21.08.2023 – ÉVANGILE DU JOUR

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 19,16-22.

En ce temps-là, voici que quelqu’un s’approcha de Jésus et lui dit : « Maître, que dois-je faire de bon pour avoir la vie éternelle ? »
Jésus lui dit : « Pourquoi m’interroges-tu sur ce qui est bon ? Celui qui est bon, c’est Dieu, et lui seul ! Si tu veux entrer dans la vie, observe les commandements. »


Il lui dit : « Lesquels ? » Jésus reprit : « ‘Tu ne commettras pas de meurtre. Tu ne commettras pas d’adultère. Tu ne commettras pas de vol. Tu ne porteras pas de faux témoignage.
Honore ton père et ta mère.’ Et aussi : ‘Tu aimeras ton prochain comme toi-même.’ »
Le jeune homme lui dit : « Tout cela, je l’ai observé : que me manque-t-il encore ? »
Jésus lui répondit : « Si tu veux être parfait, va, vends ce que tu possèdes, donne-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans les cieux. Puis viens, suis-moi. »


À ces mots, le jeune homme s’en alla tout triste, car il avait de grands biens.

Acclamons et partageons la parole de Dieu !

COMMENTAIRE :

Sainte Hildegarde de Bingen (1098-1179)

abbesse bénédictine et docteur de l’Église

Le Scivias, les chemins de Dieu, chap. 4 (in “Hildegarde de Bingen, Prophète et docteur pour le troisième millénaire”; trad. P. Dumoulin; Éditions des béatitudes; 2012; p. 117-119)

L’amour du Ciel doit passer avant tout autre souci

L’amour céleste… consiste pour l’homme à connaître et à reconnaître Dieu en l’aimant plus que tout. Cet amour proclame : « Douce vie et douce étreinte de la vie éternelle, bienheureuse félicité dans laquelle résident les récompenses éternelles, toi qui es toujours faite de véritables délices, si bien que jamais, en fait, je ne puis être remplie ni rassasiée de la joie intérieure qui est en mon Dieu. » L’amour du Ciel doit passer avant tout autre souci. Et chaque œuvre bonne est formée de deux parties : l’amour de Dieu et l’amour de l’homme. La discipline suit l’amour du Ciel. Elle est comme un enfant, puisqu’elle ne veut pas être puissante en accomplissant sa propre volonté, mais qu’elle veut rester fidèlement dans la crainte, la retenue et le respect. Par la foi en l’amour, l’homme se lie lui-même dans la loi de la discipline. (…) La vertu de miséricorde se lève pour aller vers les pauvres. Car la miséricorde de sa grâce se trouve dans le cœur du Père éternel. J’ai placé mon Fils dans la poitrine de la miséricorde, lorsque je l’ai envoyé dans le sein de la Vierge Marie. L’homme, justifié par les vertus, devient capable de regarder la misère de son prochain et de l’aider comme lui-même dans les vrais besoins. La miséricorde murmure : « Je tends toujours les mains vers les étrangers, les malheureux, les pauvres, les infirmes et ceux qui gémissent. » Après la miséricorde surgit la victoire par laquelle l’homme est vainqueur de lui-même et des vices d’autrui. (…) Enfin, la patience et le gémissement de l’âme possèdent une douceur qui empêche l’homme d’être écrasé par les épreuves. Libre de tout souci du siècle, il se tourne vers ce qui est éternel en Dieu dans la vie future.

LECTURES :

Livre des Juges 2,11-19.

En ces jours-là, les fils d’Israël firent ce qui est mal aux yeux du Seigneur, et ils servirent les Baals.
Ils abandonnèrent le Seigneur, le Dieu de leurs pères, qui les avait fait sortir du pays d’Égypte, et ils suivirent d’autres dieux parmi ceux des peuples d’alentour. Ils se prosternèrent devant eux, et ils irritèrent le Seigneur.
Ils abandonnèrent le Seigneur pour servir Baal et Astarté.
Alors la colère du Seigneur s’enflamma contre Israël. Il les livra aux mains des pillards, les abandonna aux ennemis qui les entouraient, et ils furent incapables de leur résister.
Dans toutes leurs expéditions, la main du Seigneur était contre eux, pour leur malheur, comme il le leur avait dit, comme il en avait fait serment. Ils furent dans une très grande détresse.
Alors le Seigneur suscita des juges pour les sauver de la main des pillards.
Mais ils n’obéissaient pas non plus à leurs juges. Ils se prostituèrent en suivant d’autres dieux, ils se prosternèrent devant eux. Ils ne tardèrent pas à se détourner du chemin où leurs pères avaient marché en obéissant aux commandements du Seigneur ; ils n’agirent pas comme eux.
Lorsque le Seigneur suscitait pour eux un juge, le Seigneur était avec le juge, et il les sauvait de la main de leurs ennemis aussi longtemps que le juge était en vie ; car le Seigneur se laissait émouvoir quand ils gémissaient sous la violence de leurs oppresseurs.
Mais quand le juge était mort, ils recommençaient et poussaient la corruption plus loin que leurs pères : ils suivaient d’autres dieux, les servaient et se prosternaient devant eux ; ils ne renonçaient en rien à leurs pratiques ni à leur conduite obstinée.

