CC BY-SA 2.0/Korea.net /Korean Culture and Information Service. Le pape François.
Une visite pontificale de quelques heures à Fatima pour la paix en Ukraine
Le Pape François s’est rendu pour la seconde fois au sanctuaire de Notre-Dame de Fatima au Portugal, où, en mai 1917, trois enfants bergers – deux déjà saints, la troisième vénérable – ont reçu un message de Marie concernant l’avenir de l’humanité.
L’étape de quelques heures à Fatima, qu’il a rejointe en hélicoptère le samedi 5 août, a été ajoutée ultérieurement, car le pèlerinage papal ne prévoyait initialement qu’une halte à Lisbonne pour les Journées mondiales de la Jeunesse.
François s’était déjà rendu dans le célèbre sanctuaire marial à l’occasion du centenaire des apparitions pour la canonisation des deux petits voyants Francisco et Jacinta Marto en mai 2017. Le fait qu’il ait décidé de se rendre à nouveau aux pieds de Notre-Dame de Fatima est significatif, et dans les intentions du pontife, il est lié à la tragédie de la guerre qui touche l’« Ukraine martyre », mais aussi aux nombreuses guerres oubliées qui se poursuivent dans le monde.
Je vous salue Marie, pleine de grâce ; Le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes Et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, Priez pour nous pauvres pécheurs, Maintenant et à l’heure de notre mort.
CC BY-SA 2.0/Korea.net /Korean Culture and Information Service. Le pape François.
Une visite pontificale de quelques heures à Fatima pour la paix en Ukraine
Le Pape François s’est rendu pour la seconde fois au sanctuaire de Notre-Dame de Fatima au Portugal, où, en mai 1917, trois enfants bergers – deux déjà saints, la troisième vénérable – ont reçu un message de Marie concernant l’avenir de l’humanité.
L’étape de quelques heures à Fatima, qu’il a rejointe en hélicoptère le samedi 5 août, a été ajoutée ultérieurement, car le pèlerinage papal ne prévoyait initialement qu’une halte à Lisbonne pour les Journées mondiales de la Jeunesse.
François s’était déjà rendu dans le célèbre sanctuaire marial à l’occasion du centenaire des apparitions pour la canonisation des deux petits voyants Francisco et Jacinta Marto en mai 2017. Le fait qu’il ait décidé de se rendre à nouveau aux pieds de Notre-Dame de Fatima est significatif, et dans les intentions du pontife, il est lié à la tragédie de la guerre qui touche l’« Ukraine martyre », mais aussi aux nombreuses guerres oubliées qui se poursuivent dans le monde.
Je vous salue Marie, pleine de grâce ; Le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes Et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, Priez pour nous pauvres pécheurs, Maintenant et à l’heure de notre mort.
CC BY-SA 2.0/Korea.net /Korean Culture and Information Service. Le pape François.
Une visite pontificale de quelques heures à Fatima pour la paix en Ukraine
Le Pape François s’est rendu pour la seconde fois au sanctuaire de Notre-Dame de Fatima au Portugal, où, en mai 1917, trois enfants bergers – deux déjà saints, la troisième vénérable – ont reçu un message de Marie concernant l’avenir de l’humanité.
L’étape de quelques heures à Fatima, qu’il a rejointe en hélicoptère le samedi 5 août, a été ajoutée ultérieurement, car le pèlerinage papal ne prévoyait initialement qu’une halte à Lisbonne pour les Journées mondiales de la Jeunesse.
François s’était déjà rendu dans le célèbre sanctuaire marial à l’occasion du centenaire des apparitions pour la canonisation des deux petits voyants Francisco et Jacinta Marto en mai 2017. Le fait qu’il ait décidé de se rendre à nouveau aux pieds de Notre-Dame de Fatima est significatif, et dans les intentions du pontife, il est lié à la tragédie de la guerre qui touche l’« Ukraine martyre », mais aussi aux nombreuses guerres oubliées qui se poursuivent dans le monde.
Je vous salue Marie, pleine de grâce ; Le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes Et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, Priez pour nous pauvres pécheurs, Maintenant et à l’heure de notre mort.
