27.09.2023 – AUDIENCE GÉNÉRALE À ROME

Pour le Pape, Marseille a permis un regard humain sur la Méditerranée

Comme la tradition l’exige à chaque retour de voyage apostolique, le Pape a consacré sa catéchèse de l’audience générale du mercredi 27 septembre au sens de son dernier déplacement hors de Rome. Revenant sur les Rencontres méditerranéennes, ayant réunies 140 jeunes et évêques de la Mare nostrum du 17 au 24 septembre dernier, à Marseille, le Pape a exhorté à poser un regard humain et non idéologique sur la Méditerranée, et à, pour ce faire, redonner l’espérance aux jeunes Européens.

Delphine Allaire – Cité du Vatican

Le Pape François a repris quelques traits de sa feuille de route pour la Méditerranée délivrée au palais du Pharo samedi matin 23 septembre à Marseille pour rappeler place Saint-Pierre la vocation de la Méditerranée: «Être un laboratoire de civilisation et de paix».

«La Méditerranée est un berceau de civilisation, et un berceau, c’est pour la vie! On ne peut pas permettre qu’elle devienne un tombeau, encore moins une zone de conflit. La mer Méditerranée est ce qui s’oppose le plus au choc des civilisations, à la guerre, à la traite des êtres humains», a d’emblée assuré le Souverain pontife, évoquant les liens entre trois continents que cette mer permet, aussi entre «les personnes et les cultures, les peuples et les langues, les philosophies et les religions».Une mer «périlleuse», mais recelant «des trésors de vie, ses vagues et ses vents portant des navires de toutes sortes».

Un lieu de rencontre et non d’affrontement, de vie et non de mort, a résumé le Pape, insistant sur la dimension spirituelle originelle et fondatrice: «Depuis sa rive orientale, il y a deux mille ans, l’Évangile de Jésus-Christ a entrepris de proclamer à tous les peuples que nous sommes les enfants d’un seul Père qui est aux cieux et que nous sommes appelés à vivre en frères et sœurs; que l’amour de Dieu est plus grand que nos égoïsmes et nos replis, et qu’avec l’aide de sa miséricorde, une coexistence humaine est possible». Cela ne se fait pas par magie et n’est pas acquis une fois pour toutes, a reconnu François, appelant chaque génération à œuvrer en ce sens «en lisant les signes des temps qu’elle vit».

Les migrations forcées, un signe des temps

La rencontre de Marseille fait suite à celles qui se sont tenues à Bari en 2020 et à Florence l’année dernière.«Il ne s’agit pas d’un événement isolé», mais «d’un pas en avant dans un parcours» qui trouve son origine dans les « Colloques méditerranéens » organisés par le maire Giorgio La Pira à Florence à la fin des années 1950. «Un pas en avant pour répondre, aujourd’hui, à l’appel lancé par saint Paul VI dans son encyclique Populorum Progressio, pour « la promotion d’un monde plus humain pour tous, un monde où tous auront à donner et à recevoir, sans que le progrès des uns soit un obstacle au développement des autres. » (n° 44)», a réitéré l’évêque de Rome.

Un regard humain sur la Méditerranée

Le Pape a ensuite abordé les premiers fruits immédiats de la rencontre marseillaise: selon lui, en est sorti «un regard sur la Méditerranée simplement humain, ni idéologique, ni stratégique, ni politiquement correct, ni instrumental, non, humain, c’est-à-dire capable de tout rapporter à la valeur première de la personne humaine et à sa dignité inviolable». Et en même temps, est apparu un regard d’espérance, a noté le Saint-Père. «C’est toujours surprenant: quand on écoute des témoins qui ont vécu des situations inhumaines ou qui les ont partagées, et que c’est d’eux que l’on reçoit une « profession d’espérance ».»

L’espérance doit s’organiser et se concrétiser

Cette espérance ne peut et ne doit pas « se volatiliser », a affirmé le Pape, souhaitant au contraire, qu’elle s’organise, se concrétise dans des actions à long, moyen et court terme. «Pour que les personnes, en toute dignité, puissent choisir d’émigrer ou de ne pas émigrer», en écho au thème du message de la Journée du migrant et du réfugié 2023. «La Méditerranée doit etre un message d’espérance», a insisté le Pape, indiquant quelques moyens pour la retrouver.

