La paix en Terre Sainte et au Moyen-Orient au coeur de la prière du synode

La paix en Terre Sainte et au Moyen-Orient au coeur de la prière du synode

Lors de la prière d’ouverture des travaux du Synode jeudi 12 octobre, dans la Salle Paul VI au Vatican, sa Béatitude le Cardinal Louis Raphaël Sako, Patriarche de Babylone des Chaldéens, a prié spécialement pour la paix dans le monde, en particulier en Terre Sainte, mais aussi en Ukraine, sans oublier les violences en Irak, en Iran et au Liban. 

Vatican News

La journée de travail de ce jeudi 12 octobre du synode des évêques s’est ouverte par une prière dite par Sa Béatitude le cardinal Louis Raphael I Sako, Patriarche de Babylone des Chaldéens. Dans la salle Paul VI, le chef du synode de l’Église chaldéenne a prié pour la paix, à la lumière des tragiques événements de ces derniers jours entre Israël et la bande de Gaza. 

Le Cardinal Sako prie pour la paix dans le monde

Le Patriarche de Babylone des Chaldéens invite ce jeudi à prier pour la paix dans le monde, en particulier en Terre Sainte, mais aussi en Ukraine, sans oublier les violences en Irak, en Iran et au Lyban. «Les gens attendent avec beaucoup d’espoir de vivre dans la dignité et la fraternité, et pas toujours dans la peur et l’inquietude. La solidarité, c’est aussi la solidarité avec tous ceux qui ont peur et qui souffrent», a-t-il souligné, priant pour l’avènement d’un monde uni dans la paix et la concorde à cause du Seigneur Jésus-Christ.

Les intentions de prière de la présidente du Mouvement des Focolari, Margaret Karram, ont convergé vers le drame vécu actuellement par les peuples d’Israël et de Palestine, en proie à une violence inouïe, en particulier les enfants, les blessés, les otages, les disparus et leurs familles. «Aide-nous, Seigneur, à nous engager dans la construction d’un monde fraternel pour que ces peuples et tous ceux qui vivent les mêmes conditions de conflit, d’instabilité et de violence puissent trouver le chemin du respect des droits de l’homme où la justice, le dialogue et la réconciliation sont les outils indispensables à la construction de la paix», a-t-elle conclu.

Pour la paix en Arménie et en Artsakh

Samedi 7 octobre, l’archevêque Khajag Barsamian, représentant de l’Eglise arménienne auprès du Saint-Siège, avait aussi prié pour la paix et la justice dans le monde, avec une attention particulière pour l’Arménie et la région du Haut Karabakh, qui souffrent actuellement de la guerre, de l’injustice, de la douleur et de la violence. À genoux en signe d’adoration, l’assemblée avait prié pour que le Seigneur accorde au monde entier la stabilité et la paix, et qu’il garde son Église Sainte inébranlable.

Source : VATICANNEWS, le 12 octobre 2023

12.10.2023 – VISITE DE COIMBRA, DE L’ÉGLISE VILLAGEOISE ET ROSAIRE

Arrivé à Coimbra – passage du fleuve Mondego
Messe à l’église des Carmélites – couvent ou a vécu Soeur Lucie

Et visite de l’église villageoise des petits pastoureaux

Et le soir, dès 21h30, le Rosaire sur une place du Sanctuaire bondée…

Bonne nuit !

13.10.2023 – SAINT DU JOUR

BBx 522 martyrs de la guerre d’Espagne († 1936-1939)

BBx 522 martyrs de la guerre d’Espagne
† entre 1936 et 1939

Commémoration commune : le 13 octobre (jour de la béatification)
Commémoration individuelle ou par groupe : jour du martyre (« dies natalis ») 

