29.05.2024 – AUDIENCE GÉNÉRALE À ROME

Audience générale: faire passer la joie de contempler avant la joie de posséder

Ce mercredi 29 mai, lors de l’audience générale place Saint-Pierre, le Pape François a inauguré un nouveau cycle de catéchèses sur l’action de l’Esprit Saint et l’Église. Il a assuré que le cœur de chacun est à l’image de l’abîme désert et sombre mentionné dans les premières lignes du livre de la Genèse, et a appelé à transformer le chaos social et intérieur en cosmos, avec l’aide de l’Esprit de Dieu. 

Jean-Benoît Harel – Cité du Vatican

Après le cycle sur les vices et les vertus, le Pape François a introduit un nouveau cycle de catéchèses qu’il donnera lors des prochaines audiences générales, intitulé: «L’Esprit et l’Épouse. L’Esprit Saint conduit le peuple de Dieu vers Jésus, notre espérance».

«Nous parcourrons ce chemin à travers les trois grandes étapes de l’histoire du salut: l’Ancien Testament, le Nouveau Testament et le temps de l’Église. En gardant toujours le regard fixé sur Jésus, notre espérance», a-t-il expliqué.

Il a également précisé vouloir décrire comment la promesse de l’Ancien Testament s’est pleinement réalisée dans le Christ et ainsi «suivre le chemin du Soleil de l’aube à midi».

Le Pape François lors de l'audience générale ce mercredi 29 mai.
Le Pape François lors de l’audience générale ce mercredi 29 mai.   (VATICAN MEDIA Divisione Foto)

Du chaos au cosmos

Pour la première catéchèse de ce nouveau cycle, le Pape s’est appuyé sur les toutes premières lignes du premier livre de la Bible, la Genèse: «Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre. La terre était informe et déserte, les ténèbres couvraient l’abîme, et l’Esprit de Dieu planait sur les eaux».  

“L’Esprit de Dieu nous apparaît ici comme la puissance mystérieuse qui fait passer le monde de son état initial informe, désert et ténébreux à son état ordonné et harmonieux. C’est Lui qui fait passer le monde du chaos au cosmos, c’est-à-dire de la confusion à quelque chose de beau et d’ordonné.”

Audience générale: l’humilité, porte d’entrée de toutes les vertus

Le Pape a ensuite tracé une ligne dans toute la Bible de la puissance de l’Esprit de Dieu dans la Création. D’abord dans les Psaumes: «Le Seigneur a fait les cieux par sa parole, l’univers, par le souffle de sa bouche» (Ps 33(32), 6) ou «Tu envoies ton souffle: ils sont créés; tu renouvelles la face de la terre» (Ps104 (103), 30). Puis ensuite dans le Nouveau Testament avec les mêmes images que dans l’Ancien Testament: «la colombe qui plane sur les eaux du Jourdain lors du baptême de Jésus (cf. Mt 3, 16); Jésus qui, au Cénacle, souffle sur les disciples et dit: «Recevez l’Esprit Saint» (Jn 20, 22), tout comme au commencement Dieu a soufflé sur Adam (cf. Gn 2, 7)».

 Un univers réduit en esclavage

Le Pape François a ensuite précisé que saint Paul, dans l’épitre aux Romains, introduit un nouvel élément dans la relation entre l’Esprit Saint et la Création, lorsqu’il assure que l’univers «souffre à cause de l’homme qui l’a soumis à “l’esclavage de la corruption”».

Ainsi, le Souverain pontife reprend les paroles de l’Apôtre qui «voit la cause de la souffrance de la création dans la corruption et le péché de l’humanité qui l’a entraînée dans son éloignement de Dieu». Une réalité toujours actuelle selon François, fustigeant «les ravages que l’humanité a causés et continue de causer à la création, en particulier à la partie de celle-ci qui a la plus grande capacité d’exploiter ses ressources».

Audience générale du mercredi 29 mai.

Audience générale du mercredi 29 mai. 

La joie de contempler

Poursuivant, le Pape François s’est référé au conseil du Poverello d’Assise dont il porte le nom pour revenir à l’harmonie de l’Esprit créateur: «la voie de la contemplation et de la louange».

