31.03.2024 – MESSE DE LA RÉSURRECTION PRÉSIDÉE PAR LE PAPE FRANÇOIS À ROME

Le Pape a célébré la messe de Pâques place Saint-Pierre

Devant 30 000 fidèles à Rome et des millions d’autres branchés en direct mondovision à travers le globe, le Souverain pontife argentin a célébré la Solennité de la Résurrection du Seigneur, dimanche 31 mars, lors d’une messe de Pâques d’une durée d’une heure et demie. 

Delphine Allaire – Cité du Vatican

Sous un ciel romain maussade, c’est dans la pompe et la solennité qu’a commencé la messe du dimanche de Pâques célébrée par François et concélébrée par 34 cardinaux, 18 évêques et 300 prêtres sur le parvis de la basilique pétrinienne, richement décoré d’ornements floraux provenant traditionnellement du royaume des Pays-Bas. Plus de 30 000 fleurs ont jonché les abords de l’autel, transformant la place en jardin de la Résurrection.

Avec le rite du Resurrexit, l’un des éléments orientaux de la célébration, la Résurrection du Seigneur a été annoncée à l’assemblée priante et l’icône acheiropoïète («qui n’est pas faite de main d’homme») du Très Saint Sauveur, représentant sur le panneau central le Christ glorieux assis sur un trône, a été dévoilée. Le Pape s’est recueilli pour vénérer cette icône placée près de l’autel.

Le visage universel de l’Église

Après les deux lectures en français et en anglais, et le psaume 117, la double proclamation de l’Évangile selon saint Jean a eu lieu en latin et en grec, signe d’union entre Occident et Orient chrétiens. Le Successeur de Pierre n’a pas prononcé d’homélie, celle de la Vigile pascale faisant foi et réservant sa parole pour le message de Pâques précédant la bénédiction Urbi et Orbi. Un long temps de silence a fixé la place Saint-Pierre. Signe de l’universalité de l’Église, les intentions de prière ont été lues en arabe, en espagnol, en tamoul, en portugais et en chinois.

La prière eucharistique a été conduite par le cardinal Giovanni Battista Re, 90 ans, doyen du Sacré Collège et concélébrée par les cardinaux Leonardo Sandri, vice-doyen, et Mauro Piacenza, pénitencier majeur. Au terme de la célébration eucharistique, le Pape de 87 ans s’est offert un long tour de papamobile dans les allées quadrillées de la place Saint-Pierre, descendant sous les vivats jusqu’au début de la Via della Conciliazione bondée. Les fidèles ont n’ont cessé d’affluer au fil de la messe pour doubler leur présence à la bénédiction Urbi et Orbi accordée à 60 000 personnes depuis la loggia centrale de la basilique Saint-Pierre, étendue à tous ceux qui ont pu suivre la retransmission de la célébration dans les médias. François a aussi offert l’indulgence plénière. 

Source : VATICANNEWS, le 31 mars 2024

Comment le Ressuscité n’aurait-il pas visité d’abord sa Mère ?

Ivanov, Noli me tangere, 1835, State Russian Museum. © CC0/wikimedia

Comment le Ressuscité n’aurait-il pas visité d’abord sa Mère ?

Comment la Vierge, présente dans la première communauté des disciples (cf. Ac 1, 14), aurait-elle pu être exclue du nombre de ceux qui ont rencontré son Fils divin, ressuscité d’entre les morts ? L’absence de Marie du groupe des femmes qui se rend au tombeau à l’aube (cf. Mc 16, 1 ; Mt 28, 1), ne pourrait-elle pas constituer un indice du fait qu’Elle avait déjà rencontré Jésus ?

Cette déduction serait également confirmée par le fait que les premiers témoins de la Résurrection, selon la volonté de Jésus, ont été les femmes qui étaient restées fidèles au pied de la Croix, et donc plus fermes dans leur foi.

En effet, c’est à l’une d’elles, Marie-Madeleine, que le Ressuscité confie le message à transmettre aux Apôtres (cf. Jn 20, 17-18). Cet élément aussi peut permettre de penser que Jésus se montre tout d’abord à sa Mère, Celle qui est restée la plus fidèle et qui a conservé sa foi intacte dans l’épreuve.