Quand nous parlons des martyrs espagnols des années 1930, nous les appelons par erreur « les martyrs de la guerre civile ». Ce n’est pas le cas, car les premiers martyrs nous les trouvons en octobre 1934, au cours de la révolution des Asturies (neuf d’entre eux furent canonisés par St Jean-Paul II en 1999). Il manquait, alors, près de deux ans au début de la guerre civile, avec laquelle ces témoins n’avaient rien à voir.
Dans ces années terribles beaucoup de membres du clergé et de consacrés furent assassinés simplement parce qu’ils appartenaient à l’Église ; et le martyre des hommes et des femmes de l’Action  Catholique et d’autres mouvements ecclésiaux était de même nature. Mais aucun d’eux ne fut impliqué dans des luttes politiques ou idéologiques. 
Il est attesté que la persécution a commencé bien avant la guerre civile et qu’elle n’était pas la conséquence d’une prise de position de l’Église qui, seulement à partir de juillet 1937, appuya ouvertement une des parties en conflit parce l’autre avait cessé d’exister et on continuait de tuer les ecclésiastiques et les catholiques pratiquants.

Le dimanche 13 octobre 2013, le cardinal Angelo Amato s.d.b., préfet de la congrégation pour les causes des saints, a béatifié cinq cent vingt-deux nouveaux martyrs au cours d’une messe célébrée à Tarragone en Catalogne. Une cérémonie exceptionnelle à laquelle ont participé de très nombreux prêtres, religieux et religieuses, des familles des martyrs et près de 25.000 personnes.

Parmi ces martyrs figurent trois évêques, 97 prêtres, 3 séminaristes, 412 consacrés et 7 laïcs provenant de différents diocèses espagnols. Ils ont été tués pour la plupart entre 1936 et 1939 par les forces républicaines. Sept d’entre eux étaient étrangers: trois Français, un Cubain, un Colombien, un Philippin et un Portugais… « Louons le Seigneur pour leurs courageux témoignages, et par leur intercession, supplions-le de libérer le monde de toute violence » a dit le pape François à l’issue de l’angélus ; il a également enregistré un message vidéo qui a été retransmis au cours de la cérémonie espagnole dans lequel il demande aux nouveaux martyrs d’intercéder pour que nous ne soyons pas des chrétiens « sans substance », eux qui étaient des chrétiens « jusqu’au bout ».

Liste des 522 martyrs selon les 33 causes de béatification (en bleu entre parenthèses) et par nom ou groupe avec en tête (par ordre alphabétique) le premier membre du groupe. 

(09) Alberto María Marco y Alemán et 8 compagnons o.carm. ; Agustín María García Tribaldoset 15 Frères des Écoles chrétiennes.
(25) Andrés de Palazuelo (Miguel Francisco González González) et 31 compagnons o.f.m. cap.
(05) Antonio (Miguel) Faúndez López, prêtre o.f.m. et 3 compagnons.
(29) Aurelia (Clementina) Arambarri Fuente et 3 compagnes, religieuses.
(02) Carmelo María (Críspulo Moyano Linares) et 9 compagnons o.c.d.
(28) Crisanto (Casimiro González García) et 65 compagnons, Maristes ; deux laïcs : Ramón Emiliano Hortelano Gómez, Julián Aguilar Martín.
(31) Fortunato Velasco Tobar et 13 compagnons, Lazaristes.
(15) Hermenegildo de la Asunción(Hermenegildo Iza y Aregita) et 5 compagnons de l’Ordre de la très sainte Trinité.
(13) Jaime Puig Mirosa et 18 compagnons de la Congrégation des fils de la Sainte famille et Sebastián Lorens Telarroja, laïc.
(24) Joaquín Jovaní Marín et 14 compagnons prêtres ouvriers diocésains.
(33) José Guardiet Pujol, prêtre du diocèse de Barcelone.
(18) José Javier Gorosterratzu et 5 compagnons, Rédemptoristes.
(03) José María Ruiz Cano, prêtre et 15 compagnons de la Congrégation Fils du cœur Immaculé de la B.V.M.
(23) José Máximo Moro Briz et 4 compagnons, prêtres du diocèse d’Ávila.
(04) José Nadal Guiu et José Jordán Blecua, prêtres du diocèse de Lleida.
(07) Josefa Martínez Pérez et 11 compagnes (Filles de la Charité de Saint Vincent de Paul) et une laïque, Dolores Broseta Bonet.
(27) Juan de Jesús (Juan Vilaregut Ferrer) et 3 compagnons de l’Ordre des Carmes déchaussés et Pablo Segalá Solé, prêtre du diocèse d’Urgell.
(11) Juan Huguet Cardona, prêtre du diocèse de Minorca.
(22) Manuel Basulto Jiménez, évêque du diocèse de Jaén et 5 compagnons : Félix Pérez Portela, Francisco Solís Pedrajas, Francisco López Navarrete (prêtres), Manuel Aranda Espejo (seminariste) et José María Poyatos Ruiz, jeune laïc.
(14) Manuel Borrás Ferré, évêque auxiliaire de Tarragona, Agapito Modesto (Modesto Pamplona Falguera), religieux lazariste, et 145 compagnons.
(17) Manuel de la Sagrada Família(Manuel Sanz Domínguez), moine.
(32) María Asumpta (Juliana González Trujillano) et 2 compagnes, religieuses.
(20) María de Montserrat (Josefa Pilar García y Solanas) et 8 compagnes, religieuses et Lucrecia García y Solanas (laïque, sœur de María de Montserrat).
(08) Mariano Alcalà Pérez et 18 compagnons, Mercédaires.
(30) Mauricio (Alejandro Iñiguez de Heredia Alzola) et 23 compagnons de l’Ordre hospitalier de Saint Jean de Dieu.
(26) Mauro (Abel Ángel Palazuelos Maruri) et 17 compagnons, bénédictins.
(21) Melchora de la Adoración Cortés Bueno et 14 compagnes, Filles de la Charité de Saint Vincent de Paul.
(10) Orencio Luis (Antonio Solá Garringa) et 18 compagnons, Lasalliens ; José Gorostazu Labayen (laïc) et Antonio Mateo Salamero (prêtre diocésain).
(12) Raimundo Joaquín Castaño et José María González Solís, prêtres o.p.
(19) Ricardo Gil Barcelón (prêtre) et Antonio Arrué Peiró (postulant).
(06) Salvio Huix Miralpeix, évêque de Lleida, Oratorien.
(01) Teófilo Fernández de Legaria Goñi, SS.CC. et 4 compagnons.
(16) Victoria de Jesús (Francisca Valverde Gonzalez), religieuse.