Psaume 106(105),6.35.36-37.39-40.43ab.44.

Avec nos pères, nous avons péché,
nous avons failli et renié.
ils vont se mêler aux païens,
ils apprennent leur manière d’agir.

Alors ils servent leurs idoles,
et pour eux c’est un piège :
ils offrent leurs fils et leurs filles
en sacrifice aux démons.

De telles pratiques les souillent ;
ils se prostituent par de telles actions.
Et le Seigneur prend feu contre son peuple :
ses héritiers lui font horreur.

Tant de fois délivrés par Dieu,
ils s’obstinent dans leur idée,
et lui regarde leur détresse
quand il entend leurs cris.

Le livre de Dorothy Day « J’ai trouvé Dieu à travers ses pauvres » préfacé par le Pape François

Le livre de Dorothy Day « J’ai trouvé Dieu à travers ses pauvres » préfacé par le Pape François (LEV).

Le livre de Dorothy Day « J’ai trouvé Dieu à travers ses pauvres » préfacé par le Pape François

Le Pape François préface le livre autobiographique de Dorothy Day « J’ai trouvé Dieu à travers ses pauvres. De l’athéisme à la foi: mon voyage intérieur » (Librairie éditrice vaticane). Dorothy Day (1897-1980), initiatrice du mouvement Catholic Worker, était une journaliste, écrivaine, pacifiste et militante américaine, connue pour son engagement en faveur des pauvres, contre l’armement et pour la justice sociale. En librairie à partir du mardi 22 août prochain.

François

La vie de Dorothy Day, telle qu’elle nous la raconte dans ces pages, est l’une des confirmations possibles de ce que le pape Benoît XVI a soutenu avec vigueur et que j’ai moi-même rappelé à plusieurs reprises: «L’Église grandit par l’attraction et non par le prosélytisme». La manière dont Dorothy Day raconte sa venue à la foi chrétienne atteste que ce ne sont pas les efforts ou les stratagèmes humains qui rapprochent les personnes de Dieu, mais plutôt la grâce qui découle de la charité, la beauté qui jaillit du témoignage, l’amour qui se concrétise dans les faits.

Toute l’histoire de Dorothy Day, cette Américaine engagée toute sa vie pour la justice sociale et les droits des personnes, en particulier des pauvres, des travailleurs exploités, des marginaux de la société, déclarée Servante de Dieu en 2000, est un témoignage de ce que l’apôtre saint Jacques affirmait déjà dans sa Lettre: «Montre-moi ta foi sans les œuvres, et je te montrerai ma foi par mes œuvres» (2,18).

Je voudrais souligner trois éléments qui ressortent des pages autobiographiques de Dorothy Day comme des leçons précieuses pour tous à notre époque: l’agitation, l’Église et le service.

Dorothy est une femme inquiète: lorsqu’elle fait l’expérience de son parcours d’adhésion au christianisme, elle est jeune, elle n’a pas encore trente ans, elle a depuis longtemps abandonné la pratique religieuse, qui lui semblait, comme le souligne son frère à qui elle dédie ce livre, une chose «morbide». Au contraire, en progressant dans sa propre recherche spirituelle, elle en vient à considérer la foi et Dieu non pas comme un «palliatif», pour reprendre une célèbre définition du théologien luthérien Dietrich Bonhoeffer, mais comme ce qu’ils devraient vraiment être, c’est-à-dire la plénitude de la vie et le but de sa propre recherche du bonheur. Dorothy Day écrit: «La plupart du temps, les lueurs de Dieu sont apparues lorsque j’étais seule. Mes détracteurs ne peuvent pas dire que c’est la peur de la solitude et de la douleur qui m’a poussée à me tourner vers Lui. C’est au cours de ces quelques années de solitude et de joie que je l’ai trouvé. Je l’ai enfin trouvé dans la joie et l’action de grâce, et non dans la douleur».

