16.04.2025 – SAINT DU JOUR

Saint Benoît-Joseph Labre
Pèlerin, mendiant 
(1748-1783)

Benoît-Joseph Labre naquit à Amettes, diocèse d’Arras, en 1748 et fut l’aîné d’une famille de quinze enfants. Âgé de douze ans, il fut reçu chez son oncle paternel, curé d’Érin, pour faire ses études en vue du sacerdoce. 

Après la mort de son oncle, Benoît-Joseph passa chez son oncle maternel, vicaire de Conteville, où il ne fit que grandir dans la mortification et la prière. Son attrait était toujours vers le Saint-Sacrement devant lequel il s’abîmait des heures entières en contemplation. 

Il y avait longtemps que Benoît-Joseph aspirait à une vie plus parfaite : « Être prêtre est bien beau, disait-il ; mais j’ai peur de me perdre en sauvant les autres. » 

Il finit par vaincre les résistances de ses parents et entre chez les Chartreux, espérant y trouver sa voie définitive. Il se trompait, car la Providence permet qu’il soit bientôt renvoyé par ses supérieurs, comme n’ayant pas la vocation de cet Ordre. La pensée de la Trappe, qu’il avait eue d’abord, lui revient ; on ne l’y accepte pas. 

Ballotté de nouveau entre la Chartreuse et la Trappe, il est forcé de s’adresser enfin à Sept-Fons, où ses scrupules, ses peines d’esprit et une maladie sérieuse donnent bientôt lieu à son renvoi. 

Toute sa réponse à tant d’épreuves était : « Que la Volonté de Dieu soit faite ! » C’est alors que Dieu lui inspire cette vocation de pèlerin-mendiant qui devait le mener droit, par les chemins les plus ardus de la pénitence, à une éminente sainteté. 

Il n’aura plus de relations suivies avec personne, vivra en solitaire au milieu du monde, ira toujours à pied, cherchera tous les lieux consacrés par la dévotion. Il sera revêtu d’un habit pauvre et déchiré, qu’il ne changera point. 

Un chapelet à la main, un autre au cou, un crucifix sur la poitrine, sur les épaules un petit sac contenant tout son avoir, c’est-à-dire son Nouveau Testament, l’Imitation de Jésus-Christ et le Bréviaire : tel on verra Benoît-Joseph dans ses continuels pèlerinages. 

La pluie, le froid, la neige, la chaleur, rien ne l’arrête ; il couche le plus souvent en plein air, il vit de charité, au jour le jour, sans rien réserver pour le lendemain ; il ne prend que la plus misérable et la plus indispensable nourriture, et se fait lui-même pourvoyeur des pauvres. Souvent il est le jouet des enfants et de la populace ; il est regardé comme un insensé ; il souffre tout avec patience et amour. 

Rome, Lorette, Assise et une multitude d’autres lieux saints sont l’objet de sa dévotion.

Saint Benoît-Joseph Labre priez pour nous !

16.04.2025 – ÉVANGILE DU JOUR

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 26,14-25. 

En ce temps-là, l’un des Douze, nommé Judas Iscariote, se rendit chez les grands prêtres
et leur dit : « Que voulez-vous me donner, si je vous le livre ? » Ils lui remirent trente pièces d’argent.
Et depuis, Judas cherchait une occasion favorable pour le livrer.
Le premier jour de la fête des pains sans levain, les disciples s’approchèrent et dirent à Jésus : « Où veux-tu que nous te fassions les préparatifs pour manger la Pâque ? »
Il leur dit : « Allez à la ville, chez un tel, et dites-lui : “Le Maître te fait dire : Mon temps est proche ; c’est chez toi que je veux célébrer la Pâque avec mes disciples.” »
Les disciples firent ce que Jésus leur avait prescrit et ils préparèrent la Pâque.
Le soir venu, Jésus se trouvait à table avec les Douze.
Pendant le repas, il déclara : « Amen, je vous le dis : l’un de vous va me livrer. »
Profondément attristés, ils se mirent à lui demander, chacun son tour : « Serait-ce moi, Seigneur ? »
Prenant la parole, il dit : « Celui qui s’est servi au plat en même temps que moi, celui-là va me livrer.
Le Fils de l’homme s’en va, comme il est écrit à son sujet ; mais malheureux celui par qui le Fils de l’homme est livré ! Il vaudrait mieux pour lui qu’il ne soit pas né, cet homme-là ! »
Judas, celui qui le livrait, prit la parole : « Rabbi, serait-ce moi ? » Jésus lui répond : « C’est toi-même qui l’as dit ! »

Acclamons et partageons la parole de Dieu !