Bx 522 martyrs de la guerre d’Espagne priez pour nous !

13.10.2023 – ÉVANGILE DU JOUR

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 11,15-26.

En ce temps-là, comme Jésus avait expulsé un démon, certains dirent : « C’est par Béelzéboul, le chef des démons, qu’il expulse les démons. »
D’autres, pour le mettre à l’épreuve, cherchaient à obtenir de lui un signe venant du ciel.
Jésus, connaissant leurs pensées, leur dit : « Tout royaume divisé contre lui-même devient désert, ses maisons s’écroulent les unes sur les autres.
Si Satan, lui aussi, est divisé contre lui-même, comment son royaume tiendra-t-il ? Vous dites en effet que c’est par Béelzéboul que j’expulse les démons.
Mais si c’est par Béelzéboul que moi, je les expulse, vos disciples, par qui les expulsent-ils ? Dès lors, ils seront eux-mêmes vos juges.


En revanche, si c’est par le doigt de Dieu que j’expulse les démons, c’est donc que le règne de Dieu est venu jusqu’à vous.
Quand l’homme fort, et bien armé, garde son palais, tout ce qui lui appartient est en sécurité.
Mais si un plus fort survient et triomphe de lui, il lui enlève son armement auquel il se fiait, et il distribue tout ce dont il l’a dépouillé.
Celui qui n’est pas avec moi est contre moi ; celui qui ne rassemble pas avec moi disperse. »
Quand l’esprit impur est sorti de l’homme, il parcourt des lieux arides en cherchant où se reposer. Et il ne trouve pas. Alors il se dit : “Je vais retourner dans ma maison, d’où je suis sorti.”
En arrivant, il la trouve balayée et bien rangée.
Alors il s’en va, et il prend d’autres esprits encore plus mauvais que lui, au nombre de sept ; ils entrent et s’y installent. Ainsi, l’état de cet homme-là est pire à la fin qu’au début. »

Acclamons et partageons la parole de Dieu !

