01.09.2023 – SAINT DU JOUR

St Gilles

St Gilles

ERMITE (VIE OU VIIE S.)

Saint Gilles ou Égide
Ermite
(640-720)

Gilles était d’Athènes. Son éducation fut brillante, comme elle devait être pour un jeune homme de race royale. On lui a attribué de remarquables ouvrages de médecine et de poésie ; mais sa science était surtout celle des saints.

Un jour qu’il se rendait à l’église, il rencontre un pauvre mendiant malade et presque nu, qui lui demande l’aumône.

Ému de compassion, Gilles se dépouille de sa riche tunique et la lui donne : à peine le malheureux en est-il revêtu, qu’il se trouve en parfaite santé. Le jeune homme comprit, à ce miracle, combien l’aumône est agréable à Dieu. Peu de temps après, à la mort de ses parents, il distribua tous ses biens aux pauvres et se voua lui-même à la pauvreté, à la souffrance et à l’humilité. Mais Jésus-Christ ne se laissa pas vaincre en générosité, et les miracles se multiplièrent tellement sous les pas du saint jeune homme, qu’il en fut effrayé lui-même et se résolut à quitter son pays et à faire voile pour l’Occident. Pendant la traversée, il calma par ses prières une effroyable tempête et débarqua bientôt à Marseille, où il guérit la fille de son hôtesse. 

Mais il lui fallait la solitude ; il la trouva dans une grotte sauvage, où, dégagé de toute préoccupation terrestre, il ne vécut que pour Dieu. Ses jours, ses nuits presque entières s’écoulaient dans une prière continuelle, dans l’adoration et la contemplation. Il jeûnait tous les jours ; le lait d’une biche de la forêt, que Dieu lui envoyait, suffisait à son entretien.

Depuis trois ans, Gilles habitait ce lieu solitaire, quand un jour Wamba, roi des Visigoths d’Espagne, vint chasser jusque dans les forêts voisines avec une suite nombreuse. La biche qui nourrissait le saint ermite, poursuivie par les chiens allait succomber ; enfin, exténuée de fatigue, elle vint se jeter aux pieds de son maître. Gilles, ému jusqu’aux larmes, pria le Seigneur de protéger la vie de l’innocent animal. Une flèche, lancée par un chasseur, vint frapper la main de l’homme de Dieu et lui fit une blessure qui ne devait jamais guérir. La biche était sauvée, car le roi, plein d’admiration pour cet homme qui lui apparaissait avec l’auréole de la sainteté sur le front, donna ordre de cesser la poursuite. Il fit même, à la demande de Gilles, bâtir là un monastère. Après avoir dirigé quelques temps ce monastère, Gilles chercha de nouveau la solitude, et revint enfin terminer ses jours parmi ses chers religieux.

Martyrologe Romain : Au pays de Nîmes dans la province de Narbonne, au VIe ou VIIe siècle, saint Gilles, dont le nom a été donné à la ville qui s’est formée ensuite dans la vallée flavienne, où lui-même aurait érigé un monastère et terminé sa vie.

Saint Gilles priez pour nous !

La Prière des Pèlerins de Saint Gilles !

Ô Dieu qui avez fait partir Abraham de son pays et l’avez gardé sain et sauf à travers ses voyages, accordez à vos enfants la même protection.

Soutenez-nous dans les dangers et allégez nos marches.

Soyez-nous une ombre contre le soleil, un manteau contre la pluie et le froid.

Portez-nous dans nos fatigues et défendez-nous contre tout péril.

Soyez le bâton qui évite les chutes et le port qui accueille les naufragés afin que, guidés par Vous, nous atteignions avec certitude notre but et revenions sains et saufs à la maison. Amen.

01.09.2023 – ÉVANGILE DU JOUR

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 25,1-13.

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples cette parabole : 
« Le royaume des Cieux sera comparable à dix jeunes filles invitées à des noces, qui prirent leur lampe pour sortir à la rencontre de l’époux.
Cinq d’entre elles étaient insouciantes, et cinq étaient prévoyantes :
les insouciantes avaient pris leur lampe sans emporter d’huile,
tandis que les prévoyantes avaient pris, avec leurs lampes, des flacons d’huile.
Comme l’époux tardait, elles s’assoupirent toutes et s’endormirent.
Au milieu de la nuit, il y eut un cri : “Voici l’époux ! Sortez à sa rencontre.”
Alors toutes ces jeunes filles se réveillèrent et se mirent à préparer leur lampe.
Les insouciantes demandèrent aux prévoyantes : “Donnez-nous de votre huile, car nos lampes s’éteignent.”
Les prévoyantes leur répondirent : “Jamais cela ne suffira pour nous et pour vous, allez plutôt chez les marchands vous en acheter.”
Pendant qu’elles allaient en acheter, l’époux arriva. Celles qui étaient prêtes entrèrent avec lui dans la salle des noces, et la porte fut fermée.
Plus tard, les autres jeunes filles arrivèrent à leur tour et dirent : “Seigneur, Seigneur, ouvre-nous !”
Il leur répondit : “Amen, je vous le dis : je ne vous connais pas.”
Veillez donc, car vous ne savez ni le jour ni l’heure. »

Acclamons et partageons la parole de Dieu !

