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23.09.2023 – Messe présidée par le pape François au stade Vélodrome de Marseille
Le Pape appelle la France et l’Europe à de nouveau tressaillir de foi
Devant plus de cinquante mille fidèles réunis au sein du stade Vélodrome de Marseille, le Pape François a présidé la messe qui a conclu son séjour dans la Cité phocéenne. Dans son homélie, il a souhaité que nous trésaillions devant la vie et devant nos prochains comme le fit le fils d’Elisabeth devant Marie.
Xavier Sartre – Cité du Vatican
C’était un moment très attendu. La rencontre entre les catholiques de France et le successeur de Pierre lors d’une messe. Cela n’avait pas eu lieu depuis 15 ans dans l’Hexagone. 50 000 fidèles ont répondu présents dans la clameur du mythique stade Vélodrome, 100 000 le long de l’avenue du Prado, samedi 23 septembre.
Dans une marée de bleu et de blanc, les couleurs de Marie, de Marseille et de l’Argentine, terre natale du Pape, les chants et la louange entonnés par 800 choristes ont rythmé la célébration. Pour accueillir le Souverain pontife sous un ciel bleu éclatant, de grands tifos du virage sud: le Pape en personne, la cathédrale de la Major, ou un simple merci en lettres jaunes sur fond bleu.
Dans ce stade bleu et blanc qui lui était tout acquis, le Pape François, pour ce dernier rendez-vous avec les catholiques français lors de son séjour à Marseille, a présidé la messe. «Nous avons besoin de retrouver passion et enthousiasme, de redécouvrir le goût de l’engagement pour la fraternité, d’oser encore le risque de l’amour dans les familles et envers les plus faibles, et de retrouver dans l’Évangile une grâce qui transforme et rend belle la vie» a déclaré le Saint-Père. L’Église, la France et l’Europe ont besoin de cela, a-t-il affirmé, nos sociétés aussi, elles qui sont marquées par «le sécularisme mondain et par une certaine indifférence religieuse», a-t-il noté.
Pour cela, il faut suivre l’exemple du fils d’Elisabeth enceinte quand elle reçut la visite de sa cousine Marie, «véritable Arche d’Alliance qui introduit le Seigneur incarné dans le monde», «signe de la visite de Dieu vainqueur de toute stérilité», qui «rend possible ce qui semble impossible», qui «engendre la vie, même dans la stérilité». Il faut, en d’autres termes, tressaillir, d’abord devant la vie, puis devant son prochain.
Lutter contre les passions tristes
Celui qui croit, qui prie, tressaille dans l’Esprit, sent quelque chose qui bouge dans son cœur, a expliqué François. C’est tout le contraire «d’un cœur plat, froid, installé dans la vie tranquille, qui se blinde dans l’indifférence et devient imperméable, qui s’endurcit, insensible à toute chose et à tout le monde, même au tragique rejet de la vie humaine qui est aujourd’hui refusée à nombre de personnes qui émigrent, à nombre d’enfants qui ne sont pas encore nés, et à nombre de personnes âgées abandonnées», a-t-il dénoncé. Notre société européenne porte ainsi ces maladies : «cynisme», «désenchantement», «résignation», «incertitude», «sentiment général de tristesse», autant de «passions tristes», a-t-il listé.
Mais les personnes nées dans la foi évitent ces maladies, en reconnaissant la présence de Dieu «même au milieu des difficultés, des problèmes et des souffrances». Elles se sentent accompagnées et soutenues par Lui. Elles cultivent une passion, un rêve, un intérêt qui «pousse à s’engager personnellement». Elles savent que le Seigneur «invite à témoigner de l’Évangile pour édifier avec douceur, à travers les dons et les charismes reçus, un monde nouveau», a précisé François.
