23.09.2023 – ÉVANGILE DU JOUR

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 8,4-15.

En ce temps-là, comme une grande foule se rassemblait, et que de chaque ville on venait vers Jésus, il dit dans une parabole :
« Le semeur sortit pour semer la semence, et comme il semait, il en tomba au bord du chemin. Les passants la piétinèrent, et les oiseaux du ciel mangèrent tout.
Il en tomba aussi dans les pierres, elle poussa et elle sécha parce qu’elle n’avait pas d’humidité.
Il en tomba aussi au milieu des ronces, et les ronces, en poussant avec elle, l’étouffèrent.
Il en tomba enfin dans la bonne terre, elle poussa et elle donna du fruit au centuple. » Disant cela, il éleva la voix : « Celui qui a des oreilles pour entendre, qu’il entende ! »
Ses disciples lui demandaient ce que signifiait cette parabole.
Il leur déclara : « À vous il est donné de connaître les mystères du royaume de Dieu, mais les autres n’ont que les paraboles. Ainsi, comme il est écrit : ‘Ils regardent sans regarder, ils entendent sans comprendre.’
Voici ce que signifie la parabole. La semence, c’est la parole de Dieu.
Il y a ceux qui sont au bord du chemin : ceux-là ont entendu ; puis le diable survient et il enlève de leur cœur la Parole, pour les empêcher de croire et d’être sauvés.
Il y a ceux qui sont dans les pierres : lorsqu’ils entendent, ils accueillent la Parole avec joie ; mais ils n’ont pas de racines, ils croient pour un moment et, au moment de l’épreuve, ils abandonnent.
Ce qui est tombé dans les ronces, ce sont les gens qui ont entendu, mais qui sont étouffés, chemin faisant, par les soucis, la richesse et les plaisirs de la vie, et ne parviennent pas à maturité.
Et ce qui est tombé dans la bonne terre, ce sont les gens qui ont entendu la Parole dans un cœur bon et généreux, qui la retiennent et portent du fruit par leur persévérance. »

Acclamons et partageons la parole de Dieu !

COMMENTAIRE :

Saint Jean Chrysostome (v. 345-407)

prêtre à Antioche puis évêque de Constantinople, docteur de l’Église

Sermon n° 44 sur St Matthieu  ; PG 57, 467 (in L’Évangile commenté par les Pères; trad. Maurice Véricel; Éd. Ouvrières 1965, p. 140)

« Celui qui a des oreilles pour entendre, qu’il entende »

Si la semence sèche, ce n’est pas à cause de la chaleur. Jésus n’a pas dit qu’elle a séché à cause de la chaleur, mais « faute de racine ». Si la parole est étouffée, cela ne vient pas des épines, mais de ceux qui les ont laissé pousser en liberté. Avec de la volonté, tu peux les empêcher de pousser, tu peux faire de la richesse un usage convenable. C’est pour cela que le Sauveur parle non du « monde » mais du « souci du monde », non de « la richesse » mais de la « séduction de la richesse ». N’accusons donc pas les choses elles-mêmes, mais la corruption de notre conscience. (…) Ce n’est pas le cultivateur, tu le vois, ce n’est pas la semence, c’est la terre où elle est reçue qui explique tout, c’est-à-dire les dispositions de notre cœur. Là aussi la bonté de Dieu pour l’homme est immense, puisque, loin d’exiger une même mesure de vertu, il accueille les premiers, ne repousse pas les seconds et donne une place aux troisièmes. (…) Il faut donc d’abord écouter la Parole avec attention, puis la garder fidèlement en mémoire, puis être plein de courage, puis mépriser la richesse et se délivrer de l’amour de tous les biens du monde. Si Jésus met l’attention pour la Parole au premier rang et avant toutes les autres conditions, c’est qu’elle est la condition nécessaire. « Comment croire sans d’abord l’entendre ? » (Rm 10,14) Et nous aussi, si nous ne faisons pas attention à ce qui nous est dit, nous ne connaîtrons pas les devoirs à remplir. Après seulement viennent le courage et le mépris des biens du monde. Pour mettre à profit ces leçons, fortifions-nous de toute façon : soyons attentifs à la Parole, poussons profondément nos racines et débarrassons-nous de tout le souci du monde.

LECTURES :

Première lettre de saint Paul Apôtre à Timothée 6,13-16.

Bien-aimé, en présence de Dieu qui donne vie à tous les êtres, et en présence du Christ Jésus qui a témoigné devant Ponce Pilate par une belle affirmation, voici ce que je t’ordonne :
garde le commandement du Seigneur, en demeurant sans tache, irréprochable jusqu’à la Manifestation de notre Seigneur Jésus Christ.
Celui qui le fera paraître aux temps fixés, c’est Dieu, Souverain unique et bienheureux, Roi des rois et Seigneur des seigneurs ;
lui seul possède l’immortalité, habite une lumière inaccessible ; aucun homme ne l’a jamais vu, et nul ne peut le voir. À lui, honneur et puissance éternelle. Amen.

Psaume 100(99),1-2.3.4-5.

Acclamez le Seigneur, terre entière,
servez le Seigneur dans l’allégresse,
venez à lui avec des chants de joie !

Reconnaissez que le Seigneur est Dieu :
il nous a faits, et nous sommes à lui,
nous, son peuple, son troupeau.

Venez dans sa maison lui rendre grâce,
dans sa demeure chanter ses louanges ;
rendez-lui grâce et bénissez son nom !

Oui, le Seigneur est bon,
éternel est son amour,
sa fidélité demeure d’âge en âge.

