François: Dieu ne se lasse pas de nous pardonner

Le Pape confesse une jeune femme lors des JMJ de Lisbonne (Vatican Media).  (Vatican Media)

François: Dieu ne se lasse pas de nous pardonner

Dans un discours consigné aux participants du cours portant sur le for interne organisé par la Pénitencerie apostolique, le Pape a invité à réfléchir sur la prière de l’Acte de contrition dont l’auteur est saint Alphonse Marie de Liguori, maître en théologie morale. François s’est arrêté sur trois attitudes qui peuvent «aider à méditer sur notre relation avec la miséricorde de Dieu: le repentir devant Dieu, la confiance en Lui et la résolution de ne pas rechuter».

Vatican News

L’Acte de contrition que l’on récite au cours du rite de réconciliation est une «prière simple et riche», qui appartient au «patrimoine du peuple saint et fidèle de Dieu». Pour François, elle conserve toute sa validité, tant pastorale que théologique, malgré le langage quelque peu ancien, qui pourrait même être mal compris dans certaines de ses expressions. Saint Alphonse Marie de Liguori, «maître en théologie morale et pasteur proche du peuple, et homme d’un grand équilibre, loin du rigorisme comme du laxisme», en est l’auteur.

Trois attitudes exprimées dans l’Acte de contritionpeuvent aider à méditer sur notre relation avec la miséricorde de Dieu, surtout en ce temps de Carême, et dans le contexte de cette année de prière, pour se préparer au Jubilé 2025. Il s’agit du repentir devant Dieu, de la confiance en Lui, et de la résolution personnelle de ne pas rechuter, a souligné le Saint-Père dans son discours aux participants du cours sur le for interne organisé par la Pénitencerie apostolique.

Le repentir

Cette attitude naît de la conscience de notre misère face à l’amour infini de Dieu, à sa miséricorde sans limites, a expliqué François. Elle «pousse notre âme à lui demander pardon, en se confiant à sa paternité, comme le dit la prière: « Mon Dieu, je me repens et je regrette de tout mon cœur mes péchés »», avant d’ajouter: «parce que je T’ai offensé, Toi qui es infiniment bon». Plus l’on ressent sa tendresse, «plus nous désirons être en pleine communion avec lui, et plus la laideur du mal devient évidente dans notre vie». Et c’est cette prise de conscience, qualifiée de «« repentance » et de « tristesse », qui nous pousse à réfléchir sur nous-mêmes et sur nos actes, et à nous convertir». Et le Successeur de Pierre de rappeler un aspect important: «Dieu ne se lasse pas de nous pardonner». «De notre côté, ne nous lassons pas de lui demander pardon».

La confiance

Dans l’Acte de contrition, Dieu est décrit comme «infiniment bon et digne d’être aimé par-dessus tout». Sur les lèvres d’un pénitent, la reconnaissance de l’infinie bonté de Dieu et la primauté, dans sa propre vie, de l’amour ressenti pour Lui, est belle à entendre, a affirmé François. En effet, a-t-il poursuivi, «Aimer par-dessus tout», signifie «mettre Dieu au centre de tout, comme une lumière sur le chemin et le fondement de tout ordre de valeurs, en lui confiant tout». Et «c’est cette primauté qui anime tout autre amour» pour les hommes et pour la création, parce que celui qui aime Dieu aime son frère (cf. 1 Jn 4,19-21), et cherche son bien, toujours, dans la justice et dans la paix.

L’intention 

Au-delà du «repentir» et de «la confiance», le Pape a évoqué un troisième aspect: «l’intention» qui exprime la volonté du pénitent de ne plus jamais retomber dans le péché qu’il a commis, et qui permet le passage important de l’attrition à la contrition, de la douleur imparfaite à la douleur parfaite. À ce niveau, a souligné François, «aucun d’entre nous ne peut promettre à Dieu de ne plus pécher, et ce qui est requis pour recevoir le pardon n’est pas une garantie d’impeccabilité», mais «un engagement présent, pris avec une bonne intention au moment de la confession». Saint Jean-Marie Vianney, le curé d’Ars, avait coutume de répéter que «Dieu nous pardonne même s’il sait que nous pécherons à nouveau», a-t-il rappelé, précisant que «sans sa grâce, aucune conversion ne serait possible» contre toute «tentation de l’ancien ou du nouveau pélagianisme».