Tressaillir devant la chaire blessée
Celui qui croit tressaille aussi devant son prochain car «Dieu est relation et souvent il nous rend visite à travers des rencontres humaines», quand «notre cœur ne reste pas impassible et insensible devant les blessures de ceux qui sont les plus fragiles». Les grandes villes métropolitaines et tant de pays européens comme la France, a remarqué le Saint-Père, «sont en ce sens un grand défi contre les exacerbations de l’individualisme, contre les égoïsmes et les fermetures qui produisent solitudes et souffrances».
Le Pape invite à apprendre de Jésus à «éprouver des tressaillements pour ceux qui vivent à nos côtés», et à faire comme Jésus, à tressaillir de miséricorde «devant la chaire blessée de ceux qu’il rencontre». Nous pouvons y parvenir en regardant Marie qui se dérange et qui nous enseigne que Dieu est cela: «Il nous dérange, il nous met en mouvement». «Nous voulons être des chrétiens qui rencontrent Dieu par la prière et nos frères par l’amour», qui accueillent le feu de l’Esprit «pour se laisser brûler par les questions d’aujourd’hui, par les défis de la Méditerranée, par le cri des pauvres, par les “saintes utopies” de fraternité et de paix qui attendent d’être réalisées».
Une pensée pour les Niçois victimes de l’attentat du 14 juillet
À l’issue de la messe, avant de prendre congès des Marseillais, le Pape François a tenu à remercier toutes celles et ceux qui ont travaillé à sa visite, toute l’Église de Marseille, dont l’archidiocèse «a été le premier au monde à avoir été consacré au Sacré-Cœur de Jésus, en 1720, au cours d’une épidémie de peste», a-t-il précisé.
Il a aussi tenu à saluer tous les catholiques venus de France et notamment les Niçois «qui ont survécu au terrible attentat du 14 juillet 2016. Souvenons-nous dans la prière de tous ceux qui ont perdu la vie dans cette tragédie et dans tous les actes terroristes perpétrés en France et dans toutes les parties du monde. Le terrorisme est lâche». Il n’a pas oublié non plus d’avoir une pensée pour les Ukrainiens, invitant à prier «pour la paix dans les régions ravagées par la guerre».
François a salué aussi les malades, les enfants et les personnes âgées «qui sont la mémoire vivante de la civilisation», ainsi que les personnes dans le besoin et tous les travailleurs de Marseille. Il en a profité pour rappeler que Jacques Loew, premier prêtre ouvrier de France, travailla sur le port de Marseille.
Les derniers mots du Pape furent prononcés en français: «Je vous bénis. S’il vous plaît, n’oubliez pas de prier pour moi. Ce travail n’est pas facile! Merci.»
Remerciement des Marseillais
Le cardinal Jean-Marc Aveline, auparavant, avait remercié le Pape pour «cette inoubliable journée». Évoquant la visite du Pape à Notre-Dame de la Garde, il n’a pas manqué de souligner qu’ainsi, il avait été «baptisé marseillais». Mais ce sont les paroles du Saint-Père qui ont le plus marqué évidemment. «Sans faire le tour de la France, vous vouliez attirer les regards de notre pays vers cette Méditerranée et éveiller nos consciences à la responsabilité qui est la nôtre par rapport à cet espace qui fait partie de notre histoire et de notre géographie», a souligné l’archevêque-hôte de Marseille.
Soulignant, non sans malice, que les Marseillais sont «à jamais les premiers» en France à avoir accueilli une messe célébrée par le Pape François, le cardinal a confié qu’en venant au Vélodrome, le Saint-Père avait finalement rendu visite chez eux à tous les Marseillais. «Si vous saviez comme nous en sommes fiers et heureux! Je crois que ce soir, même la Bonne Mère a la larme à l’œil !».
Source : VATICANNEWS, le 23 septembre 2023
23.09.2023 – PRIÈRE DU MILIEU DU JOUR AU MONASTÈRE DE L’ANNONCIADE DU THIAIS
23.09.2023 – Clôture des rencontres méditerranéennes 2023 à Marseille, en présence du pape François
François, fils de migrants et le long magistère de l’accueil
De Pie XII à François: les paroles des Souverains pontifes face à l’urgence migratoire.
