Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 1,6-8.19-28.
Il y eut un homme envoyé par Dieu ; son nom était Jean. Il est venu comme témoin, pour rendre témoignage à la Lumière, afin que tous croient par lui. Cet homme n’était pas la Lumière, mais il était là pour rendre témoignage à la Lumière. Voici le témoignage de Jean, quand les Juifs lui envoyèrent de Jérusalem des prêtres et des lévites pour lui demander : « Qui es-tu ? » Il ne refusa pas de répondre, il déclara ouvertement : « Je ne suis pas le Christ. » Ils lui demandèrent : « Alors qu’en est-il ? Es-tu le prophète Élie ? » Il répondit : « Je ne le suis pas. – Es-tu le Prophète annoncé ? » Il répondit : « Non. » Alors ils lui dirent : « Qui es-tu ? Il faut que nous donnions une réponse à ceux qui nous ont envoyés. Que dis-tu sur toi-même ? »
Il répondit : « Je suis la voix de celui qui crie dans le désert : Redressez le chemin du Seigneur, comme a dit le prophète Isaïe. » Or, ils avaient été envoyés de la part des pharisiens. Ils lui posèrent encore cette question : « Pourquoi donc baptises-tu, si tu n’es ni le Christ, ni Élie, ni le Prophète ? »
Jean leur répondit : « Moi, je baptise dans l’eau. Mais au milieu de vous se tient celui que vous ne connaissez pas ; c’est lui qui vient derrière moi, et je ne suis pas digne de délier la courroie de sa sandale. » Cela s’est passé à Béthanie, de l’autre côté du Jourdain, à l’endroit où Jean baptisait.
Acclamons et partageons la parole de Dieu !
COMMENTAIRE :
Liturgie latine
Antiennes du Magnificat, 17-23 décembre (trad. Liturgie chorale du peuple de Dieu)
« Comme Jean-Baptiste voyait Jésus venir vers lui, il dit… : ‘ C’est de lui que j’ai dit : derrière moi vient un homme qui a sa place devant moi, car avant moi il était ‘ » (Jn 1,29-30)
Ô Sagesse, sortie de la bouche du Très-Haut, toi qui embrasses l’univers et qui disposes toutes choses dans la force et la tendresse, viens, Seigneur, nous enseigner les chemins du salut. Ô Adonaï, guide et Seigneur de la maison d’Israël, toi qui as manifesté ton nom dans la flamme du buisson et qui as donné la loi sur la montagne, viens, Seigneur, nous racheter par la puissance de ton bras. Ô Rameau de la tige de Jessé, signe dressé pour tous les peuples, devant toi les rois se tiennent en silence et les peuples se prosternent, viens, Seigneur, libère nous, ne tarde plus. Ô Clef de David et sceptre de la maison d’Israël, toi qui ouvres et nul ne ferme, tu fermes et personne n’ouvrira ; viens, Seigneur, pour délivrer ceux qui habitent les ténèbres. Ô Soleil levant, splendeur de la lumière éternelle et soleil de justice, viens illuminer les ténèbres de ceux qui sont assis à l’ombre de la mort. Ô Roi des nations, désiré des peuples et des rois, pierre angulaire, qui des païens et d’Israël fait un seul peuple, viens sauver celui que tu as formé du limon de la terre. Ô Emmanuel, roi qui portes la loi nouvelle, espérance des nations et Sauveur de tous les peuples, toi notre Dieu, viens, ne tarde plus. (Références bibliques : Dt 8,3, Pr 8,22s, He 1,3 / Ex 3, Ex 20 / Is 11,10, 52,15 / Is 22,22, 42,7 / Ag 2,7Vlg, Ma 3,20 / Lc 10,24, Is 28,16, Ep 2,14, Gn 2,6 / Is 7,14)
LECTURES :
Livre d’Isaïe 61,1-2a.10-11.
L’esprit du Seigneur Dieu est sur moi parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction. Il m’a envoyé annoncer la bonne nouvelle aux humbles, guérir ceux qui ont le cœur brisé, proclamer aux captifs leur délivrance, aux prisonniers leur libération, proclamer une année de bienfaits accordée par le Seigneur, et un jour de vengeance pour notre Dieu, consoler tous ceux qui sont en deuil, Je tressaille de joie dans le Seigneur, mon âme exulte en mon Dieu. Car il m’a vêtue des vêtements du salut, il m’a couverte du manteau de la justice, comme le jeune marié orné du diadème, la jeune mariée que parent ses joyaux. Comme la terre fait éclore son germe, et le jardin, germer ses semences, le Seigneur Dieu fera germer la justice et la louange devant toutes les nations.
Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 1,46b-48.49-50.53-54.
« Mon âme exalte le Seigneur, exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur ! Il s’est penché sur son humble servante ; désormais tous les âges me diront bienheureuse. Le Puissant fit pour moi des merveilles ; Saint est son nom ! Sa miséricorde s’étend d’âge en âge sur ceux qui le craignent. Il comble de biens les affamés, renvoie les riches les mains vides. Il relève Israël son serviteur, il se souvient de son amour,
Première lettre de saint Paul Apôtre aux Thessaloniciens 5,16-24.
