19.05.2024 – MESSE DE LA PENTECÔTE PRÉSIDÉE PAR LE PAPE FRANÇOIS À ROME

Pentecôte: l’Esprit Saint fortifie avec délicatesse pour la mission

En ce dimanche 19 mai, solennité de la Pentecôte, le Pape François a présidé l’eucharistie en la basilique Saint-Pierre. Dans son homélie le Pape a mis au centre de sa méditation les deux domaines d’action de l’Esprit Saint: la délicatesse et la force en vue de l’envoi en mission.

Marie José Muando Buabualo – Cité du Vatican

«Avec l’Esprit Saint on peut vaincre, Il nous donne la force pour agir parce qu’Il entre dans notre cœur»: le Pape l’affirme dans son homélie lors de la messe de la Pentecôte qu’il a présidée le dimanche 19 mai en la basilique Saint-Pierre. Se référant aux textes liturgiques du jour, François a axé son homélie sur trois points: la force, la délicatesse et l’envoi en mission.

Le Pape a expliqué comment «la même main robuste et calleuse (de l’Esprit Saint) qui a d’abord labouré les mottes de terre des passions, puis délicatement, après avoir planté les semis de la vertu, les “arrose”, les “soigne” (cf. Séquence) et les protège avec amour, de sorte qu’ils grandissent et deviennent plus forts, et que nous puissions goûter, après la fatigue de la lutte contre le mal, la douceur de la miséricorde et de la communion avec Dieu» à travers les œuvres missionnaires.

La force et la délicatesse pour vaincre le mal et construire le bien

«L’action de l’Esprit en nous est forte, comme le symbolisent les signes du vent et du feu, qui sont souvent associés à la puissance de Dieu dans la Bible (cf. Ex 19, 16-19)» fait remarquer le Pape en s’appuyant sur l’importance de cette puissance qui nous permet de vaincre le mal et les désirs de la chair tels que l’impureté, l’idolâtrie, la discorde et l’envie dont parle saint Paul dans la deuxième lecture. L’Esprit, en effet, poursuit François, entre dans nos cœurs «arides, rigides et froids (cf. Séquence Veni Sancte Spiritus), ruinant nos relations avec les autres et divisant nos communautés.» Face aux dégâts et souffrances provoqués par ces comportements, François suggère le recours à la force de l’Esprit Saint pour les rejeter afin que nos moments de lutte puissent se transformer en opportunités de croissance, en crises salutaires pour y ressortir meilleurs, plus forts, et capables d’aimer avec une plus grande liberté. L’œuvre du Paraclet en nous est remplie de la délicatesse que le Pape relève dans plusieurs extraits des Ecritures Saintes. Dans les Actes des Apôtres, le vent et le feu ne détruisent ni ne brûlent: l’un remplit la maison dans laquelle se trouvent les disciples et l’autre se pose délicatement, sous forme de petites flammes, sur la tête de chacun. 

Annoncer l’Évangile à tous avec la même force et la même délicatesse

Après la transformation à travers la force délicate de l’Esprit Saint, la croissance et la maturité spirituelle conduit vers la mission: «L’Esprit Saint, qui est descendu sur eux et qui s’est fait proche… agit en transformant leur cœur et en leur insufflant une “audace” qui les pousse à transmettre aux autres leur expérience de Jésus et l’espérance qui les anime». Développant le deuxième aspect de l’œuvre de l’Esprit Saint, le Pape fait remarquer le caractère universel de l’élan missionnaire qui suscite le désir et la capacité d’annoncer l’Évangile et de se faire comprendre par des personnes de langues et de cultures différentes. «C’est également important pour nous, qui avons reçu en don l’Esprit lors du Baptême et de la Confirmation d’annoncer l’Évangile à tous, en allant au-delà des barrières ethniques et religieuses, pour accomplir une mission réellement universelle avec la même force et la même délicatesse.»

