Persécution anti-chrétienne au Pakistan. Les voix qui se taisent

Persécution anti-chrétienne au Pakistan. Les voix qui se taisent

** À quoi servent les nombreux documents signés chaque année par les chefs religieux lors de dizaines de réunions et qui, lorsque le pire se produit comme au Pakistan ces jours-ci, ne demandent pas le respect des engagements en faveur du dialogue et de la paix entre les confessions religieuses ?

** Lorsque le pape Jean-Paul II s’est adressé à 70 000 jeunes musulmans, en dehors du circuit des réunions des médias religieux, et a déclaré : « La véritable signification de la liberté religieuse respecte à la fois Dieu et l’homme ».

Depuis quelques jours, une véritable campagne d’agression violente contre les chrétiens est en cours dans certaines régions du Pakistan de la part de groupes de musulmans, à forte majorité sunnite dans ce pays d’Asie. Les croyants de l’Islam au Pakistan (environ 230 millions d’habitants) représentent au moins 95 % de la population. Il est bien connu que le Pakistan connaît des vagues périodiques de violence à l’encontre des hindous et des chrétiens depuis plusieurs décennies. Souvent, certaines lois du pays, comme la tristement célèbre loi « anti-blasphème », ont favorisé ou encouragé de tels comportements, que les autorités n’ont pas toujours maîtrisés, comme le montrent les événements de ces derniers jours.

La Constitution du Pakistan fait de l’Islam la religion d’Etat, même si le texte reconnaît à tous les citoyens le droit de professer, de pratiquer et de répandre leur foi. Cette charte constitutionnelle restreint cependant les droits politiques des Pakistanais non musulmans qui ne peuvent être ni président de la République, ni Premier ministre, ni juges de la Cour fédérale, laquelle a le pouvoir d’annuler toute loi jugée contraire à l’islam. 

Des documents solennels oubliés ou mis à la poubelle

Dans ces moments-là, les chrétiens ne peuvent s’empêcher de rappeler le cas notoire d’Asia Bibi (2010 – 2018) ainsi que l’horreur de l’assassinat, le 2 mars 2011, en plein centre d’Islamabad, de Shahbaz Bhatti, ministre pakistanais des minorités. 

Les chrétiens, en particulier les catholiques, doivent se rappeler à eux-mêmes et à beaucoup d’autres – en particulier les orthodoxes et les musulmans sunnites et chiites – les documents conjoints signés à des occasions solennelles pour encourager et favoriser la paix et le dialogue entre les confessions religieuses. Ces documents sont nombreux mais semblent tomber dans l’oubli. Le cas le plus dramatique est la déclaration commune du pape François et du patriarche Kirill de Moscou et de toutes les Russies, signée le 12 février 2016, et qui, en ces 18 mois de guerre russe contre l’Ukraine, n’a jamais été mentionnée ou rappelée par quiconque. Il s’agit d’un document officiel catholique-orthodoxe qui a disparu de la réalité ecclésiale quotidienne et même de la mémoire.

Un autre document commun populaire est celui du 4 février 2019, signé à Abu Dhabi entre le pape François et le grand imam d’Al-Azhar, Ahmad Al-Tayyeb, un haut dignitaire musulman sunnite, sur la « Fraternité humaine pour la paix mondiale et la coexistence commune ».

À ce jour, il n’existe aucune trace du Grand Imam sunnite d’Al-Azhar condamnant d’un seul mot les violences antichrétiennes en cours au Pakistan. Il en va de même pour le Congrès des dirigeants des religions mondiales et traditionnelles au Kazakhstan, où la Déclaration finale a été signée en présence du Pape (22 septembre 2022).

De toute évidence, aucune voix catholique autorisée n’a voulu rappeler au Grand Imam et au Congrès du Kazakhstan ce qui avait été convenu et signé ensemble lors de réunions largement amplifiées par la presse.

Des événements tragiques tels que ceux survenus au Pakistan soulèvent de nombreuses questions sur les nombreux autres documents officiels signés par des chefs religieux sur la question, dont personne ne se souvient le lendemain, même lorsque cela s’avérerait approprié et nécessaire.

La violence religieuse est combattue par des mots appropriés et opportuns, mais aussi et surtout par des gestes concrets et visibles. La bibliothèque des déclarations interreligieuses et œcuméniques qui réitèrent chaque année ce qui a déjà été dit les années précédentes est désormais saturée. 

