Saint Charbel – Un repère dans la tourmente libanaise

« Qui n’est pas ivre de saint Charbel, n’est pas digne d’être Libanais ». L’expression, tirée d’une hagiographie, résume bien la dévotion que les Libanais, chrétiens, mais pas seulement, restés aux pays ou émigrés, ont pour leur saint ermite. Joseph naquit à Biqa kafrä (Nord du Liban) en 1828, dans une famille maronite et paysanne. Son père, laboureur, réquisitionné par l’administration ottomane pour mener des travaux de forces, mourra d’épuisement quand Joseph n’a que quatre ans. En grandissant, l’enfant se découvre très vite une profonde vocation pour la prière et le silence. À 23 ans, il décide de quitter le monde et de se faire ermite sous le nom de Charbel. C’est au bout de 17 ans que le père abbé du monastère Saint-Maron à Annaya accéda à sa demande. Le moine vécut encore 23 ans dans un ermitage et mourut le 24 décembre 1898. Son supérieur résuma sa vie par ces mots : « sa conduite fut plus angélique qu’humaine. » Peu de temps après sa montée au ciel, des lumières apparurent sur sa tombe. Dans les années 1950, une huile se mit à suinter de son cercueil. Très vites les pèlerins affluèrent, la terrible guerre civile qui secoua le pays, de 1975 à 1990, ne les empêchèrent pas d’accéder chaque fois plus nombreux au sanctuaire, dans la Vallée Sainte. Procession, récitation du chapelet, baisers posés sur une croix ou une image… le documentaire qui donne notamment la parole à des miraculés, rend fidèlement compte de cette profonde ferveur des libanais pour saint Charbel qui n’a rien perdu de son actualité. Saint Charbel – Un repère dans la tourmente libanaise – Une coproduction KTO/BIG COMPANY PROD 2025 – Réalisée par Fabien Collini

15.04.2025 – Mardi de la semaine Sainte

Il les aima jusqu’au bout…

Lire l’Évangile de Jean 13, 21-33.36-38

En ce temps-là, au cours du repas que Jésus prenait avec ses disciples, il fut bouleversé en son esprit, et il rendit ce témoignage : « Amen, amen, je vous le dis : l’un de vous me livrera. » Les disciples se regardaient les uns les autres avec embarras, ne sachant pas de qui Jésus parlait. Il y avait à table, appuyé contre Jésus, l’un de ses disciples, celui que Jésus aimait. Simon-Pierre lui fait signe de demander à Jésus de qui il veut parler. Le disciple se penche donc sur la poitrine de Jésus et lui dit : « Seigneur, qui est-ce ? » Jésus lui répond : « C’est celui à qui je donnerai la bouchée que je vais tremper dans le plat. » Il trempe la bouchée, et la donne à Judas, fils de Simon l’Iscariote. Et, quand Judas eut pris la bouchée, Satan entra en lui. Jésus lui dit alors : « Ce que tu fais, fais-le vite. » Mais aucun des convives ne comprit pourquoi il lui avait dit cela. Comme Judas tenait la bourse commune, certains pensèrent que Jésus voulait lui dire d’acheter ce qu’il fallait pour la fête, ou de donner quelque chose aux pauvres. Judas prit donc la bouchée, et sortit aussitôt. Or il faisait nuit. Quand il fut sorti, Jésus déclara : « Maintenant le Fils de l’homme est glorifié, et Dieu est glorifié en lui. Si Dieu est glorifié en lui, Dieu aussi le glorifiera ; et il le glorifiera bientôt. Petits enfants, c’est pour peu de temps encore que je suis avec vous. Vous me chercherez, et, comme je l’ai dit aux Juifs : “Là où je vais, vous ne pouvez pas aller”, je vous le dis maintenant à vous aussi. » Simon-Pierre lui dit : « Seigneur, où vas-tu ? » Jésus lui répondit : « Là où je vais, tu ne peux pas me suivre maintenant ; tu me suivras plus tard. » Pierre lui dit : « Seigneur, pourquoi ne puis-je pas te suivre à présent ? Je donnerai ma vie pour toi ! » Jésus réplique : « Tu donneras ta vie pour moi ? Amen, amen, je te le dis : le coq ne chantera pas avant que tu m’aies renié trois fois. » © AELF

Méditation :


Jésus vient de manifester son amour aux Douze en leur lavant les pieds. C’est ainsi qu’il nous apprend à nous mettre au service les uns des autres. L’Évangile de ce jour nous le montre en train de donner à Judas une bouchée de choix qu’il vient de tremper dans le plat. C’était un geste habituel du maître de repas pour honorer un de ses invités.

C’est ainsi qu’il manifeste son amour à celui-là même qui va le livrer. Mais Judas n’est pas retourné par cette manifestation d’amour de Jésus. Il persiste à vouloir trahir son Maître. Il sort dans la nuit. C’est une manière de dire qu’il s’enfonce dans les ténèbres. Cet Évangile nous invite à prendre conscience de toute la souffrance morale de Jésus. Il se retrouve seul face à ce qui va lui arriver, seul face au reniement de Pierre et à toutes les manifestations de la faiblesse humaine. Mais en fait, il n’est pas seul : il s’appuie sur le roc inébranlable de l’amour de Dieu son Père. Face aux épreuves de la vie, il nous apprend à ne pas nous fier à nous-mêmes mais à nous en remettre chaque jour à la protection de Dieu.