Redonner l’espérance à nos sociétés européennes

Redonner de l’espérance aux jeunes Européens en particulier apparait prioritaire pour le Pape, qui s’interroge «Comment accueillir les autres si nous n’avons pas nous-mêmes un horizon ouvert sur l’avenir? Comment des jeunes sans espérance, enfermés dans leur vie privatisée, préoccupés par la gestion de leur précarité, peuvent-ils s’ouvrir à la rencontre et au partage? Nos sociétés malades de l’individualisme, du consumérisme et de l’évasion vide ont besoin de s’ouvrir, d’oxygéner leurs âmes et leurs esprits pour pouvoir lire la crise comme une opportunité et l’affronter positivement».

“Comment accueillir les autres si nous n’avons pas nous-mêmes un horizon ouvert sur l’avenir?”

L’Europe doit retrouver passion et enthousiasme

Pour ces raisons, «l’Europe a besoin de retrouver passion et enthousiasme», a lancé François, confiant les avoir trouvées à Marseille «dans son pasteur, le cardinal Aveline, dans les prêtres et les consacrés, dans les fidèles laïcs engagés dans la charité, dans l’éducation, dans le peuple de Dieu qui a manifesté une grande chaleur lors de la messe au stade Vélodrome. Je les remercie tous, ainsi que le Président de la République, dont la présence a témoigné de l’attention de la France entière à l’égard de l’événement de Marseille», a relevé l’évêque de Rome, concluant en invoquant Notre-Dame de la Garde: «Que Notre-Dame, que les Marseillais vénèrent sous le nom de Notre-Dame de la Garde, accompagne le chemin des peuples de la Méditerranée, afin que cette région devienne ce qu’elle a toujours été appelée à être: une mosaïque de civilisation et d’espérance».

Source : VATICANNEWS, le 27 septembre 2023

« Il n’y a nulle équivoque sur la place éminente que Vatican II accorde à la piété mariale »

CC0/Fundação Francisco e Jacinta Marto Le pape Paul VI devant la statue de Notre-Dame de Fátima le 13 mai 1967.

« Il n’y a nulle équivoque sur la place éminente que Vatican II accorde à la piété mariale »

Après le concile Vatican II, on peut parler d’une véritable crise de la piété mariale, considérée souvent comme expression d’une religiosité populaire des plus suspectes. On n’a pas de mots assez sévères contre la mariolâtrie. De là à rendre le concile lui-même coupable d’une telle phobie, il n’y a qu’un pas. Mais l’étude du chapitre final de la constitution conciliaire Lumen gentium suffit à démentir pareille opinion !

Ce chapitre est en effet consacré à «  la bienheureuse Vierge Marie Mère de Dieu dans le mystère du Christ et de l’Église ». Il n’y a donc nulle équivoque sur la place éminente que Vatican II accorde à la piété mariale, inscrite dans l’économie générale du Salut. Il est vrai que d’aucuns auraient préféré qu’un texte autonome soit consacré à la Mère de Dieu, mais le choix des pères du concile s’imposait en raison de motifs théologiques sérieux. Il y avait sans doute danger de glissement vers une religion mariale en soi, même si on l’a exagéré.

Le pape Paul VI tint lui-même à mettre en évidence la pertinence du culte catholique en faisant acclamer par l’assemblée unanime «  Marie, Mère de l’Église  ». Il n’empêche que les coups portés à la religion populaire ne furent pas sans conséquences et qu’il faut reconnaître à l’abbé René Laurentin le mérite d’avoir défendu et illustré la piété mariale théologique contre tous les coups qui lui étaient portés.

La stature intellectuelle de René Laurentin était impressionnante. Le théologien-historien était aussi exégète. On lui doit ainsi une étude sur les Évangiles de l’enfance. Il aurait pu développer une œuvre dogmatique à l’exemple de ses contemporains qui furent aussi experts au concile. S’il a voulu se concentrer sur la mariologie, ce fut en vertu de ses convictions spirituelles profondes mais aussi de son désir de venir conforter la piété populaire. C’est-à-dire la foi des plus humbles qui voient en Marie leur avocate et leur protectrice devant Dieu.

Un défenseur de Marie

par Gérard Leclerc

jeudi 13 juillet 2023

Prions:

Je vous salue Marie, pleine de grâce ;
Le Seigneur est avec vous.
Vous êtes bénie entre toutes les femmes
Et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni.
Sainte Marie, Mère de Dieu,
Priez pour nous pauvres pécheurs,
Maintenant et à l’heure de notre mort.

