L’architecte espagnol Antoni Gaudí déclaré vénérable

L’architecte Antoni Gaudí, désormais vénérable

Le Pape François a autorisé la publication des décrets concernant la béatification du prêtre martyr au Brésil Nazareno Lanciotti ainsi que de la religieuse indienne Eliswa de la Bienheureuse Vierge Marie. De plus, l’architecte catalan Antoni Gaudí devient vénérable, comme les prêtres Pierre-Joseph Triest, Agostino Cozzolino et Angelo Bughetti, annonce le dicastère des Causes des saints. 

Tiziana Campisi – Cité du Vatican

Au lendemain du dimanche des Rameaux, le Pape François a reçu le cardinal Marcello Semeraro, préfet du dicastère des Causes des saints. Le Saint-Père a autorisé la publication de décrets reconnaissant les vertus héroïques d’Antoni Gaudí, l’architecte espagnol connu dans le monde entier pour avoir dirigé la construction de la Sagrada Familia, à Barcelone. À partir d’aujourd’hui, le plus célèbre représentant du modernisme catalan est donc vénérable, de même que trois prêtres: le belge Pierre-Joseph Triest et les italiens Angelo Bughetti et Agostino Cozzolino.

De plus, les décrets publiés ce lundi 14 avril annoncent la prochaine béatification d’Eliswa de la Bienheureuse Vierge Marie, fondatrice de la Congrégation du Tiers Ordre des Carmes déchaussés, aujourd’hui Carmélites thérésiennes, et du prêtre missionnaire italien martyrisé au Brésil, Nazareno Lanciotti.

Antonio Gaudí, «architecte de Dieu»

Antoni Gaudí est l’architecte de l’une des plus célèbres églises du monde, celle de la Sagrada Familia (Sainte-Famille) à Barcelone. Antonio Gaudí i Cornet, né le 25 juin 1852 probablement à Reus, a accepté de diriger les travaux l’année suivant la pose de la première pierre, en 1883, à l’âge de 31 ans. Dès lors, il passa toute sa vie à construire le lieu de culte dans lequel il manifesta son génie artistique, son sentiment religieux et sa profonde spiritualité. Cinq ans auparavant, il avait obtenu le titre d’architecte et rédigé des notes architecturales -connues sous le nom de «Manuscrit» de Reus- dans lesquelles il présentait ses propositions en matière d’ornementation et d’édifices religieux et faisait preuve d’une connaissance et d’une adhésion considérables aux mystères de la foi chrétienne.

Vue de la Sagrada Familia à Barcelone.

Vue de la Sagrada Familia à Barcelone. 

Le jeune Gaudí considérait la construction de la Sagrada Familia comme une mission confiée par Dieu, transformant le projet néogothique initial en une œuvre unique et originale, inspirée par les formes de la nature, et riche en symbolisme exprimant sa foi profonde et sa spiritualité, avec des influences bénédictines et franciscaines.

Dévot de saint Philippe Néri, l’architecte a affronté les obstacles et les difficultés avec courage et confiance en Dieu, tout en dirigeant le chantier et en supportant l’envie et la jalousie. De 1887 à 1893, il conçoit et dirige d’autres travaux civils et religieux. Puis, pendant le carême de 1894, il est frappé par une grave maladie, causée par un jeûne rigoureux. S’il a mis sa vie en danger, ce jeûne lui a permis de vivre une profonde expérience spirituelle dans sa recherche de Dieu. Il continue ensuite à travailler sur divers projets, mais perd peu à peu tous les membres de sa famille, et s’engage dans un véritable ascétisme spirituel, refusant de nouvelles missions et se concentrant exclusivement sur la Sagrada Familia. En 1925, il aménage même une petite pièce à côté de l’église pour en faire sa résidence.

Chrétien convaincu et pratiquant, assidu aux sacrements, il fait de l’art un hymne de louange au Seigneur auquel il offre le fruit de son travail, qu’il considère comme une mission pour faire connaître et rapprocher de Dieu. Le 7 juin 1926, il est renversé par un tramway et transporté à l’hôpital de la Santa Creu, l’hôpital des pauvres de la ville. Après avoir reçu les derniers sacrements, il meurt trois jours plus tard, le 10 juin. Le cortège funèbre a été suivi par environ 30 000 personnes.

