Homélie de la Solennité du Christ, Roi de l’Univers – MT 25, 31-46

L’amour roi

Notre Seigneur Jésus Christ Roi de l’Univers — 26 novembre 2023 

Évangile de Matthieu Mt 25, 31-46

Il y a un parcours au fil des lectures d’aujourd’hui. La première, du Livre d’Ézékiel (Ez 34, 11-12.15-17), nous parle de Dieu comme d’un berger qui se préoccupe soigneusement de ses brebis. Le psaume, comme toujours, chante la réponse du peuple : « Si je traverse les ravins de la mort, je ne crains aucun mal, car tu es avec moi : ton bâton me guide et me rassure » (Ps 22, 4). Paul explique ensuite aux Corinthiens (1 Co 15, 20-26.28) en quoi consiste la royauté du Christ. Enfin, dans l’Évangile (Mt 25, 31-46), Jésus décrit le jugement dernier.

C’est aujourd’hui la fête du Christ Roi et les lectures nous proposent ainsi un parcours qui explique cette royauté.

Dans la très belle image qu’en donne Ézéchiel, Dieu est un berger qui rassemble, soigne et protège ses brebis dispersées par l’orage. Et c’est une première définition de la royauté. Gouverner c’est avant tout rassembler, prendre soin et protéger. C’est le cas des parents, c’est le cas des responsables de communautés, c’est le cas de toute responsabilité de gouvernement – y compris celle que nous avons de diriger notre propre existence. Avant toute chose, gouverner c’est rassembler, soigner, protéger.

Deuxième étape de ce parcours : la réponse du peuple. Le Livre des Psaumes est en effet avant tout un livre de prières, un livre de lamentations, de demandes et de louanges. C’est, à mon sens, le livre le plus spirituellement humain de la Bible, qui offre un éventail très large de toutes les manières de s’adresser à Dieu, avec parfois des passages violents que la liturgie peine à chanter. Ici le psaume chante l’apaisement du peuple qui se laisse guider par Dieu au milieu des épreuves. Et c’est la seconde obligation d’un bon gouvernement, écouter ceux que l’on gouverne, écouter autant leurs plaintes, aussi violentes soient-elles, que leurs louanges. De même, dans le gouvernement de soi, il importe aussi de s’écouter, d’entendre et d’intégrer ses propres cris comme ses propres joies. Après la prévenance, l’écoute est l’essence d’un bon gouvernement.

Paul, ensuite, nous explique la royauté du Christ. Il est celui chargé de conduite l’humanité à Dieu. Il est le berger prévenant, à l’écoute de ses brebis dispersées par l’orage. Et on comprend avec Paul que l’orage est spirituel. Le gouvernement du Christ consiste à prendre le pouvoir sur les forces maléfiques qui parfois nous assaillent, jusqu’à dominer la mort même. Laisser le pouvoir au Christ dans nos vies, c’est le laisser combattre pour nous, tout ce qui, petit à petit, nous tue spirituellement. Le combat spirituel est ainsi avant tout un combat contre les élans mortifères qui nous assaillent : mépris, désespérances voire désamour de nous-mêmes, des autres ou de Dieu.

Enfin, dans l’Évangile, Jésus expose la fin de ce processus de gouvernement, quand sa mission sera accomplie et qu’il dominera sur toutes les forces maléfiques qui assaillent l’humanité. Quand nous serons libérés de tout mal, nous n’aurons plus aucune excuse, nous apparaîtrons tels que nous sommes, pleinement capables d’exercer notre liberté d’aimer. C’est alors qu’on nous verra tels quels, soucieux ou pas de nourrir l’affamé, de vêtir le dévêtu, d’accueillir fraternellement l’étranger, le prisonnier ou le malade. Le dernier acte de gouvernement du Christ – le jugement dernier – ne sera pas un tribunal qui évaluera, comme sur une balance, nos bonnes et nos mauvaises actions. Le jugement final du Christ, quand il aura éloigné de nous toute menace, sera simplement un regard posé sur l’éclat restant de notre cœur.