COMMENTAIRE :

Saint Nersès Snorhali (1102-1173)

patriarche arménien

Jésus, Fils unique du Père, §688-693; SC 203 (trad. I. Kéchichian, Éd. Cerf 1973, p. 173 rev.)

« Nos lampes s’éteignent »

Je ne suis pas devenu sage (…), Comme l’étaient les cinq vierges sages ; Le bien facile avec le difficile, Je ne l’ai point acquis. Mais je suis devenu le dernier des insensés En ne conservant pas de l’huile pour ma lampe : C’est-à-dire la miséricorde avec la virginité, Ou bien encore l’onction de la Fontaine sacrée [du baptême] (…). C’est pourquoi les portes de la salle des noces Sont fermées à moi aussi dans ma négligence. Mais ici-bas, tandis que je suis dans un corps, Ô Toi, mon Époux, écoute mon âme épouse (…); Dès maintenant je crie d’une voix pitoyable : « Ouvre-moi ta porte céleste, Introduis-moi dans ta chambre nuptiale là-haut, Rends-moi digne du saint baiser, De l’étreinte pure et immaculée. Que je n’entende pas la voix Qui répond ne pas me connaître. Mais grâce à ta lumière veuille allumer Le flambeau éteint de mon esprit, à moi l’aveugle ! »

LECTURES :

Première lettre de saint Paul Apôtre aux Thessaloniciens 4,1-8.

Frères, vous avez appris de nous comment il faut vous conduire pour plaire à Dieu ; et c’est ainsi que vous vous conduisez déjà. Faites donc de nouveaux progrès, nous vous le demandons, oui, nous vous en prions dans le Seigneur Jésus.
Vous savez bien quelles instructions nous vous avons données de la part du Seigneur Jésus.
La volonté de Dieu, c’est que vous viviez dans la sainteté, en vous abstenant de la débauche,
et en veillant chacun à rester maître de son corps dans un esprit de sainteté et de respect,
sans vous laisser entraîner par la convoitise comme font les païens qui ne connaissent pas Dieu.
Dans ce domaine, il ne faut pas agir au détriment de son frère ni lui causer du tort, car de tout cela le Seigneur fait justice, comme nous vous l’avons déjà dit et attesté.
En effet, Dieu nous a appelés, non pas pour que nous restions dans l’impureté, mais pour que nous vivions dans la sainteté.
Ainsi donc celui qui rejette mes instructions, ce n’est pas un homme qu’il rejette, c’est Dieu lui-même, lui qui vous donne son Esprit Saint.

Psaume 97(96),1-2.5-6.11-12.

Le Seigneur est roi ! Exulte la terre !
Joie pour les îles sans nombre !
Ténèbre et nuée l’entourent,
justice et droit sont l’appui de son trône.

Les montagnes fondaient comme cire devant le Seigneur,
devant le Maître de toute la terre.
Les cieux ont proclamé sa justice,
et tous les peuples ont vu sa gloire.

Une lumière est semée pour le juste,
et pour le cœur simple, une joie.
Que le Seigneur soit votre joie, hommes justes ;
rendez grâce en rappelant son nom très saint.

François est arrivé à Oulan-Bator pour la première visite d’un Pape en Mongolie

François salué par une garde d’honneur à son arrivée en Mongolie

François est arrivé à Oulan-Bator pour la première visite d’un Pape en Mongolie

L’Airbus A330 de la compagnie Ita Airways qui avait décollé de Rome à 18h41 s’est posé sur l’aéroport Gengis Khan d’Oulan-Bator à 9h52, heure locale. 

Vatican News

Au terme de 9h30 de vol pour parcourir les 8 278 km qui séparent les deux aéroports de Rome et d’Oulan-Bator, l’avion qui transportait le pape François, sa suite et les journalistes vaticanistes qui l’accompagnent, est arrivé dans la capitale mongole à 9h52 locales. François, le premier Pape à fouler le sol mongol a été accueilli par la ministre des Affaires étrangères, Battsetseg Batmunkh, tandis qu’une jeune femme mongole en costume traditionnel lui offrait une coupe de yaourt séché.

L’évêque de Rome a été salué par une garde d’honneur avant de rejoindre les salons de l’aéroport pour un bref entretien avec la cheffe de la diplomatie. Le Souverain pontife a ensuite pris la route pour la préfecture apostolique, distante d’une cinquantaine de kilomètres et située dans la partie sud de la capitale Oulan-Bator. C’est là qu’il résidera au cours de son séjour.

Aucune activité publique du Pape n’est prévue pour le reste de la journée. Le programme du voyage reprendra samedi 2 septembre avec une visite privée au président de la République, Ukhnaagiin Khürelsükh, qui sera suivie de la rencontre avec les autorités et le corps diplomatique au cours de laquelle aura lieu le premier échange de discours.

Comprendre la Mongolie par «les sens»

Pendant le vol, en saluant les quelques 70 journalistes qui l’accompagnent dans ce 43e voyage apostolique, François s’est inspiré de la faible densité de population, la plus faible au monde, sur le vaste territoire de la nation (1,6 millions de km2): «Aller en Mongolie, c’est aller à la rencontre d’un petit peuple dans un grand pays. La Mongolie semble ne pas avoir de fin et ses habitants sont peu nombreux, un petit peuple (peu nombreux) d’une grande culture. Je pense qu’il nous sera utile de comprendre ce silence, si long, si grand. Cela nous aidera à comprendre ce qu’il signifie, mais pas intellectuellement, à le comprendre avec nos sens».

