Quand au jour de l’Assomption, deux anges, surpris, accueillent Marie au Ciel

ASSOMPTION-MARIE-TABLEAU
La hiérarchie des anges dans « L’Assomption de la Vierge Marie » de Francesco Botticini (vers 1475-1476) – Domaine Public

Le Fr. Jean-Thomas de Beauregard, dominicain du couvent de Bordeaux, commente les lectures de la solennité de l’Assomption (Ap 11, 19a et 12, 1-10 ; Ps 44 ; 1Co 15, 20-27 ; Lc 1, 39-56). Deux anges s’interrogent sur le mystère de l’arrivée de Marie au Ciel, avec son âme et avec son corps. Depuis lors, avec Marie, par Jésus, la grâce s’écoule en abondance sur tous les hommes.

Au Ciel, il y a 2.000 ans, un convoi s’avance vers le trône de Dieu. C’est la procession des grands jours, ce doit être quelqu’un d’important : on n’avait pas vu autant de régiments d’anges accompagner une arrivée au Ciel depuis l’arrivée du Fils du patron, quelques années plus tôt. Sur le passage du convoi, deux anges discutent entre eux. L’un s’appelle Gontran, l’autre Anatole.

L’ange Gontran s’exclame : « Elle est morte ! » L’ange Anatole proteste : « Non, elle dort seulement… » Marie était-elle morte, ou bien était-elle seulement endormie, lorsqu’elle est montée au Ciel en son âme et en son corps ? Nul ne le sait. Il y avait tellement de monde pour l’accueillir, et la lumière qui émanait de son corps glorieux était si éblouissante qu’on n’avait pas bien vu. Tout ce qu’on savait, c’est que la Vierge Marie était la première, et jusqu’à aujourd’hui, la seule, à arriver au Ciel en son âme et en son corps.

Un corps glorieux

Tous les autres, même saint Pierre et saint Jean, saint Paul et saint Étienne, tous ces grands saints prestigieux, devaient attendre le jour du Jugement Dernier pour espérer retrouver leur corps. Oh ! ils n’étaient pas malheureux, en attendant. À vrai dire, ils n’avaient même jamais été aussi heureux que depuis leur arrivée au Ciel : ils voyaient Dieu face-à-face. Mais tout de même, une âme sans son corps, ça manque de charme. Une âme sans son corps, c’est comme un dimanche sans la messe, ça n’a aucun sens… L’ange Anatole et l’ange Gontran discutaient encore entre eux. 

L’ange Anatole disait : « OK, Marie est montée au Ciel en son âme et en son corps, alors que les autres doivent attendre le Jugement Dernier pour retrouver leur corps… Mais qu’est-ce que ça change ? » L’ange Gontran partageait les doutes de son collègue, expliquant : « D’ailleurs, nous, on n’en a jamais eu, de corps, et on n’en aura jamais. Est-ce qu’on se porte plus mal ? » L’archange saint Michel qui passait par là les reprit avec vigueur : « Un peu de respect, les gars, je vous rappelle que le Fils de Dieu lui-même n’a pas dédaigné assumer une humanité avec un corps semblable à celui de tous les hommes. Ça doit vouloir dire que le corps n’est pas si méprisable que ça ! »

L’ange Anatole, un peu vexé d’avoir été repris par l’archange saint Michel, murmura : » On ne m’ôtera pas de l’idée que le corps humain est mal fait. Fatigue, maladie, faim, soif, on est bien mieux sans ! » Mais l’ange Gontran répondit : 

C’est vrai, mais il paraît qu’au Ciel, après le Jugement Dernier, le corps glorieux est libéré de tous ces inconvénients. En plus, un corps transfiguré, qui rayonne de la charité de Dieu, ça n’est pas si mal ! Bon, pour Marie, elle était déjà la plus belle des filles de Sion avant même d’arriver là-haut, mais pour les autres, on gagne en esthétique !