Le père Nazareno Lanciotti, martyr au Brésil

Futur béatifié, le prêtre diocésain romain Nazareno Lanciotti est un martyr des temps modernes. Né le 3 mars 1940 et ordonné prêtre en 1966, après avoir exercé son ministère pendant quelques années à Rome, il rencontre l’ONG Opération Mato Grosso, qui œuvre auprès des plus pauvres en Amérique latine, et part pour le Brésil en 1971. Il s’installe dans le village de Jauru, à la frontière avec la Bolivie, et commence alors un apostolat fructueux, exerçant une activité missionnaire pendant trente ans, soutenu par l’Eucharistie et la dévotion à la Vierge. Il fonde une paroisse, qu’il dédie à Notre-Dame du Pilier, et crée cinquante-sept communautés ecclésiales rurales, où il institue l’adoration eucharistique quotidienne, et un dispensaire, qui deviendra par la suite l’un des hôpitaux les plus actifs de la région.

De plus, il construit la maison de retraite «Cœur Immaculé de Marie», fonde une école qui accueille des centaines d’enfants, auxquels il offre également de la nourriture et établit un petit séminaire. En 1987, il rejoint le Mouvement Sacerdotal Marial et, nommé responsable national pour le Brésil, il effectue de fréquents voyages dans le pays pour établir des cénacles de prière. Il se consacre également aux plus pauvres et s’engage dans la lutte contre diverses formes d’injustice et d’oppression, notamment contre le proxénétisme et le trafic de drogues. Le soir du 11 février 2001, il est grièvement blessé par deux voyous cagoulés dans sa propre maison. Il meurt le 22 février, à l’âge de 61 ans.

Le père Lanciotti.

Le père Lanciotti. 

Eliswa de la Bienheureuse Vierge Marie

Eliswa de la Bienheureuse Vierge Marie, née Eliswa Vakayil, originaire du Kerala, en Inde, sera elle-aussi bientôt béatifié. Elle est née le 15 octobre 1831 à Ochanthuruth dans une famille aisée de propriétaires terriens, très croyants. À l’âge de 16 ans, elle est mariée à un riche homme d’affaires, avec qui elle a une fille en 1851. Veuve l’année suivante, elle choisit une vie de prière et de solitude, marquée par une participation fréquente aux sacrements. Elle s’occupe des pauvres et habite dans une simple cabane. En 1862, elle rencontra le père italien Leopoldo Beccaro, carme déchaussé, et, sous sa direction spirituelle, fonda la première congrégation locale au Kerala, le troisième ordre des carmes déchaussés.

La nouvelle famille religieuse, qui comprend sa fille et sa plus jeune sœur, ajoute à la contemplation la vie active dans l’éducation et la formation des filles pauvres et orphelines et dans le soin des abandonnés et des nécessiteux. Plus tard, d’autres femmes de rite syro-malabar rejoignent la communauté, puis, lorsque le Pape Léon XIII décide d’ériger les premiers vicariats syro-malabars, deux instituts religieux féminins indépendants voient le jour: la Congrégation des Carmélites thérésiennes (CTC) de rite latin et la Congrégation de la Mère du Carmel (CMC) de rite syro-malabar. De plus, Mère Eliswa établit un nouveau couvent avec ses sœurs de rite latin à Varapuzha. Elle y passe les 23 dernières années de sa vie et y décède le 18 juillet 1913. C’est à son intercession qu’a été attribuée en 2005 la guérison miraculeuse, au stade fœtal, d’une petite fille souffrant d’une fente labiale (syndrome du bec-de-lièvre). Eliswa, la mère de la petite fille, a prié sur les conseils d’une religieuse carmélite, avec d’autres membres de la famille. Née par césarienne, la petite fille est née en parfaite santé.

Mère Eliswa

Mère Eliswa

Le père Pierre-Joseph Triest

Fondateur des congrégations des Frères de la charité, des Sœurs de la charité de Jésus et de Marie et des Sœurs de l’enfance de Jésus, Pierre-Joseph Triest, devient vénérable ce lundi 14 avril. Né à Bruxelles, en Belgique, le 31 août 1760, il est ordonné prêtre le 9 juin 1786, et rapidement contraint de vivre dans la clandestinité pendant la Révolution dite belge afin d’échapper au serment sur la Constitution civile du clergé.

