Il existe un chemin tout simple pour mener à bien cette grande œuvre de notre vie qu’est la prière, c’est le Rosaire.
Le Rosaire peut devenir notre école d’oraison à condition d’accepter de redevenir simples, comme les petits enfants qui ne crânent pas et ne se montent pas la tête ! Le Rosaire est une école mariale. Nous laissons la Vierge Marie nous éduquer à contempler le Seigneur, à garder la Parole au fond de notre cœur, à nous refaire un cœur semblable au sien. Le Rosaire consiste en la répétition par dizaines successives, coupées de doxologies, de la Salutation angélique méditée. Méditée, dis-je, non en elle-même et dans sa littéralité, mais dans tous les mystères qu’elle évoque, parce que la vie de Jésus entière, avec tous ses enseignements, se trouve contenue dans le fait suggéré avec tant de délicate grandeur par cette perle incomparable : l’Ave Maria.
Père Sertillange. La Prière, Paris, Librairie de l’art catholique, 1917
Prions : Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort. Amen.
Saint Denys l’Aréopagite Disciple de saint Paul Évêque d’Athènes (Ier s.)
Martyrologe Romain : commémoraison de saint Denys l’Aréopagite, qui donna son adhésion au Christ après le discours de l’Apôtre saint Paul devant l’Aréopage et fut établi premier évêque des Athéniens.
Denys l’aréopagite fut converti à la foi de J.-C. par l’apôtre saint Paul. On l’appelle aréopagite du quartier de la ville où il habitait. L’aréopage était le quartier de Mars, parce qu’il y avait un temple dédié à ce Dieu. Les Athéniens donnaient aux différentes parties de la ville le nom du dieu qui était honoré; ainsi celle-ci était appelée Aréopage parce que Ares est un des noms de Mars : ainsi le quartier où Pan était adoré se nommait Panopage, et ainsi des autres.. Or, l’Aréopage était le quartier le plus remarquable, puisque c’était celui de la noblesse et des écoles des arts libéraux. C’était donc là que demeurait Denys très grand philosophe, qui, à raison de sa science et de la connaissance parfaite qu’il avait des noms divins, était surnommé Théosophe, ami de Dieu.
Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 10,13-16.
En ce temps-là, Jésus disait : « Malheureuse es-tu, Corazine ! Malheureuse es-tu, Bethsaïde ! Car, si les miracles qui ont eu lieu chez vous avaient eu lieu à Tyr et à Sidon, il y a longtemps que leurs habitants auraient fait pénitence, avec le sac et la cendre. D’ailleurs, Tyr et Sidon seront mieux traitées que vous lors du Jugement. Et toi, Capharnaüm, seras-tu élevée jusqu’au ciel ? Non ! Jusqu’au séjour des morts tu descendras ! Celui qui vous écoute m’écoute ; celui qui vous rejette me rejette ; et celui qui me rejette rejette celui qui m’a envoyé. »
Acclamons et partageons la parole de Dieu !
COMMENTAIRE :
Concile Vatican II
Constitution sur l’Eglise dans le monde de ce temps « Gaudium et Spes / La Joie et l’espérance », §40, 45 (trad. cf bréviaire 28e sam)
« Celui qui vous écoute m’écoute ; celui qui vous rejette me rejette »
Née de l’amour du Père éternel, fondée dans le temps par le Christ Rédempteur, rassemblée dans l’Esprit Saint, l’Église a une fin salvifique et eschatologique qui ne peut être pleinement atteinte que dans le monde à venir. Mais elle est présente dès maintenant sur cette terre, rassemblée du milieu des hommes ; elle se compose de membres de la cité terrestre qui sont appelés à former, déjà au sein de l’histoire humaine, la famille des enfants de Dieu, qui doit croître sans cesse jusqu’à la venue du Seigneur… À la fois « assemblée visible et communauté spirituelle » (LG 8), l’Église fait route avec toute l’humanité et partage le sort terrestre du monde ; elle est comme le ferment et pour ainsi dire l’âme de la société humaine destinée à être renouvelée dans le Christ et transformée en famille de Dieu. Cette compénétration de la cité terrestre et de la cité céleste ne peut être perçue que par la foi ; bien plus, elle demeure le mystère de l’histoire humaine, qui est troublée par le péché jusqu’à la pleine révélation de la gloire des enfants de Dieu (Rm 8,18s). L’Église, en poursuivant sa fin propre, le salut, ne fait pas seulement que l’homme communie à la vie divine. Elle répand aussi sa lumière en la faisant rejaillir d’une certaine façon sur le monde entier, surtout du fait qu’elle rétablit et ennoblit la dignité de la personne humaine, qu’elle fortifie la cohésion de la société humaine, et qu’elle donne à l’activité quotidienne des hommes une orientation et une signification plus profondes. Ainsi, par chacun de ses membres et par toute la communauté qu’elle forme, l’Église croit pouvoir contribuer largement à ce que la famille des hommes et son histoire deviennent plus humaines… L’Église, tandis qu’elle aide le monde et reçoit beaucoup de lui, tend à un seul but : que le Règne de Dieu vienne et que le salut de tout le genre humain s’instaure. Tout le bien que le peuple de Dieu peut communiquer à la famille humaine, au temps de son pèlerinage sur cette terre, découle du fait que l’Église est « le sacrement universel du salut » (LG 48), manifestant et réalisant en même temps le mystère de l’amour de Dieu à l’égard de l’homme.
LECTURES :
Livre de Baruch 1,15-22.