Dorothy Day nous enseigne ici que Dieu n’est pas un simple instrument de consolation ou d’aliénation pour l’homme dans l’amertume de ses jours, mais qu’il comble en abondance notre désir de joie et d’épanouissement. Le Seigneur aspire à des cœurs inquiets, et non à des âmes bourgeoises qui se contentent de l’existant. Et Dieu n’enlève rien à l’homme et à la femme de tous les âges, il ne fait que donner au centuple! Jésus n’est pas venu proclamer que la bonté de Dieu est un substitut à l’être humain, il nous a donné au contraire le feu de l’amour divin qui porte à son accomplissement tout ce qui est beau, vrai et juste et qui habite le cœur de chaque personne. Lire ces pages de Dorothy Day et suivre son itinéraire religieux devient une aventure qui fait du bien au cœur et qui peut nous apprendre beaucoup pour garder vivante en nous une vraie image de Dieu.

Dorothy Day, en second lieu, a réservé de belles paroles à l’Église catholique qui, pour elle, issue et appartenant au monde de l’engagement social et syndical, semblait souvent être du côté des riches et des propriétaires terriens, souvent insensible aux exigences de la vraie justice sociale et de l’égalité concrète dont – rappelle t- elle-, tant de pages de l’Ancien Testament sont riches. Au fur et à mesure que son adhésion aux vérités de la foi grandissait, sa considération pour la nature divine de l’Église catholique s’intensifiait. Non pas avec un regard de fidéisme non critique, presque une défense d’office de sa nouvelle «maison» spirituelle, mais avec une attitude honnête et éclairée, qui savait discerner dans la vie même de l’Église un élément de lien irréductible avec le mystère, au-delà des chutes nombreuses et répétées de ses membres.

Dorothy Day note: «Les attaques mêmes dirigées contre l’Église m’ont prouvé sa divinité. Seule une institution divine aurait pu survivre à la trahison de Judas, au reniement de Pierre, aux péchés de ceux qui ont professé sa foi et qui auraient dû s’occuper de ses pauvres». Et, dans un autre passage du texte, il déclare: «J’ai toujours pensé que les fragilités humaines, les péchés et l’ignorance de ceux qui ont occupé de hautes fonctions au cours de l’histoire n’ont fait que prouver que l’Église doit être divine pour perdurer à travers les âges. Je n’aurais pas blâmé l’Église pour ce que je pensais être les erreurs des ecclésiastiques».

Quel bonheur d’entendre de telles paroles de la part d’un grand témoin de la foi, de la charité et de l’espérance au XXe siècle, siècle au cours duquel l’Église a été l’objet de critiques, d’aversion et d’abandon! Une femme libre, Dorothy Day, capable de ne pas cacher ce qu’elle ne craint pas d’appeler les «erreurs des ecclésiastiques», mais qui admet que l’Église a affaire directement à Dieu, car c’est la sienne, pas la nôtre, c’est Lui qui l’a voulue, pas nous, c’est son instrument, pas quelque chose que nous pouvons utiliser. Telle est la vocation et l’identité de l’Église: une réalité divine, et non humaine, qui nous conduit à Dieu et à travers laquelle Dieu peut nous atteindre.

Enfin, le service. Dorothy Day a servi les autres toute sa vie. Avant même d’être pleinement croyante. Et cette disponibilité, à travers son travail de journaliste et d’activiste, est devenue une sorte «d’autoroute» par laquelle Dieu a touché son cœur. Et c’est elle-même qui rappelle au lecteur que la lutte pour la justice est l’un des moyens par lesquels, même sans le savoir, chaque personne peut réaliser le rêve de Dieu d’une humanité réconciliée, dans laquelle le parfum de l’amour l’emporte sur l’odeur nauséabonde de l’égoïsme. Les mots de Dorothy Day sont très éclairants à cet égard: «L’amour humain dans ce qu’il a de meilleur, désintéressé, rayonnant, illuminant nos jours, nous donne un aperçu de l’amour de Dieu pour l’homme. L’amour est la meilleure chose qu’il nous soit donné de connaître dans cette vie». Cela nous enseigne quelque chose de vraiment instructif, même aujourd’hui: les croyants et les non-croyants sont des alliés dans la promotion de la dignité de chaque personne lorsqu’ils aiment et servent les êtres humains les plus abandonnés.

Lorsque Dorothy Day écrit que le slogan des mouvements sociaux pour les travailleurs de son époque était «problème d’un seul, problème de tous», elle m’a rappelé une célèbre déclaration que le père Lorenzo Milani, le prêtre de Barbiana dont on commémore cette année le 100e anniversaire de la naissance, fait dire au protagoniste de Lettre à un professeur: «J’ai appris que le problème des autres est le même que le mien. S’en sortir tous ensemble, c’est de la politique. En sortir seul, c’est de l’avarice». Le service doit donc devenir politique: c’est-à-dire des choix concrets pour que la justice prévale et que la dignité de chaque personne soit sauvegardée. Dorothy Day, que j’ai voulu rappeler dans mon discours au Congrès américain lors de mon voyage apostolique en 2015, est un stimulant et un exemple pour nous dans ce voyage ardu mais fascinant.

