Prier le chapelet a toujours été une corvée et surtout j’avais de grandes réserves, ne comprenant pas que prier les saints et la Vierge ce n’est pas faire offense à Dieu, bien au contraire. Pas de jalousie au Ciel. Tout le monde s’aime en Dieu, uni à Dieu.
J’avais néanmoins expérimenté la force du chapelet dans quelques situations complexes et avais été stupéfait de ses effets.
Actuellement je traverse une période d’épreuves hallucinantes que je découvre être en lien avec des malédictions et de la magie et qui à mon sens ne peuvent donc résulter que d’une attaque en règle du démon qui s’en prend avec acharnement à ma famille.
Et ce matin j’ai reçu cet appel, dans mon cœur, à m’appuyer sur cette arme qu’est le chapelet et que j’ai alors récité avec facilité et joie. Joie de savoir que le pécheur que je suis n’est pas abandonné de Dieu, de découvrir que le rosaire est la prière offerte aux pécheurs même les plus endurcis, et que la Victoire m’attend au bout de toutes ces épreuves que je confie au Seigneur.
J’ai d’ailleurs parfaitement conscience que ces épreuves sont un temps de grâce que Dieu m’offre pour m’apprendre à Le prier et à Lui faire confiance.
Je vous salue Marie, pleine de grâce ; Le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes Et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, Priez pour nous pauvres pécheurs, Maintenant et à l’heure de notre mort.
Saint Denys l’Aréopagite Disciple de saint Paul Évêque d’Athènes (Ier s.)
Martyrologe Romain : commémoraison de saint Denys l’Aréopagite, qui donna son adhésion au Christ après le discours de l’Apôtre saint Paul devant l’Aréopage et fut établi premier évêque des Athéniens.
Denys l’aréopagite fut converti à la foi de J.-C. par l’apôtre saint Paul. On l’appelle aréopagite du quartier de la ville où il habitait. L’aréopage était le quartier de Mars, parce qu’il y avait un temple dédié à ce Dieu. Les Athéniens donnaient aux différentes parties de la ville le nom du dieu qui était honoré; ainsi celle-ci était appelée Aréopage parce que Ares est un des noms de Mars : ainsi le quartier où Pan était adoré se nommait Panopage, et ainsi des autres.. Or, l’Aréopage était le quartier le plus remarquable, puisque c’était celui de la noblesse et des écoles des arts libéraux. C’était donc là que demeurait Denys très grand philosophe, qui, à raison de sa science et de la connaissance parfaite qu’il avait des noms divins, était surnommé Théosophe, ami de Dieu.
Comme s’accomplissait le temps où il allait être enlevé au ciel, Jésus, le visage déterminé, prit la route de Jérusalem. Il envoya, en avant de lui, des messagers ; ceux-ci se mirent en route et entrèrent dans un village de Samaritains pour préparer sa venue.
Mais on refusa de le recevoir, parce qu’il se dirigeait vers Jérusalem. Voyant cela, les disciples Jacques et Jean dirent : « Seigneur, veux-tu que nous ordonnions qu’un feu tombe du ciel et les détruise ? » Mais Jésus, se retournant, les réprimanda. Puis ils partirent pour un autre village.
Acclamons et partageons la parole de Dieu !
COMMENTAIRE :
Vénérable Madeleine Delbrêl (1904-1964)
missionnaire des gens des rues
Une vocation pour Dieu parmi les hommes (La joie de croire, éd. du Seuil, 1968, p. 159 ; rev.)