Haut-Karabakh : la « destruction » des Arméniens de souche est imminente, avertissent les experts

Le ministre arménien des Affaires étrangères, Ararat Mirzoyan, s’exprime lors d’une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU sur le Haut-Karabakh au siège des Nations Unies, le 21 septembre 2023, à New York. Le Conseil de sécurité a tenu une réunion d’urgence pour discuter de la situation entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan dans le Haut-Karabakh. | Crédit photo : Michael M. Santiago/Getty Images

La « destruction » des Arméniens de souche est imminente, avertissent les experts

Haut-Karabakh

21 septembre 2023

La « destruction » d’une enclave de 120 000 chrétiens arméniens dans la région du Haut-Karabakh est imminente, avertit Siobhan Nash-Marshall, une militante des droits de l’homme basée aux États-Unis.

« L’impact des récentes attaques et du désarmement qui s’ensuit aboutira presque certainement à la destruction du peuple de l’Artsakh », a déclaré Mme Nash-Marshall à CNA.

En 2011, Mme Nash-Marshall a fondé la Christians in Need Foundation (CINF) pour aider les chrétiens arméniens de la région et, en 2020, elle a créé une école pour les enfants et les adultes du Haut-Karabakh.

Mme Nash-Marshall a déclaré qu’à mesure que le gouvernement azéri cherche à affirmer son contrôle sur le Haut-Karabakh, également connu sous le nom d’Artsakh, les Arméniens de souche seront expulsés par la force.

« Il y a des Artsakhtsi qui ne quitteront pas leur patrie, ces terres que leur peuple habite depuis des millénaires. Ils seront expulsés de force ou pire », a déclaré M. Nash-Marshall.

Pour les Arméniens qui choisissent de partir, Nash-Marshall a déclaré qu’ils « porteront des cicatrices permanentes semblables à celles des descendants des survivants du génocide ».

Que s’est-il passé ?

Bien que reconnu internationalement comme faisant partie de l’Azerbaïdjan, le Haut-Karabakh est composé presque entièrement d’Arméniens chrétiens qui revendiquent leur souveraineté sous les auspices de la République d’Artsakh.

Mercredi, les Arméniens de souche de la région séparatiste du Haut-Karabakh ont accepté de déposer les armes et de dissoudre leurs forces militaires à la suite d’une offensive brève mais intense de l’Azerbaïdjan le 19 septembre.

Les attaques, qui comprenaient des tirs de roquettes et de mortiers, ont été perpétrées par l’Azerbaïdjan sous la direction du président Ilham Aliyev.

En un peu plus d’une journée, plus de 200 chrétiens arméniens ont été tués, dont 10 civils, et de nombreux autres ont été blessés, a rapporté le New York Times.

Selon le ministère des affaires étrangères de l’Artsakh, les attaques ont également contraint plus de 10 000 personnes, dont des femmes, des enfants et des personnes âgées, à évacuer leur domicile.

Ruben Vardenyan, ancien ministre d’État de l’Artsakh, a appelé le Conseil de sécurité des Nations unies, qui se réunira jeudi après-midi, à prendre des « mesures concrètes » pour protéger les chrétiens arméniens du Haut-Karabakh.

« Le Conseil de sécurité des Nations unies doit aller au-delà des simples appels à l’action. Finis les discours creux, nous avons besoin de mesures concrètes », a déclaré M. Vardenyan dans un communiqué publié jeudi X. « Actuellement, 120 000 Arméniens sont confrontés à une situation désastreuse, avec des centaines de morts, de blessés et de disparus. « Actuellement, 120 000 Arméniens sont confrontés à une situation désastreuse, avec des centaines de morts, de blessés et de disparus. Nous demandons de toute urgence l’envoi d’une mission de l’ONU dans l’Artsakh/Nagorno-Karabakh ».

M. Vardenyan a déclaré que sans l’aide de la communauté internationale, « le risque d’un nettoyage ethnique massif augmentera inévitablement ».

Le peuple arménien du Haut-Karabakh, qui n’est plus approvisionné en raison du blocus azéri du corridor de Lachin, a un besoin urgent de nourriture, de médicaments et de médecins.

« Il est impératif que vous agissiez maintenant ! a déclaré M. Vardenyan. « Nous vous implorons de montrer que les mots ont du poids et que l’agression et le recours à la force ne peuvent conduire à une paix durable. Les dictateurs doivent être tenus pour responsables des souffrances qu’ils infligent à l’humanité, et la haine dirigée contre un groupe ethnique, en l’occurrence les Arméniens, est inacceptable. »

Pourquoi ce conflit ?

L’Arménie et l’Azerbaïdjan se disputent la région du Haut-Karabakh depuis des décennies.

Depuis décembre 2022, l’unique route reliant le Haut-Karabakh à l’Arménie, connue sous le nom de corridor de Lachin, a été bloquée d’abord par des manifestants alignés sur l’Azerbaïdjan, puis par l’armée azerbaïdjanaise.

Ce blocus a entraîné ce que M. Vardenyan a précédemment qualifié de « catastrophe humanitaire », en raison d’une grave pénurie de nourriture et de produits de première nécessité.

Pour la première fois depuis novembre 2020, les tensions dans le Haut-Karabakh ont débouché sur un véritable conflit militaire mardi, l’Azerbaïdjan lançant des frappes de missiles et des offensives sur l’Artsakh.

Mme Nash-Marshall estime qu’il est probable que le gouvernement azerbaïdjanais poursuive son blocus du corridor de Lachin.