Appelé à annoncer l’Evangile de la paix et de l’espérance

Toutefois, le Pape met en garde de ne pas confondre la force de l’Esprit Saint avec l’arrogance qui pousse à des calculs et des ruses. Il invite à s’appuyer sur l’énergie de la vérité et de la fidélité en vue de continuer sur la route de la recherche de la paix du pardon d’accueil et de solidarité. En évitant de confondre la liberté avec l’individualisme superficiel, opaque et vide, François fait remarquer que la délicatesse de la proclamation de l’Evangile pousse à un esprit d’accueil, d’encouragement et de fortification vers l’amélioration des conditions de la vie humaine (Gaudium et spes, n. 38). Il a particulièrement insisté pour que nous n’oublions pas d’acceuillir «tout le monde», «les bons comme les méchants». 

D’où son souhait pour que cette espérance puisse conduire à lever les yeux vers des horizons de paix, de fraternité, de justice et de solidarité, unique voie à parcourir ensemble et à rendre praticable pour les autres en vue de renouveler notre foi en la présence du Consolateur et de continuer à prier: «Viens, Esprit créateur, éclaire nos esprits, remplis nos cœurs de ta grâce, guide nos pas, donne à notre monde ta paix.»

Source : VATICANNEWS, le 19 mai 2024

La relation entre la Vierge Marie et l’Esprit Saint

Le couronnement de par la sainte Trinité au Sanctuaire de Fatima au Portugal. © Shutterstock/jorisvo

La relation entre la Vierge Marie et l’Esprit Saint

Depuis les débuts du Christianisme, les saints se sont penchés sur l’étroite relation entre la Vierge Marie et l’Esprit Saint.

Saint Luc a commencé son Évangile en nous montrant Marie couverte par l’Esprit au moment où elle concevait le Fils de Dieu (Luc 1, 35). Il a commencé son deuxième livre, les Actes des Apôtres, en nous montrant Marie priant avec l’Église, appelant l’Esprit Saint à arriver avec puissance (Actes 1, 14). Plus près de nous, saint Maximilien Kolbe a parlé de la relation spéciale entre l’Esprit Saint et Marie. « Tous deux partagent, écrivait-il, une seule et même maternité : la Maternité divine de l’amour ».

Je ne suis pas un saint, mais je parle longuement de cette relation dans l’un de mes livres, First Comes Love. Je ne peux donc pas décrire la joie que j’ai ressentie en 2018 lorsque le pape François a institué une nouvelle fête – la commémoration de la Bienheureuse Vierge Marie, Mère de l’Église – qui sera célébrée le lundi suivant la Pentecôte… le lendemain même de la grande fête du Saint-Esprit.

Il s’agit là d’une belle évolution, le couronnement d’une longue tradition. Les Églises orientales honorent Marie à la fois comme « icône de l’Église » et comme « icône de l’Esprit ». La maternité de Marie ne fait qu’un avec celle de l’Église et de l’Esprit. De même qu’elle a conçu Jésus et l’a élevé, de même elle nous élève maternellement aujourd’hui, nous les enfants de l’Église. Par la puissance de l’Esprit Saint, que nous avons reçu lors de notre baptême, nous partageons la vie de Jésus : nous partageons sa maison (le Ciel), sa table (la Messe) et sa mère (Marie). Nous sommes les frères et sœurs du Fils unique de Marie, et nous sommes donc son « autre descendance »révélée dans le livre de l’Apocalypse (12:17).

Cette fête ne pouvait pas mieux tomber dans ma vie. Cinq ans auparavant, j’avais fait ma première consécration mariale avec ma famille. Plus je vieillis, plus je reconnais ma dépendance à l’égard des autres, mais surtout à l’égard de notre Bienheureuse Mère et surtout à l’égard de l’Esprit Saint, qui est le ciment même de ma consécration.