“Dans le « Sanctus » de la Messe, nous répétons chaque fois: « Les cieux et la terre sont remplis de ta gloire ». Ils en sont, pour ainsi dire, «enceintes», mais ils ont besoin des mains d’une bonne sage-femme pour donner naissance à cette louange qui est la leur. Notre vocation dans le monde, nous rappelle encore Paul, est d’être «louange de sa gloire» (Ep 1,12).”

Cette joie de contempler permet d’offrir à Dieu un chant de gloire, et ainsi, de faire passer la joie de contempler avant la joie de posséder, selon l’évêque de Rome.

Un chaos intérieur et extérieur

Enfin, reprenant les paroles d’Ézéchiel («Je mettrai en vous mon Esprit » (Ez 36,26-27)), François a tracé un parallèle entre le cœur des hommes, agité par des sentiments et des désirs contraires et l’abime désert des premiers temps de la Genèse. Ce chaos entre la chair et l’esprit, ce «royaume divisé en lui-même» (Mc 3, 24) est double pour François: «Il y a un chaos extérieur -social et politique- et un chaos intérieur en chacun de nous. Le premier ne peut être guéri que si nous commençons à guérir le second!».

Le Pape a terminé sa catéchèse en invoquant l’Esprit Saint par la prière millénaire du «Veni creator Spiritus»: «Viens, Esprit Créateur! Visite nos esprits. Remplis de grâce céleste les cœurs que tu as créés».

Source: VATICANNEWS, le 29 mai 2024

En juin, le Pape invite à prier pour ceux qui fuient leur pays 

En juin, le Pape invite à prier pour ceux qui fuient leur pays 

Publication du message vidéo dévoilant les intentions de prière du Saint-Père pour le mois de juin. François propose aux fidèles de prier pour ceux qui fuient les guerres ou la pauvreté en dépit du danger, afin qu’ils «trouvent l’hospitalité et de nouvelles opportunités de vie». Les chrétiens ne peuvent pas partager la mentalité des «murs». Celui qui accueille un migrant accueille le Christ, rappelle-t-il.

Marie Duhamel – Cité du Vatican

En ce mois de juin, alors que la journée du 20 sera dédiée aux réfugiés, le Pape porte une nouvelle fois son regard et son attention sur tous ceux qui fuient leur pays, soit 117 millions de personnes qui ont été déplacées à cause de conflits, de violences ou de catastrophes, le niveau le plus élevé jamais enregistré dans l’histoire moderne.

«Aux drames vécus par les personnes qui sont contraintes de quitter leur pays pour échapper à la guerre ou à la pauvreté, s’ajoute souvent un sentiment de déracinement, de ne pas savoir où est leur place», souligne le Pape qui invite à entendre leur détresse et à agir selon les enseignements du Christ.

Car, force est de constater que dans certains pays d’arrivée, les migrants sont perçus avec inquiétude et crainte. «C’est alors qu’apparaît le spectre des murs, dit-il, des murs érigés sur la terre, qui séparent les familles, et des murs dans les cœurs». Avec simplicité et fermeté, le Pape insiste sur le fait qu’une telle mentalité ne peut être partagée par les chrétiens, car «celui qui accueille un migrant accueille le Christ».

Promouvoir, accueillir et intégrer

Inlassablement, François appelle depuis le début de son pontificat à ne pas avoir peur des personnes qui sont contraintes d’abandonner leur pays d’origine pour affronter des aventures pleines de dangers dans l’espoir d’un avenir meilleur. Il plaide au contraire, ici encore, pour la promotion d’une «culture sociale et politique qui protège les droits et la dignité des migrants, qui les encourage dans leurs possibilités de développement et qui les intègre».

Le Souverain pontife fait appel aux énergies des institutions, de la société civile et de l’Église pour protéger les migrants sous toutes leurs formes, rappelant qu’«un migrant a besoin d’être accompagné, soutenu et intégré». Le Pape invite à prier «pour que les migrants qui fuient les guerres ou la faim, contraints à des voyages pleins de dangers et de violence, puissent trouver l’accueil et de nouvelles opportunités de vie».

L’Organisation mondiale pour les migrations a recensé 281 millions de personnes ayant quitté leur foyer dans le monde. Un sur huit serait mineur. Les États Unis, l’Allemagne suivis par l’Arabie saoudite seraient les trois pays accueillant aujourd’hui le plus grand nombre de migrants.