« Le blocus, à mon avis, était un moyen pour Aliyev. Il a enfermé les personnes qu’il voulait détruire », a déclaré Mme Nash-Marshall. « Maintenant qu’il a envahi les terres de ceux qu’il veut détruire, va-t-il ouvrir la porte de leur prison ?

Elle craint également que le succès des Azéris ne les encourage à entamer la construction d’une voie ferrée qui traverserait le corridor de Zangezur, dans la province arménienne de Syunik.

« Une autre partie de moi s’inquiète du précédent que constitue la violation du cessez-le-feu par Aliyev, à savoir le blocus de Lachin », a ajouté Mme Nash-Marshall. « Aliyev va-t-il commencer la construction du corridor de Zangezur à Syunik ?

Réunion d’urgence du Conseil de sécurité des Nations unies

Le Conseil de sécurité des Nations unies, à la demande de la France, a tenu une réunion d’urgence jeudi après-midi pour traiter du conflit du Haut-Karabakh.

Au cours de cette réunion, qui s’est tenue à New York, les représentants de 16 nations différentes, dont les États-Unis, la Russie et la Chine, ont condamné la violence qui s’est déchaînée au cours du conflit, en particulier la violence contre les civils.

Les représentants ont également salué le cessez-le-feu, mais ont souligné qu’il fallait faire davantage pour protéger les droits de l’homme des Arméniens du Haut-Karabakh.

Catherine Colonna, ministre française de l’Europe et des affaires étrangères, a déclaré que « ce qui est en jeu, c’est la possibilité pour le peuple arménien du Haut-Karabakh de pouvoir vivre dans le respect de ses droits, de son histoire et de sa culture ».

« La France a pris note de la déclaration faite hier par le Président Aliyev, affirmant sa volonté de vivre en paix avec les Arméniens du Haut-Karabakh et de préserver leurs droits », a déclaré M. Colonna.

Colonna a ajouté que « si l’Azerbaïdjan veut vraiment parvenir à une solution pacifique et négociée, il doit ici et maintenant fournir des garanties tangibles », notamment que l’Azerbaïdjan s’engage à ne pas utiliser la force meurtrière contre les Arméniens du Haut-Karabakh, à amnistier les autorités qui se sont rendues, à autoriser l’aide humanitaire internationale dans la région et, surtout, à « rétablir sans condition et sans délai le trafic sur le corridor de Lachin ».

Les ministres des affaires étrangères de l’Arménie, Ararat Mirzoyan, et de l’Azerbaïdjan, Jeyhun Bayramov, étaient également présents à cette réunion d’urgence. Les deux ministres ont accusé leurs nations respectives de violer le droit international et d’être responsables de la flambée de violence.

Malgré les demandes de la France, M. Bayramov n’a pas donné de garanties supplémentaires, se contentant de réitérer la position d’Aliyev selon laquelle le gouvernement azerbaïdjanais souhaite réintégrer pacifiquement la population du Haut-Karabakh au sein de l’Azerbaïdjan.

Comment la communauté internationale réagit-elle ?

S’adressant à plus de 15 000 personnes sur la place Saint-Pierre le 20 septembre, le pape François s’est dit troublé par les nouvelles qu’il avait reçues concernant le Haut-Karabagh, où « la situation humanitaire déjà critique est maintenant aggravée par de nouveaux affrontements armés ».

« Je lance un appel sincère à toutes les parties concernées et à la communauté internationale pour qu’elles fassent taire les armes et s’efforcent de trouver des solutions pacifiques pour le bien des populations et le respect de la dignité humaine », a déclaré le pape à la fin de l’audience générale de mercredi.

Au Congrès américain, le représentant Chris Smith, R-New Jersey, qui a convoqué une audition d’urgence sur la question du Haut-Karabakh au début du mois de septembre, a demandé au président Joe Biden de prendre des mesures immédiates pour aider les Arméniens de la région.

« Aujourd’hui plus que jamais, le président Biden doit immédiatement pousser le Conseil de sécurité des Nations unies à établir un mandat et une mission de maintien de la paix pour protéger les Arméniens vivant dans le Haut-Karabakh », a déclaré M. Smith dans un communiqué de presse publié mercredi.

« Le peuple du Haut-Karabakh se trouve dans une situation de grave danger », a-t-il poursuivi. « Ils ont été forcés de désarmer et d’abandonner leur indépendance à un dictateur impitoyable dont le gouvernement a commis à plusieurs reprises des abus horribles contre eux pendant de nombreuses années, a exprimé sa volonté de les nettoyer ethniquement, et a même initié un génocide par la famine avec le blocus du corridor de Lachin. »

« Tragiquement, le président azerbaïdjanais, Ilham Aliyev, a pris le bluff de l’administration Biden en disant qu’il ne tolérerait pas d’attaque », a ajouté M. Smith. « Je demande instamment au président Biden de dépêcher immédiatement des diplomates et des observateurs experts dans la région du Haut-Karabakh pour surveiller la situation et signaler immédiatement toute atrocité ou abus. Les Arméniens qui vivent dans le Haut-Karabakh ont, comme toujours, le droit de continuer à vivre dans leur ancienne patrie – et de le faire en toute sécurité.

Peter Pinedo est correspondant de CNA à Washington. Diplômé de l’Université franciscaine, Peter a travaillé auparavant pour Texas Right to Life. Il est premier lieutenant dans la réserve de l’armée américaine.

Source : CNA, le 21 septembre 2023

Pape François à Marseille: en pleine crise migratoire, une visite très politique

Le pape François, à son départ pour Marseille ce vendredi 22 septembre. TIZIANA FABI/AFP

De Jean-Marie Guénois sur le site du Figaro (via le blog Il Sismografo).

