personnes, et convertit une quantité prodigieuse de juifs et de musulmans.

À cette époque, Mahomet II menaçait l’Occident d’une complète invasion, tenait Belgrade assiégée, il se promettait d’arborer le croissant dans l’enceinte même de Rome. Le pape Calixte III chargea saint Jean de Capistran de prêcher une croisade : à la voix puissante de cet ami de Dieu, une armée de 40 000 hommes se leva ; il lui trouva pour chef Huniade, un héros, et il la conduisit à la victoire.

Étant à trois journées de marche des Turcs, tandis qu’il célébrait la Messe en plein air dans les grandes plaines du Danube, les témoins ont rapporté qu’une flèche partie d’en haut vint, pendant le Saint Sacrifice, se placer sur le corporal. Après la Messe, Jean lut ces mots écrits en lettres d’or sur le bois de la flèche : « Par le secours de Jésus, Jean de Capistran remportera la victoire. » Au fort de la mêlée, il tenait en main l’étendard de la Croix et criait : “Victoire, Jésus, victoire !” Belgrade fut sauvée. C’était le 23 octobre 1456. 

Trois mois après, Jean de Capistran, ayant prononcé ces paroles du Nunc dimittis : « C’est maintenant, Seigneur, que vous laisserez mourir en paix votre serviteur » expira en disant une dernière fois : « Jésus ». Il avait soixante et onze ans.

Jean de Capistran a été canonisé le 16 octobre 1690 par le pape Alexandre VIII (Pietro Vito Ottoboni, 1689-1691).

Source principale : Frères des Écoles Chrétiennes, Vie des Saints (« Rév. x gpm »).

Saint Jean de Capistran priez pour nous !

23.10.2026 – ÉVANGILE DU JOUR

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 12,54-59. 

En ce temps-là, Jésus disait aux foules : « Quand vous voyez un nuage monter au couchant, vous dites aussitôt qu’il va pleuvoir, et c’est ce qui arrive.
Et quand vous voyez souffler le vent du sud, vous dites qu’il fera une chaleur torride, et cela arrive.
Hypocrites ! Vous savez interpréter l’aspect de la terre et du ciel ; mais ce moment-ci, pourquoi ne savez-vous pas l’interpréter ?
Et pourquoi aussi ne jugez-vous pas par vous-mêmes ce qui est juste ?
Ainsi, quand tu vas avec ton adversaire devant le magistrat, pendant que tu es en chemin mets tout en œuvre pour t’arranger avec lui, afin d’éviter qu’il ne te traîne devant le juge, que le juge ne te livre à l’huissier, et que l’huissier ne te jette en prison.
Je te le dis : tu n’en sortiras pas avant d’avoir payé jusqu’au dernier centime. »

Acclamons et partageons la parole de Dieu !

COMMENTAIRE

Jean-Pierre de Caussade (1675-1751)

jésuite

L’Abandon à la Providence divine ch. 11, 197-198

« Le temps où nous sommes, pourquoi ne savez-vous pas le juger ? »

Comment se peut-il qu’étant continuellement avertis que tout ce qui se passe dans le monde n’est qu’une ombre, qu’une figure, que mystère de foi, nous nous conduisions toujours humainement et par le sens naturel des choses, qui n’est qu’énigme ? Nous donnons toujours dans le piège, comme des insensés, au lieu de lever les yeux et de remonter au principe, à la source, à l’origine des choses où tout est surnaturel, divin, sanctifiant, où tout est partie de la plénitude de Jésus Christ, où tout est pierre de la Jérusalem céleste (Ap 21,14s), où tout entre et fait entrer dans cet édifice merveilleux. (…) La foi est la lumière du temps (…) ; elle ôte le voile et découvre la vérité éternelle (cf 2Co 3,16). Quand une âme a reçu cette intelligence de la foi, Dieu lui parle par toutes les créatures ; l’univers est pour elle une écriture vivante que le doigt de Dieu trace incessamment devant ses yeux. L’histoire de tous les moments qui coulent est une histoire sainte ; les Livres saints que l’Esprit de Dieu a dictés ne sont pour elle que le commencement des divines instructions. Tout ce qui arrive et qui n’est point écrit est pour elle la suite de l’écriture. Ce qui est écrit est le commentaire de ce qui ne l’est pas. La foi juge de l’un par l’autre.

