« Va à Madhu et fais-toi chrétien »

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« Va à Madhu et fais-toi chrétien »

Un jour, en Inde, un jeune homme, adepte du dieu Siva, vient demander au père Collin, missionnaire oblat, de l’admettre dans la religion catholique. Il s’explique de la sorte:

– « J’étais aide-maçon. Un éclaboussement de chaux me brûla les yeux. Désolé de me trouver aveugle, je me recommandai à tous nos dieux hindous, mais sans résultat. Une dame, très belle, se montra alors aux yeux de mon âme et me dit : ‘Va à Madhu et fais-toi chrétien’.

Je ne savais pas ce qu’était Madhu, ni le fait d’être chrétien et je ne me souciais pas de l’apprendre. La dame revint et me répéta : ‘Va à Madhu et fais-toi chrétien’. Je restai encore inactif. Mais une troisième fois la dame reparut et me dit avec force : ‘Va à Madhu et fais-toi chrétien. Sinon, tu es perdu pour toujours dans ce monde et dans l’autre’. Alors j’eus peur, m’informai et me fis conduire à Madhu. Je mis de la terre sur mes yeux et la vue me revint complètement. Maintenant, père, instruis-moi et baptise-moi. »

Un peu plus tard, le prêtre apprit que son jeune homme se conduisait mal et le fit venir : « Comment ! Tu offenses si gravement le bon Dieu après tant de promesses ? » – « Mais, je n’ai rien à me reprocher, père. Le jeune prêtre qui t’a remplacé un moment m’a dit que je pouvais agir de cette façon. La fille, qui était ma fiancée, refusait de renoncer au sivaïsme pour devenir ma femme. Car j’y avais mis ma condition. Alors j’ai demandé au jeune prêtre si elle pouvait cuire mon riz quand même. Il m’a répondu : « Oui, elle peut cuire ton riz. De quoi me blâmes-tu donc ? »

– « Malheureux ! C’est que ce jeune prêtre n’était pas encore au courant des tours de votre langage. Il croyait qu’il ne s’agissait que de préparer ton repas. S’il avait su que cuire le riz de quelqu’un voulait dire vivre avec lui comme si on était mariés, il ne t’aurait jamais approuvé. Quitte au plus tôt cette créature et remets-toi à ton devoir. Sans quoi, la sainte Vierge pourrait bien regretter de t’avoir guéri et te le faire savoir.» Santiago – c’était le nom qu’il avait choisi au baptême – promit mais ne tint pas sa promesse.

Aussi la menace du prêtre se réalisa-t-elle : il redevint aveugle. Mais il retourna à Madhu, se confessa, reprit sincèrement ses résolutions, remit sur ses yeux la terre miraculeuse et la vue lui fut à nouveau rendue. Vingt ans après, le père Collin rencontra Santiago. Il ne s’était pas marié, parce que la jeune hindoue, la seule qu’il aimait, s’était obstinée dans son paganisme ; mais il vivait, en effet, en bon chrétien.

André Dorval, OM

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Prions :

Je vous salue Marie, pleine de grâce ;
Le Seigneur est avec vous.
Vous êtes bénie entre toutes les femmes
Et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni.
Sainte Marie, Mère de Dieu,
Priez pour nous pauvres pécheurs,
Maintenant et à l’heure de notre mort.

Amen

Source: une minute avec Marie

06.09.2023 – SAINT DU JOUR

Bx Bertrand de Garrigues

Bx Bertrand de Garrigues

PRIEUR O.P. († 1230)

Bx Bertrand de Garrigues
Prieur dominicain († 1230)

Bertrand naît à Garrigues (Gard). Il entra dans l’Ordre en 1215 et fut en 1216 le premier prieur du premier couvent dominicain : Saint-Romain de Toulouse. 
Saint Dominique l’envoya à Paris en 1217, où il fonda avec le frère Mannès le couvent Saint-Jacques (aujourd’hui rue des Tanneries, dans le XIIIème) au cœur de l’Université qui était alors la première de l’Europe chrétienne. Il fonda plusieurs autres couvents à Montpellier, à Avignon et ailleurs. 

