Le Collège des Cardinaux 2023 : Global, diversifié et imprévisible

Cardinaux et évêques attendent les funérailles du pape Émérite Benoît XVI le 5 janvier 2023 sur la place St-Pierre. (photo: Marco Iacobucci Epp / Shutterstock)

Le Collège des Cardinaux 2023 : Global, diversifié et imprévisible

COMMENTAIRE : Le Collège des cardinaux de 2023 est très différent de celui qui a élu François à la papauté en 2013.

Alors que le pape François accueille les derniers membres du Collège des cardinaux – dont 18 nouveaux électeurs habilités à voter lors d’un éventuel conclave – il continue de s’appuyer sur le travail de ses prédécesseurs en rendant le collège plus international, même s’il y appose sa marque personnelle. 

À compter du consistoire du 30 septembre, le collège de François comptera 136 cardinaux électeurs, c’est-à-dire âgés de moins de 80 ans et donc habilités à voter lors de toute élection papale. La composition des 136 électeurs est la suivante : 53 d’Europe, 24 d’Amérique latine, 22 d’Asie, 19 d’Afrique, 15 d’Amérique du Nord et trois d’Océanie. 

Ce groupe est bien supérieur à la limite permanente de 120 électeurs, mais cette exigence établie par le pape saint Paul VI en 1970 a été mise de côté à plusieurs reprises, notamment par le pape saint Jean-Paul II en 2001 et 2003, par le pape Benoît XVI en 2010 et 2012, et maintenant par le pape François. Quinze cardinaux auront 80 ans au cours de l’année prochaine, de sorte que la limite traditionnelle sera atteinte naturellement au fil du temps. 

François a nommé au total 131 cardinaux, à raison d’un consistoire par an en moyenne, avec une interruption en 2021 en raison de la pandémie de grippe aviaire. Au total, il a nommé 98 cardinaux électeurs au cours de neuf consistoires, ce qui signifie que 72 % de tous les électeurs actuels ont été nommés par lui. Les autres ont été nommés par Jean-Paul II et Benoît XVI. À titre de comparaison, Jean-Paul II a nommé 231 cardinaux au cours de neuf consistoires seulement.

Toutefois, le nombre de cardinaux élus ne représente qu’une partie de l’histoire du collège au cours des dernières décennies. François a adopté et accéléré le processus d’internationalisation du corps. Bien qu’il ait nommé un total de 37 électeurs originaires d’Europe, il a réduit la proportion du contingent européen et a augmenté le nombre de cardinaux originaires d’Asie, d’Amérique latine et d’Afrique. Au total, il a nommé des cardinaux originaires de 66 pays, dont plusieurs pays qui ont été nommés pour la première fois, comme le Sud-Soudan, Singapour et la Mongolie.

Le déclin des Européens au sein du collège s’inscrit dans un processus continu qui se déroule depuis plus d’un siècle. Lors du conclave de 1903 qui a élu le pape saint Pie X, les 62 cardinaux participants étaient tous originaires d’Europe, à l’exception d’un seul (le seul non-Européen était le cardinal James Gibbons de Baltimore), et parmi les Européens, plus de la moitié étaient originaires d’Italie. 

Lors du conclave de 1958 qui a élu le pape saint Jean XXIII, le collège était radicalement différent sur le plan géographique, grâce aux efforts délibérés du pape Pie XII pour ajouter des cardinaux originaires du monde entier. Sur les 51 participants au vote, 17 venaient d’Italie, 16 d’Europe et 18 de divers pays non européens. Deux participants américains, les cardinaux James McIntyre de Los Angeles et Francis Spellman de New York, ainsi que des cardinaux d’Argentine, de Cuba, d’Inde, de Colombie, de Chine, de Syrie et d’ailleurs ont également participé au vote. Le nombre d’électeurs non européens a continué à augmenter au cours des conclaves suivants, en 1963, 1978, 2005 et 2013. 

Au 30 septembre, 39 % des électeurs seront originaires d’Europe, 18 % d’Amérique latine et des Caraïbes, 16 % d’Asie, 14 % d’Afrique, 11 % d’Amérique du Nord et 2 % d’Océanie. 

