30.05.2024 – HOMÉLIE DE LA SOLENNITÉ DU SAINT-SACREMENT DU CORPS ET DU SANG DU CHRIST – MARC 14,12-16.22-26

Le sacrement du monde

Évangile selon saint Marc 14, 12-16.22-26

Homélie par le Fr. Laurent Mathelot

Vous savez que la fête du Saint-Sacrement – la Fête-Dieu – a été pour la première fois instituée à Liège. L’histoire est d’abord celle de la vision de Julienne de Cornillon, en 1209, d’une lune échancrée, dont il manque un morceau, comme s’il manquait quelque chose au rayonnement eucharistique au sein de l’Église.

C’est la grande préoccupation de tout le XIIIe siècle : la présence réelle de Dieu dans l’hostie consacrée et dans le monde. On est au temps des Cathares, qui est une secte chrétienne prétendant que le monde est fondamentalement mauvais, créé non par Dieu mais par le Diable, que le corps humain est mauvais, soumis aux tentations et mortel, que le Christ n’est qu’un être spirituel. Ce que proposent les Cathares c’est tout bonnement un désenchantement du monde : pour eux, Dieu a déserté la Création.

C’est d’ailleurs pour contrer cette idéologie que saint François écrira le Cantique des Créatures ; pour dire que le Soleil, la Lune, les pluies et les vents sont des créations de Dieu, qu’ils sont nos frères et nos sœurs. Et c’est encore pour répondre aux Cathares qu’il invente la crèche. Peut-être ne le savez-vous pas mais, dans la première crèche, saint François n’avait pas mis d’enfant dans la mangeoire. Il y avait mis un pain, expressément pour affirmer la présence réelle de Dieu dans l’Eucharistie et donc dans le monde d’aujourd’hui,

Enfin, c’est encore en ce début de XIIIe siècle que sont fondés les ordres mendiants, Franciscains et Dominicains, qui porteront ce renouveau eucharistique de l’Église. C’est à ce moment là qu’est introduite dans la messe l’élévation, que sont célébrées les premières adorations. Saint Thomas d’Aquin est ainsi l’auteur de l’Office du Saint-Sacrement d’où provient notamment le Tantum ergo.

A l’instar des Cathares, notre époque aussi a évacué la présence réelle de Dieu. Si pour beaucoup de nos contemporains Dieu existe encore, il a été repoussé bien loin dans le ciel. Aujourd’hui, pour beaucoup, Dieu est un Dieu qu’on rencontrera éventuellement au moment de la mort, mais il n’a plus vraiment de présence réelle dans la vie de nos contemporains. Certes, beaucoup encore le prient pour échapper au malheur mais il n’y a pas de rencontre personnelle, ils ne le voient jamais surgir dans la Création, intervenir dans leur vie.

Même la Nature aujourd’hui nous apparaît malade et polluée. Notre monde est à nouveau gouverné par un mauvais génie et ce diable responsable de tous les maux de la Terre, c’est désormais l’homme. Pour les Cathares, Dieu avait déserté la Création, pour notre époque, il a déserté l’homme. Ils sont de plus en plus nombreux à penser l’homme nuisible, responsable de toutes les pollutions, de tous les maux.

Pour beaucoup de baptisés aussi, la présence réelle de Dieu dans l’Eucharistie, c’est à dire aussi dans l’Église et dans le monde, n’est plus fondamentale. Beaucoup, dans nos communautés, ne voient la messe que comme un rassemblement convivial autour d’un repas symbolique. Et certains communient en ne croyant pas à la présence réelle de Dieu dans ce bout de pain qu’ils ingèrent. Pour eux, le sacrement de l’Eucharistie est-il tout au plus un reflet, une image de l’amour de Dieu, jamais une rencontre intime avec sa présence.