Soyez toujours dans la joie, priez sans relâche, rendez grâce en toute circonstance : c’est la volonté de Dieu à votre égard dans le Christ Jésus. N’éteignez pas l’Esprit, ne méprisez pas les prophéties, mais discernez la valeur de toute chose : ce qui est bien, gardez-le ; éloignez-vous de toute espèce de mal. Que le Dieu de la paix lui-même vous sanctifie tout entiers ; que votre esprit, votre âme et votre corps, soient tout entiers gardés sans reproche pour la venue de notre Seigneur Jésus Christ. Il est fidèle, Celui qui vous appelle : tout cela, il le fera.
« Chacun de nous est aussi une personne envoyée de Dieu »
Rite Romain
Is 61,1-2.10-11; Ps Lc 1; 1Ts 5,16-24; Jn 1,6-8.19-28
La joie pour Noël tout proche.
Le Noël de Jésus a un charme particulier pour tous et dans le monde entier. J’ai vu écrit “Noël, Christmas, Navidad, Natale” même dans des pays et des villes où les chrétiens sont une petite minorité. Peut-être est-ce un prétexte pour faire croître la consommation. Toutefois, un charme, une nostalgie de paix et de joie demeure. C’est comme si, en se rappelant la naissance de Jésus, Dieu parmi nous, l’on entrait dans une vie d’espérance, comme si nous présagions que le chant des Anges au-dessus de la cabane de Bethléem – “Paix sur la terre aux hommes qu’Il aime” – puisse vraiment faire refleurir l’espérance, dans notre temps qui a tant besoin de se nourrir de consolation, de sécurité, de joie vraie, profonde, retrouvée.
A proximité de Noël, l’Eglise nous fait aujourd’hui goûter par avance la grande joie que Dieu nous a donnée avec Jésus. Dans la lettre aux Thessaloniciens (seconde lecture du rite romain), l’Apôtre Paul nous invite à retrouver la joie éternelle d’être frères et sœurs, à prier sans cesse et à rendre grâce en toute chose, parce que c’est là la volonté de Dieu pour nous. Saint Paul poursuit avec ce vœu : « Que le Dieu de la paix vous sanctifie totalement et que votre personne tout entière, esprit, âme et corps, soit parfaitement gardée pour être irréprochables lors de la venue de notre Seigneur Jésus Christ. Il est fidèle, celui qui vous appelle : c’est lui encore qui agira » (1 Th 5,16-24).
Bien sûr, le risque existe de chercher à étouffer ce besoin de la Joie du Christ et de Noël. Malheureusement ce risque est devenu une réalité qui a tout transformé en un bruyant et fugitif moment d’allégresse superficielle qui laisse ensuite le cœur vide. Le risque est grand et il est difficile d’y échapper parce que l’attraction de la “mode ”est forte.
Pour s’opposer à cette mode, il suffirait de se laisser remplir le cœur des sentiments du prophète Isaïe qui exprimait ainsi sa joie : « L’Esprit du Seigneur est sur moi, parce que le Seigneur m’a donné l’onction ; il m’a envoyé porter la bonne nouvelle aux pauvres, panser les cœurs meurtris, annoncer aux captifs la libération, proclamer une année de miséricorde de la part du Seigneur. Je me réjouis pleinement dans le Seigneur ; mon âme exulte en mon Dieu, car il m’a revêtu de vêtements de salut, il m’a drapé dans un manteau de justice, comme l’époux qui se coiffe d’un diadème, comme la fiancée qui se pare de ses bijoux » (Is 61, 1-11 – première lecture du rite romain).
Ce sont vraiment là des paroles de joie profonde que celles d’Isaïe qui, à la seule pensée de voir Dieu tout proche, s’exclame : « Je me réjouis pleinement dans le Seigneur ». La joie chrétienne naît, non pas d’une simple émotion mais d’une rencontre – une rencontre qui a transformé notre vie.
La rencontre du Témoin et du Précurseur.
Cette rencontre peut et doit se répéter encore et d’une manière particulière à l’approche de Noël. Jean-Baptiste, le Témoin et le Précurseur, peut, par son exemple et son intercession, nous aider à renouveler cette rencontre.
« Jean a devancé le Christ par sa naissance et ses prédications, mais il l’a devancé pour le servir et non pour se préférer à Lui » (Saint Augustin, Sermon 66, 19). Lui, il est la voix de la Parole de Joie, il est le flambeau qui indique la Lumière de l’Amour, il est le témoin de Jésus, il baptise dans l’attente de Son Baptême, il Lui est totalement lié. Sans Jésus, le Baptiste ne peut pas vivre parce que sans le Christ, sa vie n’aurait pas de sens, elle n’aurait ni signification ni but.
Jean vient comme témoin, envoyé de Dieu pour rendre témoignage à la Lumière. Il ne rend pas témoignage de la grandeur, de la majesté, de la puissance de Dieu, mais de la Lumière de l’Amour, de la Lumière d’une Présence.