Eva Fernadez, journaliste de Cope, montre au Pape une gourde transpercée
Eva Fernadez, journaliste de Cope, montre au Pape une gourde transpercée

Une gourde transpercée par les balles en Ukraine

En poursuivant comme à son habitude au début du vol papal un échange verbal avec les journalistes, Eva Fernandez, correspondante de la radio espagnole Cope, montre au Saint-Père une gourde verte trouée et explique que l’objet a été percé par des impacts de balles. La gourde appartient à un soldat ukrainien qui a été sauvé d’une explosion. Il l’a ensuite déposée dans une église de Lviv pour remercier le Seigneur de l’avoir épargné. François a béni la gourde, sur laquelle sont gravés les signes de la guerre. Elle sera ramenée dans l’église de Lviv.

Arrivée de François en Mongolie

Source : VATICANNEWS, le 1er septembre 2023

Sainte-Marie-Majeure : le pape confie à la Vierge son voyage en Mongolie

Le pape s’est recueilli devant l’icône de la Vierge Marie ce 30 août 2023 © Vatican Media

Le Pape S’est Recueilli Devant L’icône De La Vierge Marie Ce 30 Août 2023 © Vatican Media

Sainte-Marie-Majeure : le pape confie à la Vierge son voyage en Mongolie

« Avec la Vierge, je suis en sécurité »

Le pape François s’est rendu à la Basilique de Sainte-Marie-Majeure, mercredi après-midi 30 août, pour confier à la Vierge Marie son voyage apostolique en Mongolie, indique Vatican News en italien. Il a prié devant l’icône de la Vierge Salus Populi Romani.

Le pape partira à Oulan-Bator ce jeudi 31 août 2023, à 18h30. Le retour au Vatican est prévu dans l’après-midi du 4 septembre.

Un communiqué de la Salle de presse du Vatican informe que « cet après-midi, mercredi 30 août, le pape François a quitté la Maison Sainte-Marthe et s’est rendu à la Basilique de Sainte-Marie-Majeure, où, comme d’habitude, il s’est arrêté en prière devant l’icône de la Vierge Salus Populi Romani, lui confiant son prochain voyage apostolique en Mongolie. À la fin, il retourna au Vatican ».

C’est la 111e fois que le pape François arrive à Sainte-Marie-Majeure à l’occasion d’un voyage apostolique, indique la même source.

Pourquoi le pape François se recueille-t-il à Sainte-Marie-Majeure avant et après ses voyages ? Le pape a expliqué son geste lors de l’audience générale du 11 septembre 2019, la veille de la fête du Saint Nom de Marie.

Le pape a en effet dit : « Avant de commencer un voyage, et au retour, je me rends toujours auprès de la Vierge, la Salus Populi Romani, pour que ce soit elle qui m’accompagne pendant le voyage, comme une Mère, qui me dise ce que je dois faire, qui conserve mes paroles, mes gestes. Avec la Vierge, je suis en sécurité. »

Source : ZENIT.ORG, le 31 août 2023

Mongolie : Quelques données chiffrées de l’Église catholique

Catholiques dans la cathédrale des saints Pierre et Paul en Mongolie © Église catholique de Mongolie
Catholiques Dans La Cathédrale Des Saints Pierre Et Paul En Mongolie © Église Catholique De Mongolie

Mongolie : Quelques données chiffrées de l’Église catholique

C’est l’une des populations catholiques les mieux dotées de la planète en termes de ratio prêtre/laïc baptisé

Le pape François se rend en Mongolie du 31 août au 4 septembre. Il s’agira d’une visite hautement symbolique, non seulement parce qu’il s’agit d’une très petite communauté ecclésiale, mais aussi parce qu’elle donnera au pape l’occasion d’être très proche de deux pays spécifiques : la Russie et la Chine. Quelle est la situation de l’activité pastorale, caritative, éducative de l’Église catholique dans ce pays à majorité bouddhiste ?

En Mongolie, le 19e plus grand pays du monde, il n’y a que 1 394 catholiques pour une population de 3,3 millions d’habitants. En fait, il n’existe en Mongolie qu’une seule circonscription ecclésiastique qui n’a même pas le statut de diocèse, bien que l’évêque qui la dirige soit en fait le plus jeune cardinal du monde : Giorgio Marengo, âgé de 49 ans.

Le district ecclésiastique d’Oulan-Bator compte huit paroisses et quatre autres centres pastoraux. Cela représente un ratio de 116 catholiques par centre pastoral.

En Mongolie, il y a six prêtres diocésains et dix-neuf prêtres religieux, soit un total de vingt-cinq prêtres. Il y a également cinq religieux non-prêtres, 33 religieuses et un missionnaire laïc. Il y a 35 catéchistes dans tout le pays.

Proportionnellement, les catholiques mongols sont parmi les mieux dotés de la planète, avec un prêtre pour 56 catholiques. En termes de vocations, il y a six séminaristes.

L’Église catholique en Mongolie compte cinq écoles maternelles et primaires avec 413 élèves et une école secondaire avec 190 élèves. Dans le domaine de la santé, l’Église dispose d’une clinique médicale, de deux maisons pour personnes âgées ou handicapées, de cinq orphelinats, de quatre cliniques familiales, d’un centre d’éducation spécialisée ou de rééducation et de 35 institutions de différents types.

