Le chapelet atteignit en pleine poitrine un calviniste

Unsplash/Caroline Hernandez

Le chapelet atteignit en pleine poitrine un calviniste

Au XVIIe siècle en Angleterre, les Catholiques étaient soumis à une sanglante persécution. Le Père John Ogilvie fut jugé à Glasgow le 15 octobre1614 pour avoir affirmé que, dans le domaine spirituel, le pape est au-dessus du roi. Condamné à mort pour cela, il passa sa captivité en ne perdant rien de sa gaieté et des plaisanteries dont il était coutumier.

Torturé, il fut conduit à l’échafaud le 10 mars 1615, où il renouvela sa fidélité au roi dans le domaine temporel et déclara qu’il mourrait pour sa fidélité au Pape. Puis, soudain, il prit son chapelet et le jeta dans la foule.

Ce chapelet atteignit en pleine poitrine un calviniste hongrois de passage à Glasgow : c’était le notable Johann von Echesdoff qui se convertit ensuite au catholicisme. Le coup de chapelet avait été le « coup de grâce ». John Ogilvie a été canonisé par saint Paul VI à la mi-octobre 1976.

D’après les minutes du procès du Père John Ogilvie

Bibliothèque Nationale d’Ecosse à Edimbourg

Lectures de la messe du jour

Prions :
Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort.
Amen.

Source : une minute avec Marie

10.03.2024 – SAINTE DU JOUR

Ste Marie-Eugénie de Jésus

Ste Marie-Eugénie de Jésus

VIERGE ET FOND. († 1898)

Ste Marie-Eugénie de Jésus 

Fondatrice des :

« Religieuses de l’Assomption »

Marie-Eugénie de Jésus, née Anne-Eugénie Milleret de Brou, naquit à Metz le 26 août 1817, elle partagea son enfance entre l’hôtel particulier des Milleret de Brou et la vaste propriété de Preisch, aux frontières du Luxembourg, de l’Allemagne et de la France. 

Comblée, dans une famille non-croyante dont le père voltairien est un haut-fonctionnaire et la mère, excellente éducatrice, ne pratique que le formalisme religieux, elle connaîtra une véritable rencontre mystique avec Jésus Christ le jour de sa première communion, à Noël, en 1829. 

Après 1830, son père, ruiné, doit vendre la propriété de Preisch, puis l’hôtel de Metz. Ses parents se séparent ; elle va à Paris avec sa mère qui sera emportée brutalement par le choléra en 1832. Elle est recueillie dans une riche famille d’amis, à Châlons. L’adolescente de 17 ans connaît alors le désarroi et la solitude dans les mondanités qui l’entourent : « Je passai quelques années à me questionner sur la base et l’effet des croyances que je n’avais pas comprises… Mon ignorance de l’enseignement de l’Église était inconcevable et pourtant j’avais reçu les instructions communes du catéchisme » (Lettre à Lacordaire – 1841) 

Son père la fait revenir à Paris. Durant le carême 1836, elle retrouve la lumière en entendant l’abbé Lacordaire prêcher à Notre-Dame. « Votre parole me donnait une foi que rien ne devait plus faire vaciller ». « Ma vocation date de Notre-Dame » dira-t-elle plus tard. Elle se passionne alors pour le renouveau du christianisme de Lamenais, de Montalembert et de ses amis. 

Parmi eux, l’abbé Combalot dont elle entend les prédications à Saint-Sulpice en mars 1837. C’est à Saint-Eustache qu’elle le rencontre pour la première fois. Il rêvait de fonder une congrégation dédiée à Notre-Dame de l’Assomption, pour former les jeunes filles des milieux dirigeants, non-croyants pour la plupart. Elle rêvait de réaliser une vocation religieuse mais elle hésite d’abord à le suivre, puis elle accepte. 

Il l’envoie en formation chez les Visitandines de la Côte Saint-André (Isère) qui la marquent de l’esprit et de la spiritualité de saint François de Sales. 

En octobre 1838, c’est la rencontre avec l’abbé d’Alzon qui fondera les Pères de l’Assomption en 1845. Cette grande amitié durera 40 ans. Elle a déjà, précises dans son esprit, les bases de sa pédagogie : elle récuse une éducation mondaine où l’instruction profane est au rabais ; elle veut un christianisme authentique et non un vernis superficiel ; elle entend donner aux jeunes filles une formation de tout l’être à la lumière du Christ. 

En avril 1839, elles sont deux jeunes filles à se réunir dans ce but, dans un petit appartement, rue Férou, à Paris ; en octobre, elles se retrouvent bientôt à quatre dans une maison de la rue de Vaugirard, étudiant la théologie, l’Écriture Sainte et les sciences profanes. Kate O’Neill, une irlandaise, est déjà là, elle qui prendra le nom religieux de Thérèse-Emmanuel ; sa forte personnalité accompagnera Marie-Eugénie de Jésus de son amitié et de son aide durant toute sa vie. Les sœurs se séparent définitivement de l’abbé Combalot en mai 1841. Sa direction fantasque et son manque de mesure vis-à-vis de l’Archevêque de Paris risquaient de tout compromettre. 