Au Seigneur notre Dieu appartient la justice, mais à nous la honte sur le visage comme on le voit aujourd’hui : honte pour l’homme de Juda et les habitants de Jérusalem, pour nos rois et nos chefs, pour nos prêtres, nos prophètes et nos pères ; oui, nous avons péché contre le Seigneur, nous lui avons désobéi, nous n’avons pas écouté la voix du Seigneur notre Dieu, qui nous disait de suivre les préceptes que le Seigneur nous avait mis sous les yeux. Depuis le jour où le Seigneur a fait sortir nos pères du pays d’Égypte jusqu’à ce jour, nous n’avons pas cessé de désobéir au Seigneur notre Dieu ; dans notre légèreté, nous n’avons pas écouté sa voix. Aussi, comme on le voit aujourd’hui, le malheur s’est attaché à nous, avec la malédiction que le Seigneur avait fait prononcer par son serviteur Moïse, au jour où il a fait sortir nos pères du pays d’Égypte pour nous donner une terre ruisselant de lait et de miel. Nous n’avons pas écouté la voix du Seigneur notre Dieu, à travers toutes les paroles des prophètes qu’il nous envoyait. Chacun de nous, selon la pensée de son cœur mauvais, est allé servir d’autres dieux et faire ce qui est mal aux yeux du Seigneur notre Dieu.
Psaume 79(78),1-2.3-4a.5.8-9acd.
R/ Pour la gloire de ton nom, Seigneur, délivre-nous ! (Ps 78, 9ab)
Dieu, les païens ont envahi ton domaine ; ils ont souillé ton temple sacré et mis Jérusalem en ruines. Ils ont livré les cadavres de tes serviteurs en pâture aux rapaces du ciel et la chair de tes fidèles, aux bêtes de la terre.
Ils ont versé le sang comme l’eau aux alentours de Jérusalem : les morts restaient sans sépulture. Nous sommes la risée des voisins. Combien de temps, Seigneur, durera ta colère et brûlera le feu de ta jalousie ?
Ne retiens pas contre nous les péchés de nos ancêtres : que nous vienne bientôt ta tendresse, car nous sommes à bout de force ! Aide-nous, Dieu notre Sauveur ! Délivre-nous, efface nos fautes, pour la cause de ton nom !
L’actualité nous conduit une fois de plus à interrompre la suite de nos analyses sur le message de Fatima. En effet, le centenaire de la demande de Notre-Dame concernant les premiers samedis du mois approche. Il ne reste plus beaucoup de temps pour implorer le Ciel de nous accorder la grâce de voir le Saint-Père approuver et recommander cette dévotion, comme la Sainte Vierge l’a demandé avec tant d’insistance.
Cérémonies du centenaire
Voici tout d’abord quelques points d’actualité. Le nombre des cérémonies organisées dans les grands sanctuaires mariaux par le Jubilé 2025 des premiers samedis du mois de Fatima continue à augmenter petit à petit. En France, des cérémonies ont désormais été organisées dans les principaux sanctuaires mariaux : Rue du Bac, Lourdes, Le Puy en Velay, La Salette. À l’étranger, elles ont eu lieu dans les sanctuaires de Notre-Dame de Lorette en Italie, Notre-Dame de Guadalupe aux États-Unis et Notre-Dame de la Paix au Burundi.
Pour le premier samedi du mois d’octobre (dans deux jours), quatre cérémonies sont prévues : à Notre-Dame de Paris (voir affiche ci-contre), au monastère du Bessillon sur la commune de Cotignac à l’occasion du pèlerinage de Nosto Fe, en Allemagne (Bettburn) et en Suisse (Fribourg).
En union avec le pèlerinage de Bettrunn, le premier samedi sera également réalisé à Fribourg dans la basilique Notre Dame. Dans cette basilique, le premier samedi est déjà réalisé tous les mois depuis de nombreuses années, mais en ce mois d’octobre 2025 il s’intègre plus particulièrement au Jubilé des 100 ans des 1ers samedis.
Au mois de novembre, le nombre augmentera encore : des cérémonies sont prévues en Espagne (Saragosse, Madrid, Séville), au Mexique (Mexico : Notre-Dame de Guadalupe), en Amérique du Sud (Colombie, Argentine, Pérou, Honduras, …). En décembre une dernière cérémonie est prévue à Fatima avant la cérémonie prévue pour le centenaire, à Rome le 10 décembre, dans la basilique Sainte Marie Majeure.
Nous encourageons vivement ceux qui habitent en région parisienne à participer à la cérémonie organisée à la cathédrale de Notre-Dame de Paris samedi à partir de 10h45. Il faut tout faire pour que la cathédrale qui vient d’être entièrement rénovée, soit pleine. N’hésitez pas à faire circuler l’information autour de vous.
Malgré l’augmentation du nombre de cérémonies, les premiers samedis du mois restent une dévotion encore peu connue. Peu de conférences épiscopales ont adhéré à la démarche proposée par le Jubilé 2025 des premiers samedis de Fatima. À notre connaissance, seule celle du Burundi y a répondu. Le silence de celle de la fille aînée de l’Église, « éducatrice des peuples », est bien douloureux. Mais gardons espoir : il reste encore deux mois d’ici le 10 décembre. Si un lecteur de cette lettre connaissait le président ou un membre de la CEF, il serait pertinent de lui faire parvenir le petit document sur le centenaire en pièce jointe de la lettre de liaison n° 176.