LECTURES :

Lettre de saint Paul Apôtre aux Éphésiens 4,1-6. 

Frères, moi qui suis en prison à cause du Seigneur, je vous exhorte à vous conduire d’une manière digne de votre vocation :
ayez beaucoup d’humilité, de douceur et de patience, supportez-vous les uns les autres avec amour ;
ayez soin de garder l’unité dans l’Esprit par le lien de la paix.
Comme votre vocation vous a tous appelés à une seule espérance, de même il y a un seul Corps et un seul Esprit.
Il y a un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême,
un seul Dieu et Père de tous, au-dessus de tous, par tous, et en tous.

Psaume 24(23),1-2.3-4ab.5-6. 

R/ Qu’il vienne, le Seigneur : c’est lui, le roi de gloire ! (Ps 23, 7c.10c)

Au Seigneur, le monde et sa richesse, 
la terre et tous ses habitants !
C’est lui qui l’a fondée sur les mers 
et la garde inébranlable sur les flots.

Qui peut gravir la montagne du Seigneur 
et se tenir dans le lieu saint ?
L’homme au cœur pur, aux mains innocentes,
qui ne livre pas son âme aux idoles.

Il obtient, du Seigneur, la bénédiction, 
et de Dieu son Sauveur, la justice.
Voici le peuple de ceux qui le cherchent ! 
Voici Jacob qui recherche ta face !

25.10.2026 – HOMÉLIE DU 30ÈME DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE – MATTHIEU 22, 34-40

Dieu, les autres et moi

Homélie par le Fr. Laurent Mathelot

Textes bibliques : Lire

Beaucoup confondent l’amour de Dieu et du prochain. L’Évangile d’aujourd’hui est là pour les démentir. On retrouve cette confusion notamment dans la bouche de ceux affirmant que c’est essentiellement dans l’amour des autres qu’ils trouvent Dieu. Ce n’est pas suffisant et c’est un point de vue qui, à terme, peut éloigner de la foi. En effet, comment comprendre dès lors que les athées, vivant eux-mêmes intensément l’amour humain, ne plongent pas directement dans les bras de Dieu, si là, pleinement, on le trouve ?

Certes le Christ affirme, dans l’Évangile, que le commandement de l’amour du prochain et celui de l’Amour de Dieu sont semblables, mais ils ne sont QUE semblables. Jésus pose ici une hiérarchie des commandements tout en les rendant indissociables. D’abord l’Amour de Dieu, ensuite, l’amour du prochain, qui, de fait, lui est inéluctablement semblable. On retrouve ici, en filigrane, le commandement du Christ de ne pas préférer ses proches à Dieu – « Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi n’est pas digne de moi » (Matthieu 10, 37) – et celui d’« obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes » (Actes 5, 29). En d’autres mots : c’est Dieu qui définit l’Amour, pas nous entre nous. Et l’écriture garde la marque de cette différence, qui met une majuscule à l’Amour quand il s’agit de Dieu.

On s’égare à espérer trouver Dieu lui-même dans l’amour du prochain. Car l’amour humain n’est jamais parfaitement limpide. Certes, il nous arrive de toucher entre nous à l’Amour divin, mais nous peinons à nous y maintenir. On retrouve la distinction ‘semblable’ mais pas ‘identique’. Ce qui entache l’amour entre nous, qui voit parfois notre cœur s’assombrir, ce sont les ténèbres de notre âme, qui finissent toujours par resurgir alors que nous ne désirons qu’aimer. « Je ne fais pas le bien que je veux et je fais le mal que je ne veux pas » dira saint Paul aux Romains (7, 19). Et les couples savent que les lunes de miel ne durent qu’un temps et qu’au-delà, il faudra trouver une profondeur plus stable.