Le Pape, pour conclure, a rappelé aux participants la beauté et l’importance de la tâche qui leur est confiée dans le confessionnal. Elle leur «permet d’aider tant de frères et de sœurs à expérimenter la douceur de l’amour de Dieu». François les a encouragés à «vivre chaque confession comme un moment de grâce unique et irremplaçable, et à accorder généreusement le pardon du Seigneur, avec affabilité, paternité et, j’ose le dire, aussi avec une tendresse maternelle».

Source : VATICANNEWS, le 8 mars 2024

François: mieux valoriser le rôle des femmes dans le Peuple de Dieu

Le Pape a rencontré les participants à la Rencontre Internationale «La femme dans l’Église: maître d’œuvre de l’humain».   (Vatican Media)

François: mieux valoriser le rôle des femmes dans le Peuple de Dieu

Lors d’une audience avec les participants de la rencontre internationale «La femme dans l’Église: maître d’œuvre de l’humain», le Pape François a souligné la faculté des femmes «d’unir par la tendresse» et le nécessaire travail pour permettre la formation des femmes dans l’Église. 

Jean-Benoît Harel – Cité du Vatican 

«Le chemin vers de meilleures sociétés passe précisément par l’éducation des fillettes, des filles et des jeunes femmes» a expliqué le Saint-Père aux 160 participants à la rencontre internationale «La femme dans l’Église: maître d’œuvre de l’humain», qui se déroule à Rome ce jeudi 7 et vendredi 8 mars 2024.

Dans la salle Clémentine, le Pape a fait lire son discours par le père Pierluigi Giroli, expliquant être «fatigué». Il a commencé par citer les dix femmes, qui sont «dix témoignages de sainteté», sujet d’étude de cette rencontre internationale: «Joséphine Bakhita, Magdeleine de Jésus, Elizabeth Ann Seton, Maria MacKillop, Laura Montoya, Kateri Tekakwitha, Teresa de Calcutta, Rafqa Pietra Choboq Ar-Rayès, Maria Beltrame Quattrocchi et Daphrose Mukasanga».

Exemple du «génie féminin»

Ces dix parcours de vie, d’époques et de régions différentes, ont montré que le «“génie féminin” est en mesure de refléter de manière unique la sainteté de Dieu dans le monde» selon le Saint-Père. Par leurs différentes initiatives de charité, d’éducation et de prière, à des «époques où les femmes étaient le plus exclues de la vie sociale et ecclésiale», elles sont devenues des instruments de l’Esprit Saint pour engager de «nouveaux dynamismes spirituels et d’importantes réformes dans l’Église» a-t-il poursuivi.  

Ces femmes ont «soutenu et transformé les familles et les communautés par la force de leur témoignage» comme le rappelait le Pape dans son exhortation apostolique Gaudete et Exsultate. «Et l’Église en a besoin, car l’Église est femme: fille, épouse et mère, et qui plus que la femme peut révéler son visage?» a interrogé le Saint-Père lors de l’audience privée. Il a ensuite encouragé les participants à «trouver les voies adéquates pour que la grandeur et le rôle des femmes soient davantage valorisés dans le Peuple de Dieu».

Collaboratrices du Créateur 

Revenant sur le thème de la rencontre, qui voit les femmes comme des «artisanes de l’humain», il a réassuré l’importance pour les femmes d’être «des collaboratrices du Créateur au service de la vie, du bien commun et de la paix». Le souverain pontife a ensuite donné deux pistes de réflexions concernant la mission des femmes dans l’Église.

D’abord, François est revenu sur la contribution féminine «la plus indispensable», c’est-à-dire l’amour. Il a ensuite cité sainte Thérèse de Lisieux qui «voulait être, dans l’Église, l’amour».

“La femme, en effet, avec sa capacité unique de compassion, son intuitivité et sa tendance connaturelle à “prendre soin”, sait être, de manière éminente, pour la société, “l’intelligence et le cœur qui aiment et unissent”, en mettant de l’amour là où il n’y en a pas, de l’humanité là où l’être humain peine à se trouver.”

La sainteté comme ligne éducative transversale

Ensuite, le Saint-Père a insisté sur l’importance de la formation des femmes dans l’Église. En ce sens, pour lui, cette rencontre internationale à Rome propose aux étudiants des «témoignages de sainteté, en particulier de femmes, les encourage à lever le regard, à élargir l’horizon des rêves et de la façon de penser, et à se disposer à poursuivre des idéaux élevés».