Jean témoigne d’un monde gouverné par un Principe de Lumière pour lequel il vaut bien mieux allumer une lampe que maudire mille fois la nuit.
Nous aussi, même dans notre fragilité et notre petitesse, nous sommes appelés à témoigner que l’histoire est un chemin de croix qui devient un chemin de Lumière lorsque nous avons la force de fixer le regard sur la Lumière naissante de l’Enfant Christ. D’apparence, le Christ que d’ici peu de jours nous contemplerons dans le berceau de Bethléem, est petit, fragile, sans défense. Il est pourtant vainqueur et depuis la Cité du Pain (Bethléem), il fera les premiers pas de la bonté et de la justice qu’il réalisera dans la Cité de la Paix (Jérusalem).
A chacun de nous, est confié le ministère prophétique de Jean le Baptiste : celui d’être annonciateur non de la dégradation, de l’écroulement et du péché qui assaillent pourtant notre monde, mais de la Lumière qui illumine le monde et le sauve. Nous devons être – comme saint Jean – témoins de l’espérance et du futur, d’un Dieu qui est Lumière, d’un Dieu amoureux et si proche qu’il demeure au milieu de nous, guérisseur de notre vie et de tous nos frères et sœurs en humanité.
Nous sommes témoins parce que nous avons demandé qu’il nous couvre de son manteau et fasse germer un printemps de justice, un printemps qui sans lui est impossible.
Avec l’intercession de saint Jean, nous pouvons l’imiter, lui, Jean, qui est l’image de l’homme authentique, qui connaît ses propres limites et est ouvert à la nouveauté de la rencontre. Comme le Précurseur, nous devons avoir conscience que nous sommes charnels mais aussi vivre de ce désir de Dieu imprimé en lui par la Parole créatrice et la promesse faite à Israël. Nous serons les disciples sauvés par le Rédempteur, parce que comme saint Jean, nous cherchons, nous rencontrons, nous reconnaissons, nous accueillons Jésus comme le Fils de Dieu dont nous témoignons auprès des autres en disant “Voici l’Agneau de Dieu”. Nous sommes nous aussi la pauvre voix d’une Parole qui crée et élève avec douceur. “Alors le Seigneur fera don de sa douceur et notre terre donnera son fruit” (St. Augustin, En. in Psalmos, 84,15).
Le témoin d’une Présence.
L’Evangile dit de Jean : “Il y eut un homme envoyé de Dieu” (Jn 1, 6). Chacun de nous est aussi une personne envoyée de Dieu, appelée à être témoin de la Lumière.
La force de Jean est de ne pas resplendir de lui-même, mais de resplendir par sa vie pour que la Lumière se voie. Dieu est la Lumière qui illumine aussi les ténèbres les plus épaisses. Jean crie pour annoncer l’Evangile, et le désigne de son doigt comme le Christ Jésus. Il n’attire pas l’attention sur lui, en se mettant au premier plan de façon arrogante, comme ç’eût été naturel. Sa voix renvoie à quelqu’un qui est déjà « au milieu de vous » (Jn 1, 26) et le désigne comme « celui qui vient après moi dont je ne suis pas digne de dénouer la courroie des sandales » (Jn 1, 27).
La grandeur de Jean est d’avoir su reconnaître Dieu en Jésus donc de l’avoir indiqué comme le Dieu présent au milieu de l’humanité.
Jean Le Baptiste n’attire pas l’attention sur un Messie absent qui doit venir, mais bien sur un Messie déjà au milieu de nous et que nous ne connaissons pas : « Au milieu de vous se tient quelqu’un que vous ne connaissez pas » (Jn 1, 26). Jean est le témoin d’un Dieu qui est déjà là. Il est déjà présent parmi nous, mais cela est à découvrir et tout le monde ne le voit pas, et pour cette raison il faut un prophète qui nous l’indique.
Désormais, il nous revient à chacun individuellement et en tant que communauté chrétienne, d’imiter Jean Le Baptiste en montrant au monde un Christ déjà présent dans le monde.
Une manière particulière d’indiquer le Christ est celle des vierges consacrées dans le monde. L’offrande totale d’elles-mêmes au Christ Epoux indique que Lui, Il mérite tout. Veiller dans la prière nous apprend que l’avent consiste à attendre l’Aimé en se serrant contre Lui qui est déjà présent dans le cœur de celles qui se sont confiées complètement à Lui dans un total abandon, dans une amoureuse confiance et félicité. En ce monde, elles, et nous avec elles, expérimentons que « lorsque le Seigneur nous invite à devenir saint, il ne nous appelle pas à quelque chose de lourd, de triste. C’est l’invitation à partager sa Joie, à vivre et à offrir avec joie chaque moment de notre vie, en le faisant devenir en même temps un don d’amour pour les personnes qui se trouvent à côté de nous » (Pape François, Cathéchèses à l’occasion de l’audience générale, 19 novembre 2014).
