Indonésie: Le nom de « Yesus Kristus » officiellement repris

Muhadjir Effendy, ministre indonésien de la Culture © Sekretariat Kabinet Republik Indonesia 
Muhadjir Effendy, Ministre Indonésien De La Culture © Sekretariat Kabinet Republik Indonesia

Indonésie: Le nom de « Yesus Kristus » officiellement repris

Le pays qui compte le plus grand nombre de musulmans accède à la demande des catholiques

La religion prédominante en Indonésie est l’islam, avec 230 millions de ses 270 millions d’habitants : c’est le pays avec la plus grande population musulmane au monde (85,2 %). Il y a également 10 % de chrétiens : environ 20 millions sont protestants et 8 millions catholiques. Comme dans tout le pays, les chrétiens parlent de nombreuses langues et appartiennent à différents groupes ethniques : les plus nombreux sont les Batak à Sumatra, les Javanais, les Dayakos à Bornéo et les Chinois, où le christianisme se développe. Il n’y a pas d’Arabes et ils n’utilisent pas de noms d’origine arabe coranique.

L’islam considère Jésus comme un messager de Dieu, un messie envoyé pour guider le peuple d’Israël. Il faut croire en lui comme en tous les messagers d’Allah et c’est une condition sine qua non pour être musulman. Le Coran mentionne Jésus vingt-cinq fois. Sa figure et son histoire ont été traitées en Indonésie sous le nom de « Isá Almasih » (Jésus le Messie), un terme arabe tiré du Coran. Les chrétiens arabophones utilisent le nom Yesu et l’emploient dans leurs conversations avec les musulmans, qui croient qu’« Isá » était un grand prophète, fils de Marie, qu’il a accompli des miracles et qu’il mérite le respect, mais qui nient qu’il soit mort sur la croix et, en fait, qu’il soit Dieu ou le Fils de Dieu.

La langue des Indonésiens pratiquant le culte musulman est l’arabe, bien qu’ils ne l’utilisent pas dans la vie de tous les jours. Les chrétiens ont trouvé étrange d’utiliser un nom à la signification confuse et lié à la tradition du Coran, sans lien avec la vie chrétienne. Ils ont longtemps demandé à utiliser le nom spécifique de « Yesus Kristus », en prenant le mot grec Christ, qui signifie oint, et en laissant le mot arabe Isá.

Le ministre de la Culture, Muhadjir Effendy, a annoncé le 12 septembre dernier que l’État, sur proposition du ministère des Affaires religieuses, cessera d’utiliser le terme « Islah Almasih » dans les documents officiels et utilisera « Yesus Kristus » comme traduction officielle du nom de Jésus, conformément à la demande des catholiques et des protestants.

Désormais, le nom « Yesus Kristus » sera utilisé pour les fêtes religieuses nationales, le gouvernement reconnaissant officiellement les fêtes de la naissance d’« Isá Almasih », de Noël, de sa mort le Vendredi saint et de l’Ascension, qui seront nommées naissance, mort et Ascension de Yesus Kristus. Le président du pays célébrera publiquement la fête de Noël et visitera une cathédrale catholique chaque année, en témoignage de reconnaissance des chrétiens.

Source : ZENIT.ORG, le 22 septembre 2024

24.09.2023 – RENCONTRES MÉDITÉRANÉENNES À MARSEILLE

François aux journalistes: Marseille est une mosaïque créative et un message pour l’Europe

François répond aux questions des journalistes sur le vol de retour de Marseille: «Les migrations bien conduites sont une richesse». Sur l’euthanasie, il demande de faire «attention aux colonisations idéologiques qui détruisent la vie humaine». Sur l’Ukraine, il exhorte à ne pas «jouer avec le martyre de ce peuple».

Vatican News

Matteo Bruni: Bonsoir Votre Sainteté, bonsoir à tous. Merci pour le temps que vous nous accordez au retour de ce voyage. Ce fut un voyage particulier au cours duquel vous avez pu constater toute l’affection des français qui, comme le disait le cardinal Aveline, sont venus prier avec vous. Je pense qu’il y a quelques questions que les journalistes voudraient vous poser, à moins que vous ne souhaitiez nous dire quelque chose ?

Merci beaucoup pour votre travail. Avant que je n’oublie, je voudrais dire deux choses. D’abord, je crois que c’est le dernier vol de Roberto Bellino (technicien du Dicastère pour la communication, ndr) qui prend sa retraite. Merci. Et la deuxième chose : aujourd’hui, c’est l’anniversaire de Rino. L’ineffable Rino (Anastasio). Maintenant, je vous invite volontiers à poser vos questions.

Raphaële Schapira, France Télévisions: Votre Sainteté bonsoir. Vous avez commencé votre pontificat à Lampedusa en dénonçant l’indifférence. Dix ans plus tard, vous demandez à l’Europe de faire preuve de solidarité. Cela fait dix ans que vous répétez le même message. Cela signifie-t-il que vous avez échoué ?

Je ne pense pas. Je dirais que c’est une avancée qui progresse lentement. Aujourd’hui, il y a une prise de conscience du problème des flux migratoires. Il y a une prise de conscience et la conscience que c’est quelque chose qui est arrivé à un point tel, comme une patate chaude qu’on ne sait pas comment affronter. Angela Merkel a dit un jour qu’on résoudrait le problème en allant en Afrique et en permettant au peuple africain d’élever son niveau de vie. Mais il y a des accidents de parcours, très violents, où les migrants sont renvoyés à leur point de départ. C’est comme un ping-pong. Et nous savons que souvent ils finissent dans des camps, dans des situations pires que celles qu’ils connaissaient avant de partir.

