01.11.2024 – ÉVANGILE DU JOUR

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 5,1-12a. 

En ce temps-là, voyant les foules, Jésus gravit la montagne. Il s’assit, et ses disciples s’approchèrent de lui.
Alors, ouvrant la bouche, il les enseignait. Il disait :
« Heureux les pauvres de cœur, car le royaume des Cieux est à eux.
Heureux ceux qui pleurent, car ils seront consolés.
Heureux les doux, car ils recevront la terre en héritage.
Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice, car ils seront rassasiés.
Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde.
Heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu.
Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu.
Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice, car le royaume des Cieux est à eux.
Heureux êtes-vous si l’on vous insulte, si l’on vous persécute et si l’on dit faussement toute sorte de mal contre vous, à cause de moi.
Réjouissez-vous, soyez dans l’allégresse, car votre récompense est grande dans les cieux ! »

Acclamons et partageons la parole de Dieu !

COMMENTAIRE :

Saint Jean-Marie Vianney (1786-1859)

prêtre, curé d’Ars

Il nous faut être ou saints ou reprouvés (Aimez Dieu !; coll. du Laurier, éd. Le Laurier, 1982; p. 3, 4, 10)

Un chrétien doit être un saint

« Soyez saints, parce que je suis saint » (Lv 19, 2), nous dit le Seigneur. Pourquoi Dieu nous fait-il un commandement semblable ? C’est que nous sommes ses enfants, et, si le Père est saint, les enfants le doivent être aussi. Il n’y a que les saints qui peuvent espérer le bonheur d’aller jouir de la présence de Dieu qui est la sainteté même. En effet, être chrétien, et vivre dans le péché, c’est une contradiction monstrueuse. Un chrétien doit être un saint. Oui, voilà la vérité que l’Église ne cesse de nous répéter, et afin de la graver dans nos cœurs, elle nous représente un Dieu infiniment saint, sanctifiant une multitude infinie de saints qui semblent nous dire : « Souvenez-vous, chrétiens, que vous êtes destinés à voir Dieu et à le posséder ; mais vous n’aurez ce bonheur qu’autant que vous aurez retracé en vous, pendant votre vie mortelle, son image, ses perfections, et particulièrement sa sainteté, sans laquelle nul ne le verra. » Mais, si la sainteté de Dieu paraît au-dessus de nos forces, considérons ces âmes bienheureuses, cette multitude de créatures de tout âge, de tout sexe et de toute condition, qui ont été assujetties aux mêmes misères que nous, exposées aux mêmes dangers, sujettes aux mêmes péchés, attaquées par les mêmes ennemis, environnées des mêmes obstacles. Ce qu’elles ont pu faire, nous le pouvons aussi, nous n’avons aucune excuse pour nous dispenser de travailler à notre salut, c’est-à-dire à devenir saint. (…) Concluons, en disant que si nous le voulons, nous pouvons être saints, car jamais le bon Dieu ne nous refusera sa grâce pour nous aider à le devenir. Il est notre père, notre Sauveur et notre ami. Il soupire avec ardeur de nous voir délivrés des maux de la vie. Il veut nous combler de toutes sortes de biens, après nous avoir donné, déjà dans ce monde, d’immenses consolations, avant-goût de celles du ciel, que je vous souhaite.

LECTURES :

Livre de l’Apocalypse 7,2-4.9-14. 

Moi, Jean, j’ai vu un ange qui montait du côté où le soleil se lève, avec le sceau qui imprime la marque du Dieu vivant ; d’une voix forte, il cria aux quatre anges qui avaient reçu le pouvoir de faire du mal à la terre et à la mer :
« Ne faites pas de mal à la terre, ni à la mer, ni aux arbres, avant que nous ayons marqué du sceau le front des serviteurs de notre Dieu. »
Et j’entendis le nombre de ceux qui étaient marqués du sceau : ils étaient cent quarante-quatre mille, de toutes les tribus des fils d’Israël.
Après cela, j’ai vu : et voici une foule immense, que nul ne pouvait dénombrer, une foule de toutes nations, tribus, peuples et langues. Ils se tenaient debout devant le Trône et devant l’Agneau, vêtus de robes blanches, avec des palmes à la main.
Et ils s’écriaient d’une voix forte : « Le salut appartient à notre Dieu qui siège sur le Trône et à l’Agneau ! »
Tous les anges se tenaient debout autour du Trône, autour des Anciens et des quatre Vivants ; se jetant devant le Trône, face contre terre, ils se prosternèrent devant Dieu.
Et ils disaient : « Amen ! Louange, gloire, sagesse et action de grâce, honneur, puissance et force à notre Dieu, pour les siècles des siècles ! Amen ! »
L’un des Anciens prit alors la parole et me dit : « Ces gens vêtus de robes blanches, qui sont-ils, et d’où viennent-ils ? »
Je lui répondis : « Mon seigneur, toi, tu le sais. » Il me dit : « Ceux-là viennent de la grande épreuve ; ils ont lavé leurs robes, ils les ont blanchies par le sang de l’Agneau. »