Andrea Tornielli – Cité du Vatican
Dans le vaste discours prononcé à Marseille en conclusion des Rencontres méditerranéennes, le Pape François, lui-même enfant de migrants, a rappelé que le phénomène migratoire n’est pas une nouveauté de ces dernières années et qu’il n’est pas non plus le premier pontife à s’en préoccuper. Cela fait au moins 70 ans que l’Église a ressenti l’urgence croissante de cette situation.
En 1952 et, sept ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale, l’Europe connaît encore le drame des personnes déplacées. Pie XII, dans la Constitution apostolique Exsul Familia, écrivait que «La famille de Nazareth en exil, Jésus, Marie et Joseph émigrés en Egypte […] sont le modèle, l’exemple et le soutien de tous les émigrés et pèlerins de tous les temps et de tous les pays, de tous les réfugiés de toute condition qui, poussés par la persécution ou par le besoin, se voient contraints d’abandonner leur patrie, les personnes qui leurs sont chères, […] et se rendre en terre étrangère».
Les guerres, les persécutions ou la nécessité d’améliorer sa condition, sont les motivations des migrations, auxquelles s’ajoutent aujourd’hui, de manière de plus en plus évidente, les problèmes liés au changement climatique. En 1967, avec l’encyclique Populorum Progressio, Paul VI rappelait que les peuples de la faim défient dramatiquement les peuples de l’opulence, en énumérant trois devoirs pour les nations les plus développées: le devoir de solidarité, le devoir de justice sociale et le devoir de charité universelle. Le Pape Montini a rappelait aussi le «devoir de l’accueil», sur lequel, écrivait-il, «nous n’insisterons jamais assez».
Outre les deux exemples cités par François, de nombreux autres pourraient être mentionnés. Par exemple, les paroles de Jean-Paul II qui, dans son message pour la Journée mondiale de l’émigration en 1996, écrivait: «La première façon d’aider ces personnes est de les écouter pour connaître leur situation et leur assurer, quelle que soit leur position juridique devant l’État, les moyens de subsistance nécessaires». Il ajoutait: «Il faut être vigilant face à l’émergence de formes de néo-racisme ou de comportements xénophobes, qui tentent de faire de ces frères des boucs émissaires pour toute situation locale difficile».
Benoît XVI, dans son message de 2012, relevait: «Aujourd’hui, en effet, nous voyons que de nombreuses migrations sont la conséquence d’une précarité économique, d’un manque de biens essentiels, de catastrophes naturelles, de guerres et de désordres sociaux. A la place d’une pérégrination animée par la confiance, par la foi et par l’espérance, migrer devient alors un « calvaire » pour survivre, où des hommes et des femmes apparaissent davantage comme des victimes que comme des acteurs et des responsables de leur aventure migratoire».
Bien sûr, même à Marseille, comme il l’a répété à plusieurs reprises au cours de ses dix années de pontificat, François a évoqué les difficultés d’accueil, de protection, de promotion et d’intégration des personnes non désirées. Il a rappelé la responsabilité commune de toute l’Europe et la nécessité de garantir «un grand nombre d’entrées légales et régulières, durables grâce à un accueil équitable» du continent européen. Mais il a également rappelé que le critère principal doit toujours être la protection de la dignité humaine et non la préservation de son propre bien-être. Car, comme l’expérience de la récente pandémie devrait l’avoir enseigné, on ne se sauve qu’ensemble, jamais seul.
Source : VATICANNEWS, le 23 septembre 2023
23.09.2023 – MESSE À LOURDES
« C’était la révélation de trop »

Alors que d’alarmantes dénonciations secouent l’Eglise catholique, des fidèles hésitent à rompre leurs liens avec elle. Témoignages.