La société moderne a donné l’illusion que l’homme pourrait venir à bout de tous les mystères, que la science et la technique pourraient tout résoudre, allaient tous nous sauver. L’homme a cru pouvoir tout expliquer et s’en sortir par ses propres efforts. Aujourd’hui encore, face au cataclysme écologique qui s’annonce, certains envisagent la colonisation de Mars. Jusqu’où allons nous aller ? L’homme moderne a cru pouvoir se passer de Dieu pour son salut. Beaucoup de nos contemporains croient encore qu’à force de science où pourra toujours repousser les limites, notamment celle de la mort. Un petit virus vient de les rappeler durement à la réalité.

La conséquence de tout ceci c’est un désenchantement du monde, qui apparaît désormais dramatiquement voué à sa perte.

Le salut sera toujours un acte de foi à la racine duquel il y a le fait de croire que l’on va s’en sortir ou non, qu’il y a une fin heureuse ou pas. L’erreur moderne aura été de croire que l’humanité pouvait, à force de volonté, s’en sortir par elle-même, qu’elle viendrait à bout du mystère de son salut, qu’elle pourrait seule le prendre en main. Ce dogme du surhomme qui se sauve par lui-même, qui a été le moteur de la modernité, des sciences et techniques, a rendu superflue l’intervention de Dieu dans notre monde. Pire, pour certains, la science s’opposant au mystère, il devient urgent, pour notre salut, d’en venir à bout et donc d’évacuer tout mystère divin, désormais relégué au rang d’obscurantisme moyenâgeux.

Enfin, nous sommes, comme au temps des cathares, à une époque où l’Église apparaît corrompue, rongée par les scandales, non-crédible. Comment faire admettre désormais qu’elle vit de la présence réelle de Dieu qu’elle prétend incarner ?

Il est urgent de reproposer une « Église Saint-Sacrement », une Église qui offre la présence de Dieu aussi simplement, aussi humblement, que s’offre le pain, une Église qui visiblement se nourrit et vit de la présence actuelle de Dieu, une Église qui témoigne de cette présence réelle, incarnée, donnée aujourd’hui au monde, une Église qui, par amour de l’Eucharistie, devient Eucharistie, c’est à dire action de grâce divine.

C’est par le Saint-Sacrement, la sanctification, que nous réenchanterons le monde, lui donnerons de croire à nouveau en une perspective de salut pour tous.

C’est d’abord par notre propre sacrement, notre propre sanctification que nous pourrons participer à ce réenchantement. Ou sont les saints d’aujourd’hui, les hosties vivantes données au monde pour l’amour de Dieu ? Plus que nous effrayer, l’état de l’Église, le mépris croissant des religions devraient nous inciter à endosser la responsabilité de mieux incarner la présence eucharistique aujourd’hui, à être nous-mêmes action de grâce divine.

Seigneur, fais de nous des hosties vivantes, ta présence nourrissante offerte à notre monde. Amen.

Fr. Laurent Mathelot OP

Source : RÉSURGENCE.BE, le 29 mai 2024

30.05.2024 – HOMÉLIE DE LA SOLENNITÉ DU SAINT-SACREMENT DU CORPS ET DU SANG DU CHRIST – MARC 14,12-16.22-26

« Recevez le pain et le vin de la vie ! »

Pistes pour l’homélie par l’Abbé Jean Compazieu


Textes bibliques : Lire


L’Évangile nous a peut-être surpris. Au lendemain de la fête de la Pentecôte et de la Trinité, nous voici replongés dans le contexte de la Passion de Jésus. Judas vient de le trahir ; Pierre le reniera le lendemain. Les autres disciples l’abandonneront, sauf Jean qui se retrouvera au pied de la croix. Jésus se retrouve seul devant la perspective de sa Passion.

Mais l’évangéliste Luc met en évidence quelque chose d’important : Jésus ne subit pas sa Passion ; il l’assume en toute liberté. Lui-même organise le repas de la Pâque. C’est son dernier repas ; il choisit le jour où on commémorait la libération d’Égypte au temps de Moïse. Mais aujourd’hui, il est en train de donner une signification nouvelle à ce repas : l’agneau pascal n’est plus un agneau immolé mais Jésus lui-même. Le pain rompu et partagé devient son corps livré. Le vin devient son sang versé.

