11.08.2024 – HOMÉLIE DU 19ÈME DIMANCHE ORDINAIRE – Jean 6,41-51

Le Pain de vie

Pistes pour l’homélie par le Père Jean Compazieu


Textes bibliques : Lire


Les textes bibliques de ce dimanche nous parlent de la nourriture que Dieu nous donne. La première lecture nous rapporte le témoignage du prophète Élie. Son grand souci était de ramener le peuple d’Israël à la fidélité au vrai Dieu. Il n’a jamais cessé de dénoncer ceux qui se vautraient dans le péché. Se sentant menacé, il a dû s’enfuir dans le désert. Il pensait en finir avec cette vie. Mais Dieu ne l’a pas abandonné. Il lui a envoyé le pain qui lui donnera les forces nécessaires pour continuer sa longue marche.

Nous aussi, nous connaissons parfois des périodes difficiles. Mais notre Dieu ne nous abandonne pas. Il nous donne le pain dont nous avons besoin pour continuer notre route. Chacun de nous peut penser à une parole d’encouragement, une rencontre qui nous a fait du bien, un geste d’amitié. Mais le seul vrai pain, nous le trouvons dans l’assemblée du dimanche. C’est Jésus lui-même qui se donne. Il est le vrai pain de la route par sa Parole et par son Eucharistie. Nous chrétiens, nous avons tous besoin de cette nourriture que Dieu nous donne pour continuer notre marche.

C’est ce message que nous trouvons dans l’Évangile de ce jour. Saint Jean a longuement médité sur les paroles de Jésus. Ce qui le fait souffrir c’est la désaffection des communautés chrétiennes vis-à-vis de l’Eucharistie. Et aujourd’hui, il voudrait nous ramener à l’essentiel. Le Christ se présente à tous comme “le Pain descendu du ciel”. Il est le plus beau cadeau que Dieu ait pu faire à l’humanité. C’est Jésus qui se donne à nous pour que nous puissions vivre éternellement. C’est un cadeau imprévu et inattendu. Nous n’avons rien fait pour le mériter. Il s’agit d’un don gratuit de Dieu. Mais pour l’accueillir en vérité, un acte de foi est absolument nécessaire.

C’est ainsi que Jésus nous révèle qui il est en vérité. Et cette révélation va provoquer une crise. Il y a ceux qui croient et ceux qui refusent de croire. Et dans notre monde d’aujourd’hui, ça n’a guère changé. Beaucoup se sont installés dans l’indifférence ou le refus. Ils ne voient en Jésus que le côté humain. Ils refusent de reconnaître sa divinité. Cet Évangile vient remettre en question ce que nous croyons savoir sur Jésus. Il n’est pas seulement l’homme de Nazareth ; il est le “pain du ciel”, la nourriture pour la route. Il nous dit qu’il faut le “manger”. Venir à lui, c’est croire en sa Parole, c’est s’en nourrir, c’est l’accueillir comme un don de Dieu.

Tout cela n’est possible qu’avec la foi. La tentation est grande de nous en tenir aux évidences. Aujourd’hui, le Christ vient nous appeler à une démarche de confiance. C’est une question de vie ou de mort. Nous sommes invités à choisir la vie qui vient de Dieu. Ses paroles viennent nous bousculer mais elles sont celles de la Vie éternelle. Chaque dimanche, le Seigneur vient nous nourrir de cette Parole et de son Eucharistie. C’est un don extraordinaire dont nous ne mesurons pas l’importance. Nous n’aurons jamais fini d’en découvrir la grandeur.

Et pourtant, depuis plusieurs années, nous constatons une désaffection. Beaucoup de jeunes et de moins jeunes y sont les grands absents. Ils oublient que le Christ a livré son Corps et versé son sang pour nous et pour la multitude. La messe c’est Dieu qui vient à notre rencontre et qui nous attend. C’est un rendez-vous d’amour qui nous est offert à tous.

Dans sa lettre aux Éphésiens, saint Paul nous rappelle les dispositions à adopter pour accueillir ce don de Dieu. Il nous invite à vivre dans l’amour et l’unité. C’est une condition indispensable pour vivre l’Eucharistie en vérité. Des chrétiens divisés sont un contre-témoignage. Nous ne pourrons vraiment témoigner de l’amour de Dieu que si nous en vivons. Notre référence c’est Dieu ; c’est lui que nous devons imiter. C’est en lui seul que nous trouvons la joie et le bonheur, même dans les moments les plus difficiles.