Dès 1800, il entame une activité ministérielle fructueuse en tant que curé de Ronse et se consacre en particulier aux orphelins, aux malades et aux pauvres. Il fonde un orphelinat pour accueillir les enfants pauvres et abandonnés, avec l’aide de quelques femmes, et avec elles, en 1804, il fonde la Congrégation des Sœurs de la charité de Jésus et de Marie. En 1807, les autorités de l’État lui confient la gestion de l’hôpital civil de la Biloke et, plus tard, la supervision de l’administration financière des différentes institutions caritatives de la ville. Il est également nommé membre de la Commission des hôpitaux civils et du Comité pour l’assistance aux pauvres, tandis qu’à Gand, il est chargé de la coordination et de la gestion administrative des hospices pour personnes âgées et des institutions pour l’assistance et l’éducation des enfants orphelins et isolés.

Il fonde ensuite les congrégations des Frères de la charité pour les enfants abandonnés et les pauvres, et des Frères de Saint Jean de Dieu pour le soin des malades à domicile. Avec le prêtre Benedict De Decker, qui lui succédera plus tard dans l’œuvre de gestion et de soin qu’il avait commencée, il établit les Sœurs de l’enfance de Jésus. Gravement malade, il passe les derniers jours de sa vie dans la prière et meurt le 24 juin 1836. Au cœur de sa spiritualité, le culte de l’humanité du Christ le pousse à aimer ses frères et sœurs, en particulier les plus démunis. Inspiré par saint Vincent de Paul, il avait à cœur de prendre soin des malades, des handicapés, des sourds… Sa façon de servir les autres a été considérée comme prophétique et innovante, car il plaçait la personne humaine et sa dignité au centre de ses préoccupations.

Le père Angelo Bughetti

Autre prêtre déclaré vénérable, le père diocésain Angelo Bughetti. Il est né à Imola le 27 août 1877, dans une famille aux conditions modestes et à la foi chrétienne profonde, et sera ordonné prêtre le 31 mars 1900. Après quelques années consacrées à l’enseignement, il se dévoue à la prédication et à diverses activités caritatives, dans le but de former la conscience chrétienne et civile des jeunes, ainsi qu’à la rédaction d’articles pour divers périodiques. C’est dans un climat anticlérical, socialiste et franc-maçon qu’il se consacre aux garçons et aux jeunes, en percevant leurs difficultés et en faisant fructifier leur potentiel.

Nommé aumônier auprès de divers associations de jeunesse, il s’oppose aux idéologies libérales, socialistes et fascistes, en maintenant les relations nécessaires pour pouvoir continuer son travail d’éducation de la jeunesse. Il décède le 5 avril 1935, à l’âge de 57 ans. Courageux dans sa capacité à trouver des solutions adéquates à des situations complexes, dans ses œuvres de charité et dans la prière, il sut impliquer ses paroissiens, aidant chacun à grandir en sainteté. On l’appelait le «prêtre de la Providence» parce qu’il comptait toujours sur l’aide de Dieu.

Le père Agostino Cozzolino

Le père Agostino Cozzolino, originaire de Campanie en Italie, devient également vénérable. Né le 16 octobre 1928 à Resina (aujourd’hui Herculanum) dans une famille pauvre et religieuse, et a été ordonné le 27 juillet 1952. Il se consacre ensuite à la formation et à la catéchèse des jeunes et des adultes dans les paroisses, avant d’être nommé vice-recteur du grand séminaire de Naples, où, par son exemple et son engagement, il a formé de nombreux jeunes prêtres. Le 30 septembre 1960, il est transféré au sanctuaire de Notre-Dame des Neiges, à Naples, où il reste curé jusqu’à sa mort. Il s’est efforcé de créer une communauté pastorale vivante, capable d’annoncer l’Évangile notamment à travers le mouvement de l’«Aide fraternelle chrétienne».

Dans ce quartier populaire, le père Agostino devient une présence importante et travaille sans relâche pour le bien des gens. En 1987, on lui diagnostique un cancer du pancréas, qu’il vit comme une nouvelle opportunité d’apostolat: il l’affronte avec dignité et une grande foi, se consacre de plus en plus à la contemplation, tout en restant proche de son peuple. Il meurt le 2 novembre 1988.