Nous, si banals soyons-nous, sommes appelés à faire connaître à tant d’autres Celui qui est au milieu de nous. Faibles, nous sommes forts. Tristes, nous sommes heureux. Parce que le Seigneur vient, il fait regermer la terre et en fait de nouveau un jardin, où la liberté, la fraternité et la miséricorde sont annoncées, mais surtout pratiquées, vécues, vécues ensemble.
Lecture Patristique
Saint Augustin d’Hippone, évêque
Sermon, 293, 3 s.
Jean est la voix, mais le Seigneur « depuis le principe, était le Verbe » (Jn 1,1). Jean fut une voix pour un temps, le Christ est le Verbe depuis le principe, éternel. Il porte en avant l’idée. Veut-elle mieux qu’une parole ? Si l’on n’y comprend rien, la parole devient un inutile vacarme. La parole sans idée brasse de l’air, n’alimente par le cœur. De plus, tandis que nous alimentons le cœur, nous conservons l’ordre des choses. Si je pense à ce que je dois dire, il y a déjà l’idée dans mon cœur, mais si je veux parler avec toi, je me mets à me demander si c’est aussi dans ton cœur, ce qui est déjà dans le mien. Tandis que je cherche comment je pourrais te rejoindre et fixer dans ton cœur l’idée qui est déjà dans le mien, je forme la parole et une fois la parole formée, je te parle : le son de la parole t’apporte l’intelligence de l’idée, c’est le son qui passe de moi à toi, en revanche, l’idée qui t’es apportée par la parole, est déjà dans ton cœur et ne s’en est pas allée du mien.
Le son qui t’a donc apporté l’idée, ne semble-t-il pas te dire « Il faut que lui grandisse et que moi je diminue » ? Le son de la parole fait son office et disparait comme s’il disait « C’est ma joie et elle est complète » (Jn 3,30). Nous saisissons l’idée, nous assimilons l’idée pour ne pas la perdre. Veux-tu voir la parole qui passe et la divinité permanente du Verbe ? Où est-il désormais le Baptême de Jean ? Il fit son office et passa. C’est le baptême du Christ qui est désormais d’actualité. Nous croyons tous en Christ, nous espérons être sauvé en lui : c’est ce que dit la parole. Mais puisqu’il est difficile de distinguer entre la parole et l’idée, Jean lui-même fut pris pour le Christ.
La parole est prise pour l’idée, mais la parole se déclara parole, pour ne pas léser l’idée. « Je ne suis pas le Christ, dit-il, ni Elie, ni un prophète ». On lui a répondu : « Toi, qui es-tu donc ? Je suis, dit-il, la voix de celui qui crie dans le désert : préparez le chemin du Seigneur » (Jn 1, 20-23). « Voix de celui qui crie dans le désert » : voix de quelqu’un qui rompt le silence. « Préparez le chemin du Seigneur » : comme si elle voulait dire, « Je vais en raisonnant pour l’introduire dans les cœurs, mais je ne trouverai pas un cœur dans lequel il soit digne d’entrer si vous ne préparez pas le chemin ».
Que veut dire « Préparez le chemin » sinon de supplier convenablement ? Sinon de penser humblement ? Prenez exemple d’humilité sur lui. On pense qu’il est le Christ. Il déclare ne pas être Celui auquel on pense et ne profite pas de l’erreur des autres pour son prestige. S’il disait « Je suis le Christ », combien il lui serait facile d’être cru puisque, avant qu’il le dise, on le pensait déjà tel. Il ne le dit pas, il se remit à sa place, il se démarqua, il s’humilia. Il comprit où était son salut : il comprit qu’il n’était qu’une petite lampe et eut peur d’être éteint par le vent de l’orgueil… Les yeux fragiles ont peur de la lumière du jour, mais ils peuvent supporter celle d’une petite lampe. Pour cela, la Lumière du jour envoya au-devant la petite lampe. Mais Elle envoya la petite lampe dans le cœur des fidèles pour confondre le cœur des infidèles. « J’ai préparé, dit-il, la petite lampe pour mon Christ » : Jean, héraut du Sauveur, précurseur du Juge qui doit venir, l’ami de l’Epoux.