2023 – Dicastère pour la Communication – Librairie éditrice vaticane.

Source : VATICANNEWS, le 20 août 2023

20.08.2023 – ANGÉLUS À ROME

Angélus: Dieu ne résiste pas quand on le prie

Avant de réciter la prière de l’Angélus ce dimanche 20 août Place Saint-Pierre, le Pape François se focalisant sur un passage de l’Évangile de Matthieu, a invité à se poser des questions sur l’état de «notre foi» en Jésus, exhortant les chrétiens au courage, à l’image de la femme cananéenne, qui «surmonte tous les obstacles pour pouvoir lui parler».

Myriam Sandouno – Cité du Vatican

La rencontre de Jésus avec une femme cananéenne dont parle l’Évangile de saint Mathieu met en lumière deux aspects, évoque François: le changement de Jésus et la foi de la femme.

«Femme, grande est ta foi!»

Avant d’éclairer aujourd’hui les fidèles et pèlerins présents sur la Place Saint-Pierre, l’évêque de Rome est tout d’abord revenu sur l’histoire de la femme cananéenne, qui angoissée par le cas de sa fille tourmentée par un démon, demande à Jésus de la sauver. Mais le Seigneur ne l’écoute pas dans un premier temps. Elle insiste, et les disciples lui demandent de l’exaucer pour qu’elle arrête, mais Jésus explique que sa mission est destinée aux enfants d’Israël, rappelle François et utilise cette image:  « »Il n’est pas bien de prendre le pain des enfants et de le jeter aux petits chiens« , dit Jésus. Et la femme répond:  » Oui, Seigneur; mais justement, les petits chiens mangent les miettes qui tombent de la table de leurs maîtres ». Alors Jésus lui dit: « Femme, grande est ta foi, que tout se passe pour toi comme tu le veux! ». Et, à l’heure même, sa fille fut guérie.» (v. 26-28).

Cette conversation entre Jésus et la femme cananéenne montre que «Jésus change d’attitude, et ce qui le fait changer, c’est la force de la foi de la femme», affirme le Pape.

Dieu amour et compatissant

Dans «le changement de Jésus» le Saint-Père relève «une anticipation, par laquelle, dans l’épisode de la Cananéenne, l’universalité de l’œuvre de Dieu se manifeste déjà. Cette disponibilité de Jésus est intéressante: face à la prière de la femme, il « anticipe les projets », face à son cas concret, il devient encore plus condescendant et compatissant». Dieu est ainsi, ajoute François: «il est amour», et «celui qui aime ne reste pas figé dans ses positions, mais se laisse porter et émouvoir; il sait changer ses plans». Et «nous, chrétiens, poursuit-il, si nous voulons imiter le Christ, nous sommes invités à la disponibilité du changement. Cela nous fait beaucoup de bien dans nos relations, mais aussi dans la vie de foi, d’être dociles, d’écouter vraiment, de nous laisser émouvoir au nom de la compassion et du bien d’autrui», comme Jésus avec la Cananéenne.

Parlant de la foi de la femme, que «le Seigneur loue en disant qu’elle est « grande »», le Pape souligne que pour les disciples, «seule son insistance semble grande», alors que «Jésus voit la foi».

Des pèlerins rassemblés sur la Place Saint-Pierre.

Des pèlerins rassemblés sur la Place Saint-Pierre. 

La foi, une relation personnelle avec le Seigneur

Le Souverain pontife pousse un peu plus loin la réflexion: «Si nous y réfléchissons, cette femme étrangère ne connaissait probablement pas grand-chose, voire rien du tout, des lois et des préceptes religieux d’Israël». En quoi consiste donc sa foi?, s’interroge-t-il, expliquant ensuite qu’elle «n’est pas copieuse de concepts, mais de faits: la Cananéenne s’approche, elle se prosterne, elle insiste, elle entretient un dialogue étroit avec Jésus, elle surmonte tous les obstacles pour pouvoir lui parler».

L’insistance dans la prière qui touche le cœur de Dieu

C’est cela le caractère concret de la foi, qui n’est pas une étiquette religieuse, mais une relation personnelle avec le Seigneur, soutient le Pape. «La foi de la femme n’est pas faite d’étiquette théologique, mais d’insistance; pas de paroles, mais de prière. Et Dieu ne résiste pas quand on le prie». C’est pourquoi il a dit, rappelle-t-il: «Demandez, on vous donnera; cherchez, vous trouverez ; frappez, on vous ouvrira» (Mt 7,7).