«La sainteté peut ainsi devenir une ligne éducative transversale dans l’ensemble de l’approche de la connaissance» a poursuivi le Pape, demandant à ce que les milieux d’études intellectuelles deviennent aussi des «contextes “formatifs”, où l’on s’aide à ouvrir l’esprit et le cœur à l’action de l’Esprit Saint». À travers notamment la profondeur et le concret de l’humanité des saints et des saintes.

Enfin, le Pape a déploré le monde actuel «où les femmes subissent encore tant de violences, d’inégalités, d’injustices et de mauvais traitements», véritable scandale pour «celui qui professe la foi dans le Dieu “né de la femme”». Contre les discriminations, il a conclu en invitant les participants à la rencontre internationale à s’engager et à prier pour la formation des femmes.  

Source : VATICANNEWS, le 7 mars 2024

Le Pape invite les fidèles à se laisser purifier par Dieu, qui pardonne tout, toujours 

Le Pape invite les fidèles à se laisser purifier par Dieu, qui pardonne tout, toujours 

À l’occasion de la 11e édition des «24 heures pour le Seigneur», l’évêque de Rome s’est rendu à l’église Saint Pie V, à l’ouest de la Ville éternelle. Il y a confessé des paroissiens, pendant environ une demi-heure. «La lèpre du péché a taché notre beauté, purifions-nous de la malhonnêteté et de la fausseté», a dit le Pape lors de la célébration. Il a également invité les confesseurs à toujours accorder le pardon à ceux qui le demandent. «Remettons le pardon au centre de l’Église», a-t-il lancé.

Salvatore Cernuzio – Cité du Vatican

Remis de la grippe qui l’a affaibli ces derniers jours, le Pape s’est rendu ce vendredi après-midi dans une paroisse de l’ouest de Rome, à dix minutes du Vatican, pour célébrer la 11e édition des «24 heures pour le Seigneur», l’initiative de prière au cours de laquelle l’évêque de Rome administre -et par le passé a reçu- le sacrement de la réconciliation à l’occasion du Carême. L’image, toujours évocatrice, du Pape qui, dans un coin, assis sur une chaise, confesse un groupe de fidèles -hommes et femmes- caractérise ce rendez-vous désormais traditionnel.

Arrivé en voiture, le Pape a été accueilli, dans le quartier populaire Aurelio, par les paroissiens de l’Église Saint-Pie-V ainsi que par des membres de la communauté catholique syro-malabare qui s’y retrouvent souvent pour des célébrations. François a pris le temps de saluer les présents, un homme en fauteuil roulant, une mère et son nouveau-né, des dizaines d’enfants et le curé don Donato Le Pera. Il fut applaudi à son entrée dans l’Église. Revêtu d’une étole violette, il a ouvert la célébration pénitentielle. Sa voix, encore rauque, ne l’a pas empêché de prononcer lui-même l’homélie, improvisant de longs passages et impliquant l’assemblée des fidèles.

Le Pape arrive à la paroisse de l'Aurelio.

Le Pape arrive à la paroisse de l’Aurelio.

La réflexion du Pape porte sur le concept de «vie nouvelle» qui est le thème de cette 11e édition des «24 heures pour le Seigneur». Une vie nouvelle qui est le don du sacrement de la réconciliation: «Le sacrement de la guérison et de la joie», souligne le Saint-Père. Une vie nouvelle donnée par le Christ qui enlève avec le pardon «tout ce qui est vieux» et «les choses laides» qui habitent l’âme de chaque personne. «La lèpre du péché a taché notre beauté», a affirmé François, qui propose une prière -presque une litanie- à élever vers le ciel: «Jésus, si tu veux, tu peux me purifier!»

Les motifs sont nombreux: «Parce que je pense que je n’ai pas besoin de toi chaque jour (…)De vivre en paix avec ma duplicité, sans chercher dans ton pardon le chemin de la liberté (…)Quand les bonnes intentions ne sont pas suivies d’actes (…) quand je remets à plus tard la prière et la rencontre avec toi.  Jésus, si tu le veux, tu peux me purifier!» Et le Pape d’insister sur cette demande de purification qui est également à formuler «Quand je m’accommode du mal, de la malhonnêteté, du mensonge, quand je juge les autres, les méprise et entretiens des commérages sur eux, en récriminant sur tout et sur tous». Renouvelés par Jésus, dit-il, nous pouvons revenir pour «marcher dans une vie nouvelle».