Source : VATICANNEWS, le 28 mai 2024

« Mon nom ici en ce lieu est « Reine de la lumière » » 

© Unsplash/Brooke Cagle
© Unsplash/Brooke Cagle

« Mon nom ici en ce lieu est « Reine de la lumière » » 

Rozsika Marian, Tzigane roumaine d’origine hongroise et mère de famille, est devenue aveugle à trente ans. Depuis 1995, elle voit la Vierge Marie trois ou quatre fois par an dans l’église de la paroisse catholique de Seuca en Roumanie. Les autorités ecclésiastiques suivent de près le phénomène et observent les fruits déjà nombreux : conversions, paix retrouvée, retour aux sacrements… Un autel a été aménagé dans le cimetière de l’église catholique où, le jour des apparitions, dix à quinze mille pèlerins accompagnent la voyante, participent à l’adoration eucharistique et récitent le chapelet.

La Vierge Marie lui apparaît la première fois un 17 juillet 1995, vers vingt-trois heures dans l’église de Seuca. Ce 17 juillet restera à jamais gravé en elle ; dès le milieu de journée, elle sent que ses prières sont bien plus ferventes que d’habitude. Rozsika distingue un « avant » et un « après » cette première apparition : elle s’est convertie profondément et durablement en cet instant.

La deuxième fois, la Vierge Marie apparaît sous un aspect quelque peu différent : Rozsika contemple une statuette de la Vierge, lorsque celle-ci se retrouve environnée d’une lumière extraordinaire, avant de devenir une femme vivante, d’une beauté surnaturelle. Hormis la première apparition, le 17 juillet 1995, la Vierge va lui apparaître à des dates précises qui lui sont indiquées. Outre les prodiges de guérison survenus dans l’église des apparitions, et la floraison inexplicable d’un pommier en plein hiver (1996), l’apparition lui délivre des messages qui insistent sur l’urgence de la conversion du monde.

Depuis 1995, la Vierge a appris plusieurs prières à Rozsika et lui a confié des « secrets ». La voyante en a révélé publiquement quatre, qui portent sur la nécessité urgente de se convertir, en précisant qu’elle n’avait pas encore reçu la permission de révéler les autres.

Peu à peu, le cercle des pèlerins s’élargit, sans aucune publicité, et les apparitions deviennent publiques, avec l’autorisation prudente de l’archevêché du diocèse. Le 17 juillet 2001, environ cinq mille personnes entourent Rozsika lors de l’apparition du jour. Depuis, l’église catholique de Seuca est le lieu unique des apparitions. Le 17 juin 2004, l’apparition a dicté le message suivant qui synthétise le phénomène de Seuca : « Chers enfants, je vous remercie d’avoir répondu à mon appel que vous a transmis cette fille qui est mienne […]. Cherchez à marcher sur le chemin de la sainteté et de la paix qui conduit à mon Fils. C’est seulement par la sainteté que vous pourrez arriver à son cœur. »

Parmi les prodiges allégués, celui de la « danse du soleil » occupe une place à part. Observée à l’issue de plusieurs apparitions publiques par des centaines de personnes, cette danse dure environ un quart d’heure. Chose surprenante, les témoins peuvent regarder le soleil sans craindre quoi que ce soit. Certains portent des lunettes de soleil, prennent des photos, des films, mais on n’a recensé aucun trouble oculaire.

À la fin de l’apparition du 17 juillet 2007, la Vierge Marie a donné le message suivant : « Mon nom ici en ce lieu est « Reine de la lumière » ». C’est dorénavant le vocable sous lequel on honore Marie à Seuca.

Patrick Sbalchiero

Extraits de : 1000raisonsdecroire.com

Lectures de la messe du jour

Prions :
Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort.
Amen.

Source : une minute avec Marie

29.05.2024 – SAINTE DU JOUR

Ste Ursule Ledóchowska

VIERGE ET FOND. († 1939)

Sainte Urszula Ledóchowska
(dans le siècle Julie Ledóchowska)
Vierge et fondatrice des :
 « Ursulines du Cœur de Jésus Agonisant ».

« Pourvu que je sache aimer ! me laisser brûler, consumer par l’amour» ainsi écrit Julie Ledóchowska, âgée de 24 ans, novice dans le couvent des Ursulines à Cracovie, à la veille de ses vœux religieux. Le jour de sa profession elle prend le nom de Marie Ursule de Jésus et ces paroles deviennent la trame de toute sa vie. 