L’honneur que nous rendons à Marie n’enlève rien à Dieu. C’est ce qu’a affirmé le Concile Vatican II : « Le devoir maternel de Marie à l’égard des hommes n’obscurcit ni ne diminue en rien cette médiation unique du Christ, mais il en manifeste au contraire la puissance. » Marie est l’œuvre la plus grandiose de Jésus. Elle est la grande manifestation de l’Esprit.

Nous avons besoin de cette fête. Comment en douter ? Nous vivons de nombreuses crises dans notre société et dans notre Église. La maternité est en crise, la famille est en crise. Les honnêtes gens se sentent découragés. Une génération élevée sans religion se retrouve non pas libérée, mais plutôt enchaînée sur le pont d’un bateau secoué par les vagues de l’opinion et submergée par les rumeurs d’une science factice.

Nous avons besoin de Marie, mère de l’Église. Lorsque nous allons vers elle, nous gagnons l’Esprit – et tous les dons et fruits de l’Esprit. « Là où est l’Esprit du Seigneur, là est la liberté » (2 Corinthiens 3,17).

Scott Hahn, 16 mai 2023

www.angelunews.com

Lectures de la messe du jour

Prions :
Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort.
Amen.

Source : une minute avec Marie

19.05.2024 – SAINT DU JOUR

St Yves Hélory

St Yves Hélory

AVOCAT PUIS PRÊTRE († 1303)

Saint Yves Hélory
Avocat puis prêtre 
(1250-1303)

Yves Hélory, dit l’Avocat des Pauvres, naît en Bretagne, au manoir de Kermartin près de Tréguier, en 1250.

Le jeune Yves est envoyé à Paris, vers 14 ans, pour étudier la philosophie et la théologie : il recevra des enseignements de Thomas d’Aquin. Finalement, c’est le droit qui l’attire. Il étudiera à la faculté d’Orléans le droit laïc et ecclésiastique.

Puis il retourne en Bretagne où il est nommé juge ecclésiastique à Rennes en 1280. L’évêque de Tréguier l’appelle auprès de lui et le décide à devenir prêtre en 1283. Il est nommé curé de Trédrez en 1285, puis de Louannec, de 1292 à 1298.

Entre-temps, Yves a mené une vie exemplaire. De nombreux témoins de son procès en béatification parleront d’un chrétien et d’un juge doux, équitable, attentif et compatissant au sort des pauvres et plaidant leur cause. Mais en 1291, Yves ressort transformé d’une visite au mouroir de l’hôpital de Tréguier qui le décide à devenir un pauvre parmi les plus pauvres.

Il se retira dans son manoir familial de Kermartin où il vécut dans la misère et accueillit les indigents, devenant leur avocat. Restant aussi prêtre et évangélisateur, il traverse la Bretagne à pied pour prêcher et apporter la Bonne nouvelle contre vents et marées.

Il meurt à Kermartin le 19 mai 1303 épuisé par le travail et la pénitence. Son corps sera transféré à la cathédrale de Tréguier. Son tombeau devint un lieu de pèlerinage.

Il est canonisé en 1347, devenant ainsi le second saint breton et sans doute le premier prêtre diocésain élevé à ce rang. 

Il est le saint patron des avocats, des avoués, des assureurs et des notaires, ainsi que de la Bretagne.

Saint Yves Hélory priez pour nous !

19.05.2024 – ÉVANGILE DU JOUR DE LA PENTECÔTE

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 15,26-27.16,12-15. 

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Quand viendra le Défenseur, que je vous enverrai d’auprès du Père, lui, l’Esprit de vérité qui procède du Père, il rendra témoignage en ma faveur.
Et vous aussi, vous allez rendre témoignage, car vous êtes avec moi depuis le commencement.
J’ai encore beaucoup de choses à vous dire, mais pour l’instant vous ne pouvez pas les porter.