Il n’y a pas d’échec pour Dieu
Là où on a suivi Jésus-Christ, on glorifie Dieu en l’appelant Dieu, mais en même temps, c’est inévitable, on appelle en lui chaque homme par son nom. À cet appel, il se peut qu’aucun ne réponde… jamais. On pourrait savourer une doctrine de l’échec. Mais, pour celui qui est le tâcheron de Dieu, toutes ses tâches peuvent sembler échouer, le travail qui englobe ces tâches n’échoue pas, car c’est le travail de Dieu : aucun échec n’est fait pour Dieu. Mais il nous appartient qu’une de nos tâches n’échoue pas : c’est la croix, ce qui nous a été gardé à « achever dans la Passion du Christ ». Là il s’agit d’aimer ; mais non comme un artiste, sans erreur, sans défaut, sans soubresaut : il faut « aimer le Seigneur de toutes ses forces » (cf. Lc 10,27). Après « toutes ses forces », il se peut que nous soyons face à terre, vaincus, révoltés sans comprendre que nous le soyons : il n’y aura pas d’échec pour la rédemption, mais sans doute n’en saurons-nous rien. Tout cela est une vie où rien ne peut nous assurer de bien vivre, car rien ne s’y pèse avec nos poids. Cent fois, il nous semblera avoir pris la terre dans nos bras, sur notre cœur, et avoir passé tout ce que les autres hommes appellent jeunesse, maturité, vieillesse près d’un brin d’herbe qui n’a même pas grandi. Mais quand la vie éternelle s’ouvrira toute grande pour nous, quand il faudra mourir, avant de voir Dieu, il se peut que nous voyions grand comme un brin d’herbe. Nous ne serons pas alors sûrs de notre justice, mais de la miséricorde de Dieu.
LECTURES :
Livre de Zacharie 8,20-23.
Ainsi parle le Seigneur de l’univers : Voici que, de nouveau, des peuples afflueront, des habitants de nombreuses villes. Les habitants d’une ville iront dans une autre ville et diront : « Allons apaiser la face du Seigneur, allons chercher le Seigneur de l’univers ! Quant à moi, j’y vais. » Des peuples nombreux et des nations puissantes viendront à Jérusalem chercher le Seigneur de l’univers et apaiser sa face. Ainsi parle le Seigneur de l’univers : En ces jours-là, dix hommes de toute langue et de toute nation saisiront un Juif par son vêtement et lui diront : « Nous voulons aller avec vous, car nous avons appris que Dieu est avec vous. »
Psaume 87(86),1-3.4-5.6-7.
Elle est fondée sur les montagnes saintes. Le Seigneur aime les portes de Sion plus que toutes les demeures de Jacob. Pour ta gloire on parle de toi, ville de Dieu !
« Je cite l’Égypte et Babylone entre celles qui me connaissent. » Voyez Tyr, la Philistie, l’Éthiopie : chacune est née là-bas. Mais on appelle Sion : « Ma mère ! » car en elle, tout homme est né.
C’est lui, le Très-Haut, qui la maintient. Au registre des peuples, le Seigneur écrit : « Chacun est né là-bas. » Tous ensemble ils dansent, et ils chantent :
Chaque année, nous célébrons Notre-Dame du Rosaire le 7 octobre. Cette solennité liturgique n’est pas liée à un moment de l’histoire du Salut, mais commémore la victoire des chrétiens lors de la bataille de Lépante en 1571, obtenue, selon saint Pie V alors pape, grâce à la prière du Rosaire. Cet événement a donné une impulsion décisive à cette dévotion et a développé son iconographie qui lie la Vierge Marie et saint Dominique.Ce documentaire explore les enjeux historiques, spirituels et pastoraux de cette prière, de la région de Fanjeaux, aux sources de l’ordre dominicain, où, selon la tradition, la sainte Vierge aurait remis le Rosaire à saint Dominique, à Lourdes où les apparitions à Bernadette sont indissociables de cette prière et où l’on a construit contre la grotte la basilique dédiée à Notre-Dame du Rosaire, en passant par Pompéi où le bienheureux Bartolo Longo, véritable apôtre du Rosaire, a fait édifier un immense sanctuaire en son honneur et a fortement contribué au développement social de la ville grâce à sa diffusion. Finalement, ce film montre que le Rosaire est une immersion dans le contenu le plus pur de la foi chrétienne, mis à notre portée par la prière de Marie. Notre Dame du rosaire – Une corproduction KT0/CAT PRODUCTIONS 2023 – Réalisée par Armand Isnard
Rome (Agence Fides) – Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus et de la Sainte Face, proclamée par le Pape Pie XI co-patronne des missions avec Saint François Xavier, a vécu une bonne partie de sa courte et fragile vie (elle est morte à 24 ans de la tuberculose) entre les murs d’un monastère. Mais avant de commencer son temps de réclusion, la sainte de Lisieux, dont on célèbre aujourd’hui la mémoire liturgique, a su puiser dans la mémoire apostolique et martyriale de l’Église de Rome qui, par tradition, au mois d’octobre, appelle également toutes les communautés catholiques du monde à collecter des aides pour les œuvres missionnaires. Cela s’est passé en novembre 1887, alors que Thérèse avait 14 ans et que le pape Léon XIII célébrait son jubilé sacerdotal.