J’ai suivi le parcours d’un garçon, Mahmoud, qui a tenté de fuir ces camps. Mais à la fin il s’est pendu. Il n’a pas résisté, il n’a pas toléré cette torture. Je vous ai déjà dit de lire ce petit livre «Hermanito». Il faut savoir que les migrants qui arrivent ont été vendus. Un jour où l’autre on leur prend leur argent pour payer. Ensuite ils doivent appeler leurs familles pour qu’elle leurs donnent plus d’argent. C’est une vie terrible. J’ai écouté une personne qui a été témoin. Une nuit, au moment de l’embarquement, elle a vu une simple embarcation, sans sécurité, et quelqu’un qui ne voulait pas embarquer. Pan, pan! Fin de l’histoire. C’est le règne de la terreur. Les migrants ne souffrent pas seulement parce qu’ils sentent le besoin de s’en sortir, mais aussi parce que le règne de la terreur fait d’eux des esclaves. Nous ne pouvons pas ne pas voir les choses, les renvoyer en arrière comme une balle de ping-pong. C’est pourquoi je répète le principe selon lequel les migrants doivent être accueillis, accompagnés, promus et intégrés. Si vous ne pouvez pas l’intégrer dans votre pays, accompagnez-le, intégrez-les dans leurs pays, mais ne les abandonnez pas aux mains de ces cruels trafiquants d’êtres humains.

Le drame des migrants est bel et bien là, lorsque nous les renvoyons et qu’ils tombent entre les mains de ces délinquants qui font tant de mal, qui les vendent, qui les exploitent. Ces migrants essaient de fuir, de s’en sortir. Il y a quelques groupes de personnes qui se consacrent à sauver ces migrants des griffes du mal. J’ai invité l’un d’entre eux à participer au Synode, un responsable de “Mediterranea Saving Humans“. Ces gens-là vous racontent des histoires terribles. Pour mon premier voyage, comme vous l’avez souligné, je suis allé à Lampedusa. Les situations se sont améliorées, vraiment. Il y a une plus grande conscience aujourd’hui. Il fut un temps où ces choses ne se savaient pas et où on ne nous disait pas la vérité. Je me souviens d’une réceptionniste à la maison Sainte-Marthe qui était éthiopienne, fille d’Éthiopiens, et qui connaissait la langue. Elle suivait mon voyage à la télévision, et il y avait (à Lampedusa) une personne, un pauvre Éthiopien qui m’expliquait les tortures et toutes ces choses. Et le traducteur m’a ensuite dit que ce garçon m’avait menti, qu’il avait édulcoré la situation. C’est difficile de faire confiance. Et il y a tant de drames. Et lorsque j’étais là-bas, une femme médecin m’a dit: regardez cette femme qui va et vient au milieu des cadavres. Elle regardait les visages pour tenter de reconnaitre celui de sa fille qu’elle ne retrouvait pas. Si nous regardons ces drames en face, ils nous rendront plus humains, et par conséquent plus divins.

C’est un appel. Je voudrais que ce soit comme un cri. Faisons attention faisons quelque chose. La conscience a vraiment changé, il y a aujourd’hui une plus grande conscience, pas seulement parce que j’en ai parlé, mais parce que les gens se sont rendus compte du problème et ils en parlent beaucoup. Ce fut mon premier voyage et là, j’ai entendu quelque chose de l’intérieur. Je ne savais même pas où était Lampedusa. Mais j’ai écouté les récits, j’ai lu des choses, et dans la prière j’ai entendu que je devais me rendre sur place, comme si le Seigneur m’envoyait là-bas, pour mon premier voyage.

Clément Melki, AFP: Ce matin vous avez rencontré Emmanuel Macron après avoir exprimé votre opposition à l’euthanasie. Le gouvernement français se prépare à approuver une loi controversée sur la fin de vie. Pourriez-vous nous dire ce que vous avez dit au président français sur ce sujet-là? Et si vous pensez pouvoir lui faire changer d’avis?

Aujourd’hui nous n’avons pas parlé de ce thème mais nous l’avons fait lors d’une autre visite lors de laquelle nous nous sommes rencontrés. J’ai parlé clairement quand il est venu au Vatican. Je lui ai donné mon avis, très clairement. Avec la vie, on ne joue pas, ni au début ni à la fin. On ne joue pas.

Mon avis, c’est de protéger la vie. Au final, vous finirez avec une politique de la non-douleur, une euthanasie humaniste. À ce propos, je voudrais reparler d’un livre, lisez-le. C’est un roman écrit en 1907 par Benson qui s’intitule «Le Maïtre de la terre». C’est un futuriste qui montre comment ce sera à la fin. Ils abolissent toutes les différences, ils enlèvent les douleurs, et l’euthanasie est une de ces choses. La mort douce, le choix de la naissance. Cela montre comment cet homme voyait les conflits d’aujourd’hui. Faisons attention aux colonisations idéologiques qui détruisent la vie humaine, qui vont contre la vie humaine. Aujourd’hui, on efface la vie des grands-parents, par exemple, quand la richesse humaine se trouve dans le dialogue entre les petits-enfants et les grands-parents. On les efface: ils sont vieux, ils ne servent pas. Avec la vie on ne joue pas. Cette fois je n’en ai pas parlé avec le président mais la dernière fois oui, quand il est venu. Je lui ai donné mon avis: avec la vie on ne joue pas. Que ce soit la loi qui ne laisse pas grandir l’enfant dans le sein de la mère, la loi sur l’euthanasie pour les maladies liées à la vieillesse. Je ne dis pas que c’est une histoire de foi, c’est quelque chose d’humain. C’est de la mauvaise compassion. Un jour, la science est arrivée à faire que certaines maladies douloureuses le soient moins grâce à des médicaments. Mais avec la vie, on ne joue pas.  

Javier Martínez Brocal Ogáyar, ABC: Saint-Père, merci d’avoir répondu aux questions à l’occasion de ce voyage très intense et dense. Jusqu’au dernier moment, vous avez parlé de l’Ukraine et le cardinal Zuppi s’est rendu à Pékin. Y a-t-il des progrès dans cette mission? Au moins concernant la question humanitaire du retour des enfants? Une question un peu dure, mais comment vivez-vous personnellement le fait que cette mission n’ait pas réussi à obtenir des résultats concrets jusqu’à présent. Lors d’une audience, vous avez parlé de frustration. Ressentez-vous de la frustration? Je vous remercie.