Elle est aussi notre Mère

Nos deux anges discutaient déjà depuis un moment lorsqu’un grand mouvement de foule se produisit. Voilà que Jésus-Christ lui-même venait accueillir Marie sa mère pour la placer à sa droite. Jésus se tenait là, et de son corps émanait une lumière plus grande encore qu’au jour de la Transfiguration, plus éblouissante encore qu’au jour de la Résurrection. Et on voyait les plaies de ses mains, de ses pieds, et de son côté transpercé. L’ange Gontran murmura : « Corps glorieux, corps glorieux… Si même Jésus conserve la marque de ses souffrances dans son corps glorieux, c’est qu’il n’est pas si glorieux, ce corps ! » Mais l’ange Anatole, pour une fois plus malin que l’autre, répondit : 

Ce sont les marques de sa souffrance, c’est vrai, mais ce sont surtout les marques de son amour pour les hommes. C’est en son corps que Jésus a souffert, que Jésus a aimé, et c’est normal que son corps glorieux continue à en porter le témoignage.

L’archange Gabriel, qui passait par là, ne se priva pas de donner son conseil aux anges Gontran et Anatole : 

Vous savez, moi, je la connais bien, la Vierge Marie. C’est la plus merveilleuse des femmes ! Et si vous avez des questions, allez les lui poser directement ! Elle est notre Reine, bien sûr, mais elle est aussi notre Mère. Et une Mère prête toujours une oreille attentive aux questions de ses enfants…

L’ange Gontran et l’ange Anatole étaient un peu surpris, et se demandaient entre eux : « Tu crois qu’on peut vraiment aller la voir ? » — « Si Gabriel le dit, c’est que ça doit être vrai. Allez, je me lance ! » Ils arrivèrent à hauteur de la Vierge Marie, et lui demandèrent :

Ô Marie conçue sans péché, vous êtes si belle ! Vous avez eu la grâce d’arriver au Ciel immédiatement en votre âme et votre corps, et nous voyons bien combien le péché n’a eu aucune prise sur vous. Mais tout de même, n’y aurait-il pas le moindre défaut en vous ?

De ces deux blessures d’amour

La Vierge Marie sourit, et écarta d’un revers de la main le bas de son manteau. Sous les yeux ébahis des anges Gontran et Anatole, elle releva un peu sa robe et dévoila son pied. Il y avait là une petite blessure, au niveau du talon. « Alors c’était donc vrai ! », s’exclama l’ange Gontran. « Eh bien oui, répondit Marie. Sur la terre, Satan voulait m’attaquer, et il avait pris la forme d’un dragon menaçant. Mais en donnant naissance à mon Fils, puis en l’accompagnant jusqu’à la Croix, j’ai définitivement réglé son compte au démon. Je lui ai écrasé la tête, et dans un sursaut d’orgueil désespéré, il est parvenu à me blesser au talon. »

Alors l’ange Anatole se prosterna aux pieds de la Vierge Marie en disant : 

Ô ma Reine, et ma Mère, je le vois désormais. Votre pied a été blessé au talon par le démon vaincu comme le côté de votre Fils a été transpercé par la lance du soldat. De ces deux blessures d’amour, la grâce s’écoule en abondance sur tous les hommes. La grâce de Dieu nous est venue par la source des plaies de votre Fils, mais vos blessures à vous confèrent à cette grâce une douceur toute maternelle !

La Vierge Marie sourit à nouveau et dit :

Sous le manteau de ma gloire et de ma tendresse, il y a de la place pour tous les anges et pour tous les hommes. Il suffit de m’invoquer. Ce que vous avez fait aujourd’hui en venant me voir, tout simplement, tous les hommes, toutes les femmes, tous les enfants, peuvent le faire à votre suite. Je vous montrerai mon Fils, toujours ! Je serai là, pour vous, toujours ! Et je vous présenterai à mon Fils, qui vous communiquera sa grâce et sa gloire.

C’est le Ciel, tout simplement

L’ange Anatole et l’ange Gontran se racontèrent longtemps cette histoire. Ils avaient toute l’éternité pour cela. Mais ce n’est pas là une histoire comme on en raconte aux enfants. C’est le Ciel, tout simplement. Cela paraît trop beau, ou trop naïf ? Ce n’est que vrai. Le Ciel, l’amitié de Jésus, de Marie, des anges, c’est notre avenir. Et lorsque nous célébrons la messe, et que les anges joignent leurs voix aux nôtres, c’est notre présent. Avec Marie, par Jésus, le Ciel descend sur la terre, à chaque instant du temps et plus encore à chaque Eucharistie.