Psaume 24(23),1-2.3-4ab.5-6. 

R/ Voici le peuple de ceux qui cherchent ta face, Seigneur. (Ps 23, 6)

Au Seigneur, le monde et sa richesse, 
la terre et tous ses habitants !
C’est lui qui l’a fondée sur les mers 
et la garde inébranlable sur les flots.

Qui peut gravir la montagne du Seigneur 
et se tenir dans le lieu saint ?
L’homme au cœur pur, aux mains innocentes,
qui ne livre pas son âme aux idoles.

Il obtient, du Seigneur, la bénédiction, 
et de Dieu son Sauveur, la justice.
Voici le peuple de ceux qui le cherchent ! 
Voici Jacob qui recherche ta face !

Première lettre de saint Jean 3,1-3. 

Bien-aimés, voyez quel grand amour nous a donné le Père pour que nous soyons appelés enfants de Dieu – et nous le sommes. Voici pourquoi le monde ne nous connaît pas : c’est qu’il n’a pas connu Dieu.
Bien-aimés, dès maintenant, nous sommes enfants de Dieu, mais ce que nous serons n’a pas encore été manifesté. Nous le savons : quand cela sera manifesté, nous lui serons semblables car nous le verrons tel qu’il est.
Et quiconque met en lui une telle espérance se rend pur comme lui-même est pur.

03.11.2024 – HOMÉLIE DU 31ÈME DIMANCHE ORDINAIRE – MARC 12,28b-34

« Écoute, Israël »

Homélie par le Fr. Laurent Mathelot

Nous sommes très habitués, en tant que chrétiens, à ce commandement d’aimer notre prochain. Oh, ce n’est pas toujours évident et il nous arrive parfois d’y manquer : qui ne s’énerve pas de temps à autre ? qui ne détourne jamais le regard d’un pauvre ? qui ne pense jamais à soi d’abord ? Mais généralement, le chrétien est celui qui garde conscience de l’importance de l’amour entre tous, de la fraternité parmi les hommes. D’abord parce que nous souhaitons être aimés et que nous avons compris, à la suite du Christ, que pour cela, il fallait aimer en premier. Au fond, l’amour du prochain est, pour le chrétien, le seul moyen véritable de la paix entre tous et il le sait : comment puis-je espérer que tous les hommes s’aiment si je ne commence pas – moi – à les aimer ?

Vous le savez le commandement d’aimer notre prochain va loin puisqu’il nous demande d’aimer nos ennemis. « Si vous aimez ceux qui vous aiment, quel mérite avez-vous ? » (Matthieu 5, 46) – nous dit Jésus – « Les pécheurs aussi aiment ceux qui les aiment » (Luc 6, 32). C’est toujours cette logique qui demande au Chrétien d’être non seulement le premier à aller plus loin dans la volonté d’aimer, mais de pousser cette volonté au bout. Parce que c’est le seul moyen d’établir la fraternité humaine. C’est presqu’à ça qu’on devrait nous reconnaître : être ceux qui aiment leurs ennemis. Qui aiment tout le monde, en fait.

Mais les textes aujourd’hui, tant l’Évangile que le Deutéronome rappellent avant tout le commandement d’aimer Dieu. Pour les Juifs comme pour le Christ, c’est le premier de tous les commandements. « Écoute, Israël : le Seigneur notre Dieu est l’unique Seigneur. Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de tout ton esprit et de toute ta force. »

Jésus dira même « Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi n’est pas digne de moi ; celui qui aime son fils ou sa fille plus que moi n’est pas digne de moi. » (Matthieu 10, 37). C’est clair : Dieu doit passer avant nos proches. Mais c’est évidement parce que Dieu est plus proche de nous que nos proches. L’amour de Dieu vit en nous avant toute chose, voilà ce qu’est venu nous dire le Christ. Et c’est cette proximité que nous devons honorer en premier.