En ce dimanche, nous sommes venus à Jésus. C’est lui qui nous accueille. Comme l’a écrit le pape François, il est “le visage de la miséricorde”. Alors oui, nous te prions, Dieu notre Père, ouvre le cœur de tes enfants à celui que tu leur as donné comme “Pain vivant descendu du ciel”. Que grandisse en nous le désir de nous laisser attirer par toi. Amen

Sources : Revue Feu Nouveau, une homélie pour l’année b (Amédée Brunot, Lectures bibliques des dimanches (A Vanhoye), Le visage de la Miséricorde (Pape François), dossiers personnels

Abbé Jean Compazieu

Source : DIMANCHEPROCHAIN.ORG, le 4 août 2024

Marie : « tous ceux qui viendront me prier en ce lieu verront leurs vœux exaucés »

© Shutterstock/tache
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Marie : « tous ceux qui viendront me prier en ce lieu verront leurs vœux exaucés »

En 1798, au Vietnam, des chrétiens s’enfuient dans la jungle pour échapper aux persécutions gouvernementales. C’est alors qu’ont eu lieu une série d’apparitions de la Vierge Marie : elle les réconfortait et les soutenait. Depuis lors, les pèlerinages n’ont jamais cessé. Telle est l’origine du sanctuaire de Notre-Dame de La Vang, à mi-distance entre le nord et le sud Vietnam.

Aucune source écrite fiable ne rapporte ces apparitions, il s’agit d’une tradition orale qui dit qu’en 1798, au centre du pays, à 60 km de Hué, dans une zone forestière, la Vierge, entourée de deux anges, « apparut » à un groupe de chrétiens pourchassés. « Elle était revêtue d’un manteau magnifique, à l’orientale, et tenait l’Enfant Jésus dans ses bras, explique un témoin. Elle se tenait simplement sur le gazon, comme une maman au milieu de ses enfants. A tous elle demandait de se montrer joyeux d’avoir à souffrir pour leur foi. »

« J’ai déjà exaucé vos prières. Dorénavant tous ceux qui viendront me prier en ce lieu verront leurs vœux exaucés », dit-elle. Selon certains, la Vierge est apparue à plusieurs reprises. Guérisons et conversions sont alléguées.Ce qui est certain c’est qu’un pèlerinage et une tradition de prière sont ininterrompus depuis deux siècles !

En 1886, une petite chapelle est construite sur le lieu de l’apparition. En 1901, une église est construite et bénie en présence de 12 000 pèlerins, à cette occasion, Notre Dame de La Vang est déclarée protectrice des catholiques du Vietnam L’église est agrandie en 1928. Un pèlerinage national s’y déroule tous les trois ans.

En 1962, le pape Jean XXIII a élevé cette église au rang de basilique mineure, mais elle a été détruite en 1972-1975, pendant la guerre.

Le 19 juin 1988  le pape saint Jean Paul II a canonisé 117 martyrs vietnamiens et il a fait mémoire du sanctuaire et a souhaité sa reconstruction « dans un climat de liberté et de paix, et de gratitude envers celle que toutes les générations disent bienheureuse. De sorte que ce sanctuaire puisse favoriser l’unité nationale et le progrès civil et moral du pays ».

Et le sanctuaire fut reconstruit. Le 15 août 1998, environ 70 000 fidèles (100 000 selon L’Impartial) ont prié ensemble à La Vang pour le 200e anniversaire des faits.

Encyclopédie Mariale

Prions :
Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort.
Amen.

Source : une minute avec Marie

08.08.2024 – SAINT DU JOUR

St Dominique de Guzman

St Dominique de Guzman

PRÊTRE ET FOND. († 1221)

Saint Dominique de Guzman
Fondateur de :
« Ordo Fratrum Prædicatorum »
(Ordre des Frères prêcheurs : dominicains)

Dominique de Guzman naît aux alentours de 1170 au château de Caleruega près de Silos en Vieille-Castille, de Félix de Guzman et Jeanne d’Asa qui sera béatifiée par l’Église. L’enfant reçoit le nom de Dominique en l’honneur du saint abbé de l’abbaye voisine de Silos, mort un siècle auparavant. 