Source : PUISER À LA SOURCE, le 4 avril 2025

Cardinal Pizzaballa: «Jérusalem restera la maison de prière de tous les peuples»

Le patriarche Pizzaballa dimanche des Rameaux au Saint Sépulcre.   (ANSA)

Cardinal Pizzaballa: «Jérusalem restera la maison de prière de tous les peuples»

Dans son message pour la procession des Rameaux, le patriarche latin de Jérusalem rappelle la vocation de la ville Sainte et invite les fidèles à ne pas céder «à la peur de ceux qui veulent diviser, de ceux qui veulent exclure»

Olivier Bonnel – Cité du Vatican

En ce jour des Rameaux marquant l’ouverture de la semaine Sainte et commémorant l’entrée du Christ à Jérusalem pour aller vivre sa pasion, le patriarche latin de la ville sainte a prononcé un message rappelant avec force la vocation à la paix de la ville. «Nous vivrons les moments de la passion de Jésus sur les lieux mêmes où elle s’est déroulée. Et en nous joignant à lui, nous rejoindrons également tous ceux qui vivent leur passion ici, parmi nous, et dans le monde d’aujourd’hui» a rappelé le cardinal Pierbattista Pizzaballa. Mais la passion de Jésus n’est pas le dernier mot de Dieu sur le monde, a-t-il poursuivi, le Ressuscité est son dernier mot, et nous sommes ici pour le dire et le réaffirmer».

La signification de cette passion et la résurrection à venir prennent une signification aiguë alors que la Terre Sainte est déchirée par la guerre et la haine. Alors que les chrétiens célèbreront Pâques cette année le même jour, en raison de la concordance des calendriers julien et grégorien, le patriarche a rappelé combien «nous voulons en témoigner-de l’amour de Jésus, ndlr- d’abord par l’unité entre nous, en nous aimant et en nous soutenant les uns les autres, en nous pardonnant les uns aux autres». 

«Faire partie de ceux qui construisent et non qui détruisent»

Mais le patriarche latin de Jérusalem a surtout lancé un vigoureux plaidoyer pour défendre la vocation de la ville et les tentations d’en faire un point de fractures et de divisions. «Nous ne devons pas avoir peur de ceux qui veulent diviser, de ceux qui veulent exclure, de ceux qui veulent s’emparer de l’âme de cette Ville Sainte, car Jérusalem restera à jamais une maison de prière pour tous les peuples (Is 56,7), et personne ne pourra la posséder». 

«Parce que Jérusalem est le lieu de la mort et de la résurrection du Christ, le lieu de la réconciliation, d’un amour qui sauve et dépasse les frontières de la douleur et de la mort. Telle est notre vocation aujourd’hui : construire, unir, abattre les barrières, espérer contre toute espérance» a encore interpellé le cardinal Pizzaballa, exhortant les fidèles à regarder le Ciel avec confiance et à renouveler leur engagement «sincère et concret en faveur de la paix et de l’unité». 

Source : VATICANNEWS, le 13 avril 2025

Angélus: dans le désespoir, l’étreinte providentielle de Dieu nous enveloppe toujours

La résidence du Pape François, la Maison Sainte Marthe. 

Angélus: dans le désespoir, l’étreinte providentielle de Dieu nous enveloppe toujours

Dans le texte publié par la Salle de presse pour l’Angélus, en ce dimanche 13 avril, le Saint-Père invite les fidèles, à l’instar du Christ «fragile dans sa chair, mais fort dans l’abandon confiant à son Père», à demeurer dans la foi pour ne pas céder au désespoir. François demande également aux chrétiens de prier pour tous ceux qui souffrent, notamment ceux qui sont touchés par la guerre, la pauvreté ou les catastrophes naturelles.

Christian Losambe, SJ – Cité du Vatican

Comme au cours des semaines dernières, la Salle de presse du Saint-Siège a rendu publique l’exhortation du Pape François pour la prière mariale de l’Angélus. S’appuyant dans son texte sur la liturgie du dimanche des Rameaux et de la Passion du Seigneur (cf. Lc 22, 14-23, 56), il s’est arrêté sur Jésus s’adressant plusieurs fois au Père: «Père, si tu le veux, éloigne de moi cette coupe; cependant, que soit faite non pas ma volonté, mais la tienne (22,42); Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font (23,34); Père, entre tes mains je remets mon esprit (23,46)».

Affronter nos peines avec la force de la foi

Sans défense et humilié, nous avons vu le Christ marcher vers la croix avec les sentiments et le cœur d’un enfant accroché au cou de son père, fragile dans sa chair, fait remarquer le Pape, «mais fort dans l’abandon confiant, jusqu’à s’endormir, dans la mort, entre ses bras». Ce sont des sentiments que la liturgie nous appelle à contempler et à faire nôtres, poursuit-il. Reconnaissant que nous avons tous des peines, physiques ou morales, le Saint-Père note que «la foi nous aide à ne pas céder au désespoir, à ne pas nous enfermer dans l’amertume, mais à les affronter, en nous sentant enveloppés, comme Jésus, par l’étreinte providentielle et miséricordieuse du Père».