Source : ZENIZ.ORG, le 31 août 2023

Le pape fait l’éloge de la Russie impériale. L’Église ukrainienne lui demande de se rétracter

Le pape fait l’éloge de la Russie impériale. L’Église ukrainienne lui demande de se rétracter

De Sandro Magister sur Settimo Cielo (traduction de diakonos.be):

Ce vendredi 25 août après-midi, le Pape François s’est connecté à Saint-Pétersbourg à l’occasion de la Xè rencontre nationale des jeunes catholiques de Russie et leur a adressé en espagnol ce message vidéo, diffusé le jour suivant par la salle de presse du Vatican, également en version italienne :

> “Queridos jóvenes, queridas jóvenes: que la paz…”

Le thème du message du Pape était le même que celui des JMJ de Lisbonne. « Marie se leva et s’en alla en hâte (Luc 1, 39) », avec ces seules paroles susceptibles d’être associées à la guerre déchaînée par la Russie contre l’Ukraine :

« Je vous souhaite à vous, jeunes Russes, la vocation d’être artisans de paix au milieu de tant de conflits, au milieu de tant de polarisations de toute part, qui affligent notre monde. Je vous invite à être des semeurs, à répandre des graines de réconciliation, de petites graines qui en cet hiver de guerre ne germeront pas pour le moment sur la terre glacée mais qui fleuriront dans un printemps futur ».

Mais ensuite, avant la bénédiction finale, François, s’est lancé dans une déclaration improvisée en italien, qui n’a pas été publiée par la salle de presse du Vatican mais par le site « Il Sismografo », et que l’on peut écouter dans cette vidéo toujours disponible en ligne :

« N’oubliez pas votre héritage. Vous êtes héritiers de la grande Russie : la grande Russie des saints, des rois, la grande Russie de Pierre le Grand, de Catherine II, cet empire russe grand, cultivé, de tant de culture, de tant d’humanité. Ne renoncez jamais à cet héritage. Vous êtes les héritiers de la grande Mère Russie, allez de l’avant. Et merci. Merci pour votre façon d’être, pour votre façon d’être Russes ».

Naturellement, ces déclarations ont eu un grand écho à travers le monde, notamment dans cet article de Francis X. Rocca dans « The Wall Street Journal » :

> Pope Francis Praises Historical Russian Imperialism Amid War in Ukraine

Mais surtout, cet éloge sans retenue de la Russe impériale de la part du Pape a incité l’archevêque majeur de l’Église grecque catholique ukrainienne à publier le soir du lundi 28 août la déclaration suivante que nous reproduisons intégralement ici :

*

Déclaration de sa béatitude Sviatoslav Shevchuk concernant les déclarations du pontife romain pendant la rencontre avec la jeunesse Russe

C’est avec grande douleur et inquiétude que nous avons eu connaissance des paroles, attribuées, au Saint-Père François, prononcées pendant la rencontre à distance avec la jeunesse catholique russe, qui s’est déroulée le 25 août dernier en vidéoconférence à Saint-Pétersbourg.

Nous présumons que les déclarations de Sa Sainteté aient été prononcées de manière spontanée, sans la prétention de donner une analyse historique, et encore moins avec l’intention de soutenir les ambitions impérialistes de la Russie. Malgré cela, nous partageons la grande douleur suscitée par ses observations dans le chef des évêques, du clergé, des moines et des fidèles non seulement de notre Église, mais également d’autres confessions chrétiennes, ainsi que de représentants d’autres confessions religieuses. Dans le même temps, nous partageons également la grande déception de la société civile ukrainienne à la suite de ces déclarations.

Les déclarations sur la « grande Russie de Pierre I, de Catherine II, de cet empire grand et illuminé, de grande culture et de grande humanité » font référence au pire exemple de l’impérialiste et du nationalisme extrême russe.

Nous craignons que ces déclarations soient comprises par certains comme un encouragement envers ce nationalisme impérialiste qui est la véritable cause de la guerre en Ukraine. Une guerre que chaque jour sème la mort et la destruction dans notre peuple.

Les exemples employés par Sa Sainteté ne correspondent en réalité pas à son magistère sur la paix. Au contraire, le Saint-Père a toujours dénoncé toutes les formes d’impérialisme dans le monde d’aujourd’hui et il a mis en garde contre le danger du nationalisme extrême, en soulignant que ce sont bien eux la cause de « la troisième guerre mondiale par morceaux ».

En tant qu’Église, nous tenons à signaler que, dans le contexte de l’agression de la Russie contre l’Ukraine, de telles expressions inspirent les ambitions néocoloniales du pays agresseur au lieu de dénoncer et de condamner cette manière d’ « être Russes ».

Afin d’éviter que les déclarations et les intentions du Saint-Père ne soient manipulées, nous attendons de la part du Saint-Siège une explication de la situation.

L’Église grecque catholique ukrainienne unie à toute la société civile en Ukraine condamne l’idéologie du « monde russe » et toute la façon criminelle d’ « être Russes ». Nous espérons que notre voix sera entendue par le Saint-Père.

Dans quelques jours, les évêques de notre Église se réuniront à Rome pour célébrer le Synode annuel de l’Église grecque catholique ukrainienne. Nous aurons en outre l’occasion de rencontrer Sa Sainteté et de lui présenter personnellement les doutes et la douleur du peuple ukrainien, confiant en sa sollicitude paternelle envers notre peuple.