Certains pourtant diront : « C’est à travers mon prochain que j’aime Dieu ». Et il est certain que l’amour de Dieu se trouve en chacun ; il se fait proche de tout humain et tous nous sommes des témoins authentiques de cette présence affective de Dieu. Mais n’aimer Dieu qu’à travers son prochain, c’est ne pas aimer Dieu à travers soi. C’est ne pas aimer Dieu en soi. Non parce que nous souhaiterions nous éloigner de Dieu, nous distancer de sa proximité ; nous désincarner de son étreinte amoureuse, mais bien souvent parce que nous ne le voyons pas en nous ou, pire, parce que nous avons l’impression qu’il ne s’y trouve pas.

L’action chrétienne, notre charité envers autrui, le soin apporté à celles et ceux qui souffrent, qui ont froid et faim, qui se trouvent désemparés ou désespérés n’est qu’un humanisme parmi d’autres s’il ne fait pas suite à une relation personnelle avec Dieu. C’est déjà fort bien, bien sûr. Mais ce n’est plus une religion.

L’argument de l’amour de Dieu que l’on n’éprouve qu’à travers autrui est bien souvent, hélas, celui de l’amour de Dieu que l’on n’éprouve pas à travers soi.

Chaque être humain se présente avec sa part d’ombre, d’obscurité. Aucun de nous n’est totalement transparent à l’amour de Dieu, nous le savons bien. Je l’ai dit plus haut : il nous arrive d’avoir des élans de mépris, de détourner le regard qui devrait aimer. La dureté de notre cœur opacifie la lumière divine qui passe à travers nous. Dieu, à travers l’humain apparaît toujours plus flou. Seul le Christ nous le montre authentiquement. Dire « je vois Dieu à travers l’amour dont se témoignent les hommes » c’est vrai mais c’est se satisfaire d’un regard myope, qui voit trouble.

Elles sont trop nombreuses pour être oubliées les images du Christ qui nous montrent une relation intime et personnelle avec son Père. C’est d’ailleurs d’abord cette relation intime qui fait de lui le Christ : un véritable amour personnel. Avons-nous cette relation intime avec Dieu ?

Je sais pertinemment qu’il n’est pas toujours évident de trouver Dieu en soi ; qu’il peut même nous arriver de douter radicalement de cette présence, a fortiori à mesure que nous faisons le constat de notre propre médiocrité. Comment Dieu pourrait-il apparaître animer celui qui se trouve lui-même minable ou détestable ? Comment font-ils pour trouver Dieu à travers eux, ceux qui ne s’aiment pas ? ou qui ont de bonnes raisons de ne pas s’aimer ?

On rejoint ici les paraboles qui nous disent de laisser allumée une lampe. A celui qui a tout éteint ; il n’est plus possible de voir Dieu.

Mais il reste à Dieu le pouvoir de tout rejoindre, de lui-même raviver en nous la lumière de l’amour, parfois par l’intermédiaire d’autrui qui vient nous rejoindre et nous aimer ; quelqu’un qui parvient à nous rouvrir à l’amour … des autres, de Dieu et de nous-même.

Au fond la seule chose qui nous est demandée, c’est de rester attentif à l’amour qui nous rejoint ; rester à l’écoute suffit à maintenir en nous l’espérance. Dans les deux textes, dans l’Évangile et le Deutéronome, chaque fois, les commandements de l’amour sont précédés de cette injonction : « Écoute … »

« Écoute, Israël : le Seigneur notre Dieu est l’unique Seigneur. Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de tout ton esprit et de toute ta force. »

« Écoute, Israël … » Écoute au fond de ton cœur. Ne cesse pas d’écouter – en toi – Dieu qui t’aime.

Tu découvriras alors qu’il te parle ….