Au terme de son exhortation, l’évêque de Rome a tenu à remercier les chrétiens du monde entier pour leurs prières. «En ce moment de faiblesse physique, elles m’aident à sentir encore plus la proximité, la compassion et la tendresse de Dieu», a-t-il écrit en les rassurant qu’il prie également pour chacun d’eux. Il leur demande également de confier, avec lui, au Seigneur tous ceux qui souffrent, notamment ceux qui sont touchés par la guerre, la pauvreté ou les catastrophes naturelles. «En particulier, que Dieu accueille dans sa paix les victimes de l’effondrement d’une discothèque à Saint-Domingue et qu’il réconforte leurs familles».  Comme les semaines précédentes, le Pape a aussi tourné son regard vers «l’Ukraine martyrisée, la Palestine, Israël, la République démocratique du Congo, la Birmanie et le Soudan du Sud». 

Source : VATICANNEWS, le 13 avril 2025

Dimanche des Rameaux: devenir des Cyrénéens les uns pour les autres

Le cardinal Leonardo Sandri, vice-doyen du Collège cardinalice, délégué par le Pape François pour présider la messe du dimanche des Rameaux et de la Passion du Seigneur, dimanche 13 avril 2025 place Saint-Pierre.  (VATICAN MEDIA Divisione 

Dimanche des Rameaux: devenir des Cyrénéens les uns pour les autres

En ce dimanche des Rameaux et de la Passion du Seigneur, qui inaugure le début de la Semaine Sainte, le Pape François invite les fidèles à porter la croix: «non pas autour du cou, mais dans le cœur». Méditant sur la figure de Simon le Cyrène dans son homélie lue par le cardinal Leonardo Sandri, François souligne également que porter la croix du Christ n’est jamais vain, «c’est au contraire la manière la plus concrète de partager son amour sauveur».

Christian Losambe, SJ – Cité du Vatican

Le dimanche des Rameaux commémore deux événements relatés dans le Nouveau Testament: d’une part, l’entrée triomphale de Jésus à Jérusalem; et d’autre part, la Passion du Christ, sa mort sur la croix et sa mise au tombeau, tel que nous le vivrons tout au long du triduum pascal. C’est, en effet, sur ce paradoxe que le Pape propose aux fidèles de méditer ce dimanche, qui s’illustre clairement par le «Béni soit celui qui vient, le Roi, au nom du Seigneur» (Lc 19, 38) chanté par la foule, en acclamant le Messie qui passe par la porte de la ville sainte, celui qui, quelques jours plus tard, en «sortira maudit et condamné, chargé de la croix».

Dans cette démarche spirituelle, les milliers de fidèles et pèlerins rassemblés place Saint-Pierre se sont mis également à la suite du Christ, rameaux en main, «d’abord dans une procession festive, puis sur un chemin douloureux, inaugurant la Semaine Sainte qui nous prépare à célébrer la passion, la mort et la résurrection du Seigneur». Poursuivant sa convalescence régulière dans la Maison Sainte-Marthe, le Saint-Père a délégué le cardinal Leonardo Sandri, vice-doyen du Collège cardinalice, pour présider cette célébration eucharistique. Dans son homélie préparée à cette occasion, «alors que nous sommes en route vers le Calvaire», le Pape François s’est arrêté sur la figure de Simon le Cyrène, invitant à réfléchir «à son geste, à scruter son cœur et à suivre ses pas aux côtés de Jésus».

L’ambivalence du geste de Simon de Cyrène

En effet, le Cyrénéen, réquisitionné par les soldats qui le chargent de la croix pour qu’il la porte derrière Jésus, est obligé de porter ce fardeau: «il n’aide pas Jésus par conviction, mais par contrainte», fait savoir le Souverain pontife, soulignant toutefois qu’il s’agit bien d’un geste ambivalent «puisqu’il se retrouve à participer personnellement à la passion du Seigneur». De ce fait, la croix de Jésus devient «la croix de Simon», mais pas celle de ce Simon-Pierre qui avait promis de toujours suivre le Maître, précise-t-il. Ce Simon-là a disparu dans la nuit de la trahison, après avoir proclamé: «Seigneur, avec toi, je suis prêt à aller en prison et à la mort» (Lc 22, 33), explique le Pape en faisant remarquer que ce n’est plus le disciple qui marche derrière Jésus, mais ce Cyrénéen.

Le Maître avait pourtant clairement enseigné: «Celui qui veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix chaque jour et qu’il me suive» (Lc 9, 23). Simon de Galilée dit mais ne fait pas, poursuit François, alors que Simon de Cyrène fait, mais ne dit rien: «aucun dialogue entre lui et Jésus, pas un mot n’est prononcé. Entre lui et Jésus, il n’y a que le bois de la croix».