Les religieux le savent aussi. L’Amour de Dieu qui les emporte est hélas tributaire d’une vision claire de la vie. Que viennent nous mordre les crucifixions du passé, ou d’autres actuelles, et c’est la perspective d’un amour parfait qui s’obscurcit. Le triste constat de Paul s’applique aussi dans notre relation à Dieu : je n’aime pas Dieu comme je le voudrais, parce que le mal m’affecte et m’assombrit. On retrouve ici l’inéluctable emprise du péché sur l’humanité, très poétiquement présentée dans le Livre de la Genèse (3, 8) : Adam, ayant goûté au fruit de la connaissance du mal, se dissimule au regard de Dieu. Ce faisant, il perd ce regard pour lui-même. Mère Teresa, après une vie affrontée à la mort la plus miséreuse, confessa à saint Jean-Paul II avoir totalement perdu le goût de Dieu, vivre une nuit de l’âme, souffrir d’acédie. Hélas, les maux du monde affectent fortement notre capacité de voir Dieu. Le moindre trouble affectif trouble son image. Et s’ouvre alors le champ du doute, des autres, de Dieu et de soi.

Le danger est alors de s’en contenter voire s’y résoudre. Face à un monde de tous temps déchiré par les peurs, les haines et les conflits qui, désormais, semble foncer vers l’abîme, la tentation est grande de se refermer sur soi et s’isoler dans une vision désenchantée de la vie, s’attachant, pour ne pas sombrer, à des illusions futiles, voire des idoles, à commencer par l’idolâtrie de soi, confondant amour de Dieu et amour propre. A l’inverse, comme Paul le souligne des Thessaloniciens, c’est l’abandon des fausses réassurances – de nos idoles –, la conversion de notre cœur, sa réouverture à un Amour plus grand que ce qu’il perçoit, qui nous fait désirer « servir le Dieu vivant et véritable ». A défaut, nous nous enfermerons dans une spiritualité doloriste et déprimée, qui consistera à vouloir prendre son mal en patience. Le Christ, pourtant, n’est pas muet sur la croix, qui proclame encore l’Amour de Dieu.

Frères et sœurs, face à notre monde si troublé, pour ne pas nous enfermer dans le fatalisme et, ultimement la peur, finalement pour ne pas sombrer ici-bas dans le désespoir, il convient d’accepter l’inéluctable dissimilitude entre l’Amour de Dieu et l’amour proprement humain, toujours troublé d’ombres. Entre nous, en matière d’amour, nous ne sommes jamais à la hauteur des espérances divines que pourtant nous portons. Mais, comme le Christ le fait d’emblée, nous devons tout autant maintenir la similitude de ces deux amours – humain et divin –, sinon nous désespérons. Perdre le lien entre une humanité défaillante et la perspective incarnée de l’Amour divin, c’est perdre le Christ. Mais réduire l’Amour de Dieu à l’amour entre nous, c’est l’avoir perdu tout autant.

Frères et sœurs, c’est l’Amour de Dieu le jalon de tout amour. Il s’agit de ne jamais le perdre. Sinon, comme Mère Teresa, nous sombrerons dans la nuit de l’âme que nous imposent les désespoirs du monde. Seule reste alors la fidélité de la foi. C’est de la relation personnelle avec Dieu, soutenue et transformante, que nous héritons une espérance pour le monde, qui nous transforme et convertit notre regard sur autrui.

Ce dimanche, le Christ affirme la nécessaire primauté de l’Amour de Dieu, de là découle l’amour qui jamais ne désespère d’autrui, ni de soi.

Frères et sœurs, il convient d’être amoureux de Dieu. Alors tout change. Le regard que l’on pose sur lui, sur les autres et sur soi. En un mot, le regard sur la vie. Amen.

Laurent Mathelot

Source : RÉSURGENCE.BE, le 21 octobre 2026

25.10.2026 – HOMÉLIE DU 30ÈME DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE – MATTHIEU 22,34-40

« Tu aimeras… »

Pistes pour l’homélie par l’Abbé Jean Compazieu


Textes bibliques : Lire


“Dans la loi, quel est le grand commandement ?” La question méritait d’être posée car, dans le livre de la Loi, il y en a 613. Ils ont été ajoutés progressivement pour répondre à des contextes différents. Dans toutes les civilisations, on a créé des lois pour protéger les faibles. Ce qui est nouveau ici, c’est le fondement de cette loi : elle concerne un peuple qui a fait la double expérience de l’esclavage en Égypte et de la libération par Dieu. Le Seigneur s’est révélé comme celui qui entend la plainte des humiliés et qui leur rend leur liberté et leur dignité. À travers la loi, Dieu continue à prendre la défense des humiliés.