Source : Settimo Cielo (traduction de diakonos.be), le 28 août 2023

Le conseiller du pape, le père Antonio Spadaro, accusé de « blasphème hérétique ».

Le pape François s’entretient avec le père jésuite Antonio Spadaro.

L’un des plus proches conseillers du pape François, le père jésuite Antonio Spadaro, a été accusé de « blasphème hérétique » après avoir dépeint le Seigneur comme un être humain imparfait ayant besoin d’être converti du « nationalisme » et de la « rigidité ».

Dans Il Fatto Quotidiano du 20 août, un quotidien italien de gauche très laïc, le père Spadaro s’est penché sur le récit évangélique de la foi d’une femme cananéenne et a conclu que Jésus avait été guéri et libéré « de la rigidité des éléments théologiques, politiques et culturels dominants à son époque ».

L’histoire, tirée de l‘Évangile de Matthieu (15:21-28), concerne une femme de la région païenne de Canaan qui supplie Jésus de guérir sa fille possédée par un démon.

Jésus refuse d’abord de l’aider, disant qu’il n’a été envoyé qu’aux brebis perdues d’Israël. Cependant, la femme persiste, suppliant Jésus et se comparant même aux chiens, qui sont autorisés à manger les miettes qui tombent de la table du maître. Jésus est finalement touché par sa foi et guérit sa fille.

Les Pères de l’Église et la tradition ecclésiastique ont toujours interprété cette histoire comme un rappel puissant de l’importance de la foi. La femme n’a pas abandonné Jésus, même lorsqu’il semblait la rejeter. Elle a continué à croire qu’il pouvait aider sa fille et, à la fin, sa foi a été récompensée.

Mais pour le père Spadaro, comme pour d’autres prédicateurs modernistes et hétérodoxes avant lui, Jésus a d’abord des préjugés et une vision d’exclusion dans l’histoire de l’Évangile, mais il est converti par la femme cananéenne, ce qui en fait une histoire de ce que l’on appelle aujourd’hui le cliché de « l’inclusion radicale ».

Cependant, le jésuite italien déforme encore plus l’histoire, réduisant Jésus à posséder de nombreux défauts humains, y compris la « rigidité » et le « nationalisme », qui se transforment ensuite en acceptation et en libération des « éléments théologiques, politiques et culturels dominants de son époque ». La transformation du Seigneur, dit-il, est « le germe d’une révolution ».

La réflexion du père Spadaro est importante en raison de l’audace avec laquelle il attribue à Jésus de telles déficiences, sapant ainsi l’enseignement de l’Église sur la divinité du Christ, mais aussi en raison de la proximité du jésuite italien avec le pape et du fait qu’il est rédacteur en chef du périodique jésuite historiquement prestigieux La Civilta Cattolica.

Voici ma traduction de son texte (souligné par moi), qui a été porté à l’attention du grand public par le site web italien MessainLatino :

Graines de révolution. Jésus loue la grande foi d’une païenne

Jésus se trouve à Gennèsaret, sur la rive droite du lac de Tibériade. Les gens du pays l’avaient reconnu et la nouvelle de sa présence s’était répandue dans toute la région, de bouche à oreille. Beaucoup lui apportaient des malades, qui étaient guéris. C’était une terre où les gens devaient l’accueillir et le comprendre. Son action est efficace. Mais le Maître ne s’arrête pas. Matthieu (15,21-28) – qui écrit pour les Juifs – nous dit qu’il se dirige vers le nord-ouest, la région de Tire et de Sidòne, c’est-à-dire vers la région phénicienne et donc païenne.

Mais voici qu’on entend des cris. Ils viennent d’une femme. Elle est cananéenne, c’est-à-dire d’une région habitée par un peuple idolâtre qu’Israël regardait avec mépris et hostilité. Le récit affirme donc que Jésus et la femme étaient ennemis. La femme s’écrie : « Aie pitié de moi, Seigneur, fils de David ! Ma fille est très tourmentée par un démon ». Le corps de cette femme, sa voix, éclatent comme sur le lieu d’une tragédie. Impossible pour Jésus de ne pas réagir au chaos qui interrompt brutalement le voyage.

Au contraire, non.  » Mais il ne lui adressa pas la parole, pas même un mot « , écrit laconiquement Matthieu.

Jésus reste indifférent. Ses disciples s’approchent de lui et le supplient avec stupéfaction. La femme remue ceux qui, eux aussi, l’ont mal jugée ! Ses cris ont franchi la barrière de la haine. Mais Jésus s’en moque.

« Renvoyez-la, car elle ne cesse de crier après nous ! » Les siens le supplient, essayant d’utiliser discrètement l’excuse de son insistance et de la gêne que sa présence aurait causée au foyer [sic !] du Seigneur .

Le silence est suivi de la réponse irritée et insensible de Jésus : « Je n’ai été envoyé qu’aux brebis perdues de la maison d’Israël ». La dureté du Seigneur est inébranlable. Maintenant, même Jésus joue au théologien : la mission reçue de Dieu est limitée aux enfants d’Israël. Il n’y a donc rien à faire. La miséricorde n’est pas pour elle. Elle est exclue. Il n’y a pas de discussion possible.