Cela marque un déclin des Européens dans le Collège depuis 2013, de 53%, et des augmentations pour l’Amérique latine de 16% à 18%, de 9% à 16% pour l’Asie et de 9% à 14% pour l’Afrique. Quant à l’influence des Italiens, leur nombre est passé de 28 électeurs en 2013 à 16 lors du dernier consistoire. 

Les changements géographiques et les réalignements au sein du collège sous le pape François s’inscrivent donc dans la tendance de longue date d’un collège représentatif du catholicisme mondial. Le Saint-Père a toutefois façonné directement le collège de deux autres manières significatives. 

Certes, François a nommé certains cardinaux issus des rangs des grands archidiocèses traditionnels, comme les cardinaux Blase Cupich de Chicago et Jozef De Kesel de Malines-Bruxelles en 2016, Celestino Aós Braco de Santiago du Chili et le nouveau José Cobo Cano de Madrid. Cependant, il a souvent ignoré les sièges cardinalices traditionnels – les grands archidiocèses tels que Los Angeles, Paris, Milan et Venise – au profit d’évêques de petits diocèses ou même d’évêques auxiliaires. 

En août 2022, François a nommé au cardinalat Mgr Robert McElroy, évêque de San Diego, un diocèse suffragant de Los Angeles. Il s’agissait là d’une déclaration claire de son soutien personnel au prélat et d’un autre désaveu sans équivoque de l’archidiocèse de Los Angeles – le plus grand des États-Unis – qui a été contourné neuf fois par le pape. 

La décision de nommer des évêques auxiliaires au collège est encore plus inhabituelle. En 2017, par exemple, Gregorio Rosa Chávez, alors évêque auxiliaire de San Salvador, au Salvador, a été nommé (il a eu 80 ans en octobre 2022). De même, lors de ce dernier conclave, François a nommé un évêque auxiliaire du Patriarcat de Lisbonne, Mgr Américo Manuel Alves Aguiar. Et, alors que la rumeur voulait que Mgr Aguiar se rende à Rome pour diriger l’un des dicastères de la Curie ou même pour succéder au cardinal Manuel José Macário do Nascimento Clemente en tant que patriarche de Lisbonne, il a plutôt été envoyé dans le modeste diocèse portugais de Setúbal, un suffragant de Lisbonne. 

Tout aussi inhabituelle a été la sélection par François de nouveaux cardinaux originaires de territoires et de diocèses véritablement éloignés, souvent dotés d’une population catholique minuscule – une décision qui incarne le souci du Saint-Père d’atteindre les périphéries de l’Église. Il s’agit notamment de cardinaux originaires de Mongolie, du Maroc, de Suède et du Laos, dont les populations catholiques ne se comptent pas en millions mais en milliers. 

Dans l’ensemble, le collège de 2023 est plus international, plus diversifié et plus imprévisible que celui qui a élu François à la papauté en 2013. Il est certain qu’il y a des cardinaux progressistes engagés, mais il est impossible de faire des hypothèses générales sur les tendances idéologiques ou théologiques de l’ensemble du corps des électeurs dispersés dans le monde entier. Il est donc tout aussi difficile de prédire l’issue d’un futur conclave, et même si François semble avoir adopté une approche avant-gardiste pour nommer ses cardinaux électeurs, cette imprévisibilité est peut-être exactement ce qu’il souhaite.

Matthew Bunson Matthew Bunson est vice-président et directeur éditorial d’EWTN News. Au cours des 20 dernières années, le Dr Bunson a été actif dans le domaine de la communication sociale et de l’éducation catholique. Il a écrit, édité et enseigné sur une variété de sujets liés à l’histoire de l’Église, à la papauté, aux saints et à la culture catholique. Paul Center for Biblical Theology et est l’auteur ou le co-auteur de plus de 50 livres, dont : L’encyclopédie de l’histoire catholique, L’encyclopédie du pape, Nous avons un pape ! Benedict XVI, The Saints Encyclopedia et les biographies à succès de saint Damien de Molokai et de sainte Kateri Tekakwitha.