Quand il viendra, lui, l’Esprit de vérité, il vous conduira dans la vérité tout entière. En effet, ce qu’il dira ne viendra pas de lui-même : mais ce qu’il aura entendu, il le dira ; et ce qui va venir, il vous le fera connaître.
Lui me glorifiera, car il recevra ce qui vient de moi pour vous le faire connaître.
Tout ce que possède le Père est à moi ; voilà pourquoi je vous ai dit : L’Esprit reçoit ce qui vient de moi pour vous le faire connaître. »

Acclamons et partageons la parole de Dieu !

COMMENTAIRE :

Bienheureux Marie-Eugène de l’Enfant-Jésus (1894-1967)

carme, fondateur de Notre Dame de Vie

L’union transformante (Je veux voir Dieu, éd. du Carmel, 1949 ; p. 1008.1017-1018)

L’Esprit construit la plénitude du Christ qui est l’Église

L’œuvre divine de sanctification de l’Église et des âmes est attribuée à l’Esprit Saint parce que c’est par excellence une œuvre d’amour et que l’Esprit Saint est la spiration d’amour du Père et du Fils. (…) L’Esprit Saint descend sur les apôtres au jour de la Pentecôte et il prend possession de l’âme comme d’un temple au jour du baptême pour réaliser cette œuvre de l’incarnation de la vie divine. Nous savons le plan qui lui est fixé, ce dessein éternel de Dieu qui fait l’unité de l’action de l’Esprit Saint dans l’Église et dans les âmes. « C’est dans le Christ que Dieu nous a choisis dès avant la création du monde qu’il nous a prédestinés à être ses enfants adoptifs par Jésus-Christ, suivant le bon plaisir de sa volonté, pour faire éclater la gloire de la grâce qu’il nous a départie par son Fils bien-aimé. » (Ep 1,4-6) L’action de l’Esprit Saint est tout orientée vers cette réalisation effective de l’adoption divine en nous et vers cette expansion du Christ Jésus en nos âmes par la diffusion de sa grâce. L’Esprit, en chaque âme et dans l’Église, construit la plénitude du Christ, le Christ total qui est l’Église. De fait, la grâce qu’il répand dans les âmes est une grâce filiale qui nous apparente étroitement au Verbe en nous faisant fils d’adoption comme lui-même est fils par nature. « Vous avez reçu, dit l’Apôtre, l’esprit des fils d’adoption qui nous fait crier : Abba, Père. » (Rm 8,15) Cette grâce qui proclame ainsi son nom, nous donne la ressemblance du Verbe quand nous la faisons nôtre par cette contemplation dans laquelle intervient encore l’Esprit Saint. (…) La vie divine en nous est la vie du Christ ; elle procède de Lui et nous unit à Lui pour constituer avec Lui une réalité nouvelle, la vigne entière, le Christ total fait du Christ et de ses membres.

LECTURES :

Livre des Actes des Apôtres 2,1-11. 

Quand arriva le jour de la Pentecôte, au terme des cinquante jours, ils se trouvaient réunis tous ensemble.
Soudain un bruit survint du ciel comme un violent coup de vent : la maison où ils étaient assis en fut remplie tout entière.
Alors leur apparurent des langues qu’on aurait dites de feu, qui se partageaient, et il s’en posa une sur chacun d’eux.
Tous furent remplis d’Esprit Saint : ils se mirent à parler en d’autres langues, et chacun s’exprimait selon le don de l’Esprit.
Or, il y avait, résidant à Jérusalem, des Juifs religieux, venant de toutes les nations sous le ciel.
Lorsque ceux-ci entendirent la voix qui retentissait, ils se rassemblèrent en foule. Ils étaient en pleine confusion parce que chacun d’eux entendait dans son propre dialecte ceux qui parlaient.
Dans la stupéfaction et l’émerveillement, ils disaient : « Ces gens qui parlent ne sont-ils pas tous Galiléens ?
Comment se fait-il que chacun de nous les entende dans son propre dialecte, sa langue maternelle ?
Parthes, Mèdes et Élamites, habitants de la Mésopotamie, de la Judée et de la Cappadoce, de la province du Pont et de celle d’Asie,
de la Phrygie et de la Pamphylie, de l’Égypte et des contrées de Libye proches de Cyrène, Romains de passage,
Juifs de naissance et convertis, Crétois et Arabes, tous nous les entendons parler dans nos langues des merveilles de Dieu. »

Psaume 104(103),1-2a.24.35c.27-28.29bc.30. 