Source : ALETEIA, le 9 août 2023

Homélie Assomption 2023

Carte antiphonaires du Chapitre cathédral de St-Nicolas du 16ÈME s. – Assomption de Marie

Assomption de Marie 2023 par le Père Claude Ducarroz, Prévôt du Chapitre cathédral

Joyeuses Pâques ! Alleluia !

Rassurez-vous ! Je ne me trompe pas de calendrier. Nous fêtons aujourd’hui l’Assomption de Marie. Et précisément pour cette raison, il nous faut d’abord faire mémoire de la résurrection de Jésus. Car c’est là, dans le mystère pascal de Jésus, que se trouvent la racine et la cause de l’Assomption de Marie. 

Ce mystère marial est l’une des premières conséquences de l’évènement de Pâques. Parce que Marie est la mère du Christ, donc intimement associée à son destin, l’Eglise confesse qu’à la fin de sa vie terrestre, elle a été assumée pleinement dans la gloire de son Fils, en toute sa personne, à savoir corps et âme. 

Autrement dit : Quand Jésus promettait : « Je vais vous préparer une place auprès de mon Père. Là où je suis, vous serez aussi avec moi », Marie en est la première bénéficiaire, par la transfiguration de tout son être désormais entièrement assumé en Dieu. 

Même si le Nouveau Testament ne dit rien de cet évènement dans les détails, très tôt dans l’Eglise -en Orient comme en Occident-, la conviction a grandi, au point de devenir une tradition prêchée et reconnue : la première sauvée 100%, avant tous les autres, c’est Marie de Nazareth, celle qui déjà chanta à la Visitation : « Le Seigneur fit pour moi des merveilles, saint est son nom ». L’assomption, c’est la dernière et la plus belle de ces merveilles. 

Mais attention ! Il y a deux façons d’entrevoir cet évènement, qui demeurera toujours un mystère.

Est-ce un privilège unique, ou est-ce une anticipation ?

Il y a évidemment dans ce fait exceptionnel la révélation d’une grâce singulière, liée à la communion de cette femme avec le Christ au titre de sa maternité.      

 Seule dans l’histoire, elle a accueilli – dans son corps, dans son cœur, dans sa foi-,l’incarnation du Fils de Dieu, le fruit béni de ses entrailles. La savoir totalement ressuscitée grâce à lui, auprès de lui, ne peut que nous réjouir et ajouter nos pauvres louanges à la sienne dans le ciel.

Mais n’allons pas, dans ce mouvement ascendant, éloigner Marie de notre condition humaine, au risque d’oublier que nous sommes aussi ses enfants, puisque Jésus nous a confiés à sa mère du haut de la croix.

 Le grand frère divin Jésus nous indique en Marie, là où elle est et comme elle est maintenant, notre propre destin final à nous. 

L’assomption de la mère, c’est l’anticipation de la nôtre, le moment venu, de sorte que, lorsque Dieu notre Père rassemblera toute la famille humaine dans l’accomplissement ultime de son dessein d’amour, la mère Marie sera au premier rang, à côté de Jésus ressuscité. Elle nous accueillera, elle la première en chemin, suivie par tous ses enfants désormais arrivés dans le Royaume de Dieu.

Quand nous regardons Marie -ou plutôt quand nous l’imaginons- dans la gloire du Ciel, nous contemplons notre avenir certain, notre arrivée promise, notre bonheur éternel déjà acquis par la croix et la pâque de Jésus. 

« Je reviendrai et je vous prendrai avec moi. » dit Jésus. Ce n’est pas que pour Marie, c’est aussi pour nous. Il est toujours temps -il est même urgent- de nous en souvenir, d’y croire, de l’attendre avec confiance, de vivre dès ici-bas en fonction de cette merveilleuse destinée.

 Je sais, et Jésus comme Marie nous le rappelle : il ne s’agit pas de vivre dans les nuages sous prétexte que nous sommes des promis à la résurrection. 

Tant que nous sommes encore sur cette terre, exerçons pleinement notre métier d’hommes et de femmes bien incarnés, comme d’ailleurs Jésus et Marie l’ont fait en leur temps, par exemple durant trente ans à Nazareth.  