Source : National Catholic Register, le 28 septembre 2023

30.09.2023 – VEILLÉE DE PRIÈRE OECUMÉNIQUE « TOGETHER » SUR LA PLACE ST-PIERRE

Veillée de prière œcuménique, le silence «essentiel» à la vie de l’Eglise

A quelques jours de l’ouverture des travaux de la première session de la XVIe Assemblée générale ordinaire du Synode des évêques, mercredi 4 octobre, la place Saint-Pierre a accueilli une veillée œcuménique de prière, au cours de laquelle le Pape François a pris la parole, rappelant l’importance du silence dans la vie du croyant et de l’Eglise. La veillée de prière était organisée pour confier à l’Esprit Saint les participants du Synode. 

Vatican News

Après l’écoute de témoignages de réfugiés d’Alep en Syrie, de Bogota en Colombie, ponctuées de chants par une chorale serbe orthodoxe et d’un chant nigérien, et après une cérémonie d’action de grâce conduite par des jeunes du monde entier, le Saint-Père, près de la Croix au pied de laquelle des fleurs et un gilet de sauvetage ont été déposés, a pris la parole, remerciant d’abord la communauté de Taizé pour cette initiative intitulée, «Together» (Ensemble, en français). 

A la veille de la retraite spirituelle qui précède l’Assemblée générale ordinaire du Synode des évêques, François est revenu sur le sens du mot «synode»: «marchons ensemble, pas seulement les catholiques, mais tous les chrétiens, tout le peuple des baptisés, tout le Peuple de Dieu, parce que seul l’ensemble peut être l’unité de tous», et a délivré un discours sur l’importance du silence. 

Le silence, essentiel dans la vie du croyant

Le silence, a développé l’évêque de Rome, «se trouve au début et à la fin de l’existence terrestre du Christ», «Ce soir, nous, chrétiens, nous nous tenons en silence devant le Crucifix de Saint-Damien, comme des disciples à l’écoute devant la croix, la cathèdre du Maître»

Un silence qui n’est pas vide, a-t-il détaillé, mais «rempli de foi, d’attente et de disponibilité». Un silence, a repris François, devant des centaines de jeunes de différentes confessions, auquel «nous ne sommes plus habitués», et que «nous avons même parfois du mal à supporter, parce qu’il nous met face à Dieu et face à nous-mêmes».  

La veillée de prière place Saint-Pierre, samedi 30 septembre.

La veillée de prière place Saint-Pierre, samedi 30 septembre.

Aux cotés du Pape François pour partager la prière, le patriarche œcuménique orthodoxe de Constantinople Bartholomée, l’archevêque de Canterbury, Justin Welby, le Patriarche Aphrem II d’Antioche , le Père Thaoufilos El-Soryan de l’Église copte orthodoxe et de nombreux autres responsables de différentes Églises.

Le silence, essentiel dans la vie de l’Eglise

Les Actes des Apôtres racontent qu’après le discours de Pierre au Concile de Jérusalem, «toute la multitude garda le silence» (Ac 15, 12), a continué François, «Cela nous rappelle que le silence, dans la communauté ecclésiale, rend possible la communication fraternelle, dans laquelle l’Esprit Saint harmonise les points de vue.»

Ainsi, «Être synodal, veut dire s’accueillir les uns les autres ainsi, en ayant conscience que nous avons tous quelque chose à témoigner et à apprendre, en nous mettant ensemble à l’écoute de « l’Esprit de vérité » (Jn 14, 17) pour savoir ce qu’il « dit aux Églises » (Ap 2, 7)»  a poursuivi le Souverain pontife, avant de demander à l’Esprit le don de l’écoute pour les participants au Synode.

Le silence, essentiel sur le chemin de l’unité des chrétiens

En troisième partie de son discours, le Saint-Père est revenu sur le silence comme élément fondamental sur le chemin de l’unité des chrétiens.