C’est vrai que l’on ressent une certaine frustration, parce que la Secrétairerie d’État fait tout pour aider, même la « mission Zuppi » qui s’est rendu là-bas. Il y a quelque chose de positif qui bouge avec les enfants, mais concernant cette guerre, il me vient à l’esprit qu’elle est aussi un peu affectée non seulement par le problème ukraino-russe, mais aussi par la vente d’armes, par le commerce des armes. Un économiste a dit il y a quelques mois, qu’aujourd’hui les investissements qui rapportent le plus sont les usines d’armement, certainement des usines de la mort ! Le peuple ukrainien est un peuple martyr, il a une histoire de martyre, une histoire qui fait souffrir. Ce n’est pas la première fois: à l’époque de Staline, il a beaucoup souffert, beaucoup, c’est un peuple martyr. Mais nous ne devons pas jouer avec le martyre de ce peuple, nous devons l’aider à résoudre possiblement les choses, concrètement, faire notre possible. Dans les guerres, concrètement il faut faire son possible, mais il ne faut pas se faire d’illusions, imaginer que demain les deux dirigeants en guerre aillent manger ensemble. Mais dans la mesure du possible, humblement, nous ferons notre possible. Aujourd’hui, j’ai vu qu’un pays avait fait marche arrière, qu’il ne donnera plus d’armes, commençant ainsi un processus dont le martyr sera certainement le peuple ukrainien. Et c’est une mauvaise chose!

Vous avez changé de sujet. C’est pourquoi je voudrais revenir au premier sujet, le voyage. Marseille est une civilisation de nombreuses cultures, c’est un port de migrants.

À une époque, ils allaient à Cayenne où se rendaient les condamnés… L’archevêque (de Marseille, ndlr) m’a offert «Manon Lescaut» pour me rappeler cette histoire. Mais Marseille est une culture de la rencontre! Hier, on l’a vu lors de la rencontre avec les représentants des différentes confessions -musulmans, juifs, chrétiens coexistent- il y a coexistence, c’est une culture de l’aide. Marseille est une mosaïque créative, c’est cette culture de la créativité. Un port qui est un message à l’Europe: Marseille accueille. Elle accueille et fait la synthèse sans nier l’identité des peuples. Il faut repenser cette question pour les autres: la capacité d’accueil. Pour en revenir aux migrants, il y a cinq pays qui subissent de nombreux de migrants, mais dans certains de ces pays, il y a des villages qui sont vides. Je pense à un cas concret que je connais, il y a un village où vivent moins de 20 personnes âgées et rien de plus. S’il vous plaît, que ces villages fassent l’effort d’intégrer. Nous avons besoin de main-d’œuvre, l’Europe en a besoin. Une migration bien menée, c’est un atout, c’est un atout. Réfléchissons à cette politique migratoire pour qu’elle soit plus fructueuse et qu’elle nous aide beaucoup.

Maintenant c’est l’heure de la fête pour Rino et pour le départ de Roberto. Arrêtons-nous ici, merci beaucoup pour votre travail et vos questions.

Source : VATICANNEWS, le 23 septembre 2023

Synode : les inquiétudes du président de la Conférence épiscopale de Pologne

Du Tagespost (Regina Einig und Stefan Meetschen) (!!! traduction automatique) :

« Le Pape est le gardien le plus important de l’orthodoxie »

La première session de l’Assemblée générale du Synode des évêques sur la synodalité aura lieu à Rome du 4 au 29 octobre 2023 : Mgr Stanisaw Gadecki, métropolite de Poznań et président de la Conférence épiscopale polonaise, explique dans une interview ce qui concerne la Le Synode lui demande ce qu’il entend par « correction fraternelle » et pourquoi il reste très attaché à Benoît XVI.

Votre Excellence, le Synode des Évêques sur la Synodalité va bientôt commencer à Rome. Qu’en attendez-vous ? 

Le Synode des Évêques est toujours une expérience joyeuse et difficile. La crise de l’Église catholique en Europe ne nous permet pas de rester passifs et d’attendre – surtout dans le contexte de l’Église universelle. Dans le contexte des témoignages de martyre venant d’Afrique, du Moyen-Orient et d’Extrême-Orient, particulièrement récemment du Pakistan. Saint Jean-Paul II a déclaré que l’Europe diffuserait au monde soit sa foi, soit son incrédulité. Tout comme dans le passé l’évangélisation du monde venait en grande partie de l’Europe, de même aujourd’hui la destruction du christianisme peut venir de l’Europe. Au Synode, nous aurons grandement besoin du témoignage de nos frères et sœurs d’Afrique, du Moyen-Orient, d’Asie, mais aussi d’Europe centrale et orientale, où la période de persécution des chrétiens vient tout juste de prendre fin. J’attends donc un renforcement mutuel dans la foi et la fidélité au Christ .

Qu’est-ce qui vous inquiète?

Bien entendu, nous connaissons également des troubles. Ceux-ci trouvent leur origine principalement là où les processus de sécularisation et de déchristianisation de la culture progressent relativement rapidement. Je voudrais aborder quatre thèmes qui m’ont frappé lors de la lecture d’Instrumentum laboris (IL). 

L’inclusion, telle que préconisée par l’ ONU est définie fait référence exclusivement à l’inclusion des personnes non binaires dans la société et à la reconnaissance de la nature humaine comme non binaire. Ce terme ne fait pas partie du vocabulaire classique de la théologie chrétienne. Dans un sens, il remplace le concept de péché et de conversion dans le texte de l’IL et fait donc partie de l’idéologie du relativisme moral. Cela soulève la question suivante : est-il approprié que l’Église – à la recherche d’un nouveau langage pour communiquer avec les gens d’aujourd’hui – adopte des termes issus du langage politique de l’ONU, qui ont souvent une idéologie derrière eux ? Il existe encore plus de termes idéologisés de ce type en IL.

Qu’est-ce qui vous inquiète d’autre ?