De retour à Toulouse en 1219, il fut nommé, en 1221, premier Provincial de Provence. Âme de grande pénitence et de singulière innocence, dans sa profonde humilité il ne cessait de pleurer abondamment sur ses péchés, au point que St Dominique, jugeant ces pleurs excessifs, lui demanda de se contenter de pleurer pour la conversion des pécheurs. Jourdain de Saxe le décrit ainsi: « Compagnon de St Dominique dans les voyages, dans la sainteté et dans la ferveur ». Beaucoup de ses attitudes reflétaient, jusque dans les traits extérieurs, le comportement de son maître Dominique qu’il s’était proposé d’imiter et qu’il avait suivi dans ses voyages. Après la mort de St Dominique, il veilla sur les sœurs de Prouille, ces anciennes cathares converties dont la prière soutenait la prédication des frères. 

Il meurt le 18 avril 1230 au cours d’une retraite, qu’il prêchait aux cisterciennes de Bouchet, près d’Orange. Son tombeau y devint un lieu de pèlerinage. Son corps, enlevé par les Frères Prêcheurs d’Orange en 1414, fut vénéré dans leur église jusqu’en 1561, date à laquelle il fut jeté au feu lors des guerres de religion.
Au 18ème siècle, sa statue, placée dans l’église, était encore vénérée par les fidèles qui en avaient fait un saint.
Culte approuvé en 1881 par Léon XIII (Vincenzo Gioacchino Pecci, 1878-1903).

Bx Bertrand de Garrigues priez pour nous !

06.09.2023 – ÉVANGILE DU JOUR

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 4,38-44.

En ce temps-là, Jésus quitta la synagogue et entra dans la maison de Simon. Or, la belle-mère de Simon était oppressée par une forte fièvre, et on demanda à Jésus de faire quelque chose pour elle.
Il se pencha sur elle, menaça la fièvre, et la fièvre la quitta. À l’instant même, la femme se leva et elle les servait.
Au coucher du soleil, tous ceux qui avaient des malades atteints de diverses infirmités les lui amenèrent. Et Jésus, imposant les mains à chacun d’eux, les guérissait.


Et même des démons sortaient de beaucoup d’entre eux en criant : « C’est toi le Fils de Dieu ! » Mais Jésus les menaçait et leur interdisait de parler, parce qu’ils savaient, eux, que le Christ, c’était lui.
Quand il fit jour, Jésus sortit et s’en alla dans un endroit désert. Les foules le cherchaient ; elles arrivèrent jusqu’à lui, et elles le retenaient pour l’empêcher de les quitter.
Mais il leur dit : « Aux autres villes aussi, il faut que j’annonce la Bonne Nouvelle du règne de Dieu, car c’est pour cela que j’ai été envoyé. »
Et il proclamait l’Évangile dans les synagogues du pays des Juifs.

Acclamons et partageons la parole de Dieu !

COMMENTAIRE :

Saint Eucher (? – v. 450)

évêque de Lyon

L’Éloge du désert (in Lire la Bible avec les Pères, vol. 2: Le cycle de Moïse; trad. Sr Isabelle de la Source; Éd. Médiaspaul 1990; p. 109)

« Il sortit et se retira dans un endroit désert »