COMMENTAIRE :

Saint Jean Cassien (v. 360-435)

fondateur de monastère à Marseille

Des principautés, chap. II-X ; SC 54 (Conférences VIII-XVII; trad. E. Pichery; éd. du Cerf, 1958; p. 10-18; rev.)

D’où viennent les puissance ennemies ?

D’où vient une si grande variété et cette diversité de puissances ennemies, dressées contre l’homme, que le bienheureux Apôtre énumère comme il suit : « Nous n’avons pas à lutter contre la chair et le sang, mais contre les principautés, contre les puissances, contre les chefs de ce monde de ténèbres, contre les esprits de malice répandus dans l’air » (Eph 6,12) (…). D’où ont surgi pour nous ces adversaires jaloux et d’une si grande malice ? Faut-il croire que le Seigneur ait créé ces puissances, à dessein précisément qu’elles fissent la guerre aux hommes, avec cette diversité dans la dignité et le rang ? (…) Dieu nous garde de professer jamais qu’il ait rien créé de substantiellement mauvais, lorsque l’Écriture nous dit : « Tout ce que Dieu avait fait était très bon ! » (Gn 1,31) (…) Avant qu’il fondât le monde visible, Dieu fit les vertus spirituelles et célestes, afin que, connaissant qu’elles avaient été produites de rien pour une telle gloire et béatitude par un pur bienfait du créateur, elles lui en rendissent de perpétuelles action de grâces et fussent adonnées sans cesse à le louer. Ceci ne fait doute pour personne parmi les chrétiens. (…) De leur nombre plusieurs tombèrent qui avaient tenu les premiers rangs : (…) « Cependant, vous mourrez comme de hommes, et vous tomberez comme l’un des princes » (Ps 81(82),7). (…) La jalousie du démon, qui le poussa à tromper l’homme par ses artifices, a sa cause dans sa chute : il voyait appelé à la gloire qui avait été la sienne, lorsqu’il il était l’un des princes, et dont il se souvenait d’être déchu, l’homme qui venait d’être formé du limon de la terre. Sa première faute a donc été une faute d’orgueil, et c’est elle qui lui a valu sa déchéance et le nom de serpent.

LECTURES :

Livre de Joël 1,13-15.2,1-2.

Prêtres, mettez un vêtement de deuil, et pleurez ! Serviteurs de l’autel, faites entendre des lamentations ! Venez, serviteurs de mon Dieu, passez la nuit vêtus de toile à sac ! Car la maison de votre Dieu ne reçoit plus ni offrandes ni libations.
Prescrivez un jeûne sacré, annoncez une fête solennelle, réunissez les anciens et tous les habitants du pays dans la Maison du Seigneur votre Dieu. Criez vers le Seigneur :
« Ah ! Jour de malheur ! » Le jour du Seigneur est proche, il vient du Puissant comme un fléau.
Sonnez du cor dans Sion, faites retentir la clameur sur ma montagne sainte ! Qu’ils tremblent, tous les habitants du pays, car voici venir le jour du Seigneur, il est tout proche.
Jour de ténèbres et d’obscurité, jour de nuages et de sombres nuées. Comme la nuit qui envahit les montagnes, voici un peuple nombreux et fort ; il n’y en a jamais eu de pareil et il n’y en aura plus dans les générations à venir.

Psaume 9(9A),2-3.6.16.8-9.

De tout mon cœur, Seigneur, je rendrai grâce,
je dirai tes innombrables merveilles ;
pour toi, j’exulterai, je danserai,
je fêterai ton nom, Dieu Très-Haut.

Tu menaces les nations, tu fais périr les méchants,
à tout jamais tu effaces leur nom.
Ils sont tombés, les païens, dans la fosse qu’ils creusaient ;
aux filets qu’ils ont tendus, leurs pieds se sont pris.

Mais il siège, le Seigneur, à jamais : pour juger, il affermit son trône ;
il juge le monde avec justice et gouverne les peuples avec droiture.