Julie Ledóchowska, naît le 17 avril 1865 à Loosdorf (Autriche) d’une mère de nationalité suisse, descendante d’une ancienne famille chevaleresque, les Salis. Le père est issu d’une très ancienne famille polonaise, qui a donné naissance à des hommes d’État, des militaires et des ecclésiastiques liés à l’histoire de l’Europe et de l’Église. Julie et sa nombreuse fratrie grandissent, entourés de l’amour de leurs parents à la fois tendre et exigeant. Les trois aînés choisissent la voie de la vie consacrée. Marie Thérèse, béatifiée en 1975, fonde la « Sodalité de Saint Pierre Claver » et le frère cadet Włodzimierz, devient supérieur général de la Compagnie de Jésus.

Mère Ursule vit 21 ans dans le couvent de Cracovie. Son entourage est sensible à son amour de Dieu, son talent d’éducatrice, son attention aux besoins des jeunes filles en cette époque de changements sociaux, politiques et d’évolution des mœurs. C’est alors que les femmes accèdent à l’Université Jagellon. Mère Ursule ouvre le premier internat d’étudiantes en Pologne donnant aux jeunes filles un lieu de vie sûr, ainsi qu’une formation religieuse.

Avec la bénédiction de saint Pie X (Giuseppe Melchiorre Sarto, 1903-1914) elle est envoyée en compagnie d’une autre sœur à Saint Petersburg au cœur de la Russie hostile à l’Église catholique. Habillée en civil, la vie religieuse étant interdite en Russie, elle poursuit son travail éducatif, toujours attentive à la vie des jeunes. En quittant Cracovie Mère Ursule ne sait pas que l’Esprit Saint la conduit sur un chemin qu’elle ignore. À Saint Petersburg, la communauté grandissante est érigée en maison autonome. Les sœurs vivent leur vie religieuse dans la clandestinité. En dépit d’une surveillance policière permanente, elles sont engagées dans un travail d’éducation, de formation religieuse, dans un souci de rapprochement entre Polonais et Russes. 

En 1914 la première guerre mondiale éclate. Mère Ursule expulsée de la Russie, s’exile à Stockholm. Lors de son périple scandinave, Suède, Danemark, Norvège, outre son travail éducatif, Mère Ursule s’engage dans la vie de l’église locale, l’aide aux victimes de la guerre et l’œcuménisme. 

La communauté de Mère Ursule devient un lieu de soutien pour les personnes de différentes orientations politiques et religieuses. Son patriotisme fervent va de pair avec une ouverture à la différence et à la diversité. Interrogée sur son orientation politique, elle répond sans hésitation : « ma politique c’est l’amour ».

En 1920 Mère Ursule rentre en Pologne avec les sœurs et un groupe important d’orphelins, leurs parents étaient des émigrés polonais. Le couvent autonome est transformé par le Saint Siège en Congrégation apostolique : « Ursulines du Cœur de Jésus Agonisant ». 

La spiritualité de la Congrégation est centrée sur la contemplation de l’amour rédempteur du Christ. Les sœurs participent à sa mission de salut par l’éducation, l’enseignement et le service des personnes souffrantes, délaissées, marginalisées, en quête du sens de la vie.

Mère Ursule forme les sœurs à l’amour inconditionnel de Dieu. « Elles aimeront en Dieu chaque personne et toute créature ». La sérénité, le sourire, l’humilité et la capacité de vivre la vie quotidienne ordinaire sont pour elle un chemin privilégié de sainteté. C’est un témoignage particulièrement crédible d’union au Christ, un moyen d’évangélisation et d’éducation. Elle-même en est un exemple. 

Le développement de la Congrégation est rapide. Plusieurs communautés de sœurs sont fondées en Pologne, et aux confins du pays, à l’est, région pauvre habitée par une population de nationalités et de religions diverses. En 1928 la maison généralice est fondée à Rome ainsi qu’un internat. Son but est de donner la possibilité aux jeunes filles peu fortunées de connaître les richesses spirituelles et culturelles de l’Église et de l’Europe. Les sœurs s’engagent aussi auprès des pauvres d’une banlieue de Rome. 