Lors de l'homélie.

Lors de l’homélie.

Car, jour après jour, plongés dans un rythme répétitif, happés par mille choses, étourdis par tant de messages, «nous cherchons partout la satisfaction et la nouveauté, les stimuli et les sensations positives, dit François, mais nous oublions qu’une vie nouvelle coule déjà en nous et que, comme la braise sous la cendre, elle attend de s’embraser et de tout éclairer».

Les cendres, dit le Pape, «se sont déposées sur le cœur» et «cachent la beauté à la vue de notre âme». Alors Dieu, qui est Père, apparaît comme un maître et au lieu de l’aimer, nous le craignons. «Et les autres, au lieu d’être des frères et des sœurs, des enfants du même Père, nous apparaissent comme des obstacles et des adversaires», une mauvaise habitude que déplore le Souverain pontife. «Les défauts de notre prochain semblent exagérés et ses vertus cachées; combien de fois sommes-nous inflexibles avec les autres et indulgents avec nous-mêmes», poursuit-il. Ainsi, il arrive de ne plus être capables de bien voir, même en soi-même. Conséquence: «nous sentons une force irrésistible qui nous pousse à faire le mal que nous voudrions éviter».

Ainsi, nous avons besoin d’un «nouveau panneau indicateur», «d’un changement de rythme» pour retrouver la beauté originelle. Comment? En suivant la voie du pardon de Dieu. 

Le Pape François

Le Pape François

«Mettez ceci dans votre esprit et dans votre cœur: Dieu ne se lasse pas de pardonner. Avez-vous compris cela? Pouvez-vous le répéter avec moi? Ensemble, tous… Dieu ne se lasse pas de pardonner. Quel est le drame? C’est nous qui nous fatiguons de demander pardon!», lance François. Or Lui ne se lasse pas de pardonner, et son pardon nous nettoie de l’intérieur assure-t-il. Dieu, poursuit le Pape, «nous veut renouvelés, libres et légers à l’intérieur, heureux et en chemin, non accostés sur les routes de la vie». Et «il sait combien il est facile pour nous de trébucher, de tomber et de rester à terre, mais il veut nous relever. Ne l’attristons pas, ne remettons pas à plus tard la rencontre avec son pardon…»

D’où un dernier appel: «remettons le pardon de Dieu au centre de l’Église!» Un appel également adressé aux confesseurs, ses «chers frères». Il les invite à se sentir comme «des dispensateurs de la joie du Père qui retrouve le fils égaré (…) que nos mains posées sur la tête des fidèles soient percées par la miséricorde de Dieu». François les appelle à ne pas être trop exigeant avec les fidèles et à pardonner, tout et toujours.

Le Pape recevant la confession d'un fidèle.

Le Pape recevant la confession d’un fidèle.

Source : VATICANNEWS, le 8 mars 2024

Appel à l’amour

Montage Marie de Nazareth

Apel à l’amour

Bien qu’oubliée en France aujourd’hui alors qu’elle y avait été très connue avant 1960, Josefa Menendez (1890-1923) est incontestablement une grande figure spirituelle de notre temps. D’origine espagnole, elle entre à trente ans au couvent des Sœurs du Sacré-Cœur de Jésus, à Poitiers. C’est là que le Christ ainsi que la Vierge Marie lui apparaissent régulièrement et s’entretiennent avec elle, du 5 février 1920 à sa mort, le 29 décembre 1923. Pendant les derniers mois de la vie de sœur Josefa, Jésus va lui dicter son Appel à l’Amour qui contient ses messages ainsi que ceux de la Sainte Vierge.
Comme pour bien d’autres grandes mystiques, Jésus permet que Josefa soit attaquée par le démon et Il demande à cette dernière de l’accepter. Mais les attaques de Satan sont parfois si violentes que Josefa se plaint parfois au Seigneur et demande que lui soit évitée cette épreuve, notamment début mars 1921, puis elle regrette de s’être plainte et demande à Jésus de lui pardonner.
C’est ainsi que le 9 mars 1921, la Sainte Vierge elle-même vient visiter Josefa et lui délivrer le message que la religieuse rapporte ici :

« Au milieu de l’adoration, la Sainte Vierge est venue, tellement bonne et compatissante, les bras ouverts comme une mère. Je lui demandai pardon et je lui dis mon désir de savoir si je puis encore consoler Jésus et Lui gagner des âmes. » C’est bien là son premier souci, « car – ajoute-t-elle – connaissant son Cœur, je ne puis douter de son pardon ».