Toutes les lois bibliques sont émaillées de rappels, rappel de la souffrance endurée quand on était esclave en Égypte, rappel de Dieu libérant son peuple. Si Dieu a libéré son peuple, c’est parce qu’il a entendu le cri des malheureux. Il est concerné par la souffrance humaine. Pour l’instant, il faut encore des menaces pour que la loi soit respectée : « Si tu les accables et qu’ils crient vers moi, j’écouterai leur cri. Ma colère s’enflammera ». Mais peu, l’homme éduqué par Dieu et par la loi n’aura plus besoin de menace car il aura appris à voir en tout homme un frère.

Dans la seconde lecture, Paul montre précisément aux Thessaloniciens ce qu’est l’amour de Dieu. Il leur souhaite de répondre dignement à cet amour qui est en lui. Ils sont tous appelés à devenir pour ceux qui les entourent des modèles de foi et d’amour. Ils viennent d’être libérés des idoles aliénantes. Ils sont maintenant invités à se tourner vers le vrai Dieu et à travailler activement à l’avènement de son Royaume. C’est important pour nous aujourd’hui. Nous vivons dans un monde difficile : les chrétiens y sont critiqués, tournés en dérision ou persécutés. C’est un test de la vraie foi : on n’y échappe pas ; cela arrive sans l’avoir cherché. C’est la logique de l’Évangile qui ne cesse jamais de se vérifier.

Dans l’Évangile, nous entendons Jésus répondre à la question des pharisiens : « quel est le grand commandement ? » s’ils interrogent Jésus, ce n’est pas pour approfondir l’enseignement de la loi mais pour tendre un piège Jésus : Ils le voyaient accomplir chaque jour des œuvres de miséricorde ; il était très proche des blessés de la vie, des malades et des égarés, des infréquentables. Il guérissait le jour du Sabbat. On lui reproche d’en faire trop au détriment de la loi de Dieu.

Dans sa réponse, Jésus rappelle ce qui est dit dans le livre du Deutéronome : “Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit (versets 37-38). Il aurait pu s’arrêter là, mais il ajoute quelque chose qui n’avait pas été demandé par le docteur de la loi : “le second commandement lui est semblable… Tu aimeras ton prochain comme toi-même.” Jésus met ces deux commandements ensemble pour nous révéler qu’ils sont inséparables et complémentaires. On ne peut aimer Dieu sans aimer le prochain. Et on ne peut aimer le prochain sans aimer Dieu.

Pour vivre cet Évangile, c’est vers le Christ que nous nous tournons. Ce qu’il nous demande, il l’a vécu jusqu’au bout. Au soir du jeudi saint, il disait : Comme je vous ai aimés, aimez-vous les uns les autres.” Il ne s’agit plus d’une simple loi écrite mais d’une personne qui se donne. Le Christ continue à insuffler son Esprit Saint à ses fidèles pour animer leurs pensées, leurs paroles et leurs actes. Il s’identifie à notre prochain et il nous appelle à le reconnaître dans les autres. Ce que nous avons fait au plus petit d’entre les siens c’est à lui que nous l’avons fait.

C’est à notre amour pour les petits et les exclus que nous serons jugés. Et à travers eux c’est le Christ qui est là. Il nous appelle tous à aimer Dieu au quotidien et en toutes circonstances. Dans le même temps, il nous appelle à aimer au quotidien tous nos frères proches et lointains. Il importe que notre charité soit active et généreuse. Les organismes de solidarité sont là pour nous aider à la rendre plus efficace. Le Seigneur est là pour nous accompagner et nous montrer le chemin.

Par la communion, c’est Jésus qui vient vivre en nous. Il vient en nous pour aimer notre Père et tous nos frères et sœurs de la terre. Nous lui rendons grâce : Béni sois-tu, Seigneur pour cet amour. Tu nous envoies le rayonner autour de nous. Garde-nous fidèles à cette mission. Qu’elle soit le programme de toute notre vie. Amen

Abbé Jean Compazieu

Source : DIMANCHEPROCHAIN.ORG, le 18 octobre 2026