Action auprès du Saint-Père
Par ailleurs, les actions pour obtenir du Saint-Père qu’il approuve et recommande la dévotion réparatrice au plus tard le 10 décembre prochain, se poursuivent. La discrétion exigée pour une telle entreprise ne nous permet pas de vous en dire beaucoup plus pour le moment. Sachez simplement que deux cardinaux ont pu voir le Saint-Père récemment et, parmi les sujets abordés avec lui, il y avait cette question. L’information est passée sur le site National Catholic Register. Le Saint-Père sait donc que le centenaire approche ; et les cardinaux ont pu lui expliquer pourquoi il est si important qu’il approuve et recommande cette dévotion au plus tard le 10 décembre prochain.
Il est important de connaître la lettre de présentation, dans laquelle le cardinal résume l’histoire de la demande de Notre-Dame, son but, ses fruits et les conséquences qui en résulteront si on ne fait rien. Même si les lecteurs habituels de la lettre de liaison de Cap Fatima n’y apprendront peut-être pas grand-chose, il faut la lire, car elle expose la position d’une haute autorité de l’Église sur cette question. Et pour vraiment vous inciter à la lire, elle est reproduite ci-après. Nous nous permettons d’ajouter deux remarques :
Dans la prière proposée par le cardinal, il est demandé : « Aidez-moi aussi à transmettre à d’autres votre message au sujet de la dévotion réparatrice des premiers samedis.» Une action facile pour que cette prière ne reste pas lettre morte, est de transmettre cette lettre aux amis dont vous avez l’adresse mail.
Peu après la mort de sœur Lucie, Carlo Acutis, canonisé le 7 septembre dernier, eut un songe au cours duquel il entendit la carmélite lui dire : « Les premiers samedis du mois pourraient changer la destinée du monde.» Cette canonisation peu avant le centenaire de la demande oubliée de Notre-Dame, n’est-elle pas un rappel discret pour nous dire que la Sainte Vierge attend toujours la reconnaissance officielle par le pape de la communion réparatrice des premiers samedis du mois et donc qu’elle attend de nous que nous fassions connaître sa demande ?
Chapelet pour la paix du 11 octobre
Le Saint-Père a demandé que, pendant ce mois d’octobre, nous récitions notre chapelet pour la paix, en particulier le 11 octobre prochain à 18h. Voici le communiqué paru sur le site du Vatican :
… ce mercredi 24 septembre, le Pape a invité, chacun, personnellement, en famille ou en communauté à « réciter le chapelet pour la paix tous les jours du mois prochain ». Dans cette optique, Léon XIV appelle les fidèles catholiques à être présents sur la place Saint-Pierre, particulièrement, samedi 11 octobre à 18 heures.
Le Saint-Père avait déjà demandé une journée de jeune et de prière pour la paix le 22 août, fête du Cœur Immaculé de Marie. Ayons à cœur de répondre à cet appel du Saint-Père.
Ainsi, nous avons un rôle important à jouer : nous devons faire tout ce que nous pouvons dans les deux mois qui nous séparent du 10 décembre pour répondre, à notre niveau, aux demandes de Notre-Dame. Voici, plus concrètement ce que nous pouvons faire :
ne jamais oublier de faire notre communion réparatrice le premier samedi du mois, en particulier les trois prochains : 4 octobre, 1er novembre et 6 décembre ;
faire connaître cette dévotion autour de nous. Pour cela, plusieurs moyens sont à notre disposition : retransmettre cette lettre de liaison ou la lettre du cardinal Burke ; distribuer le tract en pièce jointe ; éventuellement, distribuer le document mentionné précédemment sur les premiers samedis du mois ;
prier avec ferveur, plus particulièrement à partir du 8 octobre, pour que le Saint-Esprit inspire au Saint-Père d’approuver et recommander la dévotion réparatrice des premiers samedis du mois ;
offrir notre chapelet quotidien pour la paix dans le monde, tout particulièrement le 11 octobre avec le Saint-Père.
Quoi que nous fassions, continuons à prier avec la foi du centurion de Capharnaüm, avec l’humilité du publicain de la parabole du pharisien et du publicain, et avec la persévérance de l’aveugle de Jéricho.
En union de prière dans le Cœur Immaculé de Marie Yves de Lassus
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Lettre du cardinal Burke
Lettre d’annonce des Neuf Semaines de Prière préparatoires au Centenaire de l’Apparition de l’Enfant-Jésus et de sa Bienheureuse Mère toujours Vierge à la Vénérable Servante de Dieu Sœur Lucie dos Santos du 8 octobre au 10 décembre 2025
Chers frères et sœurs dans le Christ,
Le 10 décembre 1925, la Bienheureuse Vierge Marie, Notre-Dame de Fatima, avec à son côté l’Enfant-Jésus reposant sur une nuée lumineuse, est apparue à la vénérable servante de Dieu Lucie dos Santos, la dernière survivante des petits bergers de Fatima, qui était à l’époque postulante chez les sœurs de Sainte Dorothée à Pontevedra, en Espagne. Au cours de l’apparition, Notre-Dame posa la main sur l’épaule de Lucie tandis qu’elle lui montrait, de l’autre main, son Cœur immaculé entouré d’épines. L’Enfant-Jésus s’adressa alors à Lucie par ces mots : « Aie compassion du cœur de ta Très Sainte Mère, entouré des épines que les hommes ingrats lui enfoncent à tout moment, sans que personne ne fasse un acte de réparation pour les en retirer. »[1]
Après ces mots de l’Enfant-Jésus, Notre-Dame parla à son tour :
Regarde, ma fille, mon Cœur entouré d’épines que les hommes ingrats y enfoncent à chaque instant par leurs blasphèmes et leurs ingratitudes. Toi, au moins, tâche de me consoler et dis qu’à tous ceux qui, pendant cinq mois, le premier samedi, se confesseront, recevront la sainte Communion, réciteront un chapelet, et me tiendront compagnie pendant quinze minutes en méditant les mystères du Rosaire, en esprit de réparation, je promets de les assister à l’heure de la mort avec toutes les grâces nécessaires pour le salut de leur âme.[2]
Ces paroles de Notre-Dame faisaient référence à la deuxième partie du secret ou du message de Fatima révélé aux petits bergers de Fatima – les saints Francisco († 4 avril 1919) et Jacinta († 20 février 1920) Marto, et la vénérable servante de Dieu Lucia dos Santos († 13 février 2005) – le 13 juillet 1917, lors de la troisième de ses six apparitions entre mai et octobre de cette année-là.