Bénis le Seigneur, ô mon âme ;
Seigneur mon Dieu, tu es si grand ! 
Revêtu de magnificence,
tu as pour manteau la lumière !

Quelle profusion dans tes œuvres, Seigneur ! 
Tout cela, ta sagesse l’a fait ; 
la terre s’emplit de tes biens.
Bénis le Seigneur, ô mon âme !

Tous, ils comptent sur toi 
pour recevoir leur nourriture au temps voulu.
Tu donnes : eux, ils ramassent ; 
tu ouvres la main : ils sont comblés.

Tu reprends leur souffle, ils expirent
et retournent à leur poussière.
Tu envoies ton souffle : ils sont créés ; 
tu renouvelles la face de la terre.

Lettre de saint Paul Apôtre aux Galates 5,16-25. 

Frères, je vous le dis : marchez sous la conduite de l’Esprit Saint, et vous ne risquerez pas de satisfaire les convoitises de la chair.
Car les tendances de la chair s’opposent à l’Esprit, et les tendances de l’Esprit s’opposent à la chair. En effet, il y a là un affrontement qui vous empêche de faire tout ce que vous voudriez.
Mais si vous vous laissez conduire par l’Esprit, vous n’êtes pas soumis à la Loi.
On sait bien à quelles actions mène la chair : inconduite, impureté, débauche,
idolâtrie, sorcellerie, haines, rivalité, jalousie, emportements, intrigues, divisions, sectarisme,
envie, beuveries, orgies et autres choses du même genre. Je vous préviens, comme je l’ai déjà fait : ceux qui commettent de telles actions ne recevront pas en héritage le royaume de Dieu.
Mais voici le fruit de l’Esprit : amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance, fidélité,
douceur et maîtrise de soi. En ces domaines, la Loi n’intervient pas.
Ceux qui sont au Christ Jésus ont crucifié en eux la chair, avec ses passions et ses convoitises.
Puisque l’Esprit nous fait vivre, marchons sous la conduite de l’Esprit.

18.05.2024 – MESSE PRÉSIDÉE PAR LE PAPE FRANÇOIS AU STADE BENTEGODI DE VÉRONE

«L’Esprit Saint fait l’harmonie de l’Église», explique le Pape à Vérone

En conclusion de sa visite pastorale à Vérone, samedi 18 mai, le Pape a présidé la messe de la veille de la Pentecôte dans le stade Bentegodi. Il a déploré la méconnaissance de l’Esprit Saint par de nombreux chrétiens et s’est concentré sur les vertus de courage et d’harmonie qu’il offre. 

Jean-Benoît Harel – Cité du Vatican

Dans un climat de prière fervente et d’attente spirituelle, le Saint-Père a présidé la messe de la veille de la Pentecôte au stade Bentegodi à Vérone, transformée en église géante pour accueillir environ 32 000 personnes.

Lors de son homélie, prononcée sans notes, le Pape a rappelé un épisode de la vie de l’apôtre Paul. Lorsqu’il est allé à la rencontre d’une communauté chrétienne et qu’il a demandé aux chrétiens s’ils avaient reçu l’Esprit Saint, ces derniers lui ont répondu: «Mais qu’est ce que l’Esprit Saint?». À l’image de ces premiers chrétiens, ignorant l’existence de l’Esprit Saint, le Pape s’est attristé de la méconnaissance de l’Esprit Saint par de nombreux chrétiens aujourd’hui. «Si je demande à de nombreuses communautés chrétiennes « qui est l’Esprit Saint?“, ils ne sauront pas comment répondre», a-t-il affirmé. 