Il y a 10 jours, l’Université de Zurich publiait une étude recensant plus de 1000 cas d’abus sexuels au sein de l’Eglise catholique en Suisse depuis le milieu du 20e siècle. Il ne s’agirait que de la face visible de l’iceberg selon les auteurs, la plupart des cas n’ayant jamais été signalés. Au moment des faits, la grande majorité des victimes étaient mineures.
Suite à ces révélations, plusieurs fidèles se retrouvent en porte-à-faux face à cette institution qui accueille leur foi et qui tient, dans certains cas, une place importante dans leur vie quotidienne. Entre claquer la porte ou rester malgré les crimes commis au sein de l’Eglise, comment se positionner clairement?
Un départ clair et net
Pour la plupart des personnes qui quittent maintenant le navire, cela fait longtemps que la confiance envers l’Eglise catholique était vacillante. Loïc* vient de poster sa lettre de demande de sortie. Pour ce Gruérien, cela fait trop longtemps que de tels agissements sont connus au sein de cette communauté.
« C’était la révélation de trop. Je ne pouvais plus rester en ayant connaissance de ces agissements. Je trouve trop facile de se placer en sauveur et défenseur des personnes victimes alors que les moyens pour les protéger étaient là. »
Nathalie* a également quitté l’Eglise récemment. La Sarinoise décrit une institution d’un autre âge, en contradiction avec ses valeurs morales et dont elle a fini par se méfier. « Mes enfants revenaient régulièrement de leur leçons de catéchisme avec des bonbons et des chocolats, comme s’il fallait trouver un moyen de les appâter, de les garder. »
Rester malgré l’indignation
Mais tous n’ont pas décidé de partir. Martine* se dit profondément choquée et en colère par rapport à ce qu’il s’est passé au sein de l’Eglise catholique. Pourtant, elle ne compte pas rompre tous liens avec elle pour autant. « La première fois que j’ai voulu m’en séparer, ma mère m’a dit que je ne pouvais pas faire ça, que ça ne se faisait pas. Il y a 20 ans en arrière, l’Eglise avait encore une forte influence sur la population et la génération de mes parents avait très peur du qu’en-dira-t-on, surtout dans les petits villages. Par respect pour ma mère, je continue donc de payer l’impôt même si je ne suis plus pratiquante. »
Une taxe qui interroge
En 2022, 1640 personnes ont décidé de quitter l’Eglise catholique dans le canton de Fribourg. Un chiffre qui a presque doublé en cinq ans. En dehors des abus, un autre aspect qui pèse lorsque l’on parle de sortir de cette institution est celui de l’impôt ecclésiastique. Ce tribut, seule source de revenu de l’institution, se calcule en fonction du salaire. En plus de soutenir le clergé et ses infrastructures, 40% de cette somme va à des actions sociales ou des œuvres d’entraide, comme Caritas par exemple.
Pour la plupart des sortants, venir en aide à ses structures indépendantes peut se faire hors de la taxe. « Il existe d’autres canaux pour soutenir ces structures », explique Laure*, sortie de l’Eglise depuis cinq ans. « Si l’envie est là, on peut les aider financièrement, sans que cela passe par des mains religieuses. »
De son côté, Didier Castella, conseiller d’Etat fribourgeois en charge des institutions, pense que ces départs officiels ne sont pas prêts de diminuer. « Les révélations de ces derniers jours agiront comme un accélérateur d’un phénomène déjà en marche. En dehors du paiement des salaires des fonctionnaires de l’Eglise, cela aura aussi une influence évidente sur l’entretien de notre patrimoine religieux et d’autres activités de l’Eglise, comme l’accompagnement des personnes en fin de vie. » Selon le ministre, une alternative avait été proposée au Grand Conseil où cet impôt, s’il n’est pas reversé à l’Eglise, irait automatiquement à d’autres structures humanitaires ou sociales. Mais cette proposition n’avait pas été acceptée telle quelle.