Wenceslas eut pour père Wratislas, duc de Bohême, prince vertueux, et pour mère Drahomire, païenne et ennemie acharnée du nom chrétien. Drahomire eut un autre fils appelé Boleslas, qu’elle éleva dans l’idolâtrie.
À la mort de son mari, elle s’empara de la régence et ne s’en servit que pour persécuter la religion chrétienne. À cette vue, le zèle de Wenceslas le décida à prendre, avant sa majorité, les rênes du gouvernement. Il se fit le père des orphelins, le soutien et le défenseur des veuves, la providence des pauvres. Afin de n’être pas reconnu, il portait, de nuit, du bois aux pauvres honteux. Il visitait les prisonniers, rachetait les captifs, consolait et secourait les malheureux. Il fit venir des missionnaires de Souabe et de Bavière et fit construire de nombreuses églises.
Wenceslas joignait la piété aux bonnes œuvres ; il assistait à l’office divin du jour et de la nuit ; il allait souvent nu-pieds, par le froid et la neige, sans jamais se plaindre de la rigueur de l’hiver. Quelques fois celui qui l’accompagnait la nuit était transi de froid ; mais il n’avait qu’à marcher sur les pas de Wenceslas, et aussitôt il sentait une chaleur bienfaisante pénétrer tous ses membres. L’esprit de religion du pieux roi lui faisait honorer les évêques et les prêtres comme Jésus-Christ lui-même ; il les aimait comme des pères, et quand il traitait quelque affaire avec eux, c’était avec une humilité et une déférence profondes. Sa grande dévotion était la dévotion à la Sainte Eucharistie.
Pour témoigner son amour à Jésus-Hostie, il semait de ses propres mains le blé et pressait le vin destinés au saint sacrifice de la Messe ; son bonheur était de servir à l’autel et de présenter au prêtre le pain, le vin, l’eau et l’encens. La piété de Wenceslas était pour lui la source d’une intrépidité surprenante. Il dut s’opposer aux armes d’un prince voisin qui avait envahi ses États. Pour épargner le sang de ses sujets, il proposa à son ennemi un combat singulier et se présenta presque sans armes devant un adversaire armé jusqu’aux dents. Wenceslas allait être percé par la lance ennemie, quand le prince usurpateur aperçoit près du saint duc deux anges pour le défendre. À cette vue, il se jette à ses pieds et lui demande pardon.
Attiré dans un guet-apens par sa mère et son frère, Wenceslas mourut d’un coup d’épée fratricide, au moment où il priait dans une église. Ce jeune martyr pardonna à son frère en mourant.
Dès le XIe siècle, il est reconnu comme le patron national de la Bohème.
En ce temps-là, Hérode, qui était au pouvoir en Galilée, entendit parler de tout ce qui se passait et il ne savait que penser. En effet, certains disaient que Jean le Baptiste était ressuscité d’entre les morts. D’autres disaient : « C’est le prophète Élie qui est apparu. » D’autres encore : « C’est un prophète d’autrefois qui est ressuscité. » Quant à Hérode, il disait : « Jean, je l’ai fait décapiter. Mais qui est cet homme dont j’entends dire de telles choses ? » Et il cherchait à le voir.
Acclamons et partageons la parole de Dieu !