Fr. Laurent Mathelot OP

Source : RÉSURGENCE.BE, le 29 octobre 2024

03.11.2024 – HOMÉLIE DU 31ÈME DIMANCHE ORDINAIRE – MARC 12,28b-34

Tu aimeras

Textes bibliques : Lire


Pistes pour l’homélie par l’Abbé Jean Compazieu


Les lectures bibliques de ce dimanche viennent orienter notre vie dans un sens magnifique. Elles nous rappellent la loi d’amour qui doit imprégner la vie de tout homme. C’est le premier de tous les commandements. Nous le trouvons d’abord dans le livre du Deutéronome (1ère lecture) : “Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta force”. Ce texte nous demande de “craindre le Seigneur”. Il ne s’agit pas d’en avoir peur mais de l’aimer et “d’observer tous ses commandements”. Seule cette obéissance fidèle et aimante permet au peuple de bénéficier des promesses de Dieu. Tout au long de la Bible, nous découvrons un Dieu qui fait alliance avec son peuple. Il attend de chacun une réponse libre et aimante.

L’Évangile nous invite à faire un pas de plus : il nous présente un scribe qui pose à Jésus cette question : quel est le premier de tous les commandements ? Cette demande est très importante. Il s’agit de bien repérer le commandement que nous devons suivre avec la plus grande attention, la plus grande générosité et la plus grande fidélité. C’est aussi une question difficile. Dans la Bible, on trouve 613 préceptes. Ils ont été résumés en 10 commandements. Mais celui que Jésus met en avant n’est pas dans la liste des dix. Ces derniers sont principalement des interdictions ; ils posent des limites : “Tu n’auras pas d’autre Dieu que moi… Tu ne commettras pas de meurtre… Tu ne porteras pas de faux témoignage…” ces interdictions sont importantes. En les transgressant, on se met en dehors de l’amour de Dieu.

Mais des commandements négatifs ne peuvent suffire à orienter notre vie de façon positive. Quand on éduque un enfant, on ne lui montre pas seulement ce qui est interdit. On s’efforce de lui montrer un idéal de vie. Pour notre vie chrétienne, c’est la même chose. Il nous est demandé de ne pas tuer, de ne pas voler, de ne pas porter de faux témoignage. Mais tout cela ne peut suffire à constituer un idéal de vie. C’est pour cette raison que Jésus nous ramène vers l’essentiel : “Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de tout ton esprit et de toute ta force. Et voici le second : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Il n’y a pas de commandement plus grands que ceux-là.”

Jésus nous transmet ainsi un message de la plus haute importance. Nous sommes créés pour aimer. Dieu qui est amour, nous a créés pour que nous puissions, nous aussi, aimer et demeurer unis à lui. Nous ne trouverons la vraie joie qu’en aimant. Il ne s’agit pas d’abord de faire beaucoup de choses mais de vivre selon un esprit filial envers Dieu et fraternel envers les autres. En nous faisant le prochain des autres, nous nous approchons de Dieu qui est amour. Mon prochain, c’est celui que je prends le temps d’écouter et de rencontrer. C’est un seul et même amour qui nous attire vers Dieu et vers les autres. Nos capacités à aimer peuvent être blessées, mais le Seigneur est toujours là pour nous remettre sur la bonne voie.

La lettre aux Hébreux (2ème lecture) va dans le même sens. Elle nous montre en Jésus le grand prêtre qui s’est offert à Dieu en sacrifice pour nos péchés. Il nous manifeste ainsi le plus grand amour qui soit possible. Cet amour inimaginable, nous le découvrons dans sa double dimension : envers Dieu et envers le prochain. C’est en nous tournant vers la croix que nous commençons à comprendre ce que veut dire “aimer”. Par sa mort et sa résurrection, Jésus nous a ouvert un passage vers ce monde nouveau qu’il appelle le Royaume de Dieu. Ressuscité et exalté auprès de Dieu, “il vit pour toujours afin d’intercéder en faveur de tous. Médiateur entre Dieu et les hommes, il est totalement dans le monde du divin et celui de l’humain.

Toute la Bible nous fait découvrir un Dieu qui fait alliance avec les hommes. Il est celui qui fait sans cesse le premier pas vers nous. Mais rien ne se passera si nous ne faisons pas le second vers lui. Malheureusement, quand nous regardons autour de nous et en nous, nous voyons bien que Dieu est souvent le grand oublié. On vit facilement sans lui et en dehors de lui. Et quand nous regardons les journaux et la télévision, nous voyons tous les jours des actes de violence. Sur nos routes, des hommes, des femmes et des enfants sont victimes de l’inconscience de certains. D’autres souffrent à cause des guerres, des conflits familiaux, de la faim, de l’exclusion. Le Christ est présent à travers celui qui n’en peut plus d’être harcelé. C’est tous les jours qu’il est jeté à la rue. Nous devons le reconnaître en celui qui meurt de faim, de froid et surtout de manque d’amour.