Parmi les nombreux pèlerinages organisés pour rendre hommage au souverain pontife âgé, il y a eu celui organisé par le diocèse français de Coutances. Thérèse Martin y a participé avec son père Louis et sa sœur Céline. Thérèse part pour Rome avec un « plan » bien à elle : si elle en a l’occasion, elle veut parler au vieux pontife et lui demander directement la permission de devenir carmélite à l’âge de quinze ans. Depuis le récit de son voyage en Italie, consigné dans son journal, l’Histoire d’une âme, les pages dans lesquelles Thérèse décrit sa rencontre et sa conversation avec le pape sont devenues célèbres. Mais les détails les plus évocateurs du récit de l’adolescente sont peut-être ceux qui décrivent son pèlerinage vers les souvenirs chrétiens disséminés autour de la Ville éternelle : « Ah, quel voyage ! Il m’a plus appris par moi-même que les longues années d’études », écrit Thérèse. Et elle ajoute : « J’ai vu de belles choses, j’ai contemplé les merveilles de l’art et de la religion, j’ai surtout marché sur la terre même des apôtres, la terre trempée dans le sang des martyrs, et mon âme s’est dilatée au contact des choses saintes ».
Le voyage du groupe, qui a commencé à Paris, s’arrête à Milan, Venise, Padoue et Bologne avant d’arriver à Rome. Le train arrive à Rome de nuit, et Thérèse Céline et son père Louis trouvent un hébergement dans un hôtel de la Via Capo le Case, une rue qui donne également sur un côté du palais de la Propaganda Fide. Ils restent dans la ville pendant sept jours. Ses notes de voyage uniques, confiées à son journal, relatent non seulement sa rencontre avec le pape Léon XIII, mais aussi le Colisée et les Catacombes, les basiliques Sainte-Cécile et Sainte-Agnès, ainsi que la basilique Sainte-Croix de Jérusalem.
Au Colisée, la jeune fille de Lisieux raconte comme une aventure audacieuse son départ du groupe pour descendre avec Céline parmi les ruines : « Je vis enfin, écrit Thérèse cette arène où tant de martyrs avaient donné leur sang pour Jésus et j’étais déjà prête à baiser la terre qu’ils avaient consacrée, mais quelle déception ! Le centre n’est qu’un amas de ruines que les pèlerins ne peuvent que regarder, parce qu’une barricade les empêche d’y pénétrer ; après tout, personne ne ressent la tentation d’entrer parmi ces ruines. Était-on donc venu à Rome pour ne pas descendre dans le Colisée ? Cela me paraissait impossible » : Thérèse n’écoute plus les explications du guide et commence à chercher un moyen de sortir des sentiers protégés et de descendre dans les ruines. Il enjambe la clôture, emmenant Céline avec lui, et « nous voilà en train d’escalader les ruines qui s’écroulaient sous nos pas. Papa nous regarda, étonné de notre audace, et nous dit de faire demi-tour, mais les deux fugitifs n’entendirent plus rien ». Les deux sœurs se mirent à la recherche d’un pavé, marqué d’une croix, que le guide avait indiqué « comme celui où les martyrs ont combattu », et l’ayant trouvé, « nous nous agenouillâmes sur cette terre sacrée, nos âmes se confondant en une seule prière. Mon cœur battait la chamade lorsque j’approchais mes lèvres de la poussière rougie par le sang des premiers chrétiens, je demandais la grâce d’être moi aussi martyre pour Jésus, et je sentais au plus profond de mon cœur que ma prière était exaucée. Tout cela, poursuit Thérèse, s’est fait en très peu de temps ; après avoir ramassé quelques pierres, nous sommes retournées dans les murs en ruine pour recommencer notre entreprise hasardeuse. Le Père, nous voyant si heureuses, ne pouvait nous faire aucun reproche, et je voyais bien qu’il était fier de notre audace…. Le bon Dieu nous a visiblement protégés, car les pèlerins, un peu éloignés, ne se sont pas aperçus de notre absence (…) ».