COMMENTAIRE :
Isaac le Syrien (7e siècle)
moine près de Mossoul
Discours spirituels, 1re série, n° 20 (in Œuvres spirituelles, Les 86 discours ascétiques, Les lettres; trad. J. Touraille; Éd. Desclée de Brouwer, 1981; p. 137)
Hérode cherchait à voir Jésus
Comment les êtres créés pouvaient-ils contempler Dieu ? La vision de Dieu est si terrible que Moïse lui-même dit qu’il craint et tremble. En effet, quand la gloire de Dieu est apparue sur le mont Sinaï (Ex 20), la montagne fumait et tremblait de peur sous le coup de la révélation ; les bêtes qui approchaient ses pentes mouraient. Les fils d’Israël se sont préparés ; ils se sont purifiés pendant trois jours suivant l’ordre de Moïse, afin d’être dignes d’entendre la voix de Dieu et de voir sa révélation. Or quand le temps est venu, ils n’ont pu ni assumer la vision de sa lumière, ni recevoir la force de sa voix de tonnerre. Mais maintenant qu’il a déversé sa grâce sur le monde par son avènement, ce n’est pas dans un tremblement de terre, ni dans le feu, ni en s’annonçant d’une voix terrible et forte qu’il est descendu, mais comme la rosée sur la toison (Jg 6,37), comme une goutte qui tombe doucement sur la terre. C’est sous une autre forme qu’il est venu parmi nous. Il a en effet recouvert sa grandeur du voile de la chair. Il a fait de celle-ci un trésor ; il a vécu parmi nous dans cette chair que sa volonté s’était formée dans le sein de la Vierge Marie, la Mère de Dieu, pour que le voyant de notre race et vivant parmi nous, nous ne soyons pas troublés par la peur en le contemplant. C’est pourquoi ceux qui se sont entourés du vêtement dans lequel le Créateur est apparu, en ce corps dont il s’est couvert, ont revêtu le Christ lui-même (Ga 3,27). Car ils ont désiré porter dans leur homme intérieur (Ep 3,16) la même humilité avec laquelle le Christ s’est révélé à sa création et a vécu en elle, comme il se révèle maintenant à ses serviteurs. Au lieu du vêtement de l’honneur et de la gloire extérieurs, ils se sont parés de cette humilité.
LECTURES :
Livre d’Aggée 1,1-8.
La deuxième année du règne de Darius, le premier jour du sixième mois, la parole du Seigneur fut adressée, par l’intermédiaire d’Aggée, le prophète, à Zorobabel fils de Salathiel, gouverneur de Juda, et à Josué fils de Josédeq, le grand prêtre : Ainsi parle le Seigneur de l’univers : Ces gens-là disent : « Le temps n’est pas encore venu de rebâtir la Maison du Seigneur ! » Or, voilà ce que dit le Seigneur par l’intermédiaire d’Aggée, le prophète : Et pour vous, est-ce bien le temps d’être installés dans vos maisons luxueuses, alors que ma Maison est en ruine ? Et maintenant, ainsi parle le Seigneur de l’univers : Rendez votre cœur attentif à vos chemins : Vous avez semé beaucoup, mais récolté peu ; vous mangez, mais sans être rassasiés ; vous buvez, mais sans être désaltérés ; vous vous habillez, mais sans vous réchauffer ; et le salarié met son salaire dans une bourse trouée. Ainsi parle le Seigneur de l’univers : Rendez votre cœur attentif à vos chemins : Allez dans la montagne, rapportez du bois pour rebâtir la maison de Dieu. Je prendrai plaisir à y demeurer, et j’y serai glorifié – déclare le Seigneur.
Psaume 149(148),1-2.3-4.5-6a.9b.
Chantez au Seigneur un chant nouveau, louez-le dans l’assemblée de ses fidèles ! En Israël, joie pour son créateur ; dans Sion, allégresse pour son Roi !
Dansez à la louange de son nom, jouez pour lui, tambourins et cithares ! Car le Seigneur aime son peuple, il donne aux humbles l’éclat de la victoire.
Que les fidèles exultent, glorieux, criant leur joie à l’heure du triomphe. Qu’ils proclament les éloges de Dieu, c’est la fierté de ses fidèles.
Visioconférence entre le Pape et des jeunes étudiants asiatiques
François aux jeunes d’Asie: soyez des témoins de l’harmonie
Le Pape s’est entretenu avec 12 étudiants d’universités catholiques en Inde, au Népal et au Pakistan, grâce à l’initiative « Building Bridges » de la Commission pontificale pour l’Amérique latine et de l’Université Loyola de Chicago. Une discussion en visioconférence, synodale, sur la liberté religieuse et le témoignage, le harcèlement et le suicide des jeunes, les réseaux sociaux et l’éducation aux médias.
Alessandro Di Bussolo – Cité du Vatican
Florina de Delhi en Inde, Nyra du Népal et Sheril du Pakistan, trois étudiantes catholiques d’Asie du Sud où les chrétiens sont minoritaires, racontent au Pape François, en anglais, les discriminations, les préjugés et les persécutions de sociétés sectaires et parfois fondamentalistes. Elles lui confient, au cours d’un dialogue intense en visioconférence, le rêve d’un avenir meilleur, la difficulté et la frustration de ne pas être libres de professer leur foi et la peur de la voir vaciller.