Ne peut-on raisonnablement avancer que le désert est le temple sans bornes de notre Dieu ? Car celui qui habite dans le silence doit certainement se plaire dans les lieux retirés. C’est là que souvent il s’est manifesté à ses saints ; c’est à la faveur de la solitude qu’il a daigné rencontrer les hommes. C’est dans le désert que Moïse, la face inondée de lumière, voit Dieu. (…) Là, il est admis à converser familièrement avec le Seigneur ; il échange parole contre parole ; il s’entretient avec le Maître du ciel ainsi que l’homme a coutume de s’entretenir avec son semblable. Là, il reçoit le bâton puissant en prodiges ; et après être venu au désert comme pasteur de brebis, il quitte le désert en pasteur de peuples (Ex 3 ; 33,11 ; 34). De la même manière, le peuple de Dieu, quand il doit être libéré d’Égypte et délivré des œuvres terrestres, ne gagne-t-il pas des lieux écartés, ne se réfugie-t-il pas dans les solitudes ? Oui, c’est dans le désert qu’il va approcher ce Dieu qui l’a arraché à la servitude. (…) Et le Seigneur se faisait le chef de son peuple en guidant ses pas à travers le désert. Sur la route, de jour et de nuit, il déployait une colonne, flamme ardente ou nuée rayonnante, signe venu du ciel. (…) Les enfants d’Israël obtinrent donc de voir le trône de Dieu et d’entendre sa voix, tandis qu’ils vivaient dans les solitudes du désert. (…) Faut-il ajouter qu’ils ne parviennent à la terre de leurs désirs qu’après avoir séjourné au désert ? Pour que le peuple entre un jour en possession d’une contrée où coulaient le lait et le miel, il lui a fallu d’abord passer par des lieux arides et incultes. C’est toujours par des campements au désert que l’on s’achemine vers la véritable patrie. Qu’il habite une terre inhabitable, celui qui veut « voir les biens du Seigneur dans la terre des vivants » (Ps 26,13). Qu’il soit l’hôte du désert, celui qui veut devenir le citoyen des cieux.

LECTURES :

Lettre de saint Paul Apôtre aux Colossiens 1,1-8.

Paul, Apôtre du Christ Jésus par la volonté de Dieu, et Timothée notre frère,
aux frères sanctifiés par la foi dans le Christ qui habitent Colosses. À vous, la grâce et la paix de la part de Dieu notre Père.
Nous rendons grâce à Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus Christ, en priant pour vous à tout moment.
Nous avons entendu parler de votre foi dans le Christ Jésus et de l’amour que vous avez pour tous les fidèles
dans l’espérance de ce qui vous est réservé au ciel ; vous en avez déjà reçu l’annonce par la parole de vérité, l’Évangile
qui est parvenu jusqu’à vous. Lui qui porte du fruit et progresse dans le monde entier, il fait de même chez vous, depuis le jour où vous avez reçu l’annonce et la pleine connaissance de la grâce de Dieu dans la vérité.
Cet enseignement vous a été donné par Épaphras, notre cher compagnon de service, qui est pour vous un ministre du Christ digne de foi ;
il nous a fait savoir de quel amour l’Esprit vous anime.

Psaume 52(51),10.11.

Pour moi, comme un bel olivier
dans la maison de Dieu,
je compte sur la fidélité de mon Dieu,
sans fin, à jamais !

Sans fin, je veux te rendre grâce,
car tu as agi.
J’espère en ton nom devant ceux qui t’aiment :
oui, il est bon !

Entretien: «les paroles du Pape en Mongolie ont frappé même les non-catholiques»

Le Pape et le cardinal Giorgio Marengo à Oulan-Bator (Vatican Media)

Entretien: «les paroles du Pape en Mongolie ont frappé même les non-catholiques»

«Beaucoup m’ont écrit parce qu’ils ont été frappés par les paroles du Saint-Père qui a exalté la beauté et la valeur de l’histoire et du peuple mongols», rapporte le préfet apostolique d’Oulan-Bator qui dresse pour nous le bilan du 43e voyage apostolique de François. «Passeur de paix», il a livré un message pour le monde: «Il a montré que tout n’est pas déterminé uniquement par la logique du calcul, du pouvoir, de la prévarication». 