Pour Thérèse, écrit Giovanni Ricciardi, il ne suffit pas de savoir ou de voir de loin. Devant les reliques des martyrs, elle ressent le besoin de s’approcher, de toucher de ses propres mains ». Ce sera également le cas aux catacombes de San Callisto. «» « Ils sont tels que je les avais imaginés en lisant la description de la vie des martyrs », dit Thérèse. Là aussi, les deux sœurs laissent le cortège de pèlerins s’éloigner un peu, descendent au fond de l’ancienne tombe de sainte Cécile et ramassent un peu de terre. « Avant le voyage à Rome, écrit Teresa, je n’avais pas de dévotion particulière pour cette sainte, mais en visitant la maison transformée en église [la basilique Sainte-Cécile du Trastevere], le lieu de son martyre, et en apprenant qu’elle a été proclamée reine de l’harmonie non pas à cause de sa belle voix ou de son talent pour la musique, mais en souvenir du chant virginal qu’elle a fait entendre à son Époux céleste caché au fond de son cœur, j’ai ressenti pour elle plus que de la dévotion : une véritable tendresse d’amie. .. Elle est devenue ma sainte préférée, ma confidente intime… ». Thérèse se souvient également d’un détail de la Passio de sainte Cécile, qu’elle a peut-être lu dans la vie des martyrs : « Cécile portait toujours l’Évangile du Christ caché dans son sein et, nuit et jour, elle ne cessait de parler du Seigneur dans ses prières et lui demandait très souvent de la conserver dans sa virginité. Cette même proximité de sœur, Thérèse l’a ressentie et proclamée avec sainte Agnès lors d’une visite à la basilique dédiée à la sainte sur la Via Nomentana. Cette visite, raconte Thérèse, me fut d’une grande douceur, c’était une amie d’enfance que je visitais chez elle, je lui parlais longuement de celle qui portait si bien son nom [Sœur Agnès, déjà au Carmel à l’époque], et j’ai fait tous mes efforts pour obtenir une relique de cette angélique patronne de ma très chère mère, j’aurais voulu la lui porter, mais il ne nous a pas été possible d’avoir autre chose qu’une pierre rouge détachée d’une riche mosaïque dont l’origine remonte au temps de sainte Agnès et qu’elle devait elle-même regarder souvent ».
Thérèse exerce la même manière physique et vitale d’aborder les souvenirs chrétiens devant les reliques les plus précieuses, les dernières et les plus chères des souvenirs de son pèlerinage romain : « Dans l’église de Santa Croce in Gerusalemme, nous pouvions voir quelques fragments de la vraie croix, deux épines et un clou sacré enfermés dans un magnifique reliquaire en or ciselé, mais sans verre, alors j’ai trouvé le moyen, en vénérant la précieuse relique, d’insérer mon petit doigt dans un espace du reliquaire, et j’ai pu toucher le clou qui baignait dans le sang de Jésus. J’étais vraiment trop audacieux ». Mais « le Seigneur voit le fond des cœurs », ajoute-t-elle, « il sait que mon intention était pure, et que pour rien au monde je n’aurais voulu lui déplaire, j’ai agi avec lui comme une enfant qui croit que tout est permis et considère les trésors du Père comme les siens ». « J’ai toujours dû trouver le moyen de toucher à tout », conclut Thérèse.
J’enrage ! Je crois m’exprimer clairement, mais je constate que je ne suis pas compris. Une fois de plus, on m’attribue le souhait d’abolir le célibat en promouvant le mariage des prêtres. Que je sache, le célibat est encore un statut honorable dans la société et dans l’Eglise, y compris pour les prêtres. Etre célibataire est encore « un droit de l’homme » … et de la femme ! Beaucoup le sont par choix, d’autres par défaut, certains à la suite d’un drame, mais tous ont droit au plus grand respect.
Pour ma part, je puis témoigner, après 58 ans de ministère de prêtre, que le célibat a été, dans ma vie, un bon serviteur de ma vocation. Je le dois à la grâce de Dieu, à la confiance de l’Eglise et à de très belles amitiés, notamment parmi les laïcs, hommes et femmes. Je ne veux surtout pas insinuer que je serais, parce que vrai célibataire, un meilleur prêtre que les autres.