Source : VATICANNEWS, le 14 avril 2025

Des milliers d’enfants réunis pour prier le Rosaire de la mission mondiale

Illustration
© Shutterstock/maxim ibragimov

Des milliers d’enfants réunis pour prier le Rosaire de la mission mondiale

Des milliers d’enfants du Midwest américain se sont réunis le 28 janvier 2025, à l’occasion de la Semaine des écoles catholiques, pour prier le Rosaire de la mission mondiale, sur Zoom.

La Semaine nationale des écoles catholiques est une célébration annuelle de l’enseignement catholique aux États-Unis. Elle débute le dernier dimanche de janvier et dure une semaine entière. Organisée par l’Enfance Missionnaire, également connue sous le nom d’œuvre pontificale de la Sainte Enfance, l’une des quatre sociétés pontificales missionnaires, l’initiative de prière a réuni des élèves de 77 écoles primaires catholiques dans 14 diocèses.

Les quatorze diocèses américains qui ont participé à l’événement sont l’archidiocèse de Milwaukee, le diocèse de Columbus, le diocèse de Des Moines, le diocèse de Fargo, le diocèse de Grand Rapids, le diocèse de Jefferson City, le diocèse de Joliet, le diocèse de Madison, le diocèse de Marquette, le diocèse de Peoria, le diocèse de Salina, le diocèse de Sioux City et le diocèse de Springfield.

Les sociétés missionnaires pontificales des États-Unis comprennent la Société pour la propagation de la foi, l’Association missionnaire de l’enfance, la Société de l’apôtre Saint Pierre et l’Union missionnaire. Le programme s’adresse aux écoles et aux programmes d’éducation religieuse dans l’ensemble des États-Unis. La récitation en ligne du Rosaire de la Mission mondiale a donné aux enfants l’occasion de réfléchir aux réalités de millions de leurs camarades dans le monde qui n’ont pas accès à l’éducation de base.

Deborah Castellano Lubov, January 29, 2025

www.vaticannews.va

Lectures de la messe du jour

Prions :
Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort.
Amen.

Source : une minute avec Marie

15.04.2025 – SAINT DU JOUR

St Patern d’Avranches

ÉVÊQUE (+ V. 565)

Martyrologe Romain : Au pays de Coutances, vers 565, le trépas de saint Patern* (Paterne, Pair ou Pern) évêque d’Avranches, qui fonda beaucoup de monastères et fut élu à l’épiscopat à l’âge de soixante-dix ans. Il mourut en se rendant au monastère de Sciscy, où il fut inhumé. Avec lui est commémoré son compagnon saint Scubilion, mort le même jour et inhumé avec lui à Sciscy.

Ils sont fêtés le 16 avril dans le diocèse de Coutances et Avranches.

 * La similitude des noms ne conduit pas à l’assimiler à l’évêque de Vannes, fêté le même jour.

Saint Patern priez pour nous !

15.04.2025 – ÉVANGILE DU JOUR

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 13,21-33.36-38. 

En ce temps-là, au cours du repas que Jésus prenait avec ses disciples, il fut bouleversé en son esprit, et il rendit ce témoignage : « Amen, amen, je vous le dis : l’un de vous me livrera. »
Les disciples se regardaient les uns les autres avec embarras, ne sachant pas de qui Jésus parlait.
Il y avait à table, appuyé contre Jésus, l’un de ses disciples, celui que Jésus aimait.
Simon-Pierre lui fait signe de demander à Jésus de qui il veut parler.
Le disciple se penche donc sur la poitrine de Jésus et lui dit : « Seigneur, qui est-ce ? »
Jésus lui répond : « C’est celui à qui je donnerai la bouchée que je vais tremper dans le plat. » Il trempe la bouchée, et la donne à Judas, fils de Simon l’Iscariote.
Et, quand Judas eut pris la bouchée, Satan entra en lui. Jésus lui dit alors : « Ce que tu fais, fais-le vite. »
Mais aucun des convives ne comprit pourquoi il lui avait dit cela.
Comme Judas tenait la bourse commune, certains pensèrent que Jésus voulait lui dire d’acheter ce qu’il fallait pour la fête, ou de donner quelque chose aux pauvres.
Judas prit donc la bouchée, et sortit aussitôt. Or il faisait nuit.
Quand il fut sorti, Jésus déclara : « Maintenant le Fils de l’homme est glorifié, et Dieu est glorifié en lui.