Deuxièmement, la discussion synodale semble avoir été essentiellement axée sur le pouvoir. Ici aussi, il y a des associations avec le domaine politique : il s’agit de la démocratisation de l’Église, mais l’Église est par nature hiérarchique. Il n’y a également aucune raison pour que son organisation s’adapte au système politique le plus populaire à une époque donnée. L’adoption de termes issus de la science politique comporte le risque de créer dans l’Église une structure « parallèle à celle fondée dans le sacrement de l’Ordo » (ChL 23). Cela est dû à la croyance erronée que seul ce qui vient du sacrement de l’ordre est digne et précieux dans l’Église ; que les laïcs n’ont de valeur que lorsqu’ils ont accès aux mêmes privilèges que les prêtres et les évêques. Il s’agit ici d’une confusion conceptuelle : la catégorie théologique de « ministère » est remplacée par la catégorie sociologique d’« élite », et la perspective verticale du salut et de la sainteté est obscurcie par la perspective horizontale du pouvoir. Se concentrer sur le pouvoir et la fonction plutôt que sur la nature servile de la prêtrise ne peut pas seulement se réduire au cléricalisme, mais aussi à la cléricalisation des laïcs sous couvert de promotion des laïcs.

Troisièmement, l’idée de disperser l’autorité enseignante en en déléguant une partie à des assemblées continentales ou à des groupes d’églises locales aux dépens de l’autorité papale apparaît dans l’IL.

Quatrièmement, il faut s’attendre à ce que le Synode tente de remettre en question l’enseignement catholique sur la contraception, même si cette question n’est pas directement abordée dans l’IL. Tout le monde dans l’Église ne réalise pas qu’avec la pilule hormonale orale à double médicament, changer l’enseignement sur la contraception équivaudrait à changer l’enseignement sur l’avortement. Parce que la pilule est potentiellement abortive. 

Partout où apparaît le mot « synode », l’Église allemande n’est pas loin. En février, vous avez envoyé une lettre ouverte au président de la Conférence épiscopale allemande, Mgr Georg Bätzing. Feriez-vous ça à nouveau ? Leur relation est-elle toujours intacte malgré les différences théologiques ?

Cette lettre est toujours d’actualité et j’encourage les évêques, prêtres et laïcs allemands à la lire. Bien sûr, en tant que berger, j’entretiens une relation fraternelle avec Mgr George ; c’est une personne très sympathique. La fraternité dans la foi et dans l’épiscopat nous rend coresponsables de l’Église, non seulement dans notre diocèse ou dans notre pays, mais aussi de l’Église universelle. C’est la raison de ma lettre. Cependant, la fraternité ne nous donne pas une base pour prendre des décisions à la place des frères, mais seulement pour signaler les risques que peuvent entraîner de mauvaises décisions pastorales et une confusion doctrinale. 

Presque tous les problèmes de l’Église en Allemagne se sont produits pendant les pontificats de Jean-Paul II et de Benoît XVI. abordée. Alors les exhortations fraternelles actuelles des autres évêques sont-elles vraiment une bonne chose ?

Nous avons eu, après Vatican II, une continuation de la compréhension extrême de la réforme, par exemple aux Pays-Bas, qui, selon les mots du cardinal Willem Eijk, a conduit à la destruction de l’Église dans ce pays. Plus tard, il y a eu le mouvement « Nous sommes l’Église ». A l’époque de saint Jean-Paul II, l’impact de ce mouvement ne s’étendait pas au-delà de l’espace germanophone. Malheureusement, il semble que l’Église allemande traverse aujourd’hui la plus grande crise depuis la Réforme. Il existe un grand danger qu’une réforme mal comprise du christianisme conduise une fois de plus à une scission au sein de l’Église qui s’étendrait aux pays voisins. Les autres évêques devraient-ils y être indifférents simplement parce qu’ils ne sont pas allemands ? Il est important de bien comprendre le sens de la correction fraternelle. Certains peuvent l’associer à l’exaltation des uns sur les autres, mais nous le faisons avec des larmes. Le Christ a pleuré sur Jérusalem, accompagné de paroles d’incapacité à discerner correctement les signes des temps. Je ne parle pas non plus du point de vue d’une Église qui n’a pas ses propres problèmes.

« Il existe un grand danger qu’une
réforme mal comprise du christianisme conduise une fois de plus
à une scission au sein de l’Église qui s’étendrait aux pays voisins. »

En Allemagne, tous les évêques affirment qu’ils ne sont pas des hérétiques lorsqu’ils cherchent à changer la doctrine, mais qu’il existe une fidélité dynamique à la tradition selon laquelle l’Église doit toujours se renouveler.

Tout baptisé a le droit de connaître la véritable interprétation de l’enseignement catholique. L’évêque, quant à lui, est celui qui a la responsabilité d’assurer cela. Existe-t-il une « fidélité dynamique à la tradition » ? Saint Vincent de Lérin écrivait que seul un homme « jaloux des hommes et haïssant Dieu » pouvait affirmer qu’il n’y a pas de progrès dans la foi dans l’Église. Pour Vincent, la tradition est une fidélité à l’essentiel et un approfondissement constant de la compréhension de la doctrine. La tradition n’est donc pas un fossile. Le problème n’est donc pas la dynamique elle-même, mais la question de savoir si elle est humaine ou divine.

Qu’est-ce qui justifie alors une réforme ?

Dans son livre « Vraies et fausses réformes dans l’Église », Yves Congar cite quatre conditions pour une « réforme sans schisme ». Ce sont : la primauté de l’amour et du facteur pastoral, rester en communion avec le tout, la patience et la prise en compte du temps de maturation, le renouveau par le retour au principe de tradition et non par l’introduction d' »innovations » par ajustement mécanique. Jean Guitton écrit : « Il y a deux et seulement deux méthodes pour établir une alliance entre tradition et contemporain, entre ancien et nouveau, entre vérité et conscience… ». La première commence par la théologie afin de chercher la bonne réponse aux questions posées dans les sciences sociales. La seconde part des sciences sociales et se trouve donc exposée à la tentation d’adapter la théologie aux besoins de la sociologie. Je crains qu’aujourd’hui nous ayons trop de réformateurs qui partent de la sociologie. La vraie réforme ne vient pas d’un manque de foi, mais d’un excès de foi et de fidélité.

En tant que bibliste, comment évaluez-vous le développement de la théologie universitaire en Allemagne ? 

La théologie académique en Allemagne a produit de nombreux théologiens remarquables. Mais avec Vladimir Soloviev, nous avons déjà la figure de l’Antéchrist, qui fait son doctorat en théologie dans une université allemande renommée. Il est donc important de ne pas effacer toutes les réalisations précieuses de la théologie allemande et en même temps de ne pas fermer les yeux sur les déficiences intellectuelles. Personnellement, je suis très reconnaissant pour les réalisations intellectuelles de Joseph Ratzinger/Benoît XVI, dont l’œuvre complète a été publiée en polonais. 