Une nouvelle voie pour l’oecuménisme et le dialogue interreligieux

Les dialogues et les réunions œcuméniques et/ou interreligieuses entre responsables de différentes confessions religieuses aident, sont efficaces, font progresser, mais sont totalement insuffisants pour améliorer les situations de haine, de violence et de fanatisme entre les religions dans de nombreux endroits de la planète. 

Dans le dialogue interreligieux et dans l’œcuménisme lui-même, les bonnes intentions, les mots justes et les attitudes nécessaires sont souvent des réalités imposées d’en haut, uniquement par les médias. Le besoin urgent de paix, d’harmonie et de coexistence pacifique et créative ne pénètre pas les sociétés, les gens ordinaires, les masses. 

Nous devons rapidement prendre conscience de cette réalité et revoir les formes et les méthodes pour aller plus loin, faute de quoi le dialogue entre les religions perdra sa nature et sera finalement perçu comme une parade folklorique.

Un petit et grand souvenir, loin dans le passé, peut nous apprendre beaucoup. C’était le lundi 19 août 1985, lorsque le pape saint Jean-Paul a rencontré 70 000 jeunes musulmans du Maroc et d’autres pays africains dans le stade de Casablanca. Il leur adressa un discours mémorable et, au milieu de nombreuses exhortations courageuses, accueillies et applaudies avec enthousiasme, le Pontife déclara : « Dans un monde qui aspire à l’unité et à la paix et qui connaît pourtant mille tensions et conflits, les croyants ne devraient-ils pas favoriser l’amitié et l’union entre les hommes et les peuples qui forment une communauté sur la terre ? Nous savons qu’ils ont la même origine et la même fin ultime : le Dieu qui les a faits et qui les attend, car il les réunira. (…) Ce témoignage de foi, qui est vital pour nous et qui ne peut souffrir ni l’infidélité à Dieu ni l’indifférence à la vérité, se fait dans le respect des autres traditions religieuses, parce que tout homme attend d’être respecté pour ce qu’il est, en fait, et pour ce qu’il croit en conscience. Nous voulons que tous aient accès à la plénitude de la vérité divine, mais ils ne peuvent le faire qu’avec la libre adhésion de leur conscience, à l’abri de contraintes extérieures qui ne seraient pas dignes du libre don de la raison et du cœur qui caractérise la dignité de l’homme. Tel est le vrai sens de la liberté religieuse, qui respecte à la fois Dieu et l’homme. C’est de tels adorateurs que Dieu attend un culte sincère, des adorateurs en esprit et en vérité ». 

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Documents signés par François lors de ses déplacements internationaux :

1) – Déclaration commune du pape François et du patriarche Kirill de Moscou et de toute la Russie. 12 février 2016.
Aéroport international « José Martí » – La Habana, Cuba. 12 février 2016.
Signée par le pape François et Kirill, patriarche de Moscou et de toutes les Russies. 

2) – Human Brotherhood Document, Abu Dhabi, Émirats arabes unis. 4 février 2019
Signé par le pape François et le grand imam d’Al-Azhar, Ahmad Al-Tayyeb.

3) – Appel de Sa Majesté le Roi Mohammed VI et de Sa Sainteté le Pape François sur Jérusalem / Al Qods Ville sainte et lieu de rencontre, 30 mars 2019.
Signé par le Pape François et SM le Roi Mohammed V Amir al Mouminine

4) – Déclaration finale du « 7e Congrès des dirigeants des religions mondiales et traditionnelles ». Nur-Sultan (Astana), Kazakhstan. 15 septembre 2022.
Signée par le Pape François et de nombreux leaders religieux et politiques.

Source : Il sismografo, le 18 août 2023

L’appel du Pape à convertir les dépenses militaires en aide humanitaire

la cantine des missionnaires de la charité à Laare, Kenyala cantine des missionnaires de la charité à Laare, Kenya

L’appel du Pape à convertir les dépenses militaires en aide humanitaire

À l’occasion de la Journée mondiale de l’aide humanitaire, samedi 19 août, François a lancé, depuis le compte @pontifex sur la plateforme Twitter renommée X, un appel à déposer les armes afin d’encourager une culture favorable au soutien des 130 millions de personnes parmi les plus démunis, en raison des guerres ou des catastrophes naturelles.

