Cardinal Dziwisz: «assez de sang versé en Ukraine!»

Le cardinal Stanisław Dziwisz, envoyé spécial du Pape François  au sanctuaire de Kodeń, ce mardi 15 août.Le cardinal Stanisław Dziwisz, envoyé spécial du Pape François au sanctuaire de Kodeń, ce mardi 15 août.

Cardinal Dziwisz: «assez de sang versé en Ukraine!»

«Les frères slaves ne peuvent pas se battre entre eux. Ils ne doivent pas s’entretuer. La main de Caïn doit être arrêtée. Assez de sang versé!» a déclaré ce mardi 15 août dans une homélie le cardinal Stanisław Dziwisz, l’envoyé du Pape au sanctuaire de Koden en Pologne à l’occasion du 300e anniversaire du couronnement de l’image de Notre-Dame Reine de Podlasie – Mère de l’Unité. 

Fr. Paweł Rytel-Andrianik – Cité du Vatican

Le Pape François, alors qu’il nommait le cardinal Dziwisz comme son envoyé spécial a souligné dans une lettre que le sanctuaire de Notre-Dame de Kodeń est un lieu de miracles, où de nombreuses personnes viennent prier et confier leur vie à Marie. 

L’ancien secrétaire particulier de saint Jean-Paul II a souligné au cours de la cérémonie que le cardinal Karol Wojtyła était venu en pèlerinage à Kodeń avant son élection comme évêque de Rome. «Le futur pape a attiré l’attention sur une caractéristique particulière de la Mère du Christ: ‘Marie unit le peuple de Dieu’. Et nous nous trouvons sur une terre où cette unification du peuple de Dieu a eu une signification historique particulière. C’est ici qu’a eu lieu la rencontre des Églises séparées, l’occidentale et l’orientale». 

Comme l’a ajouté le cardinal Dziwisz, le futur pape Jean-Paul II, lors de sa visite à Kodeń, a déclaré que dans la région de Podlasie, en Pologne orientale, «il y avait un besoin de Mère, de la présence d’une Mère qui unit; d’une Mère qui connaît tous ses enfants, qu’ils parlent polonais, ruthène ou lituanien».

Se référant à la situation actuelle, le cardinal a souligné que ce qui se passe en Europe devant le monde entier ne peut être accepté. Il a rappelé que la guerre en Ukraine «prive nos frères et sœurs d’Ukraine de leur terre, de leur droit à la vie, de leur langue et de leur culture, semant la mort et la destruction. Les frères slaves ne peuvent pas se battre entre eux. Ils ne doivent pas s’entretuer, ils ne doivent pas semer la destruction, ils ne doivent pas multiplier l’immensité des souffrances dont nous sommes témoins. La main de Caïn doit être arrêtée. Il faut mettre fin à la haine, à la violence et à la guerre fratricide. Assez de sang versé!» a lancé l’envoyé du Pape. 

Donner l’exemple d’une coexistence fraternelle

«Frères slaves, donnons au monde l’exemple d’une coexistence fraternelle entre nos peuples et non d’une haine aveugle. Que Notre-Dame de Kodeń soit notre guide sur les chemins de la fin de cette guerre, de la réconciliation et de la paix. Avec le pape François, nous plaçons l’avenir de l’humanité entre les mains de Marie, Reine de la paix», a encore déclaré le cardinal Dziwisz dans son homélie. Au cours de la cérémonie, les nouvelles couronnes bénies par le Pape François sur la place Saint-Pierre le 3 août de l’année dernière ont été placées sur l’image de Marie et de Jésus.

Un grand nombre de pèlerins sont venus à l’invitation de l’évêque du diocèse de Siedlce, Kazimierz Gurda, et des Missionnaires Oblats de Marie Immaculée, qui sont les gardiens du sanctuaire. 

L’histoire du sanctuaire de Kodeń remonte au début du XVIIe siècle. À l’invitation du pape Urbain VIII, Mikołaj Sapieha pria dans la chapelle papale devant l’image de Notre-Dame connue sous le nom de celle de Guadalupe ou de Grégorienne. Il a été guéri après cette prière. Sapieha déroba l’icône et l’apporta à Kodeń en 1631, où elle se trouve encore aujourd’hui. Quelques années plus tard, le Saint-Père autorisa le maintien de l’icône à Kodeń. L’image de la Mère de Dieu a été coiffée de couronnes papales en 1723, l’un des premiers couronnements d’une icône sur le territoire polonais.