«La croix de bois que supporte le Cyrénéen est celle du Christ»

Selon le Saint-Père, pour savoir si le Cyrénéen a secouru ou détesté Jésus épuisé avec qui il doit partager la fatigue, pour savoir s’il porte ou supporte la croix, «nous devons regarder son cœur». Alors que le cœur de Dieu est sur le point de s’ouvrir, transpercé par une douleur qui révèle sa miséricorde, le cœur de l’homme reste fermé, note l’évêque de Rome dans son homélie, soulignant que nous ne savons pas ce qui habite le cœur du Cyrénéen. S’adressant aux fidèles, par le biais du cardinal Sandri, il les invite à se mettre à la place de Simon le Cyrène en se posant la question suivante: «ressentons-nous de la colère ou de la pitié, de la tristesse ou de l’agacement?»

Si nous nous souvenons de ce que Simon a fait pour Jésus, le Pape demande aux chrétiens de se rappeler aussi de ce que Jésus a fait pour Simon «comme pour moi, pour toi, pour chacun de nous: il a racheté le monde». Ainsi, explique-t-il, la croix de bois que supporte le Cyrénéen est celle du Christ qui porte le péché de tous les hommes. «Il le porte par amour pour nous, par obéissance au Père (cf. Lc 22, 42), en souffrant avec nous et pour nous». Et c’est précisément de cette manière inattendue et bouleversante que le Cyrénéen est impliqué dans l’histoire du salut, où personne n’est étranger.

Suivre les pas de Simon

Au terme de son homélie en ce dimanche des Rameaux et de la Passion du Seigneur, le Saint-Père invite les fidèles à «suivre les pas de Simon», car il nous enseigne que Jésus vient à la rencontre de chacun, dans toutes les situations. En effet, quand nous voyons une multitude d’hommes et de femmes que la haine et la violence jettent sur le chemin du Calvaire, «rappelons-nous que Dieu a fait de ce chemin un lieu de rédemption parce qu’il l’a parcouru en donnant sa vie pour nous», exhorte François. Se tournant de nouveau vers les chrétiens en ce jour, le Pape François les interroge en ces termes: «combien de Cyrénéens portent la croix du Christ! Les reconnaissons-nous? Voyons-nous le Seigneur sur leurs visages déchirés par la guerre et la misère?» Face à la terrible injustice du mal, porter la croix du Christ n’est jamais vain, «c’est au contraire la manière la plus concrète de partager son amour sauveur», affirme le Saint-Père. 

De ce fait, la passion de Jésus devient compassion lorsque «nous tendons la main à ceux qui n’en peuvent plus, lorsque nous relevons ceux qui sont tombés, lorsque nous embrassons ceux qui sont découragés». Ainsi, pour vivre ce grand miracle de la miséricorde, «choisissons pendant la Semaine Sainte comment porter la croix: non pas autour du cou, mais dans le cœur. Non seulement la nôtre, mais aussi celle de ceux qui souffrent à nos côtés; peut-être celle de cet inconnu que le hasard –mais est-ce vraiment un hasard? – nous a fait rencontrer», conclut l’évêque de Rome en invitant chacun à se préparer à la Pâques du Seigneur en devenant des Cyrénéens les uns pour les autres. 

Source : VATICANNEWS, le 13 avril 2025

L’architecte espagnol Antoni Gaudí déclaré vénérable

L’architecte Antoni Gaudí, désormais vénérable

Le Pape François a autorisé la publication des décrets concernant la béatification du prêtre martyr au Brésil Nazareno Lanciotti ainsi que de la religieuse indienne Eliswa de la Bienheureuse Vierge Marie. De plus, l’architecte catalan Antoni Gaudí devient vénérable, comme les prêtres Pierre-Joseph Triest, Agostino Cozzolino et Angelo Bughetti, annonce le dicastère des Causes des saints. 

Tiziana Campisi – Cité du Vatican

Au lendemain du dimanche des Rameaux, le Pape François a reçu le cardinal Marcello Semeraro, préfet du dicastère des Causes des saints. Le Saint-Père a autorisé la publication de décrets reconnaissant les vertus héroïques d’Antoni Gaudí, l’architecte espagnol connu dans le monde entier pour avoir dirigé la construction de la Sagrada Familia, à Barcelone. À partir d’aujourd’hui, le plus célèbre représentant du modernisme catalan est donc vénérable, de même que trois prêtres: le belge Pierre-Joseph Triest et les italiens Angelo Bughetti et Agostino Cozzolino.

De plus, les décrets publiés ce lundi 14 avril annoncent la prochaine béatification d’Eliswa de la Bienheureuse Vierge Marie, fondatrice de la Congrégation du Tiers Ordre des Carmes déchaussés, aujourd’hui Carmélites thérésiennes, et du prêtre missionnaire italien martyrisé au Brésil, Nazareno Lanciotti.