Antonella Palermo – Cité du Vatican

Dans la publication du compte @pontifex du samedi 19 août, à l’occasion de la Journée mondiale de l’aide humanitaire, François revient sur une des plus grandes préoccupations de son magistère: la construction de la paix, les efforts que cela exige, un engagement social, et le changement de paradigme des institutions internationales des armes vers les besoins urgents des peuples en difficulté.

«Il est de notre responsabilité de contribuer à éradiquer la haine et la violence des cœurs. Nous encourageons le dépôt des armes, la réduction des dépenses militaires au profit des besoins humanitaires, la transformation des instruments de mort en instruments de vie.»

#NoMatterWhat, « quoi qu’il arrive »

De la nourriture, de l’eau, un abri, l’éducation, la santé, et la protection. C’est ce que les organisations humanitaires offrent dans la plupart des situations où les populations sont fragilisées, en danger ou dans la misère. La Journée mondiale de l’aide humanitaire, instituée par l’Assemblée générale des Nations unies en 2008, rend hommage au courage et au dévouement des travailleurs humanitaires du monde entier. Le thème choisi cette année est « Peu importe qui, peu importe où, peu importe quoi« , que l’on peut retrouver sur le site internet de l’ONU dédié à cette Journée. Plus de 130 millions de personnes sont actuellement en situation de crise, en raison de guerres ou de catastrophes naturelles, et ont besoin d’une aide humanitaire.

Vingt ans après l’attentat contre l’hôtel Canal à Bagdad

«Combien de guerres ont commencé à cause de l’arrogance, de l’indifférence et du manque d’intérêt pour les motivations des autres?», s’était interrogé Sergio Vieira de Mello, Haut-commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, parmi les 22 victimes de l’attentat meurtrier contre l’hôtel Canal à Bagdad, le 19 août 2003, qui a réduit le siège de l’ONU dans la capitale irakienne à l’état de ruines.

ONU: la réduction de l’aide humanitaire est inacceptable

Aujourd’hui, les opérations humanitaires dans le monde touchent dix fois plus de personnes qu’il y a vingt ans, peut-on lire dans le message du secrétaire général de l’ONU, António Guterres, publié à l’occasion de cette journée. Il s’agit d’apporter une aide vitale à 250 millions de personnes dans 69 pays. «Alors que les crises se multiplient, il est inacceptable que les travailleurs humanitaires soient contraints de réduire l’aide apportée à des millions de personnes dans le besoin»,dénonce-t-il, tout en observant que les tensions géopolitiques se sont accrues au cours des deux dernières décennies. Il existe «un mépris flagrant du droit international humanitaire et des droits de l’homme, des campagnes de désinformation et des agressions délibérées». L’humanitaire lui-même », affirme-t-il, «est aujourd’hui attaqué».

Dans ce contexte, cependant, des défis ont rendu la communauté humanitaire mondiale plus forte, souligne le message de la Journée. «Les humanitaires, qui sont pour la plupart des employés nationaux travaillant dans leur propre pays, sont encore plus proches des personnes qu’ils servent. Ils trouvent de nouveaux moyens de s’aventurer plus profondément dans les régions frappées par les catastrophes et plus près des lignes de front des conflits, animés par un seul but: sauver et protéger des vies».

Caritas Internationalis: des réponses aux crises complexes et prolongées

«Aujourd’hui, notre monde est confronté à trois menaces principales: l’inégalité croissante, la multiplication des conflits et l’urgence climatique. Les travailleurs humanitaires doivent répondre à des situations d’urgence de plus en plus complexes et à des crises prolongées», déclare Alistair Dutton, secrétaire général de Caritas Internationalis. «Nos travailleurs humanitaires sacrifient chaque élément de leur personne, leur sécurité, pour servir les plus vulnérables et veiller à ce que leurs droits humanitaires leur soient garantis. Ils sont présents avant, pendant et longtemps après chaque catastrophe», souligne Caritas dans un communiqué.