Il s’agit d’une rencontre virtuelle à distance, la troisième de l’initiative « Building Bridges », une collaboration entre la Commission pontificale pour l’Amérique latine et l’Institut d’études pastorales avec l’Office for Global and Community Engagement de l’Université Loyola de Chicago. Après l’Amérique en février 2022 et l’Afrique en novembre de l’année dernière, à la veille du Synode, c’est au tour de jeunes d’Asie du Sud d’échanger avec Pape.
Asia Bibi, victime d’un fanatisme né de la peur
Le Souverain pontife sourit et confie, en répondant en espagnol, que le témoignage chrétien des trois jeunes femmes le «touche au cœur»et lui fait penser au «martyre» de la Pakistanaise Asia Bibi, victime innocente «d’un fanatisme qui naît de la peur» des différences, qui crée une discrimination anti-fraternelle. La cause en est «la réduction des valeurs sociales en idées». Et «celui qui ne pense pas comme moi, je le transforme en délinquant, puis en martyr. Mais c’est ainsi que l’on devient l’idéologue de son propre suicide culturel». Pour le Pape François, face à autant de sécularisme, la réponse ne peut être que le témoignage, fort de la «pensée que Dieu a un projet pour moi». «Pensez, conseille-t-il, à l’audace de vos pères qui ont reconnu Jésus comme Sauveur, et rêvez que nous pouvons vivre avec des points de vue différents mais avec une main tendue. Et non paralysés. Cela fait grandir tout le monde. Toujours le pardon, la main tendue et le témoignage».
S’entendre avec tous, mais présenter ses propres convictions
À Rosita, qui a émigré avec sa famille aux Émirats arabes unis, où elle a obtenu un diplôme d’économie et de sociologie, et qui craint de perdre son identité culturelle et religieuse, le Pape rappelle qu’à la Pentecôte, l’Esprit Saint a permis à tous de se comprendre. Et il l’invite à «à tendre à l’entente avec les autres, tout en présentant sa propre conviction». Il rappelle que son père était lui aussi un migrant et que les personnes en diaspora entament un nouveau voyage, «mais sans oublier leurs racines».
Non à l’intimidation, reconnaître la beauté dans l’harmonie
Trois autres jeunes universitaires abordent les questions du harcèlement, y compris sur les réseaux sociaux, et du suicide des jeunes. À Merilin Rose, qui étudie la chimie à Bangalore et raconte qu’elle a été ridiculisée dans sa jeunesse «pour un corps qui ne correspondait pas aux normes de beauté de la société», François répond en racontant que dans sa classe, avec ses camarades, «on se moquait d’un garçon très gros».«Une fois, il est tombé par terre et nous nous sommes tous moqués de lui», se souvient-il, «mais quand mon père l’a appris, il m’a envoyé chez lui pour m’excuser». François l’a rencontré des années plus tard, alors qu’il était déjà prêtre et que son camarade de classe était devenu pasteur évangélique, «surmontant le traumatisme des brimades». C’était une belle personne, harmonieuse, observe le Pape argentin. Chacun a sa propre beauté, il suffit de savoir la reconnaître, dans l’harmonie intérieure et extérieure. «Vous, en Asie, vous savez créer cette beauté des différences», ajoute-t-il, «ne cédez pas à la tentation de tout uniformiser».
Aider les jeunes à surmonter l’échec
Un jeune se suicide, poursuit le Souverain Pontife, «quand il ne voit plus d’horizon, mais seulement des portes fermées sur ses rêves. Il faut l’aider à surmonter l’échec». Et de rappeler que «si les anges tombent et ne peuvent se relever, Dieu a donné aux hommes la capacité de résilience». Comme le chantent les Alpins, l’important n’est pas de ne pas tomber, mais de ne pas rester à terre, et de trouver quelqu’un pour nous aider à nous relever.