Garder la foi
Avec toutes ces révélations et le sentiment de colère à l’encontre de l’Eglise, il serait légitime de se demander comment continuer à croire en Dieu, en une entité juste et miséricordieuse. Pourtant, la grande majorité des personnes interrogées dans le cadre de cet article disent avoir gardé la foi, même si celle-ci s’exprime de façon différente.
« Les religions ont été créées par l’homme. Quand je vois tout le mal qui s’est déroulé au sein de l’Eglise catholique, je ne peux plus continuer à croire en elle », confie Martine*. « Mais je continue de vivre ma spiritualité différemment, en dehors d’une quelconque institution. »
*Prénom d’emprunt – Toutes les personnes interrogées ont souhaité garder l’anonymat.
Source : Frapp – Dimitri Faravel, le 22 septembre 2023
23.09.2023 – MESSE À NOTRE-DAME DE LA GARDE
Marseille : le bon mot du Pape qui a fait rire toute l’assemblée

Tandis que Mgr Aveline prononçait un mot d’accueil à l’attention du Pape, François l’a interrompu avec un trait d’esprit qui a provoqué un bref moment d’hilarité.
La visite du pape François à Marseille dans le cadre des Rencontres méditerranéennes a démarré ce vendredi 22 septembre par un temps de prière à la Vierge Marie dans la basilique Notre-Dame de la Garde. Dans les rangs se trouvaient le clergé du diocèse de Marseille – prêtres, diacres, séminaristes, consacrées -, des recteurs des sanctuaires du pourtour méditerranéen ainsi que des représentants de l’Église en France, à commencer par Mgr Éric de Moulins-Beaufort, président de la Conférence des évêques de France.
Le cardinal Jean-Marc Aveline, archevêque de Marseille, a prononcé un discours de bienvenue, retraçant notamment l’histoire de la basilique si chère aux Marseillais. « Dès votre arrivée, vous avez voulu faire comme nous faisons ici, chaque fois qu’un événement heureux ou malheureux surgit dans notre existence. Nous montons sur cette colline pour nous confier à la Vierge Marie que nous appelons Bonne Mère ». Une tradition qui remonte au Moyen Âge, lorsque les marins partaient en mer. Depuis, Notre-Dame-de-la-Garde est considérée comme la gardienne des marins et des pêcheurs.
Mais Notre-Dame de la Garde étend son manteau protecteur au-delà du seul peuple marseillais. Mgr Aveline n’a pas manqué de rappeler tous les saints qui eux aussi sont venir se recueillir auprès de la Bonne Mère : Charles de Foucauld, avant ses nombreux voyages en mer, Thérèse de Lisieux, avant d’aller rencontrer le Pape à Rome, ainsi que le jeune prêtre Karol Wojtyla en 1957…
« A votre tour, soyez le bienvenu, très Saint Père ! », a alors lancé Mgr Aveline, avant d’être interrompu par ce bon mot du Pape qui a sans doute voulu jouer sur les deux sens du mot « pécheur »/ « pêcheur » : « Ici viennent les pécheurs ! ». Une remarque pleine d’humilité, qui n’a pas manqué de faire sourire et même rire.
Source : ALETEIA, le 23 septembre 2023
« Efforçons-nous d’être toujours derrière cette Mère bénie »

« Efforçons-nous d’être toujours derrière cette Mère bénie »
La dévotion de Padre Pio envers la Très sainte Vierge, comme celle qu’il recommande à ses pénitents et dirigés, est très simple. Au-delà des fêtes liturgiques en son honneur qu’il célèbre avec ferveur, elle s’exprime principalement dans le rosaire. Il le dit continuellement, évoquant, méditant et priant avec Marie – c’est cela le rosaire – chacun des mystères de Jésus.