« – Oui, ma fille, tu es pardonnée, lui répond sa divine Mère. La rage infernale te prépare encore bien d’autres pièges…. Mais courage ! Tu n’y succomberas pas. » « Elle me donna sa bénédiction et disparut. »

Sœur Josefa Menendez

Extrait de Un Appel à l’Amour – Editions Apostolat de la prière, Toulouse, p. 135

Lectures de la messe du jour

Prions :
Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort.
Amen.

Source : une minute avec Marie

09.03.2024 – SAINTE DU JOUR

Ste Françoise Romaine

RELIGIEUSE († 1440)

Sainte Françoise Romaine
Religieuse et fondatrice

Francesca Bussa de Leoni (ou sainte Françoise dite Françoise Romaine ou Françoise de Rome) naît à Rome en 1384, d’une famille très ancienne et non moins illustre. Son enfance, passée dans le recueillement et dans l’union avec Dieu, l’avait disposée à se consacrer à Jésus-Christ ; mais à l’âge de treize ans, parce qu’elle appartenait à la noblesse romaine, elle fut mariée à Lorenzo de Ponziani. Tous deux formèrent un ménage uni, paisible et heureux.

Sa maison fut l’école de toutes les vertus chrétiennes. Aimable pour tous, on ne sait laquelle fut la plus parfaite, de l’épouse, de la mère, de la maîtresse de maison. Les obligations de son état n’étaient jamais sacrifiées au bonheur de prier Dieu, et elle en reçut la récompense ; car, un jour qu’elle avait été obligée de s’interrompre quatre fois pendant la récitation du même verset de son office, elle retrouva le verset écrit en lettres d’or. 

Elle obtint de son mari, au bout de quelques années de mariage, de vivre en sa maison comme une véritable religieuse. Plus tard, son mari étant mort, elle put rejoindre les Sœurs Oblates, qu’elle avait fondées, et avec qui elle avait vécu jusque là en communauté d’œuvres et de prières. 

Parmi toutes les choses étonnantes de sa vie, on peut signaler surtout la présence ordinaire et visible de son ange gardien, et les luttes terribles qu’elle eut à soutenir contre le démon. Outre son ange gardien, Dieu lui avait donné un ange chargé de la punir ; cet ange était sévère ; car, à la moindre faute, il la frappait, même en public. L’ange restait invisible, mais les coups étaient entendus de tous. Ainsi, quelques personnes tenant un jour devant elle une conversation frivole, Dieu inspira à la sainte de les interrompre, et comme elle hésitait, elle reçut sur la joue un rude soufflet. Souvent, alors qu’elle était à genoux devant une statue de la Sainte Vierge, son ange s’approchait et continuait avec elle la prière. 

On représente généralement sainte Françoise avec un ange à côté d’elle. Plus d’une fois l’ange dévoué eut à chasser les démons, qui ne cessaient de harceler la servante de Dieu. Une nuit, pendant qu’elle priait, le diable la prit par les cheveux, et, la portant sur la terrasse de la maison, la suspendit au-dessus de la rue ; mais Dieu la remit en sûreté dans sa cellule. 

D’autres fois, elle était traînée violemment ; l’ennemi du salut prenait toutes les formes pour la tromper ou l’épouvanter ; le calme de Françoise excitait son dépit et le mettait en fuite.

Elle meurt le 9 mars 1440 en soignant son fils Jean-Baptiste, ses dernières paroles furent : « Le ciel s’ouvre, les anges descendent, l’archange a fini sa tâche, il est debout devant moi et me fait signe de le suivre ».

Françoise Romaine a été canonisée, le 29 mai 1608, par le pape Paul V (Camillo Borghese, 1605-1621).

Ste Françoise Romaine priez pour nous !

09.03.2024 – ÉVANGILE DU JOUR

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 18,9-14. 

En ce temps-là, à l’adresse de certains qui étaient convaincus d’être justes et qui méprisaient les autres, Jésus dit la parabole que voici :
« Deux hommes montèrent au Temple pour prier. L’un était pharisien, et l’autre, publicain (c’est-à-dire un collecteur d’impôts).
Le pharisien se tenait debout et priait en lui-même : ‘Mon Dieu, je te rends grâce parce que je ne suis pas comme les autres hommes – ils sont voleurs, injustes, adultères –, ou encore comme ce publicain.
Je jeûne deux fois par semaine et je verse le dixième de tout ce que je gagne.’
Le publicain, lui, se tenait à distance et n’osait même pas lever les yeux vers le ciel ; mais il se frappait la poitrine, en disant : ‘Mon Dieu, montre-toi favorable au pécheur que je suis !’