«L’unité des chrétiens grandit en silence devant la Croix, comme les semences que nous recevrons et qui représentent les différents dons accordés par l’Esprit Saint aux diverses traditions: nous avons le devoir de les semer, avec la certitude que Dieu seul donne la croissance (cf. 1 Co 3, 6).», a-t-il rappelé.

En conclusion, sous le soleil de la fin de journée place Saint-Pierre, François a invité son assemblée à «réapprendre à faire silence: pour écouter la voix du Père, l’appel de Jésus et le gémissement de l’Esprit. Demandons que le Synode soit un kairós de fraternité, un lieu où l’Esprit Saint purifie l’Église des bavardages, des idéologies et des polarisations».

L’icone de la Vierge « Salus populis Romani » a été apportée place Saint-Pierre, une icone chère aux habitants de la ville eternelle et au Souverain pontife puisque c’est devant elle qu’il se recueille avant et après chaque voyage apostolique.

Source : VATICANNEWS, le 30 septembre 2023

30.09.2023 – CONSISTOIRE : 21 NOUVEAUX CARDINAUX CRÉÉS PAR LE PAPE

Consistoire: le Collège cardinalice, appelé à ressembler à un orchestre symphonique 

En ce samedi 30 septembre, place Saint-Pierre, le Pape François a présidé son 9ème consistoire ordinaire au cours duquel 21 nouveaux cardinaux ont été créés. Dans son homélie, le Successeur de Pierre a mis en lumière le récit de la Pentecôte du Livre des Actes des Apôtres, invitant les nouveaux cardinaux à ressembler à «un orchestre représentant la symphonie et la synodalité de l’Église». 

Myriam Sandouno – Cité du Vatican

Fidèles chrétiens, familles, différentes délégations venus des quatre coins du monde entier, près de 12 000 personnes ont pris part à la cérémonie solennelle du 9èmeconsistoire ordinaire du pontificat de François depuis son élection en 2013. Ce samedi 30 septembre, 20 nouveaux cardinaux présents issus de quatre continents, ont reçu leur barrette des mains du Saint-Père, qui dans son homélie a tout d’abord relevé «une surprise» dans le récit de la Pentecôte, dans laquelle il dit avoir reconnu avec joie l’humour de l’Esprit Saint. Elle consiste «dans le fait que normalement, nous, pasteurs, lorsque nous lisons le récit de la Pentecôte, nous nous identifions aux Apôtres».

Il est normal qu’il en soit ainsi, a reconnu le Pape. Par contre, ces juifs religieux résidants à Jérusalem dont parle le Livre des Actes des apôtres «Parthes, Mèdes, Elamites, etc…», que «dans mon esprit j’avais associés aux cardinaux, n’appartiennent pas au groupe des disciples, ils sont hors du cénacle, ils font partie de cette “foule” qui s’est “rassemblée” en entendant le bruit causé par le vent impétueux. Les Apôtres étaient “tous Galiléens” (cf. v. 7), tandis que les gens qui s’étaient rassemblés étaient « de toutes les nations sous le ciel », comme le sont les Évêques et les cardinaux à notre époque», a affirmé François.

La naissance d’une Église sainte, catholique et apostolique 

Une telle inversion des rôles pousse certes à la réflexion, mais en observant de plus près, elle révèle une perspective intéressante: Il s’agit de «nous appliquer – moi le premier – a déclaré le Pape tout en faisant remarquer ensuite que l’expérience de ces juifs qui, par un don de Dieu, se sont trouvés protagonistes de l’événement de la Pentecôte, c’est-à-dire du “baptême” dans l’Esprit Saint, a donné naissance à l’Église une, sainte, catholique et apostolique».

Cette perspective se résume à: «redécouvrir avec étonnement le don d’avoir reçu l’Évangile», a souligné François, « dans nos langues »», comme le disaient les Juifs de naissance et convertis, Crétois et Arabes le jour de Pentecôte. Mais aussi à «repenser avec gratitude au don d’avoir été évangélisés et d’avoir été tirés de peuples qui, chacun en son temps, ont reçu le Kérygme, l’annonce du mystère du Salut, et qui, en l’accueillant, ont été baptisés dans l’Esprit Saint et sont entrés dans l’Église». Cette «Église mère qui parle dans toutes les langues, qui est une et qui est catholique».