Le Pape pour conclure, a invité chacun à s’interroger personnellement sur ses actions. Et comme Jésus, «suis-je capable de changer d’avis? d’être compréhensif et compatissant» ou encore «est-ce que je reste figé sur mes positions?» Et à partir de la foi de la femme: «comment est ma foi? S’arrête-t-elle aux concepts et aux mots, ou est-elle vraiment vécue, par la prière et les actes? Est-ce que je sais dialoguer avec le Seigneur, insister avec Lui», ou «est-ce que je me contente de réciter une belle formule?»

Source : VATICANNEWS, le 20 août 2023

Un miracle du chapelet par l’intercession de saint Jean Paul II

Unsplash/Gonzalo Kenny

Un miracle du chapelet par l’intercession de saint Jean Paul II

Tous les mardis, des élèves enthousiastes se joignent à David Campbell, un enseignant en histoire-géo au lycée catholique St. Paul VI de Chantilly, en Virginie, aux États-Unis, pour confectionner des chapelets pour l’association Stella Maris, qui les expédie à l’étranger. Lorsque chaque élève a fini son chapelet, David lui demande s’il veut en faire don ou l’offrir à un membre de sa famille ou à un ami.

David fabrique des chapelets depuis des années, mais sa dévotion pour le rosaire remonte à plusieurs décennies, lorsqu’il était pasteur presbytérien à Salem (New Jersey). Trois mois après son entrée en fonction, il éprouvait des difficultés à prier. C’est un ami, prêtre catholique, le père Jack Casey, qui lui a recommandé de se servir d’un chapelet.

« Depuis, je garde un chapelet dans ma poche en permanence », raconte David. Cela fait 40 ans.

Cet amour pour le rosaire l’a éventuellement conduit à la foi catholique. Aujourd’hui, David fabrique 1 000 chapelets par an. Il en a confectionné plus de 10 000 à ce jour.

Au lycée Paul VI, il profite des ateliers de fabrication de chapelets pour raconter sa vie aux élèves, et notamment pour témoigner de la puissance de l’intercession de saint Jean-Paul II.

Il y a treize ans, David a eu son premier petit-enfant, Jesse, mais à l’âge de dix jours, Jesse a été diagnostiqué comme étant atteint du virus de l’herpès simplex (HSV-1). Après son transport à l’hôpital national pour enfants de Washington, les médecins ont annoncé à la famille que Jesse avait trois fois le niveau létal d’ammoniaque, conséquence du HSV-I, dans son sang et qu’il ne lui restait que 48 heures à vivre !

Après deux jours sans évolution, David a prié un chapelet en demandant l’intercession de saint Jean-Paul II. Le lendemain matin, l’infirmière de Jesse a rapporté que ses taux et signes vitaux étaient revenus à la normale. « Depuis, je cherche des moyens de témoigner de la présence et de la puissance du Christ », a-t-il déclaré.

Anna Harvey, 31 mai 2023

Adapté de www.catholicherald.com

Prions :

Je vous salue Marie, pleine de grâce ;
Le Seigneur est avec vous.
Vous êtes bénie entre toutes les femmes
Et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni.
Sainte Marie, Mère de Dieu,
Priez pour nous pauvres pécheurs,
Maintenant et à l’heure de notre mort.

Amen

Source : une minute avec Marie

20.08.2023 – SAINT DU JOUR

St Bernard

St Bernard

DOCTEUR DE L’ÉGLISE († 1153)

Fête Le 20 Août

Saint Bernard
Abbé et docteur de l’Église 
(1090-1153)

Bernard, le prodige de son siècle, naît au château de Fontaines, près de Dijon, d’une famille distinguée par sa noblesse et par sa piété, et fut, dès sa naissance, consacré au Seigneur par sa mère, qui avait eu en songe le pressentiment de sa sainteté future. Une nuit de Noël, Bernard, tout jeune encore, assistait à la Messe de Noël ; il s’endormit, et, pendant son sommeil, il vit clairement sous ses yeux la scène ineffable de Bethléem, et contempla Jésus entre les bras de Marie.