À la fin de l’apparition du 13 juillet, Notre-Dame montra aux trois petits bergers une vision de l’enfer dont on conçoit qu’elle les ait terrifiés, et leur dit ces paroles :
Vous avez vu l’enfer où vont les âmes des pauvres pécheurs. Afin de les sauver, Dieu veut établir dans le monde la dévotion à mon Cœur Immaculé. Si vous faites ce que je vous dis, beaucoup d’âmes seront sauvées et vous aurez la paix. La guerre va se terminer. Mais, si on ne cesse d’offenser Dieu, sous le règne de Pie XI, il en commencera une autre pire encore. Lorsque vous verrez une nuit éclairée par une lumière inconnue, sachez que c’est le grand signe que Dieu vous donne, qu’Il va punir le monde de ses crimes, par le moyen de la guerre, de la famine et de persécutions contre l’Église et le Saint-Père.[3]
La vision de l’enfer est la première partie du Secret ou du Message.
Notre-Dame a enseigné aux petits bergers que la dévotion envers son Cœur Douloureux et Immaculé est une dévotion de réparation pour les péchés si nombreux et si graves qui offensent le Cœur Sacré de son Divin Fils, Jésus, et qui, par conséquent, offensent son propre Cœur, parfaitement uni au Cœur Sacré de son Fils. La réparation faite au Cœur Sacré de Jésus et au Cœur Douloureux et Immaculé de Marie pour les graves offenses causées par les péchés des hommes sauve ainsi des âmes de la mort éternelle et apporte la paix au monde.
Notre-Dame a alors révélé la demande que faisait Notre-Seigneur par l’intermédiaire de son apparition. Elle déclara, évoquant la guerre :
Afin de l’empêcher, Je viendrai demander la consécration de la Russie à mon Cœur Immaculé et la communion réparatrice des premiers samedis. Si l’on répond à mes demandes, la Russie se convertira et on aura la paix. Sinon, elle répandra ses erreurs à travers le monde, provoquant des guerres et des persécutions contre l’Église. Les bons seront martyrisés, le Saint-Père aura beaucoup à souffrir, plusieurs nations seront anéanties.[4]
Tout en soulignant les grandes souffrances qu’entraînerait le refus de se consacrer à son Cœur Douloureux et Immaculé, Notre-Dame a également prononcé des paroles d’espérance :
À la fin, mon Cœur Immaculé triomphera. Le Saint-Père me consacrera la Russie qui se convertira, et un certain temps de paix sera accordé au monde. Au Portugal se conservera toujours le dogme de la foi, etc.[5]
Les paroles de Notre-Dame concernant la dévotion à son Cœur Douloureux et Immaculé constituent la deuxième partie du secret ou du message.
À propos de la dévotion des premiers samedis, la vénérable servante de Dieu Lucie eut une deuxième vision de l’Enfant-Jésus le 15 février 1926, environ deux mois seulement après la vision du 10 décembre 1925. Lors de cette vision, quand la vénérable servante de Dieu dit à l’Enfant-Jésus que son confesseur avait déclaré que la dévotion des premiers samedis ne manquait dans le monde, Jésus répondit :
C’est vrai, ma fille, que beaucoup d’âmes commencent, mais peu vont jusqu’au bout et ceux qui le font, c’est dans le but de recevoir les grâces qui sont promises à ce sujet ; et il m’est plus agréable qu’on en fasse cinq avec ferveur et dans le but de soulager le Cœur de ta Mère du ciel plutôt que d’en faire quinze tièdes et indifférents.[6]
La substance de cette dévotion est clairement exprimée à la fois dans les apparitions du 10 décembre 1925 et du 15 février 1926 : premièrement, une profonde prise de conscience de la manière dont le péché offense Notre-Seigneur et sa Mère Immaculée ; deuxièmement, un cœur humble et contrit, soucieux de réparer les péchés commis ainsi que l’offense qu’ils causent à Notre-Seigneur et à sa Mère immaculée ; et troisièmement, la confiance en la promesse qui accompagne cette dévotion, à savoir la promesse de Notre-Dame d’assister à l’heure de la mort, avec toutes les grâces nécessaires au salut, ceux qui observent les premiers samedis dans un véritable esprit de repentance et avec le désir de faire réparation. Cette dévotion n’est pas un acte isolé : elle exprime un mode de vie, à savoir la conversion quotidienne du cœur au Cœur Sacré de Jésus, sous la conduite et la protection maternelles du Cœur Immaculé et Douloureux de Marie, pour la gloire de Dieu et le salut des âmes.