Amen

Source : une minute avec Marie

27.09.2023 – SAINT DU JOUR

St Vincent de Paul

PRÊTRE ET FOND. († 1660)

Saint Vincent de Paul
Prêtre, Fondateur d’Ordres
(1581-1660)

Ce saint, dont le nom est devenu synonyme de charité, est l’une des plus pures gloires de la France et de l’humanité tout entière. 

Vincent naît à Pouy, près de Dax (France), le 24 avril 1581. Ses parents faisaient valoir une petite ferme et vivaient du travail de leurs mains. Les premières années de Vincent se passèrent à la garde des troupeaux. Un jour qu’il avait ramassé jusqu’à trente sous, somme considérable pour lui, il la donna au malheureux qui lui parut le plus délaissé. Quand ses parents l’envoyaient au moulin, s’il rencontrait des pauvres sur sa route, il ouvrait le sac de farine et leur en donnait à discrétion.

Son père, témoin de sa charité et devinant sa rare intelligence, résolut de s’imposer les plus durs sacrifices pour le faire étudier et le pousser au sacerdoce : « Il sera bon prêtre, disait-il, car il a le cœur tendre. » À vingt ans, Vincent étudie la théologie à Toulouse et reçoit bientôt le grade de docteur. 

Ordonné en 1600, à l’âge de 19 ans, un an après son ordination il se rend à Marseille pour recueillir un legs que lui a laissé un de ses amis. Au retour, voyageant par mer pour se rendre à Narbonne, il est pris par des pirates et emmené captif en Afrique. Sa captivité, d’abord très dure et accompagnée de fortes épreuves pour sa foi, se termina par la conversion de son maître, qui lui rendit la liberté.

Les circonstances le font nommer aumônier général des galères, et il se dévoue au salut de ces malheureux criminels avec une charité couronnée des plus grands succès. La Providence semble le conduire partout où il y a des plaies de l’humanité à guérir. 

À une époque où la famine et les misères de toutes sortes exercent les plus affreux ravages, il fait des prodiges de dévouement; des sommes incalculables passent par ses mains dans le sein des pauvres, il sauve à lui seul des villes et des provinces entières. Ne pouvant se multiplier, il fonde – en 1617 en France, en 1634 en Italie –, puis en divers lieux, des Confréries de Dames de la Charité (devenues aujourd’hui les Équipes Saint-Vincent — AIC), puis, en collaboration avec Louise de Marillac avec qui il entretiendra une grande amitié, l’ordre des Filles de la Charité (1623), plus connues sous le nom des Sœurs de Saint-Vincent-de-Paul. Nulle misère ne le laisse insensible ; il trouve le moyen de ramasser lui-même et de protéger partout des multitudes d’enfants exposés à l’abandon et à la mort, et mérite le nom de Père des enfants trouvés. 

Il a formé des légions d’anges de charité ; mais il lui faut des légions d’apôtres, et il fonde les Prêtres de la Mission (1625), destinés à évangéliser la France et même les peuples infidèles.

En 1638 débute l’œuvre des « Enfants Trouvés ». Il créa pour cela un établissement pour les enfants trouvés.
Son action ne s’arrêtait jamais. Il envoyait ses missionnaires dans tout le royaume et à l’étranger:
– 1639 voit Vincent organiser les secours en Lorraine (ravagée par la guerre, la peste et la famine).
– 1646 Fondation de la mission d’Alger. 
– 1648 Fondation de la mission de Madagascar. 
– 1649 Démarche de Saint Vincent auprès de la Reine et Mazarin en faveur de la paix. 
– 1651 Vincent organise des secours en Picardie, Champagne et Ile-de France, dévastées par la guerre. C’est l’année de la Fondation de la mission de Pologne.

Accablé d’infirmités et de souffrances à la fin de sa vie, il meurt à Saint-Lazare le 27 septembre 1660. Louise de Marillac était décédée peu de temps avant lui le 15 mars 1660. On lui fit des funérailles exceptionnelles. Toutes les œuvres qu’il avait créées étaient représentées, Les princes se mêlaient aux pauvres dans la foule venue honorer le bienfaiteur que l’on vénéra comme un saint.

Il fut béatifié par Benoît XIII (Pietro Francesco Orsini, 1724-1730) le 12 août 1729 et canonisé par Clément XII (Lorenzo Corsini, 1730-1740) le 16 juin 1737. Actuellement son corps est exposé dans la Chapelle des Lazaristes, 95, rue de Sèvres, à Paris-VIe. 