Par le baptême, nous sommes tous devenus prêtres, prophètes et rois. Prêtres, dans le sens où chaque chrétien est appelé à offrir des sacrifices pour Dieu. S’il y a des prêtres désignés pour mener le culte commun, nous sommes tous les intendants de notre prière et des sacrifices que nous consentons. Nous sommes aussi des prophètes dans le sens où l’Esprit-Saint que nous avons reçu à notre baptême nous permet d’incarner dans notre vie les signes du règne de Dieu et, d’ainsi, d’entrevoir plus clairement l’avenir. Nous sommes rois enfin, parce la primauté du Christ ne nous prive en rien de notre liberté d’agir. À la suite du Christ, nous sommes appelés à gouverner nos vies, à gouverner notre époque. Il y a dans le christianisme une totale subsidiarité, Dieu n’agit que dans le cadre de notre liberté.

Résumons-nous. Vivre à la suite du Christ, c’est gouverner nos vies à sa manière. Être d’abord soucieux de rassembler, protéger et apaiser tous ceux que le mal disperse, à commencer par nous-mêmes. Pour cela, il s’agit d’être à l’écoute des suppliques qui nous sont adressées, savoir entendre les cris comme les louanges. Enfin, il convient de mener aussi un combat spirituel contre les forces du mal.

Ce combat, nous pouvons choisir de le mener seuls, de lutter seuls contre les démons qui nous assaillent ou assaillent notre entourage : découragements, dépressions, désamours de la vie, de soi, des autres voire de Dieu. Dieu nous laisse libre d’agir et d’agir seuls. Mais la lucidité est de dire que parfois nos maux nous emportent et, avec eux, notre liberté. Enfin, l’humilité nous oblige à reconnaître que nous ne viendrons jamais seuls à bout de tous les maux ni de la mort.

Célébrer la royauté du Christ, pour clôturer l’année liturgique, c’est finalement reconnaître deux choses : que nous avons universellement besoin du Christ pour nous délivrer de l’emprise du mal et de la mort, mais qu’avec cette libération, nous échoit le devoir de bien nous gouverner nous-mêmes.

Si nous croyons que le Christ triomphera finalement de tout mal, nous affirmons donc qu’à la fin des temps, il ne restera plus de nous-même que le bien, l’amour que nous avons incarné. C’est d’un seul regard posé sur la générosité de notre cœur que le Christ nous jugera finalement dignes d’entrer dans son Royaume.

C’est alors qu’il dira : « ‘Venez, les bénis de mon Père,recevez en héritage le Royaume préparé pour vous depuis la fondation du monde. Car j’avais faim, et vous m’avez donné à manger ; j’avais soif, et vous m’avez donné à boire ; j’étais un étranger, et vous m’avez accueilli ; j’étais nu, et vous m’avez habillé ; j’étais malade, et vous m’avez visité ; j’étais en prison, et vous êtes venus jusqu’à moi !’ »

Fr. Laurent Mathelot OP

Source : RÉSURGENCE.BE, le 21 novembre 2023

Homélie de la Solennité du Christ, Roi de l’Univers – MT 25, 31-46

Christ Serviteur, que ton règne vienne !

Pistes pour l’homélie par le père Jean Compazieu


Textes bibliques : Lire


C’est aujourd’hui le dernier dimanche de l’année liturgique. En ce jour, nous célébrons le Christ Roi de l’univers. Mais quand nous lisons les Évangiles nous comprenons que le Christ n’est pas un roi à la manière des grands de ce monde. Beaucoup sont portés à utiliser la violence pour faire peser leur pouvoir sur leurs administrés. Ils sont plus attirés par le prestige que par l’attention aux plus pauvres. Nous devons oublier tous ces rois, ces chefs et ces présidents. La royauté de celui que nous honorons en ce jour n’est pas de ce monde.

Les textes bibliques de ce dimanche nous présentent ce roi comme un berger qui rassemble son troupeau. C’est le message que nous avons entendu de la part du prophète Ézéchiel (1ère lecture) : Dieu nous y est décrit comme un berger qui rassemble son peuple ; c’est le contraire des exploiteurs qui ne pensent qu’à s’enrichir au détriment des plus pauvres. Le Roi que nous fêtons en ce jour nous est présenté comme un serviteur attentif qui se met au service des plus faibles tout en veillant sur les brebis saines. C’est ainsi que Dieu ne cesse de nous manifester toute sa bonté. Cette bonté est devenue réalité avec la venue de Jésus dans le monde ; il s’est montré plein de sollicitude pour les plus faibles et les plus méprisés. Bien plus, il s’est identifié à eux.