En insistant sur la dévotion des premiers samedis, Notre-Dame exprime merveilleusement son indéfectible amour maternel. Tout comme elle est apparue sur le Tepeyac en 1531 pour amener ses enfants à Notre-Seigneur et ainsi les libérer de l’esclavage de Satan et du péché mortel, elle est apparue à Fatima aux trois petits bergers et à Pontevedra à la vénérable servante de Dieu Lucie dos Santos pour montrer à ses enfants le chemin de la liberté face à la rébellion contre Dieu, qui constitue un péché grave dont le fruit est la mort éternelle. À Pontevedra, Notre-Seigneur lui-même, l’Enfant-Jésus, apparut pour confirmer la dévotion des premiers samedis comme moyen efficace de la réparation des péchés et de la conversion du cœur à son Sacré-Cœur par le Cœur Douloureux et Immaculé de sa Mère toujours Vierge.
Alors que nous nous préparons à célébrer, le 10 décembre prochain, le centenaire de l’apparition de l’Enfant-Jésus et de sa Divine Mère à la vénérable servante de Dieu, sœur Lucie dos Santos, nous avons profondément conscience de la grande nécessité de faire réparation pour les péchés qui offensent le Cœur Sacré de Jésus et le Cœur Douloureux et Immaculé de sa Mère, la Bienheureuse Vierge Marie. Au même moment, nous avons profondément conscience de la manière dont ces mêmes péchés perturbent gravement l’ordre de la vie en société, entraînant des conflits civils au sein des nations et des guerres entre les nations, ainsi que des agressions violentes contre la vie humaine, le mariage et la famille, et encore contre la liberté de pratiquer la religion dans de nombreux pays. Les agents de l’idéologie intrinsèquement perverse du communisme athée continuent de répandre ses mensonges empoisonnés, dont les fruits sont la destruction et la mort.
En vue de préparer la célébration du centenaire, je vous invite à vous unir à moi pour neuf semaines de prière, qui commenceront le 8 octobre prochain pour s’achever le 10 décembre prochain, jour du 100′ anniversaire de l’apparition à Pontevedra. Au cours de ces neuf semaines, je vous invite à prier pour obtenir la grâce d’un regret sincère des péchés commis, et celle de l’investissement de tout cœur dans les actes de réparation de la dévotion des premiers samedis, qui consiste à confesser sacramentellement nos péchés, à recevoir dignement la sainte communion, à réciter un Chapelet et à unir nos cœurs au Cœur Douloureux et Immaculé de Marie par la méditation, pendant quinze minutes, sur les mystères du Rosaire, avec l’intention de faire réparation à la Sainte Vierge Marie, par chacun d’entre nous, dans nos familles et dans nos paroisses, et dans toute l’Église universelle. Si ce n’est déjà fait, je vous invite à vous engager, dès les premiers samedis des mois de novembre et décembre à venir, dans la pratique sincère de la dévotion des premiers samedis de réparation. Ayez confiance en la promesse de Notre Dame de Fatima : le fruit de votre dévotion, par la grâce de Dieu, sera le salut de nombreuses âmes et la paix dans le monde entier.
Que Notre Seigneur, par l’intercession de Notre Dame de Fatima, nous accorde, pendant ces neuf semaines de prière, le don abondant de la grâce divine, et un amour qui inspire la volonté de pratiquer la dévotion des premiers samedis en réparation des offenses que nos péchés infligent à son Sacré Cœur et au Cœur Immaculé et Douloureux de sa Mère toujours Vierge. Engageons-nous à pratiquer la dévotion des premiers samedis et à suivre le mode de vie, la voie de l’amour divin, qu’elle exprime : la conversion quotidienne des cœurs au Cœur Sacré du Christ, sous la conduite et la protection maternelles du Cœur Douloureux et Immaculé de Marie, pour la gloire de Dieu et le salut des âmes. Soyons-en sûrs : par la confession de nos péchés et la digne réception de la sainte communion – la communion très parfaite de nos cœurs avec le Cœur eucharistique de Jésus –, et par la méditation des mystères du Saint Rosaire, qui sont les mystères de notre communion avec le Seigneur – le Mystère de la Foi – dans l’Église, nous serons purifiés du péché et confirmés dans la grâce pour être ses fidèles « coopérateurs de la vérité » (Cf. 3 Jn 8) pour le salut du monde.
Tout à vous dans le Sacré Cœur de Jésus, dans le Cœur Immaculé de Marie, et dans le Cœur très pur de Saint Joseph,
Raymond Leo Cardinal BURKE 8 septembre 2025 Fête de la Nativité de la Bienheureuse Vierge Marie
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Prière proposée
Prière quotidienne de préparation en vue du centenaire de l’apparition de l’Enfant-Jésus et de sa Mère, la Bienheureuse Marie toujours Vierge, à la vénérable servante de Dieu Lucie dos Santos du 8 octobre au 10 décembre 2025
Ô Vierge Mère de Dieu, ma Mère très chérie, Notre Dame de Fatima et du Très Saint Rosaire, je contemple votre Cœur Douloureux et Immaculé, transpercé par tant d’épines à cause de l’ingratitude et des graves péchés de vos enfants. Je regrette profondément et à jamais la façon dont mes péchés ont offensé votre Divin Fils ainsi que vous-même, sa Mère sans péché. Le cœur humble et contrit, je voudrais réparer les offenses – grandes et petites – faites à votre Cœur par les péchés de vos enfants.