Je vous le déclare : quand ce dernier redescendit dans sa maison, c’est lui qui était devenu un homme juste, plutôt que l’autre. Qui s’élève sera abaissé ; qui s’abaisse sera élevé. »

Acclamons et partageons la parole de Dieu !

COMMENTAIRE :

Saint Jean-Marie Vianney (1786-1859)

prêtre, curé d’Ars

Sermon pour le 11e dimanche après la Pentecôte (Sermons de Saint Jean Baptiste Marie Vianney, Curé d’Ars, t. 2 ; Éd. Ste Jeanne d’Arc, 1982 ; p. 407-408-409 ; rev.)

Celui qui juge est plus coupable que celui qui est jugé

Nous voyons que le pharisien jugeait bien témérairement le publicain d’être un voleur, parce qu’il recevait les impôts ; en disant, sans le savoir, qu’il demandait plus qu’il ne fallait et qu’il ne se servait de son autorité que pour faire des injustices. Cependant, ce prétendu voleur se retire des pieds de Dieu, justifié, et ce pharisien, qui se croyait parfait, s’en va chez lui plus coupable ; ce qui nous montre que, le plus souvent, celui qui juge est plus coupable que celui qui est jugé. (…) Mais ces mauvais cœurs, ces cœurs orgueilleux, jaloux et envieux, puisque ce sont ces trois vices qui engendrent tous ces jugements que l’on porte sur ses voisins… A-t-on volé quelqu’un ? A-t-on perdu quelque chose ? De suite, nous pensons que c’est peut-être bien un tel qui a fait cela, et nous le pensons sans même en avoir la moindre connaissance. Ah ! Mes frères, si vous connaissiez bien ce péché, vous verriez que c’est un des péchés les plus à craindre, qui est le moins connu et le plus difficile à corriger. Écoutez ces cœurs qui sont imbus de ce vice. Si quelqu’un exerce quelque emploi, quelque charge dans lesquels d’autres ont fait quelque injustice ; de suite, ils concluent que tous ceux qui prennent la place font de même, qu’ils ne valent pas mieux que les autres, qu’ils sont tous des voleurs et des adroits. (…) Ah ! mes frères, si nous avions le bonheur d’être exempts de l’orgueil et de l’envie, nous ne jugerions jamais personne, nous nous contenterions de pleurer sur nos misères spirituelles et de prier pour les pauvres pécheurs, et pas autre chose ; étant bien convaincus que le bon Dieu ne nous demandera compte que de nos actions et non de celles des autres.

LECTURES:

Livre d’Osée 6,1-6. 

Venez, retournons vers le Seigneur !  Il a blessé, mais il nous guérira ; il a frappé, mais il nous soignera.
Après deux jours, il nous rendra la vie ; il nous relèvera le troisième jour : alors, nous vivrons devant sa face.
Efforçons-nous de connaître le Seigneur : son lever est aussi sûr que l’aurore ; il nous viendra comme la pluie, l’ondée qui arrose la terre.
– Que ferai-je de toi, Éphraïm ? Que ferai-je de toi, Juda ? Votre fidélité, une brume du matin, une rosée d’aurore qui s’en va.
Voilà pourquoi j’ai frappé par mes prophètes, donné la mort par les paroles de ma bouche : mon jugement jaillit comme la lumière.
Je veux la fidélité, non le sacrifice, la connaissance de Dieu plus que les holocaustes.

Psaume 51(50),3-4.18-19.20-21ab. 

Pitié pour moi, mon Dieu, dans ton amour, 
selon ta grande miséricorde, efface mon péché.
Lave moi tout entier de ma faute, 
purifie-moi de mon offense.

Si j’offre un sacrifice, tu n’en veux pas, 
tu n’acceptes pas d’holocauste.
Le sacrifice qui plaît à Dieu, c’est un esprit brisé ; 
tu ne repousses pas, ô mon Dieu, un cœur brisé et broyé.

Accorde à Sion le bonheur, 
relève les murs de Jérusalem.
Alors tu accepteras de justes sacrifices,
oblations et holocaustes sur ton autel.