15.10.2023 – HOMÉLIE DU 28ÈME DIMANCHE ORDINAIRE – MATTHIEU 22,1-14

Se vêtir de joie

Lorsque Jésus prononce la parabole de l’invitation au festin, il s’adresse une fois de plus « aux grands prêtres et aux pharisiens », c’est-a-dire ceux qui prétendent incarner les institutions religieuses juives et qui ne l’accueillent pas, alors que des gens simples et marginaux – ceux que justement la religion instituée de l’époque réprouvent – eux, l’accueillent. Rappelons-nous l’évangile lu il y a deux semaines et qui s’adressait aux mêmes : « Vous n’avez pas cru à sa parole ; mais les publicains et les prostituées y ont cru 

Lorsque Jésus prononce la parabole de l’invitation au festin, il s’adresse une fois de plus « aux grands prêtres et aux pharisiens », c’est-a-dire ceux qui prétendent incarner les institutions religieuses juives et qui ne l’accueillent pas, alors que des gens simples et marginaux – ceux que justement la religion instituée de l’époque réprouvent – eux, l’accueillent. Rappelons-nous l’évangile lu il y a deux semaines et qui s’adressait aux mêmes : « Vous n’avez pas cru à sa parole ; mais les publicains et les prostituées y ont cru ».

Lorsque Jésus prononce la parabole de l’invitation au festin, il s’adresse une fois de plus « aux grands prêtres et aux pharisiens », c’est-a-dire ceux qui prétendent incarner les institutions religieuses juives et qui ne l’accueillent pas, alors que des gens simples et marginaux – ceux que justement la religion instituée de l’époque réprouvent – eux, l’accueillent. Rappelons-nous l’évangile lu il y a deux semaines et qui s’adressait aux mêmes : « Vous n’avez pas cru à sa parole ; mais les publicains et les prostituées y ont cru ».

Lorsque Jésus prononce la parabole de l’invitation au festin, il s’adresse une fois de plus « aux grands prêtres et aux pharisiens », c’est-a-dire ceux qui prétendent incarner les institutions religieuses juives et qui ne l’accueillent pas, alors que des gens simples et marginaux – ceux que justement la religion instituée de l’époque réprouvent – eux, l’accueillent. Rappelons-nous l’évangile lu il y a deux semaines et qui s’adressait aux mêmes : « Vous n’avez pas cru à sa parole ; mais les publicains et les prostituées y ont cru ».

Au moment où Matthieu écrit son évangile, il est question de faire éclater les frontières traditionnelles du culte qui excluaient quantité de réprouvés pour présenter un évangile inclusif, sans frontières. Matthieu (et d’autres avec lui) veut élargir les horizons et dépasser les petits cercles institutionnels où l’on se sent confortablement bien ensemble parce qu’on pense tous la même chose ; qu’on est entre gens qui se ressemblent : non pas du même monde mais d’un même monde.

Même les premières communautés chrétiennes n’échappaient pas à ce danger de communautarisme et de fermeture à tout ce qui vient de l’extérieur, des « périphéries », des païens et des gens qui ne sont pas comme nous : trop sales, trop mal éduqués, trop étrangers. N’ayons pas peur d’entendre le message de l’évangéliste, d’entendre cet appel à l’ouverture et à sortir de nos ghettos aux multiples visages ! La tentation du communautarisme qui guettait les premières communautés chrétiennes et que Matthieu dénonce à sa manière en adressant un vibrant appel de tous, sans distinction, au festin des noces, est hélas encore bien présente dans notre monde ! Peut-être même plus présente encore à l’heure actuelle qui voit se renforcer les frontières et s’ériger les murs.

L’invitation de Jésus n’est pas seulement une invitation « liturgique ou cultuelle ». Elle dépasse le cadre des célébrations hebdomadaires ! Elle est invitation gratuite, ouverte à l’universel et elle vient bouleverser les habitudes confortables des uns et des autres. Tout le monde a quelque peu tendance à préférer rester entre soi. Tout le monde doit faire un effort pour accueillir la diversité, parfois celle qui nous dérange. C’est ce que Dieu fait dans cette parabole où il convie le tout venant à participer aux noces de son Fils.

Pourtant, celui qui invite et qui appelle ne force pas la main. Les critères pour entrer dans la salle de noce n’ont rien à voir avec des mérites quelconques, de bonnes œuvres ou de bonnes manières. Tout est de l’ordre de la gratuité, du don sans mesure. Il suffit d’avoir été attentif à un appel lancé par des serviteurs sur l’ordre du roi. Il suffit de répondre positivement à une invitation. Personne ne mérite cet appel.