Source : VATICANNEWS, le 15 août 2023

L’appel à la paix du Pape François pour que les armes se taisent

A Kherson le 14 août après la frappe d'un missile russe.A Kherson le 14 août après la frappe d’un missile russe. (AFP or licensors)

L’appel à la paix du Pape François pour que les armes se taisent

A l’issue de la prière de l’Angélus ce mardi 15 août , l’évêque de Rome a lancé un nouvel appel pour que les combats cessent, en Ukraine en particulier, et que la voie du dialogue soit toujours privilégiée par les responsables politiques. 

Prenant la parole après la prière de l’Angélus en ce 15 août, le Pape François a une nouvelle fois tenu à lancer un appel pour que cessent les conflits qui déchirent la planète. «Aujourd’hui, nous confions à Marie montée au Ciel notre supplication pour la paix, en Ukraine et dans toutes les régions déchirées par la guerre  il y en a tant, malheureusement!» s’est désolé le Saint-Père devant les quelques 10 000 fidèles réunis sur la place Saint-Pierre en cette fête de l’Assomption. 

«Le vacarme des armes couvre les tentatives de dialogue, le droit à la force l’emporte sur la force du droit» a encore regretté le Pape, qui a néanmoins exhorté les fidèles à ne pas se décourager. «Continuons à espérer et à prier, car c’est Dieu, c’est Lui qui guide l’histoire, qui nous écoute», a conclu François. 

Ce mardi 15 août des frappes nocturnes russes ont visé les villes de Lviv et Loutsk, dans l’ouest de l’Ukraine, et ont fait au moins trois morts selon des responsables locaux. Plusieurs personnes blessées ont par ailleurs été hospitalisées.

Source : VATICANNEWS, le 15 août 2023

Apparitions, lacrimations, ce que révèlent les phénomènes mystiques

Vierge Marie avec l’Enfant Jésus et les saints carmélites, plafond de l’église Santa Maria del Monte Carmelo à Rome

Apparitions, lacrimations, ce que révèlent les phénomènes mystiques

Dans un entretien accordé à Vatican News, le père marianiste Jean Louis Barré, théologien et spécialiste en mariologie, nous éclaire sur les phénomènes mystiques liés à la figure de la Vierge Marie et l’approche prudente de l’Église avant une éventuelle reconnaissance.

Jean Charles Putzolu – Cité du Vatican

En ce temps de l’Assomption, iil est bon de s’intéresser aux phénomènes mystiques liés à la figure de la Vierge Marie. Au mois d’avril dernier, un observatoire spécifique a été créé au sein de l’Académie pontificale mariale internationale, dans le but d’analyser et d’interpréter les différents cas d’apparitions, de lacrimations, de stigmates et d’autres phénomènes. Qu’ils soient toujours en cours, ou qu’il s’agisse de phénomènes passés, nombreux sont ceux qui attendent encore d’être reconnus par l’Église qui adopte une approche prudente dans ce domaine et prend le temps du discernement face à chacune des situations.

Dans un entretien à Vatican News, le père marianiste Jean Louis Barré, théologien et mariologue, explique comment l’Église aborde ces phénomènes et les mouvements de piété populaire qui la plupart du temps, les accompagnent.

Père Jean Louis Barré, voudriez-vous nous éclairer sur les phénomènes mystiques liés à Marie, de quoi parle-t-on plus précisément?
Ces phénomènes rentrent dans ce que l’on peut appeler les révélations privées. Et qui dit révélation, dit mystère de Dieu qui se révèle à travers sa parole et les sacrements. Il y a donc des personnes qui vivent une expérience forte qui nous relie à la Parole de Dieu, et c’est cette expérience-là que nous devons discerner, parce qu’elle peut influencer, même très positivement, la pastorale de l’Église. On le voit par exemple pour Lourdes et Fatima, ou encore en ce qui me concerne, à Audoin, à côté d’Abidjan en Côte d’Ivoire, où nous assistons à un phénomène de lacrimation d’une statuette de la Vierge Marie.