Antonio Gaudí, «architecte de Dieu»

Antoni Gaudí est l’architecte de l’une des plus célèbres églises du monde, celle de la Sagrada Familia (Sainte-Famille) à Barcelone. Antonio Gaudí i Cornet, né le 25 juin 1852 probablement à Reus, a accepté de diriger les travaux l’année suivant la pose de la première pierre, en 1883, à l’âge de 31 ans. Dès lors, il passa toute sa vie à construire le lieu de culte dans lequel il manifesta son génie artistique, son sentiment religieux et sa profonde spiritualité. Cinq ans auparavant, il avait obtenu le titre d’architecte et rédigé des notes architecturales -connues sous le nom de «Manuscrit» de Reus- dans lesquelles il présentait ses propositions en matière d’ornementation et d’édifices religieux et faisait preuve d’une connaissance et d’une adhésion considérables aux mystères de la foi chrétienne.

Vue de la Sagrada Familia à Barcelone.

Vue de la Sagrada Familia à Barcelone. 

Le jeune Gaudí considérait la construction de la Sagrada Familia comme une mission confiée par Dieu, transformant le projet néogothique initial en une œuvre unique et originale, inspirée par les formes de la nature, et riche en symbolisme exprimant sa foi profonde et sa spiritualité, avec des influences bénédictines et franciscaines.

Dévot de saint Philippe Néri, l’architecte a affronté les obstacles et les difficultés avec courage et confiance en Dieu, tout en dirigeant le chantier et en supportant l’envie et la jalousie. De 1887 à 1893, il conçoit et dirige d’autres travaux civils et religieux. Puis, pendant le carême de 1894, il est frappé par une grave maladie, causée par un jeûne rigoureux. S’il a mis sa vie en danger, ce jeûne lui a permis de vivre une profonde expérience spirituelle dans sa recherche de Dieu. Il continue ensuite à travailler sur divers projets, mais perd peu à peu tous les membres de sa famille, et s’engage dans un véritable ascétisme spirituel, refusant de nouvelles missions et se concentrant exclusivement sur la Sagrada Familia. En 1925, il aménage même une petite pièce à côté de l’église pour en faire sa résidence.

Chrétien convaincu et pratiquant, assidu aux sacrements, il fait de l’art un hymne de louange au Seigneur auquel il offre le fruit de son travail, qu’il considère comme une mission pour faire connaître et rapprocher de Dieu. Le 7 juin 1926, il est renversé par un tramway et transporté à l’hôpital de la Santa Creu, l’hôpital des pauvres de la ville. Après avoir reçu les derniers sacrements, il meurt trois jours plus tard, le 10 juin. Le cortège funèbre a été suivi par environ 30 000 personnes.

Le père Nazareno Lanciotti, martyr au Brésil

Futur béatifié, le prêtre diocésain romain Nazareno Lanciotti est un martyr des temps modernes. Né le 3 mars 1940 et ordonné prêtre en 1966, après avoir exercé son ministère pendant quelques années à Rome, il rencontre l’ONG Opération Mato Grosso, qui œuvre auprès des plus pauvres en Amérique latine, et part pour le Brésil en 1971. Il s’installe dans le village de Jauru, à la frontière avec la Bolivie, et commence alors un apostolat fructueux, exerçant une activité missionnaire pendant trente ans, soutenu par l’Eucharistie et la dévotion à la Vierge. Il fonde une paroisse, qu’il dédie à Notre-Dame du Pilier, et crée cinquante-sept communautés ecclésiales rurales, où il institue l’adoration eucharistique quotidienne, et un dispensaire, qui deviendra par la suite l’un des hôpitaux les plus actifs de la région.

De plus, il construit la maison de retraite «Cœur Immaculé de Marie», fonde une école qui accueille des centaines d’enfants, auxquels il offre également de la nourriture et établit un petit séminaire. En 1987, il rejoint le Mouvement Sacerdotal Marial et, nommé responsable national pour le Brésil, il effectue de fréquents voyages dans le pays pour établir des cénacles de prière. Il se consacre également aux plus pauvres et s’engage dans la lutte contre diverses formes d’injustice et d’oppression, notamment contre le proxénétisme et le trafic de drogues. Le soir du 11 février 2001, il est grièvement blessé par deux voyous cagoulés dans sa propre maison. Il meurt le 22 février, à l’âge de 61 ans.

Le père Lanciotti.

Le père Lanciotti. 

Eliswa de la Bienheureuse Vierge Marie

Eliswa de la Bienheureuse Vierge Marie, née Eliswa Vakayil, originaire du Kerala, en Inde, sera elle-aussi bientôt béatifié. Elle est née le 15 octobre 1831 à Ochanthuruth dans une famille aisée de propriétaires terriens, très croyants. À l’âge de 16 ans, elle est mariée à un riche homme d’affaires, avec qui elle a une fille en 1851. Veuve l’année suivante, elle choisit une vie de prière et de solitude, marquée par une participation fréquente aux sacrements. Elle s’occupe des pauvres et habite dans une simple cabane. En 1862, elle rencontra le père italien Leopoldo Beccaro, carme déchaussé, et, sous sa direction spirituelle, fonda la première congrégation locale au Kerala, le troisième ordre des carmes déchaussés.