Mais la femme est têtue. Son espoir est désespéré, et elle brise non seulement toute supposée inimitié tribale, mais aussi l’opportunité, sa propre dignité. Elle se jette devant lui et le supplie : « Seigneur, aide-moi ! » Elle l’appelle « Seigneur », c’est-à-dire qu’elle reconnaît son autorité et sa mission. Qu’est-ce que Jésus peut attendre d’autre ? Pourtant, il répond de manière moqueuse et irrespectueuse à cette pauvre femme : « Ce n’est pas bien de prendre le pain des enfants et de le jeter aux chiens », c’est-à-dire aux chiens domestiques. Un manque d’attitude, de manière, d’humanité. Jésus apparaît comme aveuglé par le nationalisme et la rigueur théologique.

N’importe qui d’autre aurait abandonné. Mais pas cette femme. Elle est déterminée : elle veut que sa fille soit guérie. Et elle saisit immédiatement la seule fissure laissée ouverte par les paroles de Jésus, où il avait parlé de chiens domestiques (et donc pas de chiens errants). Ils partagent en effet la maison de leurs maîtres. Alors, avec un geste que le désespoir rend astucieux, elle dit : « C’est vrai, Seigneur, et pourtant les chiens mangent les miettes qui tombent de la table de leurs maîtres ». Peu de mots, mais bien posés et de nature à bousculer la rigidité de Jésus, à le conformer, à le « convertir » à lui-même. En effet, sans hésiter, Jésus répond : « Femme, tu as une grande foi ! Ta demande est exaucée. » Et dès cet instant, sa fille est guérie. Jésus, lui aussi, apparaît guéri et, à la fin, il se montre libre de la rigidité des éléments théologiques, politiques et culturels dominants de son époque.

Que s’est-il donc passé ? En dehors de la terre d’Israël, Jésus a guéri la fille d’une femme païenne, méprisée parce qu’elle était cananéenne. Et ce n’est pas tout : il est d’accord avec elle et loue sa grande foi. Voilà le germe d’une révolution.

***

MessaInLatino a résumé comme suit les descriptions profondément erronées et hérétiquement blasphématoires du Seigneur Jésus-Christ faites par le Père Spadaro :

– indifférent à la souffrance ;
– irritable et insensible ;
– d’une dureté insondable ;
– théologien impitoyable ;
– moqueur et irrespectueux à l’égard de la pauvre mère ;
– qui fait preuve d’un manque d’attitude, de manière et d’humanité ;
– aveuglé par le nationalisme et le rigorisme théologique ;
– rigide, confus et en manque de conversion ;
– malade et prisonnier de la rigidité et des éléments théologiques, politiques et culturels dominants de son époque ;
– glorificateur de la foi païenne.

Voici l’homélie de saint Jean Chrysostome sur Jésus et la foi de la femme cananéenne.

Voir également cet article utile de Nicholas LaBlanca dans lequel il démonte les interprétations modernistes et hétérodoxes similaires de ce récit évangélique.


***

La foi d’une Cananéenne
Matthieu 15 : 21-28 :

21 Partant de là, Jésus se retira dans la région de Tyr et de Sidon.

22 Voici qu’une Cananéenne, venue de ces territoires, disait en criant : « Prends pitié de moi, Seigneur, fils de David ! Ma fille est tourmentée par un démon. »

23 Mais il ne lui répondit pas un mot. Les disciples s’approchèrent pour lui demander : « Renvoie-la, car elle nous poursuit de ses cris ! »

24 Jésus répondit : « Je n’ai été envoyé qu’aux brebis perdues de la maison d’Israël. »

25 Mais elle vint se prosterner devant lui en disant : « Seigneur, viens à mon secours ! »

26 Il répondit : « Il n’est pas bien de prendre le pain des enfants et de le jeter aux petits chiens. »

27 Elle reprit : « Oui, Seigneur ; mais justement, les petits chiens mangent les miettes qui tombent de la table de leurs maîtres. »

28 Jésus répondit : « Femme, grande est ta foi, que tout se passe pour toi comme tu le veux ! » Et, à l’heure même, sa fille fut guérie.

Source : blog d’Edward Pentin, le 30 août 2023

Une parlementaire finlandaise jugée pour « discours de haine » pour avoir défendu le mariage traditionnel

Päivi Räsänen, Finland’s interior minister from 2011 to 2015
Päivi Räsänen, ministre de l’intérieur de la Finlande de 2011 à 2015.

Une parlementaire finlandaise jugée pour « discours de haine » pour avoir défendu le mariage traditionnel

La parlementaire finlandaise Päivi Räsänen est jugée cette semaine pour « discours de haine » et « agitation ethnique » après avoir partagé publiquement en 2019 ses opinions bibliques et religieuses sur le mariage entre un homme et une femme. 

Mme Räsänen, 63 ans, est jugée pour avoir enfreint les lois finlandaises sur les discours de haine en utilisant des versets bibliques pour exprimer son soutien au mariage traditionnel. 

Son procès aura lieu le 31 août et le 1er septembre. 

Dans le tweet de 2019 qui a valu à Mme Räsänen ses ennuis judiciaires actuels, elle a critiqué sa confession pour avoir adopté l’idéologie LGBTQ+, en demandant comment ces points de vue pouvaient être conciliés avec les Écritures. Dans son tweet, elle fait référence à Romains 1:24-27, qui affirme clairement que l’activité homosexuelle est contraire à la volonté de Dieu. 