Mais il y a une certaine manière de traverser l’histoire, de vivre sa vie, d’exister en ce monde qui intègre notre histoire sainte déjà inscrite dans le ciel. 

Pour faire simple, rappelons-nous de ces deux petites phrases qui résument  tout :   

Celle de Jésus : « Celui qui écoute ma parole et croit en moi a la vie éternelle¸ il est déjà passé de la mort à la vie. 

Et celle de saint Jean : Nous savons, nous, que nous sommes passés de la mort dans la vie parce que nous aimons nos frères et sœurs.

Ca sent déjà l’assomption, n’est-ce pas ? La nôtre. 

Claude Ducarroz

Source: BLOG DE CLAUDE DUCARROZ, le 14 août 2023

15.08.2022 – Solennité de l’Assomption – Intégrale des lectures ABC

Si vous voulez déchiffrer les signes que Jean a vus dans le ciel, femme, enfant et dragon ; si vous voulez assister à un mariage royal grâce au psaume 44, avec étoffes d’or et cortège ; si vous voulez comparer pas à pas Adam et le Christ, étudier la chute et le relèvement ; si vous souhaitez vous mettre en route avec Marie vers la région montagneuse, dans une ville de Judée, et jubiler en écoutant dévoiler le dessein bienveillant de Dieu pour tous les hommes, alors laissez-vous guider par la bibliste Marie-Noëlle Thabut.

15.08.2023 – HOMÉLIE – ASSOMPTION DE MARIE – LUC 1,39-56

Assomption de Marie

Le puissant fait pour nous des merveilles

Textes bibliques : Lire


Chaque année, les chrétiens du monde entier se rassemblent dans les églises et surtout les lieux de pèlerinages pour fêter dans la joie l’Assomption de Marie. Beaucoup en profitent pour se rendre à Lourdes, Fatima et divers autres sanctuaires qui lui sont dédiés. C’est pour tous une manière de reconnaître la place privilégiée que tient Marie dans la vie de l’Église. Sur la croix, Jésus nous l’a donnée pour Mère. Elle accomplit ce rôle en veillant sur chacun de ses enfants.

L’Assomption, c’est la fête de Marie qui entre corps et âme dans la gloire de Dieu. Aucun texte ne nous parle de ce dogme dans la Bible. Mais depuis très longtemps, les chrétiens ne pouvaient imaginer que le Christ ait pu laisser le corps de sa mère se décomposer en terre. C’est le 1er novembre 1950 que le pape a proclamé le dogme de l’Assomption. Il n’a fait que ratifier cette tradition très ancienne. Marie est entrée corps et âme dans la gloire du Père. En célébrant cette fête, nous nous associons tous à sa joie et à sa prière de louange.

La bonne nouvelle de ce dimanche, c’est que nous aussi, nous sommes tous appelés à prendre part à son bonheur et sa joie. Ce que Dieu a réalisé pour elle nous est également destiné. Avec Marie, notre vie est une marche à la suite du Christ vers cette grande fête que Dieu nous a préparée. Elle est toujours là pour nous inviter à écouter les paroles de Jésus et à faire “tout ce qu’il nous dira.” Dans l’évangile, nous trouvons des paroles de la plus haute importance : “Je suis le chemin, la vérité et la vie. Personne ne va au Père sans passer par moi.” Les messages de Marie à Lourdes, Fatima ou ailleurs, nous renvoient précisément à l’Évangile.

Dans l’évangile de ce jour, nous avons entendu le récit de la Visitation et la belle prière du Magnificat. Marie se rend chez sa cousine Élisabeth qui est enceinte du futur Jean Baptiste. Elle y va bien sûr pour lui rendre des services matériels mais aussi pour communier avec elle au merveilleux bonheur de la vie. Elle rend grâce à Dieu qui fait des merveilles en elle et dans le monde. Aujourd’hui, nous pouvons lui demander de nous donner son regard de foi pour découvrir les merveilles que le Seigneur continue à réaliser pour son Église et le monde entier. Qu’elle mette en nos cœurs ses sentiments d’Action de grâce et de louange pour son amour qui s’étend d’âge en âge sur ceux qui l’accueillent.