Ce qui compte c’est la réalité nouvelle. Le véritable Agneau mangé et immolé, c’est Jésus lui-même. Il se livre pour libérer l’humanité toute entière de tout ce qui l’éloigne de Dieu. Le Pain Eucharistique n’est pas fait seulement pour être adoré : il nous est donné pour être nourriture. C’est ainsi que nous entrons dans la communion avec Dieu. Nous n’oublions pas que nous sommes engagés “à la vie et à la mort.” Communier à la coupe, c’est accueillir la vie que le Christ nous donne par sa mort violente sur la croix. C’est aussi s’engager à se mettre à sa suite, donc être prêts nous aussi à donner notre vie.

Chaque fois que nous allons communier, nous recevons la vie du Christ. L’amour qui le conduit à se donner est éternellement présent. À chaque messe, il nous est manifesté. Il est rendu présent à nos yeux. À chaque messe, je peux dire : C’est aujourd’hui que cela se passe. Mais il y a une chose qu’il ne faut jamais oublier : Jésus a livré son Corps et versé son sang pour nous et pour la multitude. Cela signifie que nous ne pouvons pas être en communion avec lui sans l’être avec nos frères et nos sœurs. Si nous avons des problèmes avec quelqu’un, il faut d’abord se réconcilier. Être disciple du Christ, c’est aimer comme lui et avec lui. Cela peut aller jusqu’au don de notre propre vie.

La première lecture nous a préparés à cette réalité. Le peuple hébreu se trouve rassemblé devant Moïse : pour sceller l’alliance entre Dieu et son peuple, Moïse utilise du sang : “voici le sang de l’alliance que sur la base de toutes ces paroles, Dieu a conclue avec vous.” Comprenons bien, ce n’est pas nous qui faisons alliance avec Dieu mais l’inverse ; c’est lui qui fait le premier pas et qui s’engage. Le rite du sang signifie que cet engagement est “à la vie et à la mort”. Dieu reste toujours fidèle à sa promesse. En réponse, le peuple s’engage à rester fidèle à la Parole de Dieu. Plus tard, Jésus se présentera comme le nouveau Moïse ; il sera le parfait médiateur entre Dieu et les hommes. Ses paroles seront celles de la Vie éternelle. Il nous obtiendra la libération définitive, non pas avec le sang des taureaux mais avec son propre sang.

La lettre aux hébreux nous rappelle ce qui se passe dans la nouvelle alliance entre Dieu et les hommes : par la venue de Jésus Christ, sa mort sur la croix et sa résurrection, les rites de l’ancienne alliance sont dépassés. Ils ne sont pas périmés comme une chose que l’on jette. Ils étaient là pour annoncer une réalité bien plus grande : désormais, c’est Jésus qui porte à son plein achèvement les rites de l’ancienne alliance. En lui, c’est Dieu qui tient parole. À chaque Eucharistie c’est comme si nous assistions “en direct” au moment où Jésus fait le don de sa vie. Il n’y a qu’un sacrifice unique et définitif de Jésus. Quand nous sommes à la messe, c’est à ce sacrifice que nous assistons, à l’offrande de Jésus et à sa mort sur la croix. Nous assistons aussi à la victoire de l’amour sur la mort et nous en recevons les fruits.

Voilà ce repas auquel nous sommes tous invités. C’est vraiment LE moment le plus important de la semaine. Le Christ ressuscité est là ; il nous rejoint. À chaque messe, nous célébrons celui qui nous a aimés comme on n’a jamais aimé. C’est la moindre des choses que nous répondions à cette invitation. C’est vrai que dans certains endroits, cela devient difficile. En raison du manque de prêtres, nous assistons à une baisse drastique du nombre de messes. Mais quand il n’y a plus de boulanger dans un village, on sait s’organiser pour ne pas rester sans pain. Aujourd’hui, le Christ se présente à nous comme “le pain vivant qui est descendu du ciel. Si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement.” L’Eucharistie est vraiment un cadeau extraordinaire. C’est une nourriture pour la Vie éternelle.