Et de préciser: «Les personnes que nous servons ne sont pas de simples bénéficiaires de l’aide humanitaire, mais elles sont au centre de notre action», soulignant que tous les besoins sont pris en compte: matériels, sociaux, psychologiques et spirituels, dans une perspective intégrale. «Dans des pays déchirés par la guerre comme l’Ukraine ou la Syrie, les travailleurs humanitaires continuent de travailler même si leurs proches ont été tués ou enlevés, ou si leurs maisons ont été détruites et qu’ils sont eux-mêmes déplacés». Alistair Dutton rapporte qu’après le tremblement de terre en Syrie et en Turquie du 6 février dernier, «de nombreux membres du personnel de Caritas Anatolie ont été contraints de dormir dans leur voiture, mais ils n’ont jamais cessé de distribuer de l’aide». Pourtant, constate amèrement le secrétaire général, le dévouement se heurte malheureusement aux nombreuses crises, souvent oubliées, comme en Éthiopie, où plus de 20 millions de personnes risquent de mourir de faim, à l’extrême pauvreté et au manque d’attention de la part de la communauté internationale.

Source : VATICANNEWS, le 19 août 2023

Une journée de prière au Pakistan après les violences contre les chrétiens

A Karachi, des chrétiens protestent contre les violences dans le Pendjab, vendredi 18 août. A Karachi, des chrétiens protestent contre les violences dans le Pendjab, vendredi 18 août. (ANSA)

Une journée de prière au Pakistan après les violences contre les chrétiens

Après les assauts dans les quartiers chrétiens du Pendjab dans l’Est pakistanais, les évêques du pays invitent les croyants, dimanche 20 août, à un temps de prière «pour l’harmonie interreligieuse et pour dire non à toute forme de violence».

Vatican News

Une journée spéciale de prière sera organisée dans toutes les communautés catholiques du Pakistan, dimanche 20 août. Elle a été annoncée par la conférence épiscopale du pays après les attaques, ces derniers jours, contre les églises et les habitations de chrétiens, et après l’arrestation de deux d’entre eux accusés de blasphème, à Jaranwala, dans la banlieue de Faisalaba, dans le Pendjab pakistanais. «Tous les chrétiens et les personnes de bonne volonté sont invités à observer cette journée de prière pour les incidents de Jaranwala et pour la paix et l’harmonie dans notre pays», peut-on lire dans une note de la Conférence épiscopale partagée aux médias.

Mercredi 15 août, des centaines de personnes de confession musulmane, armées de bâtons et de pierres, ont déferlé dans les ruelles du quartier chrétien de Jaranwala, dans la banlieue de la ville industrielle de Faisalabad, poussant les chrétiens à la fuite. Des violences après qu’un groupe de fanatiques religieux eut accusé une famille d’avoir profané le Coran. Le lendemain, le quartier chrétien de Jaranwala a été placé sous surveillance policière.

Une enquête est en cours à l’encontre d’une douzaine de personnes ayant incité par haut-parleur des musulmans à manifester contre des chrétiens, a indiqué un haut responsable de la police. Selon l’agence AFP, 87 domiciles et 19 églises ont été vandalisés lors de cette vague de violence.

La Commission indépendante des droits de l’homme au Pakistan a plusieurs fois souligné que les lois sur le blasphème étaient utilisées comme des armes pour cibler les minorités religieuses et régler des vendettas personnelles, et que ces incidents violents étaient en augmentation constante depuis plusieurs années. Les chrétiens, qui représentent environ 2% de la population, occupent l’un des échelons les plus bas de la société pakistanaise et sont fréquemment la cible d’allégations de blasphème, fallacieuses et infondées.

Source : VATICANNEWS, le 19 août 2023

Nicaragua: ONU et CDHI appellent à la libération de Mgr Alvarez

L'éveque nicaraguayen de Matagalpa, Mgr Rolando AvarezL’éveque nicaraguayen de Matagalpa, Mgr Rolando Avarez

Nicaragua: ONU et CDHI appellent à la libération de Mgr Alvarez

Dans un communiqué commun, le vendredi 18 août, les deux organisations internationales dénoncent la violation des droits de l’homme contre l’évêque de Matagalpa condamné à 26 ans de prison pour complot contre l’intégration nationale et diffusion de fausses nouvelles. Depuis l’année dernière, les allégations contre l’Église catholique se répandent dans le pays. 

Vatican News

La commission interaméricaine pour les droits de l’homme, (CIDH) et le bureau du haut-commissariat de l’ONU pour les droits de l’homme pour l’Amérique centrale et les Caraïbes anglophones, (OHCHR), demandent au gouvernement de Nicaragua la libération immédiate de Mgr Rolando Alvarez, évêque de Matagalpa et de toutes les personnes privées arbitrairement de leur liberté dans ce pays où l’on enregistre depuis plus de 5 ans, des violations systématiques des droits de l’homme.