Par l’effet de votre amour maternel, vous m’avez appris à travers votre fille, la vénérable servante de Dieu Lucie dos Santos, comment faire réparation pour les péchés au moyen de la dévotion des premiers samedis. À l’occasion du 100eanniversaire de votre apparition avec l’Enfant-Jésus à la vénérable servante de Dieu, le 10 décembre 1925, je vous promets d’observer le premier samedi du mois en faisant, de tout cœur, réparation pour les péchés, par la confession sacramentelle de mes péchés, en recevant dignement la Sainte Communion, par la récitation du Chapelet, et en restant en votre compagnie pendant quinze minutes tout en méditant sur les mystères du Rosaire. Je vous prie d’intercéder pour moi afin que ma pratique de la dévotion des premiers samedis puisse servir au salut de nombreuses âmes et à la paix dans le monde.
Aidez-moi aussi à transmettre à d’autres votre message au sujet de la dévotion réparatrice des premiers samedis. Puisse l’Église à travers le monde entier, par obéissance envers votre conseil maternel, vous offrir cet acte d’amour, issu de cœurs humbles et contrits, en réparation sincère des péchés commis. Je donne entièrement mon cœur à votre Cœur Douloureux et Immaculé et, avec vous, je repose mon cœur pour toujours dans le Très Saint Cœur de Jésus. De tout mon cœur, j’offre cette prière à Celui qui, seul, est mon salut.
Amen.
Raymond Leo Cardinal BURKE Le 8 septembre 2025 Fête de la Nativité de la Bienheureuse Vierge Marie
[1] “… tem pena do Coração da Tua Mãe Santíssima, que está coberto de espinhos que os homens ingratos a todos os momentos Lhe cravam, sem haver quem faça um ato de reparação para os tirar.” Carmelo de Coimbra, Um caminho sob o olhar de Maria. Biografia da Irmã Maria Lúcia de Jesus e do Coração Imaculado (Marco de Canaveses: Edições Carmelo, 2013), p. 168. [Ci-après, Carmelo]. Traduction française : Carmel de Coimbra, Un chemin sous le regard de Marie, Biographie de Sœur Lucie de Fatima (Sœur Lucie de Jésus et du Cœur Immaculé), O.C.D., traduit du portugais par le Père Michel Mallet (Éditions du Parvis, 1648 Hauteville / Suisse), p. 199. [Ci-après, CarmeloFr].
[2] “Olha minha filha, o Meu Coração cercado de espinhos, que os homens ingratos a todos os momentos me cravam com blasfémias e ingratidões. Tu ao menos procura consolar-me e diz a todos aqueles que durante cinco meses, no primeiro sábado, se confessarem, recebendo a Sagrada Comunhão, rezando um terço e me fizerem quinze minutos de companhia, meditando nos mistérios do Rosário, com o fim de me desagravarem, que eu prometo assistir-lhes na hora da morte com todas as graças necessárias para a salvação das suas almas.” Carmelo, p. 168. Traduction française : CarmeloFr, pp. 199-200.
[3] “Vistes o inferno, para onde vão as almas dos pobres pecadores; para as salvar, Deus quer estabelecer no mundo a devoção a Meu Imaculado Coração. Se fizerem o que Eu vos disser, salvar-se-ão muitas almas e terão paz. A guerra vai acabar. Mas, se não deixarem de ofender a Deus, no reinado de Pio XI começará outra pior. Quando virdes uma noite alumiada por uma luz desconhecida, sabei que é o grande sinal que Deus vos dá de que vai a punir o mundo de seus crimes, por meio da guerra, da fome e de perseguições à Igreja e ao Santo Padre.” Carmelo, p. 63. Traduction française : CarmeloFr, p. 73.
[4] “Para a impedir, virei pedir a consagração da Rússia a Meu Imaculado Coração e a Comunhão reparadora nos primeiros sábados. Se atenderem a Meus pedidos, a Rússia se converterá e terão paz; se não, espalhará seus erros pelo mundo, promovendo guerras e perseguições à Igreja. Os bons serão martirizados, o Santo Padre terá muito que sofrer, várias nações serão aniquiladas.” Carmelo, p. 63. Traduction française : CarmeloFr, pp. 73-74.
[5] “Por fim, o Meu Imaculado Coração triunfará. O Santo Padre consagrar-Me-á a Rússia que se converterá e será concedido ao mundo algum tempo de paz. Em Portugal se conservará sempre o dogma da Fé, etc.” Carmelo, p. 64. Traduction française : CarmeloFr, p. 74.
[6] “É verdade, minha filha, que muitas almas os começam, mas poucas os acabam e as que os terminam é com o fim de receberem as graças que aí estão prometidas; e me agradam mais as que fizerem os 5 com fervor e com o fim de desgravar o Coração da Tua Mãe do Céu, que as que fizerem os 15, tíbios e indiferentes.” Carmelo, p. 171. Traduction française : CarmeloFr, p. 203.
Croyez-vous en l’incroyable ? Croyez-vous que soit possible ce que vous pensez impossible ? Sinon, je vous conseille plutôt de suivre un bon cours de sciences, que de venir prier un Dieu que vous n’avez jamais vu ailleurs que dans la foi.
Croyez-vous en l’incroyable ? Voilà ce que dit le texte : « Si vous avez de la foi comme une graine de moutarde, demandez à un arbre d’aller se jeter dans la mer. Il ira ! » C’est précisément parce que ce nous semble impossible que Jésus choisit cette image. Ailleurs, dans Marc, dans Matthieu, c’est une montagne que notre foi est invitée à déplacer. « Amen, je vous le dis : quiconque dira à cette montagne : “Enlève-toi de là, et va te jeter dans la mer”, s’il ne doute pas dans son cœur, mais s’il croit que ce qu’il dit arrivera, cela lui sera accordé ! » (Marc 11:33). « S’il ne doute pas dans son cœur » … Avez-vous la foi ? Croyez-vous, dans votre cœur, à l’impossible ?