En 1930, les sœurs accompagnent des jeunes filles en recherche de travail en France. Partout où cela est possible, Mère Ursule crée des lieux d’éducation et d’enseignement. Elle envoie les sœurs dans la catéchèse et dans des quartiers pauvres. Elle crée des éditions pour les enfants et les jeunes, écrit des articles et des livres. Elle initie et soutient différents mouvements : le Mouvement Eucharistique des enfants et d’autres pour les jeunes et les femmes. Mère Ursule participe activement à la vie de l’Église et de son pays dont elle reçoit de hautes distinctions. Quand sa vie laborieuse et difficile s’éteint, le 29 mai 1939 à Rome, les gens s’exclament : « une sainte est morte » 

Urszula Ledóchowska a été béatifiée le 20 juin 1983, à Poznań en Pologne, et canonisée le 18 mai 2003 à Rome, par le même pape : Saint Jean-Paul II (Karol Józef Wojtyła, 1978-2005).

Avec Urszula ont été canonisés 3 autres bienheureux : le compatriote Józef Sebastian Pelczar, Évêque de Przemyśl, fondateur de la Congrégation des Servantes du Sacré-Cœur de Jésus ; deux italiennes: Maria De Mattias, vierge, fondatrice de la Congrégation des Sœurs adoratrices du Sang du Christ ; Virginia Centurione Bracelli, laïque, fondatrice des Sœurs de Notre-Dame du Refuge sur le Mont Calvaire et des Sœurs Filles de Notre-Dame au Mont Calvaire. (>>>Homélie du Pape).

Sainte Urszula Ledóchowska priez pour nous !

29.05.2024 – ÉVANGILE DU JOUR

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 10,32-45. 

En ce temps-là, les disciples étaient en route pour monter à Jérusalem ; Jésus marchait devant eux ; ils étaient saisis de frayeur, et ceux qui suivaient étaient aussi dans la crainte. Prenant de nouveau les Douze auprès de lui, il se mit à leur dire ce qui allait lui arriver :
« Voici que nous montons à Jérusalem. Le Fils de l’homme sera livré aux grands prêtres et aux scribes ; ils le condamneront à mort, ils le livreront aux nations païennes,
qui se moqueront de lui, cracheront sur lui, le flagelleront et le tueront, et trois jours après, il ressuscitera. »
Alors, Jacques et Jean, les fils de Zébédée, s’approchent de Jésus et lui disent : « Maître, ce que nous allons te demander, nous voudrions que tu le fasses pour nous. »
Il leur dit : « Que voulez-vous que je fasse pour vous ? »
Ils lui répondirent : « Donne-nous de siéger, l’un à ta droite et l’autre à ta gauche, dans ta gloire. »
Jésus leur dit : « Vous ne savez pas ce que vous demandez. Pouvez-vous boire la coupe que je vais boire, être baptisé du baptême dans lequel je vais être plongé ? »


Ils lui dirent : « Nous le pouvons. » Jésus leur dit : « La coupe que je vais boire, vous la boirez ; et vous serez baptisés du baptême dans lequel je vais être plongé.
Quant à siéger à ma droite ou à ma gauche, ce n’est pas à moi de l’accorder ; il y a ceux pour qui cela est préparé. »
Les dix autres, qui avaient entendu, se mirent à s’indigner contre Jacques et Jean.
Jésus les appela et leur dit : « Vous le savez : ceux que l’on regarde comme chefs des nations les commandent en maîtres ; les grands leur font sentir leur pouvoir.
Parmi vous, il ne doit pas en être ainsi. Celui qui veut devenir grand parmi vous sera votre serviteur.
Celui qui veut être parmi vous le premier sera l’esclave de tous :
car le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir, et donner sa vie en rançon pour la multitude. »

Acclamons et partageons la parole de Dieu !

COMMENTAIRE :

Bienheureux Guerric d’Igny (v. 1080-1157)

abbé cistercien

Premier sermon pour le dimanche des Rameaux ; SC 202 (Sermons, t. 2; trad. sous la direction de Pl. Deseille; Éd. du Cerf 1973; p. 165-171, rev.)