Pour un approfondissement :
>>> œuvres et biographies

Saint Vincent de Paul priez pour nous !

27.09.2023 – ÉVANGILE DU JOUR

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 9,1-6.

En ce temps-là, Jésus rassembla les Douze ; il leur donna pouvoir et autorité sur tous les démons, et de même pour faire des guérisons ;
il les envoya proclamer le règne de Dieu et guérir les malades.
Il leur dit : « Ne prenez rien pour la route, ni bâton, ni sac, ni pain, ni argent ; n’ayez pas chacun une tunique de rechange.
Quand vous serez reçus dans une maison, restez-y ; c’est de là que vous repartirez.
Et si les gens ne vous accueillent pas, sortez de la ville et secouez la poussière de vos pieds : ce sera un témoignage contre eux. »
Ils partirent et ils allaient de village en village, annonçant la Bonne Nouvelle et faisant partout des guérisons.

Acclamons et partageons la parole de Dieu !

COMMENTAIRE :

Saint François Xavier (1506-1552)

missionnaire jésuite

Lettres 4 et 5 à Saint Ignace de Loyola (in Livre des jours – Office romain des lectures; trad. A.-M. Roguet; Le Cerf – Desclée de Brouwer – Desclée – Mame; Paris 1976; 03/12, p.1655-1656)

« Proclamer le règne de Dieu »

Depuis que je suis venu ici, je n’ai pas arrêté : je parcourais activement les villages, je baptisais tous les bébés qui ne l’avaient pas encore été. (…) Quant aux enfants, ils ne me laissaient ni réciter l’office divin, ni manger ni me reposer tant que je ne leur avais pas enseigné une prière. Alors j’ai commencé à saisir que le Royaume des cieux appartient à ceux qui leur ressemblent (Mc 10,14). Aussi, comme je ne pouvais sans impiété repousser une requête aussi pieuse, en commençant par la confession de foi au Père, au Fils et à l’Esprit Saint, je leur enseignais le Symbole des Apôtres, le Pater Noster et l’Ave Maria. J’ai remarqué qu’ils étaient très doués ; s’il y avait quelqu’un pour les former à la foi chrétienne, je suis sûr qu’ils deviendraient de très bons chrétiens. Dans ce pays, quantité de gens ne sont pas chrétiens uniquement parce qu’il n’y a personne aujourd’hui pour en faire des chrétiens. J’ai très souvent eu l’idée de parcourir toutes les universités d’Europe, et d’abord celle de Paris, pour hurler partout d’une manière folle et pousser ceux qui ont plus de doctrine que de charité, en leur disant : « Hélas, quel nombre énorme d’âmes, exclu du ciel par votre faute, s’engouffre dans l’enfer ! » De même qu’ils se consacrent aux belles-lettres, s’ils pouvaient seulement se consacrer aussi à cet apostolat, afin de pouvoir rendre compte à Dieu de leur doctrine et des talents qui leur ont été confiés ! Beaucoup d’entre eux, bouleversés par cette pensée, aidés par la méditation des choses divines, s’entraîneraient à écouter ce que le Seigneur dit en eux et, en rejetant leurs ambitions et leurs affaires humaines, ils se soumettraient tout entiers, définitivement, à la volonté et au décret de Dieu. Oui, ils crieraient du fond du cœur : « Seigneur, me voici ; que veux-tu que je fasse ? (Ac 9,10; 22,10) Envoie-moi n’importe où, où tu voudras, même jusque dans les Indes. »

LECTURES :

Livre d’Esdras 9,5-9.

Moi, Esdras, à l’heure de l’offrande du soir, je me relevai de ma prostration ; le vêtement et le manteau déchirés, je tombai à genoux ; les mains tendues vers le Seigneur mon Dieu,
je dis : « Mon Dieu, j’ai trop de honte et de confusion pour lever mon visage vers toi, mon Dieu. Nos fautes sans nombre nous submergent, nos offenses se sont amoncelées jusqu’au ciel.
Depuis les jours de nos pères et aujourd’hui encore, grande est notre offense : c’est à cause de nos fautes que nous avons été livrés, nous, nos rois et nos prêtres, aux mains des rois étrangers, à l’épée, à la captivité, au pillage et à la honte, qui nous accablent encore aujourd’hui.
Or, voici que depuis peu de temps la pitié du Seigneur notre Dieu a laissé subsister pour nous des rescapés et nous a permis de nous fixer en son lieu saint ; ainsi, notre Dieu a fait briller nos yeux, il nous a rendu un peu de vie dans notre servitude.
Car nous sommes asservis ; mais, dans cette servitude, notre Dieu ne nous a pas abandonnés : il nous a concilié la faveur des rois de Perse, il nous a rendu la vie, pour que nous puissions restaurer la Maison de notre Dieu et relever ses ruines, afin d’avoir un abri solide en Juda et à Jérusalem. »