Pourquoi l’académisation de la théologie n’a-t-elle pas conduit à une réflexion plus profonde sur la foi, mais plutôt à la peur de la connectivité sociale ? 

L’un des principaux problèmes de la théologie universitaire est sa déconnexion de la pastorale et de la responsabilité pastorale. Parce que la théologie concerne en fin de compte le salut humain. Une parole prononcée par un théologien peut déterminer le salut ou la damnation d’une personne en particulier. C’est pourquoi les professeurs de théologie doivent être en contact permanent avec la pastorale. Le deuxième problème est l’enracinement des facultés de théologie dans l’Église elle-même : il arrive parfois que les facultés de théologie n’agissent pas au nom de l’Église, mais uniquement selon leur propre « disposition ». Un autre problème est la fragmentation des connaissances universitaires. Des professeurs de plus en plus spécialisés se considèrent souvent comme des experts dans un domaine particulier, par exemple le petit orteil de l’enfant Jésus. Il y a aussi le complexe d’infériorité des théologiens par rapport à leurs collègues qui représentent d’autres disciplines du savoir. Un théologien présentant un complexe d’infériorité a un besoin intérieur de se prouver qu’il n’est pas inférieur à ses collègues des autres facultés, notamment des sciences sociales.

« L’un des principaux problèmes de la théologie académique
est sa déconnexion de la pastorale
et de la responsabilité pastorale »

Dans quelle mesure l’exigence selon laquelle l’Église doit s’adapter aux nouvelles découvertes scientifiques humaines est-elle justifiée ? 

Les nouvelles découvertes que vous évoquez en sciences humaines sont principalement des découvertes en sciences sociales. Prenons par exemple la théorie du genre. Dans les sciences de la vie, nous sommes certains qu’il n’existe que deux genres chez les mammifères et qu’il n’existe pas de troisième possibilité. Nous pouvons obtenir cette vision scientifique d’ Aristote , mais aussi de Richard Dawkins.ou Christiane Nüsslein-Volhard. Le problème est que les sciences sociales n’ont pas accès aux faits bruts et contiennent donc toujours un certain élément idéologique, qu’ils soient réalisés ou non, et d’un autre côté, elles ne sont pas infaillibles. La faillibilité des sciences sociales est étroitement liée à notre croyance dans la possibilité du progrès scientifique et donc à la remise en question des théories actuellement dominantes. 

Dans l’histoire de la science, il y a eu des théories « scientifiques » telles que le racisme et l’eugénisme. Le marxisme se présentait également comme une philosophie scientifique. Nous ne devons pas oublier que la principale source de notre connaissance religieuse sur l’homme est la Bible, avec sa théologie de la création et de la rédemption. Cela ne veut pas dire que notre connaissance et notre compréhension de l’humanité n’évoluent pas. Aujourd’hui, par exemple, nous sommes plus sensibles à la question de la dignité des femmes. Les acquis de la modernité peuvent également inclure une meilleure compréhension du monde des enfants et une sensibilisation accrue aux droits et responsabilités des enfants. Mais de nombreuses « découvertes » en sciences humaines ne sont que la conséquence d’une erreur anthropologique.

Dans une interview cet été, François a annoncé qu’il n’y aurait pas de changements doctrinaux lors du Synode des évêques, mais lors des JMJ, il a souligné que l’Église est pour tous. La pastorale progressera-t-elle sans des démarcations claires avec des phénomènes sociaux tels que l’agenda LGTB ? La stratégie « tout le monde peut parler de tout, à la fin c’est le Pape qui décide » fonctionne-t-elle ? Ou bien libère-t-elle des dynamiques et des attentes qui ne peuvent être vues et capturées à Rome ?

Il est peu probable que l’Église procède à des changements dogmatiques en mode synodal. Par ailleurs, il ne faut pas oublier que le Pape est le principal gardien de l’orthodoxie. Le problème réside plutôt dans la méthodologie, dans une certaine manière d’organiser la discussion synodale, dans laquelle chacun avait la possibilité de dire ce qu’il pensait. En conséquence, peu de paroles sages ou responsables ont été prononcées. 

Qu’entendez-vous par là spécifiquement ?

La dynamique et la manière dont les débats étaient organisés rappelaient parfois davantage celle de l’ONU que celle de l’Église catholique. Il appartient au Synode romain de trier et de rejeter tout ce qui, dans la discussion, était incompatible avec la révélation et la tradition de l’Église catholique. Contrairement à la démocratie, qui est la « voix du peuple », la synodalité doit être la voix de Dieu et écouter « ce que l’Esprit dit aux Églises ». 

Le thème des femmes dans l’Église : comment se déroule le débat en Pologne ? 

La question de l’ordination des femmes au sacerdoce fut enfin clarifiée par Jean-Paul II. « Tous les croyants de l’Église doivent finalement se conformer à cette décision », a écrit le pape. Le diaconat, entendu comme office, serait acceptable d’un point de vue dogmatique, mais il convient de noter que les arguments avancés dans la discussion en faveur d’une telle décision ne concernent généralement pas l’Évangile, la Tradition et le Magistère. de l’Église mais plutôt à l’égalité des sexes et à la non-discrimination, etc. Cela suggère qu’une décision sur le diaconat des femmes ne mettrait pas fin à ce conflit mais l’alimenterait plutôt. Au fil du temps, des appels à l’ordination des femmes à la prêtrise se sont fait entendre.

« La question de l’ordination des femmes au sacerdoce
a été enfin clarifiée par Jean-Paul II »

Pensez-vous que la réglementation spéciale allemande souhaitée pour les diaconats féminins selon la devise « Église à deux vitesses » puisse être mise en œuvre ? Pensez-vous que des mesures disciplinaires contre les évêques qui rejettent et portent atteinte à l’« Ordinatio sacerdotalis » sont nécessaires ? 