Pour moi, il ne s’agit pas de remettre en question le célibat en soi, qui peut aussi être un chemin de bonne vie épanouie. Il s’agit de questionner l’Eglise catholique latine sur sa tradition qui exige l’engagement au célibat de la part de tous les prêtres qu’elle ordonne. C’est cette obligation universelle, et non pas le célibat lui-même, qui me semble problématique, et même contestable. Je plaide pour un libre choix, sans l’illusion que des prêtres mariés résoudraient tous les problèmes actuels du clergé. Je crois seulement, conformément à ce qu’on constate dans le Nouveau Testament, qu’une telle diversité de témoignages parmi les prêtres -des mariés et des célibataires- enrichirait la quantité et la qualité des services rendus par cette très belle vocation. Rien de révolutionnaire : c’est la pratique, depuis toujours, des Eglises d’Orient, y compris catholiques.
Dans la tempête médiatique qui accompagne la divulgation des abus sexuels dans l’Eglise catholique en Suisse, peut-on encore prendre quelque recul qui ne soit pas aussitôt interprété comme une offense aux victimes ? C’est évident : l’heure est d’abord à l’accueil douloureux de ces tristes révélations, au soutien sans faille des personnes blessées, à la réparation des torts subis et au passage par la justice pour les fauteurs de tels délits lorsqu’ils sont avérés. Ose-t-on aller jusqu’au souhait du pardon libérateur, imploré par les coupables, offert par les victimes ? C’est une grâce typiquement chrétienne qu’on ne peut que désirer dans une humble prière.
Il nous faut aller beaucoup plus loin maintenant, surtout dans l’Eglise catholique, jusqu’à la conversion, jusqu’aux réformes. Encore convient-il de ne pas foncer sans réfléchir dans de nouvelles impasses.
Notre Eglise doit se réformer en profondeur. Mais vouloir l’affaiblir brutalement dans son rayonnement, voire creuser sa tombe au milieu de nous, c’est une tentation qui n’apportera aucun bénéfice à personne. D’une part, c’est oublier le cadeau de l’Evangile du Christ, porté par les Eglises, que les chrétiens de toutes confessions n’ont cessé de proposer à notre humanité, pour son bien temporel et éternel. Et d’autre part c’est faire fi des « valeurs ajoutées », d’origine chrétienne, que nos Eglises ont implantées largement dans nos civilisations, malgré leurs erreurs et parfois leurs horreurs. Au moment où certaines idéologies tentent de nous séduire sans augurer des lendemains meilleurs, il faut souhaiter au christianisme de nouvelles résurrections et non pas les derniers requiems.
Par ailleurs, concernant les serviteurs et servantes de l’Evangile en Eglises, comme il serait injuste de les stigmatiser tous sous le prétexté des trahisons inacceptables de quelques-uns. Nous sommes tous de pauvres pécheurs, ce qui n’excuse pas les crimes commis. Mais, comme vous sans doute, je connais encore beaucoup de ministres chrétiens imparfaits -hommes et femmes- qui s’engagent généreusement, au prix de nombreux sacrifices, dans les œuvres de la pastorale et dans les solidarités humaines. Ose-t-on encore leur dire merci ?
Au point où nous en sommes, j’ai l’impression que notre Eglise se retrouve comme au temps de la Renaissance (XVème-XVIème siècles), avec la même nécessité et la même urgence. A côté de saints et de saintes extraordinaires, l’Eglise exhibait alors un terrible état de délabrement théologique, moral et même politique. Ceux dont on attendait un sursaut pour de profondes réformes ont souvent échoué. Plusieurs conciles avortés, entre 1414 et 1517, en sont la preuve. Il a fallu le prophétisme de réformateurs suscités dans les périphéries pour que souffle un vent de renouveau enfin effectif. Mais à quel prix ? Celui d’une grave fracture dont nous sommes tous co-responsables, et d’abord ceux qui, du côté de Rome, sont restés trop longtemps sourds aux pressants appels du peuple de Dieu. Nous avons même vécu des guerres de religion, entre chrétiens !
Dans l’Eglise catholique, devenue une forteresse assiégée, le concile de Trente (1545-1563) a enfin promu de véritables réformes, mais sous le label, pas toujours fécond, d’une Contre-Réforme qui voulait surtout combattre frontalement les « innovations » protestantes. Heureusement, aujourd’hui, le mouvement œcuménique redonne un espoir de communion universelle aux Eglises encore trop désunies pour présenter un témoignage vraiment crédible dans notre monde en quête de sens et de réconciliation.