Récit – Le souverain pontife a insisté sur le fait qu’il ne venait «pas en France» mais dans la Cité phocéenne, où il arrive ce vendredi. — François est attendu ce vendredi à Marseille pour ce qui apparaît comme une «vraie-fausse» visite du pape en France. Cet aller-retour en Provence – mais «pas en France», a tellement insisté François – sera le plus atypique des quarante-quatre voyages de son pontificat. Pour aucune autre nation, le pape ne s’est livré à une telle contorsion afin de justifier le fait qu’il passe dans une métropole française sans venir «en France».

Il a pourtant visité cinquante-neuf pays… Le nôtre, où il se rend pour la seconde fois après sa visite express du Parlement européen à Strasbourg en novembre 2014, n’entre pas dans le compte de ses visites officielles d’État. Son voyage éclair en Alsace fut un aller-retour de moins de huit heures montre en main: Parti au petit matin, François était déjà à Rome en début d’après-midi après avoir déjeuné… dans l’avion.

La veille de son départ à Marseille, une source interne, de longue expérience et très informée des coulisses du Vatican, affirme que François «déteste la France», notamment en raison de son passé «de nation colonisatrice». La politique papale ne pouvant se fonder sur des humeurs et encore moins sur des rumeurs, Le Figaro avait posé directement la question à François dans l’avion du retour des Journées mondiales de la jeunesse de Lisbonne au Portugal, le 6 août dernier. Pour refuser ainsi de la visiter officiellement, le pape avait-il «quelque chose contre la France?» «Non!», avait aussitôt répondu François dans un grand sourire, avant d’expliquer sa «politique» de voyage: «Je visite les petits pays européens. Les grands pays, je le laisse pour après, à la fin.»

François, qui aura 87 ans en décembre, n’a jamais caché sa dévotion personnelle pour sainte Thérèse de l’Enfant Jésus. Qui sait s’il pense venir un jour à Lisieux? Le 15 août 2004, huit mois avant sa mort, Jean-Paul II s’était recueilli devant la grotte de Lourdes. Il s’agissait de son 104e et dernier voyage, le septième en France.

«La Méditerranée est un cimetière mais ce n’est pas le cimetière le plus grand»

François a justifié son déplacement dans la Cité phocéenne par sa participation à un colloque ecclésial sur la Méditerranée: «Le problème de la Méditerranée est un problème qui me préoccupe. C’est pour cela que je vais en France. Il est criminel d’exploiter des migrants. Pas en Europe parce que nous sommes plus civilisés mais dans les “Lager” (camps) d’Afrique du Nord» où sont retenus des migrants. Il a conclu: «Les évêques de la Méditerranée se réunissent avec des politiques pour réfléchir sérieusement sur ce drame des migrants. La Méditerranée est un cimetière mais ce n’est pas le cimetière le plus grand. Le cimetière le plus grand, c’est le nord de l’Afrique. Je vais à Marseille pour cela.»

François arrive à Marseille dans un contexte de crise sur l’île de Lampedusa, exposée à une arrivée massive de migrants. Par la voix de son ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, la France a annoncé mardi qu’elle n’accueillerait «aucun migrant de Lampedusa». Cette île italienne, située entre la Tunisie et la Sicile, tient au cœur du pape François. Elle fut la destination de son premier voyage papal en juillet 2013. Il y avait dénoncé la «mondialisation de l’indifférence» face à la mort de migrants en Méditerranée.

Ce même cri, il devrait le pousser spirituellement, ce vendredi en fin d’après-midi devant le Monument aux héros et victimes de la mer de Marseille, en compagnie de leaders d’autres religions et d’associations d’aide aux migrants.

Cet appel à la conscience, François devrait l’exprimer sur un mode politique et géopolitique, samedi matin lors des «Rencontres Méditerranéennes» dans le Palais du Pharo. Il s’exprimera devant une soixantaine d’évêques et soixante-dix «jeunes» issus des pays du pourtour méditerranéen. Au petit matin, il aura aussi rencontré des personnes dans la précarité, près de la gare Saint-Charles, une étape ajoutée à la dernière minute.

De fait, la première version du programme de cette visite dévoilée au printemps devait se limiter à la question migratoire. Initialement, ce voyage se déroulait sur le modèle de celui de Strasbourg: arrivé le samedi matin à Marseille, le souverain pontife prononçait son discours aux «Rencontres Méditerranéennes» avant de repartir en début d’après-midi à Rome.

Il a fallu toute la force de persuasion du cardinal Jean-Marc Aveline pour que François finisse par accepter de présider une messe au Stade-Vélodrome, samedi après-midi où près de 60.000 fidèles sont attendus. De même, il n’aurait pas rencontré les prêtres, religieux et religieuses de Marseille comme il doit le faire sitôt sa descente d’avion, vendredi à Notre-Dame-de-la-Garde. L’introduction de l’aspect religieux dans la seconde version du programme donne à cette «vraie-fausse» visite papale en France des similitudes avec le schéma habituel des déplacements pontificaux.

La visite polémique du couple Macron à la messe papale

Mais c’est un ultime caractère, politique celui-là, qui rapproche cette visite atypique d’une visite officielle, sans en être une pour autant. Cette dernière évolution du programme papale n’est pas venue du cardinal Aveline mais d’Emmanuel Macron.