Depuis la Visitation, Marie n’a pas changé. Si nous l’appelons, elle accourt. Elle vient toujours. Et Jésus est avec elle. Elle ne cesse de remplir son rôle de Mère auprès de nous. C’est le Christ qui le lui avait confié quand il était sur la croix. S’adressant à Jean, il dit : “Voici ta mère”. Et à Marie : “Voici ton fils.” A partir cette heure-là, le disciple la prit chez lui. A travers lui, c’est toute l’humanité que Jésus confiait à sa mère. Alors, comme le disciple, n’hésitons pas à prendre Marie chez nous et à lui donner la place d’honneur. Nous pourrons toujours compter sur elle. Le chemin qu’elle nous montre c’est celui de son Fils et celui de l’Évangile. Les prières que nous lui adressons vont également au Christ.

En ce jour, nous pouvons lui confier toutes nos souffrances et celles de notre monde. Chaque jour, les médias nous parlent de guerres, de catastrophes, violences et insécurité. Beaucoup sont en grande difficulté car ils ne peuvent pas vivre de leur travail. Et bien sûr, nous pensons à tous ceux et celles qui souffrent à cause de la maladie. Quand un enfant a mal, il appelle sa maman. Nous, chrétiens, c’est vers Marie que nous nous tournons. Et nous avons ce bonheur de voir que la Mère de notre Seigneur vient jusqu’à nous. Elle ne va pas résoudre nos problèmes matériels mais elle va nous aider à traverser l’épreuve. Avec elle et avec Jésus, il n’y a pas de situation désespérée.

La Visitation c’est donc Marie qui continue à venir à nous avec Jésus. C’est aussi quand nous allons vers l’autre pour l’aider mais aussi pour lui porter ce Dieu Amour et le faire resplendir dans la mesure où il nous habite. Ce n’est pas nous qui aimons mais toujours lui en nous. En ce dimanche, nous nous sommes rassemblés pour précisément puiser à la source de Celui qui est l’Amour. A la fin de la messe, nous serons envoyés pour le porter aux autres, en particulier ceux et celles qui connaissent des épreuves de toutes sortes. L’important c’est de veiller à ce que nos visites deviennent des visitations, aller vers l’autre avec Jésus en nous.

En ce jour, nous te rendons grâce, Seigneur, pour ce cadeau merveilleux que tu nous fais en nous donnant Marie. Que cette fête de l’Assomption vienne raviver notre désir de te suivre fidèlement tout au long de notre vie. Et que l’heure où nous quitterons cette terre soit notre assomption.

Source : PUISERALASOURCE.FR

Le culte de la Vierge Marie n’est pas accessoire !

CC0/wikimedia Détail de L’Assomption de la Vierge par Nicolas Poussin, 1631.

Le culte de la Vierge Marie n’est pas accessoire !

L’Assomption ne nous redit pas simplement que Marie est montée « au ciel », mais qu’elle n’y reste pas assoupie dans une béate inactivité. Son écoute de son Fils, « en agonie jusqu’à la fin des temps » (selon l’intuition de Blaise Pascal), demeure le modèle que non seulement elle nous propose, mais encore qu’elle désire et prie que nous soit donnée la grâce de suivre. Et notre espérance, c’est son destin, qui ne se limite pas à trouver le bonheur auprès de Dieu, mais à amener notre prochain à l’accueillir.

Décidément, le culte de la Vierge Marie n’est pas un accessoire folklorique ni une tradition marginale. Ce n’est pas un parmi d’autres, mais le moyen qui nous est donné de comprendre pleinement ce que nous sommes et notre vocation en tant qu’êtres humains qui avons besoin d’un Père et d’une Mère dans les cieux.

Et s’il entre là-dedans une part de sentimentalité, voire de naïveté puérile, tant mieux ! Réjouissons-nous, car cela prouve que nous ne sommes pas des idéologues desséchés, et c’est aux enfants et aux simples d’esprit que le Royaume est promis (Matthieu 18, 1-5) – à ceux qui sentent qu’en Marie, la Sagesse divine a le trône qui la rend visible et où même les savants et autres myopes qui se prennent pour des aigles peuvent la reconnaître sans devenir idiots, bien au contraire.