Devenu de bonne heure chanoine d’Osma, Dominique accompagne son évêque Diego dans ses voyages. Il se rend à plusieurs reprises en Languedoc et constate les dégâts causés par l’hérésie cathare. À Rome, où Diego et Dominique viennent demander à Innocent III (Lotario dei Conti di Segni, 1198-1216) d’approuver l’inspiration qu’ils avaient eue d’aller évangéliser les Cumans d’Ukraine, ils reçoivent l’ordre du pape d’assister les cisterciens qui tentent en vain de rechristianiser les albigeois. 

Dès 1206, Dominique fonde à Prouille un monastère destiné à accueillir les jeunes filles tentées par les « maisons des parfaites » et qui constituera le noyau des futures dominicaines. À la mort de son évêque, Dominique prend la tête de la mission et, assuré du concours de quelques prêtres instruits, développe une œuvre de prédication et de pénitence. Ensemble, ils organisent des débats contradictoires avec les cathares qui durent parfois plusieurs jours, s’imposent une vie austère qui contraste avec le faste des légats pontificaux. L’apostolat de Dominique parmi les Cathares et les Albigeois échoue. Mais le jeune ordre reçoit l’approbation de l’évêque de Toulouse, puis celle d’Innocent III (Lotario dei Conti di Segni, 1198-1216) que Dominique va trouver à Rome où avait lieu le IVe concile du Latran. 

À la mort d’Innocent III en 1216, son successeur, Honorius III (Cencio Savelli, 1216-1227) confirme le nouvel institut et le premier couvent s’ouvre à Rome. En 1219, Dominique prêche le Carême à Toulouse, puis part à Paris afin d’installer un couvent de ses religieux rue Saint-Jacques, d’où leur surnom de « Jacobins ». 

Dominique retourne en Italie et se fixe à Bologne. C’est là qu’il quitte sa demeure terrestre pour la rencontre avec Dieu, le 6 août 1221. 

Le 3 juillet 1234 le pape Grégoire IX(Ugolino dei Conti di Segni, 1227-1241) le canonise et fait lever son corps de terre afin de l’exposer à la vénération des fidèles. 

L’effort intellectuel que Dominique demandait à ses frères porte bientôt ses fruits. À sa mort, on dénombrait à peine 25 docteurs en théologie dans toute l’Europe ; cinquante ans après, l’ordre en comptait environ 700… Bien que n’ayant jamais été aussi populaire que saint François d’Assise, il était vénéré dans toute l’Italie, en Espagne et dans le sud de la France.

Pour approfondir, lire la Catéchèse du Pape Benoît XVI :
>>> Saint Dominique Guzman

Saint Dominique priez pour nous !

08.08.2024 – ÉVANGILE DU JOUR

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 16,13-23. 

En ce temps-là, Jésus, arrivé dans la région de Césarée-de-Philippe, demandait à ses disciples : « Au dire des gens, qui est le Fils de l’homme ? »
Ils répondirent : « Pour les uns, Jean le Baptiste ; pour d’autres, Élie ; pour d’autres encore, Jérémie ou l’un des prophètes. »


Jésus leur demanda : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? »
Alors Simon-Pierre prit la parole et dit : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant ! »


Prenant la parole à son tour, Jésus lui dit : « Heureux es-tu, Simon fils de Yonas : ce n’est pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela, mais mon Père qui est aux cieux.


Et moi, je te le déclare : Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église ; et la puissance de la Mort ne l’emportera pas sur elle.


Je te donnerai les clés du royaume des Cieux : tout ce que tu auras lié sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que tu auras délié sur la terre sera délié dans les cieux. »


Alors, il ordonna aux disciples de ne dire à personne que c’était lui le Christ.
À partir de ce moment, Jésus commença à montrer à ses disciples qu’il lui fallait partir pour Jérusalem, souffrir beaucoup de la part des anciens, des grands prêtres et des scribes, être tué, et le troisième jour ressusciter.
Pierre, le prenant à part, se mit à lui faire de vifs reproches : « Dieu t’en garde, Seigneur ! cela ne t’arrivera pas. »
Mais lui, se retournant, dit à Pierre : « Passe derrière moi, Satan ! Tu es pour moi une occasion de chute : tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes. »

Acclamons et partageons la parole de Dieu !