Des écrits de Guerric d’Igny (Sermon V au sujet de l’Avent, 1)
« Préparez le chemin du Seigneur » (Is 40,3 ; Mc 1,3) : Oh mes frères, le chemin du Seigneur qui nous ordonne de nous préparer, ou bien nous le préparons en cheminant, ou bien nous cheminons en le préparant. Lorsque vous avez beaucoup progresser sur cette voie, il vous reste toujours et néanmoins à la préparer parce que depuis le point auquel vous êtes arrivé, vous pouvez toujours avancer, tendus vers ce qui demeure autre. Ainsi, à chaque étape singulière, la voie étant préparé pour son avènement, le Seigneur viendra toujours à nouveau à votre rencontre, et d’une certaine manière toujours plus grande qu’avant. C’est donc avec raison que le juste élevait cette prière : « Indique-moi, Seigneur, la voie de tes préceptes, et je l’observerai jusqu’à la fin » (Ps 118, 33). Peut-être la « vie éternelle” a-t-elle ainsi été définie puisque la Providence, tout en ayant prévu pour chacun une voie et lui ayant fixé un terme, ne donne néanmoins aucun terme à la nature de la bonté vers laquelle on tend. Pour cela, le sage et voyageur appliqué, lorsqu’il sera parvenu à la moitié, ne fera que recommencer, puisqu’oubliant ce qu’on laisse derrière (cf. Phil. 3, 13), il se dira à lui-même tous les jours ; « Je commence maintenant » (Ps. 76,11). Il se lance comme un géant qui ne craint rien pour parcourir la voie des commandements de Dieu ; tout comme Yedoutoun (cf. 1Chr. 16,42), il dépasse facilement, dans l’ardeur de sa course, le paresseux qui s’arrête en route. Bien que parvenu à l’heure ultime du jour, il a atteint la perfection en peu de temps, parcourant d’ailleurs un long chemin (cf Sag 4,13) ; devenant diligent, de dernier qu’il était, il fut parmi les premiers à être couronné.
Du commentaire de Jean de saint Augustin, évêque (Comment. In Ioan., 4,1)
Souvent vous avez entendu dire et vous en avez donc parfaitement connaissance, que Jean-Baptiste, plus il excellait parmi ceux qui sont nés d’une femme et plus il était humble face au Seigneur, plus il mérita d’être l’ami de l’Epoux. Il fut plein de zèle pour l’Epoux et non pas pour lui ; il ne chercha pas sa propre gloire mais celle de son Juge qu’il devançait comme un héraut. Ainsi tandis que les anciens prophètes avaient eu le privilège d’annoncer les avènements futurs concernant le Christ, il revint à Jean le privilège de l’indiquer directement. En fait, de même que le Christ était méconnu de ceux qui n’avaient pas cru aux prophètes avant qu’Il ne vienne, de même Il était méconnu de ceux au milieu desquels, une fois venu, Il était présent, puisque la première fois, Il est venu en toute humilité et de manière cachée, d’autant plus cachée qu’elle était d’autant plus humble.
Mais les peuples, dépréciant dans leur orgueil l’humilité de Dieu, crucifièrent leur Sauveur et en firent ainsi leur juge.
Les mères célibataires doivent avoir accès aux sacrements
Lettre du Dicastère pour la doctrine de la foi, publiée le 13 décembre 2023
Le Dicastère pour la doctrine de la foi a publié, ce mercredi 13 décembre, une lettre au sujet de l’accès aux sacrements pour les mères célibataires.
Ce document, approuvé par le pape François, a été rédigé suite à la demande récente d’un évêque de la République Dominicaine. Le Vatican a reçu par ailleurs plusieurs lettres sur ce même sujet.
Certaines de ces jeunes filles célibataires « s’abstiennent de communier par crainte du rigorisme du clergé et des responsables de la communauté » s’inquiète l’évêque de la République Dominicaine, Mgr Ramón Alfredo de la Cruz Baldera. Dans certains pays, il arrive également que des prêtres et des laïcs empêchent les mères qui ont eu un enfant hors mariage d’accéder aux sacrements, et même de baptiser leurs enfants.
« Les femmes, qui ont choisi la vie et mènent une existence très complexe à cause de ce choix, devraient être encouragées à accéder au pouvoir salvateur et consolateur des sacrements », répond le cardinal Víctor Manuel Fernández, préfet du Dicastère pour la doctrine de la foi. En ce sens, il demande à ce qu’un travail pastoral soit fait dans les Églises locales pour faire comprendre que le fait d’être une fille-mère n’empêche pas l’accès à l’Eucharistie. Comme tous les autres chrétiens, le sacrement de la confession leur permet de s’approcher de la communion.
Le Saint-Père rappelait d’ailleurs récemment, lors du Congrès eucharistique des Etats-Unis en juin 2023, que « l’Eucharistie est la réponse de Dieu à la faim la plus profonde du cœur humain, la faim de la vraie vie : en elle, le Christ lui-même est vraiment au milieu de nous pour nous nourrir, nous consoler et nous soutenir sur notre chemin ».