Le Pape a alors raconté une anecdote de sa vie de prêtre: «Une fois, lors d’une messe avec 200 enfants, un jour de Pentecôte, j’ai demandé aux enfants ce qu’était l’Esprit Saint. Tous voulaient répondre et un des enfants a répondu: “C’est le paralytique“, ayant confondu le Paraclet avec le paralytique».

“L’Esprit Saint est le protagoniste de notre vie, c’est celui qui nous aide à avancer, qui nous aide à développer la vie chrétienne. L’Esprit Saint est à l’intérieur de nous, nous avons tous reçus l’Esprit-Saint lors de notre baptême et aussi lors de la confirmation.”

Le Saint-Père a alors interrogé les fidèles présents: «Est-ce que j’écoute l’Esprit Saint qui est à l’intérieur de moi? Est-ce que j’écoute l’Esprit Saint qui me dit de ne pas faire telle chose ou de faire telle autre ? Ou bien pour moi, l’Esprit Saint n’existe pas?».

Le Pape a salué les Véronais sur la pelouse du stade de la ville.

Le Pape a salué les Véronais sur la pelouse du stade de la ville.

L’Esprit Saint change la vie

Souvent, nous faisons les mêmes péchés et disons «Père, je voudrais changer ma vie mais je ne sais pas comment le faire». Pour le Pape, la réponse est simple: «écoute l’Esprit Saint, prie-le et ce sera lui qui changera ta vie». Même les personnes les plus âgées peuvent se laisser bouleverser par l’Esprit Saint assure François.

Le Pape a ensuite fait répéter la foule: «L’Esprit Saint nous change la vie».

L’Esprit Saint offre le courage de vivre la vie chrétienne

En cette veille de Pentecôte, François a rappelé que l’Église fête la venue de l’Esprit Saint, pour la première fois lorsque les disciples du Christ étaient enfermés dans le Cénacle, portes closes, la peur au ventre. «L’Esprit Saint est venu, il a changé leur cœur et ils sont partis à évangéliser avec courage. L’Esprit Saint nous donne le courage de vivre la vie chrétienne», a poursuivi le Successeur de Pierre.

«Tant de fois, nous voyons des chrétiens comme l’eau tiède: ni froids, ni chauds. Il leur manque le courage», a expliqué le Pape. De plus, s’il n’y a pas de cours ou de leçons pour trouver le courage, il suffit de suivre ces conseils du Pape: «Prie l’esprit Saint et fie toi en lui pour vivre chrétiennement». 

Le stade de Vérone transformée en église géante.

Le stade de Vérone transformée en église géante. 

L’Esprit Saint édifie l’harmonie de l’Église

De plus, le Pape a évoqué «une chose très belle, car le jour de la Pentecôte, il y avait des gens de toutes nations et de toutes les langues, et l’Esprit Saint, avec tous ces gens, a édifié l’Église».

“L’Esprit édifie l’Église. Qu’est-ce que cela veut dire? Qu’ils nous fait tous pareils? Non, tous différents! Mais avec un seul cœur uni par l’Amour. L’Esprit nous sauve du danger d’être tous identiques. Nous sommes tous sauvés, tous aimés du Père et enseignés par Jésus, et l’Esprit nous fait tous tenir ensemble.”

Enfin, le Pape a insisté sur l’«harmonie» que prodigue l’Esprit Saint, dans l’Église mais également dans chacun des cœurs des fidèles. «Voici le miracle d’aujourd’hui, prendre des hommes peureux et en faire des courageux, prendre des hommes et des femmes de toutes les cultures et créer une unité pour faire l’Église», a continué François.