S’il n’a pas obtenu tout ce qu’il désirait – il y aurait eu un projet de dîner en l’honneur de François le vendredi soir à Marseille, ce qui ne se fait pourtant jamais pour un pape – le président de la République a réussi à décrocher une petite heure de rencontre, en tête à tête, samedi en fin de matinée, avec photos, caméras et échange protocolaire de cadeaux comme s’il s’agissait d’une visite officielle. Un rendez-vous qui a tout chamboulé, contraignant le pape à arriver la veille à Marseille. Ce qu’il a accepté de bonne grâce même si le Vatican se méfie, par expérience et par principe, de la récupération possible, par les chefs d’État, de la présence d’un pape dans leur pays. François, en homme libre, déteste par-dessus tout être instrumentalisé, au Saint-Siège comme ailleurs. C’est l’une des raisons de son refus de visiter, pour l’heure, son Argentine natale.

En revanche, la surprise, vue de Rome, a été d’apprendre – sans jugement du Vatican car c’est une pratique courante lors des voyages – que le couple présidentiel assisterait à la messe papale. L’annonce, très tardive, a évidemment créé une polémique laïque en France. Elle a aussi posé une question pour la majorité des catholiques: beaucoup, comme François, sont opposés à une législation qui ouvrirait le droit de décider de sa propre mort. Cette «vraie-fausse» visite officielle du pape en France avive ainsi deux débats politiques cruciaux dans l’Hexagone: l’immigration et l’euthanasie.

Source : Figaro (via le blog Il Sismografo, le 22 septembre 2023

La parole de Jérusalem pour la Méditerranée

Vieille ville de Jérusalem, le 10 décembre 2017.

La parole de Jérusalem pour la Méditerranée

La voix particulière de Jérusalem résonne aux Rencontres méditerranéennes. Quatre jeunes de Terre sainte y sont représentés sur 70, et pour la première fois le vicaire latin du Patriarcat de la ville trois fois sainte, Mgr Rafic Nahra, prend part aux travaux épiscopaux. L’évêque auxiliaire de Jérusalem constate par ces riches journées d’échanges que l’État hébreu cristallise de façon concentrée et accrue les problèmes émergeants de toutes les autres rives. 

Delphine Allaire – Envoyée spéciale à Marseille, France

Vue de Terre sainte, que vous inspire la tenue des Rencontres méditerranéennes?

Les relations interreligieuses ne sont jamais simples. Au regard de nos difficultés, l’influence du politique sur l’interreligieux est un problème grave, car il bloque tout. J’aimerais que l’on discute de ces questions-là ensemble et je suis heureux qu’il y ait ici des jeunes.

Certainement ceux qui viennent à nos rencontres sont des jeunes de bonne volonté, mais de voir leur regard peut donner des idées quand l’on rentre chez soi. La question de la rencontre de l’autre est extrêmement concentrée en Israël; il y a la présence des migrants et des demandeurs d’asile, mais aussi la dimension œcuménique extrêmement forte. Toutes les Églises sont présentes, côte à côte, de petites communautés qui apprennent à vivre ensemble dans l’amitié. Vivre ensemble dans l’amitié, nous y arrivons, mais collaborer, il y a encore un effort à faire. Ces Rencontres méditerranéennes font office de petit laboratoire. 

Dans le contexte méditerranéen actuel, quelle est la voix particulière de Jérusalem?

C’est la ville d’où sont nées toutes les grandes religions monothéistes. En même temps, Jérusalem est le lieu qui montre de la façon la plus claire l’incapacité des hommes à s’accepter les uns les autres dans la différence. Comment le religieux, tout en gardant chacun fidèle à sa foi, sans syncrétisme, rapprochent les humains et ne les séparent pas? Jérusalem met à l’épreuve toutes les religions. Comment puis-je, tout en étant fidèle à ma foi et en étant attaché au Dieu Saint, avec les exigences du Dieu Saint, ne pas contredire l’amour du prochain. Je ne suis pas étonné que Jérusalem soit toujours un lieu difficile, car le jour où on aura surmonté cette difficulté-là, c’est que le Messie viendra.

La liberté religieuse en est-elle abîmée?

En Israël, il y a une liberté religieuse. Mais est-ce que cela veut dire qu’il y a le respect des autres religions? C’est une autre chose. Nous chrétiens, qui sommes une minorité, nous avons la possibilité d’exercer notre foi. Il n’y a pas de prosélytisme, mais nous pouvons vivre notre foi chrétienne, célébrer. Nous avons nos processions. Il faut demander l’autorisation, mais cela est possible. Par contre, apprendre le respect de l’autre, lutter contre les fondamentalismes, c’est tout un chemin.

Comment le Vicariat de Jérusalem gère les flux migratoires? Quelle est votre action et qui sont les migrants qui arrivent en Israël?

Nos migrants sont les Philippins, les Indiens, les Sri-Lankais, des Éthiopiens, les Éthiopiens. Les Ethiopiens et Erythréens sont des demandeurs d’asile.

L’Église a une action au service des migrants et des fils de migrants aussi. Ceux qui naissent en Israël. Nous ne parlons pas beaucoup de ce problème-là, mais c’est un problème réel.

Les enfants de migrants sont des minorités, des enfants qui n’ont pas choisi de naître dans ce pays-là, qui se retrouvent à être chez nous des minorités religieuses, ethniques, des personnes pauvres qui n’arrivent pas, qui sont pour quelques-uns d’entre eux, sans identité, un peu apatrides. Comme Eglise, nous aidons d’un point de vue humanitaire et offrons à ces personnes la possibilité de prier.

Quant aux droits aux droits humains en Israël, il y a quand même des lois qui protègent les droits de l’homme, mais il y a certaines pratiques que l’Église trouve inhumaines.