La grâce de l’Évangile pour les peuples

Le Pape a estimé qu’avant d’être «apôtres», prêtres, évêques, cardinaux, «nous sommes “Parthes, Mèdes, Élamites” etc. Et cela devrait éveiller en nous l’étonnement et la gratitude pour avoir reçu la grâce de l’Évangile dans nos peuples d’origine respectifs. Je pense que cela est très important et qu’il ne faut pas l’oublier», a-t-il dit, car «c’est là, dans l’histoire de notre peuple, je dirais dans la “chair” de notre peuple, que l’Esprit Saint a opéré le miracle de la communication du mystère de Jésus-Christ mort et ressuscité». Et «il nous est parvenu “dans nos langues”, sur les lèvres et dans les gestes de nos grands-parents et de nos parents, des catéchistes, des prêtres, des religieux…», a ajouté le Souverain pontife. Chacun «peut se souvenir de voix et de visages concrets. La foi est transmise “en dialecte”, par les mères et les grands-mères», a-t-il déclaré.

Lors du rite de création du consistoire.

Lors du rite de création du consistoire. 

Un don à renouveler dans la foi

À tous ces nouveaux cardinaux et fidèles présents, François a rappelé que «nous sommes en effet des évangélisateurs dans la mesure où nous gardons dans notre cœur l’émerveillement et la gratitude d’avoir été évangélisés; ou plutôt d’être évangélisés, parce qu’en réalité il s’agit d’un don toujours actuel qui demande à être continuellement renouvelé dans la mémoire et dans la foi».

La Pentecôte – comme le Baptême – n’appartient pas au passé, c’est un acte créateur que Dieu renouvelle continuellement, a-t-il précisé. «L’Église – et chacun de ses membres – vit de ce mystère toujours actuel. Elle ne vit pas de “rente”, encore moins d’un patrimoine archéologique aussi précieux et noble soit-il».

L’action de l’Esprit Saint

La présence de l’Esprit Saint reste toujours effective, car pour François, «l’Église, et chaque baptisé, vit dans l’aujourd’hui de Dieu par l’action de l’Esprit Saint». «Même l’acte que nous accomplissons ici en ce moment a un sens si nous le vivons dans cette perspective de foi», a-t-il fait remarquer.

S’adressant directement aux cardinaux, le Pape a affirmé ceci: «vous, nouveaux cardinaux, vous êtes venus de différentes parties du monde, et le même Esprit qui féconda l’évangélisation de vos peuples renouvelle maintenant en vous votre vocation et votre mission dans l’Église et pour l’Église».

L’image de l’orchestre et la synodalité

C’est à cela que le Collège cardinalice est appelé à ressembler, a dit François. «Un orchestre symphonique représentant la symphonie et la synodalité de l’Église», non seulement «parce que nous sommes à la veille de la première Assemblée du Synode, qui porte précisément sur ce thème, mais aussi parce qu’il me semble que la métaphore de l’orchestre peut bien éclairer le caractère synodal de l’Église».

La symphonie

Poursuivant, le Pape a mis l’accent sur la symphonie qui vit de la composition savante des timbres des différents instruments et à travers laquelle chacun apporte sa contribution, parfois seul, parfois uni à un autre, parfois avec tout l’ensemble. «La diversité est nécessaire, elle est indispensable». Mais «chaque son doit concourir au dessein commun. Et pour cela, l’écoute mutuelle est fondamentale», a déclaré le Pape.

Le Saint-Père a relevé «qu’il nous est bon de nous reconnaître dans l’image de l’orchestre, pour apprendre davantage à être Église symphonique et synodale. Je la propose en particulier à vous, membres du Collège cardinalice, dans la consolante confiance que nous avons pour maître l’Esprit Saint: le maître intérieur de chacun et le maître du cheminement commun». Il «crée la variété et l’unité, il est l’harmonie même. Nous nous confions à sa conduite douce et forte, et à la protection prévenante de la Vierge Marie», a conclu le Pape François.