Et voici que le pape François a lancé l’idée d’un synode, sur le thème « communion, participation et mission ». Il se déroulera en deux phases, en 2023 et 2024, après une vaste consultation des Eglises et communautés chrétiennes à travers le monde entier. De ces remontées inédites de la base catholique, il ressort un urgent besoin de réformes radicales, à l’instar de ce qu’exigeaient les chrétiens au 16ème siècle.
Les protagonistes de ce synode -parmi lesquels quelques laïcs, hommes et femmes – auront-ils la sagesse de réviser certaines doctrines concernant la gouvernance de l’Eglise ? Comme le souhaite le pape, va-t-on tordre le cou à un certain cléricalisme qui continue de provoquer des dégâts dans la gestion de nos communautés, par exemple dans les relations prêtres-laïcs ? Aura-t-on la fraternité suffisante pour assimiler l’apport des autres Eglises chrétiennes dans la recherche d’une authentique unité dans les diversités respectées ? Osera-t-on intégrer pleinement les femmes dans les ministères d’Eglise, y compris ordonnés, malgré le poids d’une longue tradition fort contestable ? A l’instar de la tradition la plus ancienne, qui régit les Eglises d’Orient -y compris catholiques-, aurons-nous le bon sens de remettre en question l’obligation universelle du célibat pour les prêtres de l’Eglise latine ? Il ne s’agit pas de soupçonner le célibat en soi, car il peut être un beau charisme au service du ministère d’un prêtre heureux. Il s’agit de permettre le libre choix, ce qui devrait contribuer à assainir une certaine ambiance ecclésiastique devenue délétère. Dans ce contexte, ne doit-on pas revisiter une certaine morale sexuelle à la lumière des découvertes reconnues des sciences humaines, mais sans disqualifier le témoignage si précieux des familles et des couples chrétiens en faveur de l’amour fidèle et durable dans une civilisation occidentale si fragile sur ces points ? Dans la société humaine, notre Eglise aura-t-elle toujours le beau courage de soutenir celles et ceux, en son sein et au-delà, qui s’engagent résolument pour la défense de la dignité des personnes, pour la promotion des plus pauvres, pour l’accueil des exclus, en faveur de la justice, de la liberté et de la paix ?
Personnellement, j’estime que le principal enjeu immédiat du synode réside dans la décentralisation de l’autorité à l’intérieur de notre Eglise. Il faut en finir avec le centralisme romain qui a si souvent confondu unité et uniformité. A partir de nos bases communes situées dans la foi apostolique, nous devons rendre aux Eglises régionales, sans mettre en danger la communion catholique dans l’essentiel, une réelle autonomie de réflexion et de décision. Cette culture de la confiance et de la subsidiarité permettra de trouver, dans des contextes variés, des solutions plus adaptées pour résoudre les problèmes actuels, y compris celui qui tourne autour des abus, qu’ils soient sexuels ou d’autorité.
Vaste programme. Mais je crois à la vigilance pastorale du Christ sur son Eglise à travers tant d’hommes et de femmes de bonne volonté, persévérants dans leur foi, solides dans leur espérance pour un meilleur avenir de leur Eglise et animés d’un amour actif et inventif.
Finalement, notre mission n’est-elle pas de mieux servir la merveilleuse et parfois tragique humanité vers laquelle nous sommes toutes et tous envoyés « à cause de Jésus et de l’Evangile », jusqu’à notre entrée dans le Royaume de Dieu ?
Claude Ducarroz
De cet article, une version brève a paru dans le quotidien Le Temps du 20 septembre 2023
ROSAIRE : JOIE ET LUMIÈRE, DOULEUR ET GLOIRE Le Rosaire, chemin de paix Du 26 novembre 2022 au 15 octobre 2024
Convivium de Saint Augustin | Basilique de la Très Sainte Trinité
À Fatima, selon le témoignage de François, Jacinthe et Lucie, la Vierge Marie leur a demandé de prier le Rosaire tous les jours pour obtenir la paix. Depuis 1917, des chapelets sont tenus dans les mains à cette fin. A travers ces perles, faites des matériaux les plus divers et reliées par une chaîne surmontée de la croix, passent les joies et les lumières, les peines et les gloires des mystères de Dieu et de l’humanité.