Un an après l’arrestation de l’évêque, le 19 août 2022, les deux organisations condamnent sa détention, l’isolement, les visites limitées des membres de famille et la réduction des soins médicaux ainsi que d’accès aux médicaments essentiels, dans la prison Jorge Navarro Tipitapa, connue comme la «Modelo». Pendant ce temps, la Conférence épiscopale du Nicaragua a publié sur sa page Facebook, un bref post contenant certains versets du psaume 6: «Car le Seigneur a entendu la voix de ma plainte, Il a entendu ma supplique. Le Seigneur a accueilli ma prière». 

L’évêque de Matagalpa condamné à 26 ans de prison

Mgr Alvarez est accusé de conspiration contre l’intégrité nationale et «propagation de fausses nouvelles à travers les technologies de l’information et de communication au détriment de l’État et de la société nicaraguayens», également de désobéissance civile et d’outrage aux autorités après avoir, le 10 février dernier, refusé de quitter le Nicaragua pour s’exiler aux Etats-Unis. Il a été condamné à 26 ans de prison, à l’interdiction d’exercer les fonctions publiques et sa nationalité lui a été retirée.  

Pour le CIDH et l’OHCHR, les accusations à l’encontre de Mgr Alvarez sont des actes contraires aux obligations internationales des droits de l’homme assumées par le Nicaragua à travers la convention américaine des droits humains, le pacte des droits humains civiles et politiques, concernant particulièrement le droit à un procès juste, à la liberté et à l’intégrité personnelle.

La persécution contre l’Eglise catholique

Depuis l’année dernière, les deux organismes internationaux collectent une documentation sur la croissance de la persécution contre l’Église catholique au Nicaragua, à travers la détention arbitraire, l’incarcération et l’expulsion du pays des prêtres et religieuses sans aucune garantie d’un procès juste ainsi que la spoliation de leurs propriétés sans aucun droit à la restitution juridique comme cela a été le cas de l’Université centraméricaine des jésuites, l’UCA, accusée de terrorisme par le régime Ortega et assujettie à la séquestration et confiscation de ses biens. Autant de mesures dont le préposé général de la Compagnie de Jésus, le père Arturo Sosa, a demandé vendredi 18 aout, le retrait immédiat. Citant les mesures prises contre l’université catholique, le Cidh et l’Ohchr écrivent que la mesure «affecte le droit à l’éducation, la liberté académique, la liberté d’expression et le droit au travail d’innombrables Nicaraguayens».

La réalité socio-politique du Nicaragua

Le Nicaragua traverse, depuis avril 2018, une crise politique et sociale, accentuée après les élections controversées du 7 novembre 2021 qui ont donné la victoire à Daniel Ortega, pour un cinquième mandat à la présidence du pays, marqué par un tiraillement avec les autorités religieuses nicaraguayennes. Jusqu’à présent, au moins 44 membres de l’Église catholique ont été arbitrairement expulsés du pays et 8 prêtres emprisonnés. Plusieurs collèges et universités ont été confisqués. Il existe également des informations sur des cas de repressions et de persécutions contre les autres religions.

Source : VATICANNEWS, le 19 août 2023

20.08.2023 – HOMÉLIE DU 20ÈME DIMANCHE ORDINAIRE – MT 15,21-28

Osez remuer le Seigneur,

il vous entend !

Textes bibliques : Lire


Les lectures bibliques de ce dimanche nous annoncent une bonne nouvelle : le salut de Dieu est offert à tous les hommes ; il ne se limite pas aux bons croyants de son peuple ; il est pour tous, y compris pour les étrangers.

C’est ce message que nous trouvons dans le livre d’Isaïe, bien avant la venue du Christ : “Les étrangers qui se sont attachés au Seigneur pour l’honorer, pour aimer son nom, pour devenir ses serviteurs… je les conduirai sur ma montagne sainte.” N’oublions pas que dans le monde de la Bible, la montagne c’est le lieu de la rencontre avec Dieu. S’il n’y a qu’un seul Dieu, le salut ne concerne pas seulement ses enfants mais aussi tous les autres peuples. C’est ce que nous rappelle le pape François quand il nous demande d’ouvrir les portes et d’aller au-devant de ceux qui sont loin, jusque dans les “périphéries”. La Parole de Dieu doit être annoncée à tous.