Le cardinal Fernandez écrit que les difficultés de ces femmes avaient déjà été dénoncés par le Saint-Père lorsqu’il était cardinal de Buenos Aires en septembre 2012 : « Il y a des prêtres qui ne baptisent pas les enfants des filles célibataires parce qu’ils n’ont pas été conçus dans la sainteté du mariage. Ce sont les hypocrites d’aujourd’hui. Ceux qui ont cléricalisé l’Église. Ceux qui détournent le peuple de Dieu du salut. Et cette pauvre fille, qui aurait pu renvoyer son bébé à l’expéditeur, mais qui a eu le courage de le mettre au monde, erre de paroisse en paroisse pour le faire baptiser. »
Enfin, le Dicastère pour la doctrine de la foi invite les pasteurs et les communautés ecclésiales à vivre la compassion envers les personnes fragiles et à éviter les persécutions ou les jugements trop sévères et impatients, en citant de nouveau le Saint-Père : « L’Église doit veiller tout particulièrement à comprendre, à consoler, à intégrer, en évitant de leur imposer une série de règles comme s’il s’agissait de pierres, ce qui aurait pour effet de les faire se sentir jugés et abandonnés par la Mère même qui est appelée à leur apporter la miséricorde de Dieu. » (Amoris laetitia, 19 mars 2016, 49)
Le tribunal pénal du Vatican a condamné en première instance le cardinal Becciu, jugé avec neuf autres personnes pour fraude, à cinq ans et demi de prison, le 16 décembre 2023. (VATICAN MEDIA Divisione Foto)
Procès sur l’immeuble de Londres: la quasi-totalité des accusés condamnés
Le tribunal du Vatican a condamné samedi 16 décembre le cardinal Angelo Becciu à cinq ans et six mois d’emprisonnement, une interdiction perpétuelle d’exercer une fonction publique et une amende de 8 000 euros. Amendes pour Di Ruzza et Brülhart, acquittement pour Mgr Carlino. Peines pour Tirabassi, Torzi, Crassus et Marogna.
Salvatore Cernuzio – Cité du Vatican
Cinq ans et six mois d’emprisonnement, l’interdiction perpétuelle d’exercer une fonction publique et 8 000 euros d’amende. C’est la peine infligée au cardinal Giovanni Angelo Becciu par le tribunal du Vatican, à l’issue du procès sur la gestion des fonds de la Secrétairerie d’État, qui tourne autour de la vente de l’immeuble de Londres. Le cardinal Becciu a été reconnu coupable de trois chefs d’accusation de détournement de fonds, selon la sentence prononcée cet après-midi à 16h07 par le président du tribunal, Giuseppe Pignatone, dans la salle polyvalente des Musées du Vatican.
René Brülhart et Tommaso Di Ruzza, respectivement ancien président et ancien directeur de l’AIF (Autorité d’information financière), ont été condamnés à une amende de 1 750 euros. Pour Enrico Craso, ancien conseiller financier de la Secrétairerie d’État, le tribunal a prononcé une peine de 7 ans d’emprisonnement et de 10 000 euros d’amende, assortie d’une interdiction d’exercer une fonction publique. Pour le financier Raffaele Mincione, 5 ans et 6 mois, plus 8 000 euros, et l’interdiction d’exercer une fonction publique. Pour l’ancien employé du bureau administratif de la Secrétairerie d’État, Fabrizio Tirabassi, 7 ans d’emprisonnement et 10 000 euros d’amende, interdiction d’exercer une fonction publique.
Pour l’avocat Nicola Squillace, avec circonstances atténuantes, un an et 10 mois d’emprisonnement, peine suspendue pendant cinq ans. Pour le courtier Gianluigi Torzi, 6 ans et 6 000 euros, interdiction d’exercer une fonction publique, ainsi que la soumission à une surveillance spéciale pendant un an, en vertu de l’article 412 du code pénal.
Trois ans et neuf mois d’emprisonnement pour la consultante Cecilia Marogna, et interdiction temporaire pour la même période. Une amende de 40 000 euros pour sa société Logsic Humanitarne Dejavnosti. De nombreuses infractions retenues par l’accusation ont été «requalifiées».
Béatification du cardinal Pironio au sanctuaire de Luján en Argentine, le 16 décembre 2023.
Le cardinal Pironio béatifié, «un humble pasteur dans l’esprit de Vatican II»
Dans son homélie, à l’occasion de la béatification du cardinal Eduardo Francisco Pironio au sanctuaire Notre-Dame de Luján, le cardinal Fernando Vérgez Alzaga représentant du Pape, a invité les fidèles argentins à suivre ses pas. Tout en étant «saints comme lui, vivant une sainteté aimable, miséricordieuse et humble». Car, a-t-il ajouté, l’Église et le monde ont besoin de sainteté pour contrer la contamination des mauvaises pratiques et de la corruption.
Myriam Sandouno – Cité du Vatican
Ce samedi 16 décembre 2023, est un jour de fête et de joie pour «toute l’Église» et pour «l’Argentine» qui vit ce moment intense de béatification du cardinal Eduardo Francisco Pironio. Le nouveau bienheureux que le Pape décrit dans sa lettre apostolique, comme «un humble pasteur dans l’esprit du Concile Vatican II, un témoin de l’espérance et de la patience évangéliques, un défenseur acharné de la cause de ses frères les plus pauvres».
«Magnificat, Magnificat!». C’est le mot qui résume la vie du cardinal Pironio, c’est le mot qu’il répète continuellement dans son Testament Spirituel comme expression de gratitude envers le Seigneur et envers Marie, «notre Mère», a déclaré à l’entame de son homélie, le cardinal Fernando Vérgez Alzaga, président du gouvernorat de l’État de la Cité du Vatican.
Que signifie le fait que le cardinal Pironio soit déclaré bienheureux aujourd’hui?