À dix-neuf ans, malgré les instances de sa famille, il obéit à l’appel de Dieu, qui le voulait dans l’Ordre de Cîteaux ; mais il n’y entra pas seul ; il décida six de ses frères et vingt-quatre autres gentilshommes à le suivre. L’exemple de cette illustre jeunesse et l’accroissement de ferveur qui en résulta pour le couvent suscitèrent tant d’autres vocations, qu’on se vit obligé de faire de nouveaux établissements. Bernard fut le chef de la colonie qu’on envoya fonder à Clairvaux un monastère qui devint célèbre et fut la source de cent soixante fondations, du vivant même du Saint. 
Chaque jour, pour animer sa ferveur, il avait sur les lèvres ces mots : « Bernard, qu’es-tu venu faire ici ? » Il y répondait à chaque fois par des élans nouveaux. Il réprimait ses sens au point qu’il semblait n’être plus de la terre ; voyant, il ne regardait point, entendant, il n’écoutait point ; goûtant, il ne savourait point. C’est ainsi qu’après avoir passé un an dans la chambre des novices, il ne savait si le plafond était lambrissé ou non ; côtoyant un lac, il ne s’en aperçut même pas ; un jour, il but de l’huile pour de l’eau, sans se douter de rien. 

Bernard avait laissé, au château de sa famille, Nivard, le plus jeune de ses frères : « Adieu, cher petit frère, lui avait-il dit; nous t’abandonnons tout notre héritage. “Oui, je comprends, avait répondu l’enfant, vous prenez le Ciel et vous me laissez la terre ; le partage n’est pas juste.” » Plus tard, Nivard vint avec son vieux père rejoindre Bernard au monastère de Clairvaux. 

Le Saint n’avait point étudié dans le monde ; mais l’école de l’oraison suffit à faire de lui un grand docteur, admirable par son éloquence, par la science et la suavité de ses écrits. Il fut le conseiller des évêques, l’ami des Papes, l’oracle de son temps. Mais sa principale gloire, entre tant d’autres, semble être sa dévotion incomparable envers la très Sainte Vierge.

Pour approfondir, lire la Catéchèse du Pape Benoît XVI :
>>> Saint Bernard

St Bernard priez pour nous !

La Prière de Saint Bernard de Clairvaux « Regardez l’étoile, invoquez Marie » : 

« Lorsque vous assaillent les vents des tentations, lorsque vous voyez paraître les écueils du malheur, regardez l’étoile, invoquez Marie. Si vous êtes ballottés sur les vagues de l’orgueil, de l’ambition, de la calomnie, de la jalousie, regardez l’étoile, invoquez Marie. Si la colère, l’avarice, les séductions charnelles viennent secouer la légère embarcation de votre âme, levez les yeux vers Marie. Dans le péril, l’angoisse, le doute, pensez à Marie, invoquez Marie. Que son nom ne quitte ni vos lèvres ni vos cœurs ! Et pour obtenir son intercession, ne vous détournez pas de son exemple. En la suivant, vous ne vous égarerez pas. En la suppliant, vous ne connaîtrez pas le désespoir. En pensant à elle, vous éviterez toute erreur. Si elle vous soutient, vous ne sombrerez pas ; si elle vous protège, vous n’aurez rien à craindre ; sous sa conduite vous ignorerez la fatigue ; grâce à sa faveur, vous atteindrez le but. Ainsi soit-il. » 

Saint Bernard de Clairvaux (1090-1153)

Bernard-de-Clairvaux-2.jpg

20.08.2023 – ÉVANGILE DU JOUR

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 15,21-28.

En ce temps-là, partant de Génésareth, Jésus se retira dans la région de Tyr et de Sidon.
Voici qu’une Cananéenne, venue de ces territoires, disait en criant : « Prends pitié de moi, Seigneur, fils de David ! Ma fille est tourmentée par un démon. »


Mais il ne lui répondit pas un mot. Les disciples s’approchèrent pour lui demander : « Renvoie-la, car elle nous poursuit de ses cris ! »
Jésus répondit : « Je n’ai été envoyé qu’aux brebis perdues de la maison d’Israël. »


Mais elle vint se prosterner devant lui en disant : « Seigneur, viens à mon secours ! »
Il répondit : « Il n’est pas bien de prendre le pain des enfants et de le jeter aux petits chiens. »


Elle reprit : « Oui, Seigneur ; mais justement, les petits chiens mangent les miettes qui tombent de la table de leurs maîtres. »


Jésus répondit : « Femme, grande est ta foi, que tout se passe pour toi comme tu le veux ! » Et, à l’heure même, sa fille fut guérie.

Acclamons et partageons la parole de Dieu !