Le psaume 66 vient prolonger cette lecture d’Isaïe : tous les étrangers sont invités à se joindre à la grande action de grâce du peuple d’Israël : “Que tous les peuples te rendent grâce. Qu’ils te rendent grâce tous ensemble.” C’est une louange qui se veut universelle.

Avec le lettre de saint Paul, nous sommes en plein dans l’accomplissement de ce projet de Dieu. L’apôtre saint Paul s’adresse à des chrétiens d’origine païenne. Leur accueil dans la communauté chrétienne ne s’est pas passé sans de nombreuses tensions. Mais ces étrangers sont de plus en plus nombreux à se convertir au Christ. Le fait que l’Évangile soit reçu par des païens montre à lui seul que Dieu appelle tous les hommes. Il veut faire miséricorde à tous car il veut que tous soient sauvés. A la suite de Paul et de tous les grands témoins de la foi, nous sommes envoyés vers ceux qui ne fréquentent pas nos assemblées. L’Église d’aujourd’hui doit ouvrir ses yeux, ses oreilles et son cœur aux appels du monde entier. La bonne nouvelle de Jésus Christ est pour tous.

L’Évangile nous montre qu’avec Jésus cette bonne nouvelle est en train de se réaliser. Lui-même vient de se heurter à l’incroyance des siens. Il se retire dans la région de Tyr et Sidon, en terre païenne ; et c’est là qu’a lieu la rencontre avec la Cananéenne. Sa race, son pays, son passé, tout la rend étrangère et lointaine. Et pourtant, cette païenne va faire preuve de droiture, d’humilité, de disponibilité, d’humour et surtout d’une foi étonnante qui va faire l’admiration de Jésus. Nous l’avons entendu : “Au moins les petits chiens mangent les miettes qui tombent sous la table de leur maître.” C’est une leçon extraordinaire pour les juifs et pour les disciples.

Nous venons de fêter l’Assomption ; nous pouvons nous poser la question : qu’y a-t-il de commun entre Marie et cette païenne anonyme et méprisée ? Apparemment rien… sauf la foi. Marie et la cananéenne se rejoignent en Jésus Christ. La foi de la cananéenne  est une ouverture du cœur, une grande confiance en celui qu’elle implore. Quand tout est désespéré, une mère espère encore. La foi d’une maman étrangère ouvre le cœur de Jésus aux païens.

Comme la Samaritaine, nous supplions le Christ : “Aie pitié de nous, aie pitié de notre monde qui est tourmenté par les guerres, les injustices, les violences, la misère… Beaucoup sont victimes de fausses accusations qui ne visent qu’à les enfoncer. Le Christ continue à nous envoyer pour témoigner de son amour auprès de tous les blessés de la vie, les malades, les exclus, les prisonniers. Il nous envoie pour porter la guérison autour de nous. Le remède qu’il nous donne c’est bien plus que des miettes : c’est le don de sa Parole et de son Corps, c’est le don de son Esprit saint.

Les textes bibliques de ce dimanche nous invitent à changer notre regard sur ceux qui ne sont pas de notre bord. Un jour, Jésus a dit : “aimez-vous les uns les autres COMME je vous ai aimés (autant que je vous ai aimés). Cet amour du Christ est universel et sans limite. Tous  les peuples du monde entier sont invités à acclamer le Seigneur pour cet  amour sans frontière. C’est de cela que nous avons à témoigner par nos paroles, nos gestes d’accueil, de partage et de solidarité

Nous faisons nôtre la prière de ce chant : “Allez-vous en sur les places et sur les parvis… Allez-vous en sur les places y chercher tous mes amis”. Amen

Source : RÉSURGENCES.BE

20.08.2023 – HOMÉLIE DU 20ÈME DIMANCHE ORDINAIRE – MT 15,21-28


Pistes pour l’homélie par l’abbé Jean Compazieu


Textes bibliques : Lire


Les lectures bibliques de ce dimanche nous annoncent une bonne nouvelle : le salut de Dieu est offert à tous les hommes ; il ne se limite pas aux bons croyants de son peuple ; il est pour tous, y compris pour les étrangers.