Enfin, le caractère unique et spécial de la présence de la Vierge au Calvaire et son union parfaite à son Fils dans la souffrance de la Croix, semblent suggérer une participation très particulière au mystère de sa résurrection.

Un auteur du Vème siècle, Sedulius, soutient que le Christ s’est tout d’abord révélé à sa Mère dans la splendeur de la vie ressuscitée. En effet, Celle qui lors de l’Annonciation, avait été la voie de son entrée dans le monde, était appelée à diffuser la merveilleuse nouvelle de la Résurrection, pour être l’annonciatrice de sa glorieuse venue. Ainsi inondée par la gloire du Ressuscité, Elle anticipe le « resplendissement » de l’Église (cf. Sedulius, Carmen Pascale, 5, 357-364, CSEL 10, 140s).

Encyclopédie Mariale

Lectures de la messe du jour

Prions :
Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort.
Amen.

Source : une minute avec Marie

31.03.2024 – ÉVANGILE DU DIMANCHE DE PÂQUES – JEAN 20,1-9

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 20,1-9. 

Le premier jour de la semaine, Marie Madeleine se rend au tombeau de grand matin ; c’était encore les ténèbres. Elle s’aperçoit que la pierre a été enlevée du tombeau.
Elle court donc trouver Simon-Pierre et l’autre disciple, celui que Jésus aimait, et elle leur dit : « On a enlevé le Seigneur de son tombeau, et nous ne savons pas où on l’a déposé. »
Pierre partit donc avec l’autre disciple pour se rendre au tombeau.
Ils couraient tous les deux ensemble, mais l’autre disciple courut plus vite que Pierre et arriva le premier au tombeau.
En se penchant, il s’aperçoit que les linges sont posés à plat ; cependant il n’entre pas.
Simon-Pierre, qui le suivait, arrive à son tour. Il entre dans le tombeau ; il aperçoit les linges, posés à plat,
ainsi que le suaire qui avait entouré la tête de Jésus, non pas posé avec les linges, mais roulé à part à sa place.
C’est alors qu’entra l’autre disciple, lui qui était arrivé le premier au tombeau. Il vit, et il crut.


Jusque-là, en effet, les disciples n’avaient pas compris que, selon l’Écriture, il fallait que Jésus ressuscite d’entre les morts.

Acclamons et partageons la parole de Dieu !

COMMENTAIRE :

Livre d’heures du Sinaï (9e siècle)

Macarismes de la Résurrection, SC 486 (Sinaiticus graecus 864; trad. Sr Maxime Ajjoub; éd. du Cerf, 2004, p. 401-405)

Réjouissez-vous, le Christ est ressuscité du tombeau !

Écoute, Adam, et réjouis-toi avec Ève, car celui qui vous avait jadis dépouillés tous deux et par sa tromperie vous avait faits captifs, sur la Croix du Christ a été réduit à l’impuissance. Aujourd’hui, ô Christ, tu as aboli par ta puissance l’empire de la mort et tu as délivré, Donateur de vie, les âmes des hommes, grâce à ta résurrection, toi notre Sauveur. Comme la multitude des anges dans le ciel, ainsi le genre humain sur terre fête la toute sainte Résurrection de ta bonté, Seigneur. Aujourd’hui le Christ est ressuscité du tombeau, dont il fait jaillir l’incorruptibilité pour tous les mortels, et dans sa miséricorde il inaugure avec les Porteuses de parfum la joie de la Résurrection. Réveille-nous de la tombe du péché, nous qu’une foule de passions avait mis à mort, Sauveur, qui par ta résurrection as détruit la tyrannie de la Mort, vrai Ami de l’homme. Réjouissez-vous, sages Porteuses de parfum, Femmes qui les premières avez vu la résurrection du Christ et avez annoncé à ses apôtres la résurrection du monde entier. Je t’adore, Père sans commencement qui es vie, j’adore avec toi ton Fils Éternel qui est vie, vie et source vive est l’Esprit Saint : je glorifie l’unique Vie véritable.

LECTURES :

Livre des Actes des Apôtres 10,34a.37-43. 