Salvatore Cernuzio – Envoyé à Ulaanbaator (Mongolie)

Le cardinal Giorgio Marengo se félicite de la récente visite du Pape en Mongolie, dont il est l’un des architectes, et qui a donné de «grands résultats» pour le présent et l’avenir du pays. Et pas seulement. Des résultats en outre «inattendus» pour une Église qui dispose de peu de moyens mais qui s’est trouvée dans l’obligation d’organiser un événement inédit dans l’histoire: le voyage d’un Pape au pays de Gengis Khan; un pays charnière d’Asie centrale coincé entre la Russie et la Chine et qui abrite une «Église enfant» d’un peu moins de 1 500 baptisés.

Préfet apostolique d’Oulan-Bator depuis 2020, acteur clé du consistoire de 2022 en raison de son âge – 49 ans – ce qui en fait le plus jeune membre du Collège des cardinaux, Giorgio Marengo s’est trouvé aux côtés du Pape à chaque étape de ce voyage: de l’arrivée à l’aéroport, où il a déclenché des applaudissements spontanés à la vue de l’A330 d’ITA Airways, à l’inauguration, le 4 septembre, de la Maison de la Miséricorde, au cours de laquelle il a présenté François aux malades et handicapés.

Sollicité entre appels téléphoniques et visites inopinées, le très jeune pasteur de cette toute jeune Église a accueilli Vatican News à la préfecture apostolique, résidence du Pape François à Oulan-Bator. À l’intérieur du bâtiment en briques rouges, situé dans le district de Bayanzurkh entre un garage, un supermarché et un chantier, il nous accueille entouré des drapeaux, des affiches de la visite papale. On y découvre également une fascinante chronologie graphique de l’arrivée et du développement de l’Église catholique en Mongolie. 

Cardinal Marengo, ou plutôt «Père Giorgio» comme tout le monde vous appelle ici. Commençons par votre sentiment personnel à l’issue du voyage du Pape François en Mongolie.

Eh bien, je dirais vraiment que ce fut une grâce totale, je ne sais pas comment le définir autrement, un immense cadeau que nous avons reçu et, comme tout cadeau gratuit, il est allé bien au-delà de nos espérances, de nos attentes. Tout le travail et la fatigue même de la préparation – parce que, justement, notre réalité est si petite que nous n’avions pas les moyens et les personnes adaptés à un tel événement – ont été balayé par la joie d’avoir le Saint-Père avec nous, par son témoignage si humble, si simple et si proche. Il a immédiatement créé une harmonie avec les gens, et de tous les horizons possibles.

La rencontre avec la communauté catholique était au cœur de cette visite, mais qu’est-ce que cela signifiait pour le reste de la population – les non-croyants ou ceux d’autres confessions, donc la majorité – de voir cette figure universelle venir ici, parler, se faire connaître et faire connaître son rôle ?

J’ai reçu plusieurs commentaires très positifs de la part de personnes, pour la plupart non liées à l’Église, sur la manière dont le Pape a réussi à mettre en évidence la beauté, l’originalité de ce peuple; ses discours contenaient vraiment des éléments qui ont rendu les gens fiers d’être ce qu’ils sont, parce qu’une grande place était accordée à la beauté, à la richesse de ce peuple, à ses traditions, à son histoire. Alors, voir un chef religieux de renommée mondiale venir ici physiquement, même avec l’élément de fragilité qui le caractérise, avec ses soucis de santé, et le voir apporter ce message désarmant de fraternité, de coopération, d’harmonie, a certainement créé une brèche dans le cœur de ce peuple. Et cela a finalement contribué à une connaissance de sa personne et de ce qu’il représente qui, jusqu’à la veille de sa venue, n’était pas si profonde, peut-être un peu superficielle.