Et là, l’Église a une parole à dire. L’État est souverain, il veut accueillir ou il ne veut pas accueillir, il est libre de le faire, mais en même temps, l’Église a une parole à porter sur la valeur humaine. La vie humaine est au-dessus de tout. Il faut protéger la vie humaine, même si cela est difficile, même si cela pose des problèmes. Nous n’avons pas de pouvoir politique là-dessus, mais une parole à dire et une présence à côté de ces personnes.

Source : VATICANNEWS, le 22 septembre 2023

À Marseille, le rêve du Pape pour enraciner la paix en Méditerranée

Basilique Notre-Dame de la Garde à Marseille.

À Marseille, le rêve du Pape pour enraciner la paix en Méditerranée

Le successeur de Pierre se rend dans la cité phocéenne les 22 et 23 septembre pour réaffirmer la paix et la réconciliation dans cette région berceau de l’humanité en crise. Depuis dix ans et son premier voyage à Lampedusa, François regrette que la Mare nostrum se soit transformée en Mare mortuum.

Delphine Allaire – Envoyée spéciale à Marseille, France

Buenos Aires, Naples, Marseille. Les parallèles entre ces métropoles pleines de contrastes sociaux-économiques et cosmopolites sont nombreux. Dans la cité du Vésuve en juin 2019, le Pape avait posé les jalons d’une théologie de la Méditerranée, portée sur le dialogue et la culture de la rencontre. «Quand je pense à la Méditerranée, à Lesbos, à Chypre, à Malte, à Lampedusa, je pense que les terres que cette mer baigne sont précisément celles où Dieu s’est fait homme», assurait le Pape il y a un an, le 18 septembre 2022, au quotidien napolitain Il Mattino.

Après une première venue aux Rencontres méditerranéennes de Bari entre évêques et théologiens, le Pape François a soutenu l’initiative de Florence entre évêques et maires de la Méditerranée sans y être présent. À présent à Marseille, ville du port et du phare, petit laboratoire de la Méditerranée, le Souverain pontife pour que chacun regarde avec lui la Méditerranée. 

Lui qui a déjà sillonné 17 pays de ce pourtour devrait lancer un nouvel appel vibrant pour les migrants morts en mer dans le linceul des flots, délivrer sa feuille de route pour la paix en Méditerranée. Quelle autre ville-message plus pertinente que Marseille, port et porte de l’Orient, mosaïque de nationalités, cité cosmopolite depuis sa fondation il y a 2 600 ans par des Grecs d’Asie mineure, pour accueillir tel événement. Le cardinal Jean-Marc Aveline, natif de Sidi Bel Abbès en Algérie, lui-même symbole de deux rives, a donc su le convaincre de ce détour marseillais, nourrissant ce rêve de faire de la Méditerranée une mer de fraternité et un grand couloir d’humanité.

Source : VATICANNEWS, le 22 septembre 2023

22.09.2023 – TEMPS DE RECUEILLEMENT AVEC LE PAPE

Temps de recueillement à la stèle dédiée aux marins et migrants disparus en mer

Le Pape François au mémorial des marins et migrants disparus en mer, à Marseille, vendredi 22 septembre 2023. (VATICAN MEDIA Divisione Foto)

Le Pape exhorte à donner un visage aux personnes disparues en mer

Pour le deuxième rendez-vous de cette première journée dans la cité phocéenne, vendredi 22 septembre, après une prière mariale à la basilique Notre-Dame de la Garde, à 18 heures, François a pris la direction du mémorial pour les migrants et disparus en mer, pour un moment émouvant de recueillement avec les responsables religieux.

À 200 mètres de Notre-Dame de la Garde, sur les hauteurs de la ville bleue et blanche, la croix de Camargue veille. Sur la stèle sur laquelle repose la croix, sont gravés les noms de ceux qui ont pris la mer et n’en sont jamais revenus. 

Le cardinal Jean-Marc Aveline a d’abord ouvert l’événement, «et maintenant, nous voici devant cette stèle, érigée ici, face à la mer, en hommage aux marins et aux migrants qui ont péri dans le linceul des flots. Dans le cours de votre voyage à Marseille, cette étape est sans doute l’une des plus émouvantes.». Dans le soleil de cette fin d’après-midi,l’archevêque de Marseille a également rappelé que «quand des hommes, des femmes et des enfants, ne connaissant rien à la navigation, fuyant la misère et la guerre, sont dépouillés de leurs biens par des passeurs malhonnêtes, qui les condamnent à mort en les faisant monter sur des embarcations vétustes et dangereuses, c’est un crime !», avant de remercier chaleureusement les responsables de toutes les religions présents dans la Cité phocéenne.

La mer, source de vie et de mort

C’est entouré de responsables de l’association interreligieuse Marseille-Espérance, une association fondée en 1990 qui réunit les responsables religieux de la ville et leurs délégués autour du maire de Marseille, de l’association Stella Maris, et du Secours-catholique de Gap-Briançon que François a ensuite pris la parole, gravement, sur un sujet fil rouge de son pontificat. «La mer se trouve devant nous; elle est source de vie, mais aussi un lieu qui évoque la tragédie des naufrages causant la mort», a noté le Souverain pontife. «Nous sommes réunis en mémoire de ceux qui n’ont pas survécu, qui n’ont pas été sauvés» a-t-il ajouté.

Les naufrages ne doivent pas être considérés comme des faits divers, et les morts des numéros, a soupiré le Pape, précisant que «ce sont des noms et des prénoms, ce sont des visages et des histoires, ce sont des vies brisées et des rêves anéantis». Les paroles ne servent à rien, a-t-il continué, invitant à un moment de silence.