L’expression « église à deux vitesses » est une autre tentative en théologie d’adopter un terme issu de la science politique. Nous avons entendu parler à maintes reprises du projet « Europe à deux vitesses ». Dans le débat sur l’UE, ce concept a été abandonné lorsqu’il est devenu clair qu’il conduirait finalement à une Europe divisée plutôt qu’unie. Je pense que c’est aussi un argument pour être plus prudent quant au recours à la science politique en théologie. Dans l’Église catholique, il existe une grande variété de rites, de langues liturgiques ou de coutumes extra-ecclésiales. Quand on parle de rites multiples, on pense à une diversité différente. Je crains qu’il ne s’agisse ici d’une diversité dogmatique, ce qui signifierait qu’une église est orthodoxe et l’autre hérétique. La foi catholique ne permet pas de prêcher l’hérésie.

En juillet de cette année, vous étiez en Ukraine – ce n’était pas la première fois – pour un pèlerinage de pardon et de réconciliation polono-ukrainienne. Que faut-il pour que la paix vienne à l’Est ?

Si nous connaissions la recette de la paix, nous tenterions déjà de la mettre en œuvre. Le problème, c’est la Russie impériale, qui est plongée dans une sorte de guerre presque continuellement depuis l’effondrement de l’Union soviétique. Cette fois, il nie au peuple ukrainien son droit à l’existence, ce qui, dans le langage du droit international, est qualifié de crime de génocide. En outre, l’ Église orthodoxe russe est impliquée dans la guerre contre l’Ukraine. La Russie cherche à unir les peuples d’Europe centrale pour poursuivre la politique menée par Pierre Ier, Catherine II , Lénine ou Staline . La Russie sera-t-elle un jour différente ? Je ne sais pas ce qui doit se passer pour que l’esprit russe change. 

Comment avez-vous évalué la communication du Vatican ici ?

Du point de vue du Vatican, la maladresse est et était l’erreur de symétrie : l’égalité de traitement de l’agresseur et de la victime. Cela semble être une répétition des erreurs de la politique orientale du Vatican à l’époque communiste, contre lesquelles le cardinal Wyszynski a vivement protesté. Nous savons que si la Russie gagne la guerre en Ukraine, elle n’abandonnera pas sa quête pour restaurer la sphère d’influence de l’Union soviétique. Nous aurons donc bientôt une autre guerre en Europe.

Source : DIE TAGESPOST, le 23 septembre 2023

Notre Dame de la Merci veut délivrer les captifs des sarrasins

iStock/Getty Images Plus/gianluigibec77 Détail de la statue surplombant la basilique Notre-Dame-de-la-Merci à Barcelone, maison mère de l’ordre fondé par saint Pierre Noslaque.

Notre Dame de la Merci veut délivrer les captifs des sarrasins

C’était au temps où la plus vaste et la plus belle partie de l’Espagne était soumise au joug barbare des Sarrasins. D’innombrables fidèles, retenus dans une captivité douloureuse, étaient grandement exposés à renier la foi chrétienne et à compromettre leur salut éternel. La bienheureuse Reine du ciel, voulant apporter remède à des maux si grands et si nombreux, manifesta sa très ardente charité pour leur délivrance.

Saint Pierre Nolasque, renommé par sa piété autant que par ses richesses, se livrait à de saintes méditations, et s’ingéniait sans cesse à découvrir comment il pourrait adoucir les épreuves d’un si grand nombre de Chrétiens, soumis à la domination des Maures. La bienheureuse Vierge lui apparut elle-même avec un visage bienveillant et lui fit connaître combien il serait agréable à son Fils unique et à elle-même, s’il fondait en son honneur un Ordre religieux ayant pour but d’arracher les captifs à la tyrannie des Turcs.

La même nuit, la très sainte Vierge apparut aussi au bienheureux Raymond de Pennafort et à Jacques, roi d’Aragon, leur donnant avis d’instituer un Ordre religieux, et leur persuadant de concourir par leur fortune à la fondation d’une si belle œuvre.

Après en avoir conféré entre eux, tous trois tombèrent d’accord, et entreprirent de fonder un institut en l’honneur de la Vierge Mère, sous le vocable de sainte Marie de la Merci ou de la rédemption des captifs (les Mercédaires). Ceux qui voulaient en faire partie devaient s’engager, par un quatrième vœu, à rester comme otages au pouvoir des païens, si la délivrance des Chrétiens l’exigeait.

Dieu lui-même, par l’intermédiaire de la Vierge-Mère, donna l’accroissement à cette œuvre, car elle se répandit avec beaucoup de rapidité et de succès sur toute la surface de la terre, et vit fleurir des héros de sainteté, des hommes d’une charité et d’une piété incomparables, se dévouant à recueillir les aumônes des Chrétiens pour racheter leurs frères, et à se donner souvent eux-mêmes comme rançon pour délivrer un grand nombre de captifs.

www.medias-presse.info

Prions :

Je vous salue Marie, pleine de grâce ;
Le Seigneur est avec vous.
Vous êtes bénie entre toutes les femmes
Et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni.
Sainte Marie, Mère de Dieu,
Priez pour nous pauvres pécheurs,
Maintenant et à l’heure de notre mort.

Amen

Source : une minute avec Marie

24.09.2023 – SAINT DU JOUR

St Gérard Sagredo

St Gérard Sagredo

ÉVÊQUE ET MARTYR († 1046)

Saint Gérard Sagredo
Évêque de Csanad et martyr
(*Venise, 23 avril 980 – † Pest (Hongrie), 24 septembre 1046)

Bénédictin vénitien du monastère San Giorgio, Gérard Sagredo se rendait en Terre sainte lorsque le roi Étienne le retint en Hongrie et lui confia l’éducation de son fils Émeric. 
En 1030, il devint le premier évêque du diocèse de Csanad, fondé par le roi au sud-est du pays, et il l’organisa avec l’aide des moines bénédictins.
Il évangélisa des populations aux mœurs encore barbares, en s’appuyant sur la liturgie pour instruire les fidèles et les amener à la piété, et sur la dévotion envers la Vierge Marie. 

Il mourut martyr, à Budapest, le 24 septembre 1046, pour avoir pris parti pour l’héritier du trône contre un usurpateur. Sur la colline qui porte son nom aujourd’hui, il succomba, lapidé et percé de coup de javelots. Budapest, dont il est le saint patron, lui a érigé une immense statue.
Il a été canonisé par saint Gregoire VII (Ildebrando Aldobrandeschi, 1073-1085) en 1083.