En cette fête du Corps et du Sang du Christ, nous renouvelons notre action de grâce pour la merveille que nous célébrons. Et nous faisons nôtre cette prière du prêtre avant la communion : “Que ton Corps et ton sang me délivrent de tout mal et que je ne sois jamais séparé de toi”.

Abbé Jean Compazieu

Source : DIMANCHEPROCHAIN.ORG, le 26 mai 2024

« Jeanne d’Arc nous invite à un haut degré de la vie chrétienne »

Illustration
Miniature de Jeanne d’Arc, Archives nationales (AE/II/2490). © CC0/wikimedia

« Jeanne d’Arc nous invite à un haut degré de la vie chrétienne »

Je voudrais aujourd’hui vous parler de Jeanne d’Arc, une jeune fille de la fin du Moyen-Âge, morte à 19 ans, en 1431. Cette Française, citée à plusieurs reprises dans le Catéchisme de l’Église catholique, est particulièrement proche de Catherine de Sienne, patronne de l’Italie et de l’Europe, dont j’ai parlé dans une récente catéchèse.

Ce sont en effet deux jeunes femmes du peuple, laïques et consacrées dans la virginité; deux mystiques engagées non dans le cloître, mais au milieu de la réalité la plus dramatique de l’Église et du monde de leur temps. Ce sont peut-être les figures les plus caractéristiques de ces «femmes fortes» qui, à la fin du Moyen-âge, portèrent sans peur la grande lumière de l’Évangile dans les événements complexes de l’histoire.

Nous pourrions les rapprocher des saintes femmes qui restèrent sur le Calvaire, à côté de Jésus crucifié et de Marie sa Mère, tandis que les Apôtres avaient fui et que Pierre lui-même l’avait renié trois fois. L’Église, à cette époque, vivait la crise profonde du grand schisme d’Occident, qui dura près de 40 ans. Lorsque Catherine de Sienne meurt, en 1380, il y a un Pape et un Antipape; quand Jeanne naît en 1412, il y a un Pape et deux Antipapes.

Avec ce déchirement à l’intérieur de l’Église, des guerres fratricides continuelles divisaient les peuples chrétiens d’Europe, la plus dramatique d’entre elles ayant été l’interminable « Guerre de cent ans » entre la France et l’Angleterre.

J’ai plaisir à rappeler que Jeanne d’Arc a eu une profonde influence sur une jeune fille de l’époque moderne: Thérèse de l’Enfant-Jésus. A travers une vie complètement différente, vécue sous clôture, la carmélite de Lisieux se sentait très proche de Jeanne, vivant au cœur de l’Église et participant aux souffrances du Christ pour le salut du monde. L’Église les a réunies comme patronnes secondaires de la France, après la Vierge Marie. Thérèse avait exprimé son désir de mourir comme Jeanne, en prononçant le Nom de Jésus (Manuscrit B, 3r), et elle était animée par le même grand amour envers Jésus et son prochain, vécu dans la virginité consacrée.

Chers frères et sœurs, avec son témoignage lumineux, Jeanne d’Arc nous invite à un haut degré de la vie chrétienne : faire de la prière le fil conducteur de nos journées; avoir pleinement confiance en accomplissant la volonté de Dieu, quelle qu’elle soit ; vivre la charité sans favoritismes, sans limite et en puisant, comme elle, dans l’Amour de Jésus un profond amour pour l’Église.

Pape Benoît XVI

Extraits de l’audience générale dans la Salle Paul VI , le 26 janvier 2011

Encyclopédie Mariale

Lectures de la messe du jour

Prions :
Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort.
Amen.

Source : une minute avec Marie

30.05.2024 – SAINTE DU JOUR

Ste Jeanne d'Arc

Ste Jeanne d’Arc

« LA PUCELLE D’ORLÉANS » († 1431)

Sainte Jeanne d’Arc
« La Pucelle d’Orléans »
Patronne secondaire de la France 

Sainte Jeanne d’Arc montre d’une manière particulièrement éclatante combien Dieu se plaît à choisir les plus faibles instruments pour l’accomplissement des plus grandes choses.