Mgr Affre leur offre l’appui de son Vicaire général, Mgr Gros. C’est une libération. Les sœurs reprennent leurs études et font leur profession religieuse le 14 août 1841. 

Leur pauvreté est grande et la communauté ne se développe pas. Ce qui n’empêche pas sœur Marie-Eugénie, d’ouvrir une première école, au printemps 1842, impasse des Vignes. Puis elle s’installe à Chaillot, car la communauté grandit, toujours plus internationale. Elle se plaint parfois des prêtres et des laïcs trop repliés sur leur piété : « Leur cœur ne bat pour rien de large ». 

Sa relation avec l’Abbé d’Alzon s’approfondit. Pétri des idées de Lamennais, fort de Jésus Christ, attaché à l’Église, il l’entraîne ; elle le modère. Il est combatif ; elle le nuance. 

Les fondations se multiplient à travers le monde. Rome reconnaît la Congrégation des Religieuses de l’Assomption en 1867. Les Constitutions seront définitivement approuvées le 11 avril 1888. La mort du P. d’Alzon, en 1880, est l’annonce du dépouillement qu’elle avait reconnu nécessaire en 1854 : « Dieu veut que tout tombe autour de moi ». Sœur Thérèse-Emmanuel disparaît à son tour le 3 mai 1888, et sa solitude se creuse davantage. La croissance de la Congrégation est une lourde charge pour elle. 

Entre 1854 et 1895, de nouvelles communautés naissent en France, puis des fondations en Angleterre, en Espagne, en Nouvelle-Calédonie, en Italie, en Amérique latine et aux Philippines. Elle enchaîne voyages, constructions, consultations, décisions… 

Les religieuses seront des enseignantes s’adaptant aux besoins devant lesquels les place l’évolution de la vie et de l’Église, sans pour autant se départir des observances monastiques. 

Quand elle découvre l’impuissance de la vieillesse, « un état où ne reste plus que l’amour », elle s’efface peu à peu. « Je n’ai plus qu’à être bonne ». Sa santé s’altère. Vaincue par la paralysie en 1897, elle n’aura plus que son regard pour le dire. 

Le 10 mars 1898, elle rejoint le Christ ressuscité qui, sur terre, était son unique passion. 

Marie Eugénie de Jésus a été élevé à la gloire des autels le 9 février 1975, à Rome, par saint  Paul VI (Giovanni Battista Montini, 1963-1978) et canonisée, place Saint-Pierre, par le pape Benoît XVI (Joseph Ratzinger, 2005-2013), le 3 juin 2007. 

Pour approfondissements :
>>> Bienheureuse Marie-Eugénie de Jésus 

Ste Marie-Eugénie de Jésus priez pour nous !

10.03.2024 – ÉVANGILE DU JOUR

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 3,14-21. 

En ce temps-là, Jésus disait à Nicodème : « De même que le serpent de bronze fut élevé par Moïse dans le désert, ainsi faut-il que le Fils de l’homme soit élevé,
afin qu’en lui tout homme qui croit ait la vie éternelle.


Car Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais obtienne la vie éternelle.


Car Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé. »
Celui qui croit en lui échappe au Jugement ; celui qui ne croit pas est déjà jugé, du fait qu’il n’a pas cru au nom du Fils unique de Dieu.
Et le Jugement, le voici : la lumière est venue dans le monde, et les hommes ont préféré les ténèbres à la lumière, parce que leurs œuvres étaient mauvaises.


Celui qui fait le mal déteste la lumière : il ne vient pas à la lumière, de peur que ses œuvres ne soient dénoncées ;
mais celui qui fait la vérité vient à la lumière, pour qu’il soit manifeste que ses œuvres ont été accomplies en union avec Dieu. »

Acclamons et partageons la parole de Dieu !

COMMENTAIRE :

Sainte Catherine de Sienne (1347-1380)

tertiaire dominicaine, docteur de l’Église, copatronne de l’Europe

Le don du Verbe incarné, chap. VI, n° 22 (Le dialogue, trad. J. Hurtaud, éd. Téqui, 1976, p. 76-77)

« Dieu a envoyé son Fils pour que, par lui, le monde soit sauvé »