COMMENTAIRE :

Saint Cyrille de Jérusalem (313-350)

évêque de Jérusalem et docteur de l’Église

Catéchèse baptismale n°11,3 (Les catéchèses, coll. Les pères dans la foi n° 53-54 ; trad. J. Bouvet ; éd. Migne 1993 ; p. 153)

Reconnais le Fils de Dieu et participe à la béatitude

Notre Seigneur Jésus Christ s’est fait homme, quand il était inconnu du grand nombre. Voulant enseigner la vérité inconnue, il rassembla ses disciples et leur dit : « Qui dit-on que je suis, moi le Fils de l’homme ? » (Mt 16,13). Il ne cherchait pas une vaine gloire mais il voulait leur révéler la vérité, pour qu’ils n’aillent pas, eux les compagnons de Dieu Fils unique de Dieu, le prendre pour quelque homme ordinaire. Et comme ils lui répondaient : « Les uns, Élie ; les autres, Jérémie » (Mt 16, 14), il leur dit : ces gens-là sont excusables de ne pas savoir ; mais vous, les apôtres, qui en mon nom purifiez les lépreux, chassez les démons, ressuscitez les morts, vous ne devez pas ignorer celui par qui vous accomplissez ces prodiges. Et comme tous gardaient le silence, car cette science-là dépassait l’homme, Pierre, le chef des apôtres, le héraut en chef de l’Église, ne recourut pas à une parole qu’il aurait trouvée de lui-même : il suivit une inspiration qui ne venait pas de l’homme, mais du Père qui éclairait son intelligence, et il répondit : « Tu es le Christ » – pas simplement – mais « le Fils du Dieu vivant » (Mt 16,16) ; une béatitude succède à cette parole, car en vérité elle dépassait l’homme ; un sceau est apposé à cette déclaration : cette révélation-là vient du Père ; le Sauveur dit en effet : « Tu es bienheureux, Simon, fils de Jean, de ce que ce n’est pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela, mais mon Père qui est dans les cieux » (Mt 16,17). Donc, qui reconnaît notre Seigneur Jésus Christ comme Fils de Dieu, participe à cette béatitude ; mais celui qui renie le Fils de Dieu est malheureux et misérable.

LECTURES :

Livre de Jérémie 31,31-34. 

Voici venir des jours – oracle du Seigneur –, où je conclurai avec la maison d’Israël et avec la maison de Juda une alliance nouvelle.


Ce ne sera pas comme l’Alliance que j’ai conclue avec leurs pères, le jour où je les ai pris par la main pour les faire sortir du pays d’Égypte : mon alliance, c’est eux qui l’ont rompue, alors que moi, j’étais leur maître – oracle du Seigneur.
Mais voici quelle sera l’Alliance que je conclurai avec la maison d’Israël quand ces jours-là seront passés – oracle du Seigneur. Je mettrai ma Loi au plus profond d’eux-mêmes ; je l’inscrirai sur leur cœur. Je serai leur Dieu, et ils seront mon peuple.


Ils n’auront plus à instruire chacun son compagnon, ni chacun son frère en disant : « Apprends à connaître le Seigneur ! » Car tous me connaîtront, des plus petits jusqu’aux plus grands – oracle du Seigneur. Je pardonnerai leurs fautes, je ne me rappellerai plus leurs péchés.

Psaume 51(50),12-13.14-15.18-19. 

Crée en moi un cœur pur, ô mon Dieu, 
renouvelle et raffermis au fond de moi mon esprit.
Ne me chasse pas loin de ta face, 
ne me reprends pas ton esprit saint.

Rends-moi la joie d’être sauvé ; 
que l’esprit généreux me soutienne.
Aux pécheurs, j’enseignerai tes chemins ;
vers toi, reviendront les égarés.

Si j’offre un sacrifice, tu n’en veux pas, 
tu n’acceptes pas d’holocauste.
Le sacrifice qui plaît à Dieu, c’est un esprit brisé ; 
tu ne repousses pas, ô mon Dieu, un cœur brisé et broyé.