Création des cardinaux 

Après l’homélie, le Saint-Père a procédé au rite de création des nouveaux cardinaux. L’un d’eux, le père Luis Dri, un frère capucin confessant depuis des années au sanctuaire de Notre-Dame de Pompei, à Buenos Aires, âgé de 96 ans, n’a pas pu effectuer le déplacement. Il recevra la barrette des mains de l’archevêque de Buenos-Aires. 

Chacun des 20 nouveaux cardinaux présents, se mettant en ligne devant le Pape François, ont professé leur foi et juré fidélité et reconnaissance aux saints apôtres de l’Église Romaine. Le Saint-Père a ensuite remis à chacun d’eux la barrette et l’anneau cardinalice.

Désormais, le collège cardinalice compte 242 membres, 138 cardinaux-électeurs en cas de conclave. Parmi les nouveaux cardinaux figurent: deux Français Mgr François Bustillo, l’évêque d’Ajaccio en Corse, et Mgr Christophe Pierre, nonce apostolique aux États-Unis depuis 2016. Trois nouveaux cardinaux sont membres de la Curie. Il s’agit de Mgr Robert Francis Prevost, préfet du dicastère pour les Évêques, Mgr Claudio Gugerotti, à la tête du dicastère pour les Églises orientales, et Mgr Victor Manuel Fernández, nouveau préfet du dicastère pour la Doctrine de la foi. 

Figurent également Mgr Stephen Ameyu Martin Mulla, archevêque de Juba au Soudan du Sud, qui a accueilli le Pape en début d’année, mais aussi Mgr Sebastian Francis, archevêque de Penang en Malaisie, engagé et dévoué dans le dialogue interreligieux, et Mgr Pierbattista Pizzaballa qui devient le premier patriarche latin de Jérusalem à obtenir la pourpre. 

Les nouveaux cardinaux.

Les nouveaux cardinaux.

Source : VATICANNEWS, le 30 septembre 2033

« Je ne me fatiguais pas de la répétition de ces « Je vous salue » »

iStock/Getty Images Plus/Audrey Zhuravlev

« Je ne me fatiguais pas de la répétition de ces « Je vous salue » »

Le grand écrivain français converti du communisme, André Frossard, publiait en 1976 un livre intitulé : Il y a un autre monde…

Echappant à tous les conformismes, ne se gaussant ni des prêtres, ni des dévotions, ni des images pieuses, il contemple la Vierge Marie en son éblouissante pureté. Il écrit (pages 45 et 46) : « Le « Je vous salue Marie » est parfois contesté même par des prédicateurs qui croiraient aux petits hommes verts de la planète Mars plus volontiers qu’aux anges… Que de fois nous aura-t-on mis en garde contre les excès d’une dévotion dont on se plaît à décrire les effets émollients et à moquer les manifestations, comme si le siècle était porté aux égarements mystiques et comme s’il y avait de l’esprit à railler tant de misères et de souffrances qui n’auront retiré du monde que ce grain de chapelet, ce noyau d’espérance qu’emportent des doigts crispés … »

De cet ardent converti, illuminé par la grâce, retenons, les lignes suivantes ; « L’après-midi, entre deux parquets à cirer (il était soldat), je disais mon rosaire, que je trouvais court. Je ne me fatiguais pas de la répétition de ces « Je vous salue » qui deviennent merveilleusement explorateurs quand on les laisse aller à destination au lieu de les retenir avec son chapelet comme au bout d’une laisse. »

D’après Josse ALZIN, dans « La voix de Beauraing. » 11. 9.76.

Prions :

Je vous salue Marie, pleine de grâce ;
Le Seigneur est avec vous.
Vous êtes bénie entre toutes les femmes
Et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni.
Sainte Marie, Mère de Dieu,
Priez pour nous pauvres pécheurs,
Maintenant et à l’heure de notre mort.