COMMENTAIRE :

Saint Bède le Vénérable (v. 673-735)

moine, docteur de l’Église

Homélie sur les Évangiles, I, 22 : CCL 122, 156-160 ; PL 94, 102-105 (in ‟Lectures chrétiennes pour notre temps”, fiche I48; trad. Orval; © 1971 Abbaye d’Orval)

« Femme, grande est ta foi ; que tout se fasse pour toi comme tu le veux »

L’Évangile nous montre la grande foi, la patience, la persévérance et l’humilité de la Cananéenne. (…) Cette femme était douée d’une patience vraiment peu commune. À sa première demande le Seigneur ne répond pas un mot. Malgré cela, loin de cesser un instant de prier, elle implore avec une insistance accrue le secours de sa bonté. (…) Voyant l’ardeur de notre foi et la ténacité de notre persévérance dans la prière, le Seigneur finira par prendre pitié de nous et nous accordera ce que nous souhaitons. La fille de la Cananéenne était « tourmentée par un démon ». Une fois expulsée la mauvaise agitation de nos pensées et dénoués les nœuds de nos péchés, la sérénité de l’esprit nous reviendra ainsi que la possibilité d’agir correctement. (…) Si, à l’exemple de la Cananéenne, nous persévérons dans la prière avec une fermeté inébranlable, la grâce de notre Créateur nous sera présente ; elle corrigera en nous toutes les erreurs, elle sanctifiera tout ce qui est impur, elle pacifiera toute agitation. Car le Seigneur est fidèle et juste. Il nous pardonnera nos péchés et nous purifiera de toute souillure, si nous crions vers lui avec la voix attentive de notre cœur.

LECTURES :

Livre d’Isaïe 56,1.6-7.

Ainsi parle le Seigneur : Observez le droit, pratiquez la justice, car mon salut approche, il vient, et ma justice va se révéler.
Les étrangers qui se sont attachés au Seigneur pour l’honorer, pour aimer son nom, pour devenir ses serviteurs, tous ceux qui observent le sabbat sans le profaner et tiennent ferme à mon alliance,
je les conduirai à ma montagne sainte je les comblerai de joie dans ma maison de prière, leurs holocaustes et leurs sacrifices seront agréés sur mon autel, car ma maison s’appellera « Maison de prière pour tous les peuples ».

Psaume 67(66),2b-3.5abd.7b-8.

Que son visage s’illumine pour nous ;
et ton chemin sera connu sur la terre,
ton salut, parmi toutes les nations.
Que les nations chantent leur joie,

car tu gouvernes le monde avec justice ;
sur la terre, tu conduis les nations.
La terre a donné son fruit ;
Dieu, notre Dieu, nous bénit.

Que Dieu nous bénisse,
et que la terre tout entière l’adore !

Lettre de saint Paul Apôtre aux Romains 11,13-15.29-32.

Je vous le dis à vous, qui venez des nations païennes : dans la mesure où je suis moi-même apôtre des nations, j’honore mon ministère,
mais dans l’espoir de rendre jaloux mes frères selon la chair, et d’en sauver quelques-uns.
Si en effet le monde a été réconcilié avec Dieu quand ils ont été mis à l’écart, qu’arrivera-t-il quand ils seront réintégrés ? Ce sera la vie pour ceux qui étaient morts !
Les dons gratuits de Dieu et son appel sont sans repentance.
Jadis, en effet, vous avez refusé de croire en Dieu, et maintenant, par suite de leur refus de croire, vous avez obtenu miséricorde ;
de même, maintenant, ce sont eux qui ont refusé de croire, par suite de la miséricorde que vous avez obtenue, mais c’est pour qu’ils obtiennent miséricorde, eux aussi.
Dieu, en effet, a enfermé tous les hommes dans le refus de croire pour faire à tous miséricorde.

L’ACCORD DU VATICAN AVEC LA CHINE S’EFFILOCHE DAVANTAGE

George Weigel

L’ACCORD DU VATICAN AVEC LA CHINE S’EFFILOCHE DAVANTAGE

16 août 2023

Le dernier coup auto-infligé à la politique chinoise du Vatican s’est produit à la mi-juillet, lorsque le Saint-Siège a annoncé que le pape François avait « reconnu » l’évêque Joseph Shen Bin comme évêque de Shanghai – en dépit du fait que l’évêque avait été « transféré » au diocèse le plus important et le plus prestigieux de Chine par le régime de Xi Jinping, et non par le pape. Quelques jours plus tard, America publiait une longue analyse de cette courbette romaine par Gerard O’Connell, son correspondant au Vatican. O’Connell, pour sa part, s’est appuyé sur ce que Vatican News a décrit comme une interview du secrétaire d’État, le cardinal Pietro Parolin, mais qui était en fait une interview automatique, le cardinal ayant envoyé les questions-réponses pré-écrites aux divers instruments des médias du Vatican pour qu’ils les publient. 

Une révélation frappante dans cette auto-interrogation est venue lorsque le cardinal Parolin a noté que deux précédents transferts d’évêques en Chine « ont été effectués sans l’implication du Saint-Siège », et a déclaré que « cette façon de procéder semble ne pas tenir compte de l’esprit de dialogue et de collaboration établi de la part du Vatican et de celle de la Chine au fil des ans ». 