Jeanne d’Arc naît à Domrémy, dans la Lorraine actuelle, le 6 janvier 1412 ; ses parents, Jacques d’Arc et Isabelle Romée, étaient des cultivateurs faisant valoir leur petit bien. La première parole que lui apprit sa mère fut le nom de Jésus ; toute sa science se résuma dans le Pater, l’Ave, le Credo et les éléments essentiels de la religion. Elle se confessait et communiait très régulièrement ; tous les témoignages contemporains s’accordent à dire qu’elle était « une bonne fille, aimant et craignant Dieu », priant beaucoup Jésus et Marie. Son curé put dire d’elle : « Je n’ai jamais vu de meilleure chrétienne, et il n’y a pas sa pareille dans toute la paroisse. »

La France était alors à la merci des Anglais et des Bourguignons, leurs alliés ; la situation du roi Charles VII était désespérée. Jeanne avait treize ans quand l’Archange saint Michel lui apparut une première fois, vers midi, dans le jardin de son père et lui donna des conseils pour sa conduite. Il lui déclara que Dieu voulait sauver la France par elle. Les visions se multiplièrent ; l’Archange protecteur de la France était accompagné de sainte Catherine et de sainte Marguerite, que Dieu donnait à Jeanne comme conseillères et comme soutien.

Jusqu’ici la vie de Jeanne est celle d’une pieuse bergère ; elle va devenir celle d’une guerrière vaillante et inspirée ; elle avait seize ans quand le roi Charles VII, convaincu de sa mission par des signes miraculeux, lui remit la conduite de ses armées. Bientôt Orléans est délivrée, les Anglais tremblent et fuient devant une jeune fille. Quelques mois plus tard, le roi est sacré à Reims.

Jeanne fut trahie à Compiègne, vendue aux Anglais, et après un long emprisonnement, où elle subit de nombreux outrages, elle fut condamnée et brûlée à Rouen (30 mai 1431). 

Jeanne d’Arc a été béatifiée le 18 avril 1909, par saint Pie X (Giuseppe Melchiorre Sarto, 1903-1914), et proclamée sainte le 16 mai 1920 par le pape Benoît XV (Giacomo della Chiesa, 1914-1922).

Sainte Jeanne d’Arc a été déclarée Patronne secondaire de la France par un Bref du pape Pie XI, le 2 mars 1922.

 Pour approfondir, lire la Catéchèse du pape Benoît XVI :
>>>  Sainte Jeanne d’Arc
 

Sainte Jeanne d’Arc priez pour nous !

30.05.2024 – ÉVANGILE DU JOUR

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 10,46b-52. 

En ce temps-là, tandis que Jésus sortait de Jéricho avec ses disciples et une foule nombreuse, le fils de Timée, Bartimée, un aveugle qui mendiait, était assis au bord du chemin.
Quand il entendit que c’était Jésus de Nazareth, il se mit à crier : « Fils de David, Jésus, prends pitié de moi ! »
Beaucoup de gens le rabrouaient pour le faire taire, mais il criait de plus belle : « Fils de David, prends pitié de moi ! »
Jésus s’arrête et dit : « Appelez-le. » On appelle donc l’aveugle, et on lui dit : « Confiance, lève-toi ; il t’appelle. »
L’aveugle jeta son manteau, bondit et courut vers Jésus.
Prenant la parole, Jésus lui dit : « Que veux-tu que je fasse pour toi ? » L’aveugle lui dit : « Rabbouni, que je retrouve la vue ! »
Et Jésus lui dit : « Va, ta foi t’a sauvé. » Aussitôt l’homme retrouva la vue, et il suivait Jésus sur le chemin.

Acclamons et partageons la parole de Dieu !