Livre de Tobie 13,2.3-4ab.4cde.7.8ab.8cde.

C’est lui qui châtie et prend pitié,
qui fait descendre aux profondeurs des enfers
et retire de la grande perdition :
nul n’échappe à sa main.

Rendez-lui grâce, fils d’Israël, à la face des nations
où lui-même vous a dispersés ;
là, il vous a montré sa grandeur :
exaltez-le à la face des vivants.

Car il est notre Seigneur,
lui, notre Dieu, notre Père,
il est Dieu, pour les siècles des siècles !

Regardez ce qu’il a fait pour vous,
rendez-lui grâce à pleine voix !
Bénissez le Seigneur de justice,
exaltez le Roi des siècles !

Et moi, en terre d’exil, je lui rends grâce ;
je montre sa grandeur et sa force
au peuple des pécheurs.

« Revenez, pécheurs,
et vivez devant lui dans la justice.

Au Haut-Karabagh, des milliers de chrétiens jetés sur les routes

ALAIN JOCARD/ AFP
Les habitants du Haut-Karabagh fuient l’enclave envahie par l’Azerbaïdjan, alors que les routes sont bloquées par les embouteillages, le 26 septembre.

La chute du Haut-Karabakh le 20 septembre dernier, provoquée par l’offensive azerbaïdjanaise, a entraîné l’exil de ses 120.000 habitants. Depuis une semaine, des milliers d’Arméniens sont contraints de prendre la route pour trouver refuge.

Le sang continue de couler dans l’enclave du Haut-Karabagh. Lundi 25 septembre au soir, l’explosion d’une citerne d’essence dans un dépôt de carburants a fait au moins 20 morts et plus de 200 blessés, selon les autorités du Haut-Karabagh – chiffre repris par l’AFP. L’explosion, dont l’origine n’a pas été dévoilée, a eu lieu alors que des « dizaines de personnes » attendaient leur tour pour faire le plein avant de fuir vers l’Arménie, selon Nouvelles d’Arménie.

Ce drame s’ajoute à la tragédie que vivent les 120.000 Arméniens du Haut-Karabagh, qui constituaient l’essentiel de la population de ce territoire. Depuis une semaine, ils sont forcés de fuir la région après l’offensive de l’Azerbaïdjan, le 19 septembre, qui a coûté la vie d’au moins 200 personnes et porté le coup de grâce à la république autoproclamée. Depuis, les images déchirantes de dizaines de milliers de réfugiés en exil affluent sur les réseaux sociaux. Elles montrent des embouteillages interminables de véhicules et de longues files de piétons aux visages exténués, chargés du peu d’affaires qu’ils ont pu emporter avec eux. 

Près de 29 000 réfugiés en Arménie

La population, déjà affaiblie par neuf mois de blocus éprouvant imposé par l’Azerbaïdjan, doit désormais chercher refuge en Arménie, dans des conditions particulièrement difficiles. « Ce qui compte pour eux, c’est de sauver leur vie et celles de leurs enfants, ils se disent que la nourriture et les soins viendront après », affirme à Aleteia Hovannhès Guévorkian, représentant de la république d’Artsakh en France.

Le 26 septembre au matin, les autorités arméniennes ont indiqué que 13.350 Arméniens du Haut-Karabagh avaient déjà rejoint le territoire. Le même jour au soir, ils étaient 28.120. Un début, puisque des milliers d’autres sont attendus dans les prochains jours. « Le corridor de Latchine, par où passent les réfugiés, est complètement bouché, et il y a des embouteillages sur plusieurs dizaines kilomètres », précise Hovannhès Guévorkian. « Les embouteillages sont tels qu’il leur faut plus de 20 heures pour faire seulement quelques kilomètres », soulève quant à elle l’AED (Aide à l’Eglise en Détresse). « Certaines personnes ont sans doute été arrêtées par les autorités azerbaïdjanaises, et l’on ne sait pas non plus ce qu’il en est des plus fragiles, qui sont privés de médicaments depuis des mois, d’eau potable, d’électricité. Ces personnes n’ont pas forcément les moyens matériels et la force de partir ». 