On ne peut que répondre : quel « esprit de dialogue et de collaboration » ? Le Vatican croit-il sérieusement qu’un régime totalitaire – qui exerce la surveillance la plus étendue au monde sur sa propre population, construit des camps de concentration génocidaires pour les minorités ethniques et religieuses, bloque les enquêtes internationales sur son rôle dans la propagation mondiale du Covid-19 et annonce publiquement que toutes les religions en Chine doivent être « sinisées » (c’est-à-dire subordonnées à l’idée que le régime se fait de la Chine et de ce qu’elle devrait être) – est vraiment intéressé par le « dialogue et la collaboration » ? Même si cette hypothèse naïve avait été le postulat de départ du Vatican dans les négociations qui ont conduit à l’accord de 2018 entre le Saint-Siège et la République populaire de Chine, les violations ultérieures de cet accord par la Chine et sa répression des catholiques à Hong Kong et ailleurs n’auraient-elles pas dû entraîner un réexamen critique de ce postulat ? 

Le Saint-Siège n’a-t-il rien appris du comportement des régimes totalitaires au cours de l’histoire, qui ont tous, sans exception, cherché à subordonner les communautés chrétiennes à l’idéologie du régime, qu’il s’agisse du nazisme, du léninisme ou de la « pensée Xi Jinping » ?

Je comprends les contraintes du langage diplomatique dans une négociation difficile. Néanmoins, il y a quelque chose d’autodénigrant et d’imprudent sur le plan stratégique (sans parler de l’aspect moral) dans le fait de pousser le langage diplomatique à l’extrême en disant, comme l’a fait le cardinal, que la conversation entre le Vatican et Pékin se poursuivrait, « en faisant confiance à la sagesse et à la bonne volonté de tous ». De quelle « sagesse » ou « bonne volonté » Pékin a-t-il fait preuve depuis 2018 ? Son programme actuel visant à amener le clergé catholique de Hong Kong sur le continent pour qu’il reçoive une formation en sinisation est-il l’expression d’une bonne volonté ou un exercice de coercition et d’intimidation ?

La même incapacité – ou le refus obstiné – de saisir la nature d’un régime comme celui de Xi Jinping était évidente dans l’espoir du cardinal que des « statuts adéquats » seraient élaborés pour une conférence épiscopale chinoise. Mais imaginons, pour les besoins de l’argumentation, que des statuts « adéquats » selon les normes des juristes canoniques romains aient été élaborés et qu’une conférence épiscopale chinoise ait été créée; compte tenu du bilan du régime de Xi Jinping depuis la signature de l’accord entre le Vatican et la Chine en 2018, comment une personne raisonnable pourrait-elle imaginer que ces statuts seraient respectés et que la conférence fonctionnerait conformément à ce que le cardinal Parolin a appelé sa « nature ecclésiale et sa mission pastorale » ? Combien de fois faut-il se faire taper sur les doigts avant de reconnaître que son « partenaire de dialogue » ne respecte pas les règles du Marquis de Queensberry ?

Ensuite, le cardinal Parolin a demandé aux autorités chinoises d’établir un « bureau de liaison stable » pour le Saint-Siège en Chine continentale, qui rendrait le dialogue entre le Vatican et Pékin « plus fluide et plus fructueux » : une demande, selon Gerard O’Connell, que le régime chinois a déjà rejetée tout en exigeant que le Saint-Siège ferme son « bureau d’étude » à Hong Kong. À quoi servirait ce « bureau de liaison stable » ? S’agit-il de l’ouverture d’une brèche vers le Saint-Graal diplomatique que certains diplomates italiens du Vatican recherchent depuis longtemps : une ambassade du Saint-Siège à Pékin ? Mais il faudrait pour cela rompre les relations diplomatiques du Saint-Siège avec Taïwan, la première démocratie chinoise de l’histoire. Et malgré les fantasmes d’une « place à la table » du Vatican, une ambassade n’ajouterait rien à l’influence du Saint-Siège sur le régime de Pékin, tout en étouffant davantage la voix publique du Vatican.

Il y a peu d’enthousiastes de la politique chinoise actuelle au sein du collège des cardinaux, et un examen de cette politique est impératif pendant le prochain interrègne papal. Cette discussion devrait commencer par la compréhension du fait que, quelles que soient ses nobles intentions, la politique actuelle est un échec qui porte atteinte à l’autorité morale et au témoignage de l’Église.

La chronique de George Weigel « The Catholic Difference » est publiée par le Denver Catholic, la publication officielle de l’archidiocèse de Denver.

Source : First Things, le 16 août 2023