Ses confrères le voient aussi dans la sacristie se recueillir et prier au pied d’un tableau représentant Notre-Dame des Douleurs.
Dans une lettre de 1912, il écrit : « Combien de fois ai-je confié à cette mère les angoisses tourmentées de mon cœur agité ! Et combien de fois m’a-t-elle réconforté ! Dans les moments difficiles, il me semble que je n’ai plus de mère sur la terre, mais une, pleine de pitié, au Ciel… Pauvre petite maman, comme elle m’aime ! Je l’ai senti à nouveau au début de ce mois (de mai). Avec combien de sollicitude elle m’a accompagné à l’autel ce matin ! … Je voudrais avoir une voix si forte pour inviter les pécheurs du monde entier à aller à la Madone. »
Il écrit encore: « je me sens brûler sans feu. Je me sens serré et lié au Fils au moyen de cette Mère, sans même voir les chaînes qui me lient si étroitement ». Padre Pio voit en cette Mère celle qui conduit vers Jésus et qui, par sa puissante intercession, obtient de lui d’innombrables grâces.
Il écrit dans une lettre de 1915 : « Efforçons-nous, comme d’autres âmes élues, d’être toujours derrière cette Mère bénie, de marcher toujours à ses côtés, car il n’y a pas d’autre route qui conduise à la vie, sinon celle empruntée par notre Mère : ne refusons pas cette voie, nous qui voulons arriver au terme ».
Adapté de l’Encyclopédie Mariale
Prions :
Je vous salue Marie, pleine de grâce ;
Le Seigneur est avec vous.
Vous êtes bénie entre toutes les femmes
Et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni.
Sainte Marie, Mère de Dieu,
Priez pour nous pauvres pécheurs,
Maintenant et à l’heure de notre mort.
Amen
Source : une minute avec Marie
23.09.2023 – SAINT DU JOUR

St Pio de Pietrelcina
PRÊTRE O.F.M. CAP. († 1968)
Saint Pio de Pietrelcina
Prêtre o.f.m. cap.
(Mémoire obligatoire)
Pio, au siècle Francesco Forgione, naît le 25 mai 1887 à Pietrelcina, en Italie du Sud, entre Naples et Foggia (Campanie). Quatrième des sept enfants d’un couple de paysans, il entre à 16 ans chez les capucins et prend le nom de frère Pio. De santé fragile, il retourne pour de longs séjours dans son village. Ses frères capucins témoigneront que le démon venait lui rendre visite dans sa chambre. Fra Pio a alors vécu dans une « nuit obscure » qui rappelle celle des mystiques comme Jean de la Croix ou sa contemporaine, Thérèse d’Avila. Il confie : « Le doute qui m’assaille toujours et me persécute partout est d’ignorer si ce que je fais reçoit ou non l’approbation de Dieu. »
Ordonné prêtre le 10 août 1910, il est affecté, six ans après, au couvent de San Giovanni Rotondo, dans les Pouilles. Il y demeurera jusqu’à sa mort, le 23 septembre 1968, à 81 ans. Le rayonnement spirituel du Padre Pio a donné naissance à deux œuvres importantes : l’hôpital Casa Sollievo della Sofferenza (maison pour le soulagement de la souffrance) et les groupes de prière. Par deux fois, le Padre Pio a dû subir des mesures disciplinaires et des restrictions dans l’exercice de son ministère.