Saint Gérard Sagredo priez pour nous !

Koekelberg (23 septembre – 8 octobre) : Quinze jours avec Thérèse

Quinze jours avec Thérèse

A l’occasion du double anniversaire célébré en 2023, un programme particulièrement riche et varié est organisé pendant quinze jours autour du 1er octobre, fête de Ste Thérèse. Des activités pour jeunes, familles et tout public prendront place du 23 septembre au 8 octobre 2023. Les reliques de la Carmélite prêtées par Lisieux seront pendant tout ce temps à la Basilique de Koekelberg (petite exception : le jeudi 28 septembre elles voyageront entre 15h30 et 21h30).

Prier Ste Thérèse et lui demander son intercession, comme c’est le cas lors des soirée Pétales de roses.

PENDANT TOUTE LA QUINZAINE
  • possibilité de vénérer les reliques de sainte Thérèse – heures d’ouverture de 8h à 18h. (sauf le jeudi 28 septembre, les reliques seront parties après 15h30)
  • Exceptionnellement, la nuit du 29 au 30 septembre, une nuit de prière suivra la soirée de guérison
  • exposition photos et textes « brûlure d’amour » prêtée par les Amis du Carmel de Lisieux (visite accompagnée à 10h FR, 14h NL, 15h FR, 16h FR).
  • vêpres à 17h
  • confessions de 14h30 à 17h
ÉVÉNEMENTS PHARES
 THÉRÈSE VIENT REJOINDRE CHACUN

Source : THÉRÈSE2023.BE

24.09.2023 – ÉVANGILE DU JOUR

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 20,1-16a.

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples cette parabole : « En effet, le royaume des Cieux est comparable au maître d’un domaine qui sortit dès le matin afin d’embaucher des ouvriers pour sa vigne.
Il se mit d’accord avec eux sur le salaire de la journée : un denier, c’est-à-dire une pièce d’argent, et il les envoya à sa vigne.
Sorti vers neuf heures, il en vit d’autres qui étaient là, sur la place, sans rien faire.
Et à ceux-là, il dit : “Allez à ma vigne, vous aussi, et je vous donnerai ce qui est juste.”
Ils y allèrent. Il sortit de nouveau vers midi, puis vers trois heures, et fit de même.
Vers cinq heures, il sortit encore, en trouva d’autres qui étaient là et leur dit : “Pourquoi êtes-vous restés là, toute la journée, sans rien faire ?”
Ils lui répondirent : “Parce que personne ne nous a embauchés.” Il leur dit : “Allez à ma vigne, vous aussi.”
Le soir venu, le maître de la vigne dit à son intendant : “Appelle les ouvriers et distribue le salaire, en commençant par les derniers pour finir par les premiers.”
Ceux qui avaient commencé à cinq heures s’avancèrent et reçurent chacun une pièce d’un denier.
Quand vint le tour des premiers, ils pensaient recevoir davantage, mais ils reçurent, eux aussi, chacun une pièce d’un denier.
En la recevant, ils récriminaient contre le maître du domaine :
“Ceux-là, les derniers venus, n’ont fait qu’une heure, et tu les traites à l’égal de nous, qui avons enduré le poids du jour et la chaleur !”
Mais le maître répondit à l’un d’entre eux : “Mon ami, je ne suis pas injuste envers toi. N’as-tu pas été d’accord avec moi pour un denier ?
Prends ce qui te revient, et va-t’en. Je veux donner au dernier venu autant qu’à toi :
n’ai-je pas le droit de faire ce que je veux de mes biens ? Ou alors ton regard est-il mauvais parce que moi, je suis bon ?”
C’est ainsi que les derniers seront premiers, et les premiers seront derniers. »

Acclamons et partageons la parole de Dieu !

COMMENTAIRE :

Saint Éphrem (v. 306-373)

diacre en Syrie, docteur de l’Église

Commentaire de l’Évangile concordant, 15, 15-17; SC 121 (trad. L. Leloir; Éd. du Cerf 1966; p. 273 rev.)

« N’ai-je pas le droit de disposer de mes biens comme il me plaît ? »

Ces hommes étaient prêts à travailler mais « personne ne les avait embauchés » ; ils étaient laborieux, mais oisifs par manque de travail et de patron. Ensuite, une voix les a embauchés, une parole les a mis en route et, dans leur zèle, ils n’ont pas convenu d’avance du prix de leur travail comme les premiers. Le maître a évalué leurs travaux avec sagesse et les a payés autant que les autres. Notre Seigneur a prononcé cette parabole pour que personne ne dise : « Puisque je n’ai pas été appelé pendant ma jeunesse, je ne peux pas être reçu. » Il a montré que, quel que soit le moment de sa conversion, tout homme est accueilli… « Il sortit le matin, à la troisième, à la sixième, à la neuvième et à la onzième heure » : on peut comprendre cela du début de sa prédication, puis du cours de sa vie jusqu’à la croix, parce que c’est « à la onzième heure » que le larron est entré dans le Paradis (Lc 23,43). Pour qu’on n’incrimine pas le larron, notre Seigneur affirme sa bonne volonté ; si on l’avait embauché, il aurait travaillé, mais « personne ne nous a embauchés. » Ce que nous donnons à Dieu est bien indigne de lui, et ce qu’il nous donne bien au-delà de ce que nous méritons. On nous embauche pour un travail proportionné à nos forces, mais on nous propose un salaire tout à fait disproportionné… Il agit de la même façon envers les premiers et les derniers ; « ils reçurent chacun une pièce d’argent » portant l’image du Roi. Tout cela signifie le pain de la vie (Jn 6,35), qui est le même pour tous ; le remède qui donne la vie est le même pour tous ceux qui le prennent. Dans le travail de la vigne, on ne peut pas reprocher au maître sa bonté, et on ne trouve rien à redire de sa droiture. Dans sa droiture, il a donné comme il avait convenu, et dans sa bonté, il s’est montré miséricordieux comme il l’a voulu. C’est pour enseigner cela que notre Seigneur a prononcé cette parabole, et il a résumé tout cela par ces mots : « N’ai-je pas le droit de faire ce que je veux dans ma maison ? »

LECTURES :

Livre d’Isaïe 55,6-9.