Une question à laquelle tente de répondre le cardinal espagnol représentant le Pape François: «Lorsqu’un homme ou une femme est déclaré bienheureux par l’Église, cela signifie qu’il ou elle a atteint la plénitude du bonheur, de la joie, dans la contemplation de Dieu dans la gloire du Ciel. Le Ciel, selon les mots de Jésus, c’est entrer « dans la joie du Seigneur». Et «l’Église confirme que la personne est en communion intime avec Dieu, et ce, après un long processu au cours duquel elle examine sa réputation de sainteté, ses vertus héroïques», c’est-à-dire «sa vie exemplaire, ses écrits, et la vérification d’un miracle attribué à son intercession, étudiée par un groupe de médecins spécialistes, avec une enquête très sérieuse», a expliqué le cardinal Fernando Vérgez Alzaga.
Sa fidélié pour le Christ
Le cardinal Pironio, dont «son amour immense pour le Christ s’est transformé en amour pour ses frères, afin qu’ils fassent à leur tour l’expérience des richesses du Cœur divin», désirait que tous aient accès aux bienfaits de la rédemption. Il a annoncé le Christ Sauveur avec une fidélité absolue jusqu’à la croix et, en même temps, avec une joie évangélique exemplaire dans les difficultés, comme lorsqu’il a dû quitter son pays, a relevé le prélat.
L’Eucharistie et la dévotion pour Marie
Avec sérénité, et sourire aux lèvres, ce cardinal dévoué pour l’annonce de l’Évangile, a su surmonter embûches et difficultés. Il fut «un exemple vivant de fidélité à l’Évangile, à l’Église et au magistère du Pape. Refusant tout personnalisme, il communiquait la vérité de l’Évangile et l’intégrité de la tradition». L’Eucharistie, sa grande dévotion pour Marie et la vénération des saints, étaient au cœur de sa vie spirituelle. «Il était missionnaire par la parole et par l’exemple; il proclamait l’Évangile de tout son être et faisait de la mission son objectif quotidien», a souligné le président du gouvernorat de l’État de la Cité du Vatican.
Le cardinal Fernando Vérgez Alzaga qui a été secrétaire particulier du nouveau bienheureux pendant plus de vingt ans, confie avoir fait l’expérience de sa paix intérieure, de sa profonde amitié avec Dieu et de son esprit de sainteté. «Tous ceux qui l’ont rencontré et connu en ont fait l’expérience», a dit le cardinal.
L’humilité, le foyer de la charité
Cette vertu vécue de manière extraordinaire par le cardinal Pironio, représentait pour lui la principale clé qui ouvrait la porte de la sainteté, alors que l’orgueil était le grand obstacle pour voir et aimer Dieu. Rappelant cela, le prélat espagnol a tenu à souligner «qu’il il avait intériorisé l’attitude du Seigneur Jésus, venu non pas pour être servi, mais pour servir. Pour lui aussi, comme pour saint Augustin, l’humilité était le foyer de la charité».
L’amour, la présence du Père, de Marie et de la croix
Dans sa vie sacerdotale, le cardinal Pironio ressentait la joie d’être prêtre, et il ajoutait que sa vie était marquée par trois grands amours et trois grandes présences: l’amour et la présence du Père, l’amour et la présence de Marie, la Vierge, l’amour et la présence de la Croix. Et lorsqu’il parlait de la Vierge, a-t-il rapporté, «c’était parce qu’il avait fait l’expérience de sa présence dans sa vie. Le rosaire, soulignait-il, apparemment monotone, dit beaucoup, c’est la profondeur des mystères du Salut à travers les mystères du Fils, contemplés à partir du Cœur de Marie».
La contemplation
Pour le cardinal Fernando Vérgez Alzaga, une forte attitude contemplative est nécessaire pour toute l’Église, à un moment où celle-ci prend conscience de sa mission prophétique. Et comme l’avait souligné le cardinal Pironio «Il ne peut y avoir de véritable prophétie – il ne peut y avoir de véritable évangélisation – et c’est l’urgence de l’Église aujourd’hui – si ce n’est à partir de la contemplation». La contemplation ouvre à la sainteté, à la communion avec Dieu, à son Cœur miséricordieux, a fait savoir le président du gouvernorat de l’État de la Cité du Vatican. Comme chemin à suivre «le bienheureux Eduardo Francisco Pironio invite à être saints comme lui, en vivant une sainteté aimable, miséricordieuse et humble. L’Église et le monde ont besoin de sainteté pour contrer la contamination des mauvaises pratiques et de la corruption. Les saints nous invitent à apporter au sein de l’Église et de la société l’air pur de la grâce de Dieu».
Le Pape François, recevant les artistes du concert de Noël, le samedi 16 décembre 2023. (Vatican Media)
Noël ne doit pas être victime d’un modèle commercial, rappelle François
Lors de son audience avec les artistes du concert de Noël, samedi 16 décembre, François a souligné la nécessité de défendre le message de la naissance de Jésus et de le chanter, en rejetant l’uniformité. Le Pape a aussi adressé une pensée à ceux qui vivent aujourd’hui dans la douleur et la peur de la guerre «même sur la Terre de Jésus».