Comment entendre alors la fin de l’évangile, l’épisode de la rencontre du roi et de l’un des convives ? Les remontrances du Père à l’encontre de celui qui n’a pas revêtu d’habit de noces ne contredisent-elles pas le don gratuit dont nous venons de parler ?

Celui que le Roi appelle « mon ami » reste muet. Peut-être pourtant a-t-il des excuses comme en avaient les invités du début de la parabole, ceux qui ont décliné l’invitation, trop occupés à leur champ ou à leur commerce. Lui est venu, n’a pas revêtu des habits de noces et se mure dans un mutisme, laissant une impression de mépris.

Vous l’avez compris les noces dont il est question ici représentent la venue du Christ parmi les hommes, les invités à la noces sont ceux que le Jésus invite à le suivre et les habits de noces représentent la joie spirituelle qu’il y a à être chrétien.

C’est l’hypocrisie que cette parabole dénonce finalement – celle de ceux qui affirment recevoir la Bonne Nouvelle de la venue du Royaume, qui s’invitent à la joie à laquelle les convient le Christ et qui tirent pourtant une tête jusque par terre – les « faces de carême » dont parle le pape François.

Il y a en effet des personnes qui se prétendent chrétiennes mais dont l’attitude est un démenti continu à la joie de l’Évangile : ceux-là, précisément qui s’invitent aux noces sans revêtir un habit de fête.

Le don de Dieu, que nous nous avons tous reçu, ne nous dispense pas de traduire en actes, et personnellement, la joie qui l’accompagne. Il est en effet plongé dans les ‘ténèbres du dehors’, celui qui se veut enfant de Dieu mais reste pourtant étranger à la joie.

Car, comme le dit Paul : « J’ai été formé à tout et pour tout : à être rassasié et à souffrir la faim, à être dans l’abondance et dans les privations. Je peux tout en celui qui me donne la force. » Et le psaume chante : « Si je traverse les ravins de la mort, je ne crains aucun mal, car tu es avec moi, ton bâton me guide et me rassure. Tu prépares la table pour moi devant mes ennemis ; tu répands le parfum sur ma tête, ma coupe est débordante. »

Derrière les malheurs de l’existence, au-delà des drames qui parfois nous accablent, ce qui distingue le chrétien, c’est qu’il reste tendu vers la joie. Célébrer Dieu, c’est avant tout revêtir son cœur de joie.

Fr. Laurent Mathelot OP

Source : RÉSURGENCES.BE, le 10 octobre 2023

15.10.2023 – HOMÉLIE DU 28ÈME DIMANCHE ORDINAIRE – MATTHIEU 22,1-14

« Heureux les invités au repas du Seigneur »

Pistes pour l’homélie du Père Jean Compazieu


Textes bibliques : Lire


Les textes bibliques de ce dimanche nous adressent un appel à l’espérance. Ils nous rejoignent dans a situation qui est la nôtre. Dans la 1ère lecture, le prophète Isaïe s’adresse à un peuple qui vit une situation difficile. Son message cherche à le raffermir dans sa foi. Il annonce l’intervention de Dieu qui opèrera un renversement radical non seulement du sort d’Israël mais aussi de tous les peuples. C’est un monde nouveau qui est en train de naître, un monde où rien n’est perdu de ce qui est beau et bon, un monde le mal est exclu.

Cette proposition de salut est comparée à un festin offert à tous les peuples. Ce sera une vie entièrement nouvelle, en totale communion avec Dieu. Ce repas célèbrera la disparition définitive de l’humiliation, de la souffrance et de la mort. En communion les uns avec les autres, nous célèbrerons la grandeur de Dieu. À nous de diffuser cette bonne nouvelle si nous voulons hâter ce jour du grand festin entrevu par Isaïe.

C’est aussi cette bonne nouvelle que saint Paul a annoncée au monde païen de ton temps. Sa vie était loin d’être une succession de festins. Sa plus grande préoccupation était que l’invitation du Christ soit proclamée dans le monde entier. Il a vécu des moments difficiles ; il a connu des privations ; il a souffert les persécutions. Mais il trouve sa force en Dieu. Lui seul peut nous combler pleinement. Sa grâce nous suffit.