Prof. Jean Duchesne

Membre de l’Observatoire Foi et Culture de la Conférence des évêques de France, cofondateur de l’édition française de la revue Communio lancée par Hans Urs von Balthasar, Henri de Lubac et Joseph Ratzinger

www.aletaia.org

Prions :

Je vous salue Marie, pleine de grâce ;
Le Seigneur est avec vous.
Vous êtes bénie entre toutes les femmes
Et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni.
Sainte Marie, Mère de Dieu,
Priez pour nous pauvres pécheurs,
Maintenant et à l’heure de notre mort.

Amen

Source : une minute avec Marie

15.08.2023 – SAINT DU JOUR

St Tarcisius

ACOLYTE ET MARTYR DE L’EUCHARISTIE († 257)

Saint Tarcisius
Acolyte et martyr de l’Eucharistie

Tarcisius, nous le connaissons grâce à saint Damase, élu pape en 366, qui organisa le culte des martyrs, composa et fit graver dans la catacombe de Saint-Calixte des épigrammes en leur honneur.

Sur sa tombe est écrit : « Tarcisius portait les sacrements du Christ. C’est alors qu’une troupe d’excités le pressa de les montrer aux impies. Il préféra donner sa vie plutôt que de montrer à ces chiens enragés les célestes membres. »

C’était vers l’an 254, le cruel Valérien régnait sur l’empire de Rome. Dans la ville où les saints apôtres Pierre et Paul avaient donné leur vie pour Jésus-Christ, les chrétiens se multipliaient. Les païens qui les rencontraient dans les rues disaient d’eux : « Ceux-là, voyez comme ils s’aiment ». Mais ils n’avaient pas le droit de se réunir pour prier ensemble. Pour célébrer la messe, ils se cachaient dans les catacombes.

Or, à cette époque, Etienne était pape et parmi les enfants qu’il instruisait pour devenir prêtres, se trouvait un garçon d’une quinzaine d’années : Tarcisius.

Le saint pontife leur dit un jour : « Vous ne devez pas seulement sauver votre âme, mais aussi celle des autres ; si vous avez un ami ou un parent païen, vous devez le convertir. Soyez des apôtres ! ». Et Tarcisius lorsqu’il servait la messe priait et communiait pour ceux qui ne connaissaient pas Jésus-Christ.

Quelques mois après, le 15 août, le prêtre Dyonisus disait la messe dans les catacombes. Au moment de la communion, il se tourna vers l’assistance : « Mes frères, lequel d’entre vous se sent assez courageux pour porter l’hostie sainte aux prisonniers qui seront livrés aux bêtes demain ? “Moi, père, fais-moi cet honneur”, répondit le premier, Tarcisius, devenu acolyte, et qui servait la messe. Enfant, tu passeras peut-être inaperçu, que Dieu te protège ! » et Dyonisus déposa l’hostie dans les mains de l’acolyte. Tarcisius enveloppa ce précieux dépôt dans sa tunique, serra ses bras sur sa poitrine et sortit des catacombes.

Sur la via Appia, tout en priant Dieu qu’il portait sur son cœur, il marcha ainsi jusqu’à la place publique. Il y avait là une bande de garçons païens qui jouaient sous la direction de Quintilus le plus âgé d’entre eux. « Tarcisius, qu’est-ce que tu portes comme ça ?, dit Quintilus en le saisissant par le bras. “Ça ne te regarde pas”. On sait que tu es chrétien, si tu ne dis pas ce que tu portes, on te dénoncera à la police ».

A ce moment-là, les soldats qui passaient entendirent les paroles des enfants et s’approchèrent : « Est-ce vrai que tu es chrétien ?“Oui, je le suis” ».

Ils voulurent l’obliger à desserrer les mains, mais une force extraordinaire les avaient comme soudées l’une à l’autre. Pour lui faire lâcher prise, ils frappèrent l’héroïque enfant à coup de pierre et de bâton. Il fut atteint gravement à la tête et il tomba sur les dalles de la route, les mains toujours pressées sur sa poitrine. Alors ils s’acharnèrent sur lui avec une 
telle violence qu’il s’évanouit en murmurant : « Seigneur Jésus, ne permettez pas que votre corps soit profané ».