Pour conclure, le Souverain pontife a demandé aux fidèles de réfléchir à leur propre vie, au besoin d’unité de l’âme, de la famille, dans la ville, au travail… À l’inverse de la guerre, «l’Esprit Saint fait l’harmonie», a répété le Saint-Père, avant d’encourager les fidèles à demander à la Vierge Marie la grâce de recevoir l’Esprit Saint.

Source : VATICANNEWS, le 18 mai 2024

Le pape François préside la rencontre « Arènes de la Paix 

Le Pape exhorte à affronter les conflits pour promouvoir la paix

Dans le cadre de sa visite pastorale à Vérone dans le nord de l’Italie, samedi 18 mai, le Pape François a participé à l’«Arène de la paix», une grande conférence portant sur les divers défis mondiaux, et regroupant le travail de plus de 500 associations.

Alexandra Sirgant – Envoyée spéciale à Vérone, Italie

12 500 personnes étaient réunies ce samedi matin dans l’amphithéâtre romain, malgré la chaleur digne d’un jour d’été. Des fichus blancs, floqués du mot «Pace» (Paix), abritent les têtes de certains participants, tandis que d’autres se protègent du soleil en recouvrant leurs épaules de drapeaux aux couleurs de l’arc en ciel, également symbole de paix, thème centrale de cette conférence regroupant 500 associations sous forme de dialogue présidée par le Pape François dans le cadre de sa visite pastorale à Vérone. La première édition de cette assemblée populaire à Vérone remonte à 1986, portant alors sur l’éducation à la paix et au désarmement. Des sujets, qui presque quarante ans après, ont à nouveau été traités aujourd’hui.

Parmi cinq groupes de travail -paix et désarmement, écologie intégrale et style de vie, travail et économie, démocratie et droits, et migration-, cinq paires d’interlocuteurs ont été choisies pour s’adresser au Pape.

Deux entrepreneurs de la paix en Terre Sainte

Parmi les drapeaux brandis par la foule, quelques-uns sont argentins, en hommage au Pape d’Amérique latine, d’autres ukrainiens, mais ce sont ceux aux couleurs de la Palestine qui dominent, à l’image de la place prise par le conflit en Terre Sainte dans cette rencontre. La prise de parole de Maoz Inon, Israélien dont les parents ont été assassinés le 7 octobre, et Aziz Sarah, Palestinien, également meurtri par cette guerre dans laquelle il a perdu un frère, a ému la foule entière. «Nous sommes des entrepreneurs et nous croyons que la paix est la chose la plus importante que nous puissions réaliser» ont assuré les deux hommes, main dans la main. «Il ne peut y avoir de paix sans une économie de paix. Une économie qui ne tue pas. Une économie de justice». Se tournant vers le Pape, les deux hommes s’interrogent: «Comment aider les jeunes à devenir des entrepreneurs de paix alors que les lieux d’éducation sont souvent influencés par le paradigme technocratique et la culture du profit à tout prix?». Les milliers de participants se lèvent alors pour acclamer les deux jeunes hommes, que le Souverain pontife prend dans ses bras, les embrassants chacun. «Devant la souffrance de ces deux frères, qui est la souffrance de deux peuples, il est difficile de reprendre la parole» souligne alors le Pape. «Ils ont eu le courage de s’embrasser» ajoute-t-il, faisant référence à la thématique choisie pour cette édition des Arènes de la paix, «Justice et paix s’embrasseront», extrait du Psaume 84. Invitant chacun à un court instant de silence, François a ensuite appelé à prier pour tous les enfants de cette guerre, ainsi que les autres guerres dans le monde.

Ralentir pour mieux écouter

La paix n’est pas seulement mise à mal par les conflits armés, mais aussi par les atteintes à l’environnement. Représentants le groupe de travail sur l’écologie, la porte-parole d’une association vénitienne luttant contre la pollution de l’eau accompagnée d’une jeune ougandaise, font part au Pape de leurs inquiétudes face à un époque marquée par «la rapidité et l’immédiateté». Le Saint-Père exhorte à «ralentir la course, à ne pas se laisser submerger par les activités et faire de la palce en soi pour l’action de Dieu». «Ralentir» est le maitre mot selon le Saint Père, même s’il «peut sembler déplacé, il s’agit d’une invitation à recalibrer nos attentes et nos actions en adoptant un horizon plus profond et plus large».