COMMENTAIRE :

Saint Augustin (354-430)

évêque d’Hippone (Afrique du Nord) et docteur de l’Église

Sermons sur l’évangile de Jean, n°27, § 10

Dieu tire le bon du mal, la justice de l’injustice

« N’est-ce pas moi qui vous ai choisi tous les douze ? Et l’un de vous est un démon » (Jn 6,70). Le Seigneur devait dire : « J’en ai choisi onze » ; est-ce qu’il a choisi un démon, un démon est-il parmi les élus ?… Dirons-nous qu’en choisissant Judas, le Sauveur a voulu accomplir par lui, contre sa volonté, sans qu’il le sache, une œuvre si grande et si bonne ? C’est là le propre de Dieu (…) : faire servir au bien les œuvres mauvaises des méchants. (…) Le méchant fait servir au mal toutes les bonnes œuvres de Dieu ; l’homme de bien au contraire fait servir au bien les méfaits des méchants. Et qui est aussi bon que le Dieu unique ? Le Seigneur le dit lui-même : « Personne n’est bon, sinon Dieu seul » (Mc 10,18). (…) Qui est pire que Judas ? Parmi tous les disciples du Maître, parmi les Douze, c’est lui qui a été choisi pour tenir la bourse et prendre soin des pauvres (Jn 13,19). Mais après un tel bienfait, c’est lui qui perçoit de l’argent pour livrer celui qui est la Vie (Mt 26,15) ; il a persécuté comme ennemi celui qu’il avait suivi comme disciple. (…) Mais le Seigneur a fait servir au bien un si grand crime. Il a accepté d’être trahi pour nous racheter : voilà que le crime de Judas est changé en bien. Combien de martyrs est-ce que Satan a persécuté ? Mais s’il ne l’avait pas fait, nous ne célébrerions pas aujourd’hui leur triomphe. (…) Le méchant ne peut pas contrarier la bonté de Dieu. Il a beau être artisan du mal, le suprême Artisan ne permettrait pas l’existence du mal s’il ne savait pas s’en servir pour que tout concoure au bien.

LECTURES :

Livre d’Isaïe 50,4-9a. 

Le Seigneur mon Dieu m’a donné le langage des disciples, pour que je puisse, d’une parole, soutenir celui qui est épuisé. Chaque matin, il éveille, il éveille mon oreille pour qu’en disciple, j’écoute.
Le Seigneur mon Dieu m’a ouvert l’oreille, et moi, je ne me suis pas révolté, je ne me suis pas dérobé.
J’ai présenté mon dos à ceux qui me frappaient, et mes joues à ceux qui m’arrachaient la barbe. Je n’ai pas caché ma face devant les outrages et les crachats.
Le Seigneur mon Dieu vient à mon secours ; c’est pourquoi je ne suis pas atteint par les outrages, c’est pourquoi j’ai rendu ma face dure comme pierre : je sais que je ne serai pas confondu.
Il est proche, Celui qui me justifie. Quelqu’un veut-il plaider contre moi ? Comparaissons ensemble ! Quelqu’un veut-il m’attaquer en justice ? Qu’il s’avance vers moi !
Voilà le Seigneur mon Dieu, il prend ma défense ; qui donc me condamnera ?

Psaume 69(68),8-10.21-22.31.33-34. 

R/ Dans ton grand amour, Dieu, réponds-moi ; c’est l’heure de ta grâce. (Ps 68, 14cb)

C’est pour toi que j’endure l’insulte, 
que la honte me couvre le visage :
Je suis un étranger pour mes frères, 
un inconnu pour les fils de ma mère.
L’amour de ta maison m’a perdu ; 
on t’insulte, et l’insulte retombe sur moi.

L’insulte m’a broyé le cœur, 
le mal est incurable ; 
j’espérais un secours, mais en vain, 
des consolateurs, je n’en ai pas trouvé.
À mon pain, ils ont mêlé du poison ; 
quand j’avais soif, ils m’ont donné du vinaigre.

Et je louerai le nom de Dieu par un cantique, 
je vais le magnifier, lui rendre grâce.
Les pauvres l’ont vu, ils sont en fête : 
« Vie et joie, à vous qui cherchez Dieu ! »
Car le Seigneur écoute les humbles,
il n’oublie pas les siens emprisonnés.