C’est facile de croire aux possibles. Pour tout ce qui est à portée de notre connaissance, tout ce qui est à portée de notre main, à notre mesure, pour les situations que nous pouvons évaluer, y compris dans notre cœur, il n’y a pas besoin de beaucoup de foi pour les espérer. « Dieu, fais que que je réussisse mon examen » ; « Dieu, donne-moi de rencontrer l’amour » ; « Dieu, rends-moi plus attentif à mon prochain ».
C’est déjà moins facile de croire en ce dont nous désespérons : « Guéris-moi de mon cancer, … de ma dépression, … de mon mauvais penchant ». C’est encore plus difficile de croire à l’incompréhensible … « Pourquoi y a-t-il tant de maux si Dieu nous aime ? » ; « Pourquoi de jeunes enfants, de jeunes parents meurent-ils ? »
Mais croyez-vous en l’impossible ? Croyez-vous en un amour sans haine, sans dispute, sans aucune trace de méchanceté ? Croyez-vous qu’il puisse exister entre vous et ceux qui vous entourent un amour idéal ? Croyez-vous que toutes les souffrances ont un sens, qu’elles sont toutes des lieux d’amour ? Croyez-vous en un amour parfait ?
Croyez-vous que cette puissance infinie d’aimer, qui veut tout rejoindre – le bien comme le mal – existe vraiment, qu’elle vous parle, qu’elle veut vivre à travers-vous, jusqu’à prendre toute la place ? Croyez-vous que l’amour de Dieu puisse pleinement vivre en vous ?
Croyez-vous que vous vivrez éternellement ? Croyez-vous avoir une valeur infinie aux yeux de Dieu ? Croyez-vous être fondamentalement aimés pour ce que vous êtes ? Croyez-vous aux guérisons inexpliquées, par amour ? Croyez-vous que Dieu s’intéresse à vous personnellement et qu’il exauce vos prières ? Croyez-vous que, pour vous aussi, Dieu fait des miracles ? Aimez-vous vos ennemis ? Dites-vous du bien de ceux qui vous persécutent ? Pensez-vous pouvoir pardonner à ceux qui vous crucifient ? Croyez-vous personnellement en l’impossible ?
Si notre foi ne recouvre rien d’impossible, si elle se cantonne au domaine du raisonnable, elle n’est pas vraiment la foi. Il n’est pas raisonnable d’espérer un amour sans dispute. Il n’est pas raisonnable d’espérer guérir de tous nos maux. Il n’est pas raisonnable de croire que les corps ressuscitent. Il n’est pas raisonnable de croire en Dieu.
Si vous êtes d’un rationalisme pur, il n’est pas possible de croire en l’impossible. C’est même essentiellement illogique. Le rationalisme pur, pour qui la religion n’est au mieux qu’image, au pire imaginaire, ne peut croire en Dieu, qui est proprement au-delà de toute mesure, au-delà de toute imagination, et donc au-delà de notre compréhension. Le rationalisme pur, qui ne voit la religion que comme une projection de l’esprit et non la présence réelle de Dieu en nous, ne peut rien envisager d’invisible, de surnaturel, d’au-delà de tout, de proprement inimaginable.
Il y avait plus que croire en l’impossible, dans les lectures d’aujourd’hui. Il y avait aussi croire en un Dieu qui ne répond pas. « Combien de temps, Seigneur, vais-je appeler, sans que tu entendes ? crier vers toi : « Violence ! », sans que tu sauves ? » supplie le prophète Habacuc. Jésus répond par une parabole.
Classiquement, le maître c’est Dieu ; le serviteur c’est nous. Quel serviteur donc s’attend à ce que son maître lui serve à manger dès qu’il rentre des champs ? Autrement dit, voyons-nous la prière comme Dieu devant se mettre à notre service ? Dieu finalement, sert-il, à contenter nos espérances ? à répondre à nos demandes ? à satisfaire nos exigences ?
Il y a des moments où la foi semble facile – quand tout va bien et que la vie nous sourit – et d’autres où la foi est plus difficile, voire impossible – quand Dieu ne répond pas, ou semble absent, ou nous avoir abandonnés.
Face aux événements tragiques de la vie, comment parfois ne pas désespérer de Dieu ? Je crois qu’il est présomptueux, même si on ressent une foi capable de transporter les montagnes, de la croire à toute épreuve.
Gardons à l’esprit ces deux limites, que rationnellement nous avons tous : d’une part, celle de l’impossible que je n’ose espérer et qui pourtant agit en moi et, d’autre part, celle du tragique de la vie humaine qui entame ma confiance en l’incarnation de Dieu qui, pourtant encore, au-delà de mon désespoir, me soutient.
Au delà des limites de notre foi, c’est la peur. D’un coté, la peur du néant amoureux, du vide, du désespoir ; de l’autre, la peur de se donner à un amour trop intense, trop inespéré, trop inouï. « Ce n’est pas un esprit de peur que Dieu nous a donné, mais un esprit de force, d’amour et de pondération » dit saint Paul à Timothée.
Le croyant est celui qui n’a pas peur de croire que l’incroyable arrive, que l’amour impossible est possible et que même la mort n’arrête pas la vie.
N’ayons pas peur d’aimer au-delà des limites du raisonnable. Et Dieu. Et l’Humanité.