Outre Mme Räsänen, un évêque luthérien finlandais, Juhana Pohjola, est également poursuivi pour incitation à la haine pour avoir publié une brochure rédigée par Mme Räsänen qui défendait la conception biblique de la sexualité et du mariage. 

Bien qu’ils aient été acquittés à l’unanimité par un tribunal de district finlandais en 2022, les procureurs ont fait appel de leur acquittement devant la cour d’appel d’Helsinki. 

Aujourd’hui, ils risquent des dizaines de milliers d’euros d’amende et peut-être deux ans de prison s’ils sont reconnus coupables. En outre, le tribunal pourrait également décider de censurer les publications de Päivi Räsänen.

Räsänen et Pohjola sont représentés par l’Alliance Defending Freedom International (ADF). 

Paul Coleman, directeur exécutif de l’ADF International, a déclaré dans un communiqué de presse la semaine dernière que « les poursuites incessantes » contre Mme Räsänen n’ont pas seulement consommé quatre ans de sa vie, mais « intimident également d’autres personnes pour qu’elles gardent le silence ». 

« Dans une société démocratique, chacun devrait être libre de partager ses convictions sans craindre d’être poursuivi par l’État », a déclaré M. Coleman. Criminaliser l’expression par le biais de lois dites « d’incitation à la haine » ferme les débats publics importants et met en danger la démocratie.

Mme Räsänen, qui est mère de cinq enfants et grand-mère de dix, ainsi que membre du Parlement finlandais, a déclaré à Tracy Sabol, de EWTN, lors d’une interview lundi, qu’en dépit de la persécution renouvelée, elle est convaincue que « tout ce processus est entre les mains de Dieu » et qu’elle est persuadée qu’elle sera à nouveau acquittée des accusations de discours de haine. 

Des parlementaires américains défendent Räsänen

Quinze parlementaires américains, menés par le représentant républicain Chip Roy du Texas, ont signé une lettre le 8 août pour soutenir Räsänen et le droit de tous les chrétiens à la liberté d’expression. 

Cette lettre très ferme a été adressée à Rashad Hussain et à Douglas Hickey, respectivement ambassadeur itinérant de Joe Biden pour la liberté religieuse internationale et ambassadeur des États-Unis en Finlande.

Source : CNA, le 30 août 2023

Les leçons de la vie d’un bon et saint évêque : le bienheureux Alfredo Schuster

Alfredo Ildefonso Cardinal Schuster, c. 1930. (Image: Giuseppe Farabola/Wikipedia)

De Dawn Beutner sur The Catholic World Report:

L’archevêque de Milan (de 1929 à 1954) était par nature un érudit, en particulier dans le domaine de la liturgie. Mais il accordait une attention particulière aux pauvres, notamment aux réfugiés, et tentait de convaincre Mussolini de se repentir de ses péchés et de se rendre.

La ville italienne de Milan a été bénie par de nombreux bergers saints au cours des siècles. De saint Ambroise au quatrième siècle à saint Paul VI au vingtième siècle, de nombreux archevêques de Milan ont été acclamés comme saints.(1) Le bienheureux Alfredo Ildefonso Schuster (1880-1954), dont la fête est célébrée le 30 août, est l’un des derniers saints hommes à avoir dirigé l’Église de Milan, et il nous enseigne ce qu’il faut faire pour être un bon et saint évêque.

Son nom de famille trahit son ascendance : ses deux parents étaient autrichiens. Mais Alfredo est né et a vécu toute sa vie en Italie. Son père a même travaillé au Vatican, mais en tant que maître tailleur. Avant d’épouser la mère d’Alfredo, son père avait été marié deux fois, et il avait trente ans de plus que sa femme. C’est donc avec tristesse, mais sans surprise, que le père d’Alfredo meurt alors qu’il n’a que neuf ans.

Heureusement, un colonel de la Garde suisse avait été un ami proche du père d’Alfredo. Il a généreusement fait en sorte qu’Alfredo soit scolarisé dans une école bénédictine. C’était le choix idéal pour le petit garçon studieux, qui décida d’entrer dans ce même ordre une fois adulte, en prenant le nom religieux d’Ildefonso.

Ildefonso est ordonné prêtre, obtient des diplômes en théologie et en philosophie, devient prieur et abbé de son monastère bénédictin et se voit même confier d’importantes missions par le pape. Personne n’a été surpris lorsqu’il a été nommé archevêque de Milan et cardinal.

L’intelligence et le sens de l’administration sont des qualités utiles pour tout dirigeant, et Ildefonso possédait ces deux qualités. Mais ces capacités ne suffisent pas à faire d’un évêque efficace un saint. Outre la grâce de Dieu et la coopération de l’homme avec cette grâce, cet évêque doit répondre aux défis spécifiques auxquels il est confronté, à la fois avec le cœur du Christ et les dons que Dieu lui a donnés.

Benito Mussolini et son parti fasciste ont pris le contrôle de l’Italie en 1922 et le fascisme a régné jusqu’en 1945. Les partisans du fascisme et les catholiques fidèles ont débattu et se sont battus pendant des années, dans les journaux et dans les rues, obtenant des améliorations occasionnelles dans le traitement de l’Église par le gouvernement.