Tout en appréciant la beauté et l’histoire de la Mongolie, le Pape a également souligné le rôle de la Mongolie sur l’échiquier international pour la paix dans le monde et envoyé des messages aux deux pays voisins, la Russie et la Chine. Qu’est-ce que cela signifie pour vous ? Cela a-t-il quelque peu éclipsé la visite ou cela a-t-il donné un nouvel élan, précisément en raison du rôle mondial que le Pape demande à la Mongolie de jouer ?

Je pense que le témoignage de paix du Pape, de messager de paix, ou, comme il s’est lui-même qualifié à plusieurs reprises de pèlerin, de passeur de paix, cette manière de se présenter a certainement contribué à créer une perspective. La devise même (de ce voyage) “Espérer ensemble” signifie qu’il y a de l’espoir, que tout n’est pas déterminé uniquement par la logique du calcul, du pouvoir, de la prévarication, de l’intérêt, mais qu’il existe un véritable monde spirituel, un monde moral, fondé sur des relations authentiques qui peuvent créer les conditions d’une paix durable. Le fait que le Pape se soit présenté de façon simple et direct comme un messager de paix, je crois que cela a contribué à lire la visite avec les bons yeux, sans faire de raisonnements qui n’étaient peut-être même pas dans ses intentions, mais en s’ouvrant au message en tant que tel c’est-à-dire comment chaque peuple – au-delà de sa taille et de son poids relatif – a une responsabilité dans la construction de la paix. Les Mongols en ont fait l’expérience avec la “Pax mongolica“, comme l’a mentionné le Saint-Père lui-même. Cette expérience a été une réalité et nous pourrions peut-être en tirer des leçons pour notre présent.

Le Pape a également invité à la liberté religieuse, au respect des droits et à la coexistence pacifique entre les religions. Selon vous, cette visite peut-elle réellement déboucher sur de tels résultats ou risque-t-elle de rester quelque peu cristallisée dans ce grand événement comme une fin en soi ?

Nous espérons tous que cette graine semée par la visite du Pape François va ensuite grandir, s’enraciner et devenir de plus en plus une réalité. Nous souhaitons que ces messages transmis avec courage, avec franchise, avec candeur, se transforment en programmes concrets de vie et de collaboration. Nous avons bon espoir que tout cela devienne vraiment un chemin, un chemin concret, car nous savons que ce pays tient aussi ses promesses. Nous sommes donc certains qu’il y aura des résultats positifs.

Et pour la petite Église de Mongolie, quels résultats espérez-vous, en tant que pasteur ?

Tout d’abord la croissance, l’approfondissement de la foi, qui est fondamentale, la redécouverte toujours nouvelle de la beauté de la foi, qui se transformera sûrement en un enracinement plus profond et plus efficace, et donc en la capacité d’exprimer cette foi et de la vivre en tant que citoyen de son propre pays. C’est un don et aussi une responsabilité pour nous tous.

L’Église comme un enfant qui devient adulte…

Oui, mais espérons qu’elle reste toujours dans cette enfance spirituelle qui n’est pas un enfantillage, mais un regard tourné vers le Seigneur qui se concrétise dans la confiance, dans l’abandon, dans la capacité de pardon et de réconciliation.

Source : VATICANNEWS, le 5 septembre 2023

Mozambique: béatification en cours pour deux jésuites tués en 1985

Mgr Diamantino Guapo Antunes, évêque de Tete (Mozambique), lors d’une célébration

Mozambique: béatification en cours pour deux jésuites tués en 1985

La phase diocésaine du procès de béatification et de canonisation des deux prêtres jésuites, Serviteurs de Dieu, connus comme les Martyrs de Chapotera, s’est clôturé le 12 août dernier au sanctuaire diocésain de Zobuè, dans le diocèse de Tete. La cérémonie sest déroulée en présence de centaines de catholiques de toutes les paroisses du diocèse. 