Amen

Source : une minute avec Marie

30.09.2023 – SAINT DU JOUR

St Jérôme

St Jérôme

PRÊTRE ET DOCTEUR DE L’ÉGLISE († V. 420)

Saint Jérôme de Stridon
Prêtre et docteur de l’Église
Auteur de la « Vulgate »

Jérôme, en latin : Eusebius Sophronius Hieronymus Stridonensis, naît à Stridon (actuelle Croatie) vers 347 dans une famille chrétienne, qui lui assura une formation soignée, l’envoyant également à Rome pour perfectionner ses études. Dès sa jeunesse, il ressentit l’attrait de la vie dans le monde (cf. Ep 22, 7), mais en lui prévalurent le désir et l’intérêt pour la religion chrétienne. Après avoir reçu le Baptême vers 366, il s’orienta vers la vie ascétique et, s’étant rendu à Aquilée, il s’inséra dans un groupe de fervents chrétiens, qu’il définit comme un « chœur de bienheureux » (Chron. ad ann. 374) réuni autour de l’Évêque Valérien. Il partit ensuite pour l’Orient et vécut en ermite dans le désert de Calcide, au sud d’Alep (cf. Ep 14, 10), se consacrant sérieusement aux études. Il perfectionna sa connaissance du grec, commença l’étude de l’hébreu (cf. Ep 125, 12), transcrivit des codex et des œuvres patristiques (cf. Ep 5, 2). La méditation, la solitude, le contact avec la Parole de Dieu firent mûrir sa sensibilité chrétienne. Il sentit de manière plus aiguë le poids de ses expériences de jeunesse (cf. Ep 22, 7), et il ressentit vivement l’opposition entre la mentalité païenne et la vie chrétienne: une opposition rendue célèbre par la « vision » dramatique et vivante, dont il nous a laissé le récit. Dans celle-ci, il lui sembla être flagellé devant Dieu, car « cicéronien et non chrétien » (cf. Ep 22, 30).

En 382, il partit s’installer à Rome : là, le pape Damase, connaissant sa réputation d’ascète et sa compétence d’érudit, l’engagea comme secrétaire et conseiller; il l’encouragea à entreprendre une nouvelle traduction latine des textes bibliques pour des raisons pastorales et culturelles. Quelques personnes de l’aristocratie romaine, en particulier des nobles dames comme Paola, Marcella, Asella, Lea et d’autres, souhaitant s’engager sur la voie de la perfection chrétienne et approfondir leur connaissance de la Parole de Dieu, le choisirent comme guide spirituel et maître dans l’approche méthodique des textes sacrés. Ces nobles dames apprirent également le grec et l’hébreu. 

Après la mort du pape Damase, Jérôme quitta Rome en 385 et entreprit un pèlerinage, tout d’abord en Terre Sainte, témoin silencieux de la vie terrestre du Christ, puis en Égypte, terre d’élection de nombreux moines (cf. Contra Rufinum 3, 22; Ep 108, 6-14). En 386, il s’arrêta à Bethléem, où, grâce à la générosité de la noble dame Paola, furent construits un monastère masculin, un monastère féminin et un hospice pour les pèlerins qui se rendaient en Terre Sainte, « pensant que Marie et Joseph n’avaient pas trouvé où faire halte » (Ep 108, 14). Il resta à Bethléem jusqu’à sa mort, en continuant à exercer une intense activité : il commenta la Parole de Dieu ; défendit la foi, s’opposant avec vigueur à différentes hérésies ; il exhorta les moines à la perfection ; il enseigna la culture classique et chrétienne à de jeunes élèves ; il accueillit avec une âme pastorale les pèlerins qui visitaient la Terre Sainte. Il s’éteignit dans sa cellule, près de la grotte de la Nativité, le 30 septembre 419/420.

Pour approfondir, lire les Catéchèses du pape Benoît XVI :


>>> Saint Jérôme (1)


>>> Saint Jérôme (2)

Saint Jérôme de Stridon priez pour nous !