En ces jours-là, quand Pierre arriva à Césarée chez un centurion de l’armée romaine, il prit la parole et dit :
« Vous savez ce qui s’est passé à travers tout le pays des Juifs, depuis les commencements en Galilée, après le baptême proclamé par Jean :
Jésus de Nazareth, Dieu lui a donné l’onction d’Esprit Saint et de puissance. Là où il passait, il faisait le bien et guérissait tous ceux qui étaient sous le pouvoir du diable, car Dieu était avec lui. »
Et nous, nous sommes témoins de tout ce qu’il a fait dans le pays des Juifs et à Jérusalem. Celui qu’ils ont supprimé en le suspendant au bois du supplice,
Dieu l’a ressuscité le troisième jour. Il lui a donné de se manifester,
non pas à tout le peuple, mais à des témoins que Dieu avait choisis d’avance, à nous qui avons mangé et bu avec lui après sa résurrection d’entre les morts.
Dieu nous a chargés d’annoncer au peuple et de témoigner que lui-même l’a établi Juge des vivants et des morts.
C’est à Jésus que tous les prophètes rendent ce témoignage : Quiconque croit en lui reçoit par son nom le pardon de ses péchés. »

Psaume 118(117),1.2.16-17.22-23. 

Rendez grâce au Seigneur : Il est bon ! 
Éternel est son amour !
Oui, que le dise Israël : 
Éternel est son amour !

« Le bras du Seigneur se lève, 
le bras du Seigneur est fort ! »
Non, je ne mourrai pas, je vivrai 
pour annoncer les actions du Seigneur.

La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs 
est devenue la pierre d’angle :
c’est là l’œuvre du Seigneur,
la merveille devant nos yeux.

Lettre de saint Paul Apôtre aux Colossiens 3,1-4. 

Frères, si vous êtes ressuscités avec le Christ, recherchez les réalités d’en haut : c’est là qu’est le Christ, assis à la droite de Dieu.
Pensez aux réalités d’en haut, non à celles de la terre.
En effet, vous êtes passés par la mort, et votre vie reste cachée avec le Christ en Dieu.
Quand paraîtra le Christ, votre vie, alors vous aussi, vous paraîtrez avec lui dans la gloire.

Veillée pascale: la Résurrection nous délivre des pierres qui oppressent l’âme

Veillée pascale: la Résurrection nous délivre des pierres qui oppressent l’âme

Dans son homélie de la Vigile pascale, samedi 30 mars, le Pape a médité sur le sens des pierres de la mort qui oppressent nos âmes, exhortant à lever les yeux vers Jésus Ressuscité pour faire renaître l’espérance des décombres de l’échec. Devant 6 000 fidèles en prière dans la basilique Saint-Pierre, François a vilipendé «les murs de caoutchouc de l’égoïsme et l’indifférence», regrettant que les aspirations à la paix «soient brisées par la cruauté de la haine et la férocité de la guerre».

Delphine Allaire – Cité du Vatican

La liturgie de la veillée pascale a commencé samedi soir dans une basilique Saint-Pierre plongée dans les ténèbres. À la troisième invocation du chant «Lumen Christi», la basilique s’est allumée, faisant traverser la nuit de la résurrection, symbolisant le passage de la mort à la vie.

Les traditions liturgiques de cette nuit sainte ont été déployées, avec l’Exsultet chanté en latin, trois lectures de l’Ancien Testament, les Psaumes et cantiques, et la lettre de saint Paul aux Romains, convergeant vers l’Évangile de la Résurrection, lu à travers le récit de saint Marc. Le Pape a concélébré la messe avec 34 cardinaux, 25 évêques et 200 prêtres. Au cours de la célébration, François a baptisé et confirmé huit catéchumènes, venus d’Albanie, du Japon, de Corée du Sud et d’Italie. 

Cruauté de la haine et férocité de la guerre, des pierres de mort

Dans son homélie, le Souverain pontife a médité sur deux moments révélateurs de la joie de Pâques: celui des femmes, qui aux premières lueurs du jour se rendent au tombeau et se demandent avec angoisse «qui roulera la pierre» (Mc16, 3); puis, celui où «levant les yeux, elles voient que la pierre a déjà été roulée» (Mc 16, 4).