Un devoir de civilisation

Cette mer magnifique surplombée par la Bonne Mère est devenue «un immense cimetière où de nombreux frères et sœurs se trouvent même privés du droit à une tombe, et où seule est ensevelie la dignité humaine.»

La Méditerranée est un carrefour de civilisations, a continué l’évêque de Rome, avant de lancer un vibrant appel:

“Nous ne pouvons pas nous résigner à voir des êtres humains traités comme des monnaies d’échange, emprisonnés et torturés de manière atroce ; nous ne pouvons plus assister aux tragédies des naufrages provoqués par des trafics odieux et le fanatisme de l’indifférence. Les personnes qui risquent de se noyer, lorsqu’elles sont abandonnées sur les flots, doivent être secourues. C’est un devoir d’humanité, c’est un devoir de civilisation !”

Au pied de la stèle, François a rappelé que «le Ciel nous bénira si, sur terre comme sur mer, nous savons prendre soin des plus faibles, si nous savons surmonter la paralysie de la peur et le désintérêt qui condamne à mort, avec des gants de velours.»

La croix de Camargue flottant sur la mer Méditerranée.

La croix de Camargue flottant sur la mer Méditerranée.

La croix de Camargue réunit les symboles des trois vertus théologales: la foi, représentée par la Croix latine, l’espérance  représentée par l’ancre et la charité, représentée par le cœur.

Un accueil exemplaire

Entouré de représentants religieux, le Pape les a invités à l’exemplarité face aux personnes sur la route de l’exil, «Dieu, en effet, a béni Abraham qui a été appelé à quitter sa terre d’origine: ‘’Il partit sans savoir où il allait’’ (He 11, 8). Hôte et pèlerin en terre étrangère, il accueillait les voyageurs qui passaient devant sa tente (cf. Gn 18): ‘’Exilé de sa patrie, sans abri, il était lui-même la maison et la patrie de tous’’, (St Pierre Chrysologue, Discours, 121)».

Aux racines des trois monothéismes méditerranéens se trouve donc l’hospitalité, a rappelé le Souverain pontife, au cœur d’une ville reconnue pour son sens de l’accueil. «Croyants, nous devons donc être exemplaires dans l’accueil mutuel et fraternel».

Le Pape François au mémorial de Marseille, le vendredi 22 septembre 2023.

Le Pape François au mémorial de Marseille, le vendredi 22 septembre 2023.

Enfin, François a également alerté sur le «virus de l’extrémisme et du fléau idéologique du fondamentalisme qui rongent la vie réelle des communautés.» «Que personne ne garde dans son cœur des sentiments de haine pour son prochain, mais d’amour, car celui qui hait ne serait-ce qu’un seul homme ne pourra pas se tenir tranquille devant Dieu,» a-t-il dit, faisant siens les mots de Césaire d’Arles, un moine français du VIe siècle.

L’engagement auprès des populations migrantes

François a tenu à remercier les associations à ses côtés pour leur engagement solidaire: «Vous êtes le Marseille de l’avenir. Avancez sans vous décourager, afin que cette ville soit pour la France, pour l’Europe et pour le monde une mosaïque d’espérance», comme l’indique le thème des Rencontres méditerranéennes 2023.

En conclusion, au pied de cette stèle qui honore la mémoire de ceux morts en mer, François a invité, s’adressant aux dirigeants européens, à «cesser d’avoir peur des problèmes que la Méditerranée nous pose! Pour l’Union européenne et pour nous tous, notre survie en dépend».

Source : VATICANNEWS, le 22 septembre 2023

22.09.2023 – PRIÈRE MARIALE AVEC LE PAPE FRANÇOIS À NOTRE-DAME DE LA GARDE

À Notre-Dame de la Garde, le Pape invite à la compassion et au pardon

Première étape de son 44e voyage apostolique, le Pape François s’est rendu à la basilique Notre-Dame de la Garde pour rencontrer le clergé local, vendredi 22 septembre. Devant près de 200 prêtres, diacres, séminaristes et personnes consacrées, dans cette basilique séculaire, haut lieu de piété populaire, le Pape leur a rappelé leur mission de proximité, tendresse et compassion à tous les blessés de la vie. « Soyez des ports sûrs ».

Delphine Allaire – Envoyée spéciale à Marseille, France

Dès son arrivée dans la cité phocéenne, le Pape François a inscrit ses pas dans ceux «des plus grands»: sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, saint Charles de Foucauld, saint Jean-Paul II, venus aussi en leur temps en pèlerinage à Notre-Dame de la Garde. Après avoir déposé un cierge au pied de la Vierge Marie et prié en silence plusieurs minutes, le Saint-Père a ainsi déposé sous le manteau de la Vierge «les fruits des Rencontres méditerranéennes, avec les attentes et les espérances de vos cœurs», revenant sur la singulière histoire de la basilique.

«Elle n’a pas été fondée en souvenir d’un miracle ou d’une apparition particulière, mais simplement parce que, depuis le XIIIe siècle, le saint peuple de Dieu cherche et trouve ici, sur la colline de La Garde, la présence du Seigneur dans le regard de sa Sainte Mère», a rappelé le Pape François, soulignant combien aujourd’hui la Bonne Mère est pour chacun «la protagoniste d’un tendre “croisement de regards”».