Dans la seconde lecture, nous faisons un pas de plus : Saint Paul nous parle du Christ ressuscité, berger de toute humanité, qui veut nous associer tous à sa victoire sur la mort et le péché. Par sa mort et sa résurrection, il a triomphé de toutes les puissances du mal. Il marche à la tête de la procession des hommes qui montent vers Dieu. Il introduira dans son Royaume tous ceux et celles qui l’auront suivi. Le monde sera arraché à la mort. Dieu sera tout en tous. Voilà cette bonne nouvelle qui doit raviver notre espérance.

L’Évangile de ce jour nous rappelle que la Royauté du Christ est celle du berger qui se consacre à chacune de ses brebis. Il est tellement proche des petits et des exclus qu’il se reconnaît en chacun d’eux. C’est à la manière dont nous les aurons accueillis que nous serons jugés. Le tri sera le résultat du choix que nous aurons fait durant notre vie terrestre. Le Seigneur nous rappellera qu’il était présent les plus démunis qui se sont trouvés sur notre route.

En cette période de crise, notre critère ne doit pas être le “chacun pour soi” mais le partage et la solidarité. Le Royaume de Dieu c’est celui de l’amour et de la fraternité. Le seul critère de séparation qui y subsiste, c’est l’amour des petits. D’un côté, il y aura ceux qui auront aimé et de l’autre ceux qui ne l’ont pas fait.

“J’ai eu faim…” nous dit Jésus. Oui, bien sûr, chacun pense à la faim matérielle. Des millions d’hommes, de femmes et d’enfants vivent chaque jour avec la faim au ventre. Le Secours Catholique et d’autres organismes ne cessent de nous le rappeler. Et même dans nos villages tranquilles, nous pouvons découvrir des personnes qui n’ont rien à manger. Mais en même temps, nous ne devons pas oublier ceux qui ont faim d’amitié, faim d’être reconnus et considérés, faim de justice et de paix. À travers eux, c’est le Christ qui est là.

“J’étais un étranger…” Nous pensons tous aux immigrés, aux sans papier. Beaucoup vivent une situation dramatique. Mais il y a d’autres manières de devenir étranger à l’autre. C’est ce qui arrive quand des couples se déchirent, ou encore dans les conflits de voisinage ou sur les lieux de travail. À travers l’étranger, c’est le Seigneur que nous ne savons pas toujours reconnaître. C’est lui que nous accueillons ou que nous rejetons.

“J’étais prisonnier…” Nous pensons à ceux qui sont en prison à cause de leurs actes ; nous n’oublions pas les otages qui sont retenus loin de chez eux contre leur grès. Mais on peut aussi être prisonniers de diverses autres manières. Beaucoup sont enfermés dans leur réputation. On ne leur laisse aucune chance. D’autres sont prisonniers de l’alcool, de la drogue ou de leurs mauvaises habitudes. En général, on évite de les fréquenter. Et pourtant, à travers eux, c’est encore et toujours le Christ qui est là. Comme pour Caïn dans le livre de la Genèse, il nous demandera : “Qu’as-tu fait de ton frère ?”

C’est exclusivement sur l’amour que nous serons jugés. Mais ce jugement, ce n’est pas seulement pour plus tard, pour après notre mort. C’est maintenant que nous accueillons ou que nous refusons d’accueillir le Christ. Dieu n’aura pas à juger les hommes. Ils se seront eux-mêmes jugés tout au long de leur vie en accueillant ou en refusant son Royaume d’amour. Dieu n’aura rien d’autre à faire qu’à dévoiler ce qui était caché en chacune de leurs journées.