De nombreux phénomènes sont récents dans le monde, peu sont reconnus par l’Église. Quelle est l’approche de l’Église?
Nous avons eu ce phénomène de lacrimations de sang, donc à Audoin, et l’évêque l’a accueilli, sans amplifier le phénomène. Ce qui est intéressant, ce n’est pas le phénomène en tant que tel, mais son contexte. Cela fait partie de la pédagogie de Dieu de vouloir nous rendre sensibles, à sa manière, à la mission maternelle de Marie. Mais il faut discerner. Et ce qui est important pour nous, c’est ce que nous vivons au niveau de la foi.

On pourrait penser que l’Église aurait plutôt tendance à s’approprier rapidement, immédiatement une apparition, comme une preuve de l’existence de Dieu. Et en fait, ce n’est pas du tout le cas…
Non, pas du tout. Et l’heure de Dieu, ce n’est pas la nôtre. Dieu permet des grâces qui doivent rebondir à un temps fixé que Dieu connaît mieux que nous. Si le Seigneur permet que ça patine et qu’on n’ait pas l’information maintenant, c’est parce qu’il a certainement quelque chose à nous offrir au moment voulu.

Si l’on doit se ramener au temps des hommes, que fait l’Église pendant ce temps précisément, enquête-t-elle?
L’Église enquête. Mais vous vous rendez compte que, orienter la pastorale, par exemple sur l’invitation à la conversion et à la pénitence, comme l’a fait l’évêque de Yopougon, en Côte d’Ivoire, dans le diocèse qui abrite la statuette du village d’Audoin, ce n’est pas banal. Tous les évêques du monde entier n’ont pas ce choix-là. Mais tout cela fait partie d’un ensemble et c’est en équilibre avec l’ensemble, que tout se vit. Une des authentifications de la vérité, c’est que cela conduit les gens à lire la Parole de Dieu, à être en communion dans l’Église et à bénéficier des sacrements.

Qu’est ce qui pourrait amener l’Église à s’opposer dans certains cas aux mouvements de piété populaire qui accompagnent ces phénomènes?
Pour que l’Église s’oppose, il faut qu’il y ait un contenu qui ne soit pas conforme au crédo de l’Église et à la manière de vivre des chrétiens. Je pense que l’Église veille à ne pas à ce que les chrétiens ne se dispersent pas, et aillent à l’essentiel. Toutes ces ‘mariaphanies’, toutes ces apparitions, vont dans le même sens. Et moi, ce qui me touche le plus, c’est que Marie a cette mission, actuelle, de nous préparer au retour en gloire de Jésus. C’est là toute la dimension eschatologique. L’histoire a un sens et Marie n’est pas de trop pour nous pour nous aider à nous ouvrir le cœur dans cette espérance du retour en gloire de Jésus.

Source : VATICANNEWS, le 15 août 2023

15.08.2023 – ANGÉLUS À ROME

Solennité de l’Assomption: à l’image de la Vierge Marie, servir et louer

Le Pape François a prononcé la prière de l’Angélus en ce jour de fête mariale, invitant les fidèles réunis place Saint-Pierre à se mettre à l’écoute de la Vierge, qui comme son Fils est montée vers Dieu en le glorifiant et en servant ses frères. « Deux vies victorieuses sur la mort et qui ressuscitent » a précisé le Saint-Père. 

Olivier Bonnel-Cité du Vatican

En ce jour de l’Assomption de la Vierge Marie, le Pape François a récité la prière de l’angélus devant des milliers de fidèles réunis sous les fenêtres des appartements pontificaux, sur la place Saint-Pierre. Avant de réciter la prière mariale, le Souverain pontife est revenu sur l’évangile de Luc qui relate l’épisode de la visite de Marie à sa cousine Élisabeth, (Lc 1,39). « Aujourd’hui , solennité de l’Assomption de la Vierge Marie, nous contemplons son ascension, corps et âme, vers la gloire du Ciel. L’Évangile d’aujourd’hui nous la présente également lorsqu’elle monte, cette fois-ci dans une « région montagneuse » (Lc 1, 39), pour aider sa cousine Élisabeth, et qu’elle y proclame le cantique joyeux du Magnificat » a rappelé François.