Ils essayèrent encore de le fouiller, mais ils ne réussirent pas à dégager ses bras. A ce moment-là, passa un envoyé de Dyonisus, inquiet de ne pas le voir revenir. En voyant cet homme, les soldats et les enfants eurent peur et se dispersèrent, mais il était trop tard !
L’envoyé du prêtre s’agenouilla près de l’enfant et le souleva dans ses bras. Le petit martyr ouvrit les yeux une dernière fois et murmura : « Ne vous occupez pas de moi, mais prenez soin des hosties que je porte ».

Pour approfondir, lire la Catéchèse du Pape Benoît XVI :
>>> Saint Tarcisius

Saint Tarcisius priez pour nous !

15.08.2023 – ÉVANGILE DU JOUR

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 1,39-56.

En ces jours-là, Marie se mit en route et se rendit avec empressement vers la région montagneuse, dans une ville de Judée.
Elle entra dans la maison de Zacharie et salua Élisabeth.
Or, quand Élisabeth entendit la salutation de Marie, l’enfant tressaillit en elle. Alors, Élisabeth fut remplie d’Esprit Saint,
et s’écria d’une voix forte : « Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni.
D’où m’est-il donné que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ?
Car, lorsque tes paroles de salutation sont parvenues à mes oreilles, l’enfant a tressailli d’allégresse en moi.
Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur. »
Marie dit alors : « Mon âme exalte le Seigneur,
exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur !
Il s’est penché sur son humble servante ;
désormais tous les âges me diront bienheureuse.
Le Puissant fit pour moi des merveilles ;
Saint est son nom !
Sa miséricorde s’étend d’âge en âge
sur ceux qui le craignent.
Déployant la force de son bras, il disperse les superbes.
Il renverse les puissants de leurs trônes, il élève les humbles.
Il comble de biens les affamés,
renvoie les riches les mains vides.
Il relève Israël son serviteur,
il se souvient de son amour,
de la promesse faite à nos pères,
en faveur d’Abraham et sa descendance à jamais. »
Marie resta avec Élisabeth environ trois mois, puis elle s’en retourna chez elle.

Acclamons et partageons la parole de Dieu !

COMMENTAIRE :

Saint Amédée de Lausanne (1108-1159)

moine cistercien, puis évêque

Homélie mariale VIII, SC 72 (Huit homélies mariales, trad. Dom A. Dumas, Éd. du Cerf, Paris 1960, p. 207-219, rev.)

L’humble Vierge monte jusqu’au trône de gloire

Honorons par un hommage assidu la reine du ciel, la mère de la vie, la source de la miséricorde, débordante de délices et appuyée sur son Bien-Aimé, et louons-la, si insuffisante que soit notre louange. (…) Élevée au-dessus de tous les arbres du paradis et exaltée au-dessus des cimes extrêmes des plus hautes montagnes, elle pénétra donc les cieux mêmes avec une incroyable majesté, soutenue par les chœurs des hiérarchies célestes et entourée par les danses des vierges. (…) Heureux, Seigneur, ceux qui habitent dans ta maison ! Ils te loueront dans les siècles des siècles. En toi sera loué aussi, non pas Ève, qui a versé le poison, mais Marie qui a donné la vie, qui est mère et nourrice de tous, la vie des vivants. En toi sera louée ta mère. Qu’ils entendent, les doux, et qu’ils se réjouissent ! (…) L’humble Vierge monte, couronnée, jusqu’au trône de la gloire ; qu’ils entendent, les humbles, et qu’ils se réjouissent ! Le premier s’effondre, lui qui s’était élevé en présumant grandement de lui-même. Marie est entrée dans les holocaustes en se livrant tout entière à la plénitude de la grâce. La toute bienheureuse Vierge, remarquable par son mérite sans égal, se tient donc en présence du Créateur, interpellant toujours en notre faveur par sa prière très puissante. (…) Elle resplendira dans tout son éclat, celle dont le sein virginal, la porte close, a fait rayonner sur le monde Dieu, le Roi de gloire.

LECTURES :

Livre de l’Apocalypse 11,19a.12,1-6a.10ab.