Être aux côtés des plus petits

Élargir son esprit et se tourner vers l’autre est également ce à quoi tendent les représentants du groupe de travail sur la migration, composé d’un Brésilien du Mouvement des sans-terre, une organisation regroupant des paysans d’Amérique latine ne disposant plus de terre pour cultiver, et d’une représentante italienne de Médecins sans frontières. «Nous aussi, nous avons à cœur de construire la paix et nous avons constaté que la première étape consiste à se mettre du côté des victimes, à les écouter, à les laisser raconter leur histoire et à faire entendre leur voix. (…) Mais ce n’est pas une étape facile à franchir: comment vivre cette conversion de perspective ? Qu’est-ce qui peut nous y aider ?», s’interrogent-ils.

«C’est Jésus» leur répond François. «Lui qui appelle les petites et les exclus, et les place au centre (…), les présente à tous comme témoins d’un changement nécessaire et possible». Le Pape argentin invite ainsi «à être aux côtés des plus petits, respecter les droits de l’homme» pour mettre fin à toutes les formes de guerre et de violence.

Ne pas ignorer les conflits

Cependant, répondant aux questions de deux représentants de la Communauté Sant’Egidio et Pax Christi sur la manière saine et constructive de vivre le conflit, François rappelle que «s’il y a un dynamisme positif dans la société, alors il y a aussi des conflits et des tensions». «Nous sommes souvent tentés de penser que la solution aux conflits et aux tensions est de les supprimer: je les ignore, je les cache, je les marginalise. Ce faisant, j’ampute la réalité d’un élément inconfortable mais aussi important. Nous savons que le résultat final de cette façon de vivre les conflits est d’accroître l’injustice et de générer des réactions de malaise et de frustration, qui peuvent même déboucher sur des gestes violents. Une autre réponse à courte vue consiste à tenter de résoudre les tensions en faisant prévaloir l’un des pôles, en réduisant la pluralité des positions à une seule perspective. Là encore, c’est une impasse: on recherche l’uniformité au lieu de l’unité, on craint sans fondement la pluralité». Pour faire face aux conflits, le Pape appelle à faire preuve d’écoute attentive, de silence et de dialogue.

L’individualisme mettant à mal l’engagement  

Le Pape François, répondant à une activiste afghane, s’est ensuite arrêté sur la figure du leader, qui ne peut être celle «d’un solitaire au-dessus de tous les autres, appelé à décider et à agir en leur nom et en leur faveur» car c’est de là que naissent le sentiment de solitude, de la part des responsables, mais aussi le désengagement du reste de la société.

Fustigeant le mal de l’individualisme, sous les applaudissements de la foule, François invite à éveiller chez les jeunes la passion de la participation «pour transmettre le message que le chemin vers l’avenir ne passe pas seulement par l’engagement d’un individu, aussi bien intentionné et bien préparé soit-il, mais qu’il passe par l’action d’un peuple, dans lequel chacun fait sa part, chacun selon ses tâches et selon ses capacités».

Le Saint-Père a conclu plus d’une heure d’échange en appellant chacun des paticipants à «se tourner vers les femmes pour trouver la paix». Rappelant les messages des mères israéliennes et palestiniennes, «tisseurs de dialogue en Terre Sainte», François invite chacun à s’engager et à s’impliquer car «les idéologies n’ont pas de pieds pour marcher, elles n’ont pas de mains pour guérir les blessures, elles n’ont pas d’yeux pour voir la souffrance d’autrui. La paix se fait avec les pieds, les mains et les yeux des peuples concernés».

Source : VATICANNEWS, le 18 mai 2024