Dans l’eucharistie, nous apprenons à te reconnaître, Seigneur, dans la Parole et le Pain de Vie. Apprends-nous aussi à te reconnaître dans les pauvres. C’est auprès d’eux que nous sommes renvoyés si nous voulons te rencontrer. Nous te supplions : “Toi qui es Lumière, toi qui es l’amour, mets dans nos ténèbres ton Esprit d’Amour”. Amen

Abbé Jean Compazieu

Source : DIMANCHEPROCHAIN.ORG, le 19 novembre 2023

23.11.2023 – SAINT DU JOUR

St Clément I

PAPE (4E) DE 88 À 97 ET MARTYR († 100)

Saint Clément I
Pape (4ème) de 88 à 97

et martyr († 100) 

Clément était né à Rome. Riche, instruit, ardent à chercher la vérité, il trouva dans la religion chrétienne la satisfaction entière des exigences de sa raison et des aspirations de son âme. Non seulement il se fit chrétien, mais il seconda les apôtres dans la prédication de l’Évangile ; et saint Paul, dans son épître aux Philippiens, rappelant les travaux de Clément, assure que son nom est écrit au Livre de vie. Cet attachement de Clément aux apôtres, ce zèle qu’il montra pour la foi, l’ont fait appeler par les Pères homme apostolique.

Élevé à l’épiscopat par saint Pierre, il devait être son troisième successeur, vers l’an 91. Il vit la chute et la mort de Néron, ainsi que la prise et la ruine de Jérusalem. Sous l’empereur Vespasien, Clément fut conduit au tribunal du préfet, qui demeura émerveillé de la sagesse de ses réponses ; mais la volonté de l’empereur était nette : « Que Clément sacrifie aux dieux ou soit exilé en Chersonèse ! » Quelle ne fut pas la joie du saint exilé, de trouver dans ce lointain pays deux mille chrétiens ! La consolation de ces chrétiens fut indicible : « Dieu, leur dit l’humble pontife, m’a fait une grâce dont je n’étais pas digne, en m’envoyant au milieu de vous partager vos couronnes. » 

Les généreux confesseurs de la foi, au milieu de leurs rudes travaux, étaient souvent privés d’eau et devaient aller la chercher à une très forte distance. Plein de confiance en Dieu, Clément dit aux chrétiens : « Prions le Seigneur, qui a fait jaillir l’eau d’un rocher du désert ; il nous viendra en aide. » Il se mit donc en prière, et bientôt, levant les yeux, il aperçut sur la colline un agneau blanc comme la neige, qui de son pied droit indiquait une source d’eau vive jaillissant soudain. À partir de ce jour, les martyrs eurent de l’eau en abondance. La nouvelle de ce miracle fit une grande impression dans tout le pays, les conversions se multiplièrent, des églises se bâtirent, et quelques années plus tard le paganisme était complètement détruit. 

Saint Clément nous a laissé dans ses lettres le plus charmant tableau de ses missions apostoliques. Ce fut seulement sous Trajan, après plus de vingt ans d’exil, que le saint Pape, devenu très suspect à cause de son zèle et de ses succès, fut jeté à la mer, une ancre au cou. Les chrétiens priaient sur la plage. La mer se retira, chose inouïe, d’une lieue et demi, et le corps du martyr parut à découvert, dans une chapelle de marbre construite par les anges. Les marins ont pris saint Clément pour patron.

 Pour approfondir, lire la Catéchèse du Pape Benoît XVI :

>>>  Saint Clément, Évêque de Rome 

Saint Clément I priez pour nous !

23.11.2023 – ÉVANGILE DU JOUR

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 19,41-44.

En ce temps-là, lorsque Jésus fut près de Jérusalem, voyant la ville, il pleura sur elle, en disant :
« Ah ! si toi aussi, tu avais reconnu en ce jour ce qui donne la paix ! Mais maintenant cela est resté caché à tes yeux.
Oui, viendront pour toi des jours où tes ennemis construiront des ouvrages de siège contre toi, t’encercleront et te presseront de tous côtés ;
ils t’anéantiront, toi et tes enfants qui sont chez toi, et ils ne laisseront pas chez toi pierre sur pierre, parce que tu n’as pas reconnu le moment où Dieu te visitait. »

Acclamons et partageons la parole de Dieu !

COMMENTAIRE :

Saint Jean-Marie Vianney (1786-1859)

prêtre, curé d’Ars

Sermon pour le 9e dimanche après la Pentecôte (Sermons de Saint Jean Baptiste Marie Vianney, Curé d’Ars, t. 2 ; Éd. Ste Jeanne d’Arc, 1982 ; p. 352-356 ; rev.)