Saint Luc raconte dans son évangile la vie du Christ comme une montée vers Jérusalem, lieu du don de soi sur la croix, « et il décrit de la même manière la progression de Marie » a t-il relevé. Le Pape a souhaité s’arrêter sur deux secrets qui déterminent la vie de la Vierge Marie comme de son Fils: le service et la louange. « Le service. C’est en s’abaissant pour servir ses frères que l’on va vers le haut : c’est l’amour qui élève la vie, a t-il souligné, mais servir n’est pas facile : la Vierge, qui vient de concevoir, parcourt près de 150 kilomètres pour rejoindre, de Nazareth, la maison d’Élisabeth ».

L’engagement de servir ceux qui n’ont rien à donner en retour

« Aider coûte ! » a poursuivi le Saint-Père, demandant aux fidèles de penser aux sacrifices de la vie, de ceux qui par exemple s’occupent d’un enfant en bas âge ou d’une personne âgée, « et à l’engagement de servir ceux qui n’ont rien à donner en retour, aussi bien dans l’Église que dans le travail bénévole. C’est fatigant, mais c’est aller vers le haut, c’est gagner le Ciel ! »

Le service risque néanmoins de rester stérile s’il ne s’accompagne pas de la louange à Dieu a encore expliqué l’évêque de Rome. « En effet, lorsque Marie entre dans la maison de sa cousine, elle loue le Seigneur. Elle ne parle pas de la fatigue de son voyage, mais de son cœur jaillit un chant de jubilation. Car celui qui aime Dieu connaît la louange ». 

La louange élève les coeurs

L’évangile de Luc nous montre « une cascade de louanges » : l’enfant tressailli d’allégresse dans le sein d’Élisabeth (cf. Lc 1, 44), qui prononce des paroles de bénédiction et « la première béatitude » : « Heureuse celle qui a cru » (Lc 1, 45) ; et tout cela culmine avec Marie, qui proclame le Magnificat. « La louange augmente la joie, a encore souligné François, la louange est comme une échelle : elle élève les cœurs. La louange élève les esprits et vainc la tentation de la chute ».

Le Pape, après avoir rappellé combien il était « bon de vivre dans la gratitude et la bénédiction » a invité les fidèles à l’introspction: « est-ce que je vis mon travail et mes occupations quotidiennes dans un esprit de service ? Est-ce que je me consacre à quelqu’un gratuitement, sans chercher un bénéfice immédiat ? ». « Et en pensant à la louange : est-ce que je sais, comme Marie, exulter en Dieu? ». François a ainsi demandé à ce que la Vierge de Marie nous aide à nous élever chaque jour par le service et la louange.

Source : VATICANNEWS, le 15 août 2023

15.08.2023 – SOLENNITÉ DE L’ASSOMPTION DE LA BIENHEUREUSE VIERGE MARIE

Assomption de la Vierge, Titien, 1515, Basilique Santa Maria Gloriosa dei Frari

Paroisses “San Tommaso da Villanova” à Castelgandolfo
Mardi 15 août 2006

HOMÉLIE DU PAPE BENOÎT XVI

“Vénérés frères dans l’épiscopat et dans le sacerdoce,
chers frères et soeurs!

Dans le Magnificat – le grand chant de la Vierge que nous venons d’écouter dans l’Evangile – nous trouvons une parole surprenante. Marie dit: “Désormais, toutes les générations me diront Bienheureuse”. La Mère du Seigneur prophétise les louanges mariales de l’Eglise pour tout l’avenir, la dévotion mariale du Peuple de Dieu jusqu’à la fin des temps. En louant Marie, l’Eglise n’a pas inventé quelque chose “à côté” de l’Ecriture: elle a répondu à cette prophétie faite par Marie en cette heure de grâce.