[Sainte Catherine a entendu Dieu lui dire :] Ouvre, ma fille, l’œil de ton intelligence ; tu découvriras les aveugles et les ignorants, et tu verras aussi les imparfaits et les parfaits qui me suivent vraiment. Tu éprouveras ainsi de la douleur de la damnation des ignorants et de l’allégresse pour la perfection de mes enfants bien-aimés. Tu découvriras aussi comment se comportent ceux qui cheminent à ma lumière et ceux qui vont par les ténèbres. Mais auparavant je veux que tu regardes le Pont, que je vous ai construit en mon Fils unique, et que tu contemples sa grandeur qui va du ciel à la terre ; puisque la grandeur de la Divinité est unie à la terre de votre humanité. C’est pourquoi je te dis qu’il va du ciel à la terre, par l’union qu’il a faite avec l’homme. Cela fut nécessaire pour refaire la voie qui était rompue, comme je t’ai dit, et permettre de traverser l’amertume du monde, pour arriver à la vie. En partant de la terre, on ne le pouvait établir d’une grandeur suffisante pour passer le fleuve et rejoindre la vie éternelle, puisque la terre de la nature humaine était incapable par elle seule de satisfaire au péché et de détruire la tache du péché d’Adam qui a corrompu et infecté toute la race humaine, comme je t’ai déjà dit. Il était donc nécessaire de la conjoindre à la grandeur de ma nature, Déité éternelle, pour qu’elle pût satisfaire pour toute la race humaine : il fallait que la nature humaine subît la peine et que la nature divine unie avec cette nature humaine acceptât le sacrifice que mon Fils m’offrait à moi, pour détruire la mort et vous rendre la vie. Ainsi la Grandeur s’est abaissée jusqu’à la terre de votre humanité : en s’unissant à elle, elle a édifié un pont et rétabli la route. Pourquoi cette voie ? Pour que, en vérité, l’homme vînt se réjouir avec la nature angélique. Mais, pour obtenir la vie, il ne suffirait pas que mon Fils soit devenu le pont, si vous, vous ne passiez pas par ce pont.

LECTURES :

Deuxième livre des Chroniques 36,14-16.19-23. 

En ces jours-là, tous les chefs des prêtres et du peuple multipliaient les infidélités, en imitant toutes les abominations des nations païennes, et ils profanaient la Maison que le Seigneur avait consacrée à Jérusalem.
Le Seigneur, le Dieu de leurs pères, sans attendre et sans se lasser, leur envoyait des messagers, car il avait pitié de son peuple et de sa Demeure.
Mais eux tournaient en dérision les envoyés de Dieu, méprisaient ses paroles, et se moquaient de ses prophètes ; finalement, il n’y eut plus de remède à la fureur grandissante du Seigneur contre son peuple.
Les Babyloniens brûlèrent la Maison de Dieu, détruisirent le rempart de Jérusalem, incendièrent tous ses palais, et réduisirent à rien tous leurs objets précieux.


Nabucodonosor déporta à Babylone ceux qui avaient échappé au massacre ; ils devinrent les esclaves du roi et de ses fils jusqu’au temps de la domination des Perses.
Ainsi s’accomplit la parole du Seigneur proclamée par Jérémie : « La terre sera dévastée et elle se reposera durant soixante-dix ans, jusqu’à ce qu’elle ait compensé par ce repos tous les sabbats profanés. »


Or, la première année du règne de Cyrus, roi de Perse, pour que soit accomplie la parole du Seigneur proclamée par Jérémie, le Seigneur inspira Cyrus, roi de Perse. Et celui-ci fit publier dans tout son royaume – et même consigner par écrit – :
« Ainsi parle Cyrus, roi de Perse : Le Seigneur, le Dieu du ciel, m’a donné tous les royaumes de la terre ; et il m’a chargé de lui bâtir une maison à Jérusalem, en Juda. Quiconque parmi vous fait partie de son peuple, que le Seigneur son Dieu soit avec lui, et qu’il monte à Jérusalem ! »

Psaume 137(136),1-2.3.4-5.6. 

Au bord des fleuves de Babylone 
nous étions assis et nous pleurions, 
nous souvenant de Sion ;
aux saules des alentours 
nous avions pendu nos harpes.

C’est là que nos vainqueurs 
nous demandèrent des chansons, 
et nos bourreaux, des airs joyeux : 
« Chantez-nous, disaient-ils, 
quelque chant de Sion. »

Comment chanterions-nous 
un chant du Seigneur 
sur une terre étrangère ?
Si je t’oublie, Jérusalem, 
que ma main droite m’oublie !

Je veux que ma langue 
s’attache à mon palais 
si je perds ton souvenir, 
si je n’élève Jérusalem, 
au sommet de ma joie.

Lettre de saint Paul Apôtre aux Éphésiens 2,4-10. 

Frères, Dieu est riche en miséricorde ; à cause du grand amour dont il nous a aimés,
nous qui étions des morts par suite de nos fautes, il nous a donné la vie avec le Christ : c’est bien par grâce que vous êtes sauvés.
Avec lui, il nous a ressuscités et il nous a fait siéger aux cieux, dans le Christ Jésus.
Il a voulu ainsi montrer, au long des âges futurs, la richesse surabondante de sa grâce, par sa bonté pour nous dans le Christ Jésus.
C’est bien par la grâce que vous êtes sauvés, et par le moyen de la foi. Cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu.
Cela ne vient pas des actes : personne ne peut en tirer orgueil.
C’est Dieu qui nous a faits, il nous a créés dans le Christ Jésus, en vue de la réalisation d’œuvres bonnes qu’il a préparées d’avance pour que nous les pratiquions.