Ildefonso est devenu prêtre en 1904 et archevêque de Milan en 1929, ce qui lui a valu d’être confronté aux politiques et aux dirigeants fascistes pendant de nombreuses années. En général, il a suivi l’exemple du pape, qui s’est exprimé avec force sur les droits des laïcs catholiques contre les persécutions fascistes, mais qui s’est efforcé d’éviter de prendre parti dans la politique.

Ayant grandi dans un foyer simple, Ildefonso se préoccupe des besoins des pauvres, en particulier des nombreux réfugiés qui se sont retrouvés sans abri pendant et après la Seconde Guerre mondiale. Il a utilisé les ressources de l’archevêché pour les aider, par exemple en organisant un réseau de réfugiés et en construisant de nouveaux immeubles d’habitation.

Ildefonso est souvent accusé à tort d’avoir coopéré avec le fascisme. Cependant, son principal délit semble avoir été d’assister à des célébrations de fêtes publiques et de bénir les personnes présentes, parmi lesquelles se trouvaient des membres de l’armée fasciste. On peut facilement imaginer qu’il priait Dieu de convertir les cœurs de tous les anti-catholiques présents lorsqu’il les bénissait. Enfin, en décembre 1945, Ildefonso a passé trois heures à rencontrer personnellement Mussolini, essayant de le convaincre de se repentir de ses péchés et de se rendre. Ildefonso échoua dans cette tâche. Il Duce refusa, s’enfuit et fut tué peu après.

Ildefonso était par nature un érudit. Outre de nombreux articles et livres, il a écrit une biographie de saint Benoît de Nurcie, ce qui n’était pas une tâche facile étant donné que peu de détails biographiques ont survécu depuis le sixième siècle. Mais son chef-d’œuvre est son Liber Sacramentorum, communément appelé The Sacramentary en anglais. Cet énorme commentaire en plusieurs volumes sur la messe tout au long de l’année liturgique était basé sur ses notes de cours sur la liturgie, mais il comprenait également des discussions sur des sujets tels que l’art sacré et l’architecture, les portraits de la Vierge trouvés à Rome et l’initiation chrétienne. Ce commentaire a été traduit dans de nombreuses langues lors de la première publication des volumes en 1924-1930, et il a été récemment réédité en anglais.

La dévotion d’Ildefonso pour la musique sacrée et la liturgie a été l’une de ses forces en tant qu’évêque. Il ne s’est pas contenté d’examiner la liturgie comme un sujet érudit. Il a proposé plusieurs changements à la liturgie – des décennies avant le Concile Vatican II – en raison de son souci pastoral pour son troupeau. Par exemple, il a suggéré que les prières utilisées lors des services du Vendredi saint soient modifiées pour refléter une plus grande sensibilité à l’égard du peuple juif. (Ildefonso a lancé des actions œcuméniques auprès d’autres églises chrétiennes bien avant que les pères du Concile ne le recommandent dans Unitatis Redintegratio). 

Il a suggéré que la messe soit traduite en langue vernaculaire parce que, comme tous les autres vrais amoureux de la sainte liturgie, il voulait que les catholiques prient chaque messe de tout leur cœur.

Le bienheureux Alfredo Ildefonso Schuster était un dirigeant fort qui a mené son peuple à travers une période de persécution gouvernementale et une guerre mondiale. Mais plus que cela, c’était un saint homme.

Pour nous tous, être saint signifie simplement tout donner au Christ. Si vous êtes passionné par la recherche (comme Ildefonso), le sport ou la cuisine, trouvez un moyen de le lui donner. Offrez aussi patiemment à Dieu tous les aspects désagréables de votre vocation, ce qui sera probablement plus facile que d’essayer de convertir un dictateur fasciste. Demandez à l’Esprit Saint de vous donner des idées sur la manière dont vous pouvez mieux servir ceux dont vous avez la charge, qu’il s’agisse de vos enfants, de vos employés ou de vos amis.

Ou de votre troupeau. Être un bon berger des âmes humaines n’est pas une tâche pour les âmes sensibles. Mais tous les évêques devraient imiter le Bon Pasteur, et nous pouvons tout particulièrement demander au bienheureux Ildefonso de prier pour les nôtres en sa fête.

Note en fin de texte :

1 Les autres saints archevêques de Milan formellement reconnus par l’Église sont : Les saints Anathalon (IIe siècle), Calimerius (IIe siècle), Caius (IIIe siècle), Castritian (IIIe siècle), Mona (mort vers 300), Mirocles (mort après 314), Eustorgius Ier (mort vers 355), Protasius (mort vers 356), Dionysius (mort vers 361), Maternus (IVe siècle), Simplicien (mort vers 361), Maternus (IVe siècle). c. 356), Dionysius (d. c. 361), Maternus (IVe siècle), Simplician (d. 401), Venerius (d. 409), Martinian (d. après 431), Eusebius (d. c. 462), Benignus (d. c. 470), Geruntius (d. c. 472), Senator (d. c. 480), Lazarus (cinquième siècle), Marolus (cinquième siècle), Eustorgius II (d. 518), Datius (d. 552), Honoratus (d. 570), Auxanus (d. c. 589), Magnus (sixième siècle), Jean le Bon (d. c. 660), Antonin (d. c. 661), Mansuetus (d. 680), Benoît (d. 725), Galdinus (d. 1176), Charles Borromée (1538-1584) et le bienheureux Andrea Carlo Ferrari (1850-1921).

Source : The Catholic World Report, le 29 août 2023