L’évangile nous présente un roi qui célébrait noces de son fils. Ce roi, c’est Dieu. Il invite l’humanité entière à la noce de son Fils Jésus. Envoyé par le Père, Jésus a épousé notre humanité par son incarnation. Et le Père veut absolument que tous en bénéficient et s’en réjouissent. C’est donc toute l’humanité que Dieu veut rassembler auprès de lui. Les paroles de Jésus sont très claires : “Allez donc à la croisée des chemins ; tous ceux que vous rencontrerez, invitez-les au repas de noces.”

La mission de l’Église, notre mission à tous, c’est d’être les messagers de cette invitation. En tant que chrétiens baptisés et confirmés, nous sommes envoyés dans le monde pour témoigner de cette bonne nouvelle et de l’espérance qui nous anime. C’est en vue de cette mission que Jésus nous envoie son Esprit Saint. Nous ne pouvons pas être disciples du Christ sans être missionnaires. C’est toute notre vie qui doit contribuer à l’annonce de Jésus.

Voilà donc cette invitation à la fête. Mais l’évangile nous montre l’obstination de ceux qui se sont éloignés de la bonne nouvelle. Nous sommes surpris et même choqués devant l’attitude désinvolte des invités de cette parabole. On leur propose quelque chose d’extraordinaire qui va transformer leur vie ; or voilà qu’ils n’ont pas le temps, ils sont débordés de travail, accablés de soucis. Pire, ils se retournent contre les messagers porteurs de cette bonne nouvelle qui insistent et ils les maltraitent sauvagement. C’est une allusion à tous les martyrs d’autrefois et à ceux d’aujourd’hui.

Nous aussi, nous trouvons facilement des excuses pour ne pas répondre à l’invitation du Seigneur. Je n’ai pas le temps de prier ni d’aller à la messe d’aller à la messe parce que j’ai trop de travail ou encore parce que j’ai des invités. On oublie alors que l’Eucharistie est vraiment le rendez-vous le plus important de la semaine. Le Christ est là présent ; il rejoint les communautés chrétiennes réunies en son nom. Il vient nous redire l’amour passionné de Dieu pour tous les hommes. Malheureusement, beaucoup préfèrent être tranquillement installés chez eux et éviter tout ce qui dérange leur tranquillité.

Bien sûr, Jésus ne force personne à venir à ses noces. Mais il poursuit inlassablement son invitation. Il ne peut pas se résigner à nous voir malheureux loin de lui. Dieu est amour. Il ne peut pas ne pas aimer. Toute la Bible nous montre Dieu s’adressant aux hommes en termes d’amour et d’alliance. C’est comme un feu que rien ne peut arrêter.

La deuxième partie de l’évangile nous montre le rassemblement dans la salle des noces. Nous assistons à l’entrée du Roi. Et là, il y a un problème. L’un des convives n’a pas son vêtement de noces. Alors on se pose la question : Comment reprocher à un homme que l’on a ramassé sur la route de ne pas avoir son vêtement nuptial ? Si Jésus a ajouté cette exagération, c’est qu’il a un message important à nous transmettre.

Jésus vient en effet nous rappeler que nous devons nous habiller de justice, porter des fruits de droiture. Porter le vêtement de noces, c’est être converti. Cet habit nuptial nous est fourni par le sacrement de la réconciliation. C’est là que nous retrouvons notre dignité d’enfants de Dieu. N’oublions jamais que le Seigneur est toujours là pour nous revêtir de sa lumière et de sa gloire.

En ce mois du Rosaire, nous nous tournons aussi vers la Vierge Marie. Qu’elle nous accompagne sur ce chemin de conversion. Confions-lui les drames et les espérances de notre monde. Prions-la aussi pour ceux qui sont persécutés à cause de leur foi. Elle sera toujours là pour nous renvoyer au Christ. “Aujourd’hui, ne fermons pas notre cœur, mais écoutons la voix du Seigneur.”

Père Jean Compazieu

Source : DIMANCHEPROCHAIN.ORG, le 9 octobre 2023