Si Dieu est glorifié en lui, Dieu aussi le glorifiera ; et il le glorifiera bientôt.
Petits enfants, c’est pour peu de temps encore que je suis avec vous. Vous me chercherez, et, comme je l’ai dit aux Juifs : “Là où je vais, vous ne pouvez pas aller”, je vous le dis maintenant à vous aussi. »
Simon-Pierre lui dit : « Seigneur, où vas-tu ? » Jésus lui répondit : « Là où je vais, tu ne peux pas me suivre maintenant ; tu me suivras plus tard. »


Pierre lui dit : « Seigneur, pourquoi ne puis-je pas te suivre à présent ? Je donnerai ma vie pour toi ! »
Jésus réplique : « Tu donneras ta vie pour moi ? Amen, amen, je te le dis : le coq ne chantera pas avant que tu m’aies renié trois fois. »

Acclamons et partageons la parole de Dieu !

COMMENTAIRE :

Saint Maxime de Turin (?-v. 420)

évêque

Sermon 36 ; PL 57, 605 (trad. coll. Ichtus, t. 10, p. 263 rev.)

« Judas, s’approchant de Jésus…, l’embrassa. Les autres mirent la main sur lui et l’arrêtèrent » (Mc 14,45s)

      La paix est un don de la résurrection du Christ. Au seuil de la mort, il n’a pas hésité à donner cette paix au disciple qui le livrait ; il a embrassé le traître comme il embrasse l’ami fidèle. Ne croyez pas que le baiser que le Seigneur a donné à Judas Iscariote ait été inspiré par un autre sentiment que la tendresse. Le Christ savait déjà que Judas le trahirait. Il savait ce qu’était ce signe d’amour, et il ne s’y est pas dérobé. Voilà l’amitié : à celui qui doit mourir, elle ne refuse pas un dernier embrassement ; aux êtres chers, elle ne retire pas cette marque ultime de douceur. Mais Jésus espérait aussi que cet élan bouleverserait Judas et que, étonné par sa bonté, il ne trahirait pas celui qui l’aimait, ne livrerait pas celui qui l’embrassait. Ainsi ce baiser était accordé comme une épreuve : s’il le relevait, il était un lien de paix entre Jésus et son disciple ; si Judas trahissait, ce baiser criminel devenait sa propre accusation.       Le Seigneur lui dit : « Judas, c’est par un baiser que tu livres le Fils de l’homme ? »  (Lc 22,48) Où est le complot de l’ennemi ? Où se cache sa ruse ? Tout secret est découvert. Le traître se trahit avant de trahir son maître. Tu livres le Fils de l’homme par un baiser ? Avec le sceau de l’amour, tu blesses ? Avec le geste de la tendresse, tu répands le sang ? Avec le signe de la paix, tu apportes la mort ? Dis-moi quel est cet amour ? Tu donnes un baiser et tu menaces ? Mais ces baisers, par où le serviteur trahit son Seigneur, le disciple son maître, l’élu son créateur, ces baisers ne sont pas des baisers, mais du poison.

LECTURES :

Livre d’Isaïe 49,1-6. 

Écoutez-moi, îles lointaines ! Peuples éloignés, soyez attentifs ! J’étais encore dans le sein maternel quand le Seigneur m’a appelé ; j’étais encore dans les entrailles de ma mère quand il a prononcé mon nom.
Il a fait de ma bouche une épée tranchante, il m’a protégé par l’ombre de sa main ; il a fait de moi une flèche acérée, il m’a caché dans son carquois.
Il m’a dit : « Tu es mon serviteur, Israël, en toi je manifesterai ma splendeur. »
Et moi, je disais : « Je me suis fatigué pour rien, c’est pour le néant, c’est en pure perte que j’ai usé mes forces. » Et pourtant, mon droit subsistait auprès du Seigneur, ma récompense, auprès de mon Dieu.
Maintenant le Seigneur parle, lui qui m’a façonné dès le sein de ma mère pour que je sois son serviteur, que je lui ramène Jacob, que je lui rassemble Israël. Oui, j’ai de la valeur aux yeux du Seigneur, c’est mon Dieu qui est ma force.
Et il dit : « C’est trop peu que tu sois mon serviteur pour relever les tribus de Jacob, ramener les rescapés d’Israël : je fais de toi la lumière des nations, pour que mon salut parvienne jusqu’aux extrémités de la terre. »

Psaume 71(70),1-2.3.5a.6.15ab.17. 