« La peur au ventre »

« La population réfugiée arrive en Arménie appauvrie, en état de malnutrition et la peur au ventre, souligne Hovannhès Guevorkian. Ils vivent dans des abris souterrains depuis le 19 septembre, et il y a encore deux jours, ils ne savaient pas si les Azéris allaient les laisser partir. » L’Arménie a déjà annoncé que sur le nombre de réfugiés arrivés sur son territoire, « plus de 2.500 » ont été logés ces trois derniers jours. Les autres, épuisés, devront encore attendre. « L’Etat arménien et les familles s’organisent pour accueillir les habitants du Haut-Karabagh, explique l’AED. Mais ils ont besoin du soutien de la communauté internationale, car l’Arménie est un petit pays enclavé qui ne dispose pas des mêmes ressources que l’Azerbaïdjan. » 

« Un génocide, ce n’est pas seulement tuer des personnes, c’est aussi tuer une culture. »

Les Arméniens du Haut-Karabagh le savent, ils ne reviendront pas chez eux. « C’est fini, souffle Hovannhès Guévorkian. Sans population au Haut-Karabagh, il n’y a plus de Haut-Karabagh. Un génocide, ce n’est pas seulement tuer des personnes, c’est aussi tuer une culture, et c’est exactement ce que fait l’Azerbaïdjan. En dispersant une population, c’est toute une culture, un dialecte, qui vont disparaître. »

Mais pour le diplomate, il faut désormais penser à la suite, malgré la douleur de la perte du Haut-Karabagh. « Je ferai tout pour que les Arméniens du Haut-Karabagh puissent rester en Arménie, pour faire en sorte qu’ils soient intégrés, et ne soient pas obligés de partir ailleurs », assure-t-il. « Ce serait un nouvel échec ».

Source : ALETEIA.ORG, le 26 septembre 2023

L’espérance au cœur des JMJ diocésaines de 2023 et 2024

JMJ de Lisbonne en août 2023.

L’espérance au cœur des JMJ diocésaines de 2023 et 2024

Dans un communiqué rendu public mardi 26 septembre, le dicastère pour les Laïcs, la famille et la vie a fait part du choix du Pape François, des thèmes des deux prochaines Journées mondiales de la jeunesse qui seront célébrées dans les Églises particulières en 2023 et 2024: celui des 28ème JMJ 2023 est intitulé « Joyeux dans l’espérance », les 29ème JMJ 2024 auront pour thème: « Ceux qui espèrent dans le Seigneur marchent sans se fatiguer ».

La célébration de ces deux prochains événements (JMJ diocésaines 2023 et 2024) va rythmer le chemin de préparation au Jubilé des jeunes, dans le cadre du grand Jubilé de 2025 “Pèlerins d’espérance”. 

“Joyeux dans l’espérance” (cf. Rm 12, 12), cethème sera au coeur des JMJ diocésaines 2023, le 26 novembre prochain. Celui de l’année suivante, dimanche 24 novembre 2024, est intitulé: “Ceux qui espèrent dans le Seigneur marchent sans se fatiguer”(cf. Is 40, 31).

Témoigner que le Christ est vivant

Pour le Pape François, le Christ est «notre espérance et la plus belle jeunesse de ce monde» (ChV 1), a-t-il écrit dans l’exhortation apostolique post-synodale Christus vivit. Avec les thèmes des deux prochaines JMJ, le Saint-Père «invite les jeunes à approfondir le sens de l’espérance chrétienne et à témoigner joyeusement que le Christ est vivant».

Raviver l’espérance dans le monde

La note du dicastère rappelle la Constitution pastorale Gaudium et Spes de 1965: «Les joies et les espérances, les tristesses et les angoisses des hommes de ce temps, des pauvres surtout et de tous ceux qui souffrent, sont aussi les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des disciples du Christ». En ces temps difficiles, «l’Église, comme à l’époque, veut raviver l’espérance dans le monde et, pour ce faire, elle fait confiance en particulier aux jeunes, protagonistes de l’histoire et “missionnaires de la joie”», peut-on lire dans le communiqué.

Source : VATICANNEWS, le 26 septembre 2023