Alberte Kabunda – Cité du Vatican avec Fides

Après avoir recueilli tous les témoignages y compris la documentation d’archives, un vaste dossier sur la vie et le martyre des deux Serviteurs de Dieu a été préparé. Le dossier comprenant 1 500 pages a été remis dans des boîtes scellées par Mgr Diamantino Guapo Antunes, IMC évêque du diocèse de Tete, au représentant de la nonciature apostolique au Mozambique, Mgr Paul Anthony, qui l’enverra au dicastère pour les Causes des saints, à Rome, où la cause poursuivra son parcours. Dans son homélie, lors de la messe de clôture de la phase diocésaine du procès de béatification des deux Serviteurs de Dieu, les deux prêtres jésuites connus comme les «Martyrs de Chapotera», Mgr Diamantino Guapo Antunes a souligné que les serviteurs de Dieu, le père João de Deus Kamtedza et le père Silvio Alves Moreira, ont été de bons pasteurs. Ils ont souffert avec leur peuple et ont toujours recherché la paix et la réconciliation, en mettant leurs qualités humaines et spirituelles au service de Dieu et des hommes et en vivant leur idéal missionnaire.

Processus Diocésain

Le processus dans le diocèse a commencé le 20 novembre 2021 avec la prestation de serment des membres de la Commission d’enquête nommée par l’évêque de Tete. Le tribunal était composé du père Vital Adriano Conala, délégué épiscopal, du père José Codiasse Alone, promoteur de justice et du père Angelino Augusto, notaire actuaire. Était aussi présent le postulateur, le père Sandro Faedi. Cette Commission a interrogé, de janvier 2022 à juin 2023, des témoins ayant connu les Serviteurs de Dieu de leur vivant et possédant donc des informations sur leur martyre et leur réputation.

Des différentes provenances, un même martyre

Les deux jésuites ont été assassinés le 30 octobre 1985 près de leur résidence missionnaire de Chapotera, dans la mission de Lifidzi, en Angonia au Mozambique. Leurs corps ont été retrouvés le 4 novembre et ils ont été enterrés le même jour dans le cimetière de Vila Ulongwe. Le père João de Deus Gonçalves Kamtedza, originaire du Mozambique, est né à Angonia, dans la province de Tete, le 8 mars 1930. Il est entré au noviciat jésuite en 1948 et a prononcé ses vœux religieux en 1953 à Braga, au Portugal et ordonné prêtre dans la mission de Lifidzi le 15 août 1964. Il se consacra entièrement à l’évangélisation de son peuple, d’abord, et pendant de nombreuses années, dans la mission de Msaladzi, puis dans celle de Fonte Boa et à Satémwa. Il était dynamique, intelligent, sage, accueillant, intrépide, joyeux, communicatif et un grand apôtre, a souligné l’évêque de Tete. Il aimait son peuple, sa culture et sa langue. Le père João de Deus Kamtedza a été transféré fin 1983 à Chapotera pour évangéliser et s’occuper pastoralement des missions de Lifidzi et Chabwalo.

De son côté, le père Sílvio Alves Moreira est né à Rio Meão-Vila da Feira au Portugal le 16 avril 1941. Entré au noviciat en 1952, il a prononcé ses vœux religieux en 1959. Il a étudié la théologie à l’université catholique de Lisbonne entre 1968 et 1972. Après son ordination à Covilhã au Portugal le 30 juillet 1972, il a travaillé comme missionnaire dans le diocèse de Tete, au séminaire de Zobuè et plus tard dans la paroisse de Matundo. En 1981, il a été transféré à Maputo, travaillant principalement dans la paroisse d’Amparo, à Matola. En septembre 1984, il est retourné dans le diocèse de Tete, affecté à Satemwa, mission de Fonte Boa, puis à Chapotera, mission de Lifidzi. Le père Sílvio était un homme libre, intelligent, courageux et entreprenant, qui vivait avec enthousiasme et joie les difficultés et les risques que comporte la vie missionnaire. Il a été enlevé et assassiné le 30 octobre 1985, dans le contexte de la guerre civile qui a ensanglanté et éprouvé le peuple mozambicain et les communautés catholiques pendant longtemps.