« Jésus pleura sur la ville »

Notre âme est destinée à aller passer son éternité dans le sein de Dieu même. Disons tout en un mot, mes frères : notre âme est quelque chose de si grand, de si précieux, qu’il n’y a que Dieu seul qui la surpasse. (…) D’après cela seul, mes frères, je vous laisse à penser si nous devons nous étonner que Dieu, qui en connaît si bien le mérite, pleure si amèrement la perte d’une âme. Je vous laisse à penser quel est le soin que nous en devons prendre pour lui conserver toutes ses beautés. (…) Trois choses sont capables de nous faire pleurer ; mais il n’y en a qu’une seule qui soit capable de rendre nos larmes méritoires, qui est lorsque nous pleurons nos péchés ou ceux de nos frères. (…) Pleurer la mort spirituelle de son âme, l’éloignement de Dieu, la perte du ciel : « Ô larmes précieuses, mais que vous êtes rares ! » Et pourquoi, mes frères, sinon parce que vous ne sentez pas la grandeur de votre malheur, pour le temps et pour l’éternité ? (…) Hélas ! Mes frères, c’est la crainte de cette perte qui a dépeuplé le monde, pour remplir les déserts et les monastères de tant de chrétiens ; c’est qu’ils comprenaient bien mieux que nous que, si nous perdons notre âme, tout est perdu et qu’il fallait donc qu’elle fût d’un grand prix, puisque Dieu lui-même en faisait tant de cas. Oui, mes frères, les saints ont tant souffert pour conserver leur âme pour le ciel !

LECTURES :

Premier livre des Maccabées 2,15-29.

En ces jours-là, les hommes envoyés par le roi pour contraindre les gens à l’apostasie arrivèrent dans la ville de Modine pour y organiser des sacrifices.
Beaucoup en Israël allèrent à eux ; Mattathias et ses fils vinrent à la réunion.
Les envoyés du roi prirent la parole pour dire à Mattathias : « Tu es un chef honoré et puissant dans cette ville, soutenu par des fils et des frères.
Avance donc le premier, et exécute l’ordre du roi, comme l’ont fait toutes les nations, les hommes de Juda et ceux qui sont restés à Jérusalem. Alors, toi et tes fils, vous serez les amis du roi. Toi et tes fils, vous serez comblés d’argent, d’or et de cadeaux nombreux. »
Mattathias répondit d’une voix forte : « Toutes les nations qui appartiennent aux États du roi peuvent bien lui obéir en rejetant chacune la religion de ses pères, et se conformer à ses commandements ;
mais moi, mes fils et mes frères, nous suivrons l’Alliance de nos pères.
Que le Ciel nous préserve d’abandonner la Loi et ses préceptes !
Nous n’obéirons pas aux ordres du roi, nous ne dévierons pas de notre religion, ni à droite ni à gauche. »
Dès qu’il eut fini de prononcer ces paroles, un Juif s’avança en présence de tout le monde pour offrir le sacrifice, selon l’ordre du roi, sur cet autel de Modine.
À cette vue, Mattathias s’enflamma d’indignation et frémit jusqu’au fond de lui-même ; il laissa monter en lui une légitime colère, courut à l’homme et l’égorgea sur l’autel.
Quant à l’envoyé du roi, qui voulait contraindre à offrir le sacrifice, Mattathias le tua à l’instant même, et il renversa l’autel.
Il s’enflamma d’ardeur pour la Loi comme jadis Pinhas contre Zimri.
Alors Mattathias se mit à crier d’une voix forte à travers la ville : « Ceux qui sont enflammés d’une ardeur jalouse pour la Loi, et qui soutiennent l’Alliance, qu’ils sortent tous de la ville à ma suite. »
Il s’enfuit dans la montagne avec ses fils, en abandonnant tout ce qu’ils avaient dans la ville.
Alors, beaucoup de ceux qui recherchaient la justice et la Loi s’en allèrent vivre au désert.

Psaume 50(49),1-2.5-6.14-15.

Le Dieu des dieux, le Seigneur,
parle et convoque la terre
du soleil levant jusqu’au soleil couchant :
De Sion, belle entre toutes, Dieu resplendit.

« Assemblez, devant moi, mes fidèles,
eux qui scellent d’un sacrifice mon alliance. »
Et les cieux proclament sa justice :
oui, le juge c’est Dieu !

Offre à Dieu le sacrifice d’action de grâce,
accomplis tes vœux envers le Très-Haut.
Invoque-moi au jour de détresse :
je te délivrerai, et tu me rendras gloire. »