Commissariat et muséologie : Marco Daniel Duarte Muséographie : Humberto Dias Conception : implique, designers
Lundi 2 octobre, le Pape a rencontré les Petites sœurs de Jésus au Vatican. (VATICAN MEDIA Divisione Foto)
Les Petites Sœurs de Jésus invitées à rester simples et généreuses
Reçues en audience à l’occasion de leur 12e chapitre générale, les Petites Sœurs de Jésus ont été encouragées par le Pape à rester fidèles au charisme de saint Charles de Foucauld, discrètes et proches des pauvres.
Jean Charles Putzolu – Cité du Vatican
Le 12e chapitre général des Petites Sœurs de Jésus a été l’occasion de renouveler le Conseil général et la Supérieure de la congrégation de droit pontifical. Ainsi sœur Eugeniya-Kubwimana de Jésus, rwandaise, succède à la religieuse espagnole Dolors Francesca de Jésus. Elles ont toutes deux été saluées par François qui d’emblée, non sans humour, précise qu’il «n’aime pas trop parler des responsables, car s’il y en a un qui est responsable, on dirait que les autres sont irresponsables ! Et ce n’est pas bon».
Le Saint-Père a poursuivi sur les trois caractéristiques fondamentales des Petites Sœurs de Jésus: la recherche de Dieu, le témoignage de l’Évangile et l’amour de la vie cachée, en commençant par la plus importante qu’est la recherche de Dieu.
Cultiver l’écoute
Pour ce faire, il faut «cultiver l’écoute» et, comme Charles de Foucauld, se mettre aux pieds du Très-haut pour l’adorer. «C’est ainsi que les cœurs s’ouvrent aux voies de Dieu, qui ne fait pas violence aux personnes, mais inspire des pensées créatives et des sentiments d’adhésion, de disponibilité et de service», affirme le Pape. Pour écouter Dieu, il est nécessaire de laisser de côté «les amphores encombrantes de l’autoréférencement et de l’habitude». À la lumière de sa Parole, on peut peut «discerner les désirs de Jésus, et repartir, vers les villages et les villes» plus libres et plus légers.
Témoigner de l’Évangile
Concernant le témoignage de l’Évangile, il passe par les œuvres de charité et par une présence fraternelle, priante et adorante. Encore une fois, le Souverain pontifie fait référence à saint Charles de Foucauld qui invitait à crier l’Évangile de tout notre être sur les toits. «L’exemple, poursuit François, est le meilleur moyen de montrer à l’Époux divin qu’on l’aime». Cependant, «il ne suffit pas de donner à ceux qui demandent, il faut donner à ceux qui ont besoin», ajoute-t-il citant les « Écrits spirituels » du saint du désert. Le Pape salue la proximité bienveillante de la fraternité avec les plus petits. La proximité est «précieuse dans une société comme la nôtre où, malgré l’abondance des moyens, au lieu que les bonnes œuvres se multiplient, les cœurs semblent s’endurcir et se fermer», souligne-t-il, ajoutant que la proximité est aussi un «doux défi à l’indifférence», et que «le plus pauvre, le plus immonde, un nourrisson, un vieillard décrépit, l’être humain le moins intelligent, le plus abject, un idiot, un fou, un pécheur, le plus grand des pécheurs… est un enfant de Dieu, un enfant du Très-Haut», citant cette fois les « Œuvres spirituelles » du frère Charles.
Le chemin de Dieu
Enfin, l’amour de la vie cachée. C’est le chemin «indiqué par Dieu qui se déshabille et se fait petit pour partager la vie des petits», dit François. Et reprenant saint Charles de Foucauld, il souligne que voyager «pauvrement, laborieusement, humblement, doucement, en imitant Jésus» revient à marcher sur le chemin de Dieu, «le chemin de la clandestinité». «Plus vous êtes cachées», dit le Pape aux religieuses, «plus vous êtes divines», et plus il sera possible de se détacher d’une époque polluée par le désir d’apparaître.
«Il est vrai qu’il y a des temps difficiles et de graves problèmes à affronter», conclut l’évêque de Rome évoquant le manque de vocations, la fermeture de certaines maisons, l’augmentation de la moyenne d’âge des religieuses, «mais il est tout aussi vrai que, fidèles à l’inspiration du frère Charles, vous êtes des instruments précieux pour que Dieu sème dans le monde des petites perles de tendresse et de tendresse évangélique».
Le successeur de Pierre invite ses hôtes à rester «simples et généreuses, dans l’amour du Christ et des pauvres. Cela portera ses fruits en temps voulu, n’en doutez pas».