Le silence de Dieu est difficilement compréhensible quand nous sommes dans les épreuves. Garder sa confiance, sans comprendre, c’est là qu’est la fidélité. C’est à cela que nous invitent les lectures de ce dimanche, pour nous ouvrir à la confiance en Dieu, à son amour, quelles que soient les circonstances, pour continuer de répondre « moi aussi » au « je t’aime » de Dieu. C’est cela la foi, une confiance absolue et radicale. Cela est bien différent d’une confiance « naïve » où la raison est absente.
Les lectures bibliques de ce dimanche sont un appel à la foi et à la confiance. Le prophète Habacuc (1ère lecture) lance vers le Seigneur un cri de révolte : “Combien de temps vais-je t’appeler au secours et tu n’entends pas, crier contre la violence et tu ne réponds pas ?” la violence qu’il dénonce c’est celle de l’ennemi du moment, c’est celle des chaldéens, c’est l’Ukraine d’aujourd’hui ; c’est celle de tous les pays en guerre. Depuis que le monde est monde, les mêmes horreurs se répètent. Alors Habacuc demande des comptes à Dieu : Pourquoi permet-il le triomphe de la force injuste ? A quoi bon appeler au secours face à tous les crimes et toutes les violences qui nous accablent ?
Mais Habacuc ne perd pas confiance. Il se met en attitude de guetteur “de ce que dira le Seigneur”. Il est assuré que l’aube viendra. En même temps, il comprend que son intervention est un peu osée : ayant demandé des comptes à Dieu, il s’attend à être rappelé à l’ordre. Mais Habacuc ne se fait pas rappeler à l’ordre. Dieu ne lui fait aucun reproche. Il l’invite (et il nous invite) à la patience et à la confiance. Les heures de victoire de l’ennemi ne dureront pas toujours. Le mal n’aura pas le dernier mot. Le juste sortira vainqueur s’il se cramponne fidèlement au Seigneur.
C’est important pour nous aujourd’hui. Ce cri d’Habacuc est celui de millions de chrétiens qui sont persécutés à cause de leur foi. Les violences, les pillages, les vexations en tous genres sont toujours d’actualité. Dans certains pays, par exemple en Corée du Nord, mais aussi ailleurs, il est interdit d’être chrétien. Si on en trouve, ils sont exécutés ou envoyés en captivité. Mais cela ne les empêche pas de faire preuve d’une foi et d’un courage extraordinaire.
C’est précisément ce qui se passe pour l’apôtre Paul ; quand il écrit sa lettre au jeune Timothée (2ème lecture), il est en prison à Rome. C’est peu de temps avant son exécution. Il dit lui-même qu’il est enchaîné comme un malfaiteur. Et il demande à Timothée de ne pas rougir de lui comme d’autres l’ont fait. Il sait très bien qu’il n’en a plus pour très longtemps. Timothée va devoir prendre la relève et Paul lui fait des recommandations : “Ce n’est pas un esprit de peur que Dieu nous a donné, dit-il, mais un esprit de force, d’amour et de raison”. Timothée doit “réveiller en lui le don de Dieu”. Cela nous rappelle que des dons peuvent dormir en nous. C’est chaque jour que nous devons raviver et ranimer la flamme.
Ce n’est pas en nous qu’il faut chercher la force dont nous avons besoin. C’est auprès de Dieu que nous la puisons. Cette force qu’il met en chacun de ses disciples lui permet de tenir ferme en période de persécution. Aujourd’hui plus que jamais, nous devons penser à tous ceux et celles qui sont persécutés à cause de leur foi au Christ. Ils ont compris qu’ils ne doivent pas avoir honte de rendre témoignage au Seigneur. La honte affecte ceux dont la foi est faible. Ceux qui sont solidement enracinés en elle sont remplis de courage pour rendre témoignage au Seigneur Jésus. Ces martyrs comptent sur nous pour sortir de notre passivité. La foi doit se réveiller et pénétrer toute notre vie.
L’Évangile nous rapporte la demande des apôtres à Jésus : “Augmente notre foi !” Cette prière est aussi la nôtre quand nous prenons conscience de notre faiblesse et de notre impuissance. Nous croyons parfois que si nous étions plus riches en foi, nous serions plus efficaces. Mais Jésus nous fait comprendre qu’il ne s’agit pas d’évaluer notre foi. Le plus important c’est de compter sur la puissance de Dieu. C’est lui qui agit, ce n’est pas notre foi, petite ou grande. L’image de la petite graine est très parlante. Il n’est pas besoin d’avoir une grande foi. Rien qu’une toute petite graine suffit pour réaliser pour réaliser des choses apparemment impossibles. Car il faut bien comprendre que rien n’est impossible à Dieu. Nous ne devons jamais oublier qu’impossible “n’est pas chrétien”. Rien ne doit nous décourager.
De plus, Jésus nous rappelle une chose importante : il nous dit que nous ne sommes “que des serviteurs”. Cela signifie que nous sommes au service d’une mission qui nous dépasse ; nous ne sommes que des subalternes. C’est heureux car nous n’avons pas les reins assez solides pour porter la responsabilité du Royaume de Dieu ; cette responsabilité ne repose pas sur nous mais sur l’Esprit Saint qui nous précède dans le cœur de ceux qu’il met sur notre route.
Accueillons cet enseignement qui nous vient de la Parole de Dieu : Oui, donne-nous, Seigneur, de vivre et de progresser dans la foi et l’humilité. Donne-nous amplement “l’Esprit qui poursuit son œuvre dans le monde et qui achève toute sanctification” (Prière Eucharistique 4). Amen