La nouvelle famille religieuse, qui comprend sa fille et sa plus jeune sœur, ajoute à la contemplation la vie active dans l’éducation et la formation des filles pauvres et orphelines et dans le soin des abandonnés et des nécessiteux. Plus tard, d’autres femmes de rite syro-malabar rejoignent la communauté, puis, lorsque le Pape Léon XIII décide d’ériger les premiers vicariats syro-malabars, deux instituts religieux féminins indépendants voient le jour: la Congrégation des Carmélites thérésiennes (CTC) de rite latin et la Congrégation de la Mère du Carmel (CMC) de rite syro-malabar. De plus, Mère Eliswa établit un nouveau couvent avec ses sœurs de rite latin à Varapuzha. Elle y passe les 23 dernières années de sa vie et y décède le 18 juillet 1913. C’est à son intercession qu’a été attribuée en 2005 la guérison miraculeuse, au stade fœtal, d’une petite fille souffrant d’une fente labiale (syndrome du bec-de-lièvre). Eliswa, la mère de la petite fille, a prié sur les conseils d’une religieuse carmélite, avec d’autres membres de la famille. Née par césarienne, la petite fille est née en parfaite santé.

Mère Eliswa

Mère Eliswa

Le père Pierre-Joseph Triest

Fondateur des congrégations des Frères de la charité, des Sœurs de la charité de Jésus et de Marie et des Sœurs de l’enfance de Jésus, Pierre-Joseph Triest, devient vénérable ce lundi 14 avril. Né à Bruxelles, en Belgique, le 31 août 1760, il est ordonné prêtre le 9 juin 1786, et rapidement contraint de vivre dans la clandestinité pendant la Révolution dite belge afin d’échapper au serment sur la Constitution civile du clergé.

Dès 1800, il entame une activité ministérielle fructueuse en tant que curé de Ronse et se consacre en particulier aux orphelins, aux malades et aux pauvres. Il fonde un orphelinat pour accueillir les enfants pauvres et abandonnés, avec l’aide de quelques femmes, et avec elles, en 1804, il fonde la Congrégation des Sœurs de la charité de Jésus et de Marie. En 1807, les autorités de l’État lui confient la gestion de l’hôpital civil de la Biloke et, plus tard, la supervision de l’administration financière des différentes institutions caritatives de la ville. Il est également nommé membre de la Commission des hôpitaux civils et du Comité pour l’assistance aux pauvres, tandis qu’à Gand, il est chargé de la coordination et de la gestion administrative des hospices pour personnes âgées et des institutions pour l’assistance et l’éducation des enfants orphelins et isolés.

Il fonde ensuite les congrégations des Frères de la charité pour les enfants abandonnés et les pauvres, et des Frères de Saint Jean de Dieu pour le soin des malades à domicile. Avec le prêtre Benedict De Decker, qui lui succédera plus tard dans l’œuvre de gestion et de soin qu’il avait commencée, il établit les Sœurs de l’enfance de Jésus. Gravement malade, il passe les derniers jours de sa vie dans la prière et meurt le 24 juin 1836. Au cœur de sa spiritualité, le culte de l’humanité du Christ le pousse à aimer ses frères et sœurs, en particulier les plus démunis. Inspiré par saint Vincent de Paul, il avait à cœur de prendre soin des malades, des handicapés, des sourds… Sa façon de servir les autres a été considérée comme prophétique et innovante, car il plaçait la personne humaine et sa dignité au centre de ses préoccupations.

Le père Angelo Bughetti

Autre prêtre déclaré vénérable, le père diocésain Angelo Bughetti. Il est né à Imola le 27 août 1877, dans une famille aux conditions modestes et à la foi chrétienne profonde, et sera ordonné prêtre le 31 mars 1900. Après quelques années consacrées à l’enseignement, il se dévoue à la prédication et à diverses activités caritatives, dans le but de former la conscience chrétienne et civile des jeunes, ainsi qu’à la rédaction d’articles pour divers périodiques. C’est dans un climat anticlérical, socialiste et franc-maçon qu’il se consacre aux garçons et aux jeunes, en percevant leurs difficultés et en faisant fructifier leur potentiel.

Nommé aumônier auprès de divers associations de jeunesse, il s’oppose aux idéologies libérales, socialistes et fascistes, en maintenant les relations nécessaires pour pouvoir continuer son travail d’éducation de la jeunesse. Il décède le 5 avril 1935, à l’âge de 57 ans. Courageux dans sa capacité à trouver des solutions adéquates à des situations complexes, dans ses œuvres de charité et dans la prière, il sut impliquer ses paroissiens, aidant chacun à grandir en sainteté. On l’appelait le «prêtre de la Providence» parce qu’il comptait toujours sur l’aide de Dieu.

Le père Agostino Cozzolino

Le père Agostino Cozzolino, originaire de Campanie en Italie, devient également vénérable. Né le 16 octobre 1928 à Resina (aujourd’hui Herculanum) dans une famille pauvre et religieuse, et a été ordonné le 27 juillet 1952. Il se consacre ensuite à la formation et à la catéchèse des jeunes et des adultes dans les paroisses, avant d’être nommé vice-recteur du grand séminaire de Naples, où, par son exemple et son engagement, il a formé de nombreux jeunes prêtres. Le 30 septembre 1960, il est transféré au sanctuaire de Notre-Dame des Neiges, à Naples, où il reste curé jusqu’à sa mort. Il s’est efforcé de créer une communauté pastorale vivante, capable d’annoncer l’Évangile notamment à travers le mouvement de l’«Aide fraternelle chrétienne».