Le 20 septembre 1918, Francesco Forgione (qu’on n’appelle pas encore padre Pio) vient de dire la messe au couvent de San Giovanni Rotondo. Ce jeune capucin de 31 ans s’agenouille devant un crucifix. « Une quiétude indescriptible » s’empare de lui, racontera-t-il plus tard. Apparaît soudain un personnage mystérieux, aux mains, pieds et flanc ruisselant de sang. Puis la vision disparaît. Au sortir de ce qu’il nomme une extase, le religieux s’aperçoit alors que ses propres mains, ses pieds et son flanc saignent aussi. À la vue de ces stigmates, le calme se change en un trouble profond : le religieux tente de refermer ses plaies ; rien n’y fait ; elles ne cicatrisent pas. Jusqu’à sa mort, en 1968 – jamais cicatrisées, ses plaies disparaîtront le 20 septembre 1968, trois jours avant sa mort – padre Pio portera ce mystère avec lui. Il recouvre ses mains de mitaines pour dissimuler ses plaies ; il est soumis à une série d’examens scientifiques, ainsi qu’à un contrôle rigoureux : le Vatican suit l’affaire d’un mauvais œil. La nouvelle se propage et les médecins font un double constat, sans explication : padre Pio n’est pas un affabulateur mais rien n’explique ces plaies qui évoquent la passion du Christ. Son évêque, une partie du clergé local, des responsables du Vatican s’irritent de la renommée grandissante de ce religieux qui, vite, attire des foules. D’autant que l’on parle de guérisons et de clairvoyance spirituelle. Durant toute sa vie, il est l’objet de calomnies, de mensonges et même de plusieurs condamnations du Saint-Office. Rome, d’abord, lui interdit toute relation épistolaire puis, pendant deux ans, de confesser. En 1933, le pape Pie XI (Ambrogio Damiano Ratti, 1922-1939) le libère de ces restrictions, mais certains de ses frères capucins se liguent contre lui…
La dévotion populaire accompagne l’humble capucin. Il incarnait la simplicité franciscaine, le courage devant la souffrance, la charité envers les malades. On lui attribue, au fil des ans, de nombreuses guérisons. Parmi de multiples prodiges, il avait, dit-on, le don de la bilocation, autrement dit, d’être à la fois ici (recueilli en prière, comme absent) et là (au secours d’une âme en peine ou en danger). On frôle même l’émeute, en 1923, lorsque Rome veut empêcher le padre de célébrer la messe. Et on ira jusqu’à installer des micros dans sa cellule et son confessional ! Pressions et inquisitions romaines ne cessent que dans les années soixante, grâce à saint Paul VI (Giovanni Battista Montini, 1963-1978). Toute l’Italie vénère alors le prêtre aux stigmates, qui fit construire, en 1956, à San Giovanni Rotondo, un hôpital grâce aux dons des fidèles.
On lui attribue de nombreux miracles. Dans les années soixante, alors simple évêque auxiliaire de Cracovie, Karol Wojtyła envoya à padre Pio une lettre d’intercession pour une amie médecin polonaise, Wanda Półtawska, gravement atteinte d’un cancer. Onze jours plus tard, elle était guérie.
Padre Pio est un peu un saint « médiéval », héritier de la tradition franciscaine, stigmatisé comme saint François, pauvre lui-même et attentif aux souffrances ; et surtout un mystique entouré de prodiges et de miracles.
L’œuvre de Padre Pio : des conversions en grand nombre, des groupes de prière (2.200 dans le monde dont 1.800 en Italie) et, depuis 1956, à San Giovanni Rotondo, une clinique pour les « esprits et les corps épuisés ». L’intuition de Padre Pio fut de faire de cette maison, la Casa Sollievo della Sofferenza, un centre d’études international et un lieu où devait être privilégié le confort des malades. Une volonté bien paradoxale de la part de celui qui avait supporté tant de souffrances et de pauvreté…
Saint Jean-Paul II (Karol Józef Wojtyła, 1978-2005) a donné Pio de Pietrelcina comme saint de la Miséricorde et modèle à imiter par tous les fidèles. Le pape a voulu que sa fête liturgique soit immédiatement inscrite au calendrier romain général – et non local – le 23 septembre, « jour de sa naissance au ciel », en tant que « mémoire obligatoire » pour l’Église universelle.
Pour un approfondissement biographique :
>>> Pio de Pietrelcina
Saint Pio de Pietrelcina priez pour nous !