Cherchez le Seigneur tant qu’il se laisse trouver ; invoquez-le tant qu’il est proche.
Que le méchant abandonne son chemin, et l’homme perfide, ses pensées ! Qu’il revienne vers le Seigneur qui lui montrera sa miséricorde, vers notre Dieu qui est riche en pardon.
Car mes pensées ne sont pas vos pensées, et vos chemins ne sont pas mes chemins, – oracle du Seigneur.
Autant le ciel est élevé au-dessus de la terre, autant mes chemins sont élevés au-dessus de vos chemins, et mes pensées, au-dessus de vos pensées.

Psaume 145(144),2-3.8-9.17-18.

Chaque jour je te bénirai,
je louerai ton nom toujours et à jamais.
Il est grand, le Seigneur, hautement loué ;
à sa grandeur, il n’est pas de limite.

Le Seigneur est tendresse et pitié,
lent à la colère et plein d’amour ;
la bonté du Seigneur est pour tous,
sa tendresse, pour toutes ses œuvres.

Le Seigneur est juste en toutes ses voies,
fidèle en tout ce qu’il fait.
Il est proche de ceux qui l’invoquent,
de tous ceux qui l’invoquent en vérité.

Lettre de saint Paul Apôtre aux Philippiens 1,20c-24.27a.

Frères, soit que je vive, soit que je meure, le Christ sera glorifié dans mon corps.
En effet, pour moi, vivre c’est le Christ, et mourir est un avantage.
Mais si, en vivant en ce monde, j’arrive à faire un travail utile, je ne sais plus comment choisir.
Je me sens pris entre les deux : je désire partir pour être avec le Christ, car c’est bien préférable ;
mais, à cause de vous, demeurer en ce monde est encore plus nécessaire.
Quant à vous, ayez un comportement digne de l’Évangile du Christ.

23.09.2023 – RENCONTRES MÉDITÉRANÉENNES À MARSEILLE

En images, la deuxième journée du Pape François à Marseille

La journée du samedi 23 septembre du Pape François dans la cité phocéenne a été axée autour de trois rendez-vous : les personnes en difficulté tôt le matin dans un quartier pauvre de Marseille ; un important discours pour la session conclusive des Rencontres méditerranéennes ; et la messe devant 50 000 fidèles au Stade vélodrome.

Le détour de François dans l’un des quartiers les plus pauvres de France

François à Marseille, samedi 23 septembre, dans la Maison des Missionnaires de la Charité. (Vatican Media)

Le détour de François dans l’un des quartiers les plus pauvres de France

Pour sa seconde journée dans la Cité phocéenne, samedi 23 septembre, avant de se rendre à la clôture des Rencontres méditerranéennes, François est allé dans l’arrondissement de Saint-Mauront, l’un des plus pauvres de France, dans la Maison des Missionnaires de la Charité, pour rencontrer des personnes en situation de précarité.

«Merci pour votre accueil. Nous sommes tous frères, c’est important», a d’emblée lancé le Souverain pontife à la petite foule qui l’attendait dans le troisième arrondissement de Marseille, une trentaine de personnes issues de familles en situation de précarité, accueillie par la congrégation fondée en 1950 par Mère Teresa. 

«Au-delà des pensées politiques ou religieuses, nous sommes tous frères.», a répété le Souverain pontife. 

«Le quartier dans lequel nous étions est un des quartiers les plus pauvres d’Europe. C’est le quartier le plus pauvre de Marseille», commente Anne Giraud, responsable de la pastorale diocésaine des migrants à Marseille, au micro de Delphine Allaire, «Donc le fait qu’il ait pu venir dans ce quartier là, c’est quand même extrêmement significatif.»

«Nous étions dans une petite cour en béton au milieu d’une cité. Il n’y avait pas de choses mirobolantes.Il y avait des personnes qui étaient là, qui se rencontraient, qui étaient heureuses de se parler.», note Anne Giraud.

Selon le rapport 2020 de l’Observatoire des inégalités, avec un taux de pauvreté de 53,4%, le troisième arrondissement de Marseille compte près de 25 000 personnes pauvres.

François avec les soeurs missionnaires de la Charité, samedi 23 setpembre à Marseille.

François avec les soeurs missionnaires de la Charité, samedi 23 setpembre à Marseille.

Avant de quitter l’archevêché, Français a reçu le vice-président de la Commission européenne, Margaritis Schinas, et a rencontré des représentants d’ONG impliquées dans le sauvetage des migrants en Méditerranée.

Suite de la journée

Le Pape a ensuite rejoint l’amphithéâtre du Palais du Pharo, promontoire du Vieux-Port où 900 personnes, dont les 70 évêques et les 70 jeunes de la Méditerranée, écouteront son discours-clé du voyage. Le président Macron, la Première dame Brigitte Macron, le maire de Marseille, Benoit Payan, et d’autres sommités civiles, ecclésiales et politiques seront dans l’assemblée.

François et Emmanuel Macron se rencontreront ensuite en privé dans le salon d’honneur du Pharo, pour la quatrième fois depuis 2017. Leur relation est décrite par le Saint-Siège comme «cordiale et familière». Après un déjeuner à l’archevêché, le Pape François rejoindra le stade Vélodrome pour la messe votive en l’honneur de la Vierge de la Garde. Il effectuera un tour de la grande avenue du Prado en papamobile découverte à partir de la statue du David marseillais, réplique du célèbre David de Michel-Ange en marbre de Carrare à Florence.

Messe pontificale en français, homélie en italien

À 16h15, début de la messe célébrée en français. L’homélie du Pape sera prononcée en italien, avec des sous-titres disponibles sur écrans géants. Le président de la République française, la Première dame, et le ministre français de l’Intérieur et des cultes assisteront à la messe pontificale. Le Saint-Père décollera de Marseille-Provence à 19h15 et atterrira à Rome à 20h50, donnant sa traditionnelle conférence de presse à bord de l’avion.

Source : VATICANNEWS, le 23 septembre 2023