Dans ce quartier populaire, le père Agostino devient une présence importante et travaille sans relâche pour le bien des gens. En 1987, on lui diagnostique un cancer du pancréas, qu’il vit comme une nouvelle opportunité d’apostolat: il l’affronte avec dignité et une grande foi, se consacre de plus en plus à la contemplation, tout en restant proche de son peuple. Il meurt le 2 novembre 1988.

Source : VATICANNEWS, le 14 avril 2025

Des milliers d’enfants réunis pour prier le Rosaire de la mission mondiale

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© Shutterstock/maxim ibragimov

Des milliers d’enfants réunis pour prier le Rosaire de la mission mondiale

Des milliers d’enfants du Midwest américain se sont réunis le 28 janvier 2025, à l’occasion de la Semaine des écoles catholiques, pour prier le Rosaire de la mission mondiale, sur Zoom.

La Semaine nationale des écoles catholiques est une célébration annuelle de l’enseignement catholique aux États-Unis. Elle débute le dernier dimanche de janvier et dure une semaine entière. Organisée par l’Enfance Missionnaire, également connue sous le nom d’œuvre pontificale de la Sainte Enfance, l’une des quatre sociétés pontificales missionnaires, l’initiative de prière a réuni des élèves de 77 écoles primaires catholiques dans 14 diocèses.

Les quatorze diocèses américains qui ont participé à l’événement sont l’archidiocèse de Milwaukee, le diocèse de Columbus, le diocèse de Des Moines, le diocèse de Fargo, le diocèse de Grand Rapids, le diocèse de Jefferson City, le diocèse de Joliet, le diocèse de Madison, le diocèse de Marquette, le diocèse de Peoria, le diocèse de Salina, le diocèse de Sioux City et le diocèse de Springfield.

Les sociétés missionnaires pontificales des États-Unis comprennent la Société pour la propagation de la foi, l’Association missionnaire de l’enfance, la Société de l’apôtre Saint Pierre et l’Union missionnaire. Le programme s’adresse aux écoles et aux programmes d’éducation religieuse dans l’ensemble des États-Unis. La récitation en ligne du Rosaire de la Mission mondiale a donné aux enfants l’occasion de réfléchir aux réalités de millions de leurs camarades dans le monde qui n’ont pas accès à l’éducation de base.

Deborah Castellano Lubov, January 29, 2025

www.vaticannews.va

Lectures de la messe du jour

Prions :
Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort.
Amen.

Source : une minute avec Marie

15.04.2025 – SAINT DU JOUR

St Patern d’Avranches

ÉVÊQUE (+ V. 565)

Martyrologe Romain : Au pays de Coutances, vers 565, le trépas de saint Patern* (Paterne, Pair ou Pern) évêque d’Avranches, qui fonda beaucoup de monastères et fut élu à l’épiscopat à l’âge de soixante-dix ans. Il mourut en se rendant au monastère de Sciscy, où il fut inhumé. Avec lui est commémoré son compagnon saint Scubilion, mort le même jour et inhumé avec lui à Sciscy.

Ils sont fêtés le 16 avril dans le diocèse de Coutances et Avranches.

 * La similitude des noms ne conduit pas à l’assimiler à l’évêque de Vannes, fêté le même jour.

Saint Patern priez pour nous !

15.04.2025 – ÉVANGILE DU JOUR

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 13,21-33.36-38. 

En ce temps-là, au cours du repas que Jésus prenait avec ses disciples, il fut bouleversé en son esprit, et il rendit ce témoignage : « Amen, amen, je vous le dis : l’un de vous me livrera. »
Les disciples se regardaient les uns les autres avec embarras, ne sachant pas de qui Jésus parlait.
Il y avait à table, appuyé contre Jésus, l’un de ses disciples, celui que Jésus aimait.
Simon-Pierre lui fait signe de demander à Jésus de qui il veut parler.
Le disciple se penche donc sur la poitrine de Jésus et lui dit : « Seigneur, qui est-ce ? »
Jésus lui répond : « C’est celui à qui je donnerai la bouchée que je vais tremper dans le plat. » Il trempe la bouchée, et la donne à Judas, fils de Simon l’Iscariote.
Et, quand Judas eut pris la bouchée, Satan entra en lui. Jésus lui dit alors : « Ce que tu fais, fais-le vite. »
Mais aucun des convives ne comprit pourquoi il lui avait dit cela.
Comme Judas tenait la bourse commune, certains pensèrent que Jésus voulait lui dire d’acheter ce qu’il fallait pour la fête, ou de donner quelque chose aux pauvres.
Judas prit donc la bouchée, et sortit aussitôt. Or il faisait nuit.
Quand il fut sorti, Jésus déclara : « Maintenant le Fils de l’homme est glorifié, et Dieu est glorifié en lui.