Le sanctuaire de Dieu, qui est dans le ciel, s’ouvrit, et l’arche de son Alliance apparut dans le Sanctuaire.
Un grand signe apparut dans le ciel : une Femme, ayant le soleil pour manteau, la lune sous les pieds, et sur la tête une couronne de douze étoiles.
Elle est enceinte, elle crie, dans les douleurs et la torture d’un enfantement.
Un autre signe apparut dans le ciel : un grand dragon, rouge feu, avec sept têtes et dix cornes, et, sur chacune des sept têtes, un diadème.
Sa queue, entraînant le tiers des étoiles du ciel, les précipita sur la terre. Le Dragon vint se poster devant la femme qui allait enfanter, afin de dévorer l’enfant dès sa naissance.
Or, elle mit au monde un fils, un enfant mâle, celui qui sera le berger de toutes les nations, les conduisant avec un sceptre de fer. L’enfant fut enlevé jusqu’auprès de Dieu et de son Trône,
et la Femme s’enfuit au désert, où Dieu lui a préparé une place.
Alors j’entendis dans le ciel une voix forte, qui proclamait :
« Maintenant voici le salut, la puissance et le règne de notre Dieu, voici le pouvoir de son Christ ! »

Psaume 45(44),11-12a.12b-13.14-15a.15b-16.

Écoute, ma fille, regarde et tends l’oreille ;
oublie ton peuple et la maison de ton père :
le roi sera séduit par ta beauté.

Il est ton Seigneur : prosterne-toi devant lui.
Alors, fille de Tyr, les plus riches du peuple,
chargés de présents, quêteront ton sourire.

Fille de roi, elle est là, dans sa gloire,
vêtue d’étoffes d’or ;
on la conduit, toute parée, vers le roi.

Des jeunes filles, ses compagnes, lui font cortège ;
on les conduit parmi les chants de fête :
elles entrent au palais du roi.

Première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 15,20-27a.

Frères, le Christ est ressuscité d’entre les morts, lui, premier ressuscité parmi ceux qui se sont endormis.
Car, la mort étant venue par un homme, c’est par un homme aussi que vient la résurrection des morts.
En effet, de même que tous les hommes meurent en Adam, de même c’est dans le Christ que tous recevront la vie,
mais chacun à son rang : en premier, le Christ, et ensuite, lors du retour du Christ, ceux qui lui appartiennent.
Alors, tout sera achevé, quand le Christ remettra le pouvoir royal à Dieu son Père, après avoir anéanti, parmi les êtres célestes, toute Principauté, toute Souveraineté et Puissance.
Car c’est lui qui doit régner jusqu’au jour où Dieu aura mis sous ses pieds tous ses ennemis.
Et le dernier ennemi qui sera anéanti, c’est la mort,
car il a tout mis sous ses pieds.

15.08.2023 – PRIÈRE À NOTRE-DAME DE L’ASSOMPTION

Ô Femme vêtue de soleil dans le ciel en fête,
si près de nous au plein silence de notre quête,
nous te saluons dans la gloire de la Trinité.

Réjouis-toi, Marie, tu es la joie de tes enfants,
en te voyant nous contemplons l’Homme-Dieu
que tu as porté de la crèche au Calvaire.

Tu es toujours avec nous sur la terre,
douce et tendre, forte et compatissante,
luttant pour la vie, aurore du jour à venir.

Vierge de tous les commencements,
signe d’espérance de l’Église en marche,
tout à toi par Jésus, avec Jésus et en Jésus.

Reçois la tendresse de nos Ave, Reine du ciel,
prends-nous dans tes bras, Mère de miséricorde,
maintenant et à l’heure de notre mort. Amen.

Jacques Gauthier

15.08.2023 – PRIÈRE À NOTRE-DAME DE L’ASSOMPTION

Ô Femme vêtue de soleil dans le ciel en fête,
si près de nous au plein silence de notre quête,
nous te saluons dans la gloire de la Trinité.

Réjouis-toi, Marie, tu es la joie de tes enfants,
en te voyant nous contemplons l’Homme-Dieu
que tu as porté de la crèche au Calvaire.

Tu es toujours avec nous sur la terre,
douce et tendre, forte et compatissante,
luttant pour la vie, aurore du jour à venir.

Vierge de tous les commencements,
signe d’espérance de l’Église en marche,
tout à toi par Jésus, avec Jésus et en Jésus.

Reçois la tendresse de nos Ave, Reine du ciel,
prends-nous dans tes bras, Mère de miséricorde,
maintenant et à l’heure de notre mort. Amen.

Jacques Gauthier