Et ces paroles de Marie n’étaient pas seulement des paroles personnelles, arbitraires peut-être. Elisabeth avait, comme le dit saint Luc, poussé un grand cri et dit, remplie de l’Esprit Saint: “Bienheureuse celle qui a cru”. Et Marie, elle aussi remplie de l’Esprit Saint, continue et complète ce qu’a dit Elisabeth, en affirmant: “Toutes les générations me diront bienheureuse”. Il s’agit d’une véritable prophétie, inspirée par l’Esprit Saint, et l’Eglise, en vénérant Marie, répond à un commandement de l’Esprit Saint, et fait ce qu’elle doit faire. Nous ne louons pas suffisamment Dieu si nous nous taisons sur ses saints, en particulier sur “la Sainte” qui est devenue sa demeure sur la terre, Marie. La lumière simple et multiforme de Dieu ne nous apparaît de manière juste dans sa variété et dans sa richesse que dans le visage des saints, qui sont le véritable miroir de sa lumière. C’est précisément en voyant le visage de Marie que nous pouvons voir, plus que par d’autres moyens, la beauté de Dieu, sa bonté, sa miséricorde. Nous pouvons réellement percevoir la lumière divine sur ce visage.

Toutes les générations me diront Bienheureuse”. Nous pouvons louer Marie, vénérer Marie, parce qu’elle est “bienheureuse”, bienheureuse pour toujours. Et tel est le contenu de cette Fête. Bienheureuse parce qu’elle est unie à Dieu, qu’elle vit avec Dieu et en Dieu. Le Seigneur, la veille de sa Passion, en prenant congé des siens, a dit: “Je vais vous préparer, dans la grande maison du Père, une demeure. Et il y a de nombreuses demeures dans la maison du Père”. Marie, en disant: “Je suis la servante du Seigneur, qu’il m’advienne selon ta parole”, a préparé ici sur la terre la demeure pour Dieu: corps et âme, elle en est devenue la demeure et elle a ainsi ouvert la terre au ciel.

Saint Luc, dans l’Evangile que nous venons d’entendre, à travers différentes allusions, fait comprendre que Marie est la véritable Arche de l’Alliance, que le mystère du Temple – la venue de Dieu ici sur terre – s’accomplit en Marie. Dieu habite réellement en Marie, il devient présent ici sur la terre. Marie devient sa tente. Ce que désirent toutes les cultures – c’est-à-dire que Dieu vienne habiter parmi nous – se réalise ici. Saint Augustin dit: “Avant de concevoir le Seigneur dans le corps, elle l’avait déjà conçu dans l’âme”. Elle avait donné au Seigneur l’espace de son âme et elle était ainsi devenue réellement le véritable Temple où Dieu s’est incarné, où il est devenu présent sur cette terre. Et ainsi, en étant la demeure de Dieu sur la terre, en elle est déjà préparée sa demeure éternelle, est déjà préparée cette demeure pour toujours. Et cela est tout le contenu du Dogme de l’Assomption de Marie à la gloire du ciel, corps et âme, exprimé ici dans ces paroles. Marie est “bienheureuse” parce qu’elle est devenue – totalement corps et âme, et pour toujours – la demeure du Seigneur. Si cela est vrai, Marie nous invite non seulement à l’admiration, à la vénération, mais elle nous guide, elle nous montre le chemin de la vie, elle nous montre comment nous pouvons devenir bienheureux, trouver le chemin du bonheur.