Si Dieu est glorifié en lui, Dieu aussi le glorifiera ; et il le glorifiera bientôt.
Petits enfants, c’est pour peu de temps encore que je suis avec vous. Vous me chercherez, et, comme je l’ai dit aux Juifs : “Là où je vais, vous ne pouvez pas aller”, je vous le dis maintenant à vous aussi. »
Simon-Pierre lui dit : « Seigneur, où vas-tu ? » Jésus lui répondit : « Là où je vais, tu ne peux pas me suivre maintenant ; tu me suivras plus tard. »


Pierre lui dit : « Seigneur, pourquoi ne puis-je pas te suivre à présent ? Je donnerai ma vie pour toi ! »
Jésus réplique : « Tu donneras ta vie pour moi ? Amen, amen, je te le dis : le coq ne chantera pas avant que tu m’aies renié trois fois. »

Acclamons et partageons la parole de Dieu !

COMMENTAIRE :

Saint Maxime de Turin (?-v. 420)

évêque

Sermon 36 ; PL 57, 605 (trad. coll. Ichtus, t. 10, p. 263 rev.)

« Judas, s’approchant de Jésus…, l’embrassa. Les autres mirent la main sur lui et l’arrêtèrent » (Mc 14,45s)

      La paix est un don de la résurrection du Christ. Au seuil de la mort, il n’a pas hésité à donner cette paix au disciple qui le livrait ; il a embrassé le traître comme il embrasse l’ami fidèle. Ne croyez pas que le baiser que le Seigneur a donné à Judas Iscariote ait été inspiré par un autre sentiment que la tendresse. Le Christ savait déjà que Judas le trahirait. Il savait ce qu’était ce signe d’amour, et il ne s’y est pas dérobé. Voilà l’amitié : à celui qui doit mourir, elle ne refuse pas un dernier embrassement ; aux êtres chers, elle ne retire pas cette marque ultime de douceur. Mais Jésus espérait aussi que cet élan bouleverserait Judas et que, étonné par sa bonté, il ne trahirait pas celui qui l’aimait, ne livrerait pas celui qui l’embrassait. Ainsi ce baiser était accordé comme une épreuve : s’il le relevait, il était un lien de paix entre Jésus et son disciple ; si Judas trahissait, ce baiser criminel devenait sa propre accusation.       Le Seigneur lui dit : « Judas, c’est par un baiser que tu livres le Fils de l’homme ? »  (Lc 22,48) Où est le complot de l’ennemi ? Où se cache sa ruse ? Tout secret est découvert. Le traître se trahit avant de trahir son maître. Tu livres le Fils de l’homme par un baiser ? Avec le sceau de l’amour, tu blesses ? Avec le geste de la tendresse, tu répands le sang ? Avec le signe de la paix, tu apportes la mort ? Dis-moi quel est cet amour ? Tu donnes un baiser et tu menaces ? Mais ces baisers, par où le serviteur trahit son Seigneur, le disciple son maître, l’élu son créateur, ces baisers ne sont pas des baisers, mais du poison.

LECTURES :

Livre d’Isaïe 49,1-6. 

Écoutez-moi, îles lointaines ! Peuples éloignés, soyez attentifs ! J’étais encore dans le sein maternel quand le Seigneur m’a appelé ; j’étais encore dans les entrailles de ma mère quand il a prononcé mon nom.
Il a fait de ma bouche une épée tranchante, il m’a protégé par l’ombre de sa main ; il a fait de moi une flèche acérée, il m’a caché dans son carquois.
Il m’a dit : « Tu es mon serviteur, Israël, en toi je manifesterai ma splendeur. »
Et moi, je disais : « Je me suis fatigué pour rien, c’est pour le néant, c’est en pure perte que j’ai usé mes forces. » Et pourtant, mon droit subsistait auprès du Seigneur, ma récompense, auprès de mon Dieu.
Maintenant le Seigneur parle, lui qui m’a façonné dès le sein de ma mère pour que je sois son serviteur, que je lui ramène Jacob, que je lui rassemble Israël. Oui, j’ai de la valeur aux yeux du Seigneur, c’est mon Dieu qui est ma force.
Et il dit : « C’est trop peu que tu sois mon serviteur pour relever les tribus de Jacob, ramener les rescapés d’Israël : je fais de toi la lumière des nations, pour que mon salut parvienne jusqu’aux extrémités de la terre. »

Psaume 71(70),1-2.3.5a.6.15ab.17. 

R/ Ma bouche annonce ton salut, Seigneur. (Ps 70, 15ab)

En toi, Seigneur, j’ai mon refuge : 
garde-moi d’être humilié pour toujours.
Dans ta justice, défends-moi, libère-moi, 
tends l’oreille vers moi, et sauve-moi.

Sois le rocher qui m’accueille, 
toujours accessible ; 
tu as résolu de me sauver : 
ma forteresse et mon roc, c’est toi !

Seigneur mon Dieu, tu es mon espérance,
toi, mon soutien dès avant ma naissance,
tu m’as choisi dès le ventre de ma mère ; 
tu seras ma louange toujours !

Ma bouche annonce tout le jour
tes actes de justice et de salut ;
Mon Dieu, tu m’as instruit dès ma jeunesse, 
jusqu’à présent, j’ai proclamé tes merveilles.