La cérémonie de cette clôture s’est déroulée le 12 août au sanctuaire diocésain de Zobuè, dans le diocèse de Tete, avec la participation de centaines de catholiques de toutes les paroisses du diocèse, qui ont participé au pèlerinage diocésain à Zobuè.

Source : VATICANNEWS, le 5 septembre 2023

Missionnaires enlevés au Nigeria : « J’ai tout remis à Dieu »

Red Confidential | Shutterstock

Enlevés le 3 août lors de l’assaut de leur paroisse au Nigeria, puis libérés après trois semaines de captivité, le père Paul Sanogo et le séminariste Melchior Mahinin ont témoigné de l’épreuve vécue auprès d’ACI Afrique. « Ce que nous avons vécu n’est rien comparé à la passion de Jésus », affirment-ils. 

Trois semaines de captivité, trois semaines d’enfer. Libérés le 24 août par leurs ravisseurs, le père Paul Sanogo et le séminariste Melchior Dominick Mahinini ont vécu un véritable traumatisme, rapporte l’agence de presse catholique ACI Afrique. Ces deux membres de la communauté des Missionnaires d’Afrique avaient été enlevés le 3 août dernier lors d’un assaut mené contre la paroisse Saint-Luc Gyedna, située dans l’État du Niger, au centre-nord du Nigeria. 

Douze hommes armés ont fait irruption dans leur village avant de pénétrer dans leur maison. Si trois confrères ont réussi à s’échapper, le père Paul et Melchior n’ont pas eu cette chance. Alors que leurs ravisseurs leur demandaient de l’argent que les deux hommes n’avaient pas, la fureur des malfaiteurs n’a fait que redoubler. Les deux missionnaires ont été fouettés presque quotidiennement et obligés de dormir sur des rochers, avant de parcourir plusieurs kilomètres pieds-nus pour suivre les déplacement de leurs bourreaux. « Nous étions leurs esclaves », déclare le séminariste Melchior, qui ajoute : « L’absence de liberté et le fait de ne pas avoir la moindre idée de ce qu’ils allaient nous faire subir ont été troublants ». Pourtant, si le traumatisme est fort, leur foi n’en a été que renforcée, affirment-ils. 

Ce que nous avons vécu n’est rien comparé à la passion de Jésus. 

« Lorsque les hommes nous ont emmenés, j’avais tellement peur, pensant au pire qui pouvait nous arriver. Je n’arrêtais pas de prier. Et au fil du temps, j’ai senti ma foi se renforcer. J’ai accepté ma situation et j’ai tout remis à Dieu », déclare ainsi Melchior. « J’ai pensé aux souffrances que nos pères, les premiers Missionnaires d’Afrique, ont enduré lors des débuts de notre Congrégation en Afrique. Beaucoup sont morts, mais ceux qui ont survécu n’ont pas abandonné la mission. Alors que j’étais captif, j’ai pris la ferme décision de ne jamais abandonner ma mission. » 

Accepter la persécution

Les deux hommes ont déjà pardonné à leurs persécuteurs et prient pour leur conversion. « J’ai commencé à prier pour les hommes qui nous ont enlevés le jour même où ils nous ont emmenés. Je continue à prier pour leur conversion afin qu’ils puissent un jour se rendre compte que ce qu’ils font n’est pas bien ».

Pour le père Paul, « notre foi est construite sur la persécution. Ce que j’ai vécu en captivité, c’est ce qu’implique la prêtrise. Jésus lui-même nous l’a dit : il envoie des brebis au milieu des loups. (…) Ce que nous avons vécu n’est rien comparé à la passion de Jésus. J’ai trouvé une grande joie à unir ma douleur à la passion de Jésus ». 

Source: ALETEIA, le 5 septembre 2023