R/ Ma bouche annonce ton salut, Seigneur. (Ps 70, 15ab)

En toi, Seigneur, j’ai mon refuge : 
garde-moi d’être humilié pour toujours.
Dans ta justice, défends-moi, libère-moi, 
tends l’oreille vers moi, et sauve-moi.

Sois le rocher qui m’accueille, 
toujours accessible ; 
tu as résolu de me sauver : 
ma forteresse et mon roc, c’est toi !

Seigneur mon Dieu, tu es mon espérance,
toi, mon soutien dès avant ma naissance,
tu m’as choisi dès le ventre de ma mère ; 
tu seras ma louange toujours !

Ma bouche annonce tout le jour
tes actes de justice et de salut ;
Mon Dieu, tu m’as instruit dès ma jeunesse, 
jusqu’à présent, j’ai proclamé tes merveilles.

14.04.2025 – Lundi de la Semaine Sainte

« Vous ne m’aurez pas toujours… »

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 12, 1-11

Six jours avant la Pâque,

Jésus vint à Béthanie où habitait Lazare,

qu’il avait réveillé d’entre les morts.

          On donna un repas en l’honneur de Jésus.

Marthe faisait le service,

Lazare était parmi les convives avec Jésus.

          Or, Marie avait pris une livre d’un parfum très pur

et de très grande valeur ;

elle répandit le parfum sur les pieds de Jésus,

qu’elle essuya avec ses cheveux ;

la maison fut remplie de l’odeur du parfum.

          Judas Iscariote, l’un de ses disciples,

celui qui allait le livrer,

dit alors :

                   « Pourquoi n’a-t-on pas vendu ce parfum

pour trois cents pièces d’argent,

que l’on aurait données à des pauvres ? »

          Il parla ainsi, non par souci des pauvres,

mais parce que c’était un voleur :

comme il tenait la bourse commune,

il prenait ce que l’on y mettait.

          Jésus lui dit :

« Laisse-la observer cet usage

en vue du jour de mon ensevelissement !

                   Des pauvres, vous en aurez toujours avec vous,

mais moi, vous ne m’aurez pas toujours. »

          Or, une grande foule de Juifs apprit que Jésus était là,

et ils arrivèrent, non seulement à cause de Jésus,

mais aussi pour voir ce Lazare

qu’il avait réveillé d’entre les morts.

          Les grands prêtres décidèrent alors

de tuer aussi Lazare,

          parce que beaucoup de Juifs, à cause de lui,

s’en allaient, et croyaient en Jésus. (AELF)

Méditation

Ce geste de Marie qui répand du parfum très cher sur les pieds de Jésus nous introduit à la Passion. Jésus nous en donne la signification en disant : « Elle a gardé ce parfum pour le jour de ma sépulture. » Elle anticipe les soins qui ne pourront être donnés à son cadavre. En effet, Jésus sera mis au tombeau le vendredi soir. A ce moment-là, le Sabbat est déjà commencé. Cette onction ne pourra pas non plus avoir lieu le dimanche matin, premier jour de la semaine. Ce jour-là, les femmes viendront au tombeau avec leurs aromates parfumés, mais Jésus sera déjà ressuscité. Elles retrouveront le tombeau vide.

Cette onction de Marie est le signe symbolique de la résurrection. Jésus pense à sa mort prochaine et à sa sépulture. Habituellement ce parfum était répandu sur la tête. L’onction sur les pieds était destinée aux morts. Jésus  en parle avec beaucoup de lucidité, tout comme les grands malades qui sont conscients de leur mort prochaine.

« Les pauvres, vous les aurez toujours parmi vous, mais moi, vous ne m’aurez pas toujours. » Jésus sait que son absence va créer un grand vide. Nous avons beau le chercher par la foi, les sacrements, la prière… Il reste apparemment absent. Mais nous pouvons toujours le retrouver dans ces pauvres qui, eux, sont bien présents. Tout ce que nous faisons pour eux, c’est à lui que nous le faisons.

Bonne semaine Sainte à tous

Source : PUISER À LA SOURCE, le 4 avril 2025