Ne jamais regarder pour juger, mais relever

En ce carrefour des peuples qu’est Marseille, le Pape a proposé une réflexion sur ce croisement de regards, exprimant «la dimension mariale du ministère sacerdotal». Selon lui, dans le premier cas, les prêtres sont des instruments de miséricorde, dans le second, des instruments d’intercession. Le premier regard concerne celui de Jésus qui caresse l’homme, a-t-il noté. Un regard «plein de tendresse» qui va de haut en bas, «non pas pour juger mais pour relever celui qui est à terre». «Ne laissons pas un jour passer sans nous rappeler le moment où nous-mêmes l’avons reçu, et faisons-le nôtre, pour être des hommes et des femmes de compassion», a enjoint l’évêque de Rome, exhortant les prêtres marseillais «à ouvrir les portes des églises et des presbytères, mais surtout celles du cœur, pour montrer par notre douceur, notre gentillesse et notre accueil le visage de notre Seigneur». Mais aussi, aux prêtres, «à toujours pardonner».«Soyez généreux comme Dieu est généreux avec nous. Pardonnez!»

Dans la basilique Notre-Dame de la Garde à Marseille, le vendredi 22 septembre.

Dans la basilique Notre-Dame de la Garde à Marseille, le vendredi 22 septembre.

Compassion et tendresse

«Que celui qui vous approche ne trouve ni distance ni jugement; qu’il trouve le témoignage d’une humble joie, plus fructueuse que toute capacité affichée. Que les blessés de la vie trouvent un port sûr dans votre regard, un encouragement dans votre étreinte, une caresse dans vos mains capables d’essuyer des larmes», a-t-il souhaité, invitant le clergé local à ne jamais laisser «faiblir la chaleur du regard paternel et maternel de Dieu». Le Souverain pontife estime qu’il est beau «de le faire en dispensant généreusement son pardon, toujours, toujours, afin de délivrer, par la grâce, les personnes des chaînes du péché et les libérer des blocages, des remords, des rancunes et des peurs dont elles ne peuvent triompher toutes seules», afin de transmettre, au nom de Dieu, des espérances inattendues: «sa proximité qui console, sa compassion qui guérit, sa tendresse qui émeut». «Soyez proches de chacun, surtout des plus fragiles et des moins chanceux, et ne laissez jamais ceux qui souffrent manquer de votre proximité attentive et discrète», les a-t-il encouragés.

Les trois images de la Vierge

Le Pape a évoqué «un second regard»: celui des hommes et des femmes qui se tournent vers Jésus. Ainsi le Pape a exhorté les prêtres à la méditation quotidienne de la Parole, le Rosaire et toute autre prière –«je vous recommande surtout l’adoration». Enfin, le Pape a attiré l’attention sur trois images de Marie vénérées dans la basilique. La première est «la grande statue qui la surplombe» et qui la représente lorsqu’elle tient l’Enfant Jésus bénissant. «Voilà: comme Marie, nous portons partout la bénédiction et la paix de Jésus, dans toutes les familles et dans tous les cœurs. C’est le regard de la miséricorde». La deuxième image se trouve dans la crypte: c’est la Vierge au bouquet, le don d’un laïc généreux. «Cela nous fait penser à la façon dont Marie, modèle de l’Église, en nous présentant son Fils, nous présente également à Lui, comme un bouquet de fleurs dans lequel chaque personne est unique, belle et précieuse aux yeux du Père. C’est le regard de l’intercession», a expliqué François. Enfin, la troisième image est celle que nous voyons ici au centre, sur l’autel, qui frappe par la splendeur dont elle rayonne.

Le cadeau des Marseillais au Pape

“Avec vous, Très Saint-Père, avec tous les pèlerins qui depuis plus de 800 ans sont montés sur cette colline pour demander et pour remercier, comme en attestent les nombreux ex-votos et les maquettes de bateaux répartis dans tout le sanctuaire, nous confions à la Vierge Marie tous les habitants des rivages de la Méditerranée et tous ceux, marins ou migrants, qui affrontent les périls de la mer», a déclaré le cardinal Jean-Marc Aveline saluant le Souverain pontife, avant son discours. L’archeveque hôte a également partagé au Pape le cadeau que lui offre tous les Marseillais. « Le recteur de ce sanctuaire a eu l’idée de proposer aux Marseillais de prier pour vous, et que soit déposée dans un cœur, semblable à ceux qui ornent les murs de cette basilique, une trace écrite de quelques-unes de leurs prières. C’est ce cœur que le Recteur va maintenant vous offrir. C’est un cadeau des Marseillais pour vous, comme un symbole de leur affection et de leur reconnaissance. Le diocèse de Marseille, vous le savez, fut le premier au monde à être consacré au Sacré-Cœur, lors de l’épidémie de peste, le 1ernovembre 1720. Aujourd’hui, le cœur que nous vous offrons est petit mais, comme le disait sainte Thérèse de Lisieux, votre sainte préférée, «Rien n’est petit pour un grand amour.»

Source : VATICANNEWS, le 22 septembre 2023

22.09.2023 – ARRIVÉ DU PAPE FRANÇOIS À L’AÉROPORT DE MARSEILLE

Ce vendredi 22 septembre, le pape François arrive à Marseille pour participer à la conclusion des Rencontres Méditerranéennes. C’est la deuxième fois que François se rend sur le territoire français, après une première visite-éclair à Strasbourg en novembre 2014. Le Pape passe deux jours dans la capitale phocéenne, à l’invitation du cardinal Jean-Marc Aveline, archevêque de Marseille, pour son 44e voyage apostolique. Le Saint-Père est accueilli à l’aéroport par la première ministre française Elisabeth Borne.