En ce dimanche, la Parole de Dieu nous interpelle. Elle nous invite à changer notre regard sur Dieu et le prochain. Le Christ veut nous entraîner tous à sa suite. Il veut nous apprendre à voir tous nos frères et sœurs avec le cœur même de Dieu. Alors, ne passons pas une journée sans accomplir au moins un acte de bonté à l’égard de ceux et celles qui nous entourent. C’est cela qui fait la valeur d’une vie. Célébrer l’Eucharistie c’est communier à l’amour du Christ pour le Père et pour chaque être humain. C’est se mettre en disposition d’aimer. En ce jour, nous te prions Seigneur : Envoie ton Esprit qui renouvelle la face de la terre. Amen

Abbé Jean Compazieu

Source : DIMANCHEPROCHAIN.ORG, le 27 octobre 2024

Pourquoi les églises placent-elles Marie à gauche et Joseph à droite ?

Illustration
Église des Congrégations de Porto. © Shutterstock/SMaggi

Pourquoi les églises placent-elles Marie à gauche et Joseph à droite ?

Lorsque l’on entre dans une église catholique, il est courant de voir une statue de la Vierge Marie à gauche de l’autel et une statue de saint Joseph à droite. Ce n’est pas une coïncidence.

Il est vrai qu’il n’y a pas de normes ou de règles spécifiques concernant l’emplacement des statues – la Présentation générale du Missel romain note seulement qu’ « on veillera à ne pas en augmenter le nombre sans discernement et à les disposer dans un ordre convenable, de façon à ne pas détourner l’attention des fidèles de la célébration elle-même. Il ne doit y avoir en général qu’une seule image de chaque saint » (PGMR 318).

Dans le passé, la coutume voulait que la statue du saint patron de la paroisse soit placée au centre de l’église, au-dessus du tabernacle, mais cette tradition a récemment diminué au profit d’un crucifix placé au centre. En ce qui concerne l’emplacement de Marie, elle est généralement placée à gauche, car elle se trouve à la droite de Jésus de « Son point de vue », c’est-à-dire du point de vue de quelqu’un qui regarde depuis le sanctuaire.

Ceci est conforme à la tradition juive qui veut que la reine mère soit assise à la droite du roi. Il est raconté dans 1 Rois : « Bathsheba se rendit auprès du roi Salomon pour lui parler au nom d’Adonijah. Le roi se leva pour aller à sa rencontre et se prosterna devant elle ; puis il s’assit sur son trône et fit apporter un siège pour la mère du roi, qui s’assit à sa droite » (1 Rois 2, 19). Le pape Pie X confirme cette tradition dans Ad Diem Illum Laetissimumen déclarant que « Marie est assise à la droite de son Fils ».

Une autre explication tient au fait que le côté gauche de l’église était connu comme le « côté Évangile » de l’église et que Marie est considérée bibliquement comme la « Nouvelle Ève », avec son rôle central dans l’histoire du Salut.

Dans les églises orientales, une icône de la Mère de Dieu est également placée sur le côté gauche de l’iconostase qui sépare le sanctuaire de la nef de l’église. Un commentaire explique que « la Mère de Dieu tient l’enfant Christ et représente le début de notre salut ».

La présence de saint Joseph sur le côté droit est alors considérée à la lumière du rôle privilégié de Marie. (Il arrive aussi souvent qu’un autre saint soit placé à la place de saint Joseph). Cependant, si une image du Sacré-Cœur est placée du « côté de Marie », la statue de Marie est placée du « côté de Joseph », car elle occupe une position moins importante que son Fils.

À une certaine époque, l’Église avait également pour tradition de séparer les hommes et les femmes à l’intérieur de l’église. C’est sans doute la raison pour laquelle certaines églises ont des saints féminins d’un côté et des saints masculins de l’autre. Ainsi, bien qu’il n’y ait pas de règle absolue, le placement traditionnel gauche-droite a été développé au fil du temps sur la base des textes bibliques et de diverses traditions culturelles.

Philip Kosloski – publié le 16/08/17 – mis à jour le 26/07/24

www.aleteia.org

Lectures de la messe du jour

Prions :
Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort.
Amen.

Source : une minute avec Marie