Francesca Sabatinelli – Cité du Vatican
Le message de la naissance de Jésus «est ancien et toujours nouveau», il est unique, mais il peut être transmis selon la tradition, avec originalité et son propre «timbre», avec «différents styles, de différentes cultures et langues», mais sans céder au consumérisme, a rappelé François aux 135 artistes du concert de Noël. Un concert enregistré le samedi 16 décembre dans la capitale italienne et diffusé le soir du 1er janvier, à l’occasion de la Journée mondiale de la paix, ce concert apporte chaque année son soutien à une initiative de charité.
“Nous savons malheureusement que Noël est également victime de ce modèle commercial et consumériste. Mais que les chants de Noël conservent au moins cette poésie et cette spontanéité qui leur donnent tant de vie. Aidez-nous à les défendre contre cet abus.”
Les chants populaires, partie intégrante des cultures
«Depuis les temps les plus reculés, les êtres humains ont transmis des récits et des prières sous forme chantée. C’est encore le cas aujourd’hui, notamment dans certaines populations autochtones»,a continué le Souverain pontife, citant le chant «Tu scendi dalle stelle» (en français «Tu descends des étoiles»), comme un chef-d’œuvre de théologie et d’harmonie, connu dans le monde entier, composé par le saint évêque Alfondo Maria de Liguori, «qui fut un grand chantre de Noël».
François qui a également eu une pensée pour ceux qui passeront Noël dans un pays en guerre, notamment en Terre Sainte: «Chers amis, je sais qu’aujourd’hui vous chanterez aussi en pensant à ceux qui vivent ces jours-ci dans la douleur et la peur à cause de la guerre. Tant de guerres. Malheureusement aussi sur la terre de Jésus. Pour cela aussi, je vous remercie et je vous bénis.»
Des figurants de la la crèche vivante reçus par le Pape François. (VATICAN MEDIA Divisione Foto)
Le Pape exhorte à vivre la crèche en solidarité avec la Terre Sainte
À l’approche de la célébration de la Nativité, le Saint-Père a reçu samedi 16 décembre en salle Paul VI les figurants de la crèche vivante de la basilique Sainte-Marie-Majeure de Rome. Pour François, le but de la crèche vivante est «de réveiller dans les cœurs l’émerveillement devant le mystère de Dieu qui s’est fait enfant». Ce Noël, le Pape exhorte à penser particulièrement à la Terre Sainte.
Myriam Sandouno – Cité du Vatican
Inventée à Greccio, commune italienne dans la province de Rieti, il y a précisément 800 ans, saint François, qui en est l’initiateur, a voulu représenter la naissance de Jésus vivant pour susciter chez les frères et le peuple, émotion et tendresse, devant le mystère de Dieu né de Marie dans une étable et couché dans une mangeoire. Des précisions apportées par le Pape dans son discours lors de l’audience avec les 2 500 membres de la crèche vivante de la basilique Sainte-Marie-Majeure. Les figurants venus de toute l’Italie, habillés entre autre avec des tenues représentant des bergers, des artisans, la Sainte Famille, les mages, les anges, et les soldats romains, défileront dans l’après-midi le long de la via Merulana. Dans le centre de Rome, l’on pourra admirer la crèche vivante organisée par l’association italiennes des crèches, qui rassemble les crèches vivantes les plus importantes d’Italie.
La crèche vivante pour ressortir la réalité de l’incarnation
Cette initiative pensée par saint François revêt un «caractère concret à la représentation». Non pas une peinture, non pas des statues, mais des personnes en chair et en os, pour que la réalité de l’incarnation ressorte, a expliqué le Saint-Père. «Le but de la crèche vivante est de réveiller dans les cœurs l’émerveillement devant le mystère de Dieu qui s’est fait enfant».
Des figurants de la crèche vivante
Une pensée pour la Terre Sainte
Lors de cette audience le Successeur de Pierre n’a pas manqué d’évoquer «la Bethléem d’aujourd’hui», qui, a-t-il précisé, s’étend à tous les habitants de la terre, où Jésus est né, a vécu, est mort et est ressuscité. «Nous connaissons la situation à cause de la guerre, conséquence d’un conflit qui dure depuis des décennies», a affirmé François.
Le Pape qui ne cesse de prôner la paix dans le monde à chaque occasion offerte, a invité à vivre la crèche vivante «en solidarité avec ces frères et sœurs qui souffrent tant. Pour eux, cela promet d’être un Noël de douleur, de deuil, sans pèlerins, sans célébrations. Nous ne voulons pas les laisser seuls», a dit le Pape tout en précisant: «Nous sommes proches d’eux par la prière, par une aide concrète et aussi par votre crèche vivante, qui rappelle à tous que la souffrance à Bethléem est une plaie ouverte pour le Proche-Orient et le monde entier». En ce Noël cette année, le Saint-Père exhorte à «penser à la Terre Sainte».
“La souffrance à Bethléem est une plaie ouverte pour le Proche-Orient et le monde entier.”