Ecoutons encore une fois la parole d’Elisabeth, qui s’achève dans le Magnificat de Marie: “Bienheureuse celle qui a cru”. L’acte premier et fondamental pour devenir demeure de Dieu et pour trouver ainsi le bonheur définitif, c’est croire, c’est la foi, la foi en Dieu, la foi en ce Dieu qui s’est montré en Jésus Christ et se fait entendre dans la parole divine de l’Ecriture Sainte. Croire, ce n’est pas ajouter une opinion à d’autres. C’est la conviction, la foi que Dieu existe n’est pas une information comme les autres. Il y a de nombreuses informations dont il nous importe peu qu’elles soient vraies ou fausses, elles ne changent pas notre vie. Mais si Dieu n’existe pas, la vie est vide, l’avenir est vide. Et si Dieu existe, tout est transformé, la vie est lumière, notre avenir est lumière et nous avons une orientation pour savoir comment vivre. C’est pourquoi croire constitue l’orientation fondamentale de notre vie. Croire, dire: “Oui, je crois que Tu es Dieu, je crois que dans le Fils incarné Tu es présent parmi nous”, oriente ma vie, me pousse à m’attacher à Dieu, à m’unir à Dieu et ainsi à trouver le lieu où vivre, et la manière de vivre. Et croire n’est pas seulement un type de pensée, une idée; c’est, comme je l’ai déjà suggéré, une manière d’agir, c’est une manière de vivre. Croire signifie suivre la trace qui nous est indiquée par la Parole de Dieu. Marie, en plus de cet acte fondamental de la foi, qui est un acte existentiel, une prise de position pour toute la vie, ajoute une autre parole: “Sa miséricorde s’étend sur ceux qui le craignent”. Elle parle, avec toute l’Ecriture, de la “crainte de Dieu”. Il s’agit peut-être là d’une parole que nous connaissons peu et que nous n’aimons pas beaucoup. Mais la “crainte de Dieu” n’est pas l’angoisse, c’est tout autre chose. En tant que fils, nous ne ressentons pas d’angoisse à l’égard du Père, mais nous ressentons la crainte de Dieu, la préoccupation de ne pas détruire l’amour sur lequel est placé notre vie. La crainte de Dieu est ce sens de la responsabilité que nous devons ressentir, la responsabilité de la portion du monde qui nous est confiée dans notre vie. La responsabilité de bien administrer cette part du monde et de l’histoire que nous sommes et de servir ainsi à la juste édification du monde, servir à la victoire du bien et de la paix.

“Toutes les générations te diront bienheureuse”: cela veut dire que le futur, l’avenir appartient à Dieu, qu’il est entre les mains de Dieu, que Dieu l’emporte. Et ce n’est pas le dragon, qui est si fort et dont parle aujourd’hui la première Lecture, qui l’emporte, le dragon qui est la représentation de tous les pouvoirs de la violence du monde. Ils semblent invincibles, mais Marie nous dit qu’ils ne sont pas invincibles. La Femme – ainsi que nous montrent la première Lecture et l’Evangile – est plus forte parce que Dieu est plus fort. Certes, comparée au dragon, ainsi armé, cette Femme qui est Marie, qui est l’Eglise, apparaît sans défense, vulnérable. Et véritablement, Dieu est vulnérable dans le monde, parce qu’il est l’Amour et que l’amour est vulnérable. Et toutefois, c’est Lui qui a l’avenir entre ses mains: c’est l’amour qui l’emporte non la haine, à la fin, c’est la paix qui l’emporte.
Telle est la grande consolation contenue dans le Dogme de l’Assomption de Marie corps et âme à la gloire du ciel. Rendons grâce au Seigneur de cette consolation, mais envisageons également cette consolation comme un engagement pour nous à nous ranger du côté du bien, de la paix. Et prions Marie, la Reine de la Paix, pour qu’elle aide à la victoire de la paix, aujourd’hui: “Reine de la Paix, prie pour nous”. Amen!

15.08.2023 – HOMÉLIE- LE PUISSANT FAIT POUR MOI DES MERVEILLES – LUC 1,39-56

Le puissant fait pour nous des merveilles

Par l’Abbé Jean Compazieu

Textes bibliques : Lire


Chaque année, les chrétiens du monde entier se rassemblent dans les églises et surtout les lieux de pèlerinages pour fêter dans la joie l’Assomption de Marie. Beaucoup en profitent pour se rendre à Lourdes, Fatima et divers autres sanctuaires qui lui sont dédiés. C’est pour tous une manière de reconnaître la place privilégiée que tient Marie dans la vie de l’Église. Sur la croix, Jésus nous l’a donnée pour Mère. Elle accomplit ce rôle en veillant sur chacun de ses enfants.

L’Assomption, c’est la fête de Marie qui entre corps et âme dans la gloire de Dieu. Aucun texte ne nous parle de ce dogme dans la Bible. Mais depuis très longtemps, les chrétiens ne pouvaient imaginer que le Christ ait pu laisser le corps de sa mère se décomposer en terre. C’est le 1er novembre 1950 que le pape a proclamé le dogme de l’Assomption. Il n’a fait que ratifier cette tradition très ancienne. Marie est entrée corps et âme dans la gloire du Père. En célébrant cette fête, nous nous associons tous à sa joie et à sa prière de louange.