C’est ce message que nous trouvons dans le livre d’Isaïe, bien avant la venue du Christ : “Les étrangers qui se sont attachés au Seigneur pour l’honorer, pour aimer son nom, pour devenir ses serviteurs… je les conduirai sur ma montagne sainte.” N’oublions pas que dans le monde de la Bible, la montagne c’est le lieu de la rencontre avec Dieu. S’il n’y a qu’un seul Dieu, le salut ne concerne pas seulement ses enfants mais aussi tous les autres peuples. C’est ce que nous rappelle le pape François quand il nous demande d’ouvrir les portes et d’aller au-devant de ceux qui sont loin, jusque dans les “périphéries”. La Parole de Dieu doit être annoncée à tous.

Le psaume 66 vient prolonger cette lecture d’Isaïe : tous les étrangers sont invités à se joindre à la grande action de grâce du peuple d’Israël : “Que tous les peuples te rendent grâce. Qu’ils te rendent grâce tous ensemble.” C’est une louange qui se veut universelle.

Avec le lettre de saint Paul, nous sommes en plein dans l’accomplissement de ce projet de Dieu. L’apôtre saint Paul s’adresse à des chrétiens d’origine païenne. Leur accueil dans la communauté chrétienne ne s’est pas passé sans de nombreuses tensions. Mais ces étrangers sont de plus en plus nombreux à se convertir au Christ. Le fait que l’Évangile soit reçu par des païens montre à lui seul que Dieu appelle tous les hommes. Il veut faire miséricorde à tous car il veut que tous soient sauvés. A la suite de Paul et de tous les grands témoins de la foi, nous sommes envoyés vers ceux qui ne fréquentent pas nos assemblées. L’Église d’aujourd’hui doit ouvrir ses yeux, ses oreilles et son cœur aux appels du monde entier. La bonne nouvelle de Jésus Christ est pour tous.

L’Évangile nous montre qu’avec Jésus cette bonne nouvelle est en train de se réaliser. Lui-même vient de se heurter à l’incroyance des siens. Il se retire dans la région de Tyr et Sidon, en terre païenne ; et c’est là qu’a lieu la rencontre avec la Cananéenne. Sa race, son pays, son passé, tout la rend étrangère et lointaine. Et pourtant, cette païenne va faire preuve de droiture, d’humilité, de disponibilité, d’humour et surtout d’une foi étonnante qui va faire l’admiration de Jésus. Nous l’avons entendu : “Au moins les petits chiens mangent les miettes qui tombent sous la table de leur maître.” C’est une leçon extraordinaire pour les juifs et pour les disciples.

Nous venons de fêter l’Assomption ; nous pouvons nous poser la question : qu’y a-t-il de commun entre Marie et cette païenne anonyme et méprisée ? Apparemment rien… sauf la foi. Marie et la cananéenne se rejoignent en Jésus Christ. La foi de la cananéenne est une ouverture du cœur, une grande confiance en celui qu’elle implore. Quand tout est désespéré, une mère espère encore. La foi d’une maman étrangère ouvre le cœur de Jésus aux païens.

Comme la Samaritaine, nous supplions le Christ : “Aie pitié de nous, aie pitié de notre monde qui est tourmenté par les guerres, les injustices, les violences, la misère… Beaucoup sont victimes de fausses accusations qui ne visent qu’à les enfoncer. Le Christ continue à nous envoyer pour témoigner de son amour auprès de tous les blessés de la vie, les malades, les exclus, les prisonniers. Il nous envoie pour porter la guérison autour de nous. Le remède qu’il nous donne c’est bien plus que des miettes : c’est le don de sa Parole et de son Corps, c’est le don de son Esprit saint.

Les textes bibliques de ce dimanche nous invitent à changer notre regard sur ceux qui ne sont pas de notre bord. Un jour, Jésus a dit : “aimez-vous les uns les autres COMME je vous ai aimés (autant que je vous ai aimés). Cet amour du Christ est universel et sans limite. Tous les peuples du monde entier sont invités à acclamer le Seigneur pour cet amour sans frontière. C’est de cela que nous avons à témoigner par nos paroles, nos gestes d’accueil, de partage et de solidarité

Nous faisons nôtre la prière de ce chant : “Allez-vous en sur les places et sur les parvis… Allez-vous en sur les places y chercher tous mes amis”. Amen

Abbé Jean Compazieu

Source : DIMANCHEPROCHAIN.ORG, le 12 août 2023