Les mérites et les danger du web
Joseph, qui étudie la physique au Kerala, et Mary Lavina, étudiante en droit à Bangalore, parlent du défi que représente internet en Asie et de l’importance de l’éducation aux médias pour les jeunes. Ils soulignent les mérites et les dangers du web, qui a permis à de nombreuses personnes d’accéder à une grande quantité d’informations, mais qui a également accru les tensions religieuses et ethniques ainsi que la polarisation politique. Les technologies numériques accentuent le fossé entre ceux qui y ont accès et les autres. Pour relever ce défi, explique le Successeur de Pierre, «nous avons besoin du langage de la pensée, du cœur et des mains. Et de beaucoup de créativité, car chacun de nous est un poème», ajoutant que «l’idéologie rétrécit le cerveau, le cœur et paralyse les mains». Le Pape invite à fuir les idéologies et à rechercher l’égalité dans l’accès à la technologie; «l’internet n’en sera que meilleur». Aux étudiants asiatiques qui l’écoutent, il dit aussi de ne pas trop de spécialiser: «la spécialisation est nécessaire, mais sans perdre le lien avec la globalité et le lien avec l’harmonie». Le mot clé étant, pour le Saint-Père, l’harmonie.
La fidélité aux faits et la « mystique de la main tendue »
En matière de communication, le Pape souligne le danger «des demi-vérités: les informations ne peuvent être élaguées mais doivent être offertes à tous». «Nous avons besoin de fidélité à l’information et aux faits». Dans le cas contraire, les informations privées de fidélité aux faits deviennent des « fake-news », «des informations qui créent des monstres, et s’engagent sur la voie de l’irréalité». L’évêque de Rome rappelle que la vraie démocratie présuppose le dialogue, «mais a besoin d’un élément très humain: l’accord. Le langage de la séparation est erroné, si deux d’entre nous pensent différemment, nous devons réfléchir à l’accord que nous pouvons trouver pour avancer».C’est, conclut le Pape: «la mystique de la main tendue».
Visioconférence entre le Pape et des jeunes étudiants asiatiques
François aux jeunes d’Asie: soyez des témoins de l’harmonie
Le Pape s’est entretenu avec 12 étudiants d’universités catholiques en Inde, au Népal et au Pakistan, grâce à l’initiative « Building Bridges » de la Commission pontificale pour l’Amérique latine et de l’Université Loyola de Chicago. Une discussion en visioconférence, synodale, sur la liberté religieuse et le témoignage, le harcèlement et le suicide des jeunes, les réseaux sociaux et l’éducation aux médias.
Alessandro Di Bussolo – Cité du Vatican
Florina de Delhi en Inde, Nyra du Népal et Sheril du Pakistan, trois étudiantes catholiques d’Asie du Sud où les chrétiens sont minoritaires, racontent au Pape François, en anglais, les discriminations, les préjugés et les persécutions de sociétés sectaires et parfois fondamentalistes. Elles lui confient, au cours d’un dialogue intense en visioconférence, le rêve d’un avenir meilleur, la difficulté et la frustration de ne pas être libres de professer leur foi et la peur de la voir vaciller.
Il s’agit d’une rencontre virtuelle à distance, la troisième de l’initiative « Building Bridges », une collaboration entre la Commission pontificale pour l’Amérique latine et l’Institut d’études pastorales avec l’Office for Global and Community Engagement de l’Université Loyola de Chicago. Après l’Amérique en février 2022 et l’Afrique en novembre de l’année dernière, à la veille du Synode, c’est au tour de jeunes d’Asie du Sud d’échanger avec Pape.
Asia Bibi, victime d’un fanatisme né de la peur
Le Souverain pontife sourit et confie, en répondant en espagnol, que le témoignage chrétien des trois jeunes femmes le «touche au cœur»et lui fait penser au «martyre» de la Pakistanaise Asia Bibi, victime innocente «d’un fanatisme qui naît de la peur» des différences, qui crée une discrimination anti-fraternelle. La cause en est «la réduction des valeurs sociales en idées». Et «celui qui ne pense pas comme moi, je le transforme en délinquant, puis en martyr. Mais c’est ainsi que l’on devient l’idéologue de son propre suicide culturel». Pour le Pape François, face à autant de sécularisme, la réponse ne peut être que le témoignage, fort de la «pensée que Dieu a un projet pour moi». «Pensez, conseille-t-il, à l’audace de vos pères qui ont reconnu Jésus comme Sauveur, et rêvez que nous pouvons vivre avec des points de vue différents mais avec une main tendue. Et non paralysés. Cela fait grandir tout le monde. Toujours le pardon, la main tendue et le témoignage».