COMMENTAIRE :

Sainte Catherine de Sienne (1347-1380)

tertiaire dominicaine, docteur de l’Église, copatronne de l’Europe

Lettre 97 au prieur de Cervaia, n° 51 (trad. Cartier, Téqui, 1976, tome 1, p. 638-640 ; rev.)

Levons-nous et mettons nos infirmités devant notre Médecin !

Il semble que l’ineffable charité de Dieu a pourvu à la fragilité et à la misère de l’homme ; car, comme il était toujours prêt et incliné à offenser son Créateur, Dieu, pour le sauver, lui a procuré un remède contre son infirmité. Le remède contre nos infirmités n’est autre que le feu de l’amour, et cet amour ne s’éteint jamais pour nous. L’âme le reçoit comme remède quand elle regarde en elle-même l’étendard de la Croix, qui y est planté ; car nous avons été la pierre dans laquelle fut fixée la Croix, dont le bois et les clous n’étaient pas capables de retenir le doux Agneau sans tache, si l’amour ne l’eût pas retenu. Quand l’âme regarde ce doux et cher remède, elle ne doit pas tomber dans la négligence ; mais elle doit se lever avec amour et désir, et tendre les mains avec la haine d’elle-même, comme fait le malade, qui hait son infirmité, et qui aime le remède que lui donne le médecin. (…) Levons-nous avec le feu d’un ardent amour, avec la haine et l’humilité profonde que nous donnera la connaissance de notre néant, et mettons nos infirmités devant notre médecin, le Christ Jésus. Étendez la main pour recevoir la médecine amère qui nous est donnée. Oui, la médecine que l’homme reçoit est bien souvent amère. Ce sont les ténèbres, les tentations, le trouble de l’esprit ou d’autres tribulations qui viennent du dehors ; elles nous paraissent d’abord bien amères mais si nous faisons comme le sage malade, elles seront ensuite pour nous d’une grande douceur, en considérant la tendresse du doux Jésus, qui nous les donne, et en voyant qu’il ne le fait pas par haine mais par amour, car il ne peut vouloir que notre sanctification.

LECTURES :

Première lettre de saint Pierre Apôtre 2,2-5.9-12. 

Bien-aimés, comme des enfants nouveau-nés, soyez avides du lait non dénaturé de la Parole qui vous fera grandir pour arriver au salut,
puisque vous avez goûté combien le Seigneur est bon.
Approchez-vous de lui : il est la pierre vivante rejetée par les hommes, mais choisie et précieuse devant Dieu.
Vous aussi, comme pierres vivantes, entrez dans la construction de la demeure spirituelle, pour devenir le sacerdoce saint et présenter des sacrifices spirituels, agréables à Dieu, par Jésus Christ.


Vous êtes une descendance choisie, un sacerdoce royal, une nation sainte, un peuple, pour que vous annonciez les merveilles de celui qui vous a appelés des ténèbres à son admirable lumière.
Autrefois vous n’étiez pas un peuple, mais maintenant vous êtes le peuple de Dieu ; vous n’aviez pas obtenu miséricorde, mais maintenant vous avez obtenu miséricorde.
Bien-aimés, puisque vous êtes comme des étrangers résidents ou de passage, je vous exhorte à vous abstenir des convoitises nées de la chair, qui combattent contre l’âme.
Ayez une belle conduite parmi les gens des nations ; ainsi, sur le point même où ils disent du mal de vous en vous traitant de malfaiteurs, ils ouvriront les yeux devant vos belles actions et rendront gloire à Dieu, le jour de sa visite.

Psaume 100(99),1-2.3.4.5. 

Acclamez le Seigneur, terre entière,
servez le Seigneur dans l’allégresse, 
venez à lui avec des chants de joie !

Reconnaissez que le Seigneur est Dieu :
il nous a faits, et nous sommes à lui, 
nous, son peuple, son troupeau.

Venez dans sa maison lui rendre grâce, 
dans sa demeure chanter ses louanges ; 
rendez-lui grâce et bénissez son nom !

Oui, le Seigneur est bon, 
éternel est son amour, 
sa fidélité demeure d’âge en âge.