Saint Charbel – Un repère dans la tourmente libanaise

« Qui n’est pas ivre de saint Charbel, n’est pas digne d’être Libanais ». L’expression, tirée d’une hagiographie, résume bien la dévotion que les Libanais, chrétiens, mais pas seulement, restés aux pays ou émigrés, ont pour leur saint ermite. Joseph naquit à Biqa kafrä (Nord du Liban) en 1828, dans une famille maronite et paysanne. Son père, laboureur, réquisitionné par l’administration ottomane pour mener des travaux de forces, mourra d’épuisement quand Joseph n’a que quatre ans. En grandissant, l’enfant se découvre très vite une profonde vocation pour la prière et le silence. À 23 ans, il décide de quitter le monde et de se faire ermite sous le nom de Charbel. C’est au bout de 17 ans que le père abbé du monastère Saint-Maron à Annaya accéda à sa demande. Le moine vécut encore 23 ans dans un ermitage et mourut le 24 décembre 1898. Son supérieur résuma sa vie par ces mots : « sa conduite fut plus angélique qu’humaine. » Peu de temps après sa montée au ciel, des lumières apparurent sur sa tombe. Dans les années 1950, une huile se mit à suinter de son cercueil. Très vites les pèlerins affluèrent, la terrible guerre civile qui secoua le pays, de 1975 à 1990, ne les empêchèrent pas d’accéder chaque fois plus nombreux au sanctuaire, dans la Vallée Sainte. Procession, récitation du chapelet, baisers posés sur une croix ou une image… le documentaire qui donne notamment la parole à des miraculés, rend fidèlement compte de cette profonde ferveur des libanais pour saint Charbel qui n’a rien perdu de son actualité. Saint Charbel – Un repère dans la tourmente libanaise – Une coproduction KTO/BIG COMPANY PROD 2025 – Réalisée par Fabien Collini

15.04.2025 – Mardi de la semaine Sainte

Il les aima jusqu’au bout…

Lire l’Évangile de Jean 13, 21-33.36-38

En ce temps-là, au cours du repas que Jésus prenait avec ses disciples, il fut bouleversé en son esprit, et il rendit ce témoignage : « Amen, amen, je vous le dis : l’un de vous me livrera. » Les disciples se regardaient les uns les autres avec embarras, ne sachant pas de qui Jésus parlait. Il y avait à table, appuyé contre Jésus, l’un de ses disciples, celui que Jésus aimait. Simon-Pierre lui fait signe de demander à Jésus de qui il veut parler. Le disciple se penche donc sur la poitrine de Jésus et lui dit : « Seigneur, qui est-ce ? » Jésus lui répond : « C’est celui à qui je donnerai la bouchée que je vais tremper dans le plat. » Il trempe la bouchée, et la donne à Judas, fils de Simon l’Iscariote. Et, quand Judas eut pris la bouchée, Satan entra en lui. Jésus lui dit alors : « Ce que tu fais, fais-le vite. » Mais aucun des convives ne comprit pourquoi il lui avait dit cela. Comme Judas tenait la bourse commune, certains pensèrent que Jésus voulait lui dire d’acheter ce qu’il fallait pour la fête, ou de donner quelque chose aux pauvres. Judas prit donc la bouchée, et sortit aussitôt. Or il faisait nuit. Quand il fut sorti, Jésus déclara : « Maintenant le Fils de l’homme est glorifié, et Dieu est glorifié en lui. Si Dieu est glorifié en lui, Dieu aussi le glorifiera ; et il le glorifiera bientôt. Petits enfants, c’est pour peu de temps encore que je suis avec vous. Vous me chercherez, et, comme je l’ai dit aux Juifs : “Là où je vais, vous ne pouvez pas aller”, je vous le dis maintenant à vous aussi. » Simon-Pierre lui dit : « Seigneur, où vas-tu ? » Jésus lui répondit : « Là où je vais, tu ne peux pas me suivre maintenant ; tu me suivras plus tard. » Pierre lui dit : « Seigneur, pourquoi ne puis-je pas te suivre à présent ? Je donnerai ma vie pour toi ! » Jésus réplique : « Tu donneras ta vie pour moi ? Amen, amen, je te le dis : le coq ne chantera pas avant que tu m’aies renié trois fois. » © AELF

Méditation :


Jésus vient de manifester son amour aux Douze en leur lavant les pieds. C’est ainsi qu’il nous apprend à nous mettre au service les uns des autres. L’Évangile de ce jour nous le montre en train de donner à Judas une bouchée de choix qu’il vient de tremper dans le plat. C’était un geste habituel du maître de repas pour honorer un de ses invités.

C’est ainsi qu’il manifeste son amour à celui-là même qui va le livrer. Mais Judas n’est pas retourné par cette manifestation d’amour de Jésus. Il persiste à vouloir trahir son Maître. Il sort dans la nuit. C’est une manière de dire qu’il s’enfonce dans les ténèbres. Cet Évangile nous invite à prendre conscience de toute la souffrance morale de Jésus. Il se retrouve seul face à ce qui va lui arriver, seul face au reniement de Pierre et à toutes les manifestations de la faiblesse humaine. Mais en fait, il n’est pas seul : il s’appuie sur le roc inébranlable de l’amour de Dieu son Père. Face aux épreuves de la vie, il nous apprend à ne pas nous fier à nous-mêmes mais à nous en remettre chaque jour à la protection de Dieu.

Source : PUISER À LA SOURCE, le 4 avril 2025