D’abord, face à la grosse pierre derrière laquelle gît le Prince de la paix «obstacle insurmontable», «point final de l’espérance» des trois femmes, le Pape a évoqué «la pierre tombale» parfois lourdement placée à l’entrée de nos cœurs. «Elle étouffe la vie, éteint la confiance, nous emprisonne dans le tombeau des peurs et de l’amertume, bloquant le chemin vers la joie et l’espérance».

Pour l’évêque de Rome, «ces pierres de la mort» se manifestent dans les souffrances et dans la mort d’êtres chers; dans les échecs et les peurs qui empêchent d’accomplir le bien; dans toutes les fermetures qui freinent les élans de générosité et ne permettent pas de s’ouvrir à l’amour; «dans les murs de caoutchouc de l’égoïsme et de l’indifférence» qui refusent l’engagement à construire des villes et des sociétés plus justes et à taille humaine; dans toutes les aspirations à la paix brisées par la cruauté de la haine et la férocité de la guerre. Chacune de ces situations appelle cette angoisse: qui roulera la pierre du tombeau?

Les temps forts de la Veillée

Lever les yeux vers Jésus pour vaincre les ténèbres

Mais le Pape rappelle que ces femmes qui avaient les ténèbres dans le cœur témoignent d’une chose extraordinaire: «en levant les yeux, elles ont vu que la pierre avait déjà été roulée, alors qu’elle était très grande». «Voilà la Pâque du Christ, voici la force de Dieu: la victoire de la vie sur la mort, le triomphe de la lumière sur les ténèbres, la renaissance de l’espérance dans les décombres de l’échec», a poursuivi le successeur de Pierre, exhortant à lever les yeux vers ce Dieu de l’impossible «qui a roulé pour toujours la pierre et commencé à ouvrir nos tombeaux, pour que l’espérance n’ait pas de fin».

«Levons nos yeux vers Jésus», a souhaité le Pape, assurant qu’une brèche de lumière infinie est ouverte pour chacun grâce à Christ. «Ressuscité par le Père dans sa chair, dans notre chair, par la force de l’Esprit Saint, il a ouvert une page nouvelle pour le genre humain.»

Explosion de joie dans les cœurs

Dès lors, aux côtés de Jésus, le Saint-Père a assuré qu’aucune expérience d’échec et de douleur, aussi douloureuse soit-elle, ne peut avoir le dernier mot sur le sens et le destin de notre vie. «Désormais, si nous nous laissons saisir par le Ressuscité, aucune défaite, aucune souffrance, aucune mort ne pourra arrêter notre marche vers la plénitude de la vie», a affirmé François, appelant chacun à demander au Christ «que la puissance de sa résurrection fasse rouler les pierres qui oppressent nos âmes».

«Sœur, frère, que ton cœur explose de joie en cette nuit sainte! Chantons ensemble la résurrection de Jésus», s’est exclamé le Souverain pontife, concluant son homélie en citant le moine bénédictin français, père Jean-Yves Quellec, décédé en Belgique en 2016, et auteur de «Dieu face nord» en 1998: «Chantez, terres lointaines, fleuves et plaines, déserts et montagnes… Chantez le Seigneur de la vie qui sort du tombeau, plus brillant que mille soleils. Peuples brisés par le mal et meurtris par l’injustice, peuples sans place, peuples martyrs, chassez en cette nuit les chantres du désespoir. L’homme des douleurs n’est plus en prison: il a ouvert une brèche dans la muraille, il se hâte de venir à vous. Que le cri inattendu s’élève dans les ténèbres: il est vivant, il est ressuscité ! Et vous, frères et sœurs, petits et grands… vous qui êtes dans la misère, vous qui vous sentez indignes de chanter… une flamme nouvelle traverse votre cœur, une fraîcheur nouvelle imprègne votre voix. C’est la Pâque du Seigneur, c’est la fête des vivants» (J-Y. Quellec, Dieu face nord, Ottignies 1998, 85-86).

Veillée Pascale présidée par le Pape François (intégrale)

Source : VATICANNEWS, le 30 mars 2024