S’entendre avec tous, mais présenter ses propres convictions
À Rosita, qui a émigré avec sa famille aux Émirats arabes unis, où elle a obtenu un diplôme d’économie et de sociologie, et qui craint de perdre son identité culturelle et religieuse, le Pape rappelle qu’à la Pentecôte, l’Esprit Saint a permis à tous de se comprendre. Et il l’invite à «à tendre à l’entente avec les autres, tout en présentant sa propre conviction». Il rappelle que son père était lui aussi un migrant et que les personnes en diaspora entament un nouveau voyage, «mais sans oublier leurs racines».
Non à l’intimidation, reconnaître la beauté dans l’harmonie
Trois autres jeunes universitaires abordent les questions du harcèlement, y compris sur les réseaux sociaux, et du suicide des jeunes. À Merilin Rose, qui étudie la chimie à Bangalore et raconte qu’elle a été ridiculisée dans sa jeunesse «pour un corps qui ne correspondait pas aux normes de beauté de la société», François répond en racontant que dans sa classe, avec ses camarades, «on se moquait d’un garçon très gros».«Une fois, il est tombé par terre et nous nous sommes tous moqués de lui», se souvient-il, «mais quand mon père l’a appris, il m’a envoyé chez lui pour m’excuser». François l’a rencontré des années plus tard, alors qu’il était déjà prêtre et que son camarade de classe était devenu pasteur évangélique, «surmontant le traumatisme des brimades». C’était une belle personne, harmonieuse, observe le Pape argentin. Chacun a sa propre beauté, il suffit de savoir la reconnaître, dans l’harmonie intérieure et extérieure. «Vous, en Asie, vous savez créer cette beauté des différences», ajoute-t-il, «ne cédez pas à la tentation de tout uniformiser».
Aider les jeunes à surmonter l’échec
Un jeune se suicide, poursuit le Souverain Pontife, «quand il ne voit plus d’horizon, mais seulement des portes fermées sur ses rêves. Il faut l’aider à surmonter l’échec». Et de rappeler que «si les anges tombent et ne peuvent se relever, Dieu a donné aux hommes la capacité de résilience». Comme le chantent les Alpins, l’important n’est pas de ne pas tomber, mais de ne pas rester à terre, et de trouver quelqu’un pour nous aider à nous relever.
Les mérites et les danger du web
Joseph, qui étudie la physique au Kerala, et Mary Lavina, étudiante en droit à Bangalore, parlent du défi que représente internet en Asie et de l’importance de l’éducation aux médias pour les jeunes. Ils soulignent les mérites et les dangers du web, qui a permis à de nombreuses personnes d’accéder à une grande quantité d’informations, mais qui a également accru les tensions religieuses et ethniques ainsi que la polarisation politique. Les technologies numériques accentuent le fossé entre ceux qui y ont accès et les autres. Pour relever ce défi, explique le Successeur de Pierre, «nous avons besoin du langage de la pensée, du cœur et des mains. Et de beaucoup de créativité, car chacun de nous est un poème», ajoutant que «l’idéologie rétrécit le cerveau, le cœur et paralyse les mains». Le Pape invite à fuir les idéologies et à rechercher l’égalité dans l’accès à la technologie; «l’internet n’en sera que meilleur». Aux étudiants asiatiques qui l’écoutent, il dit aussi de ne pas trop de spécialiser: «la spécialisation est nécessaire, mais sans perdre le lien avec la globalité et le lien avec l’harmonie». Le mot clé étant, pour le Saint-Père, l’harmonie.
La fidélité aux faits et la « mystique de la main tendue »
En matière de communication, le Pape souligne le danger «des demi-vérités: les informations ne peuvent être élaguées mais doivent être offertes à tous». «Nous avons besoin de fidélité à l’information et aux faits». Dans le cas contraire, les informations privées de fidélité aux faits deviennent des « fake-news », «des informations qui créent des monstres, et s’engagent sur la voie de l’irréalité». L’évêque de Rome rappelle que la vraie démocratie présuppose le dialogue, «mais a besoin d’un élément très humain: l’accord. Le langage de la séparation est erroné, si deux d’entre nous pensent différemment, nous devons réfléchir à l’accord que nous pouvons trouver pour avancer».C’est, conclut le Pape: «la mystique de la main tendue».