La bonne nouvelle de ce jour, c’est que nous aussi, nous sommes tous appelés à prendre part à son bonheur et sa joie. Ce que Dieu a réalisé pour elle nous est également destiné. Avec Marie, notre vie est une marche à la suite du Christ vers cette grande fête que Dieu nous a préparée. Elle est toujours là pour nous inviter à écouter les paroles de Jésus et à faire “tout ce qu’il nous dira.” Dans l’évangile, nous trouvons des paroles de la plus haute importance : “Je suis le chemin, la vérité et la vie. Personne ne va au Père sans passer par moi.” Les messages de Marie à Lourdes, Fatima ou ailleurs, nous renvoient précisément à l’Évangile.

Dans l’évangile de ce jour, nous avons entendu le récit de la Visitation et la belle prière du Magnificat. Marie se rend chez sa cousine Élisabeth qui est enceinte du futur Jean Baptiste. Elle y va bien sûr pour lui rendre des services matériels mais aussi pour communier avec elle au merveilleux bonheur de la vie. Elle rend grâce à Dieu qui fait des merveilles en elle et dans le monde. Aujourd’hui, nous pouvons lui demander de nous donner son regard de foi pour découvrir les merveilles que le Seigneur continue à réaliser pour son Église et le monde entier. Qu’elle mette en nos cœurs ses sentiments d’Action de grâce et de louange pour son amour qui s’étend d’âge en âge sur ceux qui l’accueillent.

Depuis la Visitation, Marie n’a pas changé. Si nous l’appelons, elle accourt. Elle vient toujours. Et Jésus est avec elle. Elle ne cesse de remplir son rôle de Mère auprès de nous. C’est le Christ qui le lui avait confié quand il était sur la croix. S’adressant à Jean, il dit : “Voici ta mère”. Et à Marie : “Voici ton fils.” A partir cette heure-là, le disciple la prit chez lui. A travers lui, c’est toute l’humanité que Jésus confiait à sa mère. Alors, comme le disciple, n’hésitons pas à prendre Marie chez nous et à lui donner la place d’honneur. Nous pourrons toujours compter sur elle. Le chemin qu’elle nous montre c’est celui de son Fils et celui de l’Évangile. Les prières que nous lui adressons vont également au Christ.

En ce jour, nous pouvons lui confier toutes nos souffrances et celles de notre monde. Chaque jour, les médias nous parlent de guerres, de catastrophes, violences et insécurité. Beaucoup sont en grande difficulté car ils ne peuvent pas vivre de leur travail. Et bien sûr, nous pensons à tous ceux et celles qui souffrent à cause de la maladie. Quand un enfant a mal, il appelle sa maman. Nous, chrétiens, c’est vers Marie que nous nous tournons. Et nous avons ce bonheur de voir que la Mère de notre Seigneur vient jusqu’à nous. Elle ne va pas résoudre nos problèmes matériels mais elle va nous aider à traverser l’épreuve. Avec elle et avec Jésus, il n’y a pas de situation désespérée.

La Visitation c’est donc Marie qui continue à venir à nous avec Jésus. C’est aussi quand nous allons vers l’autre pour l’aider mais aussi pour lui porter ce Dieu Amour et le faire resplendir dans la mesure où il nous habite. Ce n’est pas nous qui aimons mais toujours lui en nous. En ce jour, nous nous sommes rassemblés pour précisément puiser à la source de Celui qui est l’Amour. A la fin de la messe, nous serons envoyés pour le porter aux autres, en particulier ceux et celles qui connaissent des épreuves de toutes sortes. L’important c’est de veiller à ce que nos visites deviennent des visitations, aller vers l’autre avec Jésus en nous.

En ce jour, nous te rendons grâce, Seigneur, pour ce cadeau merveilleux que tu nous fais en nous donnant Marie. Que cette fête de l’Assomption vienne raviver notre désir de te suivre fidèlement tout au long de notre vie. Et que l’heure où nous quitterons cette terre soit notre assomption.

Abbé Jean Compazieu

Source : DIMANCHEPROCHAIN.ORG, le 10 août 2023