« Le fils de l’homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir »

L’homme avait été créé pour servir son Créateur. Quoi de plus juste, en effet, que de servir celui qui vous a mis au monde, sans qui vous ne pouvez pas exister ? Et quoi de plus heureux que de le servir, puisque le servir, c’est régner ? Mais l’homme a dit à son Créateur : « Je ne servirai pas » (Jr 2,20). « Moi donc, je te servirai, dit le Créateur à l’homme. Assieds-toi, je te servirai, je te laverai les pieds ». (…) Oui, Christ « serviteur bon et fidèle » (Mt 25,21), tu as vraiment servi, tu as servi en toute foi et toute vérité, en toute patience et toute constance. Sans tiédeur, tu t’es élancé comme un géant pour courir dans la voie de l’obéissance (Ps 18,6) ; sans feinte, tu nous as donné par surcroît, après tant de si grandes fatigues, ta propre vie ; sans murmure, flagellé et innocent, tu n’as pas ouvert la bouche (Is 53,7). Il est écrit et c’est juste : « Le serviteur qui connaît la volonté de son maître et ne la fait pas sera frappé de nombreux coups » (Lc 12,47). Mais ce serviteur-ci, je vous le demande, quelles actions dignes n’a-t-il pas accomplies ? Qu’a-t-il omis de ce qu’il devait faire ? « Il a bien fait toutes choses », s’écrient ceux qui observaient sa conduite ; « il a fait entendre les sourds et parler les muets » (Mc 7,37). Il a accompli toutes sortes d’actions dignes de récompense, alors comment a-t-il souffert tant d’indignités ? Il a présenté son dos aux fouets, il a reçu une quantité surprenante de coups atroces, son sang ruisselle de partout. Il a été interrogé au milieu des opprobres et des tourments, comme un esclave ou un malfaiteur qu’on soumet à la question pour lui arracher l’aveu d’un crime. Ô détestable orgueil de l’homme dédaigneux de servir, et qui ne pouvait pas être humilié par d’autre exemple que celui d’une telle servitude de son Dieu ! (…) Oui, mon Seigneur, tu as beaucoup peiné à me servir ; il serait juste et équitable que dorénavant tu prennes du repos, et que ton serviteur, à son tour, se mette à te servir ; son tour est venu. (…) Tu as vaincu, Seigneur, ce serviteur rebelle ; je tends la main pour recevoir tes liens, je courbe la tête pour recevoir ton joug. Permets que je te serve. Reçois-moi comme ton serviteur pour toujours, bien que serviteur inutile si ta grâce n’est pas avec moi et ne travaille sans cesse à mes côtés (Sg 9,10).

LECTURES :

Première lettre de saint Pierre Apôtre 1,18-25. 

Bien-aimés, vous le savez : ce n’est pas par des biens corruptibles, l’argent ou l’or, que vous avez été rachetés de la conduite superficielle héritée de vos pères ;
mais c’est par un sang précieux, celui d’un agneau sans défaut et sans tache, le Christ.
Dès avant la fondation du monde, Dieu l’avait désigné d’avance et il l’a manifesté à la fin des temps à cause de vous.
C’est bien par lui que vous croyez en Dieu, qui l’a ressuscité d’entre les morts et qui lui a donné la gloire ; ainsi vous mettez votre foi et votre espérance en Dieu.
En obéissant à la vérité, vous avez purifié vos âmes pour vous aimer sincèrement comme des frères ; aussi, d’un cœur pur, aimez-vous intensément les uns les autres,
car Dieu vous a fait renaître, non pas d’une semence périssable, mais d’une semence impérissable : sa parole vivante qui demeure.
C’est pourquoi il est écrit : ‘Toute chair est comme l’herbe, toute sa gloire, comme l’herbe en fleur ; l’herbe se dessèche et la fleur tombe,
mais la parole du Seigneur demeure pour toujours.’ Or, cette parole est celle de la Bonne Nouvelle qui vous a été annoncée.

Psaume 147,12-13.14-15.19-20. 

Glorifie le Seigneur, Jérusalem !
Célèbre ton Dieu, ô Sion !
Il a consolidé les barres de tes portes, 
dans tes murs il a béni tes enfants.

Il fait régner la paix à tes frontières, 
et d’un pain de froment te rassasie.
Il envoie sa parole sur la terre : 
rapide, son verbe la parcourt.

Il révèle sa parole à Jacob, 
ses volontés et ses lois à Israël.
Pas un peuple qu’il